25/11/2018
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Chamber of Syndicates

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Hall of Industries - New Harmony

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Jared Peters (OG), Président de la Chambre des Syndicats


Dans le Commonwealth, si l'Assemblée nationale est le théâtre d'une démocratie théâtrale, la Chambre des syndicats est le siège du pouvoir. C'est le cœur corporatiste et conservateur du système en place, qui cherche avant tout à préserver les acquis économiques et politiques de l'héritage syndical. À la différence de l'Assemblée nationale, les 150 délégués ne sont pas élus directement par la population, mais par un processus d'élections internes parmi les principaux syndicats nationaux, qui nomment ensuite leurs délégués. Ce processus permet à ces derniers d'obtenir une répartition des sièges en leur faveur (notamment les « Big Three ») et d'assurer ainsi un blocage législatif permanent. La Chambre des syndicats est dirigée par un comité directeur composé des principaux syndicats du pays, présidé par le président de la Chambre, lui-même issu du Consolidated Mineworkers Syndicate. Les principales décisions sont prises par consensus entre les syndicats, et les votes pour décider d'une issue sont assez rares, car les accords sont conclus dans les coulisses et souvent à l'avance. Un délégué qui, par inadvertance, refuserait d'obéir aux instructions de son syndicat, se verrait blâmé et remplacé dans les plus brefs délais.

La Chambre des syndicats se conçoit comme un garde-fou ou une tour de contrôle devant examiner toutes les lois adoptées par l'Assemblée nationale afin de donner un avis positif ou négatif. Les comités et sous-comités chargés de vérifier ces lois (semblables à ceux formés à l'Assemblée) analysent les projets de loi. Leur objectif est simple : comment ces lois affecteront-elles le poids des syndicats, les salaires, les emplois et la satisfaction des membres des différents secteurs ? Le comité directeur négocie ensuite sa position et la Chambre agit le plus souvent comme un bloc monolithique, en utilisant un procédé maintes fois éprouvé : approuver, retarder ou mettre son veto. Son droit de veto sur les questions économiques est son pouvoir suprême, car il est contraignant et suspend toutes les lois nationales importantes pendant la période de transition. L'initiative législative en matière économique lui permet de présenter des projets de loi concernant la vie des syndicats et leur cogestion dans les entreprises, ce qui lui permet de contourner l'Assemblée et de rédiger des lois en leur faveur sans détour. Elle a également le pouvoir de nommer les candidats à la Cour constitutionnelle ainsi que les cinq ministres sans portefeuille qui siégeront au Conseil d'État, ce qui lui confère une influence directe et décisive sur les pouvoirs judiciaire et exécutif. Elle peut même utiliser ce « deuxième veto » pour bloquer le pouvoir exécutif et empêcher le gouvernement de proposer des lois allant à l'encontre des intérêts des syndicats.

L'emprise de la Chambre des syndicats se mesure à son recours à un monolithisme et à une « discipline syndicale », car les délégués sont les représentants des syndicats et ne disposent d'aucune initiative propre. Quand elle est menacée, même les petits syndicats et leurs délégués font bloc pour se défendre. Son contrôle de l'économie est un pouvoir décisif, car tout veto de sa part peut bloquer l'ensemble du processus législatif et paralyser le gouvernement. En dehors des murs du Hall of Industries, la Chambre peut également mobiliser les syndicats pour des grèves et des manifestations symboliques, ce qui lui confère une légitimité dans la rue. Ce pouvoir de mobilisation lui vient de ses nombreux réseaux informels et clientélistes à travers le pays, notamment dans des intérêts spécifiques comme les retraités, les personnes en situation de mal-logement ou les jeunes à la recherche d'un emploi ou d'une formation. Son discours et ses soutiens clientélistes lui permettent de se présenter comme la gardienne de la « propriété sociale et étatique » et « l'intérêt des producteurs réels » contre leurs ennemis, qu'il s'agisse des oligarques ou de la rapacité des « capitaux étrangers ».

Malgré tout, son monolithisme ne l'empêche pas d'être critiquée pour sa nature profondément antidémocratique et illégitime, puisqu'elle n'est pas élue directement par la population du Commonwealth. L'opposition peut ainsi se permettre de jouer la satire et de demander à la Chambre : « Mais qui diable vous a élu ? » Des rivalités internes existent, car de nombreux petits syndicats cherchent à remettre en cause l'ancienne hiérarchie au sein des syndicats du pays, ce qui peut provoquer des frictions. De plus, sa structure et sa vision conservatrice mettent immédiatement la Chambre des syndicats dans l'opposition. Elle n'a pas de vision créatrice et progressiste pour le Commonwealth, ne voyant que l'intérêt de défendre sa base sociale pour continuer d'exister. La Chambre des syndicats n'est, au final, qu'une forteresse conservatrice qui, plutôt que de gérer les affaires pressantes du pays, se comporte comme un cartel corporatiste cherchant avant tout à défendre ses intérêts économiques et sociaux durant la période de transition. Elle cherche à préserver ses membres, ses actifs, ses droits, ainsi que le contrat social hérité de l'ère syndicaliste. Elle n'est qu'un passé qui cherche à s'institutionnaliser et qui s'arme d'un droit de veto, tant institutionnel que par la rue et sa puissance dans les entreprises du pays.
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LISTES DES PRINCIPAUX BLOCS REPRÉSENTÉS À LA CHAMBRE SYNDICALE


