25/11/2018
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[Latrua-Karty-Slaviensk-Quatres Vallées] Rencontre d'Illiv

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en-tête
12/11/2018, Musée des Beaux-Arts d'Illiv Musée

Les petites mains de la présidence de la République terminaient de s'affairer autour de la pièce où se tiendrait le meeting. Une longue table ovale, blanche, avait été posée au milieu de la salle, prenant ce qui était habituellement la place de lourdes et imposantes statues de marbre. Un tapis bleu arborant en son centre une mappemonde blanc et noir et autour différentes phases lunaires avait été déposé sous la table, apportant une légère touche de couleur. Les murs restaient quant-à-eux le territoire des œuvres d'arts, des peintures à l'huile et autres aquarelles, ces dernières exerçant pleinement leur souveraineté. Les derniers micros étaient posés, les derniers verres d'eau étaient apportés, une petite horloge dorée voyait enfin ses petits pieds toucher l'immense étendue froide et blanche, la banquise de la table. Décorateurs, femmes et hommes de ménage, huissiers, personnels de l'ombre, tous se retirèrent, fermant derrière eux de lourdes portes en chêne, rendant pour quelques minutes seulement cette salle aux tableaux qu'elle abritaient.
Dans le hall, d'autres finissaient d'ajuster le tapis rouge qui, à l'intérieur, se transformerait petit à petit en un tapis violet, puis bleu. Ce tapis est une pièce spécialement tissée pour cet événement. Les statues déplacées, étaient maintenant positionnées le long de ce tapis, guidant ainsi les chefs d’État jusqu'au lieu de la réunion. Leur blancheur laiteuse, envoutante, brillait des quelques raillons de ce soleil de novembre. Un soleil timide, se cachant parfois, plongeant la ville dans une atmosphère bleutée, celle de ces hivers où le froid semblait à la fois mordant et vivifiant.

Vasiliy patientait dans le hall. Il portait un costume gris clair où l'on pouvait deviné quelques éclats de bleu marine. Sa cravate bleue faisait ressortir le bleu de ses yeux. Le Président de la République regardait le plafond de la vaste pièce. Sur ce dernier, une foule d'hommes, de femmes, d'enfants, de vieillards, tentaient de rejoindre des nuages, de beaux nuages crème, semblant flotter dans une immensité azure. Derrière eux, un drapeau latruant battait au vent. Une brise qui faisait plié les quelques arbres peints. Cette peinture représentait la quête millénaire des Latruants pour la liberté. Une quête qui fut longue, tortueuse, semée d'embuches. Une quête à la fois mortelle et immortelle, sublime et abjecte.
Cette quête était aujourd'hui celle d'un peuple, le peuple des Quatres Vallées. Après trente années d'affrontements, de mort, de désolation, de tristesse, le peuple souverain s'était exprimé et avait voté lors d'un référendum sur son autodétermination. Et aujourd'hui, dans ce musée, les représentants de ce même peuple allaient faire leurs premiers pas sur la scène internationale.

Vasiliy attendait patiemment que ces derniers arrivent. Cette réunion était importante pour lui. Importante car elle était la première avec le Code communautaire depuis le sommet de Morovsk. Importante car, si elle réussissait, elle permettrait de lancer des partenariats ambitieux entre quatre nation, trois d'Eurysie et une du Nazum. Importante car, si elle réussissait, elle permettrait au Latrua de s’implanter durablement dans une région du monde où il était jusque là absent. Importante car, si elle réussissait, elle permettrait au Latrua d'affirmer sa stature de puissance internationale ainsi que de défenseur invétéré de la liberté et de la souveraineté des peuples, quelle que soit leur Histoire, leur langue, leur religion, leur région.

Une voiture noire se positionna devant l'entrée du musée. Une femme aux cheveux bruns en descendit et s'avança vers l'escalier. Elle portait une veste et un pantalon vert forêt et une chemisette pâle. Elle se mouvait d'un pas assuré, quoi qu'alourdi par le poids des dossiers qu'elle portait à bout de bras. Le Président sortit sur le perron pour accueillir sa Ministre de l’Économie. Il serra la main de la femme puis l'embrassa. Tous deux entrèrent à l'intérieur du bâtiment. Vasiliy débarrassa Eleonora Yemelyanova de son imposante chemise cartonnée et la donna à un conseiller. Il lui demanda :

"Comment vas-tu ?

