30/04/2019
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Les grandes familles du Marcheburg.

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Un bal au Marcheburg // Petite soirée entre aristocrates de l'Empire Austro-Hongrois au XIXe siècle.

Les Grandes familles aristocratiques Marcheburgeoises.

« Le Marcheburg était plus que jamais une société soumise aux titres, dix milles personnes au maximum y détenait en partage sans cesse revisé le pouvoir, la fortune, la grâce et le talent. »

Le pouvoir Marcheburgeois est encore aujourd’hui détenu en grande partie par l’aristocratie ; ces derniers, représentants d’un lignage parfois immémorial, dominant de jure des fiefs qui appartiennent à leurs familles depuis Mathusalem forment la classe politique de par leur influence et leur prestige. À la fois héritiers d’une tradition chevaleresque et continuateurs d’une politique supervisés par la Monarchie ; des clans se distinguent, s’opposent, s’affrontent et s’unissent en fonction des besoins, des pressions ou des opportunités. Dynasties respectables et respectées, Clans puissants et influents rythment la vie politique. L’écosystème politique marcheburgeois est en perpétuelle recomposition, des tribus tombent tandis que d’autres triomphent. Une bien étrange loi y règne ; non celle du plus fort, mais celle du plus retors. Les fiefs et les terres ne sont rien en comparaison du nombre d’alliés, d’obligés ou d’amis. Classe s’étant formée sur le cadavre calciné de la Monarchie centralisée et absolue, l’aristocratie est devenue la seule détentrice du pouvoir ; la bourgeoisie n’aspire qu’à une chose ; rejoindre ses rangs. Seulement, ces dix milles familles forment dorénavant une caste à part entière extrêmement sélective ; ces Ducs, ces Comtes et ces Chevaliers ne sont pas prêts à concéder ne serait-ce qu’une parcelle de leur influence.

Cette élite forme l’aristocratie, les Dix milles. Mais en vérité, parmi ces Dix milles, seule une dizaine possédait le pouvoir. Une dizaine de familles influentes, riches à millions et monopolisant les ministères, les grades et les hautes fonctions. Ces ducs, étaient l’armature du pouvoir ; leurs rejetons en étaient l’avenir. « Les Dix », comme on les appelle dans cette masse de hobereaux désargentés, cristallisent les ressentiments, les haines et les vindictes. Elles détiennent le pouvoir et elles sont déterminés à le conserver. Pour ce faire, elles ont crées des dynasties politiques et monopolisent les hautes fonctions ; ainsi naquirent des lignées de juges, de députés, de premiers ministres et de gouverneurs. Ces Dix étaient l’aboutissement le plus ingénieux et le plus ingénieux du népotisme. Abattant la concurrence, réduisant l’opposition, écrasant les soulèvements ; les Dix étaient tout à la fois ; les juges, les procureurs, les jurés et les bourreaux. À la fois collecteurs d’impôts et administrateurs ; les Dix étendent leur influence à tout les domaines. Une fois la justice reconquise, ils s’emparèrent de la fiscalité, bientôt l’économie tomba sous leur emprise tandis qu’ils gardaient un œil sur la loi. Leurs soldats et leurs pions se battaient pour leurs exclusifs intérêts et les Dix réussirent à faire tomber le Marcheburg sous leur tutelle. Il règnent sur le Marcheburg-Pfalz comme sur leurs domaines personnels ; indirectement. Seulement, nulle loi, nulle décret, nulle décision ne se fait sans que les Dix aient donné leur accord.

