07/06/2020
15:23:21
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Presse Marcheburgeoise.

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Ici rien de nouveau sous le soleil, je présenterai l'orientation des médias d'opinion ici...
20015
Policiers du Falkenberg // Image sortie de la Revue Etude traitant des différences entre la police d'Allemagne et la police française. Sujet très intéressant au demeurant, vous devriez y jeter un coup d'oeil !

« Face au terrorisme fasciste, le gouvernement du Marcheburg se doit d’agir ! » 

Mais que fait le gouvernement ? Mais à quoi sert un État incapable d’assurer la sécurité de nos concitoyens ? Pire encore, comment des terroristes aussi brutaux et aussi violents réussirent à s’établir ici, en Wardonie ? Alors que la Confédération s’enfonce dans le silence, se taisant devant des crimes abominables, que les énarques et les aristocrates de notre gouvernement n’ont rien à dire devant de telles atrocités, que les institutions impériales elles-mêmes restent muettes face à une violence qui dépasse toute notion de raison ; les masses doivent se lever ! Et les élites doivent prendre des mesures pour endiguer un nouveau défi qui nous menace tous. L’ennemi n’est plus uniquement le Rouge, l’ennemi n’est plus uniquement le communiste assoiffé de sang et d’expropriations ; l’ennemi dorénavant s’est réformé ; et cet ennemi n’est rien d’autre que le fascisme.

Depuis le Grammatika ; le gouvernement en exil de la despote absolue Weinel s’est expatrié en Wardonie. Alors que les Kartiens et les Kaulthes l’avaient chassés définitivement de ces terres maudites. Malheureusement, loin de s’être assagie, de s’être racheter un nouveau tailleur et une nouvelle conscience ; elle reste fidèle à elle-même. Loyale à ses principes mortifères et explosifs. Et bien entendu, plus folle que jamais, plus déchaînée que jamais, plus sanguinaire que jamais elle a jeté son dévolu sur la Wardonie. Cette femme, qui est-elle, si ce n’est l’incarnation même du Mal ; elle opprime son propre peuple, elle terrifie les peuples étrangers et surtout, son existence seule réussit à humilier, que dis-je humilier ?! À bafouer les principes mêmes de la civilisation ; la piété, la morale et la bonté lui sont des mots inconnus ! Cette criminelle que l’Histoire a si heureusement décidé de destituer de son rôle de chef d’État s’est reconvertie dans le terrorisme. Et ce sous l’attendri regard d’un gouvernement centriste et mollasson ! Depuis que ces malades se sont installés au Flakenberg, depuis qu’ils ont commencé à pervertir ce pays, à le détourner du droit et bon chemin. Cette sorcière là a réussi un double exploit qui forcent notre respect ; elle a d’une part réussi à faire de l’Oberfelsen un fief du fascisme grammatikan ; après tout, l’intégralités des figures de la haine et de l’orthographisme wardonien sont issus de cette province ; et d’autre part, elle réussit à intimider le gouvernement du Falkenberg. Cette femme a réussi à démontrer à quel point des Assemblées fortes ne valent rien !

Cette femme, a réussi à rappeler à la Wardonie toute entière une chose essentielle, une chose vitale sur le Parlementarisme. Cette doctrine politique n’est rien d’autre qu’un vaste enfumage destiné à aveugler les masses ; loin d’être le salut démocratique, cette blague qui se drape du sérieux d’une philosophie prétendument éclairée n’est rien d’autre qu’un moyen d’enchaîner le peuple. Après tout, le parlementarisme n’annonce t’il pas lui-même l’escroquerie qui se cache derrière ? Parle et mens ; voilà comment nous pouvons résumer toutes ces fadaises ; parle et mens, et surtout ne crains pas ton bilan. Ces politiciens qui se pavanent dans leurs costumes trois pièces, avec leurs belles cravates, leurs chaussures luisantes, leurs belles paroles, leurs discours lisses et leur belle gestuelle ne sont rien d’autres que des menteurs ; des menteurs pathologiques. Les dictateurs sont fous à lier, en revanche les politiciens sont bien trop sérieux pour être entièrement sains d’esprit. Leurs grands gestes, leurs grands mots, leurs grandes positions ne sont rien d’autres que du vent ; et alors que les hommes d’affaires brassent des millions, les politiciens préfèrent brassés une ressource inépuisable ; la crédulité. Ne croyez pas voir en eux des sauveurs, ils peinent déjà à sauver leur honneur. Ne croyez pas voir en eux des hommes engagés, car ce ne sont rien d’autres que des arnaqueurs, des menteurs et des manipulateurs. Ce ne sont rien d’autres que des Scapin qui prennent leurs électeurs pour des Cassandre. Et s’ils réussissent à se perpétuer, à se comporter comme des rois, à pistonner leurs enfants comme des princes, à fonder de véritables dynasties politiques indéboulonnables, c’est parce qu’ils continuent à nous mentir avec aplomb, à s’acheter le soutien des grandes fortunes et à éliminer la concurrence ; qu’elle soit politique, ou intellectuelle.

Le politicien est semblable à cette race de poux qui s’accrochent, qui nous sucent le sang jusqu’au moindre millilitre, à ces teignes qui nous pourrissent la peau. Pire encore, loin d’essayer de nous débarrasser de tels poids, de tels fardeaux, de tels boulets, nous les applaudissons, nous continuons à leur fournir notre sang et notre sueur, nous nous évertuons à nous saigner à blanc pour leur permettre de survivre ; comme si nous entretenions une relation symbiotique avec eux. Seulement, cette apparente symbiose n’est rien d’autre qu’une illusion. Un faux semblant. Un drame. Derrière l’écran de fumée qui se diffuse et qui nous aveugle, ces hommes là, ces politiciens, continuent à braquer la banque, à voler le contribuable et à piller l’État ; et nous autres, pauvres naïfs que faisons-nous ? Rien, si ce n’est regarder avec bienveillance ces gros porcs s’empiffrer à nos frais, les laisser prendre ce qui nous reste sous nos matelas. Cette vérité dérangeante, à la fois dégradante et déplaisante, viole les principes mêmes de la démocratie. Ces énormes Messires, s’engraissant comme les cochons dans des élevages devenus fous où le fermier est offert en sacrifice avec une pomme dans la bouche pour les nourrir. Et pourtant, la fermière applaudit ; intimement persuadée que ce criminel holocauste est nécessaire pour que le monde puisse continuer à tourner ; comme si la Terre exploserait si nos bien-aimés parlementaires disparaissaient… Quelle tragique perte… Ô pitié, notre Père qui êtes aux cieux assurez-nous de garder nos sauveurs en vie ! Le politicien, n’est rien d’autre qu’un parasite qui jouit d’une intelligence hors du commun ; pour abuser tout un peuple, pour abuser du monde entier pendant des siècles il a réussi là où ses amis dictateurs ont échoué ; et sans mentir, ces hommes là sont des manipulateurs, certes, mais des manipulateurs lumineux. Ces hommes là sont des menteurs certes, mais des menteurs brillants. Ces hommes là sont des arnaqueurs, mais des arnaqueurs éblouissants ; si éblouissants qu’ils réussissent à aveugler des peuples entiers pour les abuser.

D’abord parce qu’il a réussi là où tout le monde à échouer ; c’est à dire à pousser l’électeur à garder ses chaînes ; à lui inculquer que c’est même ces dernières qui le rendent libres. En lissant le citoyen, ils ont réussi à en faire un esclave. Un esclave d’autant plus docile qu’il n’a pas conscience de sa servitude ; alors que les serfs étaient attachés à leurs terres, les esclaves d’aujourd’hui sont attachés à leurs partis ; enfin à des hommes guidant des partis comme s’ils guidaient des moutons. Ces hommes là, pasteurs des temps modernes ayant subtilement remplacés les révérends-pères du passé traitent leurs fidèles comme du bétail. Ils le refourgue à leurs successeurs lorsqu’ils considèrent avoir passés assez de temps à mentir et à tromper. Et surtout, lorsqu’ils ont fini de se remplir les poches sous l’œil bienveillant d’un État paternel… Et comme toujours, cette clique de menteurs jouent un jeu digne des meilleurs acteurs ; tantôt les figures sacrées des mouvements populaires, tantôt les héros torturés jurant sur leurs mères qu’ils défendent les intérêts des masses. Ces Shakespeare promettant d’une main de protéger de leur vie le pouvoir d’achat, l’identité ou la diversité bradent de l’autre les intérêts wardoniens aux magnats les plus offrants. Après avoir assassiné leur électorat, après l’avoir manipulé et après avoir abusé de lui comme s’il n’était rien d’autre qu’une traînée, ces Molière se retirent comme si de rien n’était et laissent la place à leurs successeurs. Et bien entendu, sous le regard attendrit d’une foule de brebis bêlant inlassablement ; « il a raison ! ».

