10/09/2019
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[Lermandie-Nebrownia-Valerania-Westalia]Un sommet pour la Mer Intérieure

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Sommet de la Mer Interieure

Aujourd’hui, 5 février 2019, se tient à la mairie de Mieilville‑Plage le premier sommet du XXIᵉ siècle consacré à la sécurité et à la coopération en Mer Intérieure. Mieilville‑Plage, principale ville lermandienne de la façade occidentale de la Mer Intérieure avec plus de 500 000 habitants, occupe une place stratégique pour la République de Lermandie. Elle abrite en effet le principal port de marchandises de la région, ainsi que le port d’attache de la 2ᵉ flotte lermandienne, certes vieillissante mais toujours essentielle à la défense maritime du pays.

Ce sommet, qui rappelle les dizaines de réunions organisées autrefois dans le cadre de l’ancienne Entente, un format qui avait permis une coordination politique face à l’influence du bloc communiste en Aleucie, représenté à l’époque par la République Populaire Viétique et la République Démocratique Vlastique, est redevenu vital.
Entre les rivalités historiques, comme celle qui opposa jadis le block Lermandie, Westalia contre Sterus, et les tensions plus récentes face aux hégémonies autochtones, représenté par L'Union et Empire des Cités d'Akaltie, la République de Lermandie estime nécessaire de réactiver ce format diplomatique pour garantir la sécurité des principales démocraties riveraines de la Mer Intérieure.

C’est dans ce contexte que le Président de la République, Michel Duval, a invité ses homologues de la Grande République de Westalia, de la Nouvelle République de Nebrownia et de la République de Valerania à discuter de sujets majeurs : sécurité maritime, coopération économique et défense de l’influence des démocraties modernes en Mer Intérieure.

Dans l’attente de l’ouverture officielle du sommet, le Président Duval se tient à l’entrée extérieure de la salle de conférence de la mairie, donnant sur une cour intérieure luxueuse et protégée du public. Il s’apprête à accueillir personnellement chacun des chefs d’État invités, conscient de l’importance stratégique de cette rencontre.

Le Président Duval, voyant ses homologues descendre de leurs convois officiels, s’avança pour les accueillir. Il ajusta sa veste, inspira légèrement et se prépara à les saluer, prêt à enchaîner poignées de main et formules protocolaires.


Michel Duval: "Madame, Messieurs, bonjour. Je vous remercie sincèrement d’avoir fait le déplacement. J’espère que vos voyages se sont bien déroulés ?"
Ernest était songeur, le regard fixé non pas sur les bâtiments qui défilaient derrière la vitre blindée de sa voiture, mais bien sur ce qui s'était passé ces derniers mois, depuis ce funeste 11 septembre, la mort de sa prédécesseure et amie et sa prestation de serment. Pas un jour ne passait sans qu'il se demande ce qu'il foutait à sa place.

*Tout comme elle* songea-t-il, un sourire navré aux lèvres.

Machinalement, il fit tourner sa canne dans sa main. De très récents problèmes articulaires au genou l'avaient contraint à un usage régulier de cet outil, dont il avait demandé une amélioration de l'esthétique, pour des raisons d'images. Il l'avait assez vite acceptée, cette canne, la faisant tourner sur son axe quand il réfléchissait ou se perdait dans ses pensées, comme actuellement, songeant à ce qui allait être sa première réunion diplomatique en tant que Président de la Nouvelle République de Nebrownia. Outre la légitimité, qu'il n'estimait toujours pas avoir, il se demandait s'il serait à la hauteur de la tâche. Ce qui le fit penser à son bilan jusque là.

Fidèle à sa parole, il avait poursuivi l’œuvre de Matilda, mais avait commencé à poser les bases d'une légère déviation. Matilda avait été une militaire dans l'âme, bien qu'elle s'en défende, Ernest avait toujours décelé les intensions qui étaient les siennes de donner plus de puissance à l'Armée de Nebrownia. Si dans l'idée, Ernest n'était pas contre, il voyait bien venir le moment où Matilda risquait de sacrifier l'économie du pays au profit de l'Armée. Lui était dans la recherche d'un équilibre, préserver l'économie de la nation tout en maintenant le renforcement des forces Nebrowniennes. Et les bases avaient été posées : après de houleux débats, le Conseil des sage était parvenu à un accord sur les lois économiques qu'il avait proposées une semaine après sa prise de fonction. Ce n'était pas exactement ce qu'il espérait, mais c'était déjà un pas dans la bonne direction. Ce faisant, il avait donné un espoir supplémentaire et un nouveau souffle aux PME du pays, qui si elles avaient repris des couleurs depuis la fin de l'ère Kellem, souffraient à cause de l'incertitude politique, et donc économique, du pays. Les grosses entreprises avaient grincé des dents, leurs actionnaires aussi, mais l'assurance que cette initiative serait limitée dans le temps, avait quelque peu calmé la grogne qui menaçait chez les PDG des grosses industries. Il était trop tôt pour avoir les chiffres du réel impact de cette décision, mais Ernest estimait qu'une brique supplémentaire d'une base économique saine avait été posée.

Il regarda, ou envisagea, le motif gravé sur le pommeau de sa canne, les insignes du Régiment et de l'escadrille dont il était le parrain. D'un point de vue militaire, il n'avait fait que poursuivre l’œuvre de Matilda. Renforcement et modernisation, exercices, études pour du matériel plus performant, il n'avait stoppé aucun projet déjà en cours et se préparait à étudier les nouvelles pistes du GEM, trois gros dossiers étaient en attente sur son bureau. Au final, l'Armée de Nebrownia, à présent, n'était plus une armée de papier, mais bien une force avec laquelle il fallait compter, du moins sur le sol. La Marine était encore le parent pauvre de l'Armée, mais ce fait était amené à évoluer.

Son regard se tourna de nouveau vers l'extérieur, même s'il ne voyait pas vraiment ce qui défilait dehors. Tout bien pesé, la situation de Nebrownia n'était pas si mauvaise. Certes, d'un point de vue industriel, de gros progrès étaient encore à faire, mais le pays se redressait, petit à petit, presque tout seul. Son regard se raffermit. Oui, finalement, il était prêt à affronter se sommet la tête haute, même face à des géants régionaux tels Lermandie et Westalia, Nebrownia n'ayant pas encore entamé des relations diplomatiques avec la quatrième nation de ce sommet.

La voiture ralenti, rejoignant le convois des autres invités en direction de l'hôtel de ville, pour une arrivée simultanée. Tout ceci avait été extrêmement bien orchestré, mais Ernest, encore perdu dans ses pensées et, nouveauté pour ce matin, potentielles estimations de résultats du sommet, ne réagit que lorsque son véhicule freina. Sa portière fut aussitôt encadrée par du personnel de sécurité qui l'ouvrit. Le Président de la Nouvelle République de Nebrownia saisit sa canne et s'en aida pour s'extirper de son véhicule, avant de rejoindre en claudiquant les autres invités, serrant les mains des autres chefs d'état avant de répondre au jeune Président Lermandien :

- Quand on est mordu de train et qu'on voyage en train, le voyage est toujours bon, Monsieur le Président Duval. Je vous remercie pour l'invitation à ce sommet.
Au cours de la seconde moitié du XXème siècle, le pourtour de la mer intérieure aleucienne a souffert d'une instabilité régionale provoquée par les conflits entre l'ancienne Entente Aleucienne, composée de la Grande République de Westalia, de la République de Lermandie et de la République du Nebrownia, face aux nations communistes qu'étaient la République Populaire Viétique et, la dernière encore debout aujourd'hui, la République Démocratique Vlastique. Avec la victoire finale de l'Entente en 1984, actant de la partition définitive de la Viétie vaincue, la région est alors retournée dans une période de stabilité où les eaux de cette mer ne servaient plus à faire la guerre, mais à faire prospérer le commerce entre les différents peuples qui vivent autour. Si la Vlastie fut pendant encore un temps considérée comme une menace, le blocus maritime imposée à son encontre, le relatif isolement diplomatique qu'elle subit depuis et son isolationnisme post-guerre ont largement réduit sa dangerosité comme appartenant au passé, tel le reliquat d'un ancien monstre vaincu et abandonné à son sort, que ses voisins ne jugèrent jamais l'intérêt d'y mettre fin pour de multiples raisons.

