30/04/2019
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Duel d'honneur Altarini/MacRìdeinn

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Duel d'honneur Altarini/MacRìdeinn


Trois jours avant le combat...



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La place San Stefano, cœur politique battant de la ville


Le jour se lève lentement sur cette ville de Velsna, qui se réveille au coeur de l'hiver. La neige qui tombe dans les canaux se dissout, tandis que celle sur le parvis des églises devient de la boue sous les pas, et que dans les ruelles les plus étroites et les moins fréquentées, le manteau blanc perdure un temps de plus. Le peuple velsnien se réveille avec la gueule de bois: la San Stefano a eu lieu il y a deux jours de cela, et l'odeur de l'alcool emplit encore l'haleine de certains. Les choses de la politique, en cette fin d'année, tournent au ralenti, au même rythme que ses habitants, et sur la place ortant le nom du Saint protecteur de la ville, les citoyens affluents autour de l'estrade des rostres, qui accueille la parole publique devant le Palais des Patrices, n'a qu'un sujet de conversation à la couche. Certes, les fêtes sont passées...mais pas totalement. Un évènement inattendu est venu dans les esprits des habitants, paraître comme le prolongement des célébrations. Certes, pas de quoi se réjouir de voir deux Hommes s'entretuer en place publique, mais ce fut suffisamment inédit, inoui, que la curiosité semble prendre le pas sur le mauvais goût dans beaucoup de cas, dans un moment de voyeurisme presque malsain. La violence politique a toujours existé dans la cité velsnienne, mais c'était comme si les pouvoirs publics avait cette fois ci tenté de canaliser cette rage à la plus petite échelle. Un duel d'honneur. D'ores et déjà, les bookmakers avaient commencé à prendre les paris dans la plupart des débits de boisson, et une question venait se transmettre de lèvres à lèvres: MacRideinn ou Altarini ? La réponse était loin d'être aussi évidente, car tandis que certains faisaient prévaloir leur haine des achosiens, le sénateur réactionnaire ne paraissait pas plus populaire dans les cœurs de beaucoup.

Indéniablement, le duel d'honneur entre l'achosien et le velsnien ne pouvait se résumer à une simple empoigne entre deux Hommes un tantinet vindicatifs...des enjeux bien plus grands paraissaient d'ores et déjà se dessiner en marge de l'évènement. Partisans du gouvernement conservateur et partisans d'Altarini, assurément, ne resteraient certainement pas impassibles face à la situation. Le duel qui s'annonce dans le sable n'est que le prolongement de luttes politiques internes à la Grande République, si bien que beaucoup de velsniens, notamment parmi la classe politique, semblaient bel et bien avoir choisi l'achosien comme champion. Une victoire d'Altarini renforcerait très probablement son aura politique, son influence et son prestige dans cette société où l'honneur rivalise avec l'argent pour déterminer la veleur d'un Homme, ce que les velsniens appellent la dignitas
. A l'inverse, si d'aventure Altarini se ridiculiserait, serait vaincu ou pire, serait tué, les conséquences pourraient bien être incalculables, à la fois pour Velsna, mais pour toutes les contrés dodécaliotes où Altarini exerce son mandat Hégémonie. Beaucoup d'individus avaient donc autant à gagner qu'à craindre de la victoire de l'achosien.

Sur la grande estrade des Rostres, le crieur sénatorial, vient dans une démonstration rhétorique désuète, donner les dernières indications de cet évènement, qui a rameuté des personnes qui d'habitude ne prennent pas le temps de venir se mettre au parfum de la politique:

"Citoyens, peuple de la cité. Ces excellences du Gouvernement communal annoncent l'arrivée imminente du ministre achosien Ceann Gille-Crìosd MacRìdeinn, XVIIème Chef du Clan MacRìdeinn, Générale d'armée et Président de la Tribune d'Achos. Il est prié à chaque citoyen de n'interférer aucunement avec les déplacements de son excellence, que ce soit en obstruction, en provocation, en brimades et en violences. Son excellence MacRìdeinn est déclaré sous la protection du Gouvernement communal durant l'intégralité de son séjour en notre cité, et tous les citoyens sont priés de montrer sympathie et courtoisie à son égard. Tout trouble à l'ordre public sera puni à raison des décisions prises par les tribunaux de première instance, pouvant se graduer de l'amende à la prison ferme suivant la gravité des infractions commises contre la cité velsnienne et la personne de son excellence MacRideinn.

