03/10/2020
01:14:15
Index du forum Continents Aleucie Navasota

Encyclopédie historique de la fédération

Voir fiche pays Voir sur la carte
1618

 photo

la peinture représente ici est la bataille de Far Creek, lors de la seconde guerre contre les natifs (1731-1758) menée par les autorités du duché de Lasley par l’intermédiaire des troupes coloniales placées sous l’autorité du gouverneur général Robert Moffett. Nous sommes le 2 octobre 1946. Les natifs, menés par le chef autochtone de la tribu des Ashkawa, Sakana, dit l’Ours Rouge, pendant une durée de 15 ans, mèneront la vie dure aux troupes coloniales, dont la bataille de Far Creek est la plus retentissante. Elle est considérée comme une victoire par les natifs et comme la juste revanche de la nature et de l’ordre contre les « démons » et les ennemis blancs destructeurs et mauvais. Encore aujourd’hui, c’est un événement très important pour les natifs, rappelant le courage et la combativité des leurs face à la haine blanche.

Pour les colons et les troupes du général Moffett, c’est une défaite sanglante et puissante qui mènera à la mort de plusieurs milliers de ses troupes et entraînera sa chute politique et militaire. Cette victoire, bien que retentissante, marquera par ailleurs un changement de période : l’entrée dans la deuxième phase de la guerre Austaro-Natifs, où les troupes coloniales vont prendre leurs revanches et massacrer de manière systémique les oppositions natives à la conquête du territoire.
La bataille de Far Creek est représentée par le peintre Abraham Johnston en 1884 et exposée au Victoria Museum of History. Elle a été commandée par le président Adrien Ferland, président francophone pro-indépendance du New Allington et pro-mouvement autochtone, connu pour son soutien à des mouvements de reconnaissance et de soutien aux droits autochtones. La représentation de cette bataille, pourtant considérée comme étant une humiliation pour la fédération, a fait grand bruit. Aujourd’hui, la peinture est considérée comme étant un chef-d’œuvre artistique.
Liste des articles :


15590
Golden Age :

Le Golden Age ou Age doré est une période qui s’étend vers la fin de la dictature du général William Marshall (1850-1880) à la fin des années 1910. C’est une période charnière dans l’histoire de la fédération tant par son impact politique que social. Le Golden Age est un nom ironique utilisé pour la première fois par l’écrivain et théoricien politique Navorais Joseph Harper pour décrire la réalité de son époque, une fédération en pleine mutation politique, économique et sociale, avec un développement exceptionnel permis par la seconde industrialisation avec le développement des industries chimiques, sidérurgiques et financières. Le terme apparaît dans la Derway Revue of Economics pour dénoncer l’hypocrisie de ce fin de siècle : celle d’un développement économique effréné certes mais qui ne profite qu’à une minorité de privilégiés : les « barons voleurs » qui dominent la vie politique et sociale de l’époque tandis que l’écrasante majorité de la population vit dans la pauvreté.

Le Golden Age est une fin de siècle contrastée : elle marque la victoire de la « civilisation » sur le monde sauvage, la transformation profonde du territoire Navorais avec l’extension des réseaux ferrés qui connectent le territoire. Elle marque aussi la fin d’une époque, celle des hors-la-loi, des cow-boys et des libertés dans l’est sauvage de la fédération. On entre dans un nouveau siècle, le XXe siècle, l’époque des machines, des transformations sociales et de la construction sociale de l’union en tant qu’unité nationale. Le Golden Age est une période charnière car en ce sens elle marque une rupture entre deux mondes : celui de la conquête de l’est au nom de la Destinée Manifeste des colons Austariens d’apporter la civilisation et le savoir dans un monde sauvage et le monde du XXe siècle qui transforme ce territoire, l’industrialise et le dompte par la technologie et le savoir scientifique. Pour les contemporains, cette période de rupture constitue une perturbation de leurs modes de vie : il n’est plus question d’explorer de nouveaux territoires, d’écraser des natifs dans des batailles sauvages et sanglantes ni même d'explorer des nouveaux territoires, mais de devenir des hommes au service du progrès et de la civilisation, une civilisation annihilatrice de la nature et des autochtones, qui à la place de la liberté promet la servitude aux usines et à des patrons impitoyables, qui remplace le revolver par les chaînes de production et qui laisse les hommes devenir des esclaves du progrès.

Cette période marque également l’apogée du rêve Navorais, soigneusement entretenu par les puissants de l’époque : les barons voleurs. Dans cet article, il nous sera adressé d’étudier cette période charnière de l’histoire de la fédération, au cœur d’un monde en rupture dans lequel la civilisation avance inlassablement et méthodiquement, enterrant l’âge de la conquête au profit de l’âge de l’industrialisation. Telle une bête vorace, elle conditionne les mentalités et les perceptions du monde social. L’âge doré est une confluence de transformations, d’évolutions, d’inégalités entre riches et pauvres, blancs et natifs ou Nazumien ; sa force se base sur la spectaculaire transformation de la fédération au mépris des minorités qui sont tout simplement oubliées, exploitées et marginalisées.

Reconstruire la fédération après la guerre civile de 1876-1880 :


La guerre civile de 1876-1880 est une saignée démographique pour le Navasota, c’est la guerre la plus violente et la plus meurtrière qu’ait connue la fédération de toute son histoire. Elle oppose les troupes du général William Marshall, dictateur de la fédération, profondément conservateur, catholique et esclavagiste, à des forces républicaines revigorées et anti-esclavage. Pendant quatre années, la guerre met à mal la fédération : des infrastructures de transport sont détruites ; rails et voies ferrées sont détruits par des actes de sabotage et de destruction menés par les deux camps afin d’empêcher l’ennemi de disposer de voies de transport et d’approvisionnement. Au niveau démographique, on estime que la fédération, qui compte jusque-là 10 millions d’âmes, subit la pire saignée démographique de son histoire. Les violences des combats des deux camps, mêlées au développement et au raffinement des armes et à la volonté d’anéantir l’ennemi, causeront la mort de plus d’un million de personnes, soit 10 % de la population de la fédération de l’époque.

Si ces morts ne sont pas seulement dues aux combats, elles sont la répercussion de la violence de cette guerre institutionnalisée, car en effet chaque camp n’hésite pas à recourir à la technique de la terre brûlée pour causer famine chez l’ennemi et empêcher l’approvisionnement en nourriture, mais aussi massacres de civils et de populations en représailles, viols comme armes de guerre, exécutions sommaires et torture sont des éléments composant la réalité de cette époque. La victoire du général républicain Matthias Calhoun à la bataille de Pigs Bartlett en 1879 marque un tournant dans la guerre. Cette victoire amorce la victoire des forces républicaines sur les troupes du général Marshall et ouvre la voie vers la prise de la capitale de la fédération, Victoria City, en juin 1879 et à la capture du général William Marshall. Cette capture ne marque toutefois pas la fin de la guerre civile puisque des forces opposées aux républicains et pro-Marshall continuent de mener des combats irréguliers à travers des razzias, des guérillas ou des massacres visant à empêcher la consolidation de la victoire des troupes républicaines. Il faudra attendre l’année 1880 pour mettre un terme à cette guerre avec l’élection du président Adrien Ferland qui mène une politique de lutte durant sa première année de mandat envers les forces rebelles qui aboutit à leur défaite définitive en septembre 1880.