Seulement, n’imaginez pas que ces Grandes familles, égales en dignités et en honneurs soient issues des mêmes strates de la noblesse, ni même qu’elles entretiennent les mêmes relations avec les autres classes. Dans cet écosystème complexe où la loi du plus fort n’est qu’une illusion et où l’influence fait bien plus que le nombre de fidèles ; dans ce monde particulier où la vertu médiévale compte plus que l’or, il est bien difficile d’essayer de brosser un portrait exact de ce qu’est la Macht der Familie, le pouvoir d’une Famille. Malgré tout, nous pouvons essayer de diviser les Dix familles en trois catégories bien distinctes ; à la fois profondément rivales et pourtant nécessairement partenaires. Chaque caste reflète à la fois une manière de pensée et d’agir propre à cette dernière, mais aussi une proximité avec les autres ordres qui peuvent surprendre. Le Marcheburg, reste malgré le triomphe du capitalisme, une nation profondément féodale dans ses réflexes ; chaque ordre agit selon une logique et cohérence qui lui est inhérente. Aussi surprenant que cela puisse paraître ; la révolution n’a pas renversé un État d’esprit, elle n’a même pas bouleversé une manière d’agir ; elle a simplement redessinner les contours de la politique sans pour autant les perturber ; certaines familles ont profiter de cette dernière pour s’établir comme dynastie régnante, mais elle n’a pas fondamentalement altérer le monde politique. Seulement, elle n’a fait que rappeler un point essentiel ; la Bourgeoisie est devenue une force d’influence qu’il s’agit de ménager. En revanche, là où le libéralisme bourgeois et le prestige aristocratique se sont mêlés pour former l’oligarchie des démocraties parlementaires du XIXe siècle, les nobles du Marcheburg et les parvenus sont restés deux groupes distincts, coopérant sur certains sujets, mais refusant de se mélanger.

Cette particularité, propre à la Wardonie, ou du moins aux États conservateurs de Wardonie, comme le Hochmark ou le Marcheburg, est bien entendu due à la puissance qu’avait déjà la noblesse avant l’émergence de la Bourgeoisie industrielle, financière ou technique. À la fois car elle n’était pas la seule à s’engager dans des activités nouvelles pourtant lucratives, mais aussi car la noblesse représentait un véritable pouvoir qu’il était nécessaire de ménager pour qu’un souverain puisse conserver son titre et sa Couronne. Alors qu’à Teyla la noblesse était une force d’apparat ; elle avait été humiliée et réduite au silence par la Monarchie ; les Ducs teylais n’étaient rien d’autres que les lions domestiquées du pouvoir royal. Ces canidés coquets couraient derrière les rubans et les dignités au lieu de chercher à gouverner à la place du Roi. En parallèle, la Bourgeoisie émergeait comme une force politique majeur qu’il était devenu impossible d’ignorer au XVIIIe siècle. État des choses qui était très différent du monde Wardon. L’autorité centrale des Empereurs n’avait fait que s’effriter au cours de siècles ; les princes devenaient des sujets immédiats qui s’affranchissaient progressivement de la tutelle impériale ; les Electeurs du Marcheburg, les Ducs du Pfalz, les Princes du Falkenberg et les Ducs du Hochmark étaient devenus des princes souverains ; l’empereur n’était plus que suzerain théorique de terres qui avaient cessées de lui appartenir. Cette aristocratie formait le haut du panier ; c’étaient des Princes souverains ; des Hochadel qui bénéficiaient d’une égalité de traitement dans leurs relations ; ils étaient tous les vassaux directs de l’Empereur et ce malgré une titulature légèrement différente ; au fond que les Antranias-Marcheburg soient Ducs-Électeurs tandis que les von Falkenberg soient Princes. Dans les faits la différence est nulle et ces derniers formant des nations indépendantes dans les faits se dotèrent aussi d’une aristocratie directe ; la Standesherren ; médiatisée (c’est à dire ayant perdus leurs terres et étant devenus des maisons vassales de Maisons ducales plus puissantes).

Et ces Illustrissimes altesses forment la première catégorie, la première caste des Dix familles. Ces dynasties, souvent comtales, régnant de jure sur des domaines appartenant dans les faits au Duché et à l’État. Néanmoins, même s’ils avaient perdus leurs terres, ce qui faisait de ces Illustrissimes altesses des nobles sans raison d’être. Heureusement, le statut de Standesherren était accordé avec plusieurs privilèges ; à la fois militaires ; un Standesherren entrait dans l’armée et recevait automatiquement le grade de lieutenant. Au niveau dynastique, