25/11/2018
06:31:12
Index du forum Continents Nazum Les Quatre Vallées

RP / Récits sur la guerre d'Arakhamia.

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Contexte important pour la compréhension :
Les Quatre Vallées, anciennement coloniser par l'Empire Mor et ayant évolué en tant que République représentative bourgeoise, bascula de nouveau vers la guerre dans les années 90 après quelques décennies de paix relatives. Le président Arakhamia concentra toujours plus les pouvoirs ce qui entraîna en réaction la création d'une armée révolutionnaire présente dans la vallée du Yucesoy, du Dzaghig et dans les montagnes du Nord de la vallée d'Alasania. Dans ce texte, on suit le destin étonnant d'Asale une jeune nomade persane en parallèle de celui de son pays. Entre guerres par procuration, luttes sociales, désir de vengeance et avènement du Code Communautaire le récit mi-historique, mi-fictionnelle délivrer par un auteur inconnu, fait parler de lui dans tout le pays.


"Quatre Vallées, quatre fleuves au débit impressionnant. Orner par des montagnes toutes plus impressionnantes les unes que les autres. Habillées d'une végétation luxuriante et d'une vie omniprésente. Son royaume se trouvait sûrement ici. Autant de diversité sur un si petit espace relève d'un miracle. Comment un tel fourmillement d'espèces peu t-il créer une coexistence cohérente ? Certains diront que la nature est ainsi, parfaite, incompréhensible, équilibrer par essence. Mais dans ce cas, pourquoi ce fait n'est-il pas vrai partout ? Vous me redonderez que, heureusement que la vie n'est pas identique en tout lieu, et vous auriez raison. Mais je me permettrais d'ajouter une réflexion encore plus pertinente. Dieu a fait de ses terres son domaine. La nature n'a pas d'essence en soi, seul Dieu lui accorde la vie ou non. Il existe des déserts et il existe les Quatre Vallées. Toutefois, il ne semble pas avoir eu la même pitié pour les Hommes présents originellement. Arriérés, stupides et divisés, ils ne méritaient pas de posséder l'œuvre exceptionnelle que Dieu nous prête dans son admirable bonté. Il est de notre devoir de s'en emparer, avec pour projet de sublimer le château de Dieu."

- "Asale, tu lis quoi ?"
- " Un livre sur les Quatre Vallées."


Nini regarda de plus prêt.

- "Depuis quand tu sais lire cette langue ? "
- "Je sais pas la lire, mais à force, je comprends un peu."
- "Ah ok."


"Pour être plus précis, mon rang et ma supériorité me l'imposent, chez les peuples que j'ai rencontrés là-bas, seule, la violence transpire de ses corps. Malgré une organisation militaire qui force le respect, il m'est apparu chez eux qu'une haine pure, comme des animaux n'obéissant qu'à leur plus bas instinct. J'ai compris ce que signifiait réellement le mot barbarie."

- "Lâche ça idiote ! Je t'ai déjà dit de pas lire les livres des colons ! Ils nous insultent."
- "Comment tu peux savoir ? "
- "Crois-moi. Dis-moi plutôt où tu l'as trouvé ? "
- "Dans un coin, par terre, au marché."
- "Je t'ai déjà dit de pas ramasser n'importe quoi. Surtout pas les déchets."
- "Mais c'est pas un déchet, c'est un livre. Moi, j'aime bien lire."
- "Oui, bah, on t'en achètera un plus tard. Viens plutôt m'aider au lieu de te plaindre."



