
Liste des partis politiques de la Seconde République.
Posté le : 22 fév. 2026 à 19:31:13
Modifié le : 08 avr. 2026 à 01:37:37
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Posté le : 23 fév. 2026 à 01:54:36
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⮕ Néo-libéraux.
Le gouvernement du Parti du Progrès durant ces décennies entreprend une transformation radicale du Götterland : privatisation massive des entreprises publiques (télécommunications, transports, énergie, banques), dérégulation financière qui transforme vite Waltereich en centre financier d'importance pour l'Eurysie occidentale, réformes du marché du travail pour rendre celui-ci plus flexible et réduire les protections syndicales, coupes budgétaires des dépenses sociales (pensions, assurance-chômage, services publics) et ouverture agressive au commerce international. Simultanément, le parti pousse un agenda social progressiste avec le droit de vote aux femmes en 1989, la légalisation du mariage homosexuel en 2003, la mise en place de lois anti-discrimination renforcées, la promotion active du multiculturalisme, la restriction des pouvoirs de l'Eglise dans la société, la libéralisation de l'avortement et de l'euthanasie et surtout une position ouvertement méprisante pour les traditions sociales conservatrices du Götterland rurale qu'ils dénoncent comme arriérés. Cette combinaison crée une fracture croissante entre le Götterland urbain, majoritairement libéral, et le Götterland rural et des villes moyennes, très conservateur. Les grandes villes prospèrent, du moins pour ce qui est des classes moyennes et supérieures, tandis que les campagnes et les petites villes industrielles s'effondrent comme un château de cartes. Les usines ferment, délocalisées vers des pays à bas coût salariaux, les jeunes fuient vers les métropoles, les services publics se dégradent et la pauvreté s'installe progressivement. Le Parti du Progrès, confortablement installé dans sa forteresse électorale urbaine, ignore largement ces souffrances, les attribuant à la mauvaise adaptation des populations rurales aux réalités du marché globalisé. Leur réponse aux critiques est invariablement plus de réformes néo-libérales et plus de modernisation, au mépris du reste.
La crise économique des années 2010 expose brutalement les failles de ce modèle. L'éclatement d'une bulle financière en 2011 à Waltereich, combiné à une récession importante, plonge le Götterland dans la pire crise de son histoire depuis les années 1920. Le gouvernement du Parti du Progrès, idéologiquement opposé à toute intervention étatique, répond par l'austérité en menant des coupes budgétaires drastiques, en augmentant les impôts sur les classes moyennes et populaires (mais certainement pas sur les grandes entreprises), entreprend de nouvelles privatisations pour combler les déficits et s'obstine à refuser de remettre en question le modèle néo-libéral lui-même. Les grandes entreprises, intimement liées au parti via des réseaux de financement de campagne et de pantouflage, sont sauvées avec l'argent public alors que les citoyens ordinaires sont abandonnés à leur sort. L'indignation populaire croît exponentiellement et les manifestations se multiplient, d'abord pacifiques puis progressivement de plus en plus violentes. Le Parti du Progrès répond avec condescendance (les manifestants sont décrits comme des gens qui ne comprennent rien à l'économie dans les médias) et en menant une répression modérée (envoi de la police anti-émeute, arrestation des meneurs). Cette gestion catastrophique de la crise érode systématiquement toute crédibilité du parti en dehors de sa base urbaine aisée et même au sein du parti, des divisions émergent entre une aile dure néo-libérale convaincue qu'il faut tenir la ligne et une aile pragmatique qui reconnaît qu'un minimum de concessions sociales sont nécessaires pour la survie politique du parti.
Lorsque la guerre civile finit par éclater, le Parti du Progrès est profondément affaibli mais maintient le pouvoir grâce au contrôle des institutions étatiques et au soutien des grandes entreprises et de l'armée. Le parti entre dans la guerre civile non pas avec une base populaire solide mais avec un certain contrôle institutionnel.
L'idéologie du Parti du Progrès est un néo-libéralisme progressiste basé, sur le plan économique, sur les principes du libre marché, de la concurrence, de la mondialisation et de l'intervention étatique minimale, l'Etat devant fournir un cadre légal stable pour l'activité économique, maintenir l'ordre public et éventuellement corriger les défaillances de marché les plus flagrantes mais ne devant pas interférer avec les décisions économiques des acteurs privés. Les privatisations sont toujours préférables aux entreprises publiques, la dérégulation est toujours bénéfique, le commerce international libre est toujours optimal, les réductions fiscales (notamment sur les grandes entreprises et les hauts revenus) stimulent toujours la croissance et les protections sociales trop excessives créent toujours de la rigidité et du chômage. Cette foi néo-libérale s'accompagne d'un technocratisme assumé : les décisions économiques doivent être prises par des experts formés en économie moderne (c'est-à-dire en théorie néo-classique) plutôt que par des processus démocratiques populaires susceptibles d'être irrationnels ou populistes. Le parti valorise énormément les diplômes des universités prestigieuses, l'expertise technique et les modèles économétriques complexes dans sa rhétorique et ses discours, manifestant souvent un mépris à peine voilé pour le bon sens populaire et les considérations émotionnelles des foules qui interfèrent avec la rationalité économique.
Simultanément, le Parti du Progrès est fermement progressiste sur les questions sociales et culturelles. Ils embrassent l'égalité des genres comme principe fondamental, ayant promu activement les femmes dans la politique et les affaires, imposé des quotas de genre dans les entreprises publiques puis dans les entreprises privées et soutenu vigoureusement les mouvements féministes. Les droits LGBT+ sont défendus comme une question de principe libéral : l'Etat n'a pas à se mêler des choix personnels concernant l'identité sexuelle ou de genre. Le mariage homosexuel, l'adoption par les couples homosexuels, les lois anti-discrimination et les politiques de reconnaissance des identités transgenres sont tous des lignes de conduite que le Parti prône avec fierté. Le multiculturalisme et l'immigration sont valorisés, vus comme des enrichissements culturels ainsi qu'une nécessité économique, incitant fortement l'immigration de la main d'œuvre qualifiée sur les secteurs en croissance. Le parti promouvait des politiques d'intégration basées sur l'acquisition de la langue götterlandaise et l'adhésion aux valeurs républicaines comme la démocratie et l'égalité et rejetant explicitement à l'inverse toute exigence d'assimilation culturelle totale. Cette approche a créé des tensions avec les populations conservatrices qui perçoivent le multiculturalisme comme une menace à l'identité götterlandaise traditionnelle. La recherche de la laïcité a toujours été également un des chevaux de bataille du Parti du Progrès, bien que cette laïcité soit relativement modéré face à l'écrasante influence de l'Eglise au Götterland, bien que le Parti du Progrès ait tout fait pour la modérer.
Enfin, sur le plan de la politique étrangère, le Parti du Progrès est résolument favorable à l'intégration du pays dans l'OND et/ou l'ONC, soutenant que ce sont des organisations qui ont toujours étés bénéfiques pour la paix et la prospérité économique de leurs membres. Le parti a systématiquement soutenu l'harmonisation des législations à l'échelle eurysienne et l'ouverture des marchés götterlandais à l'étranger.
- Economie de guerre néo-libérale : Le Parti du progrès aborde l'économie de guerre avec les mêmes principes néo-libéraux qui ont guidé leur gouvernance d'avant-guerre adaptés à l'urgence. Plutôt que de nationaliser les industries pour l'effort de guerre, ils établissent des partenariats-public-privé (PPP) avec les grandes entreprises pour produire l'effort de guerre en échange de contrats lucratifs garantis, une protection étatique des installations et des promesses étendues de privatisations après la guerre. Cette approche enrichit massivement les grandes entreprises et crée en même temps de nombreuses inefficacités bureaucratiques tout en nourrissant activement la corruption. Pour financer la guerre, le parti préfère l'emprunt (auprès des grandes banques du pays ou de banques étrangères) et les privatisations sectorielles au lieu de taxer ou confisquer les biens accumulés. Cette stratégie crée une dette publique astronomique qui rendra le pays insolvable financièrement après la guerre, certainement, mais elle évite au moins d'aliéner les soutiens corporatistes du parti. Les quelques augmentations fiscales nécessaires seront imposées via des taxes indirectes comme la TVA qui frappera évidemment davantage les pauvres que les riches.
- Libertés civiles : Le Parti du Progrès a fait du maintien des libertés civiles son principal argument pour se différencier moralement des factions autoritaires et totalitaires qui parsèment le pays. Même sous l'état d'urgence, ils refusent pour l'instant la censure totale de la presse, les arrestations massives, la torture ou la suspension complète du Landtag. Cette position est à la fois idéologique, du fait des valeurs libérales et démocratiques du Parti, mais également stratégique puisque le but pour le Parti est de conserver la légitimité du gouvernement aux yeux de la communauté internationale et se distinguer moralement des autres factions. Bien sûr, cet attachement aux libertés civiles crée un nombre important de problèmes pratiques massifs car les factions ennemies exploitent ces libertés pour infiltrer les institutions républicaines, recruter parmi la population, organiser des sabotages et mener de la propagande. Les manifestations anti-gouvernementales ne sont pas interdites et continuent de déstabiliser l'emprise républicaine sur ce qui lui reste de territoires. Les journaux publient des critiques radicales du gouvernement qui sapent le moral de la population. Au sein du parti, ce dilemme crée également des tensions croissantes entre une aile plutôt libertaire (au sens de la conservation des libertés) proche des Verts et du SPDG et une aile sécuritaire/conservatrice (proche de l'Union Chrétienne principalement) qui argumente que les libertés ne servent à rien si la République est détruite et que des mesures d'exception ne sont pas prises.
- Stratégie militaire défensive : Militairement, le Parti du progrès prône une guerre défensive visant à protéger les zones encore sous contrôle tout en lançant des offensives limitées pour reprendre les zones stratégiques, ils rejettent l'idée d'une offensive globale au vu des moyens faibles de la République pour reprendre le pays. Ils refusent explicitement de négocier avec les factions extrémistes et terroristes (Division Massenvernichtung, Culte de l'Apocalypse, ALPG, Front de Résistance Nationale, factions néo-nazies, etc.) mais sont prêts à négocier avec les factions les plus modérées et rationnelles.