Aujourd'hui, au XXIème siècle, la mer intérieure est toujours un lieu d'échange commercial, important dans la région, avec la majorité des nations entretenant des relations cordiales et profitables sur ce plan. Avec l'ascension de la Grande République de Westalia en tant que première puissance aleucienne, mais également par le soudain dynamisme des gouvernements régionaux, cette région maritime enclavée, pour le moment, a vu une augmentation de son trafic maritime poussée par l'évolution des routes commerciales intérieures au continent, qui s'oriente de plus en plus vers le Nord-Ouest aleucien et ses économies attractives pour réaliser des affaires. Pour autant, l'augmentation des passages dans cette mer entraîne également de nouvelles contraintes pour les gouvernements adjacents : celui d'une recrudescence de la contrebande, de trafics illégaux et potentiellement même de la piraterie, bien que cette dernière possibilité n'ait pas encore été identifiée, contrairement à d'autres régions maritimes d'Aleucie. Ainsi, il fut tout naturel de rassembler autour d'une table les principales nations commerçantes ayant des intérêts économiques majeurs dans les passages de cette étendue d'eau : la Grande République de Westalia, la République de Lermandie, la Nouvelle République de Nebrownia et la République de Valerania, afin de constituer un nouvel organisme régional de gestion de cette région, pour que le poids unifié de ces quatre gouvernements puisse être utilisé dans le meilleur de leurs intérêts, tant qu'il est encore temps pour le faire.

Simeon Belagri
Simeon Belagri, Président fédéral de la Grande République de Westalia.

L'idée d'une telle organisation avait déjà fait le tour des chancelleries concernées depuis quelques mois, mais il fut grandement accéléré par les rumeurs de projets de canaux maritimes qui verraient la mer intérieure être désenclavée de sa situation actuelle, des projets qui pourraient permettre la création d'une nouvelle route commerciale aleucienne. Pour autant, si l'idée peut avoir du bon, elle ne plaît pas à tout le monde, du moins elle ne plaît pas aux westaliens qui souhaitent prendre la main sur cette opportunité commerciale, qu'ils ne souhaitent ni laisser passer, ni en être mis à l'écart. Ainsi, pour le gouvernement fédéral, les objectifs sont ici multiples : il faut arriver à pousser à la création d'une organisation accès sur le développement de la mer intérieure, sur sa gestion et surtout sa sécurité. Avant que la région ne devienne une porte ouverte vers l'étranger, il est nécessaire pour le pays de s'unir avec les trois autres puissances régionales afin de créer un poids diplomatique capable de contrôler l'entièreté de la mer intérieure, sans aucune contestation possible face à la force à venir que cette future organisation sera capable de rassembler, dans tous les domaines. De façon générale, la diplomatie westalienne juge que ces quatre nations partagent ces mêmes objectifs concernant ce sommet, bien qu'il serve officiellement à construire une structure coopérative, il est avant tout une alliance d'influence dans la région, officieusement pour s'assurer que tout potentiel bénéfice économique tombe principalement dans les poches de ces quatre mêmes nations...

Pour représenter la Grande République à ce sommet, le Président fédéral a décidé de prendre le sujet en main, en personne, à la fois pour se remettre sur le devant de la scène internationale, mais également pour marquer une victoire politique à l'approche des élections fédérales à venir, notamment pour les présidentielles, où il est candidat à sa réélection. Ainsi, ce déplacement à Mieilville‑Plage marque le premier du dirigeant westalien à l'étranger pour l'année 2019, malgré le fait qu'il fut souvent critiqué par l'opposition de droite pour son manque de rapprochement avec la Lermandie, au profit d'autres nations beaucoup plus rejeté par cette dernière, telles que l'Akaltie ou le Grand Kah. Le madrerian, toujours très expressif et à la gestuelle iconique, descend de sa voiture blindée pour rejoindre les différents dirigeants à l'intérieur du bâtiment, passant avec un grand sourire devant les journalistes internationaux photographiant cet événement, avant de rejoindre l'hôte de ce sommet, suivi par sa délégation de conseillers et de diplomates.

Simeon Belagri : Monsieur le Président Duval, c'est de nouveau un plaisir de pouvoir vous rencontrez. Votre initiative, visant à nous réunir ici, est une très bonne chose, ce que toute la Grande République salue chaleureusement.

Il viendra saluer les différents représentants présents à ce sommet, toujours sous les flaches des journalistes, dans le court laps de temps avant le début des échanges officiels. Si Simeon Belagri n'est pas un lermandophile aussi grand que son prédécesseur, Victor Hardenbor, qui était beaucoup plus proche personnellement du Président lermandien, le retour d'Henry Takajiwa à la tête de la diplomatie de la Grande République avait réorienté brusquement le regard du pays vers l'Aleucie, ayant permis en l'espace d'une années de nombreux changements sur le continent, comme le départ successif des bases militaires étrangères eurysiennes ou des rapprochements plus régionaux. Ainsi, l'ombre du plus célèbre des diplomates aleuciens, malgré son absence apparente, plane toujours sur cette rencontre...
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C’est le Haut-Gouverneur Aurelia Alleva qui a décidé de se rendre elle-même au sommet organisé par la République de Lermandie consacré à une coopération pour la mer intérieure. C’est une occasion à ne pas louper afin de nouer des liens économiques et politiques avec les autres nations du continent. Valerania étant peu présente sur la scène internationale, Aurelia a pour ambition de faire rayonner Valerania à l’international et de mettre fin à cet isolationnisme pour adopter une posture plus interventionniste. Certes, le pays est déjà ouvert aux autres nations comme avec les Républiques Etznabistes où de nombreux accords ont pu être trouvés mais Aurelia veut faire les choses en grand et souhaite faire en sorte que Valerania participe activement à la politique du continent et à terme mondiale.

Pendant son voyage en direction de Mieilville‑Plage, la ville où se situe le sommet, Aurelia ne peut s'empêcher de penser aux événements majeurs qui vont avoir lieu en Valerania. En effet, il y a environ 2 mois, il a été décidé de mettre un terme aux agissements du cartel Storm Legion qui sévit depuis de trop longues années dans le pays et qui le gangrène avec toutes ses activités illégales et son trafic et d’enfin récupérer la ville de Clarcton tombée sous leur contrôle en 2014. Avec les négociations qui n’ont jamais abouti, le gouvernement a décidé de réagir, avec le plan national de sécurité qui a largement renforcé les forces de l’ordre en nombre et équipement mais aussi avec l’aide de l’armée. Un plan d’attaque à l’échelle nationale a été organisé pour anéantir toutes les planques, lieux de blanchiment, labos de drogues. Malgré une organisation minutieuse tenue secrète et des renseignements précis, l’opération reste risquée. Ce cartel n’a pas cessé de recruter des membres prêts à mourir pour lui et possède un arsenal rivalisant largement avec celui des forces de police, le nombre de membres reste inconnu et la puissance de feu qu’ils peuvent déployer l’est tout autant. C’est pour cela que la réussite de l’opération réside dans la vitesse d’exécution du plan afin de paralyser le plus vite un grand nombre d’entre eux.
En parallèle, le pays reste dans une certaine instabilité depuis la réélection du Haut-Gouverneur. Une large partie du peuple ne reconnaît pas le gouvernement en place comme légitime, des manifestations et des grèves sont organisées dans tout le pays empêchant son bon fonctionnement. La popularité d’Aurelia Alleva n’a jamais été aussi basse, grâce au Front de défense démocratique qui s'est formé lors des dernières élections, le Haut-Gouverneur possède toujours une majorité absolue au Grand Conseil ce qui permet au gouvernement de proposer des lois et des réformes. Malgré tout cela, de plus en plus de discordes apparaissent au sein du Front et personne ne sait si cette alliance tiendra longtemps encore et si elle venait à se démanteler l’opposition n’en serait que bien plus forte.

Pourtant, tout n’est pas négatif, la majorité des promesses de campagne annoncées par Aurelia ont été tenues. Le salaire minimum a été de nouveau revalorisé, les Valeraniens ont retrouvé un peu de leur pouvoir d’achat, le chômage baisse, la courbe de croissance reprend. Les hôpitaux ne sont plus autant surchargés et ont dorénavant plus de lits disponibles limitant ainsi les temps d’attente trop longs et des services d'urgence fluides puis un grand nombre d’aides-soignants et de médecins recrutés et formés pour soulager le personnel soignant des hôpitaux. Le système scolaire qui était dépassé technologiquement est dorénavant un problème du passé. La presque totalité des écoles a été modernisée avec par exemple des tableaux blancs interactifs, des ordinateurs personnels de travail fournis pour les lycéens, des salles numériques avec des ordinateurs à disposition permettant aux élèves un environnement de travail propice à leur réussite scolaire. Des régions où l'école était parfois à plusieurs dizaines de kilomètres, parfois complexe pour les parents d’emmener leurs enfants et ensuite partir au travail. Il a donc été mis en place des bus scolaires qui font le tour des villages alentour pour aider et faciliter l’accès aux écoles. De plus, un grand nombre de professeurs ont aussi été recrutés et des mesures ont été prises pour contrer les classes de 30 élèves et offrir un environnement d’apprentissage optimal pour la jeunesse du pays.

