25/11/2018
10:51:12
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[Alloumni/Latrua] Rencontre Diplomatique

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10h50 — Aéroport international d’Alloumni

L’avion présidentiel latruan se pose lentement sur le tarmac de l’aéroport international d’Alloumni, sous un ciel clair et calme. À sa descente, une garde d’honneur alloumnienne est déjà en position, drapeaux d’Alloumni et de Latrua disposés de part et d’autre de la passerelle.

Le président Vasiliy Shulichenko apparaît à la sortie de l’appareil, accompagné de sa délégation diplomatique. Les hymnes nationaux des deux pays retentissent successivement, marquant officiellement le début de la visite d’État.

Au pied de la passerelle, le président alloumnien Adrian Voriane s’avance pour l’accueillir.

Adrian Voriane :
« Monsieur le Président Shulichenko, c’est un honneur de vous accueillir sur le sol alloumnien. Votre présence ici marque une étape importante dans les relations entre Alloumni et Latrua. »

Les deux chefs d’État échangent une poignée de main protocolaire devant les caméras, suivie d’un bref échange cordial. Après une inspection symbolique de la garde d’honneur, les délégations prennent place dans le véhicule officiel en direction du Palais présidentiel d’Alloumni à Nucleus, où doit se tenir la rencontre diplomatique.
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en-tête
Aéroport international d’Alloumni
Avion présidentiel

L'avion présidentiel venait de s'immobiliser sur le tarmac de l'Aéroport international d'Alloumni. Vasiliy était encore assis dans son bureau, relisant quelques dossiers. La pièce était moderne, les murs blancs. Dans le coin gauche trônait un bureau bleu-gris recouvert de porte-documents et de pochettes de toutes les couleurs. Les plus fins observateurs noteraient aussi la présence d'une ligne téléphonique spéciale, seul et unique moyen de communication du Président avec l'extérieur. C'est d'ailleurs cette dernière qui se mit à sonner. Vasiliy décrocha et dit :

" Allô, Yuliya ?

- Bonjour Monsieur le Président. J'espère que je ne vous dérange pas ?

- Nous venons d'arriver en Alloumni. Je n'ai donc que quelques minutes à te donner.

- Je serais brève. Avez-vous reçu le sondage que je vous ai envoyé ? Le sondage relatif au possible vote référendaire.

- Je l'ai bien reçu. Les résultats me semblent acceptables. Rien ne nous empêche de lancer le processus d'organisation du vote.

- Les résultats sont certes acceptables Monsieur le Président, cependant, ils ne nous permettent pas d'affirmer que le référendum serait voté par une majorité. Je pense donc qu'il est préférable de passer par l'Assemblée pour faire adopter la réforme.

[b]- Je comprends tes inquiétudes
, répondit Vasiliy, mais cette réforme est bien trop importante. Elle touche la vie des Latruants et des Latruantes, leur retraite. Il serait incompréhensible pour le peuple de ne pas pouvoir se prononcer sur ce genre de décision fondamentale. Je signerai le mois prochain le décret de convocation.

- Comme vous voudrez Monsieur le Président.

- Autre chose Yuliya ?

- Non Monsieur le Président. Bonne journée.

- Bonne journée,"
conclut Vasiliy.

La Première Ministre venait à peine de raccrocher que le Président plongea dans ses pensées. Il était inquiet. Cela faisait quelques semaines qu'il sentait la Première Ministre plus distante, plus critique, moins coopérative. Les élections municipales arrivaient. Certains ministres avaient prévu de se présenter et, en cas de victoire, un remaniement s'imposerait. Vasiliy était conscient du fait que sa Première Ministre ne souhaitait pas rempiler. Cependant, il n'était pas prêt à la laisser démissionner. Il voulait la garder à la tête du gouvernement jusqu'à l'élection présidentielle. Elle était compétente, travailleuse et discrète. En deux ans à la tête de l'exécutif, elle n'avait jamais outré, clivé. Vasiliy sentait que les prochaines semaines seraient ardues.

Il fut interrompu dans le cours de sa réflexion par l'arrivée soudaine, à travers l'embrasure de la porte, de la tête de son Ministre des Affaires Étrangères, Pyotr Abalyshev. Il regarda l'homme à la chevelure grisonnante d'un air interrogatif qui força le Ministre à y répondre.

" Les portes vont bientôt s'ouvrir Monsieur le Président. Il ne manque plus que toi.

- J'arrive."


Il se leva, prit sa veste, l'enfila et sortit de la pièce. Il se présenta devant la lourde porte de l'aéronef. Cette dernière s'ouvrit, laissant entrer la lumière du soleil. Le Président sortit de l'avion, descendit les marches de la passerelle et toucha le tarmac de l'aéroport. Il serra la main tendue par le Président alloumnien et lui répondit :

" Honneur partagé, Monsieur le Président. Je partage vos espoirs et je suis sûr que, par nos discussions, nous saurons créer un partenariat pérenne entre nos deux nations.