- Vision d'après guerre : Pour l'après-guerre, le Parti du progrès imagine une République restaurée qui maintiendra l'ordre constitutionnel de base avec des ajustements, ils sont ouverts aux réformes constitutionnelles afin de donner plus d'autonomie aux régions séparatistes en transformant si nécessaire l'Etat sous une forme fédérale et envisagent également de réformer le système électoral pour éliminer la surreprésentation urbaine. Ils promettent également l'amnistie nationale pour les opposants politiques et la reconstruction économique du pays. Cela dit, de telles promesses restent limitées, le parti ne renoncera jamais à ses principes néo-libéraux de base ni à son progressisme social, la réconciliation ne se fera qu'au prix que tous acceptent le cadre libéral et démocratique républicain. Essentiellement, le parti imagine restaurer le statu quo ante avec des ajustements cosmétiques mais est incapable ou refuse de reconnaître que c'est ce statu quo qui est la source même du conflit.

Monica Schimscheiner (1969-...), secrétaire générale du Parti du Progrès et députée.
Secrétaire générale du Parti du progrès depuis 2016, Monica Schimscheiner incarne parfaitement les vertus et les vices du néolibéralisme progressiste götterlandais. Née dans une famille de classe moyenne supérieure de Waltereich (son père était cadre d'une compagnie d'assurance et sa mère professeure de lycée), elle a grandi dans le confort de la bulle urbaine progressiste, complètement isolée des réalités du Götterland rural ou ouvrier. Etudiante brillante, elle obtient un diplôme d'économie à l'Université de Waltereich puis un master à la faculté économique de Manticore où elle est formée aux théories néo-classiques et néolibérales alors en vogue à Teyla. Sa carrière préo-politique fut dans le conseil en stratégie pour des multinationales puis économiste en chef du Club Jahrhunderts, le principal lobby patronal au Götterland. Ces expériences l'ont profondément imprégnée de la perspective corporatiste : les intérêts des grandes entreprises sont identiques aux intérêts nationaux, ce qui est bon pour les grandes entreprises l'est pour le Götterland, les régulations sont des obstacles à la croissance et les syndicats sont des forces rétrogrades. Elle a développé des réseaux étendus dans les milieux d'affaires et financiers qui deviendront cruciaux pour sa carrière politique.
Schimscheiner entre en politique relativement tard, à 38 ans en 2007, élue députée de Waltereich-Centre, une circonscription bourgeoise aisée. Sa montée est ensuite météorique : ministre adjointe de l'Economie et des Finances Publiques en 2010, ministre de l'Economie et des Finances publiques en 2013 puis enfin secrétaire générale du parti en 2016 après que son prédécesseur soit contraint de démissionner suite à un scandale de corruption. Sa nomination fut controversée même au sein du parti, beaucoup la percevaient comme trop technocratique, trop froide, trop liée aux grandes entreprises et très peu charismatique politiquement mais l'aile néolibérale du parti, appuyée par les soutiens des grandes entreprises, impose sa candidature. Personnellement, Schimscheiner a un style de communication assez froid et analytique, excellant dans les débats techniques mais reste catastrophique quand il s'agit d'interagir normalement, elle est incapable de feindre l'empathie et est ouvertement méprisante de tout ce qui vient d'en bas socialement. Ses déclarations publiques dégagent souvent un air condescendant, estimant que la plupart des gens ne comprennent rien à l'économie qu'elle, en bonne experte, maîtrise parfaitement. Idéologiquement, c'est une néolibérale assumée et dogmatique, croyant sincèrement que le marché libre est un mécanisme optimal d'allocation des ressources, que l'intervention étatique crée toujours des distorsions inefficaces, que la mondialisation est bénéfique à tous et que la croissance économique finit toujours par ruisseler vers les classes populaires. Sur le plan social, elle est progressiste par principe intellectuel plus que par empathie. Elle soutient les droits LGBT+, l'égalité des genres et le multiculturalisme parce que c'est ce que dictent les principes libéraux de la liberté individuelle et de l'égalité formelle mais elle manifeste en vérité peu d'intérêt aux luttes concrètes de ces groupes, ce sont des abstractions théoriques pour elle. Son féminisme, par exemple, est un féminisme purement libéral, celui de la femme cadre qui a réussi et qui pense que toutes les femmes peuvent réussir si elles travaillent dur, ignorant complètement les structures systémiques d'oppression.
Au coeur de la guerre civile, Schimscheiner est la figure la plus haïe de la Seconde République, elle est régulièrement prise pour cible par la propagande des factions adverses. Pour le FRN, c'est une cosmopolite décadente représentant le néolibéralisme destructeur. Pour les factions de l'ALPG, c'est la représentation parfaite du capitalisme oligarchique. Et pour l'extrême droite, c'est simple : ses liens avec les grandes entreprises, remplies de cosmopolites, de francs-maçons et de juifs, animent les théories du complot comme quoi elle serait au service d'un complot juif ou franc-maçon ou de Satan lui-même. Sa gestion de la guerre civile reflète cela dit ses principes : refus de remettre en question le cadre néolibéral, partenariat étroit avec les grandes entreprises, maintien des libertés civiles par principe mais considérant parfois la répression comme nécessaire et surtout une incapacité profonde à comprendre pourquoi tant de Götterlandais rejettent viscéralement la République. Pour Schimscheiner, ce sont tous des fanatiques, des opportunistes cyniques ou des ignorants instrumentalisés et manipulés, l'idée que leurs griefs soient légitimes lui est impensable.
Sa relation avec le Président de la République est officiellement loyale mais tendue. Elle trouve le Président Gerstäcker indécis, trop sensible aux pressions populaires et pas assez ferme sur l'application des réformes. Le Président, de son côté, considère cette femme comme froide et arrogante. Mais aucun des deux ne compte rompre : Schimscheiner dispose d'un soutien majoritaire au sein du parti sans lequel le Président ne peut gouverner et le Président, à l'inverse, contrôle le pouvoir exécutif sans lequel Schimscheiner ne peut implémenter ses politiques. Au sein du parti, Schimscheiner dirige l'aile néolibérale la plus dure, environ 60% des membres, qui refuse tout compromis idéologique.

Peter Saxer (1963-...), président du Landtag.
Président du Landtag depuis 2014 et figure respectée du Parti du Progrès, Peter Saxer représente une tradition plus ancienne et modérée du parti qui date d'avant le tournant néolibéral radical du parti. Né dans une famille de fonctionnaires de classe moyenne à Falkenberg, Saxer a grandi dans un environnement politiquement engagé mais pragmatique. Son père était haut fonctionnaire au ministère de l'Education et sa mère travaillait pour une ONG de développement dans le Nazum. Cette origine lui a donné une perspective différente de celle de Schimscheiner, moins corporatiste et plus sensible aux questions sociales. Saxer a étudié le droit et les sciences politiques à l'Université de Waltereich, restant au Götterland plutôt que de partir à l'étranger comme tant d'élites. Il a travaillé brièvement comme avocat puis comme assistant parlementaire avant d'être élu député en 1995, à 32 ans, représentant une circonscription mixte de Falkenberg mêlant zones urbaines et périurbaines. Cette circonscription mixte l'a forcé à comprendre et à équilibrer des intérêts divergents entre travailleurs industriels, classe moyenne urbaine, commerçants et fonctionnaires, ce qui va façonner plus tard son style politique consensuel. Sa carrière parlementaire fut longue et distinguée : divers postes de porte-parole pour l'éducation, la justice puis les affaires étrangères avant d'être élu Président du Landtag en 2014. Ce poste, similaire à celui du speaker dans les systèmes anglophones, est théoriquement neutre et apartisan et Saxer l'exerce avec un certain professionnalisme, gagnant même le respect de l'opposition. Il est réélu sans opposition en décembre 2017, juste avant la guerre civile.
Idéologiquement, Saxer se situe dans l'aile modérée du Parti du Progrès, il accepte l'économie de marché et valorise l'entreprenariat et l'initiative privée mais il croit aussi en un rôle substantiel de l'Etat pour corriger les inégalités, fournir des services publics de qualité et protéger les plus vulnérables au marasme économique. Il est néolibéral par conviction que les marchés sont généralement efficaces mais il a aussi des convictions social-libérales, estimant que les marchés laissés entièrement à eux-mêmes peuvent créer des injustices intolérables, une position qui le met en confrontation directe avec la ligne dure du parti. Sur les questions sociales, il est aussi progressiste mais moins militant que Schimscheiner. Il soutient les causes progressistes mais il est aussi sensible aux préoccupations conservatrices de la majorité de la population et plus ouvert au dialogue, estimant qu'on ne peut pas imposer le progressisme à une population qui est majoritairement conservatrice socialement, il croit sincèrement que le changement social se fera par le dialogue, la persuasion et le consensus et non par des décrets venus d'en haut, une position qui lui vaut les critiques de l'aile dure qui le trouve trop accommodant avec les conservateurs.