Le duel d'honneur opposant son excellence MacRideinn à son excellence sénateur et hégémon Francesco Mogador Altarini se tiendra le mardi 15 décembre, au théâtre plein-air de la ville de Marciano, sur le territoire administratif de la chôra velsnienne. Le duel se déroulera en présence du peuple de Velsna, d'une partie du gouvernement communal de ces excellences membres du Sénat des Mille de la Grande République. Il est prié à chacun une conduite irréprochable. Une attestation d'identité sera nécessaire, et il sera formellement interdit aux personnes mineures d'assister au duel. Ces excellences ambassadeurs et dignitaires étrangers sont formellement invités à l'évènement."




L'arrivée de son excellence MacRideinn: un renfort inattendu ?


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L’aéroport international de Velsna est le lieu d'un petit rassemblement de gardes du corps et de personnalités à l'apparence chatoyante, mais pas celles que l'on croit. A l'arrivée de l'achosien, il n'y a guère de sénateurs, ambassadeurs, de membres du gouvernement pour l’accueillir, mais une cohorte incongrue d'individus en uniformes d'officiers de la Marineria velsnienne. Des militaires, oui, mais surtout des jeunes hommes pour leur majorité dans ce petit groupe de cinq. Tout juste avaient-ils l'âge d'avoir une barbe, et le "garçon" qui se présenta le premier au chef de clan achosien en était totalement dépourvu. Les cheveux noirs de jais et la peau lisse, sans cicatrice d'une personne qui porte un uniforme, mais qui n'a pas encore connu la guerre. Mais ce visage, indéniablement, rappelait quelqu'un d'autre à MacRideinn. Celui-ci se présente, et s'incline, se défaisant de son couvre-chef à sa vie:

" Excellence. C'est un honneur de vous rencontrer. Mon nom est Patrizio Di Grassi, officier-cadet de la Marineria, mais je pense que vous connaissez plus amplement l'ancien sénateur mon père. Celui-ci vous fait parvenir ses plus grands respects. Nous ne nous présentons pas à vous au nom du gouvernement velsnien, mais en son nom. Je me suis proposé afin de vous faire office d'escorte dans la ville le temps de votre séjour. Vous n'êtes pas dans l'obligation d'accepter, mais les rues de Velsna ne sont pas tout à fait sûres pour un Homme comme vous, et les partisans d'Altarini sont partout.

Je me suis également porter volontaire pour être votre champion dans le cadre du duel à venir. Dans le cas où vous seriez dans l'incapacité de vous battre le jour fatidique, c'est moi qui prendrait votre place, et qui devrait défendre votre honneur face à son excellence Altarini. Je l'ai juré. Là encore, vous êtes en liberté de refuser, mais ce ne serait pas chose avisée à mon humble avis. Considérez moi comme la garantie que vous pourrez en toute commodité défendre votre cause, à défaut d eme considérer comme un allié si vous n'en avez pas la volonté... Suivez nous je vous prie, nous allons vous escorter jusqu'au Palazzio qui vous servira de logis. Une ancienne demeure du tyran Scaela, dont le confort je le pense, vous siéra bien. C'est assez proche, je vous invite à ce que nous fassions le chemin à pied."


Note HRP: Fonck, tu peux accepter ou refuser le soutien de Fabrizio Di Grassi, mais cela aura des conséquences sur la suite du récit.


Pour une raison qui pouvait échapper cet instant à l'achosien, ce petit groupe de velsniens avait prit fait et cause pour lui au détriment d'Altarini. Sur le chemin, le jeune homme ne tarda pas à éclaircir les raisons de ses motivations:

" L'ancien sénateur mon père m'a parlé de vous, excellence. Il a dit que vous vous êtes battu durant la Guerre de l'AIAN. A ce titre, il pense que vous mériter à ce que votre sécurité soit assurée. Et inutile de dire que Velsna est un endroit dangereux pour vous. Altarini est peut-être médiocre en intelligence et en parole, mais il dispose de beaucoup de partisans qui pourraient être tentés de faire le sale travail à sa place avant le duel. Ne le sous-estimez pas, excellence: c'est une teigne doublée d'une brute sans manières. Je persiste à croire que vous n'auriez pas dû accepter les demandes ce et Homme: vous l'avez laissé décider du terrain de l'affrontement. A mon sens, c'était une erreur, mais soit, ce qui est fait est fait.

