27/11/2018
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Liste des partis politiques de la Seconde République.

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Partis politiques de la Seconde République du Götterland

Landtag.


Ce topic est chargé de lister l'ensemble des partis politiques actuellement présents au sein du Landtag (parlement monocaméral), le pouvoir législatif de la Seconde République. Bien que l'état d'urgence donne de facto les pleins pouvoirs à l'exécutif et permet au gouvernement républicain de passer outre l'avis du Landtag, la vie politique à Waltereich est beaucoup plus complexe qu'il n'y paraît car malgré l'apparente domination politique de l'exécutif avec l'état d'urgence, le gouvernement doit composer avec des factions internes animées par la logique des partis qui composent le Landtag qui ont le pouvoir, par l'intermédiaire des syndicats, de la fonction publique et de leurs bases militantes de mettre des bâtons dans les roues au gouvernement. Enfin, malgré un apparent front uni en ces temps difficiles des derniers partis attachés au républicanisme et à la vision libérale de la Seconde République, chaque parti prône un programme qui lui est propre, arrangeant tantôt certaines puissances étrangères par rapport à d'autres (d'où l'importance pour chaque acteur international qui souhaite se mettre la Seconde République dans la poche de choisir judicieusement le parti qu'il veut faire émerger du jeu politique), tantôt certains programmes politiques et économiques conciliant avec d'autres factions de la guerre civile. Il existe à l'heure actuelle cinq partis représentés au sein du Landtag depuis le début de la guerre civile (ce chiffre peut changer en fonction des actions des joueurs, des informations présentes et des positions peuvent changer au gré des événements :

  • Parti du Progrès.
  • Union Chrétienne.
  • Parti Social-Démocrate Götterlandais.
  • Fédération Verte.
  • Verdammte FreiheitsPartei.
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Parti du Progrès :

Bannière du Parti du Progrès.
Néolibéralisme
⮕ Néo-libéraux.


Histoire :

Le Parti du Progrès trouve ses origines dans la reconstruction chaotique qui a suivi à la transition entre la Première et la Seconde République en 1929. Initialement formé comme une coalition hétéroclite de libéraux classiques, de radicaux anti-militaristes et de progressistes sociaux, le parti s'est unifié autour d'une vision modernisatrice pour le Götterland. Dans les années 1950-1960, le Parti du Progrès était encore relativement modéré en combinant un programme économique interventionniste keynésien avec un progressisme social qui se voulait prudent, acceptant l'existence d'un Etat-providence substantiel et une économie mixte. La transformation fondamentale arrive dans les années 1970-1980 avec ce que l'on appelle le tournant néo-libéral. Le parti, influencé par les révolutions conservatrices dans les pays occidentaux eurysiens mais aussi par une nouvelle génération de cadres formés dans des universités libérales étrangères et imprégnés de théories économiques monétaristes et de marché libre, le Parti du Progrès abandonne progressivement son keynésianisme pour embrasser un néo-libéralisme radical. Cette transformation est alors menée par des figures comme Hermann Weissfeld (secrétaire générale du parti de 1978 à 1994) qui était un économiste charismatique formé en Alguarena qui reconceptualisa le parti non plus comme un défenseur de l'Etat-providence mais comme le champion de l'économie de marché contre ce qu'il dénonçait comme une forme de "socialisme rampant" qui infectait la nation. Les années 1990 à 2000 marquent l'apogée triomphale du Parti du Progrès. Profitant d'un système de circonscriptions électorales qui surreprésente les zones urbaines, le parti construit une hégémonie apparemment indestructible basée sur l'électorat urbain éduqué de Waltereich, Falkenberg et d'autres grandes villes du pays. Ces électeurs urbains, souvent des professionnels, des cadres, des employés du tertiaire, des universitaires et des artistes, embrassent avec enthousiasme le progressisme social du parti (droit des femmes, promotion de la laïcisation de la société, multiculturalisme, droits pour les LGBT+) et acceptent largement son néo-libéralisme économique, soit par conviction idéologique, soit pour simplement bénéficier personnellement de la mondialisation et de la financiarisation de l'économie.