Cette guerre civile est ainsi une véritable saignée démographique : la fédération perd près d’un million de personnes, la pyramide des âges est chamboulée et des régions entières sont dévastées et devenues inhabitées. L’État du Durminster est en ce sens le plus marquant de ce bouleversement démographique puisque l’État passe de 800 000 habitants à 150 000 durant cette guerre civile. Entre les massacres, les déplacements forcés et les victimes collatérales des violences des combats, l’État a subi les plus violents bouleversements économiques et démographiques dont il aura du mal à se remettre dans les années qui suivent. Cette guerre civile a des conséquences économiques catastrophiques : l’économie de la fédération est au point mort, les infrastructures de transport sont détruites, les centres économiques ravagés et les champs agricoles réduits à néant par la politique de la terre brûlée des deux camps.

En cette période, on estime que les productions et rendements agricoles ont baissé de plus de 80 % de leurs niveaux avant 1876, d’autant plus que les campagnes sont vidées à cause des massacres et des violences qui ont traversé ces territoires. Au niveau fédéral, la chute de l’économie fédérale est particulièrement visible à travers deux éléments : la chute de la valeur de la monnaie de la fédération, le livre, totalement déprécié, et au niveau des exportations, la débâcle de la guerre civile qui a causé la destruction des centres de production a littéralement massacré l’économie de la fédération et en particulier l’exportation qu’effectue la fédération envers l’étranger. Cette chute est visible à travers la baisse de 80 % des exportations de la fédération envers le Mantlhelahn entre 1876 et 1877.

Ce désastre économique et social passé, il est nécessaire de se lancer dans la reconstruction de la fédération. Le président fédéral Adrien Ferland lance une vaste politique de reconstruction visant tout d’abord les grands axes de transport et en particulier le secteur ferroviaire qui constitue la colonne vertébrale de l’économie de la fédération. Avec les années 1880, la fédération va connaître un développement économique extraordinaire mais qui sera toutefois marqué par une corruption généralisée et débridée entre les puissants avec l’apparition des barons voleurs et les politiciens de la fédération. Le président fédéral lance d’abord, dans un objectif de réconciliation de la fédération, une politique d’amnistie générale validée par le congrès en 1881. Par cet acte d’amnistie générale, le président souhaite tourner la page de la guerre civile et se concentrer sur la reconstruction qu’il juge plus urgente. Toutefois, il sera honnête de noter que cette politique d’amnistie générale ne bénéficie pas à tout le monde, car elle exclut les puissants patrons, bourgeois et hauts commandements de la faction marshallienne.

D’ailleurs l’ancien dictateur fédéral sera condamné à mort et exécuté pour crime politique et sera tenu responsable des massacres ayant eu lieu durant la guerre civile. De plus, si les grands soutiens de l’ancien dictateur ne bénéficient pas de manière générale de cette amnistie, ils pourront toutefois demander une amnistie personnelle, quasiment systématiquement accordée par le président. On estime que durant son mandat entre 1880-1884, il aura amnistié plus de 8000 personnes. Cette politique d’amnistie ne plaît pas à tout le monde pourtant : c’est en cette période qu’apparaît la première grande opposition politique entre le président et le congrès, le sénat particulièrement conservateur et acquis aux républicains avec les élections primaires de 1880 voulant de lourdes sanctions envers les anciens soutiens du dictateur et s’opposant donc à cette politique d’amnistie, accusant le président d’être mou dans la défense des intérêts de la fédération.

L’autre question qui se pose en cette période de reconstruction est la question de l’abolition de l’esclavage : faut-il ou non abolir l’esclavage ? La question divise la société navoraise. Le président fédéral, dans un souhait de tourner la page du passé, proclame la fin de l’esclavage en 1882 quelques mois avant les élections intermédiaires pour le renouvellement des sièges du congrès. Nombre de ses contemporains l’accuseront de populisme politique, mais qu’importe : la proclamation de la fin de l’esclavage ne plaît pas à tout le monde, surtout aux grands propriétaires de plantations esclavagistes des états du Durminster et de Big Valley. L’adoption du 8e amendement en 1883 qui interdit l’esclavage est un tournant : les natifs autrefois esclaves sont maintenant libres de leurs anciens maîtres mais sans compensation. Pour les anciens maîtres, c’est un désastre économique car leur économie repose sur l’exploitation servile de cette main-d’œuvre gratuite, corvéable à merci. En réaction à cette abolition, les états anti-abolitionnistes votent les black codes qui limitent particulièrement l’affranchissement de ces populations esclaves, maintenues dans un état de pauvreté énorme et de dépendance à leurs anciens maîtres. La législation de ces états, très favorable aux patrons, permet aux patrons de faire signer des contrats avantageux à leurs anciens esclaves. Ces derniers sont certes libres mais voient leurs droits réduits, les maintenant dans un état de quasi-esclavage : salaires misérables, conditions de travail inhumaines et aucune protection face aux abus des maîtres, et le droit de vote leur est interdit de même que l’exercice de certaines professions.

En réaction, le congrès adopte le 9e amendement qui garantit la citoyenneté à toute personne née sur le territoire fédéral. De ce fait, les personnes natives ne peuvent plus être exclues du droit de vote et peuvent participer à la vie politique à égalité avec les blancs, chose confirmée par l’adoption du 10e amendement en 1885 qui accorde le droit de vote aux noirs et aux natifs. Pour certains blancs esclavagistes et suprémacistes, ce sont des réactions violentes qui émergent face à cette libération : ils s’opposent à l’acquisition de droits civils et politiques de leurs anciens esclaves et prônent la suprématie de la race blanche sur les autres. L’âge doré est donc un moment de transformation sociale particulièrement violent puisque ces groupuscules radicaux et suprémacistes blancs donnent naissance à des organisations racistes pratiquant une politique de terreur envers les populations natives et noires : massacres, viols, actes de barbarie et tortures. Ils se lancent dans une véritable chasse aux affranchis qu’ils massacrent violemment. Le congrès se saisira de ces mouvements et va les dissoudre, mais ces mouvements continueront malgré le vote de plusieurs lois contre.