La voix du chauffeur du véhicule annonçant que le convoi approche de la destination sortit Aurelia de ses pensées. Elle ouvrit les yeux afin d’observer les environs à travers la fenêtre. Le véhicule s'arrêta, le Haut-Gouverneur réajusta ses vêtements, sortit de la voiture blindée avec un grand sourire et se dirigea pour serrer les mains des autres chefs d'état invités à ce sommet et s'adressa au Président Lermandien.


Aurelia Alleva - Monsieur le Président Duval, ravi de vous rencontrer, c’est un grand plaisir d’être ici aujourd'hui, je vous remercie pour votre invitation.
Après les salutations, les quatre dirigeants se tournèrent vers les journalistes pour les laisser prendre des photos, tous affichant un sourire protocolaire.
Peu après, ils entrèrent dans la mairie en discutant de tout et de rien, témoignant d’une atmosphère détendue et d’une amitié sincère entre la Lermandie et les représentants des trois autres nations.

De gauche à droite: le Haut-Gouverneur Aurelia Alleva (Valerania), le Président Michel Duval (Lermandie), le Président Ernest Reyes (Nebrownia), le Président Fédérale Simeon Belagri (Westalia)
De gauche à droite: le Haut-Gouverneur Aurelia Alleva (Valerania), le Président Michel Duval (Lermandie), le Président Ernest Reyes (Nebrownia), le Président Fédérale Simeon Belagri (Westalia)

Dès que les quatre chefs d’État furent installés dans le Salon de Thé, un lieu emblématique où se tinrent de nombreuses entrevues diplomatiques au siècle dernier dans le cadre de l’ancienne Entente Aleucienne, alliance aujourd’hui disparue mais dont subsistent plusieurs traces, notamment le soutien réciproque récent entre la République de Lermandie et la Grande République de Westalia face à l’ancienne Fédération de Sterus, les dossiers apportés par les délégations furent déposés sur la table blanche.

Les journalistes accrédités par la Présidence de la République de Lermandie prirent alors plusieurs photos des dirigeants et de la mise en scène de cette rencontre. Puis, avant le début des discussions, ils furent invités à quitter la salle par le secrétaire personnel du Président Duval, Hugo Primevert.

Le Salon de Thé avec les quatre dirigeants
Le Salon de Thé avec les quatre dirigeants

Michel Duval: "Madame, Messieurs, je vous remercie d’avoir accepté de venir en ces temps plutôt incertains. En effet, dans un contexte où l’Alliance pour la Sécurité Économique Aleucienne semble être dans le coma, notamment après les événements liés à l’attaque de la Principauté de Carnaval contre un membre de l’ASEA, je pense qu’il est pertinent de réactiver ce sommet, avec un objectif certes plus modeste que l’ASEA, mais plus efficace.
Ce sommet, qui se tenait régulièrement dans ce même Salon de Thé durant tout le XXᵉ siècle pour lutter contre le communisme et les acteurs menaçant nos intérêts mutuels, permit l’émergence de la fameuse Entente Aleucienne, même si Nebrownia n’en faisait pas partie, hormis en tant qu’alliée durant la Grande Guerre de 82.

Mais l’objectif aujourd’hui n’est pas de ressusciter l’Entente Aleucienne, du moins pas pour l’instant , même si je ne vous cache pas que je le souhaiterais. Il s’agit plutôt de discuter de la Mer Intérieure. Cette mer, vitale sur les plans alimentaire, économique et commercial, doit rester dans la zone d’influence de nos quatre grandes nations face aux acteurs étatiques ou non étatiques qui chercheraient à nuire à nos intérêts.
C’est pourquoi nous aborderons quatre sujets principaux concernant la Mer Intérieure : la sécurité maritime, la coopération économique et la défense de notre influence dans cette zone.

Concernant la sécurité maritime, il me semble essentiel d’empêcher toute résurgence de piraterie ou de trafic illicite dans cette mer. Je propose donc la création d’un organe de coopération quadrilatérale entre nos forces maritimes afin de prévenir l’apparition de telles menaces.
Ensuite, pour ce qui est de la coopération économique, vous êtes tous au courant du projet de construction du futur canal maritime en Nebrownia, qui permettra une liaison directe entre la Mer Intérieure et le Golfe de Nebrownia. Ce projet favoriserait les échanges commerciaux par le nord, plutôt que par le sud, où plusieurs États se montrent soit hostiles, soit incapables d’assurer une navigation sûre."

Ici, le Président Duval faisait référence à deux éléments :
- L’ancienne Fédération de Sterus et sa politique de privatisation du Golfe d’Alguarena pour des raisons jugées absurdes de sécurité nationale envers la Lermandie et Westalia
- La République d’Icamie et l’Union et Empire des Cités d’Akaltie, qui laissent volontairement des mines dans le Golfe d’Alguarena sous prétexte de ne pas savoir les retirer, mais officieusement pour nuire au commerce avec l’Empire d’Everia.


Michel Duval: "Dans ce cadre, je souhaite discuter de la création d’une banque d’investissement destinée aux nations partenaires de la Mer Intérieure, afin de faciliter l’apport de devises pour les grands chantiers d’infrastructures commerciales.

Enfin, concernant la protection de notre influence en Mer Intérieure, il s’agirait de mettre en place une coopération de renseignement entre nos quatre nations pour éviter toute ingérence étrangère dans ce bassin maritime vital pour nos économies. Je propose donc un renforcement de nos échanges de renseignement, ainsi que la création d’institutions destinées à promouvoir le tourisme dans la région.

Bien entendu, cette liste n’est pas exhaustive. Je suis ouvert à d’autres propositions et à toute amélioration."
Ernest fit de son mieux pour sourire aux objectifs des photographes, essayant de produire une tête “potable”, comme disait son filleul. Il sentait certes une certaine fierté que son pays soit considéré comme un acteur de marque dans ce sommet, malgré la relative faiblesse de son économie et de ses moyens, mais ne pouvait pas se départir de son désamour des objectifs photos et caméras. Puis, une fois les journalistes enfin évacués, il se concentra sur l’introduction du jeune Lermandien.Trois axes principaux furent énoncés par le président Duval : la sécurité maritime, la coopération économique et la défense de l’influence des pays représentés dans la mer intérieure. Ernest, qui faisait machinalement rouler le pommeau de sa canne entre ses doigts, écouta avec attention la suite de la prise de parole de Duval. Il haussa les sourcils cependant, à la mention du projet de canal dans son pays, pour relier le Golfe Cardinal et la mer Intérieure. Certes, ils en avaient parlé deux ans auparavant, mais les études géologiques venaient juste de débuter. Comment le jeune Lermandien savait-il ? Ernest se remémora alors ce que lui avait dit le Capitaine Montferrand, le représentant de son service de renseignement, le SNIF, avant son départ : “ N’oubliez pas qu’ils seront sans doute au fait de nombre de projets, même secrets. Les ambassades sont souvent des éléments clés de la chaîne de renseignement. Nous espionnent-ils ? Pas tous. En ont-ils les capacités ? Absolument.” C’était donc vrai… Il se rappela intérieurement de consulter plus fréquemment le Capitaine Montferrand à l’avenir. Mais pour l’heure, il se devait de prendre la parole.