- Bien et toi ?

- Je me sens bien. Je suis habitué à ce genre de rencontres, même si tout peut toujours arriver. Un dérapage, un désaccord et ce sont tous les espoirs que nous avions placés en cette réunion qui disparaissent, s'évanouissant tel un nuage de fumée. Mais que veux-tu, ce sont les risques du métier
, dit-il en souriant. J'espère que je ne t'ai pas trop surchargé avec cette réunion.

- Non, je suis habitué à ce genre de demandes, même tout peut toujours arriver. Un coup de fil, un message et ce sont des heures de préparation qui disparaissent, s'évanouissant tel un nuage de fumée. Mais que veux-tu, ce sont les risques du métier !"



Tous deux rire d'un rire à la fois nerveux et complice, d'un rire qui trahissait à la fois leur fatigue et leur amitié. Vasiliy appréciait Eleonora. Il s'était rencontré pour la première fois à l'université. Elle, jeune étudiante en économie, élève appliquée, discrète, mais sachant briller par son intelligence sans limites. Lui, fringuant étudiant en sciences politiques, élève brillant, charismatique, mais cachant en réalité une immense fragilité et une timidité maladive. Ils se percutèrent un jour dans un couloir, arrêtant leur course respective vers une salle de classe. Ils se regardèrent, se sourirent et ce fut tout.
La suite, aucun mot ne peut l'expliquer, ce fut une évidence. Voilà plus de vingt ans qu'ils se connaissent, qu'ils sont amis. Voilà plus de vingt ans qu'ils se suivent, parfois à distance, parfois si près. Voilà vingt ans qu'ils rient et travaillent, qu'ils grimpent, unes à unes, les marches vers le pouvoir. Elle aurait pu être candidate à sa place, mais elle lui laissa la lumière. Elle aurait pu être élue à sa place, mais elle lui laissa cette chance. Ainsi, la première chose que Vasiliy fit lorsqu'il apprit sa victoire fut de téléphoner à Eleonora, de lui proposer un poste. Cela faisait huit ans qu'elle était ministre. Il aurait pu lui proposer à maintes et maintes reprises le poste de Première Ministre. Elle en serait parfaitement digne et capable, mais il préférait ne pas le faire, craignant secrètement de détruire ce qu'ils avaient pris vingt ans à construire.
La Ministre repris :

"Plus sérieusement, on a travaillé dur et on a compilé tout ce dont tu auras besoin dans ce "petit et léger" dossier. Documents présents en quatre exemplaires.

- Je te remercie, vraiment, il ne fallait pas, dit-il en grimaçant."


Un huissier s'approcha d'eux. L'homme aux cheveux grisonnant semblait être ici depuis la construction du musée. Il dégageait un air d'assurance et de respectabilité qui pouvait agacer. Il dit d'un ton protocolaire :

" Monsieur le Président de la République, Madame la Ministre, les premiers invités arrivent.

Il les guida jusqu'à l'entrée du hall puis les laissa sur le perron. Au même moment, une voiture noire battant un pavillon étranger se positionna en bas de l'escalier. Vasiliy et Eleonora se regardèrent et sourirent.

Diplomates sous la pluie
AlinéaTôt à Volkingrad, deux personnages sortirent du Capitole. Trop tôt même, et trop pluvieux pour qu'on puisse les identifier. Un homme élégant et une femme encapuchonnée contre la pluie, c'est tout ce que les gardes du Capitole parvinrent à déceler sous l'eau battante. Les deux se rendirent dans un véhicule de fonction qui quitta aussitôt la grande avenue, tout droit vers l'aéroport.

Qu'il était tant normal d'observer ces flux entre les infrastructures de la capitale, pourquoi bien s'attarder sur quelconque trajet, la chandelle en serait par ailleurs bien décevante. Cependant, il y avait quelques détails qui indiquaient une haute valeur à ces deux personnalités, la raison de leur trajet.

Outre fait du caractère bien matinal, il y avait bien une certaine agitation à l'aéroport international de Volkingrad. Non pas des avions civils, mais bien militaires. Un convoi diplomatique se préparait, ou bien un transfert de matériel militaire ? Personne ne savait réellement, il n'était d'usage que d'assurer le vol, pas de s'interroger sur ses hôtes. La tour de contrôle autorisa le convoi à partir sitôt prêt.

