14/04/2019
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[Karty-Altrecht] Les rouges à Volkingrad

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Gouverneur Luciano Bellanti
AlinéaNovembre 2018, Karty s'apprêtait à renouer ses contacts avec la nation Altrechtoise. Cependant, il y avait une différence véritablement clef, les deux régimes avaient changé de nature. D'un côté un Empire Tsariste, de l'autre une sombre dictature, tous deux transformés en deux Etats similaires en nombres points. Si la République Fédérale, elle, n'était pas particulièrement partisane de l'internationalisme du libertarisme ou du communisme, elle n'en restait pas moins un régime à la nature socialiste, rouge diraient d'autres.

C'est sous une température d'été que l'aéroport de Volkingrad s'activait, paradoxal pour un mois qui s'approche du grand froid habituel de Karty. Peut-être fallait y voir un signe, un symbole, le beau temps prenait la place du climat agressivement gelé. La grande infrastructure accueillait en son ciel l'aéronef de la délégation Altrechtoise, et dès sa porte ouverte, leur hymne s'entama. Quelques dizaines de militaires s'alignèrent, nonobstant point dans l'ancien protocole Kartien. Ce dernier, auparavant, s'ancrait dans la démonstration de force. La République Fédérale Kartienne n'a plus à prouver sa force puisqu'elle est comptée comme l'une des plus grandes puissances militaires du globe. C'est pourquoi les militaires n'étaient que faiblement armés, plutôt souriants dans l'ensemble, davantage un chaleureux protocole diplomatique qu'une volonté de réduire son interlocuteur.

Le Gouverneur de l'état d'Helmer, Luciano Bellanti, avait été choisi pour présider cette entrevue. Un homme à l'apparence forte, quasi militaire, certains qualifiaient ses habitudes plutôt rustres pour un diplomate. D'autres voyaient en lui l'incarnation de la force paysanne, tandis que d'autres encore n'y voyaient qu'un populiste à la mégalomanie certaine. Un personnage dont les mythes sont tels qu'aucun ne peut s'avérer avant de l'avoir rencontré. Ce fut sous les notes de l'hymne Altrechtois que Luciano décida, avant de s'annoncer aux diplomates arrivants, de passer en revue, à sa manière, quelques soldats de la grande armée. Après avoir salué la plupart d'entre eux, le Gouverneur Bellanti se dirigea d'un pas décidé vers la délégation Altrechtoise. Il annonça, d'une voix claire et d'une attitude chaleureuse, avant de tendre sa main pour une poignée ferme avec qui le décidera.

Gouverneur Luciano Bellanti-"Camarades Altrechtois, bienvenue en sol Kartien !"
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Camarade ou pas camarade ?


L'avion altrechtois quittait alors l'aéroport d'Ehrenstadt en Altrecht, un aéroport placé sous le mandat du gel et du froid, l'Altrecht étant passé sous les 0 degré de moyenne. Le voyage fut court et lorsque la délégation menée par le camarade haut représentant de la nation altrechtoise, le camarade Ernst Schmid, atterrit sur le sol kartien, la surprise lors de l'ouverture des portes fut impressionnante pour l'ensemble de la délégation : tous y virent un bon présage, celui d'une rencontre fertile. Malgré tout, le camarade Ernst Schmid restait méfiant : il se trouvait sur le territoire d'un ancien rival historique de l'Altrecht. Malgré le rouge qui avait coloré cette nation, une part de lui se disait que la méfiance serait un atout lors de la rencontre. Cependant, il resta de marbre face à ses émotions négatives, préférant afficher un grand sourire et une attitude chaleureuse vis-à-vis de leur hôte.

Le camarade Ernst Schmid : "Camarade ! C'est un plaisir de vous rencontrer enfin !"

