La déclaration d’Antonio Montana étais suspendue.
Personne ne parlais.
Même les torches murales brûler plus lentement, leurs flammes vacillant sous le poids de ce qui venait d’être proposé.
Aethrik Valcaryn-Kars ferma les yeux.
Une fusion des armées.
*Pas une alliance.
*Pas un traité.
*Une union irréversible.
Lorsqu’il rouvrit les yeux, son regard ne cherchait plus seulement Moustachius, mais les bannières derrière lui
— celles de Nosgoth et d’Epslandia. Deux symboles distincts… qui ne forme qu’un seul.
Tharvael Mor’Keth ne resta plus immobile.
— « Une armée unifiée implique un commandement unique. »
Sa voix était calme, presque froide.
— « Qui dirige ? »
La question tomba sans agressivité, mais chacun ne comprenais qu’elle représentait le véritable cœur du débat.
Antonio fessa un léger sourire.
— « Voilà précisément pourquoi nous sommes ici. Aucun royaume ne doit dominer l’autre. Nous proposons la création d’un Haut Commandement de Nivérée. Trois sièges permanents :
Nosgoth, Epslandia… et un troisième représentant choisi parmi les nations alliées lorsque le moment viendra. »
Aethrik il fronça légèrement les sourcils.
— « Vous pensez déjà à une expansion. »
— « Nous pensons à l’avenir »,
répondit Moustachius avec douceur.
— « Le monde change. Les anciennes frontières s’effritent. Si nous ne bâtissons pas quelque chose de plus grand… d’autres le feront à notre place. »
Un murmure parcourut les conseillers présents.
Depuis plusieurs mois, des rumeurs circulaient aux frontières nord : des cités abandonnées, des convois disparus, des armées inconnues aperçues dans les brumes de l’Est. Rien d’officiel. Rien de confirmé.
Mais assez pour inquiéter.
Aethrik a poser doucement ses mains derrière son dos.
— « Et si Nosgoth accepte… que devient notre souveraineté ? »
Moustachius ne répondit pas immédiatement. Son regard étais grave.
— « Elle évolue. Elle ne disparaît pas. Nos peuples resteront libres, nos cultures intactes. Mais face aux menaces à venir… nous ne pouvons plus penser comme deux royaumes isolés. »
Un silence respectueux se passais.
Puis Tharvael avançais d’un pas.
— « Vous savez quelque chose. »
Ce n’était pas une question.
Antonio échangea un regard avec Moustachius.
Le chef epsalite inspira profondément.
— « Nos éclaireurs ont franchi la mer de cendres il y a vingt jours. Ils ne sont jamais revenus. »
Les conseillers échangèrent des regards inquiets.
— « Avant leur disparition », poursuivit Antonio, « ils ont envoyé un dernier message. Une armée marche vers la Nivérée. Pas une armée connue. Pas un royaume identifié. »
Il posa un cylindre métallique sur la table d’obsidienne.
Le sceau brisé révélait un parchemin noirci, marqué d’un symbole inconnu : un cercle fendu par une ligne verticale, entouré de runes anciennes.
Aethrik sentit une tension ancienne remonter en lui.
Il connaissait ce signe.
Ou plutôt… il croyait le connaître.
— « Impossible… » murmura-t-il.
Moustachius observa sa réaction.
— « Tu l’as déjà vu. »
Aethrik relevais lentement la tête.
— « Dans les archives interdites de Nosgoth. Avant la chute des Royaumes Premiers. »
Le nom ne fut pas prononcé, mais chacun comprit.
Une menace oubliée.
Une histoire que personne ne voulait voir revenir.
La réunion diplomatique venait de changer de nature.
Ce n’était plus une négociation.
C’était le début d’une mobilisation.
Aethrik inspira profondément, puis déclara d’une voix ferme :
— « Alors nous n’avons plus le luxe d’hésiter. »
Il se tourna vers les deux bannières.
— « Nosgoth accepte l’ouverture des pourparlers pour l’unification militaire. Dès aujourd’hui. »
Antonio inclina la tête.
Moustachius sourit, mais cette fois sans rire.
Au-dehors, les cloches de la cité commencèrent à sonner, portées par le vent de la nuit.
Sans que le peuple ne le sache encore, une nouvelle ère venait de commencer.
Et quelque part, au-delà des frontières connues de la Nivérée… quelque chose venait déjà à leur rencontre.