Au loin, nous pouvons apercevoir un grand lac et quand le ciel est dégagé, la vallée du Yucesoy. Sur les hauts plateaux du Nord, le vent souffle sans cesse, balayant la végétation et formant des steppes. La neige et la pluie les inondent en hiver, au printemps et en automne, tandis qu'elles abreuvent les vallées de l'Ouest et du Sud. L'été, lui est doux et est aussi réconfortant qu'un câlin. Loin au Sud, une immense vallée, dont l'on ne voit même pas les bords, s'étend si loin que l'on ne voit même pas le bout. Les montagnes du Nord sont elles, gigantesques et escarpés. Les locaux disent qu'une vie entière ne serait pas suffisante pour explorer tous les maquis. Depuis l'indépendance des Quatre Vallées, les tensions entre les gens du Nord, de l'Est et ceux du Sud étaient palpables. Quelques fois des hommes de la République venaient et chaque fois, rien ne se passait pacifiquement. Des coups de feu, des cris, des pleurs. Bien qu'au moment de notre histoire, Asale était encore très jeune, ces souvenirs d'enfance étaient globalement floues, mais quelques bribes revenaient constamment à elle. Les nombreux voyages dans la montagne, la chasse, la couture, la recherche de sources d'eau, la construction de petit puits. Les arrêts sporadiques et la préparation de départs. Les paquetages étaient simples, des habits chauds pour tout le monde, des tentes, des allumettes, des objets de valeur, du pétrole, du gaz, du matériel de cuisine, de survie, d'hygiènes, de la vaisselle et des armes. Tout le reste se trouvait en chemin, tout autour ou dans les quelques villages étapes, les Marhaleh (مرحله). Les jeux avec ses amis d'enfance. Elle ne voyait que quelques fois certains d'entre eux, mais tous ses souvenirs étaient joyeux. Surtout ceux avec Iko. Les forêts interdites qu'ils exploraient ensemble laissaient en elle à la fois un sentiment de bonheur et un sentiment d'inachevé...


Le goût d'un Marhaleh se profilait au loin. L'odeur de la nourriture et la chaleur des cheminées tournant à plein régime, imperceptible pour ceux n'ayant jamais eu froid, ni faim, titillaient l'imagination d'Asale. Les terres mortes et glissantes de l'hiver mordant défilaient à toute vitesse sous ses yeux. En les relevant, ses mêmes yeux pétillaient de revoir Iko, qu'elle n'avait pas vu depuis plus d'un an. Elle poussa sa précieuse monture à développer son meilleur galop tellement, l'impatience s'empara d'elle. Le chemin était parfaitement délimité, la neige était tasser par les allées et venues des gens. Le temps maussade avait miné le moral d'Asale dès le matin, mais maintenant que le Marhaleh était en vue, elle lâcha un de ses rares, mais mignon, petit sourire en coin. Lorsqu'elle arriva aux portes du système de défense, elle déclina son identité et celle de sa Ziareba. Le garde, portant le casque traditionnel de l'armée du GRP (gouvernement provisoire révolutionnaire), se montra méfiant. Il feuilleta et recoupa scrupuleusement les informations données par Asale, avec les informations présentes dans son petit carnet. À ce rythme, les autres allaient finir par la rattraper. Elle s'impatienta et elle le fit savoir au garde.

- "Bon, le vieux, bouge toi, on n'a pas ton temps."

Il lui lança un regard d'énervement, mais il maîtrisa sa colère. Asale songea alors qu'elle faisait face à un très bon militaire. Il ne faillait sûrement pas jouer au con avec lui. C'est à ce moment-là qu'Upla se pointa pour envenimer la situation. Il possédait ce don rare, mais puissant, de foutre la merde en toutes circonstances.

- "On t'avait dit Asa, ça sert à rien de pointé si on n'est pas tous là."

Il regarda son amie dans les yeux avec une expression neutre et il laissa un petit blanc. L'instant d'après, un petit rictus se manifesta sur son visage présageant une pique certaine.

- "Panique pas, tu vas le retrouver ton prince charmant."
- "Ferme ta gueule enculée, c'est pas mon prince charmant, c'est mon ami."


L'assemblée récemment arrivée aux portes, s'amusa de la petite blague d'Upla et de la réaction d'Asale qui voulait dire l'inverse de ce qu'elle voulait dire. Enfin, non, pas vraiment. Ceux qui la connaissaient savaient qu'elle n'avait pas trahi ses sentiments par ce comportement stupide. Déjà par ce que son expression froide, son visage fermé et sa voix plate, quoiqu'un peu aigüe, n'avait pas changer, mais surtout car elle ne le faisait pas exprès. Elle ne comprenait pas le second degré et elle était toujours très stricte et sérieuse dans ses réponses. La garde avait terminé de vérifier les informations de la Ziareba présente devant lui. Il regarda Asale d'un œil moqueur, mais gentillet.

- "Vous pouvez rentrer. Bonne chance avec ton prétendant."

Asale laissa la colère prendre le dessus.

- "Allez niquez vos mères bandes de salopes, vous m'rendez folle."