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Gouverneur Luciano Bellanti
AlinéaL'air convivial se poursuivait, Luciano affichait un large sourire, renforcé par l'appellation commune du "camarade". Si, pour l'instant, la pensée Altrechtois peut s'avérer méfiante, le Gouverneur d'Helmer n'y percevait pas grand chose. A vrai dire, si cette entrevue lui avait été accordée, c'est avant tout considérant sa simplicité, son non-risque. Les affaires sensibles sont bien plus généralement confiées à dame Orlovski, il avait été cependant jugé pertinent qu'Angèle ne se présente pas pour ne pas faire d'échos à l'ancien régime, puisqu'elle y siégeait. Même si elle s'était pleinement engagée contre la menace monarchiste, pour l'avènement de cette nouvelle Karty, l'on n'aurait guère pu prédire la réaction échéante des diplomates Altrechtois. C'est pourquoi le convoi faisait route en dehors de la capitale, guidé par sieur Bellanti. Les quelques véhicules diplomatiques ne s'arrêtèrent point devant le Capitole, prenant ci et là des embranchements. Ces dernières s'arrêtèrent finalement aux devants d'un complexe militaire isolé, Luciano s'était mis en tête de justifier le lieu d'accueil. Pour l'heure, il installa ses interlocuteurs dans un bureau assez proéminent pour contenir une entrevue de cette envergure. Il annonça, dans un allemand des plus parfaits puisqu'il était Gouverneur d'Helmer, l'état germain.

Gouverneur Luciano Bellanti-"Je vous prie d'excuser le lieu de cette entrevue, mais il faut dire que les possibilités étaient réduites par la conjoncture internationale. Je fais bien évidement référence ici à la Loduarie, qui s'est mis en tête d'étendre son espace vital en ravageant notre alliée Antarienne. Comprenez donc que la sécurité a prévalu, votre sécurité, le Capitole serait une cible de choix pour l'ingérence Loduarienne. Je suis cependant persuadé que le lieu n'interfère pas sur la qualité des échanges, n'est-ce pas ? Je profite de l'évocation du cas Loduarien, je vais y venir. Il serait inutile de prétendre autre chose que ce fait, c'est avant tout notre proximité idéologique qui nous réuni ici même. Cette même proximité idéologique, certains pourraient la comparer entre l'Altrecht, Karty et la Loduarie. Pour ce qui est de la République Fédérale Kartienne, le choix est clair. Nous honorerons nos accords avec la République d'Antares, nous refusons l'impérialisme Loduarien et agirons à son encontre. Mais vous, Camarades Altrechtois, qu'en est-il ? S'il paraît une distorsion sur la perception de ce conflit entre nos deux Etats, la continuité pourrait s'avérer problématique, j'en ai bien peur. La République Fédérale Kartienne souhait enterrer avec vous notre passé diplomatique bilatéral, mais pour se faire, il est nécessaire de partir sur de bonnes bases, ne pensez-vous pas ?"
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Camarade ou pas camarade ?


Le camarade représentant de la nation, le camarade Ernst Schmid, était quelque peu décontenancé. Il ne savait pas exactement sur quel pied danser étant donné la prise de parole de son homologue kartien. Déjà, le lieu de la rencontre l’avait surpris, mais suite aux explications de son homologue, celui-ci se dit qu’il y avait peut-être des raisons de prendre de telles précautions. Après mûre réflexion, il salua ce geste. Concernant maintenant la prise de parole, il était très complexe pour le camarade représentant de la nation de trouver les mots pour ne pas s’offusquer avec son camarade kartien. Mais l'Antares avait des positions et elle comptait bien les garder. De plus, le contexte politique en Antares étant mouvementé en ces temps, notamment avec une massification des manifestations partout dans le pays en faveur de la Loduarie, ainsi qu’une polarisation de l’idée de la révolution entre pacifistes et béliqueux, le climat politique était extrêmement tendu. Il était clair, dans tous les cas, que le peuple ne soutient pas l’Antarès. Ainsi, le camarade Ernst Schmidt avait pour responsabilité de trouver les mots justes pour ne pas nuire à sa propre politique en matière loduarienne et de ne pas nuire à ses relations entre l’Altrecht et Karty. Alors, il prit la parole de manière très diplomatique, essayant de paraître légèrement moins chaleureux, étant donné la prise de position qu’il allait prendre, tout en essayant de ne pas éveiller en son homologue une haine viscérale :