Cassian Kormyne
Directeur Cassian Kormyne-"Eh bien Angèle, tu en fais une de ces mines ?"
Citoyenne Angèle Orlovski-"Mhhh... Lorsque tu en feras autant que moi tu pourras me faire des reproches, je t'en assure."
Directeur Cassian Kormyne-"L'Ordre demande tout autant de travail que ta diplomatie, me semble-t-il."

AlinéaDans le cadre de la nationalisation des entreprises, l'Ordre Oruzhiya avait été la première concernée, avant même le plan de quatre ans. Il avait paru nécessaire d'intégrer pleinement sous le giron d'Etat les industries d'armements, beaucoup trop importantes en Karty pour y accorder la concurrence et la main mise des entrepreneuriaux privés.

Mais aujourd'hui, donc, l'ordre Oruzhiya compte toujours un directeur, le dénommé Cassian Kormyne. Cependant, il est pleinement affilié au gouvernement et au Tricommandement, et même officieusement à la Vorna. Pour ainsi dire, l'Ordre appartient pleinement à l'Etat puisqu'il lui doit l'obéissance, et son directeur fait partie intégrante du gouvernement.

Cassian avait une personnalité plutôt joyeuse, appréciée de la Gouverneure Orlovski. La preuve, les deux avaient quitté le Capitole ensemble, il lui avait même tenu son parapluie. Pourtant, ils auraient très bien pu faire route séparée. Mais pour Angèle, s'entendre cordialement avec la quasi majorité des membres proches du gouvernement, et globalement avec tous les politiques avec qui elle serait amenée à collaborer, était crucial.

Citoyenne Angèle Orlovski-"Quoiqu'il en soit, permets moi de te féliciter pour ta nomination récente à l'Ordre, au delà du fait que cela illustre bien le bon déroulé du plan de quatre ans."
Directeur Cassian Kormyne-"Je te remercie Angèle, sincèrement, que d'éloges."
Citoyenne Angèle Orlovski-"Trêves de plaisanteries, ce sera là ta première entrevue à l'étranger, personne ne te connaîtra à priori, un atout comme un mal. Ta première impression sera cruciale, tu représentes d'une certaine manière toute l'armée, sa production en tout cas. D'une manière ou d'une autre, chaque pays que l'on va rencontrer à ce sommet a été lié ou l'est même encore à l'Ordre. Pour Slaviensk, les Accords de Biallevitz qui régissent un partenariat industriel direct. Pour le Latrua, les accords de Vrarany qui les lient par l'achat à la compagnie. Pour le Code Communautaire... L'Etat en lui-même vient d'émerger, cependant j'avais entamé des discussions à ce sujet par le passé avec ses représentants."
Directeur Cassian Kormyne-"Ne t'en fais pas Angèle, la Chouette m'a déjà fourni bon nombre d'informations. Cette entrevue t'est par ailleurs plus dédié qu'à moi. Je suis bien au courant que la raison de ma présence est une opportunité, mais ce n'est pas le sujet principal. Je suis également là pour converser avec toi de certains sujets tout autres, tu le sais."

Cassian tendit un dossier, Angèle le tenant dès lors dans ses mains. Elle reprit la discussion.

Citoyenne Angèle Orlovski-"Il est vrai, la fatigue peut parfois s'avérer mauvaise. Hélas je ne peux pas prévoir grand chose à l'idée de ce sommet, le Latrua est resté flou, il ne faut de surcroît pas s'alarmer puisque nos relations quadrilatérales sont parfaitement cordiales avec l'ensemble des représentants."

La pluie avait cessé durant le vol, Angèle et Cassian se rendant entre les mains de leur homologue Latruant. La rencontre d'Illiv allait bientôt commencer. Au même moment, une voiture noire battant un pavillon Kartien se positionna en bas de l'escalier. Les deux représentants de la patrie mère en sortirent, dame Orlovski s'adressa directement à Vasiliy.

Gouverneure Angèle Orlovski-"Monsieur Vasiliy, c'est un plaisir de vous revoir sous vos drapeaux !"
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Vasiliy alla à la rencontre de la Gouverneure Fédérale. Il était heureux de retrouver Angèle Orlovski. À l'image des liens unissant le Latrua et Karty, la relation entre les deux dirigeants était au beau fixe. Les rencontres s'enchainaient de manière régulière, entretenant ainsi un lien fort de confiance et de travail. Le Président de la République serra la main de la dirigeante kartienne puis fit la bise à cette dernière. Il dit :

"Plaisir partagé, chère Angèle. Je suis très heureux de vous accueillir une nouvelle fois au Latrua. J'espère que votre voyage ne fut pas trop mouvementé."