Et dans cette mascarade de démocratie ; le temple de ces menteurs n’est rien d’autre que le Parlement. Parle et mens. Et surtout, ne fais rien. Promets d’agir comme un homme intègre, promets de n’avoir en tête que les intérêts de la nation, promets de d’agir pour le bien de tous. Et surtout, parle et mens autant que possible. Aucune occasion n’est assez bonne pour se taire ! Défends la famille devant ta femme et ta maîtresse. Défends l’éthique devant l’électeur et offre des médailles à tes « bienfaiteurs » et à tes clients. Défends la patrie devant le peuple, et pactise avec ses ennemis derrière. C’est comme ça qu’agit le politicien, cette bête immorale que l’or et le pouvoir assoiffent et que l’électeur nourrit à ses dépens. Et le Parlement dans tout ça n’est pas l’autel où l’on sacrifie des enfants ; c’est le temple où l’intérêt supérieur est bradé en quelques secondes au terme d’échanges d’arguments sonnants et trébuchants n’ayant duré que quelques secondes et où l’on continue pourtant à jouer la même pièce, constamment, avec les même trois pièces et les mêmes gestes. Dans des échanges de paroles qui durent des heures et qui concourt à faire croire que ces Messires se préoccupent du Bien Commun. Et le tout accrédité par une flopée d’arguments creux, inintéressants et pathétiques que l’on s’échange devant les caméras après s’être serrés la main autour de mallettes de cashs. Ce cirque ne finira jamais car on affuble ses comédiens du nom de « politiciens engagés », « d’hommes convaincus »… Tandis qu’un battage médiatique permanent et oppressant ne fait que réduire en compote les électeurs ; ces moutons bêlant à qui veut l’entendre que ce Messire là est un « grand homme » sont les produits d’un journalisme abrutit et lui aussi acheté.

Car comprenez que si l’esclave n’a pas conscience de ses chaînes, c’est avant tout parce qu’une clique d’intellectuels brandissant des arguments vieux de plusieurs siècles se pressent autour du peuple pour l’encadrer ; le politicien guide son troupeau tandis que les génies asymptomatiques ne sont rien d’autres que les chiens encadrant les brebis et dévorant celles qui ont le malheur de s’écarter du troupeau. Sous leurs airs respectables ; après tout qui oserait croire que de braves messieurs si intelligents seraient capables de tromper un peuple entier pour quelques kopecks. Après ne sont-ils pas les détenteurs de la vraie véritable et véridique vérité ? Qui oserait se douter que des airs si respectables, des discours si pompeux et des prises de paroles qui se veulent raisonnées, se cachent des escrocs aux diplômes immérités et qui pourtant se prétendent éclairés. Après tout, ce sont des hommes tellement brillants qu’ils ne réussissent pas à illuminer une lanterne. Car ces prophètes de la fin du monde ; annonçant que le progrès est le seul salut pour l’homme, que les traditions ne sont que des carcans, que la religion n’est rien d’autre qu’une prison et que la famille n’est qu’une vaste fumisterie… Et qui derrière, ne se gênent pas pour promouvoir les pires châtiments pour le pire crime qu’un homme ne puisse jamais commettre ; à savoir aimer sa femme et ses enfants et adorer son pays. Tout ces intellectuels, malgré leurs airs de génies torturés qu’un méchant gouvernement conservateur chercherait à faire taire, travaille en vérité avec les parlementaires. Ils sont leurs maîtres à penser, leurs chefs spirituels ; c’est à cause d’eux que tout nos maîtres sont entrés en politique, tandis que les connaissances de Papa ou de Maman les aidaient à monter rapidement les échelons. Et c’est eux, ces lâches se prenant pour des chevaliers blancs purs de tout péchés et incapables de la moindre mauvaise pensée qui guident tels des gourous nos esprits.

Car au fond ces intellectuels de droite ou de gauche concourent tous ensemble à la destruction de ce qui fait une société saine. Comme l’a rappelé un grand homme « laissons nos philosophes se divertir dans leurs écoles, mais qu’ils ne s’évadent pas de leurs prisons pour exploser dans le monde comme un vent d’Est, pour balayer la terre avec la fureur d’un ouragan, briser les veines des sources les plus profondes et à la fin nous en submerger ! » car ces génies des livres sont à l’origine du parlementarisme ! Comme si laisser les clefs de la maison à des politiciens véreux ne pouvait qu’amener à la grandeur de la nation, comme si continuait à hurler des insanités à l’encontre de tout ce qui fait notre monde ne pouvait qu’avoir des conséquences positives. Ces monstres aboyèrent sur la famille, et la voilà qu’elle a disparu du Grand Kah. Ces animaux clamèrent l’universalité de la démocratie, la voilà qui est larguée sur Carnavale. Ces chiens huèrent la tradition, voilà que Messalie s’offre aux fascistes et aux Rouges. À force de dénoncer tout ce qui fait un peuple, à force de confier toujours plus de pouvoir à un Parlement obèse dans tout les sens du terme, voilà que Weinel pose des bombes dans les grandes allées marchandes, tandis que le gouvernement du Falkenberg, centriste (Seigneur, comment un peuple a t’il pu tomber si bas?), négocie et s’incline devant sa nouvelle maîtresse… Quelle honte ! Quelle indignité ! Quel outrage !

Les principaux fautifs dans cette affaire furent ceux qui crurent que l’on peut se permettre de renier la véritable démocratie locale au profit de la « démocratie » centralisée, nationalisée, rationnalisée. Comme si les réalités sociales du Pfalz sont similaires à celles du Marcheburg ! Cette erreur là, de croire que l’on est libre si l’on jouit de libertés inutiles et parfois absurdes, comme le droit de choisir nos maîtres, c’est celles que firent bon nombre de peuples. L’Antérinie, prétendu cœur battant du conservatisme, pactise avec Satan, enfin du moins le Kah. Ce cœur si vigoureux, qu’il s’est arrêté de battre, las de faire tourner un État trop fort et une Assemblée inutile et omniprésente, se faisant passer pour le frère de tout les Antériniens alors qu’elle ne fait que les exploiter et les asservir, comme au Falkenberg. Car ces intellectuels, en étant persuadés que seule la prétendue démocratie universelle ne pouvait que marcher, ils tuèrent la vraie démocratie en rabâchant les mêmes discours, inlassablement. En contaminant les universités. En infectant les médias. En balayant sans la moindre pitié les idées et théories contraires. Non pas par la justesse de leurs arguments, mais en répétant toujours le même mantra ; en accusant l’adversaire d’être un méchant « réactionnaire » ou un méchant « fasciste », tandis que ces mêmes hommes en noirs contaminaient les rues d’Helmbourg. Et suite à ce lavage de cerveau intensif, à répéter la même chose comme un vulgaire perroquet, voilà que l’électeur et contaminé par cette idée de démocratie qui se passerait bien du local ; le voilà qu’il défends avec ardeur et courage, que dis-je ? Avec une héroïque bravoure qui ferait verdir de jalousie Lancelot lui-même ! Les voilà à défendre leurs maîtres, à réclamer plus de chaînes ! Et naturellement, pour ces intellectuels si éclairés, nul n’a trouvé bon d’avertir le public du suicide qu’il s’apprêtait à commettre. Ou du moins, ceux qui avaient l’audace de s’opposer à cette démocratie biaisée étaient mis au ban des médias d’influence, taxés d’ « extrémistes » accusation qui ne fera que les poursuivre. Seul un mea culpa public et une autocritique de plusieurs dizaines de pages permettent de pardonner ce jeune fou qui osait proposer un son de cloche différent.