Elle continua son chemin, ponctuer par ses gestes d'énervement. Pas capables de comprendre une phrase simple, pensa-t-elle. Tout le monde était en train de rigoler de cette situation, mais Asale, elle était déjà passée à autre chose. Elle avança au trot directement vers une des écuries du Marhaleh. Elle confia son cheval au maître d'écurie et elle lui donna quelques instructions pour qu'il s'en occupe convenablement. Elle parla une dernière fois à sa monture en l'enlaçant.

- "Je reviens dans quelques heures, bouge pas, tu vas me manquer."

Elle s'engagea dans les rues sinueuses de l'endroit. Il n'y avait pas un chat dehors, mais il y avait du bruit dans tous les bâtiments alentour. Elle n'y prêta pas grande attention et elle se dirigea, à grande enjambée, vers où elle et ses amis se rejoignaient d'habitude. Un espace en marge de toutes maison habité, proche des quelques bâtiments de stockage, où les discutions secrètes pouvaient avoir lieu. Le temps morose et la froideur de l'hiver étaient atténués par les ornements présents sur les territoires du Nord et de la vallée du Yucesoy. Des personnages en bois suspendus ou poser sur des socles pour les plus petits ouvrages et planter aux sols pour les plus imposants d'entre eux, dont certains étaient à tailles humaines. Enfin, ce n'étaient pas grand-chose contrairement aux décorations intérieures, confinant plus à des œuvres d'art, jonchant toutes les habitations des peuples Mardam Shmali (مردم شمالی) et Dürüst. Même les nomades permanant et les nomades saisonniers portaient une grande importance à ses travaux. Ils étaient plus que de simple décoration, leurs fonctions sociales étaient non négligeables. Asale, elle, n'aimait pas spécialement travailler sur ses créations, même si elle ne détestait pas non plus. Elle ne les trouvait pas particulièrement belles, même les plus reconnus comme tel. Sûrement par ce qu'elle était née avec. L'habitude peut parfois faire perdre leur valeur aux choses en ayant.

Son haut lui serrait la poitrine, il était définitivement trop petit, elle allait devoir le remplacer. Au bout de quelques minutes, elle arriva à destination, mais il n'y avait personne. Elle s'asseyait dans un coin, attendant l'arrivé de ses amis. Elle sortit de la poche intérieure de sa robe un petit livre de poche. Un recueille de petites histoires de voyages. Elle nourrissait depuis aussi longtemps qu'elle se souvenait l'ambition de se rendre dans les lieux décrits par ses auteurs préférer. Plusieurs minutes passèrent, mais elle ne semblait pas s'en rendre compte. Tout était calme autour d'elle, seule l'enchevêtrement des lettres noires sur les pages jaunies par le temps, semblait résonner en elle. Il n'y avait pas de vent, pas de pluie, ses vêtements lourds la tenaient au chaud. Les conditions étaient réunies, elle se laissa submerger, comme rarement, par la vie qu'un autre avait pu retranscrire par écrit. Les heures continuaient à passer ainsi. Jusqu'à ce qu'Iko vienne à sa rencontre. Il arriva sans bruit, sans gestes brusques. Sa démarche était caractéristique, calme, mais assurée. Elle n'était pas forcée, elle était juste spontanée et vraie. Asale ne remarqua pas sa présence surtout, car le soleil se couchait et que la lumière s'en alla irrémédiablement. Elle plissait des yeux pour bien distinguer les lettres et toutes sa concentration était requise à cette tâche.

- "Alors c'est comme ça qu'on est accueilli ? " lança finalement Iko, d'une voix clair, exempt de toutes hésitations mais ayant tout de même une pointe de fragilité.

Asale sursauta légèrement, elle se retourna, le regarda de haut en bas et elle lâcha d'une voix faussement monotone.

- "T'es enfin la sale bâtard, j'ai failli t'attendre."
- "J'étais juste avec tout le monde en train de manger et boire. On t'attendais je te ferais dire."


Asale se leva avant qu'il n'eut fini sa phrase et d'un geste à la foi tendre et vif, elle le pris dans ses bras. Iko, quoiqu'un peu surpris, la suivi et plaça ses bras autour de ses épaules.

- "Tu m'a manquer toquard."
- "Moi aussi...".



Au bout de quelques temps à se retrouver, à échanger quelques banales paroles de retrouvailles, Iko proposa a Asale de retourner aux bâtiments où tout le monde se trouve.