L'ancienne chancelière lui présenta l'homme qui l'accompagnait. C'était un fringant et beau jeune homme d'une vingtaine d'années, habillé d'un costume noir et portant une paire de lunettes rectangulaire. Vasiliy lui serra la main. La poigne fut ferme, franche, surprenante et à la fois prévisible. En tant que Directeur de l'Ordre Oruzhiya, Cassian Kormyne se devait de montrer une image de fermeté, de puissance. Le Président lui rendit sa poigne et les invita à monter les quelques marches qui les séparaient du perron. Arriver en haut de l'escalier, il présenta Eleonora aux deux membres de la délégation kartienne, leur serra une nouvelle fois la main sous les flashes des photographes et leur indique la direction du hall.

Les quatre dirigeant pénétrèrent dans la pièce et se séparèrent en deux groupes, en deux conversations. Vasiliy s'isola avec Angèle. Il voulut commencer, mais il remarqua que la représentante kartienne semblait captivée par la scène se déroulant au plafond. Il regarda la fresque avec elle et dit :

"Je suis toujours aussi admiratif du travail de cet artiste. Si vous voulez comprendre la psychologie du peuple latruant, ses aspirations, ses envies, ses rêves, contemplez cette fresque. Elle les rassemble tous."

Il se perdit encore quelques secondes dans l'observation minutieuse de la peinture, des visages fiers, des corps tendus par la fierté, puis il se reprit. Ils étaient tous ici, réunis, pour faire avancer la diplomatie et autant commencer maintenant. Il reprit donc :

"Cependant, je doute que nous ayons le temps de la contempler plus longtemps. Si l'envie vous prend de vouloir visiter plus longtemps ce musée, je me ferais un réel plaisir d'être votre guide. Avant que la rencontre ne commence, j'avais une information à vous communiquer. Une information concernant nos rapports bilatéraux. En effet, dans les semaines qui viennent, le Ministère des armées latruant enverra une missive à votre État Major pour lui proposer d'activer l'article premier du titre troisième des Accords de Vrarany, portant sur l'organisation d'exercices militaires conjoints. Cela sera une bonne manière de montrer la solidité de nos liens et d'amener dans le même temps une réflexion stratégique globale."

PR

***

Tandis que Vasiliy échangeait avec la Gouverneure kartienne sur l'organisation des futurs exercices, Eleonora tentait quant à elle de converser avec le Directeur de l'Ordre Oruzhiya. Il est vrai qu'en tant que Ministre de l’Économie, les considérations purement militaires ne la concernaient pas directement, son homologue des armées ne venant la voir que pour lui faire avaliser un contrat d'achat d'armes. Faire la conversation ne serait donc pas simple au vu de son manque cruel de connaissances en matière d'équipement militaire.
De plus, elle éprouvait depuis l'arrivée de ce jeune homme une forme de trouble. Il est vrai que le kartien ne la laissait pas indifférente. Il était beau, grand et il dégageait une assurance non faite qui lui plaisait, qui l'impressionnait. Il est vrai aussi qu'elle était divorcée depuis plus de dix ans, qu'elle n'avait pas d'enfants à bientôt cinquante ans. Elle faisait encore jeune pour son âge, assumant plus ou moins les rides qui pouvaient agrémenter son visage. Malheureusement, elle ne pouvait en aucun cas l'intéresser. Elle avait vingt ans de trop et elle occupait une place beaucoup trop importante dans son pays pour se permettre de s'abandonner à ce genre de rêverie. Elle avait décidé de dédier sa vie à son pays, au service de l'intérêt de son peuple, et aucun homme ne pourrait jamais avoir de place dans sa vie. Elle se surprit quand même à rougir comme une adolescente à l'idée qu'il puisse se passer quoi que ce soit entre elle et le représentant kartien.
Eleonora se reprit rapidement, notant que son égarement avait duré plus longtemps qu'elle ne l'avait imaginé, et s'adressa à Cassian Kormyne :

