
Hall of Industries - New Harmony

Jared Peters (OG), Président de la Chambre des Syndicats
La Chambre des syndicats se conçoit comme un garde-fou ou une tour de contrôle devant examiner toutes les lois adoptées par l'Assemblée nationale afin de donner un avis positif ou négatif. Les comités et sous-comités chargés de vérifier ces lois (semblables à ceux formés à l'Assemblée) analysent les projets de loi. Leur objectif est simple : comment ces lois affecteront-elles le poids des syndicats, les salaires, les emplois et la satisfaction des membres des différents secteurs ? Le comité directeur négocie ensuite sa position et la Chambre agit le plus souvent comme un bloc monolithique, en utilisant un procédé maintes fois éprouvé : approuver, retarder ou mettre son veto. Son droit de veto sur les questions économiques est son pouvoir suprême, car il est contraignant et suspend toutes les lois nationales importantes pendant la période de transition. L'initiative législative en matière économique lui permet de présenter des projets de loi concernant la vie des syndicats et leur cogestion dans les entreprises, ce qui lui permet de contourner l'Assemblée et de rédiger des lois en leur faveur sans détour. Elle a également le pouvoir de nommer les candidats à la Cour constitutionnelle ainsi que les cinq ministres sans portefeuille qui siégeront au Conseil d'État, ce qui lui confère une influence directe et décisive sur les pouvoirs judiciaire et exécutif. Elle peut même utiliser ce « deuxième veto » pour bloquer le pouvoir exécutif et empêcher le gouvernement de proposer des lois allant à l'encontre des intérêts des syndicats.
L'emprise de la Chambre des syndicats se mesure à son recours à un monolithisme et à une « discipline syndicale », car les délégués sont les représentants des syndicats et ne disposent d'aucune initiative propre. Quand elle est menacée, même les petits syndicats et leurs délégués font bloc pour se défendre. Son contrôle de l'économie est un pouvoir décisif, car tout veto de sa part peut bloquer l'ensemble du processus législatif et paralyser le gouvernement. En dehors des murs du Hall of Industries, la Chambre peut également mobiliser les syndicats pour des grèves et des manifestations symboliques, ce qui lui confère une légitimité dans la rue. Ce pouvoir de mobilisation lui vient de ses nombreux réseaux informels et clientélistes à travers le pays, notamment dans des intérêts spécifiques comme les retraités, les personnes en situation de mal-logement ou les jeunes à la recherche d'un emploi ou d'une formation. Son discours et ses soutiens clientélistes lui permettent de se présenter comme la gardienne de la « propriété sociale et étatique » et « l'intérêt des producteurs réels » contre leurs ennemis, qu'il s'agisse des oligarques ou de la rapacité des « capitaux étrangers ».
Malgré tout, son monolithisme ne l'empêche pas d'être critiquée pour sa nature profondément antidémocratique et illégitime, puisqu'elle n'est pas élue directement par la population du Commonwealth. L'opposition peut ainsi se permettre de jouer la satire et de demander à la Chambre : « Mais qui diable vous a élu ? » Des rivalités internes existent, car de nombreux petits syndicats cherchent à remettre en cause l'ancienne hiérarchie au sein des syndicats du pays, ce qui peut provoquer des frictions. De plus, sa structure et sa vision conservatrice mettent immédiatement la Chambre des syndicats dans l'opposition. Elle n'a pas de vision créatrice et progressiste pour le Commonwealth, ne voyant que l'intérêt de défendre sa base sociale pour continuer d'exister. La Chambre des syndicats n'est, au final, qu'une forteresse conservatrice qui, plutôt que de gérer les affaires pressantes du pays, se comporte comme un cartel corporatiste cherchant avant tout à défendre ses intérêts économiques et sociaux durant la période de transition. Elle cherche à préserver ses membres, ses actifs, ses droits, ainsi que le contrat social hérité de l'ère syndicaliste. Elle n'est qu'un passé qui cherche à s'institutionnaliser et qui s'arme d'un droit de veto, tant institutionnel que par la rue et sa puissance dans les entreprises du pays.