- "Pourquoi ? On est bien là. D'habitude on passe notre vie ici, on attend avec impatience la fin du repas pour se retrouver tranquillement entre nous."
- "Oui mais la situation à changer, on a grandis et il faut que l'on s'implique dans des sujets importants."
- "Toi, dans les sujets importants, laisse moi rire."
- "Parle pour toi."
- "Aller ferme la on y va."


Les toits était enivrer, l'hiver était plutôt doux pour l'instant. Nos deux amis s'arrêtèrent en face d'une maison en terre. A peine la porte passé qu'il était déjà interpellés de toutes part par leurs amis qui s'empressèrent de ricaner sur eux.

- "Votre plat va refroidir, dépêchez vous ! " piailla Nini.
- "Alors, vous faisiez quoi tous les deux, seuls dans la nuit ? " glissa Upla d'un ton faussement sérieux.
- "Ferme ta gueule abruti." jeta Asale.
- "On te reconnaît bien l'eau qui court, toujours à se précipiter." renchérissait Ninoséan.
- "Ça fait un an qu'on s'est pas vu, mais je vais quand même arracher ta petite langue trop pendu enculé."

La pièce était bruyante, les rires, la musique et le brouhaha se mélangeait afin de créer une ambiance typique. L'ambiance était bonne et le repas, bien que peu copieux, était parti pour durer toute la soirée. L'alcool était de sortie et tout le monde avait l'air de s'amuser. Chez les peuples du Nord, le repas était un moment sacré qu'il fallait prolonger le plus possible. Les repas courts n'existaient pas, sauf en cas de conflit direct ou de situation d'urgence nécessitant une réaction rapide. Ils disaient qu'un repas durant dans le temps apportait joie et paix pour le commun. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'aujourd'hui le moment de partage dura une éternité. Les sujets de conversations étaient variés, mais l'un d'eux s'invita plus souvent que les autres. Les circonstances l'obligeaient, les peuples du Nord étaient en guerre contre le gouvernement central. La guérilla et la répression étaient terribles, si bien que les récits de bataille, de massacres et les débats stratégiques enflammaient la pièce d'émotions, d'une chaleur humaines rare et difficile à soutenir sans alcool. Asale ne faisait pas exception à la règle. Iko, lui ne buvait jamais. Il avait tout le temps l'air calme, réfléchit et heureux. Comme s'il voyait quelque chose que les autres ne voyaient pas. Ce soir encore, les discutions tournaient autour de la nécessiter du moment. Un ancien de la Ziareba d'Iko se lança dans un récit risqué.

- "Il y a quelques jours, des troupes de la République on attaquer une brigade de notre armée qui nous accompagnait et où se trouvait mon deuxième fils. Ses brutes n'ont laissé aucun survivant. Ils ont massacré sans distinctions ceux qui se rendaient et ceux qui avaient encore la force de se battre. Nous avons pu nous enfuir grâce à leur sacrifice. En haut d'une corniche, nous avons pu voir la bataille. Ils étaient au moins quatre fois plus nombreux, ce qui confinait plus à un massacre. Nos ennemis ont perdu leur pitié, aveugler par la lumière ou par la terreur que leur inspire leur chef."
- "Quelle horreur ! Vous allez bien ? " (Nini)
- "Les fils de putes, je vais les massacrer ! " (Asale)
- "Je suis encore vivant, donc j'imagine que ça va."
- "On est avec vous si vous avez besoin de quelque chose."
- "Merci Nini."
- "Au moins, nos alliés ne se sont pas fait torturer." (Ninoséan)
- "Qu'est-ce que tu racontes, ils n'ont pas dû les tuer proprement."
- "Détrompe-toi Upla, ils ont tous fini rapidement avec une balle dans la tête."
- "J'entends de plus en plus se genre de récit. L'armée ennemie semble vouloir se transformer, avec pour projet d'industrialiser, de quantifier et de rendre le plus efficace possible la mort qu'ils nous offrent. Tenter de le faire sur la vie n'était déjà pas assez suffisant." (Iko)
- "Hé, ferme la, avec tes phrases incompréhensibles." (Upla)
- "J'avoue, fait pas l'intellectuel, on a compris. C'est des merdes, faut les tuer, c'est pas plus compliqué." (Nino)
- "Doucement, tu peux parler comme ça en parlant d'êtres humains." (N)
- "Je sais pas si on peut appeler ça des humains."
- "Que tu le veuilles ou non, ça en aient."
- "Toujours aussi dramatique vous quatre. Oui, c'est des êtres humains, même s'ils n'agissent pas comme tel. Ils sont seulement soumis à une machine de mort. Et non désolé, je fais pas l'intellectuel. Je dis juste que si l'on ne comprend pas nos ennemis, on va perdre purement et simplement." (I)
- "Comment ça vous quatre, j'ai rien dit moi connard ! "
- "On sait que tu l'es, Asa."