Ainsi, ces intellectuels élevèrent cet adage au rang de mantra ; « vox populi, vox Dei » ; comme si le peuple était la quintessence de la perfection, et que Dieu n’était rien d’autre qu’un larbin votant pour le maintien de son maître en place… Et naturellement, une fois que l’on s’enferme en jetant les clefs dehors, que l’on établit cette merveilleuse démocratie où l’on érige les parlementaires en héros populaires ; l’Assemblée ne tarde pas à nous enlever tout ce qui pourrait la contester ; ces messires préfèrent régner en Oligarques plutot que d’avoir à partager le pouvoir avec des institutions locales. Et en un clin d’oeil, le temps que l’électeur retourne à son bureau de vote en croyant naïvement sanctionner les mauvais, le voilà dépossédé des moyens capables de le protéger des intrusions du pouvoir politique. Dans ce dépouillement en règles, tout à fait légal, le dindon n’était rien d’autre que le serf qui a cru qu’il pouvait choisir ses maîtres… Mais comme toujours, ses seigneurs changent, de costume et de postures, mais sa terre l’empêche de songer à un avenir meilleur. Les sirènes lui murmurent à l’oreille que seul l’expropriation généralisée, l’érection du vol en système politique et la haine de l’entreprise en modèle moral vertueux. Ainsi naquirent le fascisme et le communisme ; cousins que le clivage gauche droite sépare, mais qui pourtant partagent bien plus en commun qu’on ne voudrait le croire.

Ces deux bâtards, sont les fils maudits du parlementarisme décadent ; incapable de se maintenir lui-même. Le peuple, même s’il est long à la détente, réagit. Et généralement, sa violence n’a aucune limite, sa vindicte non plus. Et les figures visibles ; les têtes d’affiche des partis politiques, les personnalités publiques connues pour leurs vies débauchées sont toujours les premières à être traînées dans la boue, le mépris et à recevoir la haine et les coups. Seulement, en renversant l’ancien système, en écrasant leurs maîtres ; ils n’ont pas brisés leurs chaînes ; le peuple est toujours esclave, mais non plus d’une Assemblée, mais d’un groupe d’hommes d’abord, puis ensuite, après des luttes internes brèves et sanglantes, des purges massives, les voilà devenus l’exclusive propriété du Maître. Nouveau Dieu vivant. Lorenzo n’est t’il pas l’équivalent de Jésus ressuscité sauvant l’individu de la damnation capitaliste ? Et tandis que la nomenklatura étrangère s’étant brutalement découverts « prolétaires » s’écriaient « Alléluia », Lorenzo massacrait son peuple. Et faute d’un pouvoir décentralisé, capable de résister à un pouvoir parlementaire obèse et oppressif, remplacé par une dictature autophage, de nombreux États deviennent les victimes de despotes plus ou moins sains d’esprit. Lograno, Lorenzo, Sattler, c’est toujours les mêmes qui s’emparent du pouvoir ; à la fois trop étendu et trop faible pour se défendre.

Et malheureusement, je crains que le Falkenberg ne connaisse le même sort. En ayant centralisé le pouvoir ; en l’ayant offert en sacrifice à une Assemblée de faiblards centristes incapables d’assumer le véritable poids du pouvoir et en aillant dépouillé les collectivités, l’Église et la Monarchie de toute capacité d’intervention, le Falkenberg s’est livré pieds et poings liés à Weinel. Et la voilà maintenant à poser des bombes et à menacer de les faire exploser si le gouvernement n’accorde pas de fiefs aux othographistes. Dans cette affaire, les élites parlementaristes par leurs insupportables et irresponsables susurrements sont tout autant responsables du chaos ambiant que les centristes incapables de prendre de vraies décisions, de porter leur courage à deux mains et de mobiliser l’armée pour réprimer ce mouvement terroriste qui a fait du Grammatika un État satellite de l’ogre kartien. Et à mon humble avis, ce qui se produira au Falkenberg ne sera pas si éloigné de ce qui s’est passé à Karty ; l’Oberfelsen deviendra autonome et Teyla, Velsna, voire pire la Loduarie, se chargeront de remettre de l’ordre et se feront probablement une joie d’intervenir dans nos affaires internes.

Car voyez-vous, en plus de l’assourdissant silence du gouvernement marcheburgeois, personne ne s’est posée cette question ; pourquoi eux et pas nous ? Simplement car le Marcheburg est un régime décentralisé, une véritable démocratie organique, c’est à dire comme un corps composé d’une multitude d’organes interdépendants n’ayant pas besoin de constamment justifier leurs actions à un maître. Et cette forme de démocratie est la seule qui puisse réellement être appelée démocratie, car une démocratie parlementaire (oxymore) est une vaste escroquerie intellectuelle reposant sur ce simple fait ; les électeurs ne savent pas de quoi on parle. Est-ce que le commun des mortels a rédigé des thèses d’économie ? A t’il une maîtrise totale de l’art de la diplomatie et des relations internationales ? S’y connaît-il sur les grandes questions politiques et sociales ? Non, pas le moins du monde. En revanche, il est capable de pouvoir avoir un impact positif sur sa communauté villageoise. C’est le quotidien qui est en jeu, ce ne sont pas des débats métaphysiques, quasiment ésotériques, qui aiguillent le vote et la parole du villageois mais des questions quotidiennes ayant attraits à la vie courante ; comme les impôts locaux qui bénéficeraient à la construction d’un centre commercial ou à une clinique… Ce genre de considération est bien plus proche de nous que de savoir si oui ou non la famille est une prison, si oui ou non l’État doit avoir plus de fonctionnaires ; alors que l’on sait tous qu’en campagne, personne ne voit de blouses blanches travaillant pour l’État… Car c’est ça l’avantage du local sur le global ; nous savons toujours mieux ce qui se passe à côté de chez nous et ce qu’il faut plutot que de prétendre donné un avis biaisé sur un sujet qui nous apparaît tout de même vague ; un peu trop lointain. C’est pour cela que je considérerai toujours qu’une démocratie est une municipalité qui peut invalider à l’échelle locale des décisions parlementaires. Et c’est ça à mon avis qui est le plus beau dans les régimes libertaires et qui sont malheureusement bien trop oubliés dans les régimes conservateurs, teintés d’un jacobinisme cynique qui abolit plus vite que nécessaire les privilèges et les prérogatives accordées depuis des siècles aux provinces.

Dès lors, en clair et en simple ; notre ennemi n’est pas uniquement le député ; qui ne pratique que deux activités ; parler et mentir. Mais c’est aussi l’intellectuel prétendant exercer le ministère des âmes et guider la pensée de nos concitoyens vers un modèle centralisé, absurde et stupide où à terme l’électeur perds sa liberté en votant pour quelques des beaux-parleurs maniant le style mais incapables de proposer des solutions concrètes. Le seul moyen de lutter contre ces idées centralisatrices mortifères est l’action locale. Décentralisée et cohérente. Ce qui fait la force d’une démocratie est l’action du peuple ; tout est dans le nom, et ce dernier doit agir concrètement pour lui-même plutot que de voter pour quelques demis-habiles bien habillés incapables de penser à la majorité. Si le Falkenberg n’avait pas décidé de devenir un régime parlementariste, probablement que les fascistes du Grammatika auraient dû poser bagages ailleurs. Quant au gouvernement, que va t’il faire ? Prendre les décisions qu’il faut, quitte à intervenir militairement au Falkenberg ou laisser les autres puissances régionales s’ingérer dans nos affaires et faire fi de notre consentement ? Nous voulons des réponses, et est-ce que Hiedebber ou Cielazur-Pfalz vont enfin prendre position ou devrions-nous nous inquiéter de l’inactivité du gouvernement et voir à quel point les parlementaires ne savent décidément faire qu’une seule chose ; parler et mentir. En gardant le silence, en tout cas, le gouvernement le montre ; le silence du Parlement est éloquent, et celui de nos gouvernants l’est encore plus ; devrions-nous donc comprendre maintenant que le Marcheburg n’est rien d’autre qu’une démocratie parlementaire faillie qui a érigé ce leitmotiv en loi ; Parle et Mens ?

Hermann Särren pour le Die Marcheburger Zeitung (la Gazette de Marcheburg).
17535
Monsieur le Premier Ministre Mark von Hiedebber // Dolfuss, Chancelier d'Autriche peu avant l’Anschluss

Le M.O.O contre la Wardonie ; que penser de la situation en Oberfelsen ?