Je tiens également à vous informer que vous avez d'ores que vous ne passez pas inaperçu, et que vous avez déjà reçu plusieurs invitations. Le Patrice Bernaba Albirio en personne vous a personnellement invité dans son Palazzio ce soir. C'est un ami de l'ancien sénateur mon père, donc aucune crainte à avoir. Il souhaite probablement partager avec vous à boire, et de vieilles histoires de guerre.

Vous avez également reçu deux autres invitations: une de la part du Sénateur Alfonso Rufinus. C'est un socialiste qui se dit proche du peuple, mais j'ignore s'il est de bonne compagnie. Il m'a l'air...populiste et assez opportuniste. Peut-être compte t-il tirer quelque chose de vous, mais je le sais opposé à Altarini, lui aussi.

Mais encore une fois, vous pouvez refuser l'une et l'autre de ces invitations. Cependant, il serait préférable pour vous de faire connaissance avec les hommes et les femmes qui vous veulent du bien.

Une dernière chose: vous devriez vous présenter au Bureau des jugements demain après midi, afin d'assister à l'énumération de vos droits et devoirs en cas de duel. Vous serez attendu. Les dernières dispositions quant aux modalités de l'affrontement y seront prises. Bonne fin de journée, excellence. Et évitez de vous attirer des ennuis: vous et moi seront de fait dans le même bateau si vous deviez connaître un sort funeste."


Patrizio Di Grassi et son petit groupe d'officiers cadets s'en retournèrent avant de s'évanouir dans les rues de la ville, laissant l'achosien avec lui-même dans cet endroit qu'il honnissait tant...



Note HRP: Fonck, tu peux décider avec qui passer la première soirée à Velsna, entre Albirio, Rufinus ou aucun des deux. Il est possible que des joueurs soient présents avec des personnages ambassadeurs ayant été invités à l'évènement.



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Le Patrice de Velsna Bernaba Albirio, accesoirement ancien combattant lors de la Guerre de l'AIAN


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Alfonso Rufinus Portelli, sénateur et opposant opiniâtre d'Altarini

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L'arrivé du Colosse



Cela faisait bien longtemps que MacRìdeinn n'avait pas eu à mettre les pieds dans la capitale Velsnienne, et ça lui allait très bien ! Ce que ses années de services dans l'AIAN lui ont appris, c'est bien que cette ville est l'une des plus putrides de toute l'Eurysie. Quand ce ne sont pas les égouts millénaire qui débordent et se déversent dans la rue, ce sont les habitants eux-mêmes qui tentent de vous agresser sans aucune raison. Mais soit, puisque le Président de la Tribune d'Achos devait se rendre en terrain hostile, il n'allait pas le faire à moitié et c'est avec toutes ses médailles qu'il se présenterait, y compris celle de l'AIAN.

Pour se préparer au combat, MacRìdeinn s'était entraîné des mois durant pour retrouver sa forme physique d'antan, et il faut bien le dire, l'homme est un véritable colosse pour son âge. 1m90 pour 110kg, dans une ville peuplée de brindilles pliant sous le vent, il était un véritable roc et comptait bien en jouer. Il faut dire que le combat, en plus de laver son honneur personnel, avait une importance diplomatique capitale. Venir jusque dans la capitale pour battre un sénateur, c'est un message fort envoyé à la Grande République : celui qu'Achos ne courbe toujours pas l'échine devant Velsna. Une sorte de vengeance indirecte à la défaire du Chandekolza, en somme. Il était également question de monter au Sénat des Milles que ses déclarations anti-achos ne seront plus impunies, même s'il s'agit ici d'un simple combat entre deux hommes.


