25/11/2018
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Council of State

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Council of State - New Harmony

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Edward Ramsey (Ind), Président du Commonwealth

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Keturah Lineboro, (SB) Première ministre

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Zaccheus Morgan, Chef d'état-major général de la People's Army of the Commonwealth

Salmon Criswel, Lemuel Wilson, Barnabas Milligen, Georgine Obrian, Ellen Emenheiser : Ministres sans portefeuilles

Le Conseil d'État est le véritable moteur du Commonwealth. Il s'agit du centre névralgique où se concentrent l'ensemble des prises de décision et les pouvoirs réels du pays. À la différence de l'Assemblée nationale et de la Chambre des syndicats, le Conseil d'État est à la fois le chef d'orchestre, l'auteur et le metteur en scène de la politique du pays. Il est l'incarnation des tensions permanentes au sein de la coalition fragile qui navigue durant la période de transition. Il opère tel un sanctuaire dont la composition est marquée par la coalition forcée de plusieurs forces contradictoires. Le président du Commonwealth est l'autorité morale ; il n'a pas le droit de vote, mais peut intervenir en cas d'égalité des voix afin de trancher. Le Premier ministre est le chef du gouvernement, nommé par une majorité à l'Assemblée et confirmé par les deux autres institutions. Les cinq ministres sans portefeuille sont nommés directement par la Chambre des syndicats. Enfin, le chef d'état-major général de la PAC fait office de conseiller militaire et de sécurité intérieure. Il n'a pas le droit de vote, mais sa présence est politiquement décisive pour que l'armée suive les décisions gouvernementales. Des observateurs, tels que des directeurs d'organes économiques ou financiers, des services de sécurité intérieure, peuvent assister à des séances du Conseil d'État afin de délivrer des rapports, mais ne disposent pas d'un droit de vote. Les délibérations du Conseil d'État sont tenues secrètes et se tiennent la plupart du temps dans la « pièce ronde » située dans les profondeurs du bâtiment, une pièce totalement sécurisée et insonorisée. Aucun procès-verbal n'est publié et les décisions prises sont publiées sous forme de décrets.

Le Conseil d'État justifie ce choix de « culture du secret » comme une nécessité pour permettre une « délibération franche et ouverte » dans un contexte de tension nationale permanente durant la période de transition. L'ensemble des décisions sont prises par consensus et le recours au vote est envisagé en dernier ressort, comme un échec à préserver l'unité. C'est au président qu'incombe la tâche de parvenir au consensus et d'obtenir l'unanimité, et il n'hésite pas à faire durer, avec l'aide du Premier ministre, des discussions qui peuvent durer une nuit entière. En soi, le Conseil d'État est un microcosme qui représente la lutte pour le pouvoir au sein du Commonwealth : la Première ministre se veut la représentante de la majorité démocratique à travers l'Assemblée nationale, les cinq ministres sans portefeuille constituent un bloc qui représente les intérêts économiques et corporatistes des syndicats, le président est un médiateur et un temporisateur, tandis que le chef d'état-major général veille scrupuleusement à ce qu'aucune décision ne menace la « sécurité de l'État », c'est-à-dire les énormes prérogatives dont dispose l'armée. Le Conseil d'État est donc l'autorité exécutive suprême du Commonwealth, puisqu'il dirige l'ensemble des ministères et leurs politiques sont approuvées par lui. Il peut également gérer toute crise perçue comme un « danger national », en déployant l'armée ou en suspendant certains pouvoirs des districts. Il est également le garant du compromis actuel, car aucun projet de loi ne peut être soumis à l'Assemblée nationale sans son accord préalable et informel. La Première ministre et les cinq ministres discutent des projets dans les grandes lignes et s'assurent qu'il n'y aura pas de rejet massif, ce qui permet au Conseil d'État de légiférer en avance de manière efficace.

Bien que la PAC défende farouchement son indépendance opérationnelle et structurelle, tout ce qui concerne son budget, ses équipements et ses engagements en cas de troubles nationaux dépend du Conseil d'État. Il contrôle également l'immense archive dite du « Livre noir » (les anciens dossiers de la police politique et secrète de l'ère syndicaliste), qu'il peut utiliser comme moyen de pression à sa guise. En cas de litiges constitutionnels entre les districts ou certaines branches du gouvernement, il est possible de faire appel au Conseil d'État afin d'obtenir un règlement de la situation avant de saisir la Cour constitutionnelle, dont les procédures sont beaucoup trop longues. Ses points forts résident donc dans sa capacité à être une force de compromis, car il est impossible de gouverner sans les syndicats et sans l'accord tacite de la PAC. Ce compromis est brutal, mais il assure une relative stabilité. Les décisions prises en secret permettent de gérer des décisions ou des actions difficiles, voire controversées, à huis clos, sans avoir à se justifier devant les médias ou sous la pression populaire. Des accords pragmatiques et cyniques sont conclus, ils s'avèrent efficaces et seraient impossibles à mettre en œuvre dans une transparence totale. Néanmoins, sa principale faiblesse réside dans la manière dont le Conseil d'État a été conçu. À l'instar de la Chambre des syndicats, il souffre d'un manque d'approbation démocratique, car il n'est pas responsable devant le peuple.

Le fait de maintenir le secret est contraire à la volonté affichée de démocratiser le pays, ce qui alimente la colère et le ressentiment d'une partie de la population ainsi que de l'opposition. De plus, dès qu'un des trois blocs n'est pas d'accord, il peut opposer son veto à une action, ce qui conduit à mener des politiques qui fragilisent le consensus, laissant des sujets brûlants en suspens. L'environnement de secret permet de conclure des accords en coulisse, en utilisant des contreparties, en exerçant des pressions ou en faisant appel à des informations compromettantes issues des archives du « Livre Noir ». Si l'efficacité du Conseil d'État dépend grandement des compétences et de la volonté de son président, le pouvoir informel le plus prégnant reste celui de l'armée. En effet, si son chef d'état-major général considère qu'une décision prise constitue une « ligne rouge » pour la sécurité nationale, le débat est quasi systématiquement clos, ce qui confère à la PAC un droit de vote de facto sur quasiment tout. Que reste-t-il au Conseil d'État ? Sa capacité de négociation sans fin. La stabilité ne peut être atteinte qu'en restreignant les sujets clivants, ce qui réduit considérablement le périmètre d'action du Conseil d'État, le plaçant dans une véritable cage de fer qui enferme davantage la politique du Commonwealth. Il ne peut que maintenir l'unité du Commonwealth et éviter qu'il ne se fracture davantage, en s'interdisant de prendre des décisions judicieuses pour sortir le pays de l'impasse. Le Commonwealth connaît la stabilité grâce au Conseil d'État, mais cette stabilité n'est possible que par une paralysie totale et un pouvoir exercé dans l'ombre et le secret. Tout se joue ici, mais le jeu est fortement biaisé.
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