"Monsieur le Directeur, c'est un honneur pour mon pays de vous recevoir. Comme le Président de la République vous l'a dit, je m'appelle Eleonora Yemelyanova et je suis la Ministre de l’Économie, des Finances et de l'Industrie du Latrua. Vous vous en doutez, je ne suis pas la mieux placée pour parler défense et achat de matériel militaire. Cependant, je peux d'ors et déjà vous informer que mon pays rédigera une demande d'achat envers votre ordre. Une demande d'achat, entre autres, de navires militaires, de mines et d'avions de chasse. Nous espérons bénéficier, comme lors de nos précédents achats, de réductions qui nous serons profitables, à mon pays comme au vôtre, et ce à plus ou moins long terme."

Elle plongea ses yeux dans ceux du kartien et parut comme envoûté. Sois raisonnable pensa-t-elle, tu ne l'intéresses pas. Pense à ton pays. Elle n’eut pas le temps d'entendre la réponse de son interlocuteur. L'huissier s'approcha d'eux, accompagné de Maksim Zhernakov, le Chef du protocole de la Présidence de la République. Ce dernier indiqua qu'une nouvelle délégation approchait du Musée. Vasiliy s'excusa auprès de la Gouverneure Fédérale et du Directeur, expliquant qu'il se devait d'accueillir les prochains dignitaires. Il remettait les kartiens entre les mains expertes du Chef du protocole. Eleonora suivit le Président jusqu'au perron et attendit avec lui qu'arrive la voiture suivante.

Eleonora Yemelyanova
Gouverneure Angèle Orlovski
Gouverneure Angèle Orlovski-"Voyage agréable, tout comme cette fresque. Il paraît toujours un certain plaisir à découvrir la culture des autres nations, même si dans votre cas il faut l'avouer, c'est une redécouverte qui ne me dérange aucunement. Ma foi, il serait bien dommage de ne pas profiter de notre présence commune pour arranger dès lors cet entraînement militaire, la République Fédérale Kartienne sera toujours encline à ce genre de déroulements. Nous entrons par ailleurs dans une phase où ces derniers se multiplient, je ne peux que prendre pour exemple celui avec le Dyl'milath ou encore l'Union Kahtanaise [...]"

AlinéaAngèle et Vasiliy continuèrent tous deux brièvement leur discussion, les détails seront bien évidement étudiés par les canaux diplomatiques, cependant l'idée d'un exercice demeure dores et déjà acquise. Au même temps que les deux dirigeants discutaient, le groupe avait été scindé en deux, le Directeur Cassian Kormyne étant avec cette dénommée "Eleonora". Âgé de 25 ans, il venait tout juste d'être nommé par le gouvernement Kartien à la tête d'une des plus grosses entreprises d'armements au monde. Jeunesse et dynamisme, c'est ce qu'il représentait dans un paysage politique très mouvant. Car de fait, la République Fédérale Kartienne est en proie des changements sociaux et sociétaux, l'on observe entre autres cette féminisation de la société. Outre fait, Cassian représentait pour la première fois son pays, et son entreprise, à l'étranger. Derrière cette paire de lunettes, se cachait un intellectuel qui analysait grandement les paroles et gestes de son interlocutrice. Cassian put même observer, tout du moins c'est ce qu'il ressentait, que son homologue était perdue dans la lune, comme si elle pensait bien à d'autres choses que ce qu'il fallait réellement. Son regard s'illumina enfin lorsqu'elle se décida à passer au sujet diplomatique, il ne résista point à effectuer deux de ses habitudes caractéristiques. D'abord il réhaussa sa monture de son index, avant de rehausser sa manche en y faisant délicatement le tour avec son doigt à quelques reprises.

Cassian Kormyne
Directeur Cassian Kormyne-"Tout autant un honneur d'être accueilli, madame la Ministre. Eh bien oui, il va de soi que les habituels avantages de l'Ordre vous seront octroyés, comme à l'accoutumée, il en va des accords de Vrarany si mes souvenirs s'avèrent exacts. Une demande qui me semble plutôt conséquente, je dois l'admettre. Je me permets, à ce titre, de vous informer en retour. La conjoncture Loduaro-Antarienne nous est fort fâcheuse, je ne suis pas un devin mais il y aurait fort à parier que nos lignes de production vous soient fortement restreintes au profit national... Ce sera sans doute un sujet que la Gouverneure Orlovski souhaitera converser avec votre délégation, il y a tout autant à parier là-dessus, soyez en assurée."
Thème musical "Ne vous inquiétez pas mes Quatre Vallées"