Qu’est-ce que la Wardonie si ce n’est qu’une Confédération de Princes reconnaissant l’autorité nominale de Sa Majesté l’Empereur des Germains ! Dès lors, les Princes, ont en conséquence toute autorité sur leurs sujets, mais aussi et surtout sur leurs terres. C’est la le fondement même de la Wardonie, le concept même qui dicte le contrat social wardonien. Et pourtant, certains, certains fêlés, certains terroristes sociaux, osent repenser de leur propre chef ce qui fait l’unité de l’Empire ; comme si nous avions demandé à ces demis-habiles de penser ! Et voilà cette horde de philosophes du dimanche, d’idéologues en tout poil, d’agents de l’étranger, qui se permet de mobiliser des notions anti-wardoniennes ; des folies intellectuelles d’une hypocrisie sans nom, mais aussi d’une bêtise inommable. Voilà donc ce qu’est le Mouvement Orthographiste Oberfelsenois ; une foutaise. Leur concept même repose sur des principes erronées que ces nazillons venus tout droit d’Eurysie centrale ont tenté d’acclimater à la sauce locale. Voilà comment résumer en quelques mots ce que sont ces criminels et leurs idées. Ce que propose le M.O.O est tout simplement la fin même de l’idée monarchique ; la fin même de l’idée teutonique, la fin même de la Wardonie. Ces bêtes à visage humains promeuvent le pire ; le désordre, l’instabilité, le terrorisme, la violence, le chaos, le démentèlement de l’Empire et la formation d’une multitude d’Etats purement ethnolinguistiques.

Car au final, la légitimité du Mouvement, ou du moins le semblant de légitimité de ce dernier, ne repose que sur une idée ; le « droit » des peuples à disposer d’eux-mêmes. Comme si un peuple savait ce qui est bon pour lui ? Comme s’il avait le droit de s’opposer à une institution millénaire pour réclamer une nouveauté qu’il n’a jamais expérimenté et qui, si ça se trouve, n’est qu’un ramassis fumant de mots inutilement complexes sans véritable sens ni utilité ; un peu comme le socialisme. Voilà ce que ça donne lorsque le peuple décide ; lorsqu’il se permet de prendre des décisions qui ne lui appartiennent pas ; comme un enfant décidant de sa routine quotidienne alors qu’il est toujours incapable de se laver les dents. Vous en conviendrez cette idée, présentée comme ça est absurde ; et elle reflète assez bien les inepties progressistes que les écrivaillons des Lumières, ces bellîtres croyant défendre la veuve et l’orphelin après avoir reçus leurs ordres et leurs bourses de princes tyranniques. Voilà donc que des écrits, des détritus littéraires, ont inspiré des régimes politiques. Dire que des utopies ont fait des États est à la fois le pire cauchemar de l’homme de tête et le meilleur rêve de l’idéaliste niais et simplet se battant contre l’« injustice », l’« inégalité », l’« obscurantisme » ; comme si des livres pouvaient combattre tout ces maux ! La prochaine fois que le Kah envahira un énième État nous lui balancerons un Atkinson à la face pour voir si les chars s’arrêteront… La prochaine fois que les inégalités de richesse dépasseront une nouvelle fois des sommets en Alguarena nous enverrons des Zola pour endiguer ce fléau…

Quelle ingénuité tout de même ! Qui pourrait croire que des penseurs n’ayant rien connu de la vie, de la vraie vie j’entends, puissent imposer à la société leur vision d’un modèle politique prétendument « juste », prétendument « éthique », prétendument « populaire » en érigeant des principes, des idées, des notions comme modèle absolu. C’est à la fois la fin et la perfection de notre humanité ; le début de la fin pour nos sociétés et le paroxysme du gouvernement moral, corsetant et corseté. Ces régimes pensés comme moralement supérieur ont bien du mal à subir la vérité de la vie ; à passer l’épreuve de la réalité. Les premières républiques furent de cinglants échecs ; des ratés monumentaux qui loin d’abolir les disparités entre ordres n’ont fait que confirmer la supériorité et l’hégémonie de la bourgeoisie. Une sanglante confirmation qui vit la noblesse décimée et le tiers d’état abandonné. Simplement utilisé, comme le marteau que l’on brandit pour briser ou enfoncer des écrous. Et cette foule stupide, cette masse informe, ce courant furieux qu’il est facile de réveiller mais difficile à apaiser. Une sorte de taureau fou que l’on excite avec un foulard ! Voilà ce qu’est une révolution ; une manipulation plus ou moins grossière que des intellectuels médiocres s’imaginant marcher dans les pas des plus grands philosophes.

C’est de cela qu’il s’agit en vérité. Ces philosophes sont les pères d’un universalisme qui, au prétexte de préserver les « libertés inhérentes à chaque individu » asservit le monde entier à des principes qui n’ont rien d’universel et qui ne méritent aucune attention. Les peuples ont des droits qui leurs sont propres ; des devoirs qui leurs sont propres, des aspirations qui leurs sont propres. Chaque peuple est différent ; l’universalisme tente de gommer cette différence fondamentale en faisant croire qu’un Jashurien et un Marcheburgeois sont au final une seule et même chose ; comme si il n’y avait absolument rien qui ne les séparait… Seulement quelques traditions folkloriques ; des bêtises qui révèleraient des sensibilités plus ou moins spirituelles, familiales ou que sais-je encore ! Sincèrement, j’ai bien du mal à croire en ce mythe ; de l’universalité. La tradition est nécessaire car elle structure nos sociétés ; elle donne un cadre moral nécessaire aux individus tout en les soudant autour de rites sociaux communs ; c’est la seule chose qui nous sépare de l’animal. Les dauphins, les singes ou les fourmis ne dansent pas, n’ont pas de rites politiques ou religieux, ils n’ont rien des Karneval, des Oktoberfest ou des Sankt Martinstag. Tout comme ils ne fêtent pas la saint-Jean, Noël ou l’Ascension comme en Antérinie ! Les traditions, ne sont certainement pas cet ennuyeux bagage culturel oppressif, bien au contraire elles sont ce qui forment une société en l’unissant, en agglutinant doucement les individus autour de mythes et de valeurs communes. Par ailleurs, les traditions sont la preuve vivante des différences fondamentales qui divisent à jamais les peuples (sans pour autant les opposer!) ; quel serait le lien entre l’Iri Ij Onhuru marcinoise et la Tomatina luzoise ? J’ai bien du mal en vérité à croire en ce profond déni de réalité ; ce refus obstiné de voir que des idées ne sauraient êtres transcendantes et universelles !

Comme si ce que pense Zhuangzi ou Lao Zi est radicalement différent de Platon ou de Smith… Il est évident que même si la Liberté n’est pas purement occidentale, propre à une certaine civilisation, la liberté n’est pas pour autant la même partout dans le monde. Les Igbos, les Jashicas ou les Austariens n’ont absolument pas la même conception de cette dernière. En ce sens je considère que croire que la liberté est universelle car pensée par (presque) tout le monde est insensée car ce tout le monde ne pense pas pareil ; au contraire d’ailleurs. L’hédonisme individualiste n’a rien à voir avec la perpétuelle recherche de l’harmonie des Xins. Et à bien des égards, il nous serait difficile de défendre bec et ongles la liberté selon les Xins, d’affirmer que le Mandat Céleste, pourtant garant de l’équilibre entre les Cieux et la Terre serait le plus permissif et libéral de la Terre ; comme si la Liberté se caractérisait uniquement par la permissivité et le laisser-faire le plus absolu… Enfin, nous le voyons l’universalité dès lors n’a aucun sens ; ce n’est pas parce qu’une notion existe un peu partout qu’elle est la même partout. De légères différences, voire d’énormes nuances, existent. Elles s’imposent et rendent paradoxales, que dis-je irréconciliables, ces deux modèles, ces deux philosophies. Ce n’est pas parce que l’on traite d’un même sujet que les réponses, les prémisses, seront les mêmes…

Dès lors nous fonçons droit dans le mur ; nous menaçons de nous écraser intellectuellement dans un non sens car on découvre que l’universalisme a le mérite de proposer une seule et même définition de concepts essentiels qui s’applique partout en tout lieux et en tout moments. C’est d’ailleurs la seule raison qui rends cette universalisme séduisant… Car le débat est plus large ; qu’est ce qui est juste et qu’est-ce qui est injuste ? Les peuples, même s’ils ne sont pas tous aptes à gouverner, restent tout de même capable de distinguer ce qui est juste et injuste. Et donc de se soulever contre ce qui ne va pas ; contre les violations évidentes de leurs droits que je qualifierai de « naturels » ; l’impasse de l’universalisme en effet a donné de faux prétextes aux peuples pour se soulever tandis que c’est au nom de la démocratie libérale universelle que d’autres acceptent de nouvelles chaînes… En ça donc il faut nous approcher de la véritable nécessité que représente la définition d’un droit naturel résolument local et différencié selon les peuples ; le seul à même de les défendre contre les abus du pouvoir, les vices de la centralisation et les fausses bonnes idées insufflées par les Lumières.