Le gouvernement du Parti du Progrès durant ces décennies entreprend une transformation radicale du Götterland : privatisation massive des entreprises publiques (télécommunications, transports, énergie, banques), dérégulation financière qui transforme vite Waltereich en centre financier d'importance pour l'Eurysie occidentale, réformes du marché du travail pour rendre celui-ci plus flexible et réduire les protections syndicales, coupes budgétaires des dépenses sociales (pensions, assurance-chômage, services publics) et ouverture agressive au commerce international. Simultanément, le parti pousse un agenda social progressiste avec le droit de vote aux femmes en 1989, la légalisation du mariage homosexuel en 2003, la mise en place de lois anti-discrimination renforcées, la promotion active du multiculturalisme, la restriction des pouvoirs de l'Eglise dans la société, la libéralisation de l'avortement et de l'euthanasie et surtout une position ouvertement méprisante pour les traditions sociales conservatrices du Götterland rurale qu'ils dénoncent comme arriérés. Cette combinaison crée une fracture croissante entre le Götterland urbain, majoritairement libéral, et le Götterland rural et des villes moyennes, très conservateur. Les grandes villes prospèrent, du moins pour ce qui est des classes moyennes et supérieures, tandis que les campagnes et les petites villes industrielles s'effondrent comme un château de cartes. Les usines ferment, délocalisées vers des pays à bas coût salariaux, les jeunes fuient vers les métropoles, les services publics se dégradent et la pauvreté s'installe progressivement. Le Parti du Progrès, confortablement installé dans sa forteresse électorale urbaine, ignore largement ces souffrances, les attribuant à la mauvaise adaptation des populations rurales aux réalités du marché globalisé. Leur réponse aux critiques est invariablement plus de réformes néo-libérales et plus de modernisation, au mépris du reste.

La crise économique des années 2010 expose brutalement les failles de ce modèle. L'éclatement d'une bulle financière en 2011 à Waltereich, combiné à une récession importante, plonge le Götterland dans la pire crise de son histoire depuis les années 1920. Le gouvernement du Parti du Progrès, idéologiquement opposé à toute intervention étatique, répond par l'austérité en menant des coupes budgétaires drastiques, en augmentant les impôts sur les classes moyennes et populaires (mais certainement pas sur les grandes entreprises), entreprend de nouvelles privatisations pour combler les déficits et s'obstine à refuser de remettre en question le modèle néo-libéral lui-même. Les grandes entreprises, intimement liées au parti via des réseaux de financement de campagne et de pantouflage, sont sauvées avec l'argent public alors que les citoyens ordinaires sont abandonnés à leur sort. L'indignation populaire croît exponentiellement et les manifestations se multiplient, d'abord pacifiques puis progressivement de plus en plus violentes. Le Parti du Progrès répond avec condescendance (les manifestants sont décrits comme des gens qui ne comprennent rien à l'économie dans les médias) et en menant une répression modérée (envoi de la police anti-émeute, arrestation des meneurs). Cette gestion catastrophique de la crise érode systématiquement toute crédibilité du parti en dehors de sa base urbaine aisée et même au sein du parti, des divisions émergent entre une aile dure néo-libérale convaincue qu'il faut tenir la ligne et une aile pragmatique qui reconnaît qu'un minimum de concessions sociales sont nécessaires pour la survie politique du parti.

Lorsque la guerre civile finit par éclater, le Parti du Progrès est profondément affaibli mais maintient le pouvoir grâce au contrôle des institutions étatiques et au soutien des grandes entreprises et de l'armée. Le parti entre dans la guerre civile non pas avec une base populaire solide mais avec un certain contrôle institutionnel.

Idéologie :

L'idéologie du Parti du Progrès est un néo-libéralisme progressiste basé, sur le plan économique, sur les principes du libre marché, de la concurrence, de la mondialisation et de l'intervention étatique minimale, l'Etat devant fournir un cadre légal stable pour l'activité économique, maintenir l'ordre public et éventuellement corriger les défaillances de marché les plus flagrantes mais ne devant pas interférer avec les décisions économiques des acteurs privés. Les privatisations sont toujours préférables aux entreprises publiques, la dérégulation est toujours bénéfique, le commerce international libre est toujours optimal, les réductions fiscales (notamment sur les grandes entreprises et les hauts revenus) stimulent toujours la croissance et les protections sociales trop excessives créent toujours de la rigidité et du chômage. Cette foi néo-libérale s'accompagne d'un technocratisme assumé : les décisions économiques doivent être prises par des experts formés en économie moderne (c'est-à-dire en théorie néo-classique) plutôt que par des processus démocratiques populaires susceptibles d'être irrationnels ou populistes. Le parti valorise énormément les diplômes des universités prestigieuses, l'expertise technique et les modèles économétriques complexes dans sa rhétorique et ses discours, manifestant souvent un mépris à peine voilé pour le bon sens populaire et les considérations émotionnelles des foules qui interfèrent avec la rationalité économique.