- Mr le Président Duval, je me permets de prendre la parole avant les autres invités pour exprimer mon ressenti concernant les sujets abordés, ainsi que la position Nebrownienne. Dans l’idée, nous sommes en accord avec toutes vos propositions. Dans la pratique, certaines sont peut-être au-dessus de nos moyens actuels. Par exemple, vous proposez un commandement quadripartite pour la défense de nos eaux… Nebrownia n’est clairement pas en mesure de se montrer à la hauteur d’une telle tâche. Comme vous le savez, notre Marine a été cruellement impactée par la dictature de Kellem, pendant des décennies, nos marins ont servi de matelots sur des navires de pêche pour ne pas qu’ils oublient ce qu’être marin voulait dire. Nous regagnons lentement de la puissance - notre première frégate est sortie de nos chantiers ces derniers mois - mais je crains que, pour le moment, cette tâche de Police/Protection des eaux n’incombe aux Marines plus puissantes telles que la Marine Lermandienne ou celle de Westalia. De plus, en termes de compétence, bien que cela me peine à l'admettre, nos officiers sont bien en deçà du niveau des vôtres… ainsi, en amont de ce commandement quadricéphale, peut-être songer à des programmes d’entraînement et/ou d’équipement pour accélérer la montée en puissance et compétence, de Nebrownia notamment. Je sais que vous mettez à disposition vos chantiers navals, ainsi que quelques navires que vous déclassez, nous en avons acheté deux à la Marine Lermandienne l’année dernière, et nous envisageons de réitérer l’affaire, sans doute pas au même prix ceci-dit. Mais comprenez que notre objectif personnel, à l’échelle de Nebrownia, est bien de conserver une indépendance stratégique en termes de matériel. L’achat à l’étranger ne durera que le temps de notre propre montée en puissance et en compétences.

Ernest songea, quelques secondes, au regard suppliant de l’Amiral Demartin qui espérait le voir revenir de ce sommet avec un ou deux navires en poche… Il ne savait pas vraiment ce que ce sommet donnerait, mais qui sait, peut-être sa délégation et lui pourraient revenir avec quelques promesses de livraison de navires… voire peut-être même un sous-marin ? Le leur était en cours de construction, la confrontation avec du matériel produit par leur voisins pourrait être une bonne chose pour situer la qualité du matériel national. Mais l’heure n’était pas encore à ce sujet, il devait poursuivre.

- Vous évoquez ensuite le projet de canal Nebrownien. Oui, nous avons ce projet, mais pas encore de trajet clairement défini. Nous avons plusieurs possibilités, qui nécessitent des analyses géologiques poussées et des études de faisabilité, tant matérielle qu’économique. Nous sommes profondément reconnaissant de votre volonté de nous aider dans cette tâche, et votre proposition nous fait chaud au cœur sachant que nous ne serons pas seuls dans ce monumental projet. Mais nous ne voulons pas nous présenter à vous avec une moitié d’études préparatoires. Les études géologiques ont été lancées, nous devrions en avoir les résultats d’ici six mois au mieux, un an serait plus réaliste. Pour le reste, études de faisabilité, études économiques, etc, dépendront principalement de ces études géologiques.

Ernest, l’espace d’une seconde, se prit à penser à ce que ce projet pouvait représenter, tant d’un point de vue économique que technologique et administratif. Des migraines en perspective.

- Il va sans dire que les nations pouvant voir ce projet de canal comme une menace pour leurs intérêts pourraient tenter de le faire échouer, ainsi, votre proposition de coopération en matière de renseignements va sans dire de notre point de vue. Cependant, les nations en questions, ou que nous suspectons d’être, n’ont encore rien fait à notre encontre pour justifier que nous nous montrions, sinon hostiles, au moins suspicieux à leur encontre… Cela ne nous empêchera bien évidemment pas de montrer que nous sommes parés à toute éventualité, notre montée en puissance a pour but de nous rendre capable d’opérer à l’échelle régionale.
Le Président fédéral joue le jeu des photographes, quelque chose dont il a très largement l'habitude, affichant sans difficulté un sourire protocolaire au milieu des autres dirigeants, une expression du visage qui le donne toujours aussi avenant et abordable pour ses interlocuteurs, mais également pour son électorat, bien que cette image semble avoir légèrement souffert au fur et à mesure de son mandat, entamant les dernier mois de celui-ci, mais potentiellement prolongé s'il parvient à se faire réélire en août face à une droite toujours plus radicale et un contexte politique qui ne lui est pour le moment pas vraiment favorable. Ce genre de sommet est donc une opportunité électorale de pouvoir gagner des points sur son bilan diplomatique, mis à mal par ses opposants, tout particulièrement dans une rencontre sans la présence d'Henry Takajiwa, qui fait de plus en plus la mainmise sur la diplomatie de la Grande République, quelque chose contre lequel il ne pourra avoir les mains libres qu'après sa réélection, pour débarrasser du gouvernement cette droite aux ambitions terrifiantes et qu'il juge beaucoup trop grandes en l'état pour le pays. Ainsi, il est important que ce sommet aboutisse à quelque chose de concret et capable de profiter au pays, tout autant qu'il pourra lui être profitable pour ses propres objectifs politiques.

Du haut de ses 74 ans, Simeon Belagri fait donc figure de doyen au milieu des autres dirigeants, ainsi que l'un des Présidents fédéral les moins lermandophiles de ces dernières décennies, sa relation avec le Président Michel Duval n'étant pas aussi bonne qu'elle put l'être avec son prédécesseur, Victor Hardenbor Sr., qui était reconnu comme tel, en plus d'avoir un passif de héros de guerre ayant combattu en Lermandie contre la Viétie communiste, entre 1958 et 1963. Bien évidemment, cela ne veux pas dire que les deux hommes ne s'apprécient pas, ce n'est pas le cas, mais il manque cette relation privilégié que le chef de l’État lermandien a pu avoir par le passé, tout particulièrement quand Simeon Belagri et lui s'oppose sur plusieurs sujets internationaux, comme la renaissance de l'Entente aleucienne, la proximité avec l'OND ou encore l'avenir de l'ASEA. Ainsi, cette rencontre représente la plus importante entre les deux dirigeants depuis la tentative de médiation ratée des teylais en 2016, lors de la crise stérusienne, qui avait quand même pu démontrer que les deux hommes faisaient toujours ligue commune face à l'adversité, une continuité propre aux relations historique entre la Lermandie et Westalia, preuve que Simeon Belagri n'a jamais lâché le principal allié des westaliens.

Ainsi, il se retrouve désormais assied devant la table à laquelle les autres dirigeants commencent à échanger sur le sujet principal de cette rencontre : la gestion de la Mer Intérieure. Il laisse d'abord l'hôte de cette réunion présenter la ligne de discussion qui va s'en suivre aujourd'hui, avant d'écoute très attentivement la prise de parole très intéressante du dirigeant nebrownien, Ernest Reyes, pour ce qui va suivre. Il décide alors de s'exprimer à son tour pour partager l'avis de son pays :

Simeon Belagri : Monsieur le Président Duval, je vous remercie pour cette introduction. De façon générale, je pense que nous sommes d'accord sur les objectifs que doivent couvrir cette réunion : la sécurité, l'économie et notre influence sur la mer Intérieure. Il est d'une évidence claire que cette étendue d'eau va devenir dans les prochaines années une nouvelle région économiquement profitable, notamment grâce aux évolutions dynamiques du continent qui recentrent le cœur de l'économie aleucienne dans notre région, tout particulièrement portée par les échanges privilégiés que nous entretenons les uns avec les autres dans cette pièce. Bien plus qu'un renforcement des coopérations déjà existantes entre nous, ce sommet va inévitablement aboutir à un message fort à l'international concernant notre souveraineté légitime sur ces eaux et sur le contrôle nécessaire que nous devons exercer ensemble pour protéger nos populations et les flux économiques de plus en plus importants qui les traversent. En mobilisant de façon commune nos forces pour cette cause, nous contribuerons à la prospérité et à la sécurité de chacun.

Il s'attarde désormais sur les inquiétudes du Président Ernest Reyes et du manque de capacité de son pays pour assurer un rôle important dans cette nouvelle dynamique régionale, une inquiétude justifiée et pour laquelle le Président Belagri avait déjà la réponse :

Simeon Belagri : Monsieur le Président Reyes, je peux comprendre les inquiétudes que vous nous avez partagées et je peux vous assurer que c'est une remarque importante que vous soulevez ici. La Grande République de Westalia dispose de la plus importante marine du continent et il est tout à fait logique que les attentes en terme capacité militaire ne soient pas les mêmes entre les nôtres et celle d'une marine en plein développement, comme la vôtre. Vous proposez des idées très intéressantes pour vous soutenir dans ce dit développement et je pense vous rejoindre positivement dans ces dernières. Si la marine fédérale ne possède pas encore de navires officiellement déclassé disponible à la vente, le début des années 2020 devraient voir le remplacement final de nos derniers patrouilleurs de classe Hope et notre dernière corvette de classe Hunter par des modèles plus récents. Si ces dernières vous intéressent, nous n'hésiterons pas à vous recontacter le moment venu pour que votre marine puisse en faire l'acquisition dans une vente privilégiée pour votre pays. Malgré tout, dans l'immédiat, je peux déjà vous proposer des aides à la formations de vos marins auprès de notre propre marine fédérale, qui a déjà aidé au développement de différentes marines étrangères, dont l'importante expérience pourra vous être d'une grande utilité dans vos propres missions de patrouilles maritimes. D'ici au développement de votre force navale, la Grande République peut également augmenter temporairement ses moyens en mer intérieure pour soutenir les efforts nebrowniens le temps que votre pays atteigne les capacités sécuritaires que vous vous êtes fixés.