Arrivé sur le tarmac, ce qui frappa le Général en plus de l'odeur infecte de la ville fut la présence d'une délégation non officielle pour l'accueillir. Plus choquant encore, elle était commanditée par DiGrassi et dirigée par son fils, un gringalet à peine pubère dans un uniforme militaire presque trop grand pour lui. Se présentant comme "officier-cadet", MacRìdeinn ne put se retenir de lever un sourcil. "Est-il uniquement officier car son père est soldat ? Eh bien, l'avenir de l'état-major stratégique velsnien n'est point glorieux" se dit-il. Le toisant du regard, le Président de la Tribune écouta quand même le discours de l'avorton, et le trouva fort sage. Il est vrai que les rues de la ville sont dangereuses, en particulier pour un officiel achosien comme lui. Une garde rapprochée n'est donc pas de refus. Néanmoins, MacRìdeinn ne put retenir un rire quand le jeune DiGrassi proposa d'être son champion.
"Vous voilà bien brave jeune homme de vous proposer comme mon champion !" Répondit-il dans un velsnien parfait, bien qu'il forçait son accent achosien "Mais je me vois contraint de refuser pour deux raisons. D'une, ce combat est une question d'honneur entre Achos et Velsna, et je ne peux accepter qu'un velsnien prenne ma place. Ce combat serait caduc. De deux, je serais déjà surpris si vous saviez tenir un fusil, alors vous battre n'en parlons pas ! Je vous remercie néanmoins pour cette proposition."

Une fois les explications de Fabrizio sur sa présence, MacRìdeinn réfléchit longtemps à la proposition d'invitation mais il ne manqua pas l'occasion d'exposer ses exploits de guerre au jeune DiGrassi.

"J'ai effectivement combattu dans les guerres de l'AIAN, jeune homme. Glorieuse époque où les Achosiens étaient encore fiers de leur identité. J'ai moi-même mené plusieurs batailles, notamment les attaques du 6 juin 1987. Nous étions 50 ce jour-là et avions pour objectif de faire sauter la centrale électrique non loin du sud de Velathri afin de lui couper l'électricité. Malheureusement, nous avions été infiltrés par une taupe et à notre arrivée les forces coloniales nous attendaient déjà, devine qui était à leur tête ? Ton père ! Courageux combattant qu'il était, il fait pleuvoir les mortiers sur nous à distance. Le combat dura des heures, beaucoup de braves hommes et de velsniens moururent ce jour-là mais la victoire fut nôtre, et ton père dut fuir pour ne pas se faire capturer.Cette blessure que tu vois sur mon bras, c'est un shrapnell d'obus qui me l'a infligée. Chouette histoire, tu ne trouves pas ? C'est une des raisons pour laquelle je n'ai pas peur d'affronter ce charlatan ici et non à Achos, lui donnant "l'avantage du terrain" comme vous dites. Mais vous avez raison, ses sbires pourraient me tomber dessus à tout moment et, bien que je ne doute pas de mes capacités en combat singulier, je doute de ma réussite face à 20 hommes armés !
Enfin bref, vous me proposez de passer la soirée d'un côté avec un ancien ennemi, proche de DiGrassi, n'ayant fait aucune déclaration à l'encontre d'Altarini et qui va vraisemblablement tenter d'une quelconque manière de m'assassiner. Ou la passer en compagnie d'un sénateur qui s'oppose ouvertement à mon adversaire, n'a jamais plaidé pour la destruction de mon pays et qui, ma foi, semble être un homme respectable en vue de ce que j'ai lu de lui. Mmmmmmh quel choix difficile !Néanmoins j'avais prévu de passer une soirée calme, donc la compagnie de son excellence Alfonso Rufinus Portelli me semble la plus adaptée ! Merci pour ces informations importantes, jeune homme, et merci de m'avoir accueilli. Vous transmettez les salutations les plus distinguées à votre père !"


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MacRìdeinn pris en photo sur le tarmac de l'aéroport
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Une soirée de beuverie

Sestieri de l'Arsenal: Le ventre populaire de Velsna



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Ma tête me fait un mal de chien...


Deux jours avant le combat, au petit matin...


Mon nom est Alfonso Rufinus Portelli. Je suis un velsnien d'environ 45 ans, j'ai deux enfants et une épouse divorcée. Je suis sénateur, accessoirement issu de l'une des familles les plus illustres de la cité velsnienne. Mon père me disait souvent: "Nous, les Rufinus, avons combattu dans toutes les guerres de notre cité. Nous avons combattu en Dodécapole, en île celtique, en Afarée, au Nazum...tout cela pour que tu me fasses honte sans cesse et à tout moment de la journée.". Actuellement, chers lecteurs, c'est moi que vous voyez là, accroupi au dessus du Grand Canal, en train d'y vomir tout mon être de la veille. Vous pouvez me reconnaître à ma toge blanche à bandes rouges, celle des sénateurs. Oh...on dirait que je viens d'insulter cette lingère qui tend ses draps à sa fenêtre, et qui me traite d'ivrogne...mais ça, c'est du détail. IL SE TROUVE... qu'hier, j'ai fait une rencontre particulièrement intéressante. Un achosien, grand comme six pieds, arborant un kilt à tartan, et dont la tolérance à la boisson ma franchement impressionnée... A côté de moi, un jeune homme imberbe qui n'est pas en meilleur état que moi. Remontons dans le temps, histoire que vous compreniez comment son excellence; l'illustre Rufinus en est arrivée là...

Quelques heures plus tôt

Le chef de clan achosien avait pris sa décision: il n'aurait pas de champion, il combattrait seul. Cette dose de fierté masculine, le jeun homme la comprit, et inclina sa tête en conséquence:

"Excellence...à votre honneur. Permettez nous tout de même de vous accompagner durant votre séjour. Nous avons conscience de vos qualités individuelles, mais les Hommes d'Altarini se fichent bien de combattre à dix contre un, je le crains. Si vous ne me considerez comme un garde du corps, ayez l'amabilité de me considérer comme votre "guide touristique". Si vous cherchez le sénateur Rufinus en pleine festivités de la San Stefano, je vais vous accompagner à lui, mais sachez ceci: c'est un Homme assez fantasque que je n'apprécie guère. Il est Homme de notre rang, mais avec des manières de cochon. Il se dit proche des gens, mais dans le même temps, il est de fort haute naissance. Il vous a donné rendez vous, non pas dans son palazzio, mais dans son débit de boisson favori: l'occitan retourné. C'est dans le quartier de l'Arsenal, un endroit qui n'est pas fait pour accueillir des Hommes de notre rang, malfamé et habité par la vermine. Aussi, tenez votre portefeuille en mains en toutes circonstances, et surveillez votre dos."

MacRideinn, à sa propre demande, fut donc escorté à l'écart du "circuit touristique habituel" formé par le quartier San Stefano qui abrite la plupart des structures du pouvoir et les grands palazzio de l'aristocratie sénatoriale de la République. Les grands et larges canaux voyant des gondoliers les traverser en compagnie d'amoureux laissent progressivement à des petites artères, de plus en plus étroites et distordues. L'habitat devient plus dense, les chapelles et les églises moins richement dotées: nous sommes loin du faste de la Grande Basilique San Stefano. A tous les titres, le quartier de l'Arsenal constitue le ventre populaire de la ville, où les ouvriers des chantiers navals et de l'Arsenal vivent. Depuis des siècles, ses habitants pour majorité, se consacrent au travail de la construction navale. Ces ouvriers, pour beaucoup encartés au Parti Eurycommuniste, sont les petites mains permettent aux navires velsniens sillonnant les eaux du monde de ne pas tomber en morceaux. Aussi, le Sénat velsnien s'attache à ne les courroucer sous aucun motif, leur accordant régulièrement, à la moindre menace de grève de leur part, les avantages qu'ils désirent. Dans la rue, ils se saluent, se reconnaissent entre eux, et tournent le regard lorsque passe devant eux un achosien habillé d'un kilt: pas fondamentalement hostile, mais simplement éberlué par un spectacle rare de deux aristocrates, un achosien et un velsnien, se promenant au gré des canaux comme si ils étaient de leur monde.

Finalement, MacRideinn et le jeune Di Grassi arrivent devant l'occitan retourné, dont la devanture ne paie pas de mine, mais dont émane un boucan infernal provenant de son ventre: de la musique et des cri, le bruit de la fête et de la célébration. A peine entrés, Di Grassi est bousculé par un marin titubant vers la sortie, et qui manque de renverser le contenu de son verre sur son uniforme tiré à quatre épingles. Le jeune homme, qui semble quelque peu mal à l'aide de se retrouver dans un endroit pareil, montre au général achosien une table, à laquelle il se trouve qu'un petit rassemblement s'opère autour d'un Homme curieusement vêtu d'une toge....d'une toge de sénateur ?

