25/11/2018
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Economy of the Commonwealth

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La transition politique et institutionnelle du Commonwealth est instable, ce qui a des répercussions sur son économie. Face aux nombreux problèmes rencontrés, il a été décidé de faire du système économique un système pluraliste composé de trois sphères économiques distinctes et concurrentielles. Ces trois sphères sont officiellement reconnues dans la Charte de transition (article X). Ce « pluralisme » est avant tout dû à la situation de paralysie que connaît le pays : l'absence d'orientation générale et centrale permet à plusieurs modèles de coexister, de se concurrencer et d'entrer en conflit.

I. La sphère économique syndicale

Ses activités se concentrent dans les secteurs minier, de l'industrie lourde et des services publics. Sa forme d'organisation est celle des Worker-Owned Trusts (WOT), successeurs des anciennes entreprises de l'ère syndicaliste. Ces entreprises sont gérées démocratiquement (en théorie, les travailleurs et travailleuses élisent leur conseil d'administration) et dominées par la bureaucratie des principaux grands syndicats nationaux. Dans cette optique, les décisions prises au sein des WOT visent à préserver les emplois plutôt qu'à rechercher l'efficacité ou le profit à tout prix. Toutefois, ces géants aux pieds d'argile manquent cruellement de liquidités. L'impossibilité de vendre des actions les rend dépendants de prêts publics financés par le National Development Fund (NDF), avec des obligations à taux d'intérêt élevé qui entraînent un cycle perpétuel d'endettement. Les WOT sont pour la plupart des monopoles ou des oligopoles dans les secteurs qu'ils dominent, ce qui fait d'eux malgré tout des géants nationaux à protéger par des subventions publiques, malgré leur manque de compétitivité à l'échelle internationale. Avec la décomposition du Commonwealth durant la période de transition, les WOT offrent à leurs employés un emploi stable, souvent à vie, ainsi qu'un logement et des services sociaux, ce qui leur permet de conserver un niveau de vie stable.

II. La sphère économique du marché

Sa base se situe dans l'industrie légère privatisée, le secteur de la technologie ou de la finance, la plupart des métiers de services, ainsi que dans toute l'économie de Port-Liberty. La forme d'organisation est celle d'entreprises capitalistes standard, comme les LLC ou les sociétés par actions, régies selon le nouveau code du commerce. Ce secteur est florissant et en pleine expansion, notamment grâce aux investissements directs étrangers, à la richesse personnelle des principaux oligarques nationaux et à la Satling HCU pour les paiements et les échanges internationaux. Orienté vers l'exportation, ce secteur cherche à s'intégrer à l'économie mondiale, ce qui en fait la principale source de croissance du pays, même s'il est concentré géographiquement autour de Port-Liberty et des pôles technologiques de New Harmony. Avec la décomposition du Commonwealth durant la période de transition, ce secteur permet de créer de nouveaux emplois hautement qualifiés et de favoriser une promotion sociale rapide, mais il offre très peu de sécurité de l'emploi et encore moins d'avantages sociaux. Sa croissance et son expansion rapides exacerbent grandement les inégalités dans le pays et provoquent de nombreuses divisions, tant sur le plan générationnel que géographique.

II. La sphère économique communale et communautaire

Sa base se situe dans l'artisanat, le secteur coopératif décentralisé, les nombreuses fermes de subsistance, ainsi que sur des entreprises occupées par des collectifs de travailleuses et travailleurs en autogestion. Ce secteur profite largement de la faiblesse de l'État pour échapper à son contrôle, ne lui payant aucun impôt et n'étant pas soumis à des réglementations. L'usage du troc, de l'économie informelle, de la contrebande dans les marchés souterrains, ainsi que des décisions prises par consensus ou par des personnalités fortes marquent ce secteur. Les échanges au sein de ce secteur se font souvent en utilisant la monnaie nationale, par du troc ou des échanges de services, ou encore en comptant sur son capital social et sa popularité. Avec la décomposition du Commonwealth durant la période de transition, la grande force de ce secteur est qu'il parvient à combler les lacunes des deux autres sphères de l'économie du pays. Il fournit notamment des biens de consommation ou de nécessité à des prix très abordables, ainsi qu'un accès à des produits agricoles et alimentaires locaux. Les réseaux de contrebande servent quant à eux de canal pour importer ou exporter de nombreux biens qui sont soit impossibles à trouver, soit soumis à d'importantes restrictions. Ce secteur permet d'assurer la survie de nombreuses communautés et districts, le plus souvent situés dans des zones isolées ou dites « sacrifiées ».


L'économie nationale se caractérise par une fragmentation et un système à plusieurs vitesses. L'utilisation de deux « monnaies » en est un parfait exemple. La Satling est utilisée pour les salaires et les échanges nationaux, donnant accès aux biens de consommation de base. Pour les activités commerciales, les importations ou les investissements étrangers, on utilise la Satling HCU, ce qui crée un système financier double qui avantage grandement celles et ceux qui ont des liens avec l'économie mondiale. L'État, qui a déjà du mal à trouver un budget cohérent, est pris dans une spirale mortelle de subventions pour imprimer à la chaîne des Satling et subventionner les WOT, qui sont au bord de la faillite. Si ces derniers venaient à s'effondrer, une crise sociale d'une grande ampleur et une explosion incontrôlable seraient inévitables. Ce choix maintient donc une inflation élevée et les fonds destinés, par exemple, à de nouvelles infrastructures ou constructions sont détournés. Pour ne rien arranger, il n'existe pas de juridiction cohérente en matière de règlements ou de fiscalité, ce qui oblige la plupart des entreprises à composer avec l'ensemble des districts et leurs règlements, qui s'entrechoquent entre la sphère économique, syndicale et du marché. Enfin, il est estimé qu'entre 10 et 15 % du territoire sont des « zones sacrifiées », pour la plupart des zones minières ou industrielles ayant subi des ravages quasi irréversibles. Une politique globale de dépollution et de prise en charge de la santé publique dans ces zones serait nécessaire, mais il n'y a aucun financement et aucune sphère ne souhaite réellement s'en occuper, soit en minimisant le problème ou alors en ne voulant pas en prendre la responsabilité.

Les forces de l'économie de la période de transition sont néanmoins nombreuses. En optant pour un système pluraliste, elle a évité un effondrement total. La sphère syndicale a réussi à absorber le choc social de la disparition du régime syndicaliste, tandis que la sphère du marché parvient à générer une bonne part de la croissance. La sphère communale et communautaire, quant à elle, permet d'aider les populations les plus pauvres et les plus isolées. En privilégiant l'ouverture économique, la sphère du marché, dirigée par Port-Liberty, constitue un vivier technologique et financier de premier plan, attirant des capitaux et des personnes souhaitant tenter leur chance. Les districts les plus libéraux se sont concurrencés pour offrir un environnement propice aux investissements et aux transactions commerciales. La résilience de l'économie est un autre de ses points forts : les difficultés d'une sphère particulière n'entraînent pas l'effondrement total et définitif du système en place. La résilience populaire, maintenue par la sphère communale et communautaire, est un exemple remarquable en la matière. Les difficultés et les défaillances restent néanmoins nombreuses. La plus grande menace qui pèse sur le Commonwealth reste le piège de la dette des WOT. L'État étant obligé d'emprunter massivement et continuellement pour les financer, une crise monétaire ou de la dette souveraine finira par se produire.

Dans le même ordre d'idées, les décisions politiques (comme les subventions destinées à acheter la paix sociale et syndicale) priment sur les logiques du marché. Les capitaux sont ainsi très peu investis dans les entreprises les plus productives, mais dans celles qui entretiennent les meilleures relations avec le pouvoir. Les jeunes fuient les villes de l'intérieur pour rejoindre Port-Liberty et espérer y trouver un avenir meilleur. Dans le même temps, de nombreux travailleurs âgés de la sphère économique syndicale n'ont plus les compétences adaptées aux transformations de l'économie, ce qui crée un certain ressentiment et un important brain drain. Le manque de stratégie nationale en matière d'investissement est un autre problème très lourd, notamment pour les infrastructures nationales qui se détériorent et ne sont prises en charge que très partiellement par les différentes sphères économiques. La corruption, qui profite des failles du système, vient s'ajouter à ce tableau : le chevauchement des différentes sphères économiques crée un environnement propice à la corruption, comme l'utilisation de pots-de-vin pour payer un fonctionnaire d'un district, démanteler des actifs pour les transférer d'une sphère à l'autre ou encore la contrebande, qui faussent complètement l'activité économique réelle.

L'économie de la période de transition est paradoxale à bien des égards. Elle est à la fois en déclin et en croissance. L'essor rapide de Port-Liberty constitue une manne financière importante qui soutient la croissance. Cette situation masque néanmoins l'effondrement et le ralentissement complet du secteur industriel, ainsi que le risque pour l'État de devoir le renflouer. Ironiquement, la pluralité, qui est la plus grande force du système, est également son plus grand problème. Il est incapable d'apporter une réponse décisive et coordonnée à des crises majeures (crise de la dette, problèmes environnementaux, infrastructures en piteux état, etc.), ce qui semble démontrer que l'économie n'est pas en train de chercher à trouver un nouveau modèle, mais qu'elle est tout simplement bloquée par la transition elle-même. Cet état de dysfonctionnement permanent est surplombé par diverses sphères économiques qui se livrent une véritable guerre par le biais de veto politiques, de refus d'investissements ou d'accaparement de certains secteurs économiques. Pour réussir à naviguer dans l'économie du pays, il est préférable de connaître du monde dans le monde des affaires, mais surtout dans le monde de la politique. Il faut comprendre quelles sont les règles qui s'appliquent à quel district, quelles sont les barrières syndicales à franchir et, parfois, quel réseau il faut connaître pour les contourner. L'actif le plus indispensable et le plus précieux n'est pas d'ordre économique, mais avant tout politique.
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