Ce projet de canal mentionné par les deux dirigeants était également un sujet très intéressant et très profitable pour l'avenir. Simeon Belagri avait eu vent d'une rumeur d'un tel projet, sans pour autant avoir la certitude de sa réalisation, désormais assez sûr à l'écoute des propos tenus aujourd'hui. Dans tous les cas, la construction d'un canal en Nebrownia est un événement inévitable dans le futur, puisque la Grande République aurait probablement proposé l'idée au nouveau gouvernement, beaucoup plus ouvert que sous la dictature, pour dynamiser l'économie régionale.

Simeon Belagri : Pour ce qui est de ce projet de canal, je peux déjà vous assurer que la Grande République soutient ce projet prometteur qui permettra d'apporter beaucoup à nos nations dans le futur. Je pense que la proposition de créer une banque d'investissement pour ce genre de projet me semble être une très bonne idée pour vous aider financièrement à la construction d'un ouvrage aussi pharaonique et important que ce canal. Plus qu'un financement, lorsque son annonce officielle de construction sera dévoilée au public, il représentera un symbole majeur de notre coopération. Bien évidemment, notre gouvernement pourra mettre à votre disposition le savoir-faire des entreprises westaliennes pour ce projet, tout comme notre aide à la protection de ce dernier face à toute entité, groupe ou pays qui souhaiterait entraver ce projet.
Le Haut-Gouverneur Alleva affichant un grand sourire pour les photographes au milieu des autres dirigeants, essayant de donner la meilleure impression possible pour un déplacement politique tel que celui-ci. En effet, la République de Valerania n’est pas encore connue sur la scène internationale et pour cause, sa sortie relativement tardive de son isolationnisme. Ce sommet est une occasion en or pour montrer aux autres nations que la République de Valerania souhaite devenir un acteur sur la scène internationale. Grâce à un changement de politique drastique, le pays se tourne vers l’extérieur tentant de prendre contact dans un premier temps avec ses voisins les plus proches pour nouer des relations de confiance et économiques. De plus, ce sommet a une importance supplémentaire pour Aurelia car il permettra aussi à son gouvernement, s’il se conclut par de très bons résultats d'obtenir une légitimité et potentiellement d’apaiser le peuple valeranien qui est en proie à une contestation massive de sa victoire électorale jugée antidémocratique par une partie du peuple

Une fois les journalistes dispersés et les quatre dirigeants autour d’une même table, Aurelia écoute attentivement l’introduction de l'hôte de ce sommet Michel Duval, concernant la gestion de la mer intérieure, de sa sécurité maritime, d’une coopération économique et de la défense de l’influence des pays représentés dans la mer intérieure. Suivi rapidement d’une prise de parole du Président Ernest Reyes évoquant ses craintes de ne pas être à la hauteur des attentes et des propositions de ce sommet. Puis, c’est le Président fédéral Simeon Belagri qui confirme que la mer intérieure sera un lieu économique important et offre des propositions à Ernest pour apaiser ses craintes. C’était donc à Aurelia de prendre la parole.

Aurelia Alleva - D’abord merci Monsieur le Président Duval pour cette introduction qui nous permet d'entrer rapidement dans le vif du sujet. Comme l’a déjà dit Monsieur le Président Belagri, nous sommes effectivement d’accord sur les objectifs concernant la mer intérieure. Cette étendue d’eau va devenir un carrefour maritime incontournable du commerce maritime pour notre continent, plus particulièrement pour les membres autour de cette table qui sont directement concernés. Travailler ensemble à la sécurité de cette dernière nous permettra de perpétuer son bon développement et de faire naître ou de renforcer de nouvelles routes commerciales entre nos quatre nations en perpétuelle évolution. Par ailleurs, je tiens à vous assurer que la Valerania mettra tout en œuvre pour lutter contre les trafics illicites et la piraterie dans ces eaux. Cet engagement est pour moi essentiel les trafics illicites doivent être combattus sur tous les fronts qu’ils soient terrestres, maritimes ou aériens. Ils n'apportent que désordre et instabilité sur nos territoires. Nous nous engageons à partager l’ensemble de nos informations relatives aux menaces potentielles. J'aimerais ajouté que nous sommes encore bien loin d'égaler les flottes de la Grande République de Westalia ou bien celle de la République de Lermandie, cependant nous sommes en train de grandement investir dans la nôtre avec la production actuelle d’un sous-marin d’attaque et de frégates, mais surtout d’un chantier d’un tout autre niveau avec un porte-avions de dernière génération que nous lancerons sous peu et qui renforcera assurément la marine de Valerania, ce qui permettra à notre flotte d’accomplir son rôle concernant la sécurisation de la mer intérieure à notre humble niveau.

Après cette intervention, Aurelia se tourne vers le Président Reyes, ayant réfléchi à des propositions qui pourraient soutenir son effort de reconstituer une marine pour son pays.

Aurelia Alleva - Monsieur le Président Reyes, j’ai écouté avec attention votre prise de parole et vos inquiétudes concernant votre rôle pour ce commandement quadripartite. Je n’ai malheureusement pas de proposition du niveau de Monsieur le Président Belagri concernant des navires. Toutefois, j’ai réfléchi à ce que Valerania pouvait vous proposer afin de vous soutenir dans le développement de votre marine à notre niveau. Il se trouve que Valerania possède une très grosse production d’acier et que c’est l’une de nos forces, je peux vous proposer un accès privilégié à l’acier valeranien à des tarifs avantageux pour vous accompagner dans le développement de votre marine.

Concernant le projet de canal qui a été précédemment mentionné, il intéresse aussi Aurelia, c’est un point qui pourrait être profitable économiquement pour Valerania dans le futur.

Aurelia Alleva - Pour finir, je reviendrais sur le projet de canal qui a été précédemment abordé, je rejoins Monsieur le Président Belagri, créer une banque d'investissement pour un projet aussi massif est une très bonne idée. Sachez que Valerania vous soutiendra jusqu'à l’accomplissement de ce projet
Le président Duval prit note des déclarations de ses homologues. Il prit également note de certaines inquiétudes exprimées par son homologue nebrownien, même s’il fut plutôt surpris par les retards liés à la prospection visant à identifier la future localisation du canal, au point de se demander si l’administration nebrownienne n’était pas encore plus complexe que celle de la Lermandie. Mais cela expliquerait peut‑être pourquoi aucune communication officielle n’a encore été émise… ou bien est‑ce lié aux habitudes héritées du passé récent de Nebrownia, lorsque le général Kellem dirigeait le pays d’une main de fer.

Concernant le sujet de la sécurité et des forces militaires, le président Duval ne put qu’être satisfait de la volonté de la dirigeante de Valerania de développer sa marine, ce qui permettra à moyen terme d’épauler la Marine fédérale westalienne et la Marine républicaine (c’est‑à‑dire la marine lermandienne), renforçant ainsi la crédibilité concrète de la défense des quatre pays de la Mer Intérieure.

Michel Duval: "Monsieur le Président Reyes, c’est tout à votre honneur de prendre la parole. En effet, autour de cette table, il n’y a que des représentants de nations prêtes à faire preuve de solidarité entre leurs membres.