Ils passèrent en revue les militaires présents, serrèrent quelques mains et prirent place dans un véhicule noir. La porte refermée, le cortège s'ébranla en direction de la ville.
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Le cortège présidentiel quitta lentement l'enceinte sécurisée de l'aéroport. Les véhicules noirs, aux vitres teintées, traversèrent les larges avenues d'Alloumni bordées d'arbres soigneusement taillés et de bâtiments modernes. Des drapeaux alloumniens flottaient à intervalles réguliers, rappelant le caractère solennel de la visite.

A l'intérieur de la berline principale, un silence mesuré s'installa quelques seconde. Adrian Voriane fut le premier à le rompre.

<< Je tenais à vous remercier personnellement d'avoir fait le déplacement, Monsieur le Président. Les échanges en personnes ont une valeur que les communications à distance nee remplacent jamais>>

Vasiliy hocha légèrement la tête.

<< Je partage cette conviction. Les périodes que traversent tout le contenant Eurysien exigent de la clarté et surtout, de la confiance entre dirigeants>>

Adrian observa brièvement son homologue avant de poursuivre d'un ton posé.

<< Alloumni souhaite ouvrir une nouvelle phase de coopération avec le Latrua. Alloumni lance en ce moment même des invitations à certaine nations, je vous en parlerais plus en détails à la fin de notre réunions, car Alloumni souhaiterais que le Latrua fasse partie de nôtre projet>>

Le convois franchit les grilles du Palais présidentiel d'Alloumni. La ou les gardes d'honneur était de nouveau alignée.
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Les portes s'ouvrirent presque simultanément.
Sous le cliquetis discret des appareils photo et le regard attentif des délégations respectives, les deux chefs d'Etat gravirent les marches menant au hall principal. A l'intérieur, un grand salon aux tons sobres et élégants avait été préparé pour un premier échange protocolaire avant la réunions élargie.

Les portes se refermèrent derrière eux, isolant l'espace du bruit extérieur.

Adrian invita son homologue à prendre place autour d'une table ovale en bois sombre.

<<Je vous propose, Monsieur le Président, que nous commencions par un entretien en tête-à-tête avant que mes ministres nous rejoignent ?>>

La véritable rencontre diplomatique pouvait désormais commencer...
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Le trajet en voiture fut rapide, autant que l'échange qui avait eu lieu à l'intérieur de la voiture. Si Vasiliy était entièrement en accord avec ce qu'avait énoncé le Président alloumnien, il préférait gardé les discussions techniques, sur les partenariats et la vision, pour plus tard, pour le moment où ils seraient, tous les deux, assis dans un bureau.
Son attente fut de courte durée. Le cortège entra dans la cour du Palais Élymée, les deux hommes sortirent simultanément du véhicule et se serrèrent une nouvelle fois la main sous les flashs des photographes. Vasiliy suivit ensuite le Président Voriane à l'intérieur du bâtiment. Ils traversèrent un grand hall d'entrée, quelques pièces en enfilade pour arriver dans un salon où trônait une petite table ovale couleur ébène. Le Président de la République s'assit, écouta son interlocuteur, but une gorgée d'eau et commença :

"Monsieur le Président, je vous remercie pour la possibilité que vous me donnez d'avoir cet entretien avec vous, en tête-à-tête. Si je suis ici, en Alloumni, c'est avec l'objectif clair de rapprocher durablement nos deux nations. Ce rapprochement doit, à mon avis, passer par trois aspects.

Tout d'abord, j'aimerais mettre en place des partenariats en lien avec les transports et la libre circulation. Je propose que nos pays autorisent le survol par nos compagnies nationales de nos espaces aériens respectifs. De plus, je propose que nous exonérions nos concitoyens de visa lorsqu'ils voyagent dans nos pays respectifs ou que nous créions au moins un visa spécial, dont la durée serait plus longue que ceux que nous proposons déjà.

J'aimerais aussi que nous développions des partenariats du point de vue économique en signant des contrats, favorisant ainsi nos principales filières économiques. Mon pays serait d'ors et déjà prêt à vous proposer des contrats dans les secteurs de l'énergie et de l'agroalimentaire, pour une valeur totale de plus de trois milliards de roubles latruants. Bien évidemment, vous êtes libre de proposer vos filières.

Enfin, il me semble important que nos deux nations se rapprochent culturellement. Un rapprochement que nous pourrions acter par la création d'un programme d'échanges universitaires, destiné à nos lycéens et étudiants, mais aussi un programme de résidences pour nos artistes, danseurs, chanteurs, peintres, performeurs. Cela permettrait à nos peuples de mieux se découvrir, se comprendre, s'appréhender, pour que la relation que nous bâtissons aujourd'hui ne soit que plus forte demain."