Car l’erreur fondamentale dans cette sinistre affaire est bien entendu la démocratie et l’idylle avec l’universalisme. Deux valeurs que l’on croit, à tort, liés par une sorte de pacte de sang. Et pourtant, l’un comme l’autre restent tout à fait différentes. La première repose sur la croyance qu’un régime gouverné par un peuple est capable de fonctionner sans faire appel à des solutions autoritaires, aristocratiques ou monarchiques. La seconde idée est le fait de penser que l’on peut exporter son modèle de gouvernance, sa religion ou sa philosophie au reste du monde sans avoir besoin de la modifier. C’est là les deux définitions dont nous avons besoin pour aborder la bien épineuse question de l’Oberfelesen et du modèle de gouvernance wardon plus particulariste et régionaliste qu’unitaire et universel. Seulement l’universel pose un problème que nous sommes tous capables d’identifier ; si l’on impose une idée telle quelle à un État, ce n’est rarement qu’un partage de connaissance, on est plutot sur de la colonisation, de la violation de l’intimité intellectuelle en refusant toutes les autres idées en réduisant ces dernières à de folkloriques traditions ; un peu comme les Blancs débarquant en Afarée pour expliquer aux locaux qu’il faudrait cesser les danses de la pluie et qu’ils devraient s’inspirer du « meilleur » modèle de pensée du monde ; le rationalisme occidental, la démocratie libérale et bientôt l’égalité absolue et universelle… L’universalisme n’est donc rien d’autre que du colonialisme, mais avec une meilleure équipe de communicants qui réussissent l’exploit de déguiser un mot par un autre dans un subterfuge qui n’aurait absolument rien à envier à Oudini en personne ! Du grand art en somme. Car après tout, les meilleurs maîtres de l’illusion sont les plus grands philosophes.

Ceux-là mêmes qui tout en dénonçant l’impérialisme occidental, se permettent de proposer un nouvel impérialisme, qui ne serait plus racial, mais moral. Cette universalité de certaines valeurs, imposées aux peuples locaux plus que souhaitées mais qui, semble-t’il, réussit le tour de force de se faire passer pour « naturelle » comme un droit inaliénable… C’est donc la porte ouverte à l’impérialisme de ce siècle ; celui de la démocratie libérale universelle. L’Alguarena coulant par le fond la flotte loduarienne pourrait presque passer pour un libérateur de peuples ; mais la palme du meilleur acteur et du meilleur défenseur des peuples revient bien entendu aux membres de l’Organisation des Nations Démocratiques. Cette dernière multiplie les opérations militaires en Eurysie du Nord et réussit tout de même à conserver une excellente réputation ; l’impérialisme ne paie que quand il est enrobé d’une couche de douceur… L’opération au Hivistland, territoire autonome de l’ancien Valkoïenland, s’est faite sans l’accord du gouvernement local, sans aucun respect pour la souveraineté valkoienlandaise et dans le mépris le plus absolu de l’autonomie du territoire local… Des milliers de morts, des centaines d’immeubles détruits et un État réduit à néant pour la plus grande gloire de la démocratie. Après tout, il est certain que les autochtones soient dorénavant heureux d’être devenus citoyens d’un charmant protectorat pauvre. Ils ont gagné au change. Difficile en effet d’en vouloir aux braves soldats onédiens qui ont établis la démocratie (et un nouveau protectorat mais ça faut éviter de le crier trop fort !) face à une masse d’arriérés fascisants !

C’est ce que l’on pourrait appeler la Res Publica universalis ; la République universelle unissant le genre humain autour de valeurs progressistes, moralement supérieures et profondément libérales. C’est cette vision là que l’O.N.D défends avec acharnement ; ses régimes parlementaires inefficients, des politiques iniques défendant l’« équité » en proposant simplement de lester la balance en faveur de groupes « marginalisés », et des interventions militaires pour protéger les minorités contre les méchants réactionnaires. C’est ainsi que la Pravoslavie fut sympathiquement mise sous blocus par Velsna et le Slaviensk pour avoir mis en place des politiques rappelant l’importance fondamentale de la famille (vous voyez comme il est facile d’utiliser de grands mots pour évoquer le lynchage institutionnel des minorités sexuelles!). Et cette opération avait-elle la moindre légitimité politique ? Non. Avait-elle un intérêt stratégique ; bien entendu. Velsna qui défends les minorités est un spectacle qui ne manque pas d’ironie ; la Cité sur l’eau reste connue pour son conservatisme et les femmes possèdent des droits politiques limités. Les demoiselles velsniennes sont par ailleurs bien remontées contre l’ordre patriarcal au vue des frasques de Mademoiselle Esperini.

Et voilà donc pourquoi le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes n’est rien d’autre qu’une escroquerie justifiant l’emploi de la force par les grandes puissances. Cette libre-disposition de soi-même ne peut s’appliquer que dans deux cas seulement ; quand le choix de gouvernement est une démocratie libérale et progressiste, et quand le peuple en question ne vit pas sous le joug d’une puissance coloniale. Comment imaginer que l’Overijeld reconnaisse l’indépendance de Jawatra ? Que l’Antérinie n’admette le droit des Bahamanites à disposer d’eux-mêmes ? Que le Kah accepte de relâcher ses États clients ? On a bien du mal à imaginer les grandes puissances reconnaître de bon cœur et avec bonne foi ce droit-là. Au contraire on devrait plutot supposer que sans la pression des armes et des autres puissances certains s’abstiendraient d’offrir l’indépendance à des peuples et à les laisser en paix. La vraie vie est moins conciliante, plus impériale. La force n’est pas une solution parmi tant d’autres, elle est la solution. C’est pour cette raison que ce « droit » octroyé aux peuples rime avec terrorisme ; qu’il réverbère dans son nom les explosions ayant causées des centaines de victimes ; qu’il réfléchit ce qu’il y a de plus bestial et de plus hypocrite en nous. Le droit des peuples n’est rien d’autre qu’une utopie imposée par des universalistes au grand cœur qui, en vérité, n’en ont rien à faire de ce dernier. Ce n’est rien d’autre qu’une caution morale que l’on brandit pour affirmer au reste du monde que l’on vaut mieux que lui. Ce n’est qu’un ultime doigt d’honneur fait à la décence. Souvenons-nous de Marcine, composante de l’Empire Confédéral Uni ordonnant au Grammatika de relâcher l’Afarée Centrale alors que quelques années auparavant l’Antérinie se nommait Empire Colonial Antérinien… L’ironie ne manque pas piquant dans cette situation. Et malheureusement, les exemples se multiplient ; Karty venant « libérer » le Grammatika, l’Estalie et le Kah « libérant » l’Hostaliene ; on voit que beaucoup d’Etats, bon nombre de bureaucrates savent mieux que les peuples ce qui est bon pour eux. Ils décident à leur place. Qu’est-ce qu’est cela si ce n’est du paternalisme ?