Simultanément, le Parti du Progrès est fermement progressiste sur les questions sociales et culturelles. Ils embrassent l'égalité des genres comme principe fondamental, ayant promu activement les femmes dans la politique et les affaires, imposé des quotas de genre dans les entreprises publiques puis dans les entreprises privées et soutenu vigoureusement les mouvements féministes. Les droits LGBT+ sont défendus comme une question de principe libéral : l'Etat n'a pas à se mêler des choix personnels concernant l'identité sexuelle ou de genre. Le mariage homosexuel, l'adoption par les couples homosexuels, les lois anti-discrimination et les politiques de reconnaissance des identités transgenres sont tous des lignes de conduite que le Parti prône avec fierté. Le multiculturalisme et l'immigration sont valorisés, vus comme des enrichissements culturels ainsi qu'une nécessité économique, incitant fortement l'immigration de la main d'œuvre qualifiée sur les secteurs en croissance. Le parti promouvait des politiques d'intégration basées sur l'acquisition de la langue götterlandaise et l'adhésion aux valeurs républicaines comme la démocratie et l'égalité et rejetant explicitement à l'inverse toute exigence d'assimilation culturelle totale. Cette approche a créé des tensions avec les populations conservatrices qui perçoivent le multiculturalisme comme une menace à l'identité götterlandaise traditionnelle. La recherche de la laïcité a toujours été également un des chevaux de bataille du Parti du Progrès, bien que cette laïcité soit relativement modéré face à l'écrasante influence de l'Eglise au Götterland, bien que le Parti du Progrès ait tout fait pour la modérer.

Enfin, sur le plan de la politique étrangère, le Parti du Progrès est résolument favorable à l'intégration du pays dans l'OND et/ou l'ONC, soutenant que ce sont des organisations qui ont toujours étés bénéfiques pour la paix et la prospérité économique de leurs membres. Le parti a systématiquement soutenu l'harmonisation des législations à l'échelle eurysienne et l'ouverture des marchés götterlandais à l'étranger.

Programme (guerre civile) :

  • Economie de guerre néo-libérale : Le Parti du progrès aborde l'économie de guerre avec les mêmes principes néo-libéraux qui ont guidé leur gouvernance d'avant-guerre adaptés à l'urgence. Plutôt que de nationaliser les industries pour l'effort de guerre, ils établissent des partenariats-public-privé (PPP) avec les grandes entreprises pour produire l'effort de guerre en échange de contrats lucratifs garantis, une protection étatique des installations et des promesses étendues de privatisations après la guerre. Cette approche enrichit massivement les grandes entreprises et crée en même temps de nombreuses inefficacités bureaucratiques tout en nourrissant activement la corruption. Pour financer la guerre, le parti préfère l'emprunt (auprès des grandes banques du pays ou de banques étrangères) et les privatisations sectorielles au lieu de taxer ou confisquer les biens accumulés. Cette stratégie crée une dette publique astronomique qui rendra le pays insolvable financièrement après la guerre, certainement, mais elle évite au moins d'aliéner les soutiens corporatistes du parti. Les quelques augmentations fiscales nécessaires seront imposées via des taxes indirectes comme la TVA qui frappera évidemment davantage les pauvres que les riches.

  • Libertés civiles : Le Parti du Progrès a fait du maintien des libertés civiles son principal argument pour se différencier moralement des factions autoritaires et totalitaires qui parsèment le pays. Même sous l'état d'urgence, ils refusent pour l'instant la censure totale de la presse, les arrestations massives, la torture ou la suspension complète du Landtag. Cette position est à la fois idéologique, du fait des valeurs libérales et démocratiques du Parti, mais également stratégique puisque le but pour le Parti est de conserver la légitimité du gouvernement aux yeux de la communauté internationale et se distinguer moralement des autres factions. Bien sûr, cet attachement aux libertés civiles crée un nombre important de problèmes pratiques massifs car les factions ennemies exploitent ces libertés pour infiltrer les institutions républicaines, recruter parmi la population, organiser des sabotages et mener de la propagande. Les manifestations anti-gouvernementales ne sont pas interdites et continuent de déstabiliser l'emprise républicaine sur ce qui lui reste de territoires. Les journaux publient des critiques radicales du gouvernement qui sapent le moral de la population. Au sein du parti, ce dilemme crée également des tensions croissantes entre une aile plutôt libertaire (au sens de la conservation des libertés) proche des Verts et du SPDG et une aile sécuritaire/conservatrice (proche de l'Union Chrétienne principalement) qui argumente que les libertés ne servent à rien si la République est détruite et que des mesures d'exception ne sont pas prises.