Il regarda son interlocuteur. Ce dernier l'avait écouté avec attention. Il conclut :

"Je crois avoir fait le tour de mes propositions. Quel est votre avis sur ces dernières ?"

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Le Président de la République d’Alloumni demeura quelques instants silencieux, les mains jointes sur la table. Son regard resta posé sur son homologue, mesurant chaque proposition avec attention. Il inclina légèrement la tête avant de répondre d’une voix calme et maîtrisée :

« Monsieur le Président, je tiens tout d’abord à saluer la clarté et la cohérence de vos propositions. Votre démarche traduit une volonté sincère de construire un partenariat structuré et durable entre nos deux nations, et cela mérite toute notre considération. »

Il marqua une courte pause.

« Concernant les transports et la libre circulation, Alloumni se montre favorable à l’ouverture d’un accord de survol réciproque entre nos compagnies nationales, sous réserve des modalités techniques et sécuritaires qui devront naturellement être encadrées. Quant à la question des visas, nous sommes disposés à travailler à la mise en place d’un dispositif simplifié ou d’un visa de long séjour bilatéral. Un tel mécanisme favoriserait la mobilité, tout en garantissant le respect de nos cadres juridiques respectifs. »

Le Président se redressa légèrement.

« Sur le plan culturel et académique, je partage pleinement votre vision. Un programme d’échanges universitaires, ainsi qu’un dispositif de résidences artistiques, constituerait un pilier fondamental de notre rapprochement. La compréhension mutuelle entre nos peuples est la base de toute alliance durable. Alloumni est prête à mandater ses institutions compétentes afin d’élaborer rapidement un cadre concret en ce sens. »

Son expression devint plus réfléchie lorsqu’il aborda le volet économique.

« En revanche, s’agissant des partenariats économiques structurants que vous proposez, je me dois d’exprimer la position actuelle d’Alloumni avec franchise et transparence. Notre gouvernement a fait le choix stratégique, pour cette phase de développement, de prioriser la consolidation et le renforcement de notre production nationale. Nous privilégions actuellement l’autonomie économique et la structuration interne de nos filières stratégiques. »

Il soutint le regard de son interlocuteur.

« Cette orientation ne constitue ni un refus de principe, ni une fermeture définitive. Elle répond à une temporalité propre à notre modèle de développement. Lorsque l’économie alloumnaise s’ouvrira davantage aux partenariats commerciaux d’ampleur internationale, nous reviendrons naturellement vers votre gouvernement afin d’explorer des coopérations ambitieuses et mutuellement bénéfiques. »

Le Président conclut d’un ton posé :

« Ainsi, si nous pouvons avancer concrètement sur les volets diplomatique, aérien, universitaire et culturel, nous pourrons poser les fondations solides d’une relation de confiance. La dimension économique, quant à elle, pourra évoluer au rythme de nos orientations stratégiques respectives. »

Il esquissa un léger sourire diplomatique.

«D'ailleurs si vous êtes d'accord Monsieur Le Président, j'aimerais vous parler de notre projet au quelle Alloumni aimeriez que vous participer »
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Tant pis pensa Vasiliy. Le refus du Président alloumnien n'était pas un problème en soi. Il ne faisait que remettre à plus tard un partenariat économique qui deviendrait, dans quelques années, indispensable. Il faudrait attendre qu'Alloumni soit prêt à développer un commerce à l'internationnal et Vasiliy attendrait. Lui ou son successeur. Il est vrai que cette remise à plus tard obligerait les Alloumniens à peut-être converser avec quelqu'un que ne serait pas du même bord politique que Vasiliy, qui n'aurait pas les mêmes ambitions, qui n'aurait pas la même analyse de la situation. Mais ce jour-là, ce ne serait plus son problème.

Il entendit donc et compris les explications du Président Voriane. Il notait par ailleurs que ce dernier avait accepté toutes les autres propositions qu'il avait formulées. Les liens diplomatiques, culturels et géographiques qui uniraient demain le Latrua et l'Alloumni étaient ainsi de fait actés. Ne restaient plus pour les deux hommes qu'a discuté de la proposition du Président de la République d'Alloumni. Vasiliy but donc une nouvelle gorgée d'eau et dit :

"Je vous remercie Monsieur le Président pour votre réponse. En acceptant nombre de mes propositions, vous pavez la voie d'un rapprochement important entre nos deux nations. Je comprends bien entendu les raisons politiques et économiques qui vous empêchent aujourd'hui de faire suite à mes propositions dans ce domaine. Sachez que je respecte plus que tout la souveraineté des peuple et leur capacité à choisir librement leur propre destin. J'attendrais donc que votre pays soit prêt à engager des relations commerciales et sachez que mon pays fera tout pour, le jour venu, construire ses partenariats avec votre nation.

Quant à moi, je suis toute ouïe. Je suis bien évidemment d'accord pour entendre votre proposition."


PR
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