Comme Président du Landtag, Saxer joue un rôle crucial dans la guerre civile. Le Landtag, bien que largement vidé de ses pouvoirs par l'état d'urgence, reste symboliquement et constitutionnellement important. Saxer a travaillé inlassablement pour maintenir la coalition d'union nationale, négociant entre son propre parti, l'UC, le SPDG, les Verts et le VFP et cherche à faciliter le compromis avec ces partis et ainsi maintenir l'apparence de fonctionnement démocratique normal même au milieu du chaos. Cependant, Saxer est de plus en plus troublé par direction que prend la République. Il observe avec inquiétude l'influence grandissante des grandes entreprises dans le gouvernement, l'enrichissement scandaleux des entreprises alors que le pays s'entretue et meurt de faim et l'incapacité du parti à reconnaître qu'il s'est trompé sur ses postulats néolibéraux. En privé, Saxer exprime des doutes : peut-être que le néolibéralisme pur n'est pas viable, qu'un Etat-providence plus substantiel est nécessaire et que certains compromis avec les conservateurs du FRN sont préférables à une lutte à mort pour le trône présidentiel qui n'avantagerait que les néo-nazis et les communistes qui n'attendent que ça, que les héritiers de la République s'entretuent. Ces doutes font de Saxer le leader informel d'une faction dissidente émergente au sein du Parti du Progrès qui représente environ un tiers de ses députés, et qui commence à questionner l'orthodoxie du parti. Cette faction n'est pas encore organisée, ni ouvertement rebelle, mais elle devient significative au fur à mesure que la situation se dégrade. Saxer lui-même n'a aucune ambition personnelle à vouloir renverser Schimscheiner, son opinion tourne toujours autour du compromis et de la loyauté institutionnelle mais il se prépare mentalement à une possible rupture si c'est pour sauver la République. Sa relation avec Schimscheiner est professionnellement correcte mais personnellement très froide, elle le voit comme timoré idéologiquement et trop sentimental tandis que Saxer voit Schimscheiner comme dogmatique, arrogante et dangereusement déconnectée du réel. Cependant, les deux ont besoin de l'autre pour survivre : Saxer a besoin du soutien du parti que Schimscheiner contrôle en grande partie et Schimscheiner a besoin de Saxer pour la légitimité parlementaire que lui donne la coalition nationale que maintient tant bien que mal Saxer avec les autres partis. C'est une position et un partenariat inconfortable et les fissures, elles, se multiplient alors qu'à l'extérieur de l'hémicycle, c'est la Mort qui règne en maître sur le Götterland.
Posté le : 23 fév. 2026 à 19:40:29
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⮕ Démocrates chrétiens.
Cependant, à partir des années 1970, l'UC entre dans un déclin qui semble inexorable. Plusieurs facteurs expliquent cette érosion : la sécularisation progressive de la société götterlandaise, notamment urbaine, érode la base religieuse du parti, la déruralisation prive le parti de ses bastions traditionnels et les révolutions culturelles dans les années 1970 (notamment avec la multiplication des mouvements féministes et le rejet des autorités traditionnelles de plus en plus ouvertes) rendent le conservatisme social chrétien de plus en plus impopulaire parmi les jeunes et surtout, l'émergence du Parti du Progrès néolibéral attire les bourgeois conservateurs. L'UC se retrouve prise dans un dilemme stratégique impossible car pour maintenir sa pertinence auprès des électeurs urbains, le parti doit modérer son conservatisme social (en acceptant le divorce et étant moins hostile aux droits LGBT+ notamment) mais ces modérations aliènent aussi la base traditionnelle rurale et catholique qui se sent trahie. Les tentatives d'équilibre ne satisfont personne : d'un côté, le parti est accusé par les conservateurs traditionnels de capituler face à la modernité décadente et les plus modernes trouvent le parti trop arriéré dans ses idées et anachronique pour les temps modernes. Les années 1990-2010 finissent d'achever le parti, réduit à 8% des suffrages dans les années records, un parti de taille moyenne sans perspective réaliste de reconquérir le pouvoir seul. Le parti survit principalement grâce aux circonscriptions rurales conservatrices et catholiques, aux petites villes traditionalistes et à une fraction de la bourgeoisie urbaine âgée restée fidèle. L'UC participe occasionnellement à des coalitions, généralement avec le Parti du Progrès pour former des gouvernements de centre-droit mais il reste un partenaire junior qui doit accepter des compromis importants sur ses principes pour obtenir quelques portefeuilles ministériels.
La crise économique des années 2010 offre une opportunité ambiguë à l'UC. D'un côté, la validation de leurs critiques du capitalisme dérégulé (puisqu'ils ont toujours prônés en principe l'économie sociale de marché face au néolibéralisme pur et incontrôlé du Parti du Progrès) et le retour de certaines anxiétés conservatrices liées à l'immigration et au sentiment d'insécurité grandissante dans le pays bénéficient au parti mais dans le même temps, l'UC est considérée comme parti intégrante de l'establishment, un establishment vieux, déconnecté et qui a échoué à apporter des solutions au peuple, d'autant que l'UC est toujours partenaire de coalition du Parti du Progrès, ils sont donc jugés en partie responsables de la crise. Le parti fait campagne sur des thèmes de restauration de l'ordre et de solidarité chrétienne mais ces messages sonnent creux dans un climat de montée du radicalisme politique où les positions modérées semblent de plus en plus inadéquates et inadaptées à la situation. De plus, beaucoup de membres de la base traditionnelle conservatrice de l'UC se tourne vers des alternatives plus radicales comme le Parti d'Identité Nationale (le parti spirituellementsuccesseur du Parti Libéral-Conservateur de fait) qui offre aux électeurs un conservatisme plus agressif et beaucoup plus nationaliste, critiquant ouvertement l'establishment dont l'UC fait à priori partie. L'UC se vide progressivement de ses éléments les plus radicaux, ne conservant que des modérés chrétiens-démocrates ce qui permet au moins paradoxalement de clarifier son identité, au prix d'une base électorale encore plus réduite. Lorsque la guerre civile éclate, l'UC rejoint sans hésiter la coalition d'union nationale par loyauté à la République et également par son rejet viscéral du communisme et de l'extrême droite, notamment les néo-nazis. Cependant, le parti reste profondément divisé à ce jour entre ceux qui souhaitent défendre la République néolibérale et progressiste dirigée par le Parti du Progrès et une autre partie qui souhaite négocier avec le Front de Résistance Nationale.
L'idéologie de l'Union Chrétienne repose sur la démocratie chrétienne au sens classique qui combine conservatisme social, économie sociale de marché et démocratie parlementaire. Cette synthèse tente de naviguer une forme de troisième voie entre le socialisme collectiviste et le capitalisme libéral débridé, basée sur les principes de la doctrine sociale catholique. Au cœur de l'idéologie de l'UC se trouve la conviction que la société doit être organisée selon des principes chrétiens telles que la dignité de la personne humaine (créée à l'image de Dieu), la solidarité, la subsidiarité, le bien commun et la justice sociale. Concrètement, cela se traduit par un conservatisme social marqué avec une forte défense de la famille traditionnelle (hétérosexuelle, stable et idéalement avec le plus d'enfants possibles) qui agit comme la cellule de base de la société, une forte opposition à l'avortement, un certain scepticisme sur la question du mariage homosexuel (voire une opposition totale, en fonction des députés), une promotion active des valeurs religieuses dans l'espace public, un soutien radical à l'éducation religieuse dans les écoles et enfin la défense du dimanche comme jour de repos sacré. Cependant, l'UC götterlandaise est plus modérée que beaucoup de partis chrétiens et conservateurs qu'on trouve ailleurs : ils acceptent la démocratie libérale, le pluralisme religieux et la liberté de conscience, ils estiment qu'il n'y a pas lieu d'imposer le christianisme à toute la population (d'où la différence qu'ils prônent activement contre des factions adverses théocratiques comme le Royaume de Sion ou Chronstadt). Ensuite, économiquement, ils prônent le modèle de l'économie sociale, acceptant le capitalisme et l'économie de marché comme des moteurs de prospérité et d'innovation mais insistant aussi pour que ce capitalisme soit encadré et régulé pour servir avant tout le bien commun. Ainsi, ils sont favorables à la propriété privée qui doit figurer comme un droit fondamental mais qui doit être accompagnée de responsabilités sociales ("la propriété oblige"), ils sont favorables à la concurrence qu'ils considèrent comme un mécanisme rendant les entreprises plus efficaces mais celle-ci doit être régulée pour éviter les monopoles et les abus comme la concentration des marchés, la corruption ou la mise en place de cartels entre grandes entreprises, ils sont également favorables à un Etat-providence substantiel basé sur la subsidiarité (donc appliquer la protection sociale par l'intermédiaire d'organisations non-étatiques comme l'Eglise, des associations ou des mutuelles, donc pas l'Etat directement) et enfin, ils rejettent le néolibéralisme pur qu'ils considèrent comme créant beaucoup trop d'inégalités socio-économiques et dissolvant les liens sociaux qui structurent la société. L'UC soutient activement les PME et l'artisanat (les Mittelstand) comme la colonne vertébrale de l'économie, se méfiant des grandes entreprises et de la finance internationale, le parti valorise davantage l'entrepreneur familial chrétien, le commerçant local, l'artisan ou le paysan qui sont des figures qui incarnent le travail honnête, les responsabilités sociales et la vie communautaire active. Cette orientation économique rend l'UC plutôt populaire parmi les petits indépendants et les classes moyennes traditionnelles mais limite son attrait auprès du grand capital et des travailleurs syndiqués (en dehors des syndicats ouvertement chrétiens).
Le principe de subsidiarité est central dans leur doctrine, ils estiment que les décisions et les actions de gouvernance doivent être prises au niveau le plus bas capable de les gérer efficacement, ce qui se traduit par un engagement fort pour transformer l'Etat götterlandais en un Etat fédéral, ayant toujours étés méfiants vis-à-vis des politiques centralisatrices. L'UC a toujours défendu historiquement les pouvoirs des régions et des municipalités contre les tendances centralisatrices et ce principe s'applique également à leurs positions sociales puisqu'avant que l'Etat n'intervienne, la famille doit en principe résoudre les problèmes, auquel cas c'est à la communauté locale ; sinon, encore plus haut, c'est aux organisations intermédiaires et enfin en dernier recours seulement, l'Etat. Cette approche distingue l'Etat-providence chrétien démocrate (décentralisé et basé sur les corps intermédiaires) des sociaux-démocrates (centralisateurs et plus bureaucratiques dans leur approche). Enfin, l'UC soutient fortement l'adhésion du pays à l'ONC et l'intégration économique et culturelle avec ses voisins libéraux eurysiens.
- Economie de guerre : L'UC occupe une position assez médiane entre le néolibéralisme du Parti du Progrès et l'interventionnisme socialisant du SPDG. Le parti soutient une mobilisation économique substantielle pour l'effort de guerre mais via des mécanismes qui doivent respecter les corps intermédiaires et la propriété privée, ce qui se traduirait par des partenariats-public-privé où les entreprises participent volontairement à l'effort de guerre en échange de compensations équitables, la mobilisation des organisations intermédiaires pour les aides sociales et les services aux réfugiés, une taxation progressive et modérée sur les profits de guerre et enfin une protection active des PME et de l'artisanat qui sont considérés comme des piliers sociaux à préserver, même pendant la guerre. L'UC est cependant très critique du corporatisme excessif des grandes entreprises et du Parti du Progrès mais n'est pas favorable pour autant à leur nationalisation ou à la planification centrale que propose à l'inverse le SPDG.
- Ordre public : Sur les questions de sécurité, l'UC est l'aile la plus faucon de la coalition, argumentant que l'ordre public est fondamental pour la société et que la protection des citoyens contre le chaos et la violence sont la responsabilité première de l'Etat. En conséquence, ils soutiennent une politique sécuritaire stricte : surveillance accrue, arrestations préventives, tribunaux expéditifs contre les terroristes et usage de la force militaire pour maintenir l'ordre, quitte à déclarer la loi martiale. Bien que l'UC nuance en disant que ces mesures doivent respecter la dignité humaine, cette position inquiète profondément la gauche, notamment les Verts et le SPDG qui y voient une dérive autoritaire alignée sur l'aile la plus dure du Parti du Progrès.
- Stratégie militaire : L'UC soutien pour le moment une stratégie défensive, le parti est surtout préoccupé par la situation humanitaire catastrophique dans le Götterland et estime que la première priorité de la République est de secourir les réfugiés avant d'entamer de quelconques opérations militaires, estimant qu'une fois que les réfugiés arrêteront d'affluer jusqu'à Waltereich, cela signifiera qu'il ne restera plus personne d'innocent en dehors du territoire républicain, ils pourront ainsi éliminer les rebelles sans remords.
- Vision de l'après-guerre : L'UC imagine un Götterland d'après-guerre chrétien qui se transformerait progressivement en une république fédérale qui maintiendrait la démocratie parlementaire avec une place centrale pour les valeurs et les institutions chrétiennes, proposant une reconnaissance constitutionnelle du patrimoine chrétien du Götterland, une éducation religieuse renforcée, un soutien public aux institutions caritatives religieuses, une fédéralisation substantielle du pays afin de respecter les minorités ethniques, une politique pro-famille avec des allocations généreuses pour les familles nombreuses et un soutien à la maternité et enfin la mise en place d'une économie sociale de marché qui remplacerait le néolibéralisme pur du Parti du Progrès.

Nico Schwartz (1951-...), président de l'Union Chrétienne et député.
Président de l'Union Chrétienne depuis 2009, Nico Schwartz incarne parfaitement le centrisme chrétien démocrate dans toute sa noblesse et ses contradictions : principes moraux élevés combinés à un pragmatisme politique sans limites, rhétorique humaniste accompagnée d'une ambition personnelle tenance et enfin une capacité remarquable à naviguer entre des positions incompatibles grâce à un opportunisme politique bien rôdé. Il est né dans une famille bourgeoise catholique dans une ville moyenne du Bas-Götterland, grandissant dans un environnement imprégné de catholicisme social et d'humanisme chrétien. Son père était notaire et sa mère enseignante dans une école catholique. Il a reçu une éducation qui lui a donné une culture assez impressionnante, citant sans problème Thomas d'Aquin ou Emmanuel Mounier et les encycliques papales de Catholagne, il a la conviction profonde que la politique doit être guidée par des principes moraux élevés et non par le cynisme ou l'opportunisme (bien qu'il fasse l'exact inverse). Nico Schwartz a étudié la philosophie et la droit à l'Université de Waldenau ; étudiant brillant, il écrit un mémoire de maîtrise sur la pensée démocrate chrétienne qui devient rapidement un texte de référence dans les cercles intellectuels chrétiens démocrates et après ses études, il pratique brièvement le droit avant d'être attiré par l'enseignement, devenant professeur de philosophie dans un lycée privé catholique.
Sa carrière politique commence relativement tard, en 1986, lorsqu'il est élu maire de Waldenau à 35 ans. Schwartz s'avère être un administrateur local compétent et populaire, gérant la ville par une politique fiscale prudente et conservatrice et portant son attention davantage sur les services sociaux, la modernisation de l'infrastructure, le soutien aux petites entreprises et le maintien de bonnes relations avec l'Eglise et le respect de la laïcité institutionnelle, cultivant une image de maire proche des citoyens et accessible. Son mandat, durant jusqu'en 2001, est considéré généralement comme un succès politique. Il est ensuite élu député en 2001, gravissant les échelons de l'UC, devenant porte-parole de l'éducation, de la justice puis vice-président du parti en 2005 puis enfin président de celui-ci en 2009 après la démission de son prédécesseur. Sa victoire à la présidence du parti fut cependant contestée, l'aile conservatrice traditionnaliste le trouvant trop modéré et intellectuel tandis que l'aile modernisatrice le jugeait trop attaché aux traditions. Schwartz était l'homme de compromis, à vrai dire. Idéologiquement, c'est un démocrate chrétien orthodoxe profondément convaincu, croyant sincèrement aux principes du personnalisme chrétien comme la dignité de chaque personne humaine, la primauté du bien commun sur l'intérêt individuel, la solidarité comme devoir moral et la subsidiarité comme principe organisationnel. Socialement, il reste conservateur mais n'est pas rigide pour autant. Il est personnellement opposé à l'avortement par conviction catholique mais accepte que dans une démocratie pluraliste, imposer cette position par la loi est problématique. Il est aussi assez mal à l'aise avec le mariage homosexuel mais reconnaît malgré tout la nécessité de respecter les droits des couples homosexuels via des unions civiles. Il valorise également la famille traditionnelle. Economiquement, Schwartz est un fervent partisan de l'économie sociale de marché, il critique les excès du néolibéralisme, notamment l'absolutisation du marché et l'oubli de la solidarité mais rejette dans un second temps le socialisme, son étatisation, la négation de l'initiative personnelle et le matérialisme athée. Cette position le place naturellement comme personnalité médiatrice entre le Parti du Progrès et le SPDG.
On retiendra surtout de la personnalité de Schwartz son indécision chronique et sa tendance à voir tous les côtés de chaque question avec une telle clarté qu'il en devient paralysé. Il est capable de construire des arguments convaincants pour des positions contradictoires, de comprendre les mérites de deux positions concrètement opposées et cette empathie intellectuelle devient un vice en politique puisqu'elle empêche la décision claire et rapide qu'exige en générale la politique. Les réunions qu'il anime sont interminables puisqu'il ne peut s'empêcher de nuancer, pesant chaque considération en espérant appliquer une forme de troisième voie qui transcende les oppositions binaires, sans avoir les facultés intellectuelles pour proposer un compromis satisfaisant pour tout le monde. Cette indécision est aggravée par son ambition personnelle, qu'il avoue rarement mais qui est présente dans chacun de ses mouvements politiques. Il se voit comme une figure providentielle destinée à sauver le Götterland via un centrisme éclairé et chrétien, rêvant de devenir Premier Ministre et de diriger la grande coalition d'union nationale vers la victoire, ce qui le rend réticent à s'engager trop fermement vers une aile ou une autre de l'hémicycle, calculant toujours comment maximiser sa position centrale indispensable à son ambition. Ses adversaires l'accusent régulièrement de ne jamais prendre de positions claires sur rien, de garder un pied dans chaque camp et de n'avoir aucune ambition, préférant jouer les arbitres plus que de prendre parti. Bien sûr, il a les compétences pour être médiateur, à force de jouer les arbitres. Il passe des heures en réunion avec Schimscheiner, qu'il trouve impressionnante intellectuellement mais aussi très froide moralement, Suckow qu'il respecte profondément pour être un homme de convictions et de principes, Suhren qu'il trouve trop idéaliste et naïve et Saxer dont il entretient une très bonne relation, les deux ayant un tempérament modéré et consensuel.
Il entretient une relation complexe avec son propre parti. Les modérés l'apprécient pour son intelligence et sa culture mais les conservateurs le trouvent trop mou et facile à compromettre. Peut-être un tiers de son parti environ le considèrent comme un problème à part entière car son centrisme maladif et son incapacité chronique à choisir le rendent incapables de prendre des décisions radicales, certains sont favorables à rompre avec la coalition républicaine et à entamer des négociations avec le FRN conservateur mais Schwartz refuse catégoriquement cette option qu'il considère comme une trahison. Tant qu'il sera là, jamais l'UC n'osera renoncer à la Seconde République et à ses institutions. Néanmoins, ça ne va pas tarder : à 67 ans, Schwartz est fatigué. Sa santé décline, il est atteint de diabète et d'arthrite, il dort mal, il doute sévèrement sur sa place comme président du parti mais il continue, par sens du devoir, par loyauté envers son parti et sa patrie et certainement aussi par ambition personnelle, c'est certain.
Posté le : 26 fév. 2026 à 18:13:03
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⮕ Sociaux-démocrates.