Vous avez mentionné l’état compromis de votre marine, conséquence de plusieurs décisions prises par vos prédécesseurs. La relever sera une tâche immense que vos forces armées n’auront pas, à court terme, la capacité d’assumer seules, ce qui montre une grande lucidité quant aux capacités actuelles de votre nation.
Pour la Lermandie, d’une certaine manière, c’est similaire, mais dans un autre domaine. J’ai en tête ma propre agence spatiale, l’Agence Républicaine des Études Spatiales, qui vient à peine de lancer son premier lanceur opérationnel pour mettre en orbite des satellites en orbite basse. Mais le budget spatial attribué par le Parlement lermandien est insuffisant, même à moyen terme, pour envisager un programme spatial habité. D’où l’utilité de créer une banque d’investissement destinée à soutenir les États partenaires dans des projets crédibles et réalistes, répondant à nos intérêts mutuels et bénéfiques.
Le projet de canal, dont nous avons discuté lors de notre dernière rencontre, votre prédécesseur et moi‑même, constituera une base solide pour ce partenariat.

Quant au point de vue de certains États qui verraient ce canal comme une menace, je souhaite vous dire que la Lermandie, et sans doute Westalia, seront capables de les remettre à leur place si nécessaire, afin de défendre vos intérêts. D’où l’importance de lutter contre l’ingérence étrangère. Et si besoin, la Lermandie pourrait en effet vous vendre à prix réduit des navires de guerre de générations précédentes, en complément des anciens navires westaliens, réputés efficaces et fiables.

Enfin, pour démontrer notre crédibilité, je pense que la mise en place d’exercices militaires quadrinationaux permettra non seulement de dissuader les États potentiellement hostiles aux démocraties aleuciennes du Monde Libre, mais aussi de renforcer et d’acquérir de nouvelles compétences opérationnelles. Je pense notamment à la Marine républicaine, qui souhaite acquérir des connaissances théoriques sur les doctrines liées aux porte‑avions et aux aéronefs, domaine dans lequel la Grande République de Westalia est l’experte parmi les quatre États démocratiques de la Mer Intérieure."
Suite à sa prise de parole, les autres dirigeants donnèrent également leurs point de vue sur la situation. Ernest fut particulièrement surpris des diverses propositions de soutiens des représentants des autres nations, chacun y allant de son geste en faveur de Nebrownia. Il se demanda à quel point Nebrownia ne revêtait pas une position centrale dans les plans futurs de chacune des nations rassemblées ici tant les propositions étaient généreuses. La proposition Westalienne, d’abord, revêtait un intérêt à court et moyen terme, d’abord avec la proposition de former les contingents d’officiers et de sous officiers, ce qui permettrait d’acquérir des méthodes de formation, de les confronter aux Forces Navales Nebrowniennes renaissantes et d’ensuite créer les centres de formation Nebrowniens. Ensuite avec leur proposition de vente de navire, une fois ceux-ci déclassés. Les deux offres étaient extrêmement intéressantes pour Nebrownia, dont l’industrie navale militaire peinait à se redresser. La proposition de Valerania, ensuite, était littéralement une bouffée d’air frais pour l’économie Nebrownienne. En effet, la dirigeante Valeranienne l’ignorait sans doute, mais l’industrie lourde que représentait les Fonderies Nationales Nebrowniennes était en pleine préparation de modernisation. Or, avec la volonté des politiques d’une montée en puissance de l’armée, les demandes de métaux explosaient littéralement. Difficile dans ce cas de maintenir une réponse à la demande tout en modernisant les centres industriels fournisseurs. La proposition de Valerania permettrai donc à Nebrownia de lancer un programme de modernisation plus efficace, et donc plus court, pour un prix sans doute plus élevé, mais certainement moins que celui qu’aurait occasionné des retards en série. Avec ces deux propositions, la modernisation du parc industriel Nebrownien pourrait avancer plus rapidement que ce qu’Ernest craignait. Si ces deux propositions débouchaient sur un accord en marge de la présente réunion, ce serait une véritable bouffée d’oxygène pour Nebrownia.

Le jeune Président Duval rappela ensuite les objectifs de la création de la banque d’investissement destinée aux nations partenaires de la Mer Intérieure, citant, en plus du projet de canal Nebrownien, le projet Spatial Lermandien. Nebrownia n’avait qu’un intérêt limité dans les affaires spatiales pour le moment, hormis tout ce qui était GPS, imagerie satellite et météorologie, mais la Lermandie fournissait l’essentiel des données dont le pays avait besoin, et une main tendue en notre direction ne méritait pas une moue dubitative en retour. Ernest commença à se demander ce que Nebrownia pourrait se permettre d’investir avant de chasser la pensée. L’heure n’était pas à ça pour le moment, il fallait faire avancer le sommet.

Au nom de Nebrownia, je vous remercie pour vos propositions, chacune d’entre elles est extrêmement intéressante pour ma nation et je pense qu’il nous faudra en discuter en marge de ce sommet, Mme Alleva et Mr Belagri. Mr Duval, nos récents échanges ont déjà prouvé que Nebrownia pouvait compter sur votre nation, je n’avais aucun doute concernant votre volonté de nous proposer du matériel afin de nous aider à monter en puissance. Malgré la faiblesse de nos moyens, nous pouvons mettre à disposition des forces aériennes pour jouer une potentielle force d’opposition lors des exercices à venir. Nos pilotes sont tous formés pour la guerre anti-navire, je puis vous promettre qu’ils mettront sérieusement vos marins à l’épreuve. Maintenant, concernant le projet de banque d’investissement… Comme je vous l’ai dit, dans l’idée, nous sommes d’accord.

Le Président de la Nouvelle République Nébrownienne croisa les mains devant son visage et fronça quelque peu les sourcils. Maintenant, l’heure n’était plus vraiment aux belles promesses et aux bons sentiments. Certes, le fait que chacun autour de la table prenne extrêmement à cœur une montée en puissance de Nebrownia réchauffait le sien, car preuve que sa nation revêtait de l’importance aux yeux des autres, mais le projet de banque d’investissement, même s’il lui donnait de l’espoir aussi, lui faisait froid dans le dos.

Cependant, une banque d’investissement à cette échelle va nécessiter des fonds de départ… Hors, que ce soit pour le projet de canal Nebrownien, ou pour le projet spatial Lermandien, je pense que nous parlons de sommes astronomiques, plusieurs milliards… Si nous voulons utiliser un de ces deux projets en guise de “vitrine” de cette banque d’investissement, la mise de départ devra être conséquente pour chacun des pays impliqués. Ernest se redressa, appuyant son dos contre le dossier de sa chaise, cherchant de la main sa canne calée contre sa cuisse, Dès lors, comment allons-nous fournir les fonds à cette banque d’investissement ? Par donations ponctuelles ou par versements réguliers ? Quelles seront les mises de départ ? Et quels seront les taux d’intérêts et de remboursement ? Il va sans dire qu’autour de la table, nous avons autant d’économie différente qu’il y a de pays, donc partons nous du fait que les économies les plus puissantes payent la majeur partie de la somme de lancement, ou essayons nous de faire un projet plus égalitaire en utilisant un taux fixe du PIB à verser dans cette banque d’investissement ?

Ernest commença à faire pivoter sa canne, machinalement, réfléchissant tout en parlant. Plusieurs idées et suggestions se bousculaient à présent dans sa tête. Plusieurs autres questions aussi. Le jeune président Lermandien avait parlé de défendre leur influence dans la mer intérieure. Concernant Nebrownia, la mer intérieure constituait un front secondaire, au profit de celui du Golfe Cardinal, sur lequel le pays avait plus de littoral. De plus, La mer Intérieure avait toujours été la chasse gardée des Marines Westaliennes et Lermandiennes, même si Valerania et/ou la Costa Suenoleja et/ou Everia pouvaient à loisir bloquer les accès au Sud avec quelques mines navales et une quarantaines de chasseurs bombardiers équipés de missiles anti-navire. Ou même tout simplement de quelques navires coulés en travers des accès aux mers du sud, ce qui coûterait encore moins cher. Donc au final, la nécessité de maintenir l’influence de Nebrownia dans la zone ne tenait que parce qu’il y avait le projet de canal et la nécessité de protéger les côtes au sud ainsi que ses alliés.

Et dans votre projet, Mr Duval, cette banque d’investissement ne servira que les signataires d’un traité de la mer intérieure ou d’une Entente Aleucienne ? Ou servira-t-elle aussi d’outil afin de renforcer l’influence de nos états en en aidant d’autres à réaliser leurs projets ?