Et nous touchons enfin le cœur du sujet ; le peuple pour qui l’on parle beaucoup, n’est rien d’autre qu’une marionnette. Le Peuple ne pense pas ; tout simplement parce que le Peuple n’est pas une personne, c’est une idée. C’est tout au plus un corps électoral ; ce n’est pas une masse compacte aux ambitions, aspirations, besoins et objectifs similaires ; un pfalzois n’a pas les mêmes préoccupations qu’un Marcheburgeois, tout comme le dernier des ouvriers n’a pas les mêmes buts que le premier des aristocrates… Il est donc absurde que de croire qu’un ensemble que la langue et la culture unissent à peine prétende décider. Car la faiblesse du « droit » des peuples à disposer d’eux-mêmes et la même que la faiblesse de la « démocratie ». Le peuple ne peut décider car il en est incapable. Non pas parce qu’il est stupide, balourd ou simplet, mais simplement parce qu’il est trop divisé ; il est à l’image de Cerbère ne sachant où aller car ses têtes choississent des directions différentes. On ne sait pas vraiment où ce peuple veut aller ; un beau matin il choisit bleu, un autre rouge, et puis le surlendemain il préfère le brun… Vous en conviendrez on a bien du mal à savoir ce qu’il veut ; et si l’on ne sait ce que l’on veut vraiment nous courrons droit à la catastrophe. Un peu comme l’âne ne sachant ce qu’il veut entre l’eau et le foin ; finalement il meurt de soif. Un État qui ne peut se fixer un cap clair est voué à s’effondrer. Et donc c’est pour cette raison que sans la stabilité, ne serait-ce que dans les affaires les plus primordiales, comme la diplomatie ou l’économie. Un État qui dit rouge un jour, puis noir l’autre est indigne de confiance, et en diplomatie comme en finance, la confiance est primordiale.

Dès lors, comment faire pour préserver cette si nécessaire stabilité ? Le peuple étant semblable à ces messieurs qui ne savent s’attacher à une maîtresse et qui décident donc d’en courtiser plusieurs à la fois, nous sommes obligés d’affirmer qu’il est donc nécessaire de mettre sous tutelle ce dernier pour préserver le peu de fortune qu’il lui reste. Et c’en est de même que dans un pays ; sans souverain, sans tête, nous errons à l’aveuglette, comme ces Grées que l’on retrouve dans la mythologie antique, qui sont forcées de se partager un œil pour trois. Et voilà donc ce qu’est un souverain, un guide, un homme chargé de choisir la meilleure direction possible pour des millions de personnes. Mais ça ne signifie pas pour autant que le peuple est dénué de droits ; le monarque ne peut agir en despote Aykhanide, il ne peut décapiter qui il veut tout comme il ne peut violer les droits élémentaires que ses sujets ont acquis, ont obtenus. Un prince en effet ne peut violer la coutume comme bon lui semble, la tradition n’est pas une république et il ne peut profaner les lois ancestrales au nom d’un « progrès » temporaire tout à fait subjectif est tout à fait arbitraire. La tradition est ce gage de stabilité qui préserve plus que tout les libertés particulières de ses sujets. Ces dernières sont les seules véritables garanties donnant un droit légitime à ces derniers de se soulever contre les tyrans, les mauvais conseillers et les gouverneurs injustes. Je ne nie pas des droits, ils sont héréditaires et imprescriptible ; en revanche nul ne peut se permettre de considérer que l’on peut s’octroyer plus de libertés que de raison ; et ce sans même parler de la légitimité de telles choses ; qui peut décider qu’il mérite plus qu’il n’a déjà ? Qui peut considérer que ce que concède le Prince n’est pas suffisant ? Qui peut décider de son propre chef de s’accorder plus ? Quelle est la légitimité d’une telle décision, si ce n’est l’effondrement de l’ordre social au profit du chaos et de l’anarchie généralisée ; la guerre civile. À chacun sa place et les peuples seront bien gouvernés.

Ainsi que retire-t’on de cet article assez long, je vous le concède. Et bien simplement une chose ; une chose qui ne devrait cesser de nous animer ; le Mouvement orthographiste est dangereux. Il n’est en rien nationaliste ; c’est l’oeuvre du chaos. Il n’est en rien wardon, c’est simplement un mouvement terroriste ayant essaimé grâce à une vision décidément internationaliste et traîtreuse. Leur nationalisme de façade, cache mal le fait que c’est une étrangère qui dirige ce mouvement prétendument patriote. En remettant en question l’autorité de Sa Majesté Princière Guillaume III de Falkenberg, ce n’est pas seulement un parti insurrectionnel, et donc révolutionnaire, mais anti-Wardonien qui risque de mettre en danger la Confédération toute entière. Une seule solution doit donc s’imposer pour le gouvernement ; ou bien il accepte de laisser ces cafards proliférer en Oberfelesen, ou bien le Marcheburg sécurise lui-aussi ses frontières. Il faut une réponse forte ; il faut abattre ce monstre ; il faut une intervention armée. Pour l’amour de Dieu, de la Monarchie, du Marcheburg et de la Wardonie ! MOO muss vernichtet werden !

Ludwig Müller pour Die konservative Ära (Le Temps Conservateur).
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Policiers Marcheburgeois peu avant la fin des émeutes. // La Brav-M ; brigade motorisé décriée pour des méthodes trop efficaces.

L’étrange cas du Front de Libération Nationale Maurrèsien ; une résurgence collective du syndrome de Docteur Jekill et Mister Hyde ?

Il y a quelques jours, plusieurs manifestations anti-marcheburgeoise ont eu lieu dans les principales villes de l’ex-Confédération des Trois cantons. Ce fut une sympathique journée pour quiconque se délecte des dissonances cognitives, des propos délirants et des manipulations historiques grossières. Mais là, pour l’instant, ce n’était que l’aspect bon enfant ; les joyeusetés de quelques militants se prenants pour des révolutionnaires défiant l’autorité quasi-coloniale, que dis-je ? Totalitaire du gouvernement marcheburgeois. On croirait presque que cette sympathique mise en scène pourrait leur coûter des ennuis. En un mot, une fois que ces comédiens se la jouant guérilleros kah tanais quittèrent la scène sous des applaudissements d’une foule probablement amusée par cette activité cultuelle atypique et cette comique saynète. Après cela, une fois que les processions se finirent, la journée était globalement terminée, si l’on y excepte les buvettes et les fêtards à la recherche des meilleures bières ! En revanche le soir, c’est une toute autre histoire. Nos joyeux lurons qui se déguisent en révolutionnaires pour se pavaner sur une estrade en déclamant une prose d’assez mauvais goût seraient surpris de voir que leurs amis du F.LN.M sont politiquement plus proches des casseurs que des combattants de la liberté ; les dégâts se chiffrent en centaines de millier de Prinzmark ; ce sont des coûts qui retomberont bien entendu sur les locaux. Des taxes supplémentaires, voilà les conséquences de leurs « activités révolutionnaires » ; une bande d’adolescents qui coûte plus au contribuable qu’elle ne rapporte à la société. Voilà à quoi en est réduit le F.L.N.M. Voilà à quoi ressemblent ceux qui prétendent exercer le pouvoir à la place de la Duchesse Catherine ! Une alternative en béton visiblement !

J’entends déjà quelques naïfs affirmer que si ça se trouve ce n’était pas les membres du F.L.N.M ; mais alors qui pourrait faire preuve d’une telle violence ? Les groupes indépendantistes, se comptent déjà sur les doigts d’une main, et les mouvances radicales, extrêmistes et violentes ne sont pas légion ; seule le Front de Libération Nationale Maurrèsien est coutumier de tels débordements ; les molotovs sur les commissariats de police, l’agression en bande organisée d’officiers et les émeutes sont des « stratégies » propres à ce groupe qui dépend qasi-uniquement d’adolescents pour sa survie. Et puis vient le nom qui tue ; Georges Abeille ; un « militant » dit-on, mais en vérité, ce n’est qu’un terroriste de pacotille ; ses quelques années de prison sont méritées, mais ce n’est pas un meurtrier. Il a incendié une mairie, les mauvaises langues parce que c’est là où son ex-fiancée s’est mariée avec son rival ; des témoins, des badauds se promenant, disent avoir l’avoir entendu dire : - « Je le fais pour elle ! » ; le doute reste permis. A t’il agi pour reconquérir sa bien aimée, ou pour l’indépendance de la Maurrèis… Toujours est-il que mouvement s’est emparé de l’image de ce quinquagénaire pour faire de lui une figure de l’héroïsme maurrèsien face à l’oppression marcheburgeoise ! Qu’a t’il fait sinon pour la Maurrèis ? A t’il construit des écoles, rénové des églises, aidé les pauvres, défendu les malheureux contre l’injustice des juges du Marcheburg ? Rien de tout cela : mais visiblement brûler une mairie vide et sans importance suffit à devenir un héros national pour quelques socialistes demeurés !