La Seconde République permit la renaissance du SPDG mais sous une forme différente. Ayant appris les leçons de la dictature, le SPDG abandonna explicitement le marxisme et embrassa la social-démocratie réformiste. Le programme de Bad Walden de 1931, toujours considéré aujourd'hui comme la charte idéologique du parti, définit le nouveau SPDG : l'acceptation de l'économie de marché avec une forte régulation étatique, un Etat-providence robuste, des droits syndicaux étendus, une démocratisation progressive de l'économie à travers la co-gestion des entreprises et enfin la protection absolue de la démocratie parlementaire et représentative. Les années 1930 aux années 1960 furent la période où le SPDG devint le principal parti d'opposition des libéraux-conservateurs au pouvoir, réussissant en tant qu'opposition à arracher aux conservateurs plusieurs avancées majeures : assurance chômage, pensions, sécurité sociale, services de santé publique, éducation gratuite, logements sociaux, etc. Cependant, à partir des années 1970, le SPDG entame un nouveau déclin, lent mais inexorable. Plusieurs facteurs expliquent cette érosion telle que la désindustrialisation qui érode la base ouvrière traditionnelle, l'émergence de nouvelles identités politiques comme l'écologisme ou le féminisme qui fragmentent la gauche, la montée au pouvoir progressive du Parti du Progrès jusqu'à son accession incontestée en 1979 qui réussit à capturer les classes moyennes urbaines éduquées et surtout, l'échec du SPDG lui-même à s'adapter au monde post-industriel. Le parti restait mentalement et organisationnelement dans les années 1950, parlant à une classe ouvrière industrielle en voie de disparition, ignorant la précarisation dans le secteur tertiaire et ne proposant aucune solution convaincante au phénomène de la mondialisation. Les années 1990 à 2010 sont particulièrement humiliantes pour le parti : autrefois principal parti d'opposition, le SPDG est réduit à 20% des suffrages, largement distancé par le Parti du Progrès. Pire, confronté à la domination néolibérale, le parti se divise entre une aile modernisatrice qui souhaite accepter partiellement le néolibéralisme pour rester électoralement viable dans ce qu'ils nomment alors une "troisième voie social-libérale" et une [b]aile plus traditionnelle[/b] qui défend la social-démocratie classique. Cette division paralyse le parti, le rendant incapable de proposer une alternative cohérente. La crise économique des années 2010 aurait dû être l'opportunité en or pour le SPDG de retrouver sa place en démontrant les échecs du néolibéralisme et la validité de la social-démocratie et bien que le soutien du parti a effectivement augmenté durant cette période, le SPDG est incapable de capitaliser complètement cette opportunité car il est handicapé par des décennies de compromissions idéologiques avec un leadership vieillissant et peu charismatique ainsi que la compétition grandissante des mouvements de l'extrême gauche plus radicaux (qui formeront, la guerre civile venue, l'ALPG). Lorsque la guerre civile éclate, le SPDG se trouve dans une position ambiguë car si le parti rejoint la coalition d'union nationale par loyauté à la République et par antifascisme viscéral, il est profondément mal à l'aise avec la domination du Parti du Progrès qu'il estime comme responsable de cette crise.
L'idéologie du SPDG est la social-démocratie classique telle que développée en Eurysie au XXe siècle, érodée et diluée malgré tout dans des décennies de compromissions avec le pouvoir néolibéral. Le coeur du SPDG continue de reposer sur le constat que le capitalisme non-régulé provoque des injustices intolérables et que c'est à l'Etat d'intervenir pour corriger les injustices et redistribuer les richesses. Economiquement, le SPDG accepte l'économie de marché capitaliste comme mécanisme d'allocation des ressources mais insiste sur leur forte régulation et l'encadrement social de ce dernier. L'Etat doit posséder et opérer les secteurs stratégiques tels que l'énergie, les transports, les télécommunications et les services financiers majeurs, ou au moins les réguler strictement. Les privatisations des années 1990 et 2000 sont dénoncées par le parti comme des erreurs catastrophiques qui ont sacrifiés l'intérêt public au profit privé, le SPDG prône donc en toute logique la renationalisation des secteurs clés privatisés par le Parti du Progrès.
Le parti croit fermement en ce qu'on appelle la co-gestion des entreprises (Mitbestimmung / HRP : en France, on nomme ça le paritarisme), un modèle économique théorisé au Götterland dans les années 1950 où les travailleurs ont une représentation légale dans les conseils d'administration des entreprises, partageant ainsi le pouvoir de décision avec les actionnaires. La démocratisation au sein des entreprises et de l'économie est vue comme une étape cruciale par le SPDG qui permet une société juste sans avoir besoin d'avoir recours à une révolution violente ou à l'abolition de la propriété privée sur les moyens de production. Les syndicats sont ainsi valorisés comme des contrepoids au pouvoir patronal et comme des écoles de la démocratie pour les travailleurs (il fut un temps où le SPDG prônait la création de bourses du travail dans les années 1930, une conception héritée du syndicalisme révolutionnaire). L'Etat-providence robuste est aussi au coeur du projet social-démocrate : assurance chômage, pensions publiques, système de santé publique universel et gratuit, éducation publique gratuite et de qualité à tous les niveaux, logement social substantiel pour les classes populaires. Ces services sont vus comme des droits sociaux que l'Etat a le devoir de garantir, le tout devant être financé par une fiscalité progressive qui taxe plus lourdement les hauts revenus, les grandes fortunes et les grandes entreprises. Sur le plan du travail, le SPDG défend les protections sociales des travailleurs : ils ont milités pendant des décennies pour la normalisation des CDI, la restriction des licenciement et l'augmentation des indemnités aux licenciés, l'augmentation du salaire minimum, la restriction du temps de travail hebdomadaire (avant la guerre civile, le temps de travail hebdomadaire était limitée à 45 heures), l'extension des congés payés et une protection absolue et constitutionnelle des droits syndicaux. Bien sûr, l'arrivée du Parti du Progrès, qui a favorisé la flexibilité du marché du travail, a surtout précarisé les travailleurs et leurs droits les plus élémentaires.
Socialement et culturellement, le SPDG est progressiste à quelques nuances près. Le parti soutient fermement l'égalité des genres, ayant historiquement toujours lutté pour le suffrage féminin et l'égalité salariale. Le SPDG a voté en faveur de l'avortement, du divorce et des droits pour les LGBT. Cependant, comparé au Parti du Progrès, le SPDG est moins militant sur ces questions qu'il voit comme secondaires par rapport aux questions économiques de classe. Le SPDG est ironiquement moins virulent sur l'influence de l'Eglise au Götterland que ne l'est le Parti du Progrès : bien qu'ils soient favorables à une séparation de l'Eglise et de l'Etat, ils ne sont pas hostiles en soi à la religion, le SPDG ayant historiquement côtoyé le catholicisme social ouvrier, ce qui fait que beaucoup de travailleurs götterlandais sont encore aujourd'hui croyants et pratiquants. Le parti évite donc la rhétorique laïque agressive. Sur le multiculturalisme, le SPDG oscille durant son histoire. Initialement, son idéologie est internationaliste et solidaire avec tous les travailleurs, indépendamment de leur origine mais le parti est aussi sensible aux préoccupations de sa base ouvrière qui perçoit l'immigration comme une concurrence déloyale sur les emplois et les services sociaux, c'est une question qui n'est à ce jour toujours pas résolu au sein du SPDG. Enfin, ils sont non-alignés à l'international, estimant que le Götterland n'a strictement aucun intérêt à s'investir dans les dynamiques internationales entre les différents blocs.
Programme (guerre civile ) :
- Economie de guerre : Le SPDG pousse au sein de la coalition à une approche beaucoup plus interventionniste et socialisée de l'économie de guerre. Le parti argumente que la survie de la République nécessite la mobilisation totale des ressources économiques sous une direction étatique, estimant que la coopération avec le secteur privé est inefficace. Le programme économique du SPDG repose donc sur la nationalisation des industries stratégiques (armement, énergie, transports, alimentation), la planification centralisée de la production de guerre sous la direction d'un conseil qui inclut des représentants de l'Etat, des syndicats et des experts techniques et une taxation drastique des profits de guerre et des grandes fortunes pour financer la guerre.
- Défense des libertés : Le SPDG soutient fermement le maintien des libertés fondamentales, même pendant l'état d'urgence. Cependant, le parti reconnaît aussi que des infiltrations ennemies et des sabotages menacent réellement la République et que des mesures de sécurité doivent être prises. La position du SPDG est donc un équilibre précaire entre mesures de sécurité ciblées et protection des libertés fondamentales.
- Stratégie militaire : Militairement, le SPDG estime que la République doit d'abord consolider son soutien public avant toute offensive, qu'il faut secourir les réfugiés afin de prouver la force de la République face aux factions extrémistes. Le SPDG est le seul parti prêt à négocier avec l'ALPG, à la condition que ces derniers renoncent à la violence armée, une position qui laisse planer quelques doutes aux autres partis sur la réelle loyauté du SPDG.
- Vision de l'après-guerre : Pour l'après-guerre, le SPDG prône la proclamation d'une Troisième République social-démocrate qui corrigerait les erreurs néolibérales de la Seconde République. Le parti propose une nouvelle constitution établissant explicitement des droits sociaux garantis comme l'emploi, le logement, la santé ou l'éducation, un système électoral réformé et moins biaisé sur les villes, une fédéralisation substantielle pour accorder une voix de recours aux minorités, une économie mixte avec un secteur public robuste, un Etat-providence restauré et élargi et enfin la réconciliation nationale en se basant sur la justice sociale et non plus sur le maintien des privilèges des élites à l'origine de la guerre civile.

Vinzenz Suckow (1958-...), président du parti et député.
Vinzenz Sukow est né en 1958 dans une famille ouvrière de Falkenberg, une des grandes villes industrielles du Götterland situé dans le Haut-Götterland. Suckow a grandi dans l'environnement qui a historiquement nourri le SPDG : quartiers ouvriers aux logements sociaux, usines sidérurgiques qui emploient des dizaines de milliers de personnes, fort syndicalisme et culture politique marxiste. Son père était lui-même métallurgiste et militant syndical et sa mère était caissière dans une coopérative locale. Elève brillant, Suckow bénéficie du système d'éducation publique gratuit que le SPDG avait réussi à arracher aux conservateurs, obtenant son baccalauréat puis devenant étudiant en sociologie à l'Université de Waltereich. Ses études, dans les années 1970, ont coïncidés avec l'effervescence intellectuelle de la gauche à la même époque. Suckow avait été influencé par le marxisme, la théorie critique et les nouveaux mouvements sociaux mais il conservait en lui un idéal réformiste plutôt que révolutionnaire. Son mémoire de maîtrise sur les transformations de la classe ouvrière dans la désindustrialisation naissante laisse présager déjà sa future place au SPDG. Après l'université, Suckow retourne à Falkenberg pour travailler en tant qu'organisateur syndical puis en tant que permanente du siège du SPDG local. Sa carrière politique fut assez lente : conseiller municipal en 1985, maire adjoint en 1991 puis député en 2005. Ce parcours graduel dans les institutions locales lui a donné une compréhension profonde des réalités du terrain que beaucoup de dirigeanst nationaux n'ont pas. Il connaît intimement les préoccupations des travailleurs ordinaires, des chômeurs, des retraités et des mères célibataires qui ont du mal à joindre les deux bouts. Au Landtag, Suckow se spécialise dans les questions sociales et le travail et devient porte-parole de son parti sur ce sujet. Sa réputation, celle d'un travailleur assidu, lui vaut une grande admiration dans le parti (malgré des qualités oratoires discutables). En 2015, les primaires de la SPDG le font émerger comme un candidat de compromis : assez expérimenté pour être crédible, modéré et proche de la base.