Personnages charmantsAzniv Isagholian. Aliji Denizli Antog Mechigian Terenti Jinjikhashvili
La rencontre d'Illiv. Le caractère crucial de cette nouvelle rencontre en Latrua, sauta aux yeux des représentants au sein du Code Communautaire. De nouveaux débats allaient secouer la Chambre, qui en ce moment, doit prendre, quasiment chaque semaine, des décisions horribles de complexités. Alignements stratégiques mouvants, répressions des groupes contre communautaires, pressions internationales, attentes de la populations, évolutions du Code Communautaire sont des sujets qui animent les décideurs de l'institution. Mais pas seulement. En effet, le Code Communautaire, dans sa mouture actuelle n'a pas le pouvoir qu'à un état nation moderne Eurysien sur sa population, notamment, car les Communautés bénéficient d'une autonomie élargie. Ainsi, toute la société est embarquée dans ses questions complexes. La situation est donc instable, bien heureuse celui ou celle qui réussira à prédire le futur du pays. Dissolution du Code Communautaire, renforcement du Code Communautaire, transformation du Code Communautaire, sécession de certaines Communautés, neutralité internationale, alignement avec la SMA, la CSN, le Liberalintern, l'ONC, l'OND, nouvelle guerre civile, guerre internationale. Bref. Personne ne savait ce qui allait se produire, mais aujourd'hui, cette rencontre allaient peut-être apporter quelques orientations claires, quelques réponses aux aspirations des peuples Lav P'iri.

La victoire de l'institution lors du référendum de septembre, était une victoire certes, mais la guerre était loin d'être finie. Celle-ci continue toujours, dans toute société, seule les plus "riches" d'entre elles ont la capacité d'en détourner l'attention et d'épargner une partie de leur population. En d'autres termes faire la guerre ailleurs, sur le sol des autres. Ce n'est pas le cas des Quatre Vallées. Pays sensiblement "pauvres" au regard de critères arbitrairement imposés par les pays les plus violents de l'histoire de l'humanité, les Quatre Vallées sont un théâtre et non un acteur. Maintenant, que la situation était temporairement stabilisée grâce à l'aide du Latrua, de Karty et de Slaviensk, la question essentielle que devait trancher le Code Communautaire est la suivante : les Quatre Vallées, doivent-elles se développer et croître économiquement, se vendre aux puissances rôdant autour, quitte à égorger sa beauté ou bien doivent-elles faire croître leur poésie, épargner ce qui les rend sublimes quittes à devenir, encore plus, cette terre de désespoir. Espérons que le sort des Quatre Vallées soit un peu moins binaire, plus heureux et que les structures du monde libérale autoritaire globale dans lequel elles évoluent se déliterons.

Enfin, cette rencontre allait mettre à nu les intentions du Latrua, de Karty et de Slaviensk à l'égard des Quatre Vallées. Pourquoi ses pays ont poussé pour stabiliser la situation, pour servir quels intérêts ? Pour déchiffrer cela le Code Communautaire à envoyer ses meilleurs représentants et les personnes les plus influentes du pays. Ils jouaient certainement leur survie avec cette rencontre. Aliji Denizli, Azniv Isagholian, Antog Mechigian, Terenti Jinjikhashvili. Ses Quatre noms résonnaient dans toutes les Quatre Vallées. À la fois craints et adulées, ses quatre personnages étaient à la tête des quatre Communautés les plus puissantes du pays. À eux quatre, ils orientent, de fait, toutes les orientations du Code Communautaire. Mais peu n'importe, aujourd'hui, ils allaient devoir descendre de leurs ridicules trônes pour faire face au gratin de la bourgeoisie mondiale. Ils n'avaient pas le droit de se tromper, une seule erreur et ils n'auront plus qu'à se loger une balle au fond de la gorge ; incapable est l'être humain pouvant assumer de telles conséquences.

Le voyage se déroula tranquillement et la délégation Lav P'iri se présenta au Musée des Beaux-Arts d'Illiv. Isagholian était en tête de celle-ci, car elle avait déjà rencontré certaines des personnalités présentes en ce jour.

- "Puisse nos étoiles nous donner la lumière, la beauté..."
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