  • Stratégie militaire défensive : Militairement, le Parti du progrès prône une guerre défensive visant à protéger les zones encore sous contrôle tout en lançant des offensives limitées pour reprendre les zones stratégiques, ils rejettent l'idée d'une offensive globale au vu des moyens faibles de la République pour reprendre le pays. Ils refusent explicitement de négocier avec les factions extrémistes et terroristes (Division Massenvernichtung, Culte de l'Apocalypse, ALPG, Front de Résistance Nationale, factions néo-nazies, etc.) mais sont prêts à négocier avec les factions les plus modérées et rationnelles.

  • Vision d'après guerre : Pour l'après-guerre, le Parti du progrès imagine une République restaurée qui maintiendra l'ordre constitutionnel de base avec des ajustements, ils sont ouverts aux réformes constitutionnelles afin de donner plus d'autonomie aux régions séparatistes en transformant si nécessaire l'Etat sous une forme fédérale et envisagent également de réformer le système électoral pour éliminer la surreprésentation urbaine. Ils promettent également l'amnistie nationale pour les opposants politiques et la reconstruction économique du pays. Cela dit, de telles promesses restent limitées, le parti ne renoncera jamais à ses principes néo-libéraux de base ni à son progressisme social, la réconciliation ne se fera qu'au prix que tous acceptent le cadre libéral et démocratique républicain. Essentiellement, le parti imagine restaurer le statu quo ante avec des ajustements cosmétiques mais est incapable ou refuse de reconnaître que c'est ce statu quo qui est la source même du conflit.

Acteurs principaux :

Monica Schimscheiner.
Monica Schimscheiner (1969-...), secrétaire générale du Parti du Progrès et députée.

Secrétaire générale du Parti du progrès depuis 2016, Monica Schimscheiner incarne parfaitement les vertus et les vices du néolibéralisme progressiste götterlandais. Née dans une famille de classe moyenne supérieure de Waltereich (son père était cadre d'une compagnie d'assurance et sa mère professeure de lycée), elle a grandi dans le confort de la bulle urbaine progressiste, complètement isolée des réalités du Götterland rural ou ouvrier. Etudiante brillante, elle obtient un diplôme d'économie à l'Université de Waltereich puis un master à la faculté économique de Manticore où elle est formée aux théories néo-classiques et néolibérales alors en vogue à Teyla. Sa carrière préo-politique fut dans le conseil en stratégie pour des multinationales puis économiste en chef du Club Jahrhunderts, le principal lobby patronal au Götterland. Ces expériences l'ont profondément imprégnée de la perspective corporatiste : les intérêts des grandes entreprises sont identiques aux intérêts nationaux, ce qui est bon pour les grandes entreprises l'est pour le Götterland, les régulations sont des obstacles à la croissance et les syndicats sont des forces rétrogrades. Elle a développé des réseaux étendus dans les milieux d'affaires et financiers qui deviendront cruciaux pour sa carrière politique.