Idéologiquement, Suckow est un social-démocrate traditionnel, n'ayant jamais vraiment accepté le tournant néolibéral. Il croit sincèrement que le capitalisme doit être contrôlé et que l'Etat a la responsabilité de garantir la dignité de tous. Ses héros politiques sont les grands présidents du parti des années 1930 aux années 1960 qui se sont battus en tant qu'opposition face aux conservateurs. Cela lui vaut une certaine force pour sa fidélité à la tradition du parti mais aussi une certaine faiblesse puisque ses citations récurrentes des anciennes figures du parti apparaissent souvent anachroniques. Suckow est très mal à l'aise avec la coalition d'union nationale dominée par le Parti du Progrès. Il considère Schimscheiner et le néolibéralisme comme tout ce contre quoi le SPDG lutte depuis le début de son existence. Cependant, il accepte cette coalition malgré tout par réalisme politique et par antifascisme. Sa relation avec le Parti du Progrès est assez froide, mêlée à un sentiment de mépris mutuel. Suckow entretient de meilleures relations avec les Verts, partageant avec eux leurs préoccupations sociales et environnementales ainsi que leur méfiance commune envers le corporatisme. Dans les faits, le SPDG et les Verts sont alliés de manière informelle au sein de la coalition pour contrebalancer le bloc libéral du Parti du Progrès, de l'UC et du VFP. Cependant, cette alliance est limitée par le pragmatisme plus étroit du SPDG par rapport aux Verts, beaucoup plus idéologiques encore.
Posté le : 27 fév. 2026 à 23:31:25
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⮕ Libéraux verts.
Les premières années parlementaires sont chaotiques et parfois comiques. Les cinq premiers députés verts élus en 1987 se pointent au Landtag en jean troué, cheveux longs, refusant systématiquement le costume-cravate, tutoyant leurs homologues parlementaires. Leur attitude scandalise l'establishment politique mais derrière cette provocation esthétique, les premiers députés verts apportent avec eux un projet politique sérieux et travaillent avec acharnement pour maîtriser des dossiers techniques complexes et des propositions de loi extrêmement détaillées sur l'énergie, l'agriculture et les transports sur des questions que leurs homologues ignoraient jusqu'alors. La décennie des années 1990 voit une forme de normalisation progressive du parti (adoption d'une structure interne plus conventionnelle, conformisation esthétique des députés, professionnalisation et formation des cadres du parti). Cette évolution divise cependant entre les "realos", les réalistes, qui argumentent qu'il faut accepter les compromis pour gouverner et implémenter des réformes concrètes tandis que les "fundis", les fondamentalistes, accusent le parti de trahir ses principes pour quelques postes ministériels. Le profil sociologique des Verts se cristallise dans les années 2000 : environ 85% de son électorat est issu des grandes villes, est souvent suréduqué, plutôt jeune et issu du secteur tertiaire éduqué. C'est le parti de ce qu'on appelle souvent la "bohème bourgeoise" (d'où vient le fameux terme "bobo"), des gens ayant le capital culturel et économique pour se permettre de valoriser la qualité de vie, l'éthique et les politiques de l'environnement au lieu de simplement se contenter de la sécurité matérielle. Cette base sociologique explique les forces et les faiblesses du parti car elle dispose d'une influence culturelle disproportionnée à travers une certaine domination dans les médias ou l'art mais c'est un parti qui est aussi profondément déconnecté des classes populaires qui perçoivent les Verts comme un parti de privilégiés moralisateurs.
La crise économique des années 2010 confronte les Verts à leurs contradictions. Le parti propose une forme de "Green New Deal" ambitieux en proposant des investissements massifs dans la transition écologique qui devrait créer des millions d'emplois verts et transformer de manière systémique l'économie. Bien que ce soit intellectuellement cohérent et socialement progressiste, le message passe mal dans le climat de panique économique immédiat dans lequel le Götterland est plongé, les gens craignent de perdre leur emploi et perçoivent ces investissements comme des propositions de privilégiés qui ont le luxe de ne pas voir leur emploi menacé par la crise économique. Les Verts stagnent électoralement, incapables de percer au-delà de leur base urbaine éduquée. L'entrée en guerre civile provoque un déchirement existentiel au sein du parti. Le pacifisme est inscrit dans l'ADN du parti, alors comment celui-ci peut participer à un gouvernement en guerre, autoriser des opérations militaires ou simplement voter des budgets pour l'armée ? Le ralliement des Verts à la coalition d'union nationale s'est faite après de longs débats et seulement une majorité fragile a fini par accepter ce ralliement, estimant que l'antifascisme prime sur le pacifisme, estimant que le fascisme est un mal encore pire que la guerre. Les Verts restent cependant à ce jour très divisés, malgré leur façade d'unité et de discipline collective.
L'idéologie des Verts et de leur écologisme politique vert se trouve dans la critique radicale du développementalisme, cette foi partagée par la gauche et la droite traditionnelle que la croissance économique illimitée est possible, désirable et synonyme de progrès. Les Verts opposent à cette illusion la réalité biophysique : nous vivons sur une planète finie avec des ressources limitées et des écosystèmes fragiles. L'expansion infinie dans un monde fini est mathématiquement impossible. La crise écologique n'est pas une anomalie qui est corrigeable par des ajustements techniques mais le résultat logique et inévitable d'un système économique basé sur la croissance perpétuelle. Cette analyse, implique une rupture fondamentale. Le progrès ne doit plus se mesurer par le PIB mais doit être redéfini par une amélioration qualitative du bien-être humain et écologique. La soutenabilité n'est pas une contrainte extérieure mais le cadre fondamental dans lequel toute activité humaine doit s'inscrire. L'économie n'est pas un système autonome qui obéit à ses propres lois, c'est un sous-système de l'écosphère qui dépend des services écosystémiques comme l'air pur, l'eau propre, le sol fertile, un climat stable ou encore la présence de biodiversité. Ignorer ces limites, c'est suicidaire.
Concrètement, cela se traduit par un programme de transformation radicale, une grande transition. Une transition d'abord énergétique avec la sortie complète et rapide des énergies fossiles et du nucléaire pour les remplacer par des énergies renouvelables et pour instaurer également une réduction drastique de la consommation énergétique vers un modèle qui prône l'efficacité énergétique, ou plutôt l'efficience, la sobriété (principalement des consommateurs eux-mêmes) et la transformation du mode de vie consumériste de la population. Les Verts rejettent le techno-optimisme naïf et ne croient pas que de meilleures technologies suffiront à changer nos comportements, il faut que ce changement soit politique. Ensuite, la transition sera ensuite agricole avec l'abandon de l'agriculture industrielle intensive (monocultures, pesticides, engrais chimiques, élevage concentrationnaire, OGM) pour laisser place à une agriculture biologique, locale, diversifiée, respectueuse des cycles naturels et du bien-être animal mais un tel modèle nécessite aussi une restriction de la consommation de viande par la population, la favorisation des circuits courts, l'acceptation de la saisonnalité des aliments (par exemple, accepter de ne pas manger des tomates en dehors de l'été, typiquement) et enfin payer le vrai prix écologique de la nourriture. Les Verts reconnaissent que cette transition implique des changements profonds de mode de vie que beaucoup trouveront difficiles mais cela est nécessaire de se serrer la ceinture selon eux. Ensuite, la transition sera urbaine avec une reconceptualisation des villes modernes pour en réduire la dépendance à l'automobile (extension massive des transports publics, pistes cyclables, zones piétonnes, services de proximité), végétaliser l'espace urbain, isoler thermiquement les bâtiments et enfin y développer une économie circulaire pour éliminer le concept même de déchet. Enfin, la transition économique, la plus fondamentale, les Verts souhaitent faire passer l'économie de croissance vers une économie stationnaire ou même de décroissance et prônent l'économie circulaire. Les Verts filtrent avec des concepts radicaux tels que le revenu universel pour décupler la survie et l'emploi, la réduction du temps de travail, la valorisation du travail non-marchand, la taxation carbone massive qui doit être ensuite redistribuée équitablement ou encore la nationalisation de certains secteurs pour s'assurer d'en limiter strictement les activités polluantes.
Mais l'écologie verte, ce n'est pas que l'environnement, les Verts ont aussi à cœur la justice sociale, ils insistent sur l'idée que la transition écologique doit être socialement juste pour fonctionner. Ceux qui ont le moins contribué à la crise (donc les pauvres, globalement) ne doivent pas subir le prix le plus élevé, les coûts doivent être répartis selon la responsabilité de chaque acteur et leur capacité à payer. Les emplois perdus par la fermeture des industries fossiles doivent être remplacés par des emplois verts équivalents, les services publics écologiques doivent être accessibles à tous et pas seulement à la classe moyenne. Cette insistance sur la justice sociale distingue les Verts au Götterland de mouvements écologiques plus conservateurs ou des technocrates verts car pour les Verts, l'écologie est intrinsèquement une idéologie de gauche car la crise écologique a les mêmes racines que la justice sociale: le système économique qui est extractif et qui concentre le pouvoir et le richesses, externalise les coûts sur les plus faibles, etc. Résoudre la crise écologique, c'est donc aussi démocratiser radicalement l'économie et la société. Le progressisme social des Verts est donc maximal : égalité des gens (parité stricte dans les structures), droits LGBT (mariage homosexuel, adoption pour les couples homosexuels, droits pour les minorités trans, combat contre l'hétéronormativité), antiracisme (accueil des réfugiés et des migrants, célébration de la diversité, combat contre les discriminations) et féminisme (éco-féminisme liant la domination de la nature et des femmes) sont défendus par les Verts.
Cette idéologie qui mélange écologie radicale et justice sociale séduit surtout la gauche urbaine éduquée, elle aliène les ouvriers qui voient les Verts comme menaçant leurs emplois, les ruraux méprisent les Verts comme des urbains moralisateurs et les conservateurs culturels, très nombreux au Götterland, rejettent complètement son progressisme social.