D’ailleurs puisque l’on évoque ces pourfendeurs de la domination de classe ; il serait temps de dire quelques mots du discours qui agita les milieux ultra-loyaliste ; en vérité le mot « indépendance » à lui seul suffit pour les alarmer. Car si nous voulons rester objectif ; ces hommes n’ont pas grand-chose de socialistes ; je ne suis même pas sûr qu’ils défendent une idée en particulier. Il est inutile d’essayer de leur trouver des excuses, de les travestir en ce qu’ils ne sont pas ; le « Die Zeitung des Patrioten » (le Journal des Patriotes) titrait : « De dangereux socialistes ont appelé à la révolution catholique et sociale en Maurrèis ». Normalement, il suffirait d’avoir quelques neurones actives seulement pour se rendre compte de la fraude intellectuelle que représentent ces demi-habiles. Inutile d’être grand clair pour sentir l’escroquerie se cachant derrière ce discours ; il convient donc de le disséquer pour tenter d’y voir plus clair, de nous donner une idée de ce qu’il se cache derrière ; car vous le verrez par vous même, les paradoxes sont nombreux ; ils sont même légion. Ils sont tellement que je ne sais par où commencer, enfin plutôt, je ne sais si j’aurai assez de place dans les colonnes de ce quotidien pour démontrer une à une les innombrables contresens qui pullulent ; nationalisme bas du front, religiosité et communisme ; voilà des thèmes bien étranges que quelques habiles communicants ont réussi à mêler. En vérité, vous le verrez c’est du grand art !

Une fois l’introduction bateau passée, nous entrons déjà dans la manipulation historique outrancière et outrageuse ; « ces Trois-cent-quatre-vingt-huit ans de vie [de la République des Trois cantons] marquée par de nombreux obstacles dont le plus grand fut certainement sont annexion illégitime par le Marcheburg » ; en voilà déjà un exemple qui ne doit pas manqué d’amuser les historiens et les juristes de profession. Si vous voulez mon avis, le plus grand obstacle à la survie de la Maurrèis libre et indépendante fut la république des trois cantons elle-même ! Inutile de chercher plus loin. C’est là la triste et dure réalité ; la tragédie du gouvernement collectif. Si les Favre et les Montagné n’étaient pas si occupés à se chercher des noises, il aurait été fort probable que la Maurrèis aurait pu devenir une puissance bancaire régionale, respectée et admirée par les autres principautés. Malheureusement, le clivage insurmontable qui existait et qui opposait frontalement la ville (les principales cités étant Bourg-Saint-Georges et Champêtre) contre les campagnes dans une guerre parlementaire coûteuse et improductive. Les Favre expropriant les terres appartenant aux obligés des Montagné tandis que les seconds rendaient la circulation des blés difficile dans les villes ; une guerre de coup bas, de revanches et d’égo blessés. C’est cette guerre là qui mena à l’annexion de la Maurrèis par le Marcheburg ; inutile de croire que la vie était belle et paisible avant que le Marcheburg n’envahisse sans crier gare ce petit coin de paradis. Bien au contraire, les rivalités familiales n’avaient rien à envier à la violence des Montaigu et des Capulet ; les guerres de religion tuèrent des milliers de Maurrèsien alors que tous étaient catholiques ; ces guerres fratricides furent causées par l’opposition systématique des Montagné et des Favre ; les meurtres se succèdent à un rythme effréné ; et comme toute puissance régionale montante, le Marcheburg a profité de cette agitation pour avancer ses pions.

Ce fut une tactique qui connut un grand succès ; dans la désintégration progressive de l’unité politique de la Maurrèis et sa perte de souveraineté, la Famille ducale n’en est pas responsable, elle n’a fait qu’accélérer et profiter d’une dynamique qui dans tout les cas aurait mené à l’effondrement total et complet de la République des Trois cantons. La faute revient aux grandes familles aristocratiques, aux dynasties de conseillers municipaux qui suivirent leurs intérêts propres plutot que le Bien commun ; c’est toute la tragédie des gouvernement collectifs ; chacun cherche desépérement à tirer la couverture à soi ; en ce sens, les Princes de sang usurpant un royaume ne valent pas mieux que les sénateurs du Sénat des Mille ou des parlementaires d’Antrania. Et la République confédérale des Trois cantons le découvrit à ses dépens ; la Maurrèis était grignotée de l’intérieur, dévorée par la cupidité de ses grands et la rapacité des puissances extérieures. L’annexion de la Maurrèis ne commence pas au début du XIXe siècle ; mais dès la moitié du XVIIIe siècle avec le tributariat ; la république devait verser un tribut annuel ; souvent symbolique, parfois plus coûteux. Mais toujours est-il qu’à partir de ce moment là, la Maurrèis était officiellement entrée dans la sphère d’influence marcheburgeoise. Mais le drame ne s’arrête pas là, dès la dernière décennie du XVIIIe siècle, le Duc du Marcheburg se proclamait aussi « protecteur » de la Maurrèis ; ce fut un choc ; non pas parce qu’il forçait un protectorat, mais parce que les Favre et les Montgné ont soutenu cette protection en arguant que la menace « teyloise » était bien trop proche pour être ignorée ; finalement voilà qu’ils devinrent, qu’ils le voulaient ou non, les vassaux du Duché.

Mais le véritable drame surviendra quelques décennies après ; lorsque la noblesse se révolta, pour la seconde fois de son histoire, contre les Antranias-Marcheburg ; mais cette fois-ci, loin de réussir à mobiliser l’image des « glorieuses années » du XVe siècle, la révolte devenait une lutte interne ; les Montagné ont ouvert la porte de la Maurrèis et aidé les Marcheburgeois à écraser les révoltés car les révoltés étaient des membres du clan Favre ; une lutte de pouvoir à l’intérieur même de l’écrasement d’une révolte. La Marcheburg une fois de plus a su profiter de l’évènement pour prendre le contrôle, de manière parfaitement légale il faut le reconnaître, de la Maurrèis en renversant ses institutions avec la bienveillance de ces mêmes institutions qui s’apprêtent à se démanteler par elles-mêmes. L’abolition de la République et l’élection du Duc Karl d’Antrania-Marcheburg ne relève pas du complot, mais de l’essoufflement d’un modèle agonisant depuis deux siècles. Ce fut le Parlement confédéral qui vota à l’unanimité l’abolition de la République, ce fut Louis de Montagné et son clan qui firent couronner Karl Comte de Maurrèis. Absolument rien d’illégal, la lutte de pouvoir s’est transformé en un règlement de comptes à l’échelle géopolitique, et bien entendu tout cela profita aux Antranias-Marcheburg. En vérité, la conquête est un bien grand mot, ce n’est rien d’autre qu’une campagne parlementaire agitée ; et c’est ce qui profitera grandement aux Montagné qui devinrent ainsi les nouveaux maîtres de la Maurrèis ; les vicerois administrant la région à la place des fonctionnaires marcheburgeois.

Voilà que ce sympathique discours réussit tout de même à contrevenir aux principes du droit et du bon sens en à peine quelques phrases, mais tenez vous prêts, accrochez-vous même, car nos présumés socialistes s’apprêtent à verser dans le racisme et le bigotisme ! En effet, c’est bien la première que l’universalisme athée se frotte au régionalisme empreint de religiosité ; c’est tout de même amusant que de constater à quel point Marx, Marcos ou Vallin sont en fait des curés en puissance ! Comment ne pas sourire devant une telle naïveté ; pensez-vous vraiment que les irréductibles athées du Valinor, de la Margoulie occidentale, soit des hommes se souciant de Dieu ? Pensez-vous que les païens de Loduarie sont des hommes reconnaissant l’existence même du Père ? Mais enfin réveillez-vous ! Le Christ est incompatible avec le socialisme ; il prêche l’amour des pauvres, et non l’instrumentalisation de la pauvreté ! Il appelle à l’amour qui puisse nous transcender ; que faites-vous de cette phrase à la fois si grandiose et si simple ; « aimez-vous les uns les autres » ; c’est donc ça l’amour universel tant vanté par le Fils de l’Homme ? La haine du français,et la haine du teuton ? Voilà un bien étrange message pour un groupe se prétendant à la fois socialiste et catholique ; comme si la haine du riche pouvait cohabiter avec le respect des hommes dans toute leur diversité. Une belle absurdité. Un mensonge éhonté que personne, absolument personne, ne relève ! Dieu merci, ils n’ont osé utiliser Son nom pour appeler à la croisade !