Le camarade Ernst Schmid : "Camarade Luciano Bellanti, je salue votre décision de nous faire nous rencontrer dans un lieu sous haute protection. Mais passons au sujet le plus important, le cas de l’invasion loduarienne de l’Antares. Notre position officielle est de ne pas prendre position. Nous restons dans un silence le plus total en vertu de notre amitié avec nos camarades kah-tanais et estaliens qui ont décidé de faire de même. Nous ne voyons pas ici l’intérêt pour nous de soutenir l’Antarès, du fait que la révolution doit se faire dans tous les pays, quelle qu’en soit la méthode, malgré que nous ne soutenions pas non plus les ambitions belliqueuses de la Loduarie. Nous considérons que c’est un mal pour un bien. Considérons qu’il faut passer par cela pour arriver à de meilleures conditions pour les prolétaires sur place. Malgré tout, nous avons volontairement décidé d’éviter le sujet. Pour le moment, nous n’avons aucun intérêt là-bas. La Laudiarie devra assumer seule son combat contre l’Antarès. Cette nation est belliqueuse et ne mérite pas notre soutien immédiat. Cependant, nous comprenons totalement que votre accord avec la République d’Antarès vous pousse à la soutenir.

Cependant, camarade, je dois être tout à fait honnête avec vous. Soutenir une nation qui ne prône pas les idées socialistes est une erreur capitale envers le progrès social et un nouvel ordre plus juste pour les prolétaires. Nous serons clairs sur ce sujet, car il est important que vous sachiez qu’en vous positionnant en faveur de l’Antares, même avec des accords, vous vous placerez parmi les socialistes dans le camp des traîtres à la révolution. Car malgré les mauvaises intentions probables de la Loduarie, nul ne peut nier que le résultat sera une amélioration de la condition ouvrière. Ainsi, il sera difficile pour nous de condamner la Loduarie. Nous resterons silencieux. Nous ne la soutiendrons pas, mais nous ne soutiendrons pas non plus l’Antares.

Nous vous invitons à prendre la même position que nous, une position neutre, ou éventuellement à dénoncer les actes loduariens, mais à ne pas pousser à l’intervention militaire sur place. Cela provoquerait l’indignation de plusieurs nations socialistes qui y verraient une trahison envers la cause suprême. Nous vous invitons donc, pour résumer, à ne pas prendre position ou à soutenir politiquement et diplomatiquement l’Antares, sans intervention militaire. J’espère que cette prise de parole fut appréciée comme honnête et sincère. Elle n’avait pas pour but de vous imposer quoi que ce soit ou de revenir à une situation diplomatique tendue entre nos deux nations."

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Gouverneur Luciano Bellanti
AlinéaLuciano avait cette habitude d'être très expressif. Lorsqu'il écoutait, d'une attention qui prêtait à sourire tel son sérieux changeait d'à l'accoutumée, il ne pu s'empêcher de croiser les mains en appuyant le dessous de son menton, comme si la réflexion se voulait trop lourde. Son air et son attitude, tous deux se voulaient extrêmement sérieux. Il acquiesçait de la tête par moments, symbolisant qu'il comprenait la position de son interlocuteur. Finalement, le Gouverneur afficha un large sourire, à contrario de son homologue qui s'était quelque peu tendu. Ses deux mains s'enlevèrent de l'armature de son siège, décollant devant lui pour rythmer sa prise de parole: Luciano est très expressif dans l'attitude.