Les trois amis et l'ancien rigolèrent à cette petite blague bienvenue. Elle détendit l'atmosphère qui commençait à devenir très lourde.

- "Vu comment tu réponds toujours de manière aussi sérieuse, on se demande, c'est qui qui est le plus dramatique d'entre nous Iko." (U)

Cette fois-ci, tout le monde rigola, même Asale. Ce n'était pas dans ces habitudes et ça se voyait. Son rire était spontané, drôle et drôlement mignon. Ils se réservèrent tous un verre de plus, sauf Iko. L'ancien décida de continuer la discutions.

- "Vous n'avez pas tort de confronter vos points de vue. La question de votre engagement dans la défense de nos peuples et de nos terres vous concerne déjà. L'âge vous attrape, les responsabilités et les choix viennent avec."
- "Tranquille l'ancien, on n'a encore rien décidé. C'est une réflexion difficile." (A)
- "Ouais et qu'est-ce que tu sous-entends exactement ? " (U)
- "Vous devez certainement en être conscient. Notre défense doit être assurée et nous avons de bras pour y arriver. Je suggérais seulement qu'il faudrait réfléchir sérieusement à vous engager dans celle-ci."
- "C'est pas possible. Jamais je tiendrais une arme entre mes mains. J'ai pas envie de mourir, ni de tuer. J'espère qu'on est tous d'accord." (N)
- "Bah non, moi, je vais m'engager, j'en peux plus de cette guerre, faut en finir le plus vite possible." (U)
- "Moi non plus, je peux pas laisser mes proches courir des risques aussi grand plus longtemps." (Nino)
- "Ah ! Ça, c'est bien les hommes, toujours à faire les héros ! À vous entendre, vous n'attendez que ça, pouvoir tirer sur des gens ! " (N)
- "Toujours dans l'abus toi ! " (Nino)
- "Calmez-vous, la question est complexe, chacun d'entre nous à partiellement, donc chacun doit s'écouter pour qu'on réfléchisse ensemble de la bonne décision à prendre."
- "Épargne nous tes grandes tirades Iko, tu fais chier."
- "On a beau projeter de faire partie de la même Ziareba, c'est un choix personnel." (U)
- "Vous êtes vraiment débile ! " (A)


Asale se mit à genoux sur le farsh (tapis) sur lequel ils mangeaient, puis elle tapa violemment de ses deux poings sur la table avant de gueuler, les yeux emplis de haine. Et de légères larmes.

- "Vous me cassez les oreilles avec vos discussions de merde, bande de fils de putes ! "

Elle se leva et quitta la maison à grande enjambée. Iko décida de se lever également et de la suivre.

- "Vas-y grand prince réconforte là." dit-il le sourire en coin qui voulait tout dire.
- "Eh, ferme ta gueule Upla t'es chiant."


La nuit et son froid glacial attrapèrent Iko. La lune faisait office de seule lumière digne de ce nom, c'est-à-dire pas grand-chose sachant qu'elle n'était qu'à moitié pleine. Les lumières qui sortaient des habitations éclaircissaient légèrement le chemin. Après quelques mètres parcourus et un examen rapide, il ne trouva pas Asale. Logique, ce dit-il, elle était certainement à l'endroit habituel. Il s'avança dans les fines allées et au bout d'un certain temps, il dut sortir sa petite lampe de poche. Elle n'était pas très efficace, mais, au moins, il pouvait éviter les potentiels obstacles imprévus. Asale était assise, à la même place que tout à l'heure, occupée à la même chose que tout à l'heure. Cette fois-ci, elle entendit les pas d'Iko.

- "Casse-toi."
- "Non, moi aussi, j'ai envie d'être là."
- "Trouve un autre coin."
- "Toi, trouve un autre coin."
- "Avec plaisir."


Elle se leva, se déplaça quelques mètres plus loin en faisant le tour du bâtiment. Adossée à son nouveau mur, elle continua de lire son livre. Il la suivit, calmement, le pas lent, en sous-entendant qu'il ne la suivait pas.