Schimscheiner entre en politique relativement tard, à 38 ans en 2007, élue députée de Waltereich-Centre, une circonscription bourgeoise aisée. Sa montée est ensuite météorique : ministre adjointe de l'Economie et des Finances Publiques en 2010, ministre de l'Economie et des Finances publiques en 2013 puis enfin secrétaire générale du parti en 2016 après que son prédécesseur soit contraint de démissionner suite à un scandale de corruption. Sa nomination fut controversée même au sein du parti, beaucoup la percevaient comme trop technocratique, trop froide, trop liée aux grandes entreprises et très peu charismatique politiquement mais l'aile néolibérale du parti, appuyée par les soutiens des grandes entreprises, impose sa candidature. Personnellement, Schimscheiner a un style de communication assez froid et analytique, excellant dans les débats techniques mais reste catastrophique quand il s'agit d'interagir normalement, elle est incapable de feindre l'empathie et est ouvertement méprisante de tout ce qui vient d'en bas socialement. Ses déclarations publiques dégagent souvent un air condescendant, estimant que la plupart des gens ne comprennent rien à l'économie qu'elle, en bonne experte, maîtrise parfaitement. Idéologiquement, c'est une néolibérale assumée et dogmatique, croyant sincèrement que le marché libre est un mécanisme optimal d'allocation des ressources, que l'intervention étatique crée toujours des distorsions inefficaces, que la mondialisation est bénéfique à tous et que la croissance économique finit toujours par ruisseler vers les classes populaires. Sur le plan social, elle est progressiste par principe intellectuel plus que par empathie. Elle soutient les droits LGBT+, l'égalité des genres et le multiculturalisme parce que c'est ce que dictent les principes libéraux de la liberté individuelle et de l'égalité formelle mais elle manifeste en vérité peu d'intérêt aux luttes concrètes de ces groupes, ce sont des abstractions théoriques pour elle. Son féminisme, par exemple, est un féminisme purement libéral, celui de la femme cadre qui a réussi et qui pense que toutes les femmes peuvent réussir si elles travaillent dur, ignorant complètement les structures systémiques d'oppression.

Au coeur de la guerre civile, Schimscheiner est la figure la plus haïe de la Seconde République, elle est régulièrement prise pour cible par la propagande des factions adverses. Pour le FRN, c'est une cosmopolite décadente représentant le néolibéralisme destructeur. Pour les factions de l'ALPG, c'est la représentation parfaite du capitalisme oligarchique. Et pour l'extrême droite, c'est simple : ses liens avec les grandes entreprises, remplies de cosmopolites, de francs-maçons et de juifs, animent les théories du complot comme quoi elle serait au service d'un complot juif ou franc-maçon ou de Satan lui-même. Sa gestion de la guerre civile reflète cela dit ses principes : refus de remettre en question le cadre néolibéral, partenariat étroit avec les grandes entreprises, maintien des libertés civiles par principe mais considérant parfois la répression comme nécessaire et surtout une incapacité profonde à comprendre pourquoi tant de Götterlandais rejettent viscéralement la République. Pour Schimscheiner, ce sont tous des fanatiques, des opportunistes cyniques ou des ignorants instrumentalisés et manipulés, l'idée que leurs griefs soient légitimes lui est impensable.

Sa relation avec le Président de la République est officiellement loyale mais tendue. Elle trouve le Président Gerstäcker indécis, trop sensible aux pressions populaires et pas assez ferme sur l'application des réformes. Le Président, de son côté, considère cette femme comme froide et arrogante. Mais aucun des deux ne compte rompre : Schimscheiner dispose d'un soutien majoritaire au sein du parti sans lequel le Président ne peut gouverner et le Président, à l'inverse, contrôle le pouvoir exécutif sans lequel Schimscheiner ne peut implémenter ses politiques. Au sein du parti, Schimscheiner dirige l'aile néolibérale la plus dure, environ 60% des membres, qui refuse tout compromis idéologique.

Peter Saxer.
Peter Saxer (1963-...), président du Landtag.

Président du Landtag depuis 2014 et figure respectée du Parti du Progrès, Peter Saxer représente une tradition plus ancienne et modérée du parti qui date d'avant le tournant néolibéral radical du parti. Né dans une famille de fonctionnaires de classe moyenne à Falkenberg, Saxer a grandi dans un environnement politiquement engagé mais pragmatique. Son père était haut fonctionnaire au ministère de l'Education et sa mère travaillait pour une ONG de développement dans le Nazum. Cette origine lui a donné une perspective différente de celle de Schimscheiner, moins corporatiste et plus sensible aux questions sociales. Saxer a étudié le droit et les sciences politiques à l'Université de Waltereich, restant au Götterland plutôt que de partir à l'étranger comme tant d'élites. Il a travaillé brièvement comme avocat puis comme assistant parlementaire avant d'être élu député en 1995, à 32 ans, représentant une circonscription mixte de Falkenberg mêlant zones urbaines et périurbaines. Cette circonscription mixte l'a forcé à comprendre et à équilibrer des intérêts divergents entre travailleurs industriels, classe moyenne urbaine, commerçants et fonctionnaires, ce qui va façonner plus tard son style politique consensuel. Sa carrière parlementaire fut longue et distinguée : divers postes de porte-parole pour l'éducation, la justice puis les affaires étrangères avant d'être élu Président du Landtag en 2014. Ce poste, similaire à celui du speaker dans les systèmes anglophones, est théoriquement neutre et apartisan et Saxer l'exerce avec un certain professionnalisme, gagnant même le respect de l'opposition. Il est réélu sans opposition en décembre 2017, juste avant la guerre civile.