I. Les "Big Three" et les syndicats industriels

    Nom : Old Guard Syndicate Bloc
    Composé de : Consolidated Mineworkers Syndicate (CMS) (35 sièges) - Metalworkers & Fabricators Guild (MFG) (30 sièges) - Reernian Energy Collective (REC) (20 sièges) - Chemical & Process Workers Syndicate (CPWS) (10 sièges)
    CMS : Syndicat le plus ancien, influent, riche et militant. Contrôle absolu du secteur minier du Commonwealth. Orienté vers le syndicalisme orthodoxe et intransigeant, cœur du caucus.
    MFG : Contrôle l'industrie lourde du Commonwealth. Légèrement plus pragmatique que le CMS en raison de ses liens avec les exportations, mais reste conservateur. Orienté vers le syndicalisme orthodoxe, cœur du causus.
    REC : Contrôle l'ensemble des réseaux électriques du pays, les raffineries ainsi que la distribution des combustibles. Considéré comme le "preneur d'otage" du pays par ses opposants. Aligné sur le CMS.
    CPWS : Contrôle les nombreuses usines chimiques industrielles et pharmaceutiques. Souvent indécis au sein du caucus, mais lourdement soudoyé par le cœur du caucus pour l'attirer à lui.
    Puissance à la Chambre : 95 sièges, détient de facto le pouvoir d'émettre n'importe quel veto.

II. Les syndicats réformistes et pôle du secteur public

    Nom : New Syndicate Bloc
    Composé de : Public Services & Administration Syndicate (PSAS) (8 sièges) - Transport & Logistics Guild (TLG) (7 sièges) - Light Manufacturing & Textile Workers Union (LMTWU) (7 sièges) - Construction & Housing Syndicate (CHS) ( 5 sièges) - Agricultural & Forestry Collectives (AFC) (3 sièges)
    PSAS : Représente les fonctionnaires, enseignants et le secteur des travailleurs de la santé dans la sphère syndicale. Ouvertement orienté vers le syndicalisme réformiste, suit la direction du Solidarity Bloc.
    TLG : Contrôle l'essentiel des chemins de fers du Commonwealth ainsi que les transporteurs en camion. Orienté vers le syndicalisme réformiste, suit la direction du Solidarity Bloc. Peut provoquer des grèves dévastatrices.
    LMTWU : Base de pouvoir de l'ancienne tendance technocratique de l'UMMFS, favorable à une modernisation du syndicalisme réformiste. Cœur du New Syndicate Bloc.
    CHS : Contrôle les coopératives de construction et de logement publiques, ainsi que l'essentiel des grands chantiers de construction. Suit le bloc à la Chambre pour avoir des contrats, syndicat ouvertement clientéliste.
    AFC : Représente les fermes collectives, coopératives agricoles et exploitations forestières. Se range du côté du New Syndicate Bloc par pragmatisme, plutôt proche du MLA. Officiellement classé comme indépendants.
    Puissance à la Chambre : 27 sièges (30 si l'on compte l'AFC), base de soutien au Solidarity Bloc dans la Chambre. Cherche le compromis, mais largement mis en minorité par les "Big Three".

III. Les néo-syndicalismes et les tentatives de ruptures

    Nom : Reform & Market Bloc
    Composé de : Digital Workers' Guild (DWG) (8 sièges) - Artisans, Merchants & Small Producers League (AMSPL) (5 sièges) - Port-Liberty Longshoremen & Maritime Union (PLLMU) (5 sièges)
    DWG : Branche libérale de la faction technocratique de l'ancienne UMMFS en croissance rapide. Représente les travailleurs du secteur tech et nouvelles technologies. Influence très importante, aligné sur le syndicalisme d'accompagnement et d'affaire. Aligné sur la NFU et ouvertement détesté par les "Big Three".
    AMSPL : Contrôle l'ensemble de l'économie coopérative et mutualiste qui échappe au secteur syndicaliste de l'économie. Syndicalisme d'affaires et d'accompagnement, tendance libertarienne et souhaite plus de dérèglementation.
    PLLMU : Syndicat extrêmement riche grâce au commerce international réalisé par Port-Liberty. Il s'agit plus en réalité d'une sorte de guilde commerciale qui fonctionne comme un syndicat. Ultra-corporatiste, cherche avant tout à conserver les intérêts de Port-Liberty et les intérêts de la NFU.
    Puissance à la Chambre : 18 sièges, ils cherchent avant tout à remettre en cause le monopole de la Old Guard et cherchent à fissurer et saper la Chambre de l'intérieur.

IV. La récente percée du syndicalisme vert

    Nom : Eco-Syndicate Bloc
    Composé de : Green Syndicat (GS) (7 sièges)
    GS : Officiellement reconnu en même temps que son bloc politique à l'Assemblée Nationale il y a peu. Représente les travailleurs dans le secteur de la dépollution, des énergies renouvelables et de l'agriculture durable. L'ensemble de ses délégués sont des activistes reconnus, pas des bureaucrates. Aligné sur l'éco-syndicalisme, petit syndicat hostile et perturbateur en séance qui s'oppose systématiquement aux "Big Three".
    Puissance à la Chambre : 7 sièges, il cherche en priorité à faire valoir les causes environnementales et passer des lois en ce sens. Pragmatique, peut s'allier au New Syndicate Bloc sur des questions spécifiques, décide de s'abstenir ou de provoquer des ajournements de séances le cas échéant.
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