- "Je peux m'asseoir à côté de toi ? "
- "Tu comprend pas quoi dans "casse toi" ? "
- "Tu veux pas en parler ? "
- "Y-a quoi à dire ? Y-a aucun débat ! Même si on ne veut pas, on est déjà impliqué dans cette guerre. Même si on ne le veut pas, on va l'être de plus en plus. Alors où est le débat ?! Vous cassez la tête à vous engueuler pour des conneries pareilles ! "
- "Oui, je comprends. C'est pour ça que t'es énervée. Tu n'aimes pas quand on s'énerve..."
- "Casse-toi où tu vas perdre la peine de vivre."
- "Ça va ça va, je pars. Passe pas la nuit ici s'il te plaît."
- "Ne me donne pas d'ordre, je vais m'occuper de mon cheval, après je verrais."


Il s'en alla, à pas plus décider. Il faut dire qu'il commençait à faire sacrément froid. Asale se retrouva seule face aux étoiles, la tête dans les phrases de son livre...


Iko arpenta le Marhaleh, le ventre, un petit peu nouer. Les mots simples de son amie l'avaient visiblement percuté. Elle avait fondamentalement raison et cela avait fait réveiller en lui des émotions désagréables. Ils étaient déjà impliqués dans cette guerre même si leur quotidien était relativement tranquille. Ses mots tournaient dans sa tête comme un rappel à l'ordre. Il a beau le savoir depuis longtemps qu'il est exposé aux dangers des balles et des lames, sa chair n'a pas encore ressentis le prix de celles-ci. Et rien que la perceptive que cela puisse lui arriver le terrifiait. Les terres du Nord étaient bien plus épargnées, mais la ligne de front pouvait reculer à tout moment. Elle avait terriblement raison. Personne n'avait vraiment envie de s'engager, mais ils n'auraient sans doute plus d'autre choix. Il pensa que ce soit d'une manière ou d'une autre, ils allaient devoir participer à la défense de leur territoire. Il cogita tout le trajet et soudainement, par une logique douteuse, il pensa qu'ils feraient mieux de s'entraîner le plus tôt possible pour maximiser leurs chances de survivre à l'inévitable. Iko se surprit en train de formuler des pensées incohérentes. La panique l'attrapait et dans un élan de lucidité, il arriva à reprendre ses esprits. Il se reprit et il réfléchissait a comment éviter à ses amis et lui une fin tragique. Ses réflexions étaient tellement intenses qu'il n'avait pas remarqué qu'il était arrivé à sa destination. Il entra dans le bâtiment de manière énergique, absorber par ses réflexions, ses émotions et ses doutes.

- "Oh Iko ! Alors, elle est où ? " (U)

Il leva la tête comme si on venait de lui mettre un coup.

- "Euuu. Non, elle est restée là-bas, vaux mieux pas y aller."
- "Qu'est-ce qu'elle t'a fait, t'es tout pâle mon vieux."
- "Rien, rien, il fait juste super froid."
- "Et tu l'as laissé dehors ? "
- "Je pense que personne pourra la raisonner là."
- "Elle est énervée à ce point-là ? " (Nino)
- "Ouais."
- "Tu sais pourquoi au moins ? " (U)
- "Pas vraiment."
- "Ça paraît pourtant évident." (N)
- "Oh, ah bon ? "
- "Oui, on dirait pas comme ça, mais Asale est la personne la plus empathique que je connaisse. Cette discussion a dû la mettre très mal et elle veut pas le montrer, surtout devant des abrutis comme vous. C'est pour ça qu'elle se cache."
- "Oh putain, bien vu."
- "Ouais, elle est surtout bourrée, l'alcool ça lui as jamais réussi." (Nino)
- "C'est un peu des deux." (N)


La discussion s'essouffla. Les trois amis d'Iko regardèrent leur verre, un peu gêner par le blanc. Personne ne savait quoi rajouter et la tension dans l'air était omniprésente. Un coup de briquet et la pièce allaient s'embraser. C'est Iko qui s'en chargea, toujours déboussoler par les propos de sa meilleure amie.