- Economie de guerre : Les Verts se trouvent dans une position délicate et inconfortable en ce qui concerne les questions économiques. Leur vision économiquement est fondamentalement incompatible avec les impératifs d'une économie de guerre industrielle qui nécessite une production de masse, une forte consommation des ressources nationales et inévitablement la croissance rapide de secteurs polluants comme l'armement ou le secteur chimique. La position des Verts est donc essentiellement défensive et minimaliste, ils veulent limiter le plus possibles les dégâts de la guerre et préparer la reconstruction. Leurs demandes sont généralement ignorées par le reste de la coalition qui voient leurs demandes comme ridicules dans le cadre d'une guerre existentielle pour la Seconde République, les militaires se moquent ouvertement des Verts.
- Libertés civiles : S'ils sont ignorés sur les questions morales, les Verts sont intransigeants sur la question des libertés civiles et représentent la conscience morale de la coalition dessus. Pour eux, les libertés civiles ne sont pas négociables, même pendant une guerre car compromettre la démocratie pour sauver la démocratie transformerait la République en ce qu'elle combat, il ne fait pas que la République devienne elle-même fasciste en combattant les fascistes, sinon même la victoire sera vide de sens. Les Verts s'opposent systématiquement à toute extension de l'actuel état d'urgence, à toute nouvelle restriction de libertés. Ils veulent un maintien absolu de la liberté de presse, du droit de manifester, de la présomption d'innocence, de l'interdiction de la torture et dru droit d'asile. Cette position de principe est admirée par certains comme de la noblesse morale mais souvent critiquée de la naïveté purement suicidaire par d'autres.
- Stratégie militaire : Pacifiste par nature, les Verts sont contradictoires à avoir une position sur la façon de conduire la guerre, bien qu'ils soutiennent la République par antifascisme, on rappelle que le parti est lui-même divisé sur la question. Les Verts estiment que toute l'attention doit être concentrée sur les factions fascistes.
- Vision d'après-guerre : Pour l'après-guerre, les Verts proposent de faire promulguer une nouvelle constitution qui devra entériner de nouveaux droits environnementaux, une démocratie participative étendue, un fédéralisme écologique avec une autonomie régionale pour l'adaptation de la législation écologique à l'échelle locale, une économie verte et une justice sociale renforcée. Ils prônent également que la réconciliation nationale devra se faire via une justice restaurative et non punitive avec des amnisties larges (sauf pour les crimes de guerre), des commissions de vérité pour permettre aux victimes de témoigner et aux criminels de reconnaître leurs actes, des réparations matérielles pour les victimes, des programmes de désarmement, la réintégration des combattants dans le secteur civil et la reconstruction collective. Cette vision idéaliste est moquée par les plus conservateurs comme de la naïveté suicidaire qui garantirait à coup sûr une prochaine guerre civile mais elle représente aussi l'utopisme inébranlable des Verts.

Linda Suhren (1975-...), secrétaire général de la Fédération Verte et députée.
Linda Suhren représente la génération des Verts nés après la fondation du parti pour qui l'écologisme politique n'est pas une découverte radicale mais une évidence. Née à Waltereich dans une famille de classe moyenne progressiste, Suhren grandit dans une baignée de valeurs vertes : alimentation bio, vélo plutôt que voiture, vacances en camping plutôt qu'en avion, participation aux manifestations dès son adolescence. Ses parents, militants verts de la première heure, l'emmènent aux rassemblements anti-nucléaires. L'écologie n'était pas pour elle une position politique mais littéralement son cadre de vie quotidien. Brillante étudiante, Suhren étudie les sciences politiques à l'Université de Waltereich et travaille pour une ONG écologiste durant cinq ans après ses études, d'abord chargée de communication puis directrice de toute la communication, acquérant une expertise dans la mobilisation publique et les stratégies médiatiques. Son entrée en politique en 2005, à l'âge de 30 ans, fut donc tout aussi naturelle : élue conseillère municipale de Waltereich puis dévenue députée 2013, elle devient finalement secrétaire du parti en 2017, élue par 67% des voix aux primaires du parti.
Suhren est une verte orthodoxe mais de la tendance plutôt écologie sociale que d'écologie profonde, elle lie systématiquement la crise écologique à l'injustice sociale, insistant qu'on ne peut résoudre l'un sans l'autre. Son écologisme est profondément humaniste et de gauche, rejetant toute forme d'éco-fascisme, d'éco-autoritarisme ou de malthusianisme, citant fréquemment des auteurs comme Murray Bookchin et André Gorz (sans pour autant être libertaire). Son féminisme est central, analysant beaucoup de problèmes à travers une grille de lecture éco-féministe liant domination de la nature et oppression des femmes. Sa relation avec les autres leaders de la coalition sont également complexes. Avec le Parti du Progrès, c'est l'incompréhension mutuelle totale, Suhren trouve le Parti du Progrès inhumain et technocratique là où les néolibéraux voient les Verts comme émotifs, irréalistes et agaçants, ils se détestent cordialement. Avec Suckow, du SPDG, l'entente est meilleure avec Suhren, tous deux représentent la gauche de la coalition et partagent leurs préoccupations sur la justice sociale et se sentent mal à l'aise face à la domination néolibérale et des grandes entreprises, formant de fait une alliance informelle entre leurs deux partis. Bien sûr, il existe des points de désaccord entre les deux partis, Suckow valorisant davantage le travail industriel et la classe ouvrière traditionnelle que les Verts qui voit l'industrie comme une partie du problème, sans oublier que Suckow est plus nationaliste que les Verts. Avec l'UC, la relation est ambiguë, Suhren respectant l'intégrité morale du parti sur la dignité humaine et sa critique du néolibéralisme mais son conservatisme social heurte profondément les progressistes verts.
Posté le : 06 avr. 2026 à 16:49:53
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⮕ Euh...je sais pas.
La transformation en parti politique arrive en 2016 lorsque plusieurs influenceurs populaires, notamment Philipp Schulman qui a monté une chaîne de fitness qui combine conseils pour l'entreprenariat, le workout et des rants libertariens, réalise qu'ils ont avec une base substantielle à mobiliser. Pourquoi ne pas en faire une force politique ? Le VFP est officiellement fondé lors d'une convention qui ressemble plus à une Comic-Con qu'à un congrès politique avec des stands de merch, du MMA, des stands pour des compléments nutritionnels et sur scène, des stand-up provocateurs sur le gauchisme mental, des pubs pour des arnaques à l'affiliation et des casinos en ligne, des débats sur ce qui est gay ou pas et de la (mauvaise) musique de Kroc Blanc. Les premiers candidats en 2017 sont presque tous des influenceurs en ligne, des pseudo-entrepreneurs (arnaqueurs), des coachs en développement personnel et des streamers. Aucun n'a d'expérience politique traditionnelle, leur campagne se fait d'ailleurs principalement en ligne à travers des vidéos, des memes, des raids organisés sur les réseaux sociaux, avec des contenus qui oscillent entre certaines critiques sur le plan économique (notamment des critiques sur le keynésianisme ou l'analyse de la dette publique götterlandaise considérée comme un des points noirs de la gestion du gouvernement) et provocations contre les féministes, des blagues racistes et autres dogwhistles de mascus. Et contre toute attente, le VFP obtient 6,8% des voix aux élections de 2017, permettant de faire entrer des députés dans le Landtag. Leur entrée au parlement est chaotique : un des députés, un influenceur bien connu pour sa misogynie en ligne, avait streamé en direct son entrée dans le Landtag, refusant de porter la cravate et demandant aux députées féminines des questions gênantes sur leur bodycount. La base sociologique du VFP est distinctive, elle est massivement masculine (quasiment 90% des électeurs du VFP sont des hommes), jeune (en moyenne dans la vingtaine), urbaine et souvent éduquée, travaillant dans le secteur privé ou étant petits patrons de PME. C'est la démographie parfaite qui caractérise l'aliénation moderne masculine. Quand la guerre civile éclate, le VFP fait face à un dilemme car le parti n'est absolument pas favorable à la conservation des structures de la Seconde République qu'elle fulmine mais les alternatives des autres camps, notamment les communistes ou les néo-nazis, sont une option encore moins souhaitable.
L'idéologie du VFP est un cocktail chaotique et contradictoire qui mélange anarcho-capitalisme théorique, masculinisme réactionnaire, culture internet transgressive, obsession de la liberté individuelle, méritocratie darwiniste sociale et esthétique guerrière fantasmée. Contrairement à des libertariens classiques philosophiquement plus rigoureux, le VFP est avant tout une vibe et un phénomène Internet plus qu'un véritable parti. Le cœur théorique (quand ils daignent être théoriques) est le libertarianisme : l'Etat doit être aboli entièrement, toutes les fonctions actuelles étatiques privatisées et fournies par le marchée libre, tout doit être privée (police, tribunaux, routes, armée), les taxes sont littéralement du vol, toute forme de régulation viole la liberté contractuelle et enfin, seule la propriété privée absolue est un droit fondamental, au mépris de tout le reste. Cependant, contrairement aux libertariens classiques, le VFP n'assume pas complètement cette position pour la simple et bonne raison qu'elle est électoralement toxique (personne ne souhaite vraiment abolir la police publique) et car elle entre en tension avec leur conservatisme culturel (comment maintenir l'ordre traditionnel et les valeurs sans un Etat pour les imposer ?). Le VFP navigue donc dans cette contradiction entre une rhétorique qui chie sur l'Etat en permanence mais acceptant en pratique un Etat minimal qui n'est même pas si minimal que ça (police, justice, armée, frontières fermées, répression de l'immigration). Cette incohérence ne les dérange pas vraiment parce que le VFP n'est pas un parti de philosophes ou d'universitaires, la cohérence idéologique importe moins dans ce mouvement que la cohérence esthétique et tribale que veut se donner le VFP et c'est ce qui unit d'ailleurs le parti, c'est la sensibilité partagée de ses électeurs à emmerder les autorités moralisatrices, les taxes, le politiquement correct et à accorder une liberté totale aux mecs (donc à priori pas les femmes) compétents et à promouvoir le darwinisme social pour éliminer les faibles de l'équation.
