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Exercices latruo-kartiens - Liberté 2019

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en-tête
03/01/2019, Oblast de NéméstiePatrouilleur

L'année 2019 venait à peine de commencer que le Maréchal Lavrenti Lomtev était déjà rappelé à ses responsabilités. En effet, le Latrua organisait ses premiers exercices militaires conjoints de son Histoire moderne. Des exercices qu'il mènerait avec un allié de taille et de poids : la République Fédérale de Karty. Une des plus grandes armées d'Eurysie, que ce soit en termes d'homme, de véhicules ou de technologie, Karty était une puissance militaire surentraînée. Lavrenti bénissait encore le Président d'avoir réussi à convaincre les kartiens de participer à ces exercices. L'armée latruante sortait de plusieurs années de coma. Une léthargie dangereuse dans laquelle politiques et hauts gradés corrompus l'avaient plongée. L'arrivé en 2010 d'un jeune et nouveau Président avait fait souffler un vent de changement, de renouveau sur les forces armées latruantes. La première décision sur le plan militaire du Président nouvellement élu avait été de le nommé, lui, Lavrenti Lomtev, à la tête des forces terrestres.
Militaire de carrière, ancien artilleur, il avait toujours détesté ces généraux corrompus et incompétents qui avaient longtemps dirigés cette institution qu'était l'armée. Lorsque le Président de la République lui avait proposé de faire le ménage et de remettre sur pied ce qu'il considérait comme sa "deuxième famille", il ne s'était pas fait prier. En neuf ans à la tête des armées, il avait relancé la production d'armées et de matériel, ouvert la conscription aux femmes, réorganisé la chaîne de commandement, redonné confiance en l'armée, permis la reprise des exercices militaires, et ce de manière annuelle. Aujourd'hui était donc un grand jour pour lui. Il attendait de pied ferme les représentants kartiens pour que débute les manœuvres.

La proximité des lieux des exercices avec la frontière restvinienne avait été cachée à la presse et au monde jusqu'à la dernière minute. Il ne fallait surtout pas affoler la population. Le but de ces exercices n'était pas de menacer la junte militaire, mais de l'avertir. L'avertir quand cas d'attaque, le Latrua serait prêt à riposter avec ses alliés. Il fallait montrer la puissance nouvelle de l'armée latruante réformée et modernisée. La présence des kartiens aux côtés des forces latruantes seraient aussi un gage du sérieux de ces exercices et le parfait exemple de la force des liens qui unissaient à présent les deux nations eurysiennes.

Au loin, sur l'eau, les deux patrouilleurs de l'armée latruante, seuls bâtiments de la marine à ce jour, tournaient autour du croiseur kartien. Les deux navires faisaient la fierté de l’État Major, car ils posaient les bases de la construction d'une marine nouvelle. Au sol, les soldats latruants attendaient le signal du Maréchal pour débuter les opérations. Ils étaient cachés, dissimulés dans les fourrés, sous les arbres enneigés. Les canons de l’artillerie étaient quant à eux pointés en direction des positions kartiennes, prêt à faire feu, à tonner, à faire trembler la terre sur laquelle ils étaient si soigneusement disposés. Enfin, à l'arrière, les blindés latruants faisaient ronronner leur moteur, les protégeant ainsi du froid mordant qui régnait sur le littoral et se tenant prêt à intervenir en soutien à l'infanterie. Tous, soldats comme marins, retenaient leur souffle, se concentrant et se préparant à l'affrontement à venir.

Le Maréchal fut averti de l'arrivé de la délégation kartienne sur les lieux de l'exercice. Il remit sa chapka en place et partit à leur rencontre.

Maréchal
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Générale Zorya Ernova
AlinéaQui choisir pour guider l'exercice ? Cela avait été une lourde question pour la République Fédérale Kartienne, qui se voyait organiser un troisième exercice militaire en l'espace de quelques mois. La République Fédérale demeure une armée puissante, son état-major indique de facto une présence en plus grand nombre. Alors qui choisir entre la Commissaire à la Défense, la Maréchale des armées terrestres, tel ou tel général, ou même encore un membre de la Vorna comme cela avait déjà été fait par le passé. Au final l'état-major avait bien tranché, puisqu'il était nécessaire de le faire, en faveur de la Générale Ernova. Une haute membre de l'état-major donc, celle principalement chargée de coordonner la force aérienne Kartienne. En bref, les Latruants avaient en face d'eux la responsable du plus de demi-millier d'avions de guerre Kartiens. De quoi inspirer de la confiance, n'est-ce pas ? Evidement, ce ne sera pas elle qui fournira la doctrine utilisée pour la force terrestre des exercices, elle demeurait avant tout une représentante de qualité pour l'armée. Par ailleurs, Zorya s'était proposée pour présider l'exercice. Pourquoi ? Elle souhaitait voir en action la nouvelle série des aéronefs de manufacture nationale de neuvième génération, elle n'en avait pas encore eu l'occasion. Ce sera chose faite durant l'exercice, elle pourra aussi apercevoir une démonstration du croiseur lourd Kartien, ainsi que des forces terrestres. Lorsqu'elle se présenta enfin, elle alla à l'encontre du Maréchal Latruant. Elle annonça d'abord, d'une droiture militaire et d'une apparence martiale, un simple mot accompagné d'un hochement de tête.