Le Président Reyes regardait à présent intensément le jeune président Duval. Avait-il un plan pour cette banque ? Un projet de soft power pouvant se transformer en hard power ? Ou bien était-ce simplement l’idée d’un jeune homme plein de bonne volonté pour aider les nations amies ? Auquel cas, avait-il des propositions pour éviter de se faire plumer ? Le monde était rempli de politiciens ne songeant qu’à s’enrichir au détriment des autres, et Nebrownia en avait abrité un certain nombre à une autre époque, pas si lointaine. Donc la probabilité de voir le dirigeant d’un pays filer en douce avec le magot emprunté à la banque n'était pas nulle, et Ernest n’avait nullement envie de voir une autre nation voler l’argent de Nebrownia. Il s’en voulait un peu, intérieurement, de bousculer un peu l’ambiance jusqu’ici chaleureuse, mais le sujet revêtait trop d’importance pour n’être pas discuté sérieusement, et Ernest, fatigué par des semaines de travail acharné et de nuits courtes, avait peur d’oublier un sujet aussi important.
Les questions du Président nebrownien sont pertinentes, il est important de définir dès à présent les grandes lignes, le fonctionnement et les objectifs de cette banque d'investissement multinationale. Une telle institution serait grandement bénéfique pour le développement des nations adhérent à cette dernière, tout particulièrement dans cette période de "grands ouvrages", où le monde se relance dans la construction d'importantes infrastructures ou le développement de nouvelles technologies qui vont révolutionner nos sociétés et faire avancer d'un grand pas nos civilisations. A l'échelle de ces quatre pays, on pense bien évidemment au canal visant à relier la Mer intérieure au Golfe Cardinal, un projet très ambitieux, plein de potentiel, mais au-delà des moyens que la jeune démocratie est capable d'investir pour mener à bien dans un temps acceptable et avec un budget capable d'être soutenue par cette dernière. La construction d'un nouveau programme spatial aleucien est également remis sur le devant de la scène, avec le départ de la Lermandie de l'ASNA et la mise en retrait des fonds westaliens à cette dernière, depuis 2017. Déjà la Lermandie et la Grande République avait entamé plus ou moins une certaine forme d'entraide sur le sujet, la première ayant utilisé des pas de tirs et des lanceurs privés westaliens avec le soutien de la seconde, qui a œuvré dans l'ombre pour prioriser les demandes lermandiennes. Pour autant, si un nouveau programme spatial westalien est en cours de reprise, présageant une sortie définitive de l'ASNA, les deux pays n'ont pas de traité particulier pour collaborer ensemble à ce sujet et les investissements nécessaires pour rattraper les autres programmes internationaux risquent d'être important, bien que le savoir technologique soit tout de même bien présent. Ainsi, cette banque d'investissement nord-aleucienne pourrait servir à aider au développement d'un programme commun, qui ne serait plus sujet aux caprices akaltiens, mais tout comme pour le canal, ce serait quelque chose à voir après la structuration des relations de ces quatre nation dans la gestion de la Mer intérieure, qui reste le sujet premier de cette rencontre.

Pour les westaliens, cette banque d'investissement est d'un grand intérêt, pas seulement pour l'aide qu'elle pourrait apporter, mais plutôt pour les opportunités qu'elle pourrait apporter aux acteurs nationaux dans les différents projets qui s'articuleront autour de cette dernière. Sans surprise, avec la plus grande économie du continent, Westalia devrait être la principale nation contributrice aux fonds de cette banque et les grands intérêts de cette dernière ne se trouveraient pas dans l'argent récupéré grâce à cette institution, mais plutôt les bénéfices indirects qui contribueront à la croissance économique westalienne. Déjà, l'Union Infrastructure devrait être la première entreprise westalienne à se manifester pour obtenir une partie du chantier, tout comme Akiyama International Transport, leader aleucien dans le transport de marchandises par voie maritime, qui va probablement investir dans la construction de locaux sur place, voir essayer d'avoir du poids dans la gestion de ce canal. Les westaliens sont de grands investisseurs sur le continent et l'annonce officiel d'un tel projet va inévitablement attirer la venue de capitaux en provenance de la Grande République, en Nebrownia. Ils ne seront certainement pas les seuls à faire de même, mais il est clair que la proximité géographique, le poids du pays et les accords qui pourraient être signés aujourd'hui vont grandement contribuer à l'intérêt des investisseurs westaliens pour le pays du brownie.

Le président fédéral se réajuste sur son siège et prend la parole, pour réagir aux dernières interventions de ses homologues.

Simeon Belagri : Pour revenir rapidement sur la coopération militaire à venir, c'est un enjeu stratégique pour toutes les nations représentées autour de cette table que de se constituer une force maritime, voir aéronavale dans un avenir plus lointain, pour garantir l'intégrité de notre contrôle sur la Mer intérieure, la sûreté de nos intérêts et surtout la sécurité de nos populations. La Grande République se tient donc prête à aider pleinement ses partenaires dans cette optique, pour que nous puissions former à l'avenir un groupe de puissances respectées et dissuasifs face à toute volonté de déstabilisation à notre encontre. En effet, comme a pu le préciser Monsieur le Président Duval, nos nations sauront se mobiliser face à toute intention hostile à l'égard de votre projet de canal, Monsieur le Président Reyes, vous pouvez en avoir la certitude.

La création d'une nouvelle route commerciale maritime, du Nord au Sud du continent, est un sujet d'actualité qui provoque de nombreuses tensions, des hostilités et des conflits d'intérêts entre les différents gouvernements locaux. La Grande République n'est pas étrangère à ces histoires puisque, bien que discrète pour le moment, se positionne déjà diplomatiquement sur ces questions, comme elle peut se montrer hostile au projet de canal évérien, principalement pour l'organisation et le planning utopique qui ne présage rien de bon pour cet ouvrage, elle est cependant très favorables au projet neborwnien, d'une part pour les intérêts économiques plus intéressants de ce dernier, mais surtout parce que les westaliens pourront aussi participer au projet, à la vue de comment se déroule cette rencontre...

Simeon Belagri : Concernant cette banque d'investissement, il est, en effet, important de commencer à en définir le cadre et les objectifs aujourd'hui, pour avoir quelque chose de clair lors de son lancement. Monsieur Reyes, je vais me permettre de revenir sur vos interrogations très pertinentes à ce sujet.

Vous le relevez très bien, la mise en place de cette institution multinationale va demander un premier investissement assez colossal pour nos gouvernements respectifs, tout particulièrement pour les très ambitieux projets qui s'annoncent ces prochaines années. En termes de part, il est tout à fait normal que l'on n'attende pas la même chose de Westalia que de Nebrownia, les poids de nos économies n'étant pas le même et nos capacités à investir étant de ce fait différentes. Pour moi, il faut avant tout voir ce projet comme une occasion pour nos partenaires en plein développement, notamment Nebrownia et Valerania, de profiter de cette opportunité pour faire croître leur économie. Il ne faudrait donc pas imposer une part qui pourrait mettre à mal l'intérêt économique des participants, mais plutôt développer sur le temps leur capacité d'investissement vis-à-vis de cette institution. Alors que nous nous développerons tous économiquement, nous pourrons réévaluer à intervalles réguliers cette dite part, dont le choix de l'importance devrait être dans un premier lieu la décision du gouvernement qui investit, suivi au besoin de négociations entre nos quatre nations pour confirmer notre participation respective. Personnellement, le budget westalien n'a aucun problème pour accuser d'un investissement aussi important dans ce projet, tout particulièrement pour les bénéfices très importants qui pourront en être tirés dans l'avenir.

Quant à l'extension des pays participant ou bénéficiaires de cette future banque, je pense qu'il est pour le moment judicieux de rester dans un modèle où cette dernière se concentre uniquement dans les investissements nécessaires aux projets de nos nations. Peut-être que, dans un avenir proche ou lointain, il pourrait y avoir le besoin de faire évoluer cette institution pour élargir son rayon d'action géographique, et je n'en serai pas contre, mais il est d'abord très important de mettre en place ce projet avant de s'y atteler. De par sa structure multinationale, je pense qu'elle sera de toute façon adaptable pour investir dans d'autres nations dans le futur, mais c'est un autre sujet pour l'avenir, tout particulièrement si les projets que nous envisageons aujourd'hui s'orientent vers des succès évidents à l'international.

À la suite de sa prise de parole c’est le Président Duval qui reprend et s’exprime sur les situations énoncées et clarifie sa position envers toute nation qui verrait le projet de canal comme une menace, et donnant aussi son avis sur cette création de banque d’investissement puis enchaînant avec une proposition qui intéressa Aurelia, celle d’exercices militaires quadrinationaux. Valerania ayant sa marine en plein développement et avec peu d'expérience pour sa flotte, voilà une occasion en or d’obtenir de précieuses connaissances d’une des meilleures marines et expérimentées celle de Westalia qui dispose à ce jour de la marine la plus importante du continent, d’autant plus que la marine valeranienne souhaite s'orienter sur une doctrine aéronavale avec de nombreux porte-avions, et comme l’a dit le Président Duval c’est un domaine où Westalia excelle.