D’autre part, cet âge doré est celui de la naissance d’une ségrégation sociale. Si les populations noires et natives sont libres et en principe égales avec les anciens maîtres blancs, il se trouve que ceci n’est en réalité pas le cas. Très tôt naît donc la ségrégation sociale via un arrêt de la cour suprême de la fédération : l’arrêt Waylon vs State of Durminster crée pour la première fois la ségrégation sociale avec des espaces réservés aux noirs et personnes de couleur et des espaces réservés exclusivement aux blancs. Cette ségrégation marquera profondément la société navoraise jusqu’aux années 1950-60 où la cour suprême reconnaîtra par son arrêt Coleman vs States l’inconstitutionnalité de la ségrégation. Qu’importe : durant l’âge doré, cette ségrégation a des effets radicaux. Le congrès crée des réserves pour les natifs dont la démographie a fortement chuté entre les années 1660 et 1880, passant de 6 millions à moins d’un million. Dans la même période, le pouvoir politique du congrès est renforcé et le congrès tente pour la première fois une tentative d’impeachment sur le président de la fédération Finn Harrison (1888-1896) qui échouera de peu.

L’année 1896 est d’ailleurs un tournant dans l’histoire de la fédération avec l’élection du président Walter Cooke, qui fait quitter les dernières troupes fédérales des états occupés.

L’âge doré, une période d’effervescence scientifique et d’innovation

L’âge doré est marqué par une effervescence et un essor scientifique et technologique, tout d’abord avec le déploiement du télégraphe dès les années 1860 qui permet des communications rapides avec les différents territoires de la fédération et révolutionne les échanges et l’accès à l’information. Si l’on est loin des standards modernes, pour l’époque c’est une véritable révolution. Ensuite, le chemin de fer, qui connecte les territoires de la fédération, permet de réduire les grandes distances et donc de faciliter le peuplement du territoire, d’autant plus que les grandes compagnies ferroviaires comme la Navosota National Railways (NNR) et la National Railroad Corporation (NRC) exploitent une main-d’œuvre bon marché pour la construction (Wanmienne, Xin, Caratraise), corvéable et exploitable à merci. Le ferroviaire apparaît donc dans ces premiers instants de l’âge doré comme le principal levier économique de la fédération qui connecte les territoires et centres de production majeurs qui tentent d’émerger à la suite de la guerre civile fédérale : Derway, Camp Hill, Santa Isabel City, etc. Le développement exponentiel du secteur de la sidérurgie est un autre tournant dans la reconstruction économique de la fédération. Ce secteur, qui tourne à plein régime, est toutefois concentré dans les mains de quelques riches : ce sont les magnats de l’industrie qui seront au cœur de la révolution économique et sociale de la fédération. D’ailleurs, ces magnats profitent de cette seconde révolution industrielle pour faire entrer la fédération dans la modernité. Cette période est par ailleurs favorable à l’innovation avec des dépôts de brevets importants qui prouvent une émulation des idées et des inventions. C’est une période d’innovation qui va permettre la naissance des symboles culturels navorais (jean, coca cola,).

Cette période de l’âge doré est surtout marquée par les barons voleurs qui impressionnent leurs contemporains. Ces hommes d’affaires, qui profitent des hommes politiques corrompus, construisent des réseaux d’ententes illégales pour se construire de vastes réseaux d’entreprises et s’enrichir, mais aussi pour écraser la concurrence et bâtir des fortunes immenses. Reginald Carson en est un exemple atypique : premier milliardaire au sein de la fédération via une stratégie douteuse et souvent illégale, il se bâtit une fortune immense qui choque même ses contemporains. La création et l’apparition d’entreprises monopolistiques qui réunissent quelques grands cartels d’un même secteur d’activités qui s’entendent pour écraser la concurrence via des productions très élevées et des prix très bas modifient l’économie de la fédération qui n’est pas habituée à de telles monopolisation du secteur économique : la concurrence est écrasée mais aussi réduite à néant et tout est bon pour ces barons pour les écraser via des moyens légaux mais aussi et surtout illégaux. Carson entretenait par ailleurs de vastes réseaux criminels dont il se servait pour éliminer la concurrence.

L’âge doré est aussi marqué par la création d’holdings (et des trusts) qui regroupent des entreprises sous un même dirigeant et un conseil d’actionnaires. Ces holdings regroupent des entreprises diverses sous la domination d’un seul homme, et ce n’est pas un fait isolé puisque tout le secteur de l’économie de la fédération est touché par ces mouvements. On estime que Carson, à la fin des années 1890, siège au sein du conseil d’administration de plus de 40 entreprises de secteurs différents. Ce mouvement de concentration ne sera pas possible sans la complicité des autorités de la fédération : cette période est marquée par une corruption débridée et des ententes illégales ainsi que des conflits d’intérêts qui mêlent politiciens et riches magnats qui n’hésitent pas à faire usage de tout pour défendre leurs intérêts et asseoir leur domination. Une de ces stratégies est sans aucun doute le lobbying qui naît en cette période et qui permet aux riches de faire orienter les choix stratégiques de la nation à leur profit. Le sénat est en cette période le self-made club des riches, un salon de réunion de politiciens corrompus acquis aux riches et qui orientent les décisions dans leur intérêt.

L’âge doré, une période d’inégalités sociales criantes :

suite plus tard ...

13286
La présidence de Ruben Collins (1936-1940) et la naissance du système de protection sociale fédéral :

 photo
Rubben Collins, président de la fédération de 1936 a 1940, père du système de sécurité fédéral.

Ruben Collins est élu à la présidence de la fédération en 1936 sous les couleurs du jeune parti travailliste porté par un élan populaire jamais vu, celui d’une mobilisation massive du monde ouvrier et paysan qui avait le sentiment d’être exclus des réussites économiques de la fédération. Devenu président dès janvier 1936, Collins se retrouve à la tête d’un État failli, endetté et écrasé par la crise de 28 et la grande dépression qui s’en est suivie : les caisses de l’État sont vides, l’économie comme la production sont au point mort, la croissance économique est inexistante et elle est même négative pour deux trimestres consécutifs de l’année 1934, le chômage est à son niveau le plus haut et les quelques entreprises et emplois fonctionnels souffrent du manque de ressources, de la rigidité de l’emploi et des inégalités économiques et sociales criantes : l’élite sociale et économique profite des rares richesses encore produites au sein de la fédération tandis que des millions de familles meurent dans les ghettos et quartiers périphériques des grandes villes.

Porté par cet élan populaire et par cette population désireuse de réformes face à l’incapacité des politiciens traditionnels à fournir une réponse favorable, Collins devient président de la fédération avec 56,7 % des voix et prend la tête de l’exécutif, à l’époque le poste de Premier ministre n’existait pas et le président a la plénitude de l’exercice du pouvoir exécutif, avec son programme intitulé les 27 points de Collins, il va s’atteler à relancer l’économie fédérale et à combler les inégalités socio-économiques. Il écrase l’ensemble de ses concurrents qu’ils soient conservateurs à Lucas McCarthy qu’il écrase par l’élan apporté par Collins alors même que McCarthy était considéré comme le favori de cette élection ou encore Spencer Ellis le candidat libéral qui ne fait pas le poids face à ce poids lourd qu’est Collins.

