
Hall of the People - New Harmony

Martha Bohannon (SB), présidente de l'Assemblée nationale
L'ensemble des commissions chargées de statuer sur les propositions de loi doivent être mixtes, leurs présidents et membres étant répartis entre les députés issus du vote géographique (200 députés) et du vote des listes syndicales (100 députés). En séance plénière, une majorité simple peut approuver le projet de loi et le transmettre à la Chambre des syndicats. À partir de là, la Chambre peut approuver, ignorer ou mettre un veto pour renvoyer le projet de loi. Théoriquement, l'Assemblée peut passer outre un veto avec une majorité qualifiée des deux tiers des députés, mais cela est pratiquement impossible sans l'unité des partis, ce qui fait que cette option n'a jamais été envisagée. Les sessions de l'Assemblée sont donc un mélange de discours enflammés, de rappels à l'ordre, d'invectives, de « réunions de préparation ou de coordination » longues et fastidieuses en coulisses, où les délégués de la Cause Syndicale jouent leurs cartes auprès des chefs de parti en leur expliquant ce qui est acceptable ou non. Souvent dans l'impasse législative, l'Assemblée compense par des commissions d'enquête multiples qui cherchent à dénoncer la corruption, ce qui sert d'exutoire pour canaliser la colère, mais ne parvient pas à conduire à des changements structurels et systématiques majeurs. Elle reste néanmoins habilitée à approuver le budget national, ce qui constitue son seul moyen de faire pression sur les syndicats ou l'armée.
Pour faire adopter un budget, l'option retenue a été celle d'une loi omnibus, afin de calmer ou d'acheter les intérêts contradictoires de l'Assemblée. Une mesure clientéliste affligeante. Elle dispose également d'un contrôle assez important sur le pouvoir exécutif, puisqu'elle peut convoquer des ministres pour les interroger et voter une motion de censure contre le Premier ministre. Ses points forts résident dans sa légitimité démocratique, car il s'agit de la seule institution à disposer d'un mandat de l'ensemble des citoyens et citoyennes du Commonwealth, ce qui lui confère une autorité et une confiance morale dont ne dispose pas la Chambre des syndicats, puisqu'elle est nommée. Son contrôle sur le budget lui permet d'avoir un impact sur le « portefeuille » et de menacer le plus souvent de supprimer des subventions aux syndicats récalcitrants ou de réduire le budget de l'armée pour forcer à des négociations plus favorables. Enfin, son pouvoir d'enquête et ses relais médiatiques lui permettent de démasquer la corruption, obligeant parfois les dirigeants des puissants syndicats à accepter des accords en coulisses, sous peine de perdre leur crédibilité aux yeux de leurs troupes.
Néanmoins, il faut souligner que ses faiblesses sont encore plus importantes. Face au veto des syndicats, elle reste impuissante, car la Chambre des syndicats dispose de pouvoirs étendus qui lui assurent une suprématie incontestée. De nombreux députés (comme ceux du Syndicate Caucus ou du Solidarity Bloc) sont également membres d'un syndicat national et lui sont redevables, ce qui fait que leur vote à l'Assemblée peut entrer en conflit avec leur parti ou leur syndicat, créant ainsi une loyauté divisée et divergente. Les députés élus sur une base géographique cherchent le plus souvent à obtenir des avantages spécifiques à leur district afin de garder leur base électorale, ce qui fragilise les coalitions électorales et dévie les débats vers des questions localistes plutôt que nationales. L'Assemblée nationale est donc le symbole de la souveraineté nationale, mais les conflits y sont très rarement résolus et paralysent le pays. Les espoirs démocratiques du Commonwealth se heurtent constamment à des impasses dans les procédures ou les délibérations. Le manque d'une réelle majorité ne peut que la bloquer dans l'impasse.