Le sénateur Rufinus, entouré d'une foule enthousiaste, vide coupe de vin après coupe de vin, dans ce débit de boisson où les vapeurs enivrantes ont fâcheuse tendance à faire perdre la notion du temps, sous les encouragements de la petite foule venue se presser autour de lui, hurlant de plus belle à chaque gorgée que son excellence fait couler le long de son menton, et qui vient tâcher sa toge:

"RUFINUS ! RUFINUS ! RUFINUS ! Bois bois bois bois !"


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A peine fini, Rufinus Portelli tend la coupe vers le plafond en hurlant, comme si il brandissait le verre comme un trophée:

"FINIIIIIIIIIIIIIIII !!!! Un autre ! A toutes les Samantha, à tous les Silvio, à tous les Lorenzo ! Bonne San Stefano les gars ! Bonne fête des voleurs !"


Celui-ci fut interrompu dans son mouvement par l'apparition soudaine du chef de clan, qui laissa la foule tomber le soufflet de son enthousiasme. Sans même l'avoir déjà aperçu de ses yeux, il décrocha un grand sourire à sa vue, et se présenta, non sans passer tout près de trébucher lorsqu'il descendit de la table sur laquelle il était, tel un roi de la taverne sur son trône.

"Excellence MacRideinn. Regardez vous, vous êtes beau comme un prince de Lykaron ma parole ! Alfonso Rufnus Portelli, excellence membre du Sénat des Mille, pour vous servir. Votre arrivée ne s'est pas faite inaperçue, et je suis heureux que vous ayez préféré ma compagnie à celle des membres les plus éminents de notre gouvernement d'incapables. Vous m'envoyez flatté, vraiment. Et je vois que vous êtes accompagné..."

Le trublion du peuple s'approcha alors du jeune Di Grassi, le visage presque collé au sien dans ce n'importe qui aurait qualifier d'intimidation:
- Ton père sait que tu te rends en ce genre d'endroit ?
- Je n'ai pas à lui rendre compte de quoi que ce soit, sénateur Rufinus.
- "Sénateur Rufinus", j'adore. Ici, il y a pas de "sénateur" qui tienne: nous sommes tous des pochtrons en parfaite égalité, et dont la valeur est déterminée par notre aptitude à vider un verre. C'est pas cela que le clan conservateur pour qui tu travailles appelle "méritocratie" ?


Il y a eu un moment de flottement, mais rapidement désamorcé par le changement de ton de Rufinus, qui passa du grave à l'aigu en l'espace d'un instant:
- Mais je te charrie ! Viens donc boire avec nous, jeune homme ! Nous sommes dans une méritocratie régie par le degré d'alcoolémie ici, alors prouve ta valeur ! Et bonne San Stefano à tous ! A tous les agents d'assurance, les huissiers, les politiciens et les autres escrocs de ce monde !

Le public présent dans le débit de boisson trinqua à San Stefano avant de se disperser à ses affaires alcoolisées. Rufinus se tourna de nouveau vers MacRideinn:
" Soyez le bienvenue ici excellence, allons nous assoir dans un coin tranquille, nous avons beaucoup à discuter et j'ai une proposition pour vous. Jeune Di Grassi, toi qui a la charge de la sécurité de monsieur, j'ai le sentiment que sa gorge est sèche et que cela constitue une grande atteinte à sa personne: pourrait tu nous commander un vin de Léandre et un whiskey caratradais pour notre nouvel ami ?"

Prenant place au chaud et sans la présence des oreilles indiscrètes de l'escorte de l'achosien, Rufinus mis les pieds dans le plat d'entrée:
" Le moins qu'on puisse dire, c'est que vous ne faites pas dans la discrétion. Vous devriez penser à porter autre chose qu'un kilt ici, des partisans d'Altarini pourraient nous repérer. Vous voyez la cicatrice, là ? "

Rufinus montre au niveau de l'un de ses pectoraux, une cicatrice impressionnante.