Homme pragmatique mais déterminé, leader charismatique et adoré, ferme mais tendre, de bonne moralité et réputation, c’est le leader par excellence qu’attendait le parti travailliste pour lui faire atteindre les plus hauts sommets de l’État, avec les primaires législatives de 1936, le parti obtient une majorité des sièges dans les deux chambres du congrès : la chambre des représentants et le Sénat, avec cette domination à la fois sur le pouvoir exécutif et à la fois sur le pouvoir législatif, le président Collins a les mains libres pour mener à bien son programme sollicité par la population qui l’a mené au pouvoir.

Le contexte du début de mandat de Collins : crise économique et sociale, grande dépression, tensions ouvrières et « grèves heureuses » :

Le contexte de l’arrivée au pouvoir de Collins à la tête de l’État est particulier car tout d’abord il succède au président libéral Emmanuel Bourgeois sévèrement sanctionné autant par l’électorat que son propre parti pour sa gestion catastrophique de la grande dépression. Emmanuel Bourgeois, président de la fédération de 1932 à 1936 et qui succède lui aussi à Edward Monroe, le président sous lequel la crise de 1928 a lieu et sous lequel également a commencé la grande dépression économique qui va durablement frapper la fédération. Bourgeois, élu président de la fédération en 1932, était chargé de trouver une réponse face à cette crise économique et rétablir l’économie fédérale, son résultat sera un échec cuisant puisque le président de la fédération causera tout l’inverse, à savoir une aggravation de la crise.

La grande dépression de 1929-1930 est conséquente, l’économie de la fédération est terriblement frappée par le crash boursier de 1928 qui a lieu à la bourse de Victoria City, ce crash boursier dû à des spéculations de titres et à des bulles immobilières causera la fermeture de nombreuses banques et institutions de financement fédérales criblées de dettes et qui en conséquence vont confisquer l’ensemble des prêts dont elles ont fait part, cette crise va donc s’étendre à l’ensemble des secteurs de l’économie de la fédération à commencer par le secteur des services en passant par l’agriculture et les activités agricoles. L’économie est au point mort, les agriculteurs ne produisent plus rien et leurs matériels sont repris par les banques qui cherchent par tous les moyens à se débarrasser de leurs dettes, le secteur industriel lui est complètement mort et paralysé par cette crise de 28-29 puisque les grands groupes industriels sont touchés de plein fouet par le refus des banques de faire des prêts et des investissements, ces grands groupes qui basaient l’ensemble de leur production mais aussi recherche et développement sur l’investissement des entreprises (le taux d’intérêt en échange de fonds est particulièrement intéressant sur les bourses et marchés financiers), face à cette incapacité de trouver des sources de financement et en raison de la hausse des taux d’intérêt sur les marchés financiers, ces grands groupes font rapidement à leur tour faillite et commencent à licencier massivement, à la crise économique vient s’ajouter une crise sociale qui va continuer d’augmenter dans les années à venir. En 1930 on considère que 1 homme sur trois est au chômage, du jamais vu dans l’économie de la fédération et l’ensemble des secteurs économiques fonctionnent au ralenti.

Emmanuel Bourgeois, élu en 1932 pour apporter une réponse à cette crise se révèle être très rapidement incapable, partisan du libéralisme pur, celui d’un État non interventionniste et qui laisse le marché s’auto-réguler, en effet, pour le président de la République libéral, cette crise économique n’est pas durable et au contraire l’intervention de l’État au sein du marché ne fera que provoquer encore plus de dégâts, il croit sincèrement que l’économie de la fédération sera capable de trouver un nouvel équilibre toute seule grâce à la rationalité des agents économiques sans avoir besoin que l’état fédéral intervienne. Dur calcul, puisque la crise s’étend et pèse dans tous les secteurs de l’économie, des entreprises ferment et des secteurs entiers se retrouvent anéantis, le chômage touche environ 30 % de la population de la fédération en âge de travailler, ajouté à cela une crise politique entre le parti libéral majoritaire grâce aux élections primaires de 1932 qui a accordé au président Emmanuel Bourgeois la majorité parlementaire pour diriger et mener ses réformes, cette majorité libérale se retrouve vite opposée au président puisque même le parti libéral est contre ce refus d’interventionnisme du président qu’il juge incompréhensible, à la crise économique puis la crise sociale s’ajoute une crise politique qui semble vouloir durer, entre le palais présidentiel et le congrès rien ne va plus, plus de réformes et des tensions constantes, le président de la fédération verra sa tête menacée presque tomber à cause des tentatives d’impeachment qui échouent de peu.

En 1934, lors des élections intermédiaires, le président de la fédération Emmanuel Bourgeois est sanctionné par l’électorat fédéral qui lui reproche ce manque d’interventionnisme et d’aide au redressement de l’économie fédérale, le parti libéral perd sa majorité et devient le troisième parti à la chambre des représentants derrière le parti conservateur puis les travaillistes qui arrivent en second et raflent une domination quasi complète de l’aile gauche de la chambre des représentants, au Sénat la situation n’est guère meilleure pour le président puisqu’il perd encore une fois également sa majorité et son parti est relégué à la quatrième place, c’est pour l’histoire de la fédération tout entière la plus dure sanction électorale reçue par un président et un parti.

Lorsque le président Emmanuel Bourgeois décide enfin d’agir il est trop tard sans majorité il ne peut mener de réformes ni aucune politique puisque tous les pouvoirs sont opposés à lui : la chambre des représentants lui est inaudible, le Sénat est son ennemi et le pouvoir judiciaire est acquis aux conservateurs, cet échec critique du président de la fédération se manifeste dans les rares textes qu’il parvient à faire adopter après de très longs mois de négociations comme l’International Commercial Act voté en 1934 qui hausse les droits de douane des produits étrangers voulant entrer dans la fédération. Cet acte aggrave la crise puisque les rares ressources qui entraient encore au sein de la fédération et qui tenaient l’économie de la fédération sous perfusion sont tout simplement abandonnées.

C’est dans ce contexte que Ruben Collins est élu président de la fédération en 1936, syndicaliste, professeur d’économie et député à la chambre des représentants avant son élection, il présente un programme fondé en trente-sept points, programme social, économique et politique qui veut durablement modifier et transformer les structures économiques de la fédération, ce programme attire les ouvriers comme les paysans comme l’électorat des autres partis politiques qui sont comme aspirés par cet élan nouveau porté par Collins.

L’arrivée au pouvoir de Ruben Collins se déroule dans ce qui est appelé la période des « grèves heureuses », période de grèves au sein de la fédération qui se caractérise par le fait que ce ne sont pas des grèves de revendication mais des grèves qui ont lieu pour faire la fête et se réjouir de l’élection du président travailliste, le monde ouvrier et paysan mais aussi celui des classes moyennes et populaires fête l’arrivée de ce président sur lequel reposent les espoirs de futures réformes. L’image la plus mémorable de ces grèves est sans aucun doute l’occupation des usines de l’entreprise automobile La General Gray à Derway, entreprise connue pour son exploitation de ses ouvriers et qui est également connue pour profiter de cette crise économique pour se faire les poches. Cette grève autrefois réprimée par les forces de l’ordre est rejointe par ces derniers qui dans une ambiance festive, crient, dansent et s’amusent pendant trois jours.