Idéologiquement, Saxer se situe dans l'aile modérée du Parti du Progrès, il accepte l'économie de marché et valorise l'entreprenariat et l'initiative privée mais il croit aussi en un rôle substantiel de l'Etat pour corriger les inégalités, fournir des services publics de qualité et protéger les plus vulnérables au marasme économique. Il est néolibéral par conviction que les marchés sont généralement efficaces mais il a aussi des convictions social-libérales, estimant que les marchés laissés entièrement à eux-mêmes peuvent créer des injustices intolérables, une position qui le met en confrontation directe avec la ligne dure du parti. Sur les questions sociales, il est aussi progressiste mais moins militant que Schimscheiner. Il soutient les causes progressistes mais il est aussi sensible aux préoccupations conservatrices de la majorité de la population et plus ouvert au dialogue, estimant qu'on ne peut pas imposer le progressisme à une population qui est majoritairement conservatrice socialement, il croit sincèrement que le changement social se fera par le dialogue, la persuasion et le consensus et non par des décrets venus d'en haut, une position qui lui vaut les critiques de l'aile dure qui le trouve trop accommodant avec les conservateurs.

Comme Président du Landtag, Saxer joue un rôle crucial dans la guerre civile. Le Landtag, bien que largement vidé de ses pouvoirs par l'état d'urgence, reste symboliquement et constitutionnellement important. Saxer a travaillé inlassablement pour maintenir la coalition d'union nationale, négociant entre son propre parti, l'UC, le SPDG, les Verts et le VFP et cherche à faciliter le compromis avec ces partis et ainsi maintenir l'apparence de fonctionnement démocratique normal même au milieu du chaos. Cependant, Saxer est de plus en plus troublé par direction que prend la République. Il observe avec inquiétude l'influence grandissante des grandes entreprises dans le gouvernement, l'enrichissement scandaleux des entreprises alors que le pays s'entretue et meurt de faim et l'incapacité du parti à reconnaître qu'il s'est trompé sur ses postulats néolibéraux. En privé, Saxer exprime des doutes : peut-être que le néolibéralisme pur n'est pas viable, qu'un Etat-providence plus substantiel est nécessaire et que certains compromis avec les conservateurs du FRN sont préférables à une lutte à mort pour le trône présidentiel qui n'avantagerait que les néo-nazis et les communistes qui n'attendent que ça, que les héritiers de la République s'entretuent. Ces doutes font de Saxer le leader informel d'une faction dissidente émergente au sein du Parti du Progrès qui représente environ un tiers de ses députés, et qui commence à questionner l'orthodoxie du parti. Cette faction n'est pas encore organisée, ni ouvertement rebelle, mais elle devient significative au fur à mesure que la situation se dégrade. Saxer lui-même n'a aucune ambition personnelle à vouloir renverser Schimscheiner, son opinion tourne toujours autour du compromis et de la loyauté institutionnelle mais il se prépare mentalement à une possible rupture si c'est pour sauver la République. Sa relation avec Schimscheiner est professionnellement correcte mais personnellement très froide, elle le voit comme timoré idéologiquement et trop sentimental tandis que Saxer voit Schimscheiner comme dogmatique, arrogante et dangereusement déconnectée du réel. Cependant, les deux ont besoin de l'autre pour survivre : Saxer a besoin du soutien du parti que Schimscheiner contrôle en grande partie et Schimscheiner a besoin de Saxer pour la légitimité parlementaire que lui donne la coalition nationale que maintient tant bien que mal Saxer avec les autres partis. C'est une position et un partenariat inconfortable et les fissures, elles, se multiplient alors qu'à l'extérieur de l'hémicycle, c'est la Mort qui règne en maître sur le Götterland.
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