Mais pourtant, malgré ces réflexions d’une intelligence plus que médiocre, un fond de vérité subsiste ; la suprématie intellectuelle et morale de la Parole sur ce qu’ils qualifient, à raison, de l’« hérésie » protestante. Notre devoir de catholique, d’homme fidèle à la Parole du Christ nous oblige à tenter de guider ces païens sur la voie de la Vérité ; l’erreur est humaine, Luther est humains, ceux qui l’ont suivi dans ses pérégrinations catastrophiques le sont aussi ; dès lors ils ont collectivement (et incosciemment nous l’espérons pour le salut de leur âme !) fait une erreur qui coûta l’unité de l’Église d’Occident. Dieu merci (de nouveau !) grâce à l’unité temporaire des Facre et des Montagné pour endiguer les missions de conversion à l’hérésie luthérienne en favorisant la solidification du socle catholique en unissant définitivement les Maurèssiens contre les tentatives de « protestantisation » de la société. C’est à partir de ce moment là qu’émergèrent, ou plutot réémergèrent les processions de Saint ; la légende raconte que si les processionnaires sont plus lents et plus bruyants en centre-ville c’est pour provoquer les pasteurs ; quoi de mieux en effet que de réaffirmer la Virginité de Marie et le culte des Saints devant leurs plus fervents détracteurs ; finalement cette résistance pacifique suffit à décourager les autorités marcheburgeoises qui comprirent en quelques années que la Maurrèis restera l’un des bastions catholiques les plus solides de Wardonie, amenant donc la « Déclaration de tolérance religieuse » qui fit du protestantisme la religion officielle et subventionnée du Marcheburg ducal tout en permettant aux catholiques administrativement dépendant du Parlement du Marcheburg de pratiquer librement dans certains territoires ; ainsi la Maurrèis est officiellement reconnue comme une province catholique avec un statut d’autonomie religieuse.

Voilà donc en quelques pages seulement une dissection d’un discours sans queue ni tête, sans cohérence idéologique et politique qui relève de la démagogie plus que de la philosophie. Je l’ai dit plus tôt, mais il est probable que si de telles énergumènes aient pu être applaudis, c’est par cette activité du dénote avec les processions folkloriques et les défilés de bovins ; après tout voir des guignols jouer aux révolutionnaires quand ils ne sont rien d’autres que de mauvais acteurs, c’est tout de même divertissant. Surtout lorsqu’il se permet d’énumérer des contre-vérités et des illogismes. C’est à mon sens bien trop facile, dans de telles circonstances de s’ériger en militants indépendantistes actifs et radicaux quand ils ne sont rien d’autre que des clowns se prétendant socialistes sans l’être réellement, nationalistes sans trop mériter ce titre, catholiques sans trop y croire. Il est assez fascinant tout de même de voir que de tels discours ont une telle influence sur la jeunesse ; perte d’espoir, crise existentielle et identitaire peuvent être des moteurs qui n’expliquent pas toujours un tel déchaînement de violence. Une telle brutalité politique ne peut et ne doit-être excusée par le pouvoir. Mais pour l’heure, reprenons les évènements tels qu’ils se sont déroulés.

La journée comme je l’ai rappelé plus tôt est tranquille ; des touristes et des badauds locaux assistent aux défilés en l’honneur de la « fête nationale » locale, un excellent moyen de se promener avec les costumes traditionnels, d’entamer des chants en maurrèsiens et de vendre tout un tas de babioles aux visiteurs. Jusqu’à ce que ces guerilleros en carton ne débarquent, ne se la jouent cows boys et défenseurs de la veuve et l’orphelin contre un Marcheburg oppressif et oppressant qui menace l’existence même de tout ce qu’il y a de plus sacré sur terre. Nous avons interrogé un officier de police présent sur les lieux et nous lui avons demandé pourquoi il n’est pas intervenu lorsque ces messieurs entamèrent leur discours sur l’indépendance de la Maurrèis ; sa réponse est d’une cruelle vérité : « Je n’ai aucun motif pour les arrêter, ils n’ont blessé personne et ne portent pas atteintes aux lois en vigueur ! » ; nous l’oublions trop souvent mais l’indépendance de la Maurrèis n’est pas vraiment un sujet « tabou » ; il y a plus original que d’être indépendantiste avec la loi sur la Liberté d’expression de 1955 qui autorise les discours séparatistes et les revendications culturelles dans l’espace public et dans les médias. En vérité il est absurde de prétendre représenter une alternative révolutionnaire quand l’on n’est rien d’autre qu’un relicat du passé qui cherche désespéramment à paraître jeune. C’est un grand-père qui simule une crise d’adolescence pour qu’on puisse lui prêter attention. En vérité, rien n’est plus anachronique que ce combat ; et les évènements nocturnes que je m’apprête à dévoiler ne manqueront pas de vous le confirmer.

En effet, si la journée fut extrêmement agréable, la soirée ne manqua pas de devenir des plus chaudes ; rien à voir avec les températures malheureusement. Dans les quartiers où se tinrent ces festivités une horde de jeunes désoeuvrés descendirent dans les rues et menèrent de véritables émeutes ; on dit qu’ils s’attaquèrent à des commissariats, qu’ils dégradèrent des lieux publics et qu’ils s’attaquèrent même à des représentants de l’ordre. Difficile en effet de ne pas y voir une crise d’adolescence ; cette agitation ne concerna que les lieux représentant l’autorité de la Duchesse sur la Maurrèis. Car malheureusement, non seulement les dégâts durent inquiéter les honnêtes citoyens qui dormaient ; certain m’ont même dit ; « j’ai eu peur qu’un cocktail molotov ne traverse la fenêtre et n’embrase le salon » ; de tels témoignages sont monnaie courantes ; une manifestation a même éclaté le lendemain matin elle réclamait que la « police fasse son travail » et comment en vouloir au riverain qui assistent impuissants à ce saccage en règle ? Quant à la police, ses effectifs n’étaient pas suffisamment nombreux pour tenter de maintenir l’ordre, quelques arrestations de jeunes condémnés à plusieurs mois pour « dégradation de biens publics en bande organisée » ou « crime de lèse-majesté ». Mais le gouvernement annonce qu’il « n’en restera pas là » et que déjà des crédits sont débloqués pour la formation d’une force de gendarmerie régionale quasiment autonome du Quartier Général qui sera chargé d’identifier les militants violents du F.L.N.M.

Quant aux réparations des dommages commis ; il est malheureux de le signaler, mais la mairie annoncera une légère hausse des impôts locaux pour réparer ce qui a été détruit ou endommagé. Les noms des coupables seront par ailleurs publiés et certains riverains soufflent ; « ils ont de la chance qu’on ne les tiennent pas, sinon les juges auraient des affaires de meurtre sur les bras » ; c’est sûr, le F.L.N.M ne fait pas l’unanimité, et c’est aux autorités ducale de réduire cette perturbation au silence. Mais néanmoins je dirai, et ce serait là mes derniers mots, que c’est une excellente chose que de ne pas laisser le Duché mobiliser la moitié des forces militaires ducales pour si peu ; pour moi ces émeutes ne relèvent que de l’épiphénomène et il est inutile de chercher à rappeler de manière trop brutale la souveraineté de la Couronne sur le Comté ; ce serait mettre le feu sans réellement résoudre le problème. Les Maurrèsiens n’ont pas besoin de l’armée, ils ont besoin d’une force de police capable de mettre aux arrêts ces malotrus. Bien au contraire le Marcheburg réussit à démontrer qu’il n’adopte pas de politiques laxistes sans pour autant être dans l’excès, la surréaction ; un défaut qui précipite les révolutions plus qu’il ne les évite.

Louis Labbé pour le Soleil de Maurrèis.
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