Le début de mandat de Collins et les grandes réformes :

Arrivé au pouvoir en 1936, le président de la fédération commence dès lors à mener ses réformes qui portent en trente-sept points, ceux-ci sont facilement appliqués grâce à la majorité que possède le président à la chambre des représentants et au Sénat qui lui permettent de faire rapidement passer ses réformes. Inflexible et déterminé, le président est prêt à tout pour mener à bien ses réformes quitte à s’attirer la foudre des puissants.

Face à son caractère déterminé, le patronat n’a d’autre choix que de négocier, les 24, 25 et 26 février ont lieu les entrevues de Victoria entre le président de la fédération et son administration, la représentation du patronat navorais et les grands et principaux syndicats du pays, durant ces trois jours de grands débats et échanges ont lieu et portent sur les points majeurs des trente-sept points du président : celui de la création d’une sécurité sociale (vieillesse, travail et retraite), réforme des conditions de travail et sur la création d’un revenu minimum de subsistance, face à la toute-puissance présidentielle le patronat accepte de négocier de même que les syndicats, c’est là une des premières et plus récalcitrantes victoires du président de la fédération. Quelques jours plus tard sont votées les Social Security Law, un ensemble de plus de 10 textes de loi qui créent la sécurité sociale navoraise avec la création d’une caisse d’assurance retraite, de travail (chômage, accident de travail, etc.), famille.

De plus sur la réforme des conditions de travail, le président fait voter plusieurs lois qui vont dans le sens des employés et des travailleurs, avec la limitation de la durée du travail (passage aux 40 heures), la limitation des pouvoirs des patrons qui perdent le pouvoir de sanctionner les ouvriers sans passer soit par la justice soit par un conseil spécialisé pour et dont la composition est votée par les employés et le patronat et les compétences fixées par la convention collective, les décisions de ce conseil sont susceptibles d’appel auprès d’une juridiction civile. En plus de ces réformes du travail, sont ajoutées des réformes pour améliorer les conditions de vie des ouvriers : création des congés payés (3 semaines), hausse des salaires au sein des entreprises par les conventions collectives, protection contre les licenciements abusifs…

Le président Ruben Collins s’attaque également à la crise économique et à la grande dépression qui s’en est suivie, il fait supprimer l’International Commercial Act voté par son prédécesseur et crée des commandes publiques pour relancer fictivement la demande afin d’encourager les entreprises à recruter auprès des chômeurs, ces politiques de relance par la commande publique ne sont que pour la relance économique de la fédération et n’ont pas pour objectif de la porter à long terme. Le président de la fédération encourage donc les entreprises à relancer l’économie de la fédération par la production des ressources en commençant par l’industrie qui est le secteur essentiel et porteur de l’économie de la fédération, ce secteur industriel nécessaire pour la fédération est le plus susceptible de permettre une relance de l’économie de la fédération, raison pour laquelle le président Ruben Collins porte l’ensemble de ses efforts sur la relance de ce secteur essentiel et stratégique.

La politique du président est une nouvelle fois approuvée par la population lors des élections intermédiaires de 1938 qui lui accordent une surmajorité aux deux chambres du Congrès, fort de cette victoire électorale et avec une opposition disparue et inexistante, le président Collins continue ses réformes pour améliorer les conditions de vie de ses citoyens, en 1939 il améliore la sécurité sociale avec la création d’un âge de départ à la retraite qui permet selon le président de donner à chaque Navorais ce qu’il mérite et de recevoir les justes fruits de ses efforts.

Un autre projet porté par le président Ruben Collins est toujours en vigueur malgré quelques réformes et amendements, c’est Medicaid, un système de sécurité sociale qui permet aux populations dans le besoin et en difficulté de bénéficier de l’aide du gouvernement fédéral, ce sont les familles monoparentales, les enfants mineurs sans parents, les personnes âgées avec de faibles revenus et les personnes handicapées, ce Medicaid qui est tout simplement le plus gros système d’assurance fédéral aujourd’hui est la plus grande fierté du président Ruben Collins et sa plus grande réussite.

Porté par un élan populaire important et applaudi pour ses réformes, le président Ruben Collins a toutes les chances de briguer un second mandat, lors de la campagne présidentielle de 1940 qui lui est largement acquise d’avance, le président est assassiné d’une balle dans le cœur par Sterling Maldonado un toxicomane navorais alors qu’il était en déplacement à Davis pour la promotion de sa campagne électorale, cet assassinat qui choque à la fois l’opinion publique mais également la classe politique tout entière met fin à l’ère Collins de manière brutale. Lors de son inhumation sous le palais du Congrès à Victoria City, l’ensemble de la classe politique était présent pour rendre hommage au père du système de sécurité sociale fédéral qui permet encore aujourd’hui à des millions de Navorais de vivre dignement.
20004
Histoire : Colonisation, destin manifeste, exploitation coloniale et massacre racial : comment l'Union est née dans la sueur et dans le sang. Notre rapport à la communauté nationale et à l'égalité (1580-1805)

 photo
Un navire indigène, peut-être appartenant à la civilisation Oskawan, la plus grande civilisation maritime de l'ère culturelle navoraise pré-coloniale, où l'on voit des colons austariens en train de mener une expédition. Huile sur toile, Robert Edwards, 1789.

Le philosophe austarien Thomas-Andrew Fairfield, dans un pamphlet retrouvé à Los Santos (anciennement New Lasley), disait ceci : « Il n'est point de roi, point de parlement, point de charte ni de traité qui puisse donner à un homme ce qu'il possède déjà naturellement en naissant. La liberté n'est pas une concession offerte par un roi généreux : c'est un état de l'homme. Ceux qui nous l'ont refusée ne nous l'ont pas prise, ils l'ont seulement masquée, comme on masque le soleil avec la main, en croyant l'avoir éteint. Or le soleil n'attend pas la permission des mains pour briller. Nous non plus. »

1621, l'explorateur Vistali Lambrosi arrive dans la région qui porte son nom : le Vistal, dans la baie de Westalia, au nom de la couronne austarienne. Cet événement historique majeur pour le royaume passe pourtant pour un événement totalement anodin pour ce début d'époque, marquant pourtant le début de l'exploration et de la colonisation du nouveau monde : l'Aleucie, par l'Austaria. Depuis 1495, les grandes puissances eurysiennes lancent de grandes expéditions qui ont pour ambition l'exploration maritime et la découverte du nouveau monde ; c'est une course impérialiste entre les grandes puissances eurysiennes tout entière, qui redouble d'efforts pour s'emparer de plus de territoire et par le fait de plus de richesse : la grande République de Velsna, le royaume d'Austaria, le royaume d'Anterénie, le royaume de Teyla, ou encore le royaume de Tanksa sont tous quelques-unes de ces grandes puissances qui se lancent dans une course effrénée. La découverte du nouveau monde lance le début d'une nouvelle ère : celle des grandes découvertes par les grands explorateurs, c'est le début d'une longue histoire qui va changer à jamais le visage du monde.