Gouverneur Luciano Bellanti-"Et je salue tout autant votre prise de position, camarade ! Notre perception vous est claire, or si elle ne l'est pas je vais la clarifier. J'entends l'argumentaire de la cause socialiste, cependant y affilier la Loduarie est une erreur. Entre une démocratie de droite et une dictature qui ne brandit le communisme que comme un nom d'affiche, le choix nous est effectué. De surcroît, au delà de nos accords de défense avec la République d'Antares, cette nation nous est sœur par la culture, la philosophie. En bref, nous protégerons notre alliée, quitte à intervenir directement contre la Loduarie. Rassurez-vous cependant, la République Fédérale est actuellement en discussion avec l'Union Libertaire, l'Estalie entre autres, afin d'éviter une intervention terrestre de notre pays en échange d'une contribution diplomatique. Pour l'heure, notre patrie mère se contente d'une condamnation diplomatique, je ne peux cependant pas vous cacher que la belliciste Loduarie nous est fortement contraignante en matière de diplomatie. Rassurez-vous également, nous ne vous demandons pas de vous positionner contre la Loduarie, ce n'est pas le sujet. En réalité, nous n'aurions pas eu l'occasion de composer dans le cas, non avéré donc, où vous auriez soutenu l'exaction Loduarienne. La République Fédérale Kartienne interviendra contre la Loduarie, mais ne vous demande pas de l'imiter. En revanche elle vous demande de conserver votre position actuelle, comme il semble que vous souhaitiez le faire, à noter de ne pas prendre position. Tant que la Loduarie n'obtient pas de soutien, nous nous en réjouissons. Il n'y a pas de quoi revenir à la tension entre nos pays, la situation me semble plutôt sur bonne voie. Que diriez-vous de le concrétiser, par ailleurs ? La République Fédérale Kartienne a acté reconnaître votre gouvernement, et établi un échange d'ambassades. Il serait productif d'aller plus loin, ne serait-ce que par quelques accords économiques ou des échanges culturels, l'habituel protocole diplomatique en somme."
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Camarade assurément !


Le camarade Ernst Schmid était soulagé de la réaction de son homologue. Il était en effet soucieux de repartir dans des tensions qui avaient que trop duré et souhaitait vraiment se rapprocher de son voisin kartien. Alors, il écouta avec attention son homologue dans sa prise de parole réfléchie. Comme tous le savaient, l’Altrecht était très influencé par l’Estalie et le Grand Kah, mettant en lumière ces deux nations dans la prise de décision et la prise de position altrechtoise. Ainsi, si l’Estalie ou le Grand Kah changeaient de position, l’Altrecht en ferait sûrement de même. Pour le pays, il était en effet important de conserver une attitude coopérative avec ses alliés de longue date, ces alliés qui lui ont permis la révolution et qui lui ont permis de la conserver à long terme. Enfin, après les mots rassurants du gouverneur Luciano Bellanti, le camarade Ernst Schmid semblait acquiescer et se décontracter petit à petit. Il réfléchissait déjà à comment resserrer plus en profondeur les liens qu’il y avait entre Karty et l’Altrecht. Cela pouvait passer par des accords économiques comme culturels. Il pensait déjà à quelques accords qui pouvaient être mis en place. Alors, le camarade Ernst Schmid prit la parole :

Le camarade Ernst Schmid : "Votre prise de parole est pleine de bon sens. Cela nous rassure quant à notre ambition de nous rapprocher de votre nation. Nous souhaitons vous rassurer quant à nos positions. Nous resterons alignés avec nos camarades estaliens et catanais. Si, comme vous le dites, l’Estalie appuiera votre initiative via des condamnations diplomatiques, nous en ferons de même. La Loduarie, comme vous l’avez rappelé, est un État aux contours démocratiques, mais est en réalité une nation beaucoup trop belliqueuse, n’ayant que faire des vertus socialistes qu’elle prône pourtant. Ainsi, nous nous rejoignons sur ce point de vue.

Maintenant, passons à un sujet beaucoup plus concret pour notre nation. Vous avez parlé d’accords économiques. Jusqu’ici, nous pouvons tout à fait abaisser les droits de douane, ouvrir notre réseau aéronautique aux compagnies cartiennes et faciliter les échanges commerciaux. Nous pouvons même conclure des accords d’échange de ressources, comme nous l’avions fait au temps du fascisme et de l’impérialisme de nos deux nations.

Concernant les échanges culturels, nous y voyons en effet un fort potentiel, notamment en ouvrant pour les universitaires des classes d’échange de six mois à une année entre nos pays, comme nous le faisons entre l’Altrecht et l’Estalie. Je pense même pouvoir vous proposer l’envoi de professeurs altrechtois au sein de votre nation pour enseigner la langue altrechtoise, dérivée de l’allemand, comme vous pouvez l’entendre avec notre accent, ainsi que l’envoi de professeurs de langues kartiennes qui enseigneront les différentes langues que votre pays héberge à nos élèves dans des échanges universitaires de plusieurs années. Qu’en pensez-vous et avez-vous d’autres propositions à nous faire ? Nous sommes ouverts là-dessus."

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