- "Je vais m'engager et je mettrais fin à cette guerre." (I)
- "Qu'est-ce que tu racontes, relance pas le sujet ! " (N)
- "Vous n'aurez pas besoin de donner plus que ce que vous avez déjà donner. Je mettrais fin à cette guerre seule. Enfin, sans vous."
- "Arrête de faire le héros, quitte ou pas ma décision est prise, je vais aller me battre." (U)
- "La même." (Nino)
- "Vous êtes sérieux là ?! " (N)
- "Non, je vous ai dit que j'avais pas besoin de vous." (
- "Mais ferme là Iko, tu te prends pour qui, on est assez renseigné pour prendre la bonne décision." (Nino)
- "Assez endoctriner surtout ! Je vous préviens, si vous vous engagez vous pouvez dire adieu à notre projet de Ziareba ! " (N)
- "Je vais prendre le risque tien ! Comment tu peux dire ça alors qu'à tout moment, on peut se prendre une embuscade dans la tronche ! Ça se trouve demain, on va se réveiller en apprenant que le front à sauter du mauvais côté ! On va juste se faire massacrer et on sera sans réponse ! Je préfère aller mourir en essayant de survivre plutôt qu'en attendant qu'on vienne cueillir mon cœur ! Et le vôtre... Hé, tu m'as saoulé, je vais me coucher ! " (U)


Il se leva énergiquement et il quitta la pièce sans un regard. Nini ne semblait plus quoi dire. Ninosean la regarda, gêner, l'implorant de briser ce silence terrible.

- "C'est un con, il est même pas au courant qu'on est nomades et qu'on peut s'enfuir quand on veut ? "
- "Oh, sûrement que si, mais bon, si on perd cette guerre, on n'aura plus le droit nulle part de vivre comme on l'entend."
- "Oui, en s'engageant dans une armée un, tant soit peu moderne, on pourra vivre en se déplaçant comme on aime le faire, comme nos ancêtres." répondit-elle ironiquement.
- "C'est un choix à faire."
- "Le mien est fait, je ne toucherais pas d'armes."
- "Y-a pas que des soldats armées jusqu'aux dents dans une armée, il faut assurer la logistique, l'eau, la nourriture, le soin..."
- "Oui, mais on est quand même forcé d'être sédentaire."
- "C'est temporaire."
- "Jusqu'à la mort, je n'appelle pas ça la temporalité. Je préfère fuir dans un pays du Nord que de mourir en vivant à moitié."
- "Si tu le dis. Moi, je vais dormir, bonne nuit vous deux."


Iko ne parlait plus. Il écoutait à moitié la conversation, toujours plonger dans ses pensées. Il se remobilisa comme à son habitude.

- "Je sais pas, c'est quoi tes délires de sauveur là, mais arrête toi tout de suite."
- "Je dis seulement que je pouvais mettre fin à cette guerre sans vous."
- "Le débat est clos, je ne m'engagerais pas et si l'un ou plusieurs d'entre vous fait ce choix, il ne fera jamais partie de ma Ziareba."
- "T'y va un peu fort quand même Nini."
- "Je suis très sérieuse. Enfin, on en reparlera à tête reposée. Sans alcool. Je vais dormir, toi vas t'occuper d'Asale."
- "Bonne nuit."


Iko sortit une nouvelle fois, avec la ferme intention de ramener son amie dans un endroit où elle pourra se réchauffer. L'air était devenu sec et glacé, le sol était givré et des plaques de verglas commençaient à se former, notamment dans les flaques d'eau jonchant les rues en terres. Le trajet lui paraissait particulièrement long, ses muscles étaient engourdis et ses os étaient assiégés par les températures hivernales. Il était presque en train de courir pour l'écourter et pour se réchauffer. Mais lorsqu'il arriva dans le coin où il avait quitté Asale, elle n'y était plus. Il rentra à toute vitesse aux habitations pour vérifier qu'elle n'était pas allée dormir et sinon pour appeler de l'aide. Il poussa la porte principale d'une grande force, sous les yeux ébaillies des quelques personnes restantes dans la pièce principale. Il se dirigea, telle une furie, vers la chambre où Asale avait l'habitude de dormir. Il ouvrit la porte énergiquement, sans prendre la peine de toquer. Il se retrouva nez à nez avec son amie qui était en train de se changer pour aller dormir.

- "Qu'est-ce que tu fous ?! "
- "Désolé, je voulais vérifier que t'étais bien rentrée. T'aurais pu me prévenir aussi ! "
- " Ça va être de ma faute en plus !? "
- "J'ai pas dit ça ! "
- "Casse-toi abrutis, je vais te tabasser ! "


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