1580, un groupe d'explorateurs encore inconnus malgré les grandes recherches menées par les universités et les musées, jette l'encre dans le golfe du Navasota. C'est la première fois qu'une puissance étrangère venue d'Eurysie s'approche d'aussi près des côtes navoraises, ce qui provoque l'étonnement des populations autochtones locales, non habituées à ces grands navires de guerre et ces grands vaisseaux, en particulier la civilisation Oskawan, réputée pour ses aventures maritimes et ses cités côtières. C'est un événement hors normes dans l'histoire, et c'est le début de l'installation humaine dans la région de la façade maritime du Navasota. Toutefois, cette expédition ne durera pas longtemps ; malgré la fondation de quelques comptoirs et des échanges avec les locaux, le territoire forestier et marécageux s'avère peu propice à l'installation des hommes et à la création d'activités économiques rentables. Les hommes de l'expédition, du moins ceux qui restent, s'ils ne sont pas massacrés par la faim et la maladie, partent dans l'espoir de trouver des terres plus accueillantes ailleurs. Chez les autochtones, cette installation a des conséquences durables, surtout au niveau sanitaire : l'arrivée de ces expéditions s'accompagne de nombreuses maladies qui ravagent les populations locales ; c'est un massacre : en quelques mois, des dizaines de cités côtières particulièrement peuplées pour l'époque sont abandonnées par leurs populations, à cause du nombre effroyable de morts des maladies.

Cette première aventure coloniale, bien qu'inconnue par l'absence de sources majeures sur ses enjeux et ses expéditeurs, marque un intérêt certain pour la région pour les puissances eurysiennes. La Compagnie de l'Aleucie Austarienne (CAA), fondée en 1604, est chargée par le duc de Lasley de découvrir les côtes actuelles de la Fédération du Navasota quelques années après sa fondation, en vue d'une potentielle colonisation. C'est le début de la colonisation à proprement parler du pays, puisque la compagnie va investir en hommes et en navires pour explorer le territoire. Les traces du groupe d'explorateurs précédent sont consignées par le capitaine de l'expédition, un certain Christopher Sherman, tandis qu'au fur et à mesure que l'expédition s'aventure dans la terre, les restes des cités abandonnées par les Oskawan sont visibles ; la mort de la civilisation Oskawan est définitivement confirmée, même si son déclin, selon les sources historiques qu'on a pu retrouver, fixe le début de son déclin aux alentours des années 1450, dû à de nombreux bouleversements économiques, climatiques et des invasions d'autres peuples. C'est une entreprise qui est avant tout économique, fondée sur l'exploitation coloniale et le bénéfice, avec la création des premiers comptoirs, petite forteresse barricadée qui sert aux échanges commerciaux.

Cette expédition n'est pas neutre : au contraire, elle provoque une crise humaine encore plus grande et cause une mortalité élevée, tant chez les populations qu'elle va rencontrer, non immunisées contre les maladies, tandis que les membres de l'expédition, eux aussi, tombent malades et meurent par dizaine, à cause du climat et des maladies. C'est également le premier recensement des massacres au sein de la fédération lors des combats entre les membres de l'expédition et les indigènes hostiles. L'expédition explore une grande partie des régions littorales de la fédération sans trop s'aventurer dans la terre, manque de soldats et de moyens ; elle permet toutefois de recenser une richesse incroyable : grands espaces, abondance de ressources naturelles et de terres agricoles, ce qui va permettre le financement de plus en plus d'expéditions. Entre 1580 et 1620, on voit le développement des premières entreprises coloniales massives qui vont s'installer sur le territoire de manière « permanente » pour le mettre en valeur : c'est la création des premières plantations de canne à sucre dans les zones les plus humides et chaudes du territoire littoral, la culture du coton dans les zones tempérées et la culture du blé pour la nourriture sur les côtes ; on voit surtout un projet d'installations humaines durables de la part des colons, qui construisent les premiers comptoirs et villages coloniaux situés à proximité de l'eau avec les navires, et entourés de murailles pour se protéger des attaques des différents groupes d'indigènes hostiles à la présence coloniale. Cette richesse de ces terres est pour certains la promesse d'une fortune considérable pour les planteurs ; pour les historiens, ceci va plus tard donner le mythe du rêve navorais et va causer l'arrivée massive de colons blancs eurysiens de toutes sortes, principalement des protestants fuyant les violences de la métropole avec la guerre des religions qui fait rage, notamment en Anterénie et dans le Saint-Empire de Wardonie. Ces grandes plantations qui naissent engendrent toutefois un besoin majeur de main-d'œuvre considérable dû à ce développement effréné ; des esclaves afaréens sont alors importés en certain nombre pour travailler la terre, considérés comme étant plus faciles à exploiter que les autochtones, qui gardent jalousement leurs territoires boisés et limitent l'aventure coloniale au littoral seulement.

Toutefois, cette situation ne dure pas, car les colons se mettent rapidement à organiser des aventures de plus en plus profondes dans les terres, qui sont mises en valeur par le travail de la terre, et repoussent de plus en plus les natifs loin dans les profondeurs ; ces derniers, mal organisés, ne peuvent faire face aux milices coloniales et à leurs armes : l'arme qui fume, selon les natifs, l'arme à feu, qui va causer des ravages dans les rangs des natifs.

 photo
Exemple de comptoirs coloniaux construits dans le nouveau monde ; ils servent de lieux de peuplement mais également de port où l'on décharge et charge la marchandise vers la métropole. Ils sont entourés de murailles pour se protéger des attaques des natifs, mais aussi de terres agricoles cultivées pour la nourriture du camp. Ici, une colonie zélandienne.

Toutefois, ces événements ne sont pas le premier événement majeur de l'histoire du Navasota. Entre 1631 et 1658, c'est la première guerre native, ou la grande guerre indienne. C'est un affrontement tout d'abord entre les natifs et le duché puis entre les natifs et le dominion de New Lasley, fondé en 1680 pour administrer le territoire, contre les nations natives proches du littoral, alors que le premier progresse vers l'intérieur des terres pour agrandir leurs plantations et pour s'accaparer toujours plus de ressources ; les natifs cherchent à endiguer ces vagues coloniales pour protéger leurs territoires et se défendre contre les massacres perpétrés par les colons blancs. Les combats se déroulent principalement sur la côte, sur le territoire de l'ancienne civilisation Oskawan, déjà affaiblie par la destruction de leurs sociétés et par les maladies importées par les colons ; ces natifs mènent une résistance féroce mais largement inégale, incapables de faire face à la puissance militaire mise en place par le dominion.