Générale Zorya Ernova-"Maréchal."

Puis, tout en conservant sa posture, elle continua.

Générale Zorya Ernova-"Je suis la Générale Ernova."

Les militaires Kartiens se tenaient prêts, dans ce froid qu'ils connaissaient déjà bien. Il fallait dire qu'ils y étaient très habitués par le climat de leur pays, les steppes Kartiennes se connaissaient enneigées par ce temps. L'Eperon, le croiseur, paraissait un montre d'acier en comparaison des deux patrouilleurs Latruants. La République Fédérale Kartienne ne plaçait pas réellement d'espoir en cet exercice, dans le sens habituel du terme. La supériorité technologique était claire, celle de l'expérience aussi, seul le nombre était équitable afin de respecter le principe d'exercice. A vrai dire, si la Présidence Fédérale avait accepté cet exercice, c'était avant tout pour partager ses connaissances militaires avec un allié. En faisant gagner de l'expérience à l'armée Latruante, Karty misait sur le long terme sur l'ascension d'une future armée alliée...
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Soldats

Le Maréchal Lomtev guida la Générale kartienne jusqu'au poste de commandement inter-armée. À l'intérieur de la petite maison en bois, plus d'une dizaine s'affairait à coordonner les opérations au sol. Lorsque les deux dignitaires entrèrent dans la petite pièce surchauffée, tous les soldats se mirent au garde-à-vous, interrompant leurs activités de surveillance. D'un rapide geste de la main, le Latruant indiqua à chaque estafette de revenir à son occupation. Il présenta rapidement à la délégation le but de ce poste de commandement ainsi qu'une innovation latruante, créée spécialement pour ces exercices. Il prit un gilet pare-balles et dit :

"Mon Général, permettez-moi de vous présenter un nouveau gilet par balle pour les entraînements militaires. Ce gilet est composé d'un système électronique qui permet de connaître l'état physique d'un soldat. Grâce à un système de led, nous pouvons savoir, lorsque le led devient orange, si le militaire est blessé ou si, lorsqu'il devient rouge, il est atteint gravement et que ses capacités vitales sont touchées. Ce nouveau gilet, que nous avons distribué à nos troupes et aux vôtres, permettra de fluidifier nos opérations et de mieux chiffrer nos pertes."

Il reposa le gilet et s'avança vers la carte posée sur une des tables de la salle. Les positions de deux armées y étaient inscrites. Lorsque tous eurent pris connaissance des informations figurants sur le papier, Lavrenti fit un signe à son aide de camp : l'exercice pouvait commencer. Un coup de canon se fit entendre au loin.

***

La déflagration se fit entendre tout au long du littoral. Le bataillon d'infanterie féminine se mit en marche. Premier et seul bataillon entièrement féminin de l'armée latruante, il était en service depuis plus de trois ans et il effectuait ici, en ce début janvier 2019, ses premiers exercices militaires conjoints.
Les 300 femmes s'avancèrent péniblement dans la neige et s'enfoncèrent dans la noire immensité de la forêt limitrophe. Elles longèrent les sapins, faisant preuve d'une discrétion à toute épreuve, tentant de cacher leur présence dans ce bois. Leur objectif était simple : prendre position dans le bois et conserver cette dernière avant l'arrivée de blindés en renfort.

Lorsqu'elles arrivèrent sur zone, les militaires se séparèrent pour occuper la totalité du terrain. Trois d'entre elles se mirent à l'écart du reste du groupe. Elles creusèrent un trou dans la neige froide et installèrent une radio portative. L'opératrice radio indique au poste de commandement que le bataillon était installé et attendait les ordres pour manœuvrer.

Au loin, derrière les arbres, derrière les branches des sapins, un bruit se fit entendre. Des pas, discrets, subtils, devenaient soudain de plus en plus distincts. La caporale Maria Markina prit ses jumelles et observa l'horizon. Le bruit s'était tu, la forêt avait retrouvé son calme, les oiseaux, seuls, brisaient le silence par leur chant. La caporale allait déchausser ses jumelles quand elle aperçut ce qui pouvait correspondre à un bout de tissu. Elle suivit la courbe de ce tissu pour, en son extrémité, une botte noire, tachée de neige. Maria leva le bras droit, indiquant au reste de la troupe que l'ennemi venait de faire une incursion dans le périmètre défensif. Chaque soldat prit son arme et la pointa en direction de la zone d'où provenaient les bruits de pas. Toutes retinrent leur souffle, attendant l'ordre de tir.
Les pas se faisaient de plus en plus forts, les bruits de bottes dans la neige se faisaient de plus en plus rapides. Après quelques minutes de patience, de tension, un premier corps se dessina dans l'ombre, un premier uniforme kartien se distingua de l'obscurité environnante. Le bras de la caporale s’abattit alors, la jeune femme criant alors :

"Feu !"
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