Economiquement, le VFP glorifie le capitalisme le plus brutal et débridé comme un mécanisme de tri naturel entre gagnants et perdants. Le marché libre récompense le talent, l'effort, l'intelligence et le courage. Les riches méritent leur richesse (car ils créaient de la valeur) et les pauvres méritent d'être pauvres (car ils échouent à créer de la valeur). Cette vision social-darwiniste est assumée sans gêne, le VFP assume que certains échouent, c'est la vie, c'est la sélection naturelle en fait, deal with it les gays. Le VFP rejette l'Etat-Providence comme infantilisation pathétique des perdants par un Etat maternel : l'assurance chômage, les pensions, la santé publique, les allocations familiales, la sécurité sociale, toit ça ne fait que créer une classe de parasites dépendants qui vivent du travail des actifs et des producyifs. Abolir tout ça forcera ces branleurs à devenir résilients et responsables, seule la charité à titre privé s'occupera des nécessiteux, les vrais, tandis que les parasites crèveront, et ce n'est que justice de le prétendre. Cette rhétorique darwiniste brutale est enrobée d'une esthétique de motivation issue de la culture internet, vendant simultanément une idéologie selon laquelle le capitalisme brutal est bon avec un certain lifestyle (si tu travailles dur, tu réussiras, promis juré). Cette combinaison est puissante pour des jeune hommes en quête de sens et de statut, le VFP leur dit qu'ils peuvent devenir des alphas via l'entrepreneuriat et la musculation tout en expliquant que leur échec actuel découle d'un système maternaliste, féministe et wokiste qui sabote les gens compétents.
Le VFP est obsédé par ce qu'ils nomment la crise de la masculinité moderne et par la guerre féministe contre les hommes. Leur analyse est que le féminisme (particulièrement le féminisme dit de troisième vague) a détruit les relations naturelles et complémentaires entre les hommes et les femmes, émasculant les hommes, créant une génération de femmes malheureuses et toxiques (normal, le père est allé chercher du lait), détruisant la famille et donc affaiblissant la civilisation götterlandaise. La solution selon le VFP est de restaurer la masculinité traditionnelle (ou plutôt une version fantasmée et fictive de celle-ci), l'homme idéal étant ici le "chad" moderne : physiquement fort (via la musculation), économiquement indépendant (profession lucrative), sexuellement compétent (capacité à séduire et à ne pas être un simp), stoïque (t'es un bonhomme, il y a que les gonzesses qui pleurent) et refusant de se soumettre aux attentes féminines. Il prend soin de loin pour améliorer constamment sa valeur sur le marché sexuel, refuse le mariage moderne (piège légal qui favorise les femmes) et traite les femmes selon les lois de la nature et non sur les bases du politiquement correct. Cette idéologie masculiniste mélange donc des éléments parfois légitimes (critique sur certains excès des féministes, attention à la santé masculine souvent ignorée) avec des éléments purement misogynes (réduction de la femme à une simple valeur sexuelle, théories pseudo-évolutionnistes qui justifient la domination masculine, mépris pour les femmes pas assez féminines). Le VFP nie évidemment sa misogynie, ils prétendent simplement qu'ils reconnaissent les différences biologiques entre les sexes et rejettent l'égalitarisme forcé mais la frontière est évidemment poreuse et beaucoup de contenu du VFP dérape dans du pur sexisme. Paradoxalement, cette rhétorique masculiniste coexiste avec le libertarianisme qui devrait, en théorie, soutenir l'autonomie féminine la plus totale. Le VFP résout très mal cette contradiction car ils soutiennent théoriquement que les femmes sont libres de faire ce qu'elles veulent mais passent leur temps à se moquer des femmes qui font des choix jugés féministes, à dénigrer les femmes de carrière comme des femmes mal baisées et à glorifier les femmes traditionnelles (à leur place en fait, à la cuisine).
Enfin, le VFP est engagé dans une guerre culturelle permanente contre le wokisme, le politiquement correct et la cancel culture et généralement contre tout ce qui se rapproche de près ou de loin à la gauche progressiste. La transgression, principale tactique dans le cadre de cette lutte culturelle, prend plusieurs formes : blagues racistes et sexistes, utilisation délibérée de langage offensant, memes provocants, refus absolu de s'excuser ou de se rétracter face aux accusations de racisme, de sexisme ou d'homophobie. S'excuser, c'est un truc de cuck, vrai alpha never apologizes bro.
Programme (guerre civile) :
- Economie de guerre : le VFP pousse pour une économie de guerre maximalement privatisée et déréglementée, essentiellement pour laisser le capitalisme sauvage fonctionner même pendant l'urgence. Les entrepreneurs et le marché libre sont plus efficaces que la bureaucratie étatique pour produire ce dont la guerre a besoin, il faut laisser les entreprises innover, s'adapter et compétitionner pour fournir l'armée et surtout minimiser les régulations, les taxes et le contrôle des prix. Le VFP supporte donc la privatisation maximale de la logistique militaire et même de certaines fonctions combattantes, appelant à payer des mercenaires, ils refusent toute forme de rationnement et veulent réduire les dépenses non-militaires de l'Etat.
- Libertés civiles : sur les libertés, le VFP a une position quasiment schizophrénique qui reflète leurs contradictions idéologiques. D'un côté, ils sont absolutistes sur certaines libertés comme la liberté d'expression, le droit du port d'armes, la liberté de consommer ce qu'on veut, la liberté de refuser tout service à qui on veut et la protection de la vie privée contre toute surveillance étatique mais d'un autre côté, le VFP est étrangement autoritaire sur certaines questions car ils soutiennent la fermeture des frontières, des mesures dures contre l'immigration illégale, des punitions sévères pour les criminels et une répression musclée contre toute forme de manifestations de la gauche.
- Stratégie militaire : le VFP n'a aucune ambition à reconquérir le Götterland, ils souhaitent seulement défendre Waltereich et les zones économiques productives et abandonner le reste, il n'y a aucune utilité à reconquérir des zones rurales pauvres qui coûtent une fortune militaire à reprendre et qui dépendent de l'Etat pour survivre, vaut mieux une République réduire mais riche et libre qu'un Götterland uni mais pauvre et étatiste. C'est une position jugée défaitiste qui les met en conflit avec tous les autres partis, le VFP est accusé de lâcheté, de manquer de patriotisme et d'abandonner des millions de Götterlandais à leur sort, le VFP répondant que les Götterlandais ont choisi leurs factions, les forcer à revenir dans la République serait tout aussi coercitif que ces factions.
- Vision d'après-guerre : le VFP rêve d'une transformation radicale en abolissant complètement l'Etat pour le remplacer par des arrangements privés volontaires avec une vision utopique de transformer Waltereich en une cité-Etat libertarienne avec une régulation minimale, des taxes minimales (idéalement l'abolition de l'impôt sur le revenu), des services privatisés, une liberté totale d'entreprendre et d'innover et une qualité de vie explosive pour ceux qui réussissent ; ils veulent l'abolition de l'Etat-providence, la privatisation totale, la déréglementation complète de l'économie, des frontières ouvertes au capital et aux immigrés qualifiés (mais en les fermant aux parasites), un système légal basé sur l'arbitrage privé et non sur les tribunaux étatiques, une police privée en compétition et même des monnaies privées concurrentes les unes contre les autres. C'est une vision rejetée comme dystopique par tous les autres partis, même par le Parti du Progrès, pourtant néo-libéral jusqu'à la moelle, qui trouve le VFP trop extrême.

Philipp Schulman (1990-...), président du Verdammte FreiheitsPartei, influenceur et député.
Philipp Schulman est né d'une famille de la classe moyenne de Waltereich, d'un père manager et d'une mère comptable, rien de spécial. Adolescent légèrement nerd, bon en maths et en sciences, passant beaucoup de temps en ligne. Il finit par étudier l'informatique à l'université de Waltereich mais abandonne au bout de deux ans, trouvant l'académie trop wokiste puis à 20 ans, il commence à créer du contenu en ligne, principalement des vidéos politiques et des vlogs fitness avec un style assez reconnaissable et un style vestimentaire qui montre ses muscles (Schulman est obsédé par la musculation et a un physique impressionnant qu'il exhibe constamment, bien que c'est surtout parce qu'il est un putain de nain). Il perce l'algorithme vers 2015 avec une série de vidéos sur le féminisme qui démolit méthodiquement certains arguments féministes avec des commentaires misogynes au passage, vidéos qui deviennent rapidement virales et attirent des fans enthousiastes. En 2016-2017, il se diversifie, il fait des podcasts hebdomadaires avec d'autres influenceurs droitardés, il discute parfois de philosophie (en montrant qu'il est illettré parce qu'il sait pas lire Nietzche), donne des conseils lifestyle et rage contre les wokes. Il fait aussi des vlogs fitness montrant ses workouts et vendant des programmes de nutrition (illégaux) et propose même des formations en ligne à 300 balles.
Quand le VFP se forme en 2016, Schulman est naturellement au centre. Sa base de fans devient instantanément une base électorale. Sa nomination comme président en 2017 est controversée : il n'a que 27 ans, il est extrêmement jeune et inexpérimenté politiquement, mais son charisme, sa base loyale d'abonnés et l'absence d'alternative crédible (les autres influenceurs sont encore moins qualifiés, tous des balais) font de lui le choix évident. Pendant la guerre civile, Schulman lutte entre plusieurs impulsions contradictoires. Une partie de lui, la partie libertarienne sincère, voudrait que l'État s'effondre complètement, verrait la guerre civile comme opportunité de reconstruction libertarienne radicale (bref, encore un accélérationniste). Une autre partie, plus pragmatique et moins idéologique, reconnaît que les alternatives communistes ou fascistes seraient désastreuses pour ses intérêts personnels et ceux de ses fans. Une troisième partie, obsédée par l'esthétique guerrière, trouve la guerre excitante, romantique, opportunité de tester sa masculinité.
Sa relation avec les autres leaders est toxique. Schimscheiner le trouve immature, vulgaire, embarrassant, mais reconnaît que le VFP contrôle 7% des votes nécessaires pour la majorité. Suckow le déteste viscéralement et refuse de lui parler directement. Suhren essaie d'être diplomatique mais trouve Schulman répugnant moralement. Schwartz tente paternellement de le raisonner, échoue complètement. Saxer est le seul avec qui Schulman peut avoir des conversations semi-normales, et même là la tension est palpable.