Entre 1631 et 1640, les forces coloniales, menées par le capitaine Matthew Dale, vont durablement marquer le conflit avec la prise des principales cités encore valides des Oskawan, qui seront ensuite incendiées et massacrées, vidées de leurs populations. Ceux qui ne sont pas massacrés et réduits en esclavage sont forcés à migrer vers le nord (vers l'État actuel de l'Everia), sur de longues routes où la fatigue, la faim et le danger guettent, causant la mort de dizaines de milliers d'hommes, de femmes et d'enfants, en plus des massacres. C'est le premier génocide d'un peuple de l'histoire du Navasota, et il y en aura d'autres dans ce qui est plus tard appelé le destin manifeste ou la mission civilisatrice. Dans la même guerre, les forces coloniales combattent ensuite les Kitawan et les Owanaki, situés à l'intérieur des terres ; c'est la première fois que le dominion s'aventure aussi profondément dans les terres, alors qu'il était jusqu'alors cantonné au littoral et à quelques grandes villes qui le composent. Ces peuples, qui refusent les avances des colons sur leurs terres agricoles et qui refusent la destruction de leur mode de vie nomade, prennent les armes et massacrent plusieurs villes et villages ainsi que comptoirs, avant que les milices coloniales, plus organisées et plus puissantes, ne les réduisent en esclavage et ne les exterminent. D'autres peuples sont exterminés dans ce conflit, forcés à se déplacer et à laisser leurs terres aux mains des colons, puis sont parqués dans des réserves. À la fin de ce conflit, on observe une augmentation du commerce d'esclaves importés, car un besoin urgent de main-d'œuvre se fait sentir : morts de plusieurs milliers d'hommes blancs travailleurs, massacres des natifs, donc manque de main-d'œuvre locale à utiliser comme esclaves, tandis qu'à l'inverse, le nombre de terres agricoles et de plantations augmente.

Sorti des guerres natives, le dominion est forcé d'entrer en guerre entre 1689 et 1700 contre l'Empire Listonien : c'est le conflit laslo-listonien pour la domination du Navasota, cette guerre de presque 9 ans, marquée par des hauts et des bas et entrecoupée de périodes de paix, marque toutefois la victoire laslienne, qui récupère les terres listoniennes et agrandit massivement son territoire : le territoire du dominion double et la route vers l'Est s'ouvre pour le dominion. C'est une victoire terrestre et navale sur l'ennemi, qui se termine par un traité de paix en 1700. La même année, les archives du dominion mentionnent la chute définitive des civilisations côtières ; les massacres et le génocide perpétrés par les colons conduisent à un affaiblissement démographique majeur sur les côtes, on recense presque une disparition générale de la population native. Cet affaiblissement est compensé par des vagues toujours plus massives de migrations d'origine eurysienne, mais également par la venue toujours plus massive d'esclaves.

Entre 1711 et 1720, le dominion est marqué par un nouveau conflit qui oppose les indigènes aux colons venus s'installer dans le nouveau monde : c'est la petite guerre native, une alliance entre trois nations natives contre les forces de la milice coloniale du dominion de New Lasley. Cette petite guerre native marque la dernière résistance organisée de la part des peuples autochtones, qui, une fois défaits, ne pourront plus jamais mener une résistance aussi active et puissante contre l'exploitation coloniale. C'est une guerre de neuf ans particulièrement acharnée, qui marque la résistance d'un peuple qui n'a plus que son honneur. Dirigés par le charismatique chef Makkapitew, ils attaquent les villes côtières et les comptoirs des colons, qu'ils brûlent et massacrent; pendant deux à trois ans, le mouvement de guérilla organisé par les peuples natifs met à feu et à sang la colonie, des exactions sont commises : meurtre, torture, violence et viols sur les colons, tandis que les milices coloniales peinent dans un premier temps à s'organiser contre la menace. Toutefois, ces victoires sont de courte durée, car la situation ne tarde pas à tourner à l'avantage des colons ; ces derniers, plus puissants militairement et technologiquement, vont dominer la guerre et massacrer les peuples natifs révoltés : c'est un bain de sang, on estime que plusieurs dizaines de milliers de natifs soit sont exterminés, soit directement envoyés sur le chemin de l'exil, ne serait-ce que quand ils ne sont pas tout simplement transformés en esclaves dans les plantations coloniales ou parqués dans des réserves coloniales. Les natifs sont progressivement massacrés, même après la fin de la guerre, leurs terres expropriées sans compensation par le gouvernement fédéral, notamment pour leurs riches ressources naturelles : or, fer, diamants, ou voire juste parce que la terre est fertile, la plupart de ces terres sont transformées en exploitations agricoles. Comme dit précédemment, les natifs sont expulsés vers des terres plus dures et moins propices à la vie humaine, c'est la création des premières réserves par une loi fédérale : Federal Reserve Act, où sont entassés les natifs : hommes comme femmes, vieux comme jeunes ; ce sont des centres de mise à mort principalement utilisés par le gouvernement qui, sans terre propice à l'agriculture pour nourrir l'immense nombre de personnes entassées dans un même endroit et sans activités économiques viables, les condamne soit à mourir, soit à dépendre du bon vouloir du gouvernement colonial pour obtenir de maigres subsistances.

 photo
Ville coloniale, ici Prairie Hill, où l'on reconnaît l'église à l'arrière, typique des villes coloniales, et la saleté ambiante.

Entre 1720 et 1770, le territoire du dominion connaît donc une forte migration vers l'intérieur des terres, plus riches et propices à l'installation de populations humaines et à la création de terres agricoles et de fermes ; en parallèle, la présence de troupes coloniales venues de la métropole, mêlée à la hausse massive des impôts et à l'instauration d'un service militaire, cause du mécontentement au sein du dominion de New Lasley. Ces lois passent en effet très mal au sein de la colonie, et un sentiment national précoce et diffus naît dans la conscience collective des colons. L'acceptation de la présence du duché de Lasley passe de plus en plus mal, en cause notamment la manque de représentation dans les décisions qui concernent la colonie, le fait que la métropole soit trop éloignée du quotidien des colons, qui ne se sentent pas rattachés à l'administration du duché, et l'augmentation de l'impôt et des charges financières, qui ne font qu'augmenter ce sentiment d'abus et la naissance d'un intérêt commun à se gouverner soi-même.