Ce sont des gorilles d'Altarini qui ont tenté de me faire assassiner: j'ai reçu cinq coups de couteau, rien que ça. Mais par miracle, j'ai survécu. En pleine place publique, sous les yeux de la foule ! Et vous savez quoi: mes assaillants s'e sont tirés avec un non-lieu, les bâtards. Mais bref, cela me fait plaisir de voir que je ne suis pas le seul ici à vouer une haine tenace à ce vil fils de catin. Pardonnez mes mots, mais je suis incapable d'être malhonnête sur mes sentiments: Dom Mogador Altarini est un chien qui demande à être rousté de la manière la plus humiliante qui soit. Aussi, comptez moi parmi vos soutiens pour le combat à venir. J'ai déjà parier 20 000 florius sur vous, si vous voulez savoir, mais ce n'est pas la raison de mon invitation, outre le plaisir de votre connaissance...

...Il se trouve que je peux vous aider dans ce qui vous attend. Disons que, je pense que le peuple velsnien et le peuple achosien se fichent bien de savoir qui gardera ou pas son honneur. Pardonnez moi si j'heurte votre sensibilité d'aristocrate, mais j'estime que les gens s'intéressent davantage à ce qu'ils doivent manger qu'à ces histoires de duel. Le but, pour moi, il n'est pas seulement de vous voir battre ce porc: je veux le voir s'humilier à la face du monde.

C'est-ce que cela vous poserait problème si disons...Alterini venait à boire ou manger quelque chose qui, avant le duel, l'affaiblirait un peu et, je ne sais pas...le faisait avoir la courante devant 3 000 personnes ? Je ne sais que cela ne correspond pas tout à fait à la définition de la chevalerie que vous pourriez avoir, mais réfléchissez y. Le peuple veut manger mais par dessus tout, il convient qu'il se moque de cette élite ridicule qui tient tant à sa fierté. Vous n'êtes pas obligé de me répondre tout de suite, mais faites moi connaître votre décision la veille du duel au moins, que je puisse communiquer mes ordres à mes "petits oiseaux". MAIS BREF, on m'a dit que vous teniez l'alcool, alors vérifions ça ! "


Note Hrp: Fonck, tu peux accepter ou refuser le "coup de main" de Rufinus par des moyens...peu conventionnels, pour le combat à venir.


La soirée continua de plus belle, jusqu'à ce que Rufinus dispose d'une autre "idée lumineuse":
" Achosien, je MEURS DE CHAUD et j'ai la plus grosse envie de pisser depuis ma naissance ! Il faut que je sorte. Vous avez déjà pissé dans le canal San Martino ? Pour ma part, je vais m'empresser de le faire."

Rideinn regarde le sénateur s'éloigner en titubant: nul ne sait combien de litres de vin il a mis derrière lui, mais l'odeur du spiritueux le suit comme sa trace. Le temps passe: cinq minutes, puis dix minutes. En panique, l'un des tenanciers du bar débarque de l'extérieur: "Que quelqu'un vienne aider le sénateur, il se fait prendre à partie par des types d'Altarini !". Finalement, l'achosien se décide à sortir parmi une foule qui est attirée par l’épouvantable boucan.

Dehors, trois hommes puissamment bâtis, et habillés de sorte à ce que jamais on ne les confondrait avec les modestes habitants du quartier tiennent la tête d'un Rufinus au dessus du canal, couché à même le sol, qu'ils semblent avoir maîtrisé.

"Excusez moi messieurs, pourriez vous avoir l'obligeance de remonter mon froc ? J'ai vu vos chaussures et je n'ai pu m'empêcher de pisser dessus. Vous n'avez qu'à les envoyer à Altarini pour qu'il les nettoie, c'est sur ma n---."

"Tais toi donc ! Goûte un peu l'eau du Canal."

Les gorilles plongent la tête de Rufinus dans l'eau, sous le regard d'une petite foule. Entre quelques vives inspirations au sortir de la tête de l'eau, Rufinus crie:

"Mon ami achosien ! Aide moi !"


Le jeune Di Grassi se tourne vers MacRideinn, lui posant ainsi une simple question:
" Doit-on nous battre, excellence ?"

Note HRP: Fonck, tu peux aider Rufinus ou le laisser se faire passer à tabac par les gorilles d'Altarini. Cela aura des conséquences...


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