Le sujet de la banque d’investissement revient sur le tapis mais cette fois-ci le sujet va plus en profondeur avec des questions et des réponses pertinentes. Il est clair que Valerania ne peut rivaliser économiquement avec des nations telles que la Lermandie ou Westalia pour apporter des fonds de départ mais la réponse apportée par le Président Belagri sur les inquiétudes énoncées par le Président Reyes qui touchent aussi Valerania rassura Aurelia sur ce point et la conforta dans son idée d’approuver cette banque d’investissement qui apportera à n'en pas douter beaucoup de positif pour le développement économique de son pays sur de nombreux aspects.

Un silence retombe après les interventions des différents représentants autour de la table et Aurelia prend la parole à son tour.

Aurelia Alleva - Je suis heureuse d’entendre Monsieur Belagri et Monsieur Duval votre prise de position concernant d'éventuelles nations hostiles et que vous n’avez aucune intention de les laisser faire à leur guise. Il ne faut pas écarter la possibilité que ce sommet et ce qui en découle soient vus d’un mauvais œil par d'autres nations et de savoir que si cela est nécessaire vous interviendrez, c’est rassurant.

Je reviens également sur la coopération militaire, l’idée de Monsieur Duval concernant des exercices militaires quadrinationaux. Je trouve que c’est une bonne proposition, ça permettra comme il l’a déjà très bien été dit une forte dissuasion et aussi de renforcer mutuellement nos corps d’armée et notre cohésion, notamment je parle pour la marine valeranienne qui souhaite s’orienter sur une doctrine aéronavale, s’ils peuvent obtenir et renforcer des compétences auprès de la plus importante marine du continent cela aidera sans nul doute notre flotte à accomplir plus facilement son rôle concernant la sécurisation de la mer intérieure.

Le Haut-Gouverneur se redressant sur son siège, ajustant légèrement sa posture, jusqu’alors détendue et souriante, son expression change pour des traits plus fermés et une attitude plus sérieuse.

Aurelia Alleva - Pour cette banque d’investissement, Monsieur Reyes a eu des interrogations pertinentes qui concernent aussi Valerania. Il est évident que Valerania n’a pas la même économie que la République de Lermandie ou encore la Grande République de Westalia, c’est pourquoi je pense que la proposition de Monsieur Belagri est un bon moyen pour nous, de développer notre économie sans pour autant nous mettre dans une position délicate. Mais dans cette banque d’investissement qui prendra les décisions de financer tel ou tel projet et de la priorité ? Allons-nous procéder par vote et chaque pays compte pour une voix ? Cette banque d’investissement servira t-elle uniquement pour de gros projets tels que le canal maritime en Nebrownia ou encore l’agence spatiale de la Lermandie ? Peut-être de plus petits projets pour nos nations et même des projets en commun comme des industries ou des infrastructures ?

Cette banque d’investissement sera sans nul doute un message fort de la coopération entre nos nations et je ne doute pas de l’objectif économique qui peut en découler. Il me semble important de définir dès maintenant des règles claires et précises. Je rejoins Monsieur Belagri concernant à qui profitera la banque. Je pense que pour le moment elle doit se limiter à nos quatre nations, c’est un levier qui va dans un premier temps être bénéfique pour Nebrownia et Valerania qui accélérera notre développement et nous permettra d'accroître notre économie et impactera directement nos moyens respectifs concernant la défense de la mer intérieure puis dans un futur plus ou moins proche si l'occasion se présente, nous pourrons envisager d’intégrer d’autres nations aux projets ambitieux qui nous correspondent.
Le Président Duval écouta attentivement les discours de ses trois homologues avec pragmatisme. Il constata que les interrogations portaient principalement sur la banque d’investissement, notamment sur sa future gouvernance. C’est pourquoi il décida de répondre point par point aux réflexions et aux préoccupations exprimées.

Michel Duval: "M. Reyes, il convient d’abord de rappeler que toute aide visant à renforcer la crédibilité de notre Entente quadrilatérale est la bienvenue, quels que soient les moyens employés. De plus, cette coopération permettra à vos forces armées d’acquérir de l’expérience sur les différents matériels utilisés par les trois autres nations représentées autour de cette table. Cela facilitera l’apprentissage de l’armement contemporain et pourrait même encourager votre armée à envisager l’acquisition de certains de nos équipements.

Concernant la banque d’investissement, je ne pense pas que la somme de plusieurs milliards constitue un véritable obstacle. Nos nations disposent d’une capacité d’emprunt suffisamment solide grâce à la confiance des investisseurs publics comme privés. Le véritable frein résidera plutôt dans la pertinence des projets : leur conception, leur viabilité et leurs retombées économiques. Ces éléments seront évalués par un collège composé de représentants de nos nations respectives, chargé d’approuver ou non les projets. C’est sur cette base que la banque pourra garantir des fonds réguliers et durables.

Le projet de canal en Nerbownia est certes ambitieux, mais il répond à une situation préoccupante : les armateurs utilisant les ports de la Mer Intérieure sont aujourd’hui bloqués, notamment parce que les assurances ne font plus confiance à certains États du sud de l’Aleucie pour garantir la liberté de navigation. Je pense aux mines maritimes icamiennes ou aux risques d’inspection navale par Stérus ou l’Akaltie. Ces armateurs cherchent donc des solutions de contournement terrestres, au prix de coûts plus élevés et d’une détérioration de l’emploi dans les centres urbains du littoral. Nos gouvernements ont tout intérêt à éviter une crise sociale dans ce secteur, qui pourrait peser sur les prochaines élections.

Quoi qu’il en soit, cette banque d’investissement aura avant tout une vocation économique, et non militaire; du moins pour l’instant. Elle servira exclusivement les pays représentés autour de cette table, ainsi que les futurs partenaires d’un traité issu de ce sommet, partenaires qui seront déterminés ultérieurement."

Le Président se tourna ensuite vers le Haut-Gouverneur.

Michel Duval: "Mme Alleva, pour ce qui est des projets de plus petite envergure, je pense que si un projet est rentable, quelle que soit son ambition, la banque d’investissement n’y verra aucun inconvénient. Il faudra simplement s’assurer que les retours financiers soient positifs , notamment après la livraison du projet, afin d’asseoir sa crédibilité en Aleucie, voire au-delà.

J’aimerais également que cette banque puisse devenir un véritable accélérateur de développement, notamment pour la modernisation des lignes ferroviaires vieillissantes dans l’ancien territoire viétique du côté lermandien, qui a peu évolué depuis la chute du communisme en Ouest-Aleucie. Les signaux ferroviaires y sont encore mécaniques, donc plus sujets aux pannes et moins fiables que les signaux lumineux. Cela limite le trafic et réduit l’attractivité économique de la région. La Lermandie pourrait financer seule ce projet, mais même notre puissance économique nous oblige à prioriser d’autres chantiers plus vitaux pour la nation."

Le Président se tourna enfin vers le chef de l’État westalien.

Michel Duval: "M. Belagri, vous évoquez la question du poids économique de nos nations respectives, et vous avez raison. Soyons réalistes : la République de Lermandie n’est que la seconde puissance économique autour de cette table. Il est donc probable que, sur le long terme, le pays qui deviendra la première puissance économique de ce sommet orientera les futures politiques de cette banque d’investissement. Mais la question est : jusqu’où cela ira-t-il ?

Après tout, si un État devient trop dominant, il pourrait émerger une crainte de dépendance excessive, voire d’asymétrie structurelle; ce qui n’est évidemment pas souhaitable."

Le Président Duval conclut en rappelant que l’objectif de cette banque est de bâtir un partenariat économique équilibré, et non un mécanisme de domination. Il souligna également être conscient du comportement parfois très agressif du secteur privé westalien dans sa recherche de rentabilité maximale, un trait que la Lermandie partage d’ailleurs. Mais il y a une nuance. En effet, l’État lermandien recherche avant tout de nouveaux revenus pour financer ses politiques sociales et ses projets d’aménagement du territoire, dans un cadre démocratique où les citoyens peuvent sanctionner leurs dirigeants lors des élections.
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