De ce refus de cette domination coloniale unilatérale naît, dans une union en construction, une méfiance puissante portée sur deux ennemis considérés comme étant communs à l'ensemble des populations blanches venues s'installer au sein du dominion : la couronne du duché de Lasley d'un côté, et de l'autre la menace des natifs, qui commence à s'estomper après les massacres qui ont eu lieu après la fin de la petite guerre native. L'Union, qui n'est pas encore née formellement, vit entre la violence et les massacres quotidiens : des révoltes de natifs rebelles refusent l'autorité du gouvernement, mais également, après la perte de la petite guerre native, des groupes criminels parcourent le territoire et se soumettent à la violence barbare et aveugle. De ce phénomène de violence généralisée naît une conception propre de la philosophie au sein de la population : l'État, incapable d'assurer la protection de tous les citoyens face à la violence des criminels, ne peut empêcher l'honnête citoyen de se protéger lui-même ; c'est de là que vient le premier amendement, qui autorise le port d'arme à feu au sein de la fédération. Quoi qu'il en soit, en cette période-là, la justice mal organisée et peu efficace, mais également incapable d'agir pleinement, n'est qu'un concept lointain dans la vie de tous les jours des colons ; l'autorité judiciaire immédiate est le shérif, chargé de protéger la population et de réprimer le crime. L'arrivée plus tardive des institutions judiciaires et de la police fédérale va faire entrer en tension deux conceptions opposées de la justice et de l'application de la loi : d'un côté celle qui fait totalement confiance à la figure du shérif pour protéger ses concitoyens, et celle de la figure des Marshalls et des Rangers, mais également des agences fédérales de protection de la population, plus tardives mais qui s'implantent rapidement un peu partout sur le territoire de l'Union.

Le dominion, sur cette période, n'en finit pas avec la guerre et les violences ; il faut dire que ces dernières constituent l'ADN même de la fédération. Ce n'est donc pas étonnant qu'entre 1770 et 1774 se déroule la guerre négrière, guerre qui porte bien son nom puisqu'elle oppose les colons esclavagistes à la population d'esclaves noirs, principalement, mais également aux natifs révoltés contre leurs conditions de vie exécrables. Les populations esclaves et natives représentent près de 30 à 40 % de la population du dominion et vivent dans des conditions matérielles d'existence exécrables : travail dans de très dures conditions dans les plantations, au mieux des maladies et de l'épuisement physique dus à l'effort considérable demandé par des patrons indifférents à la misère humaine, torture des esclaves pour montrer l'exemple, viols également des femmes esclaves mais également massacres périodiques pour installer la terreur, si bien que l'âge moyen de vie d'un esclave ne dépasse pas 30 ans. La révolte des esclaves est menée par un certain Leviticus Wallace, suite au soulèvement des esclaves du ranch de Whitmore, dont il faisait partie, contre leurs propriétaires, considérés comme étant extrêmement abusifs et violents ; le massacre du propriétaire du ranch et de sa famille sonne le début de la révolte, qui va durer 4 ans. Wallace va, pendant les deux premières années, mener des vagues de massacres et de violences dans une région entière, obligeant les milices fédérales à s'organiser pour essayer de l'appréhender ; plus ses victoires militaires s'accumulent, plus d'esclaves révoltés rejoignent ses rangs pour mettre fin à l'oppression. Ainsi, Wallace, grâce à une stratégie militaire et des calculs stratégiques, va obtenir de nombreuses victoires contre les milices coloniales, plongeant le dominion et les colons dans la terreur, un exploit pour un esclave révolté, puisque jamais auparavant un esclave n'avait réussi à autant mettre à mal l'organisation coloniale du dominion. À coups d'attaques éclair et de guérilla, il va prendre pendant deux ans le meilleur sur la milice coloniale envoyée pour le traquer, mais après une série de victoires contre les milices coloniales et dans l'espoir d'entreprendre la capitale pour déclarer une République indépendante, il est pris dans une embuscade organisée par la milice coloniale du dominion, et il est capturé aux côtés de ses compagnons. Sans leur chef, les révoltés perdent rapidement leurs repères et se divisent ; la milice coloniale du dominion n'a plus qu'à profiter pour capturer le reste des révoltés, qui sont massacrés par milliers. S'ensuit une immense vague de répression qui va choquer la colonie ; ces répressions sanglantes et ignobles vont être le marqueur du début des idées abolitionnistes. Wallace est pendu après avoir été torturé, mais ses idées, elles, resteront dans l'histoire et seront reprises bien plus tard dans le mouvement afro-aleucien, comme Justice Now, et ainsi de suite.

En 1790, suite à la hausse toujours croissante des impôts et des taxes imposée à la colonie, des représentants composés de l'élite de la bourgeoisie coloniale se réunissent en congrès à San Jefferson et vont exiger la fin du dominion et la formation d'une République libre et démocratique. C'est l'espoir républicain, mais toutefois, rapidement, le mouvement se divise sur la marche à suivre : d'un côté, on trouve les indépendantistes, qui vont s'opposer aux autonomistes (monarchistes) ; les premiers souhaitent une rupture complète avec la métropole et la création d'une République, tandis que les seconds souhaitent une plus grande autonomie et une prise en compte du territoire dans les décisions qui le concernent, mais sans indépendance du duché de Lasley. La fracture qui s'installe va durer de longues semaines, dans ce qui est appelé le congrès continental ; l'avenir du Navasota se joue : qui va remporter ce bras de fer gigantesque ? Les autonomistes sont plus nombreux et l'emportent dans les urnes, mais Thomas Marshall, représentant des républicains, en fait fi et proclame la Révolution dès le 23 novembre 1790 ; immédiatement, toutes les grandes villes se révoltent et massacrent les troupes coloniales.

 photo
Les pères fondateurs de la fédération, l'écriture de la Constitution fédérale à Los Santos (anciennement New Lasley). On reconnaît les pères fondateurs de la fédération, dont notamment Thomas Marshall, héros de l’indépendance nationale. Jonas Bowles, William Caldwell, Abimael Obrian et James Price sont également représentés parmi tant d’autres. Huile sur toile, Ezekiel Pennel, 1806.

C'est le début de la guerre d'indépendance de la fédération du Navasota, qui va avoir lieu de 1790 à 1802 : les républicains vont profiter du sentiment anti-Lasley qui s'installe dans la population, notamment face à la hausse des impôts et à la conscription militaire obligatoire adoptée par le duc de Lasley pour les colons du Navasota, pour rejoindre le rang de ses troupes en métropole afin de le renforcer dans la guerre civile, pour déclarer l'indépendance de la fédération et mener une guerre d'indépendance acharnée qui va durer officiellement 11 ans. Vaincu en métropole et incapable de ramener l'ordre dans sa colonie, le duc de Lasley accepte un traité de paix entre 1802 et 1803, ainsi que des négociations sur l'avenir de la colonie, mais de facto le pays était déjà indépendant en 1802 grâce à la victoire des républicains sur les troupes coloniales lors de la bataille de Blacksprings ; l'administration coloniale quitte la colonie et toutes les grandes villes sont aux mains des républicains. Le 18 juillet 1803, Thomas Marshall proclame l'acte d'indépendance, et rapidement un nouveau congrès, dit assemblée constituante, est instauré, chargé d'écrire la constitution du futur pays. De facto, en 1805, l'Union est pleinement indépendante sur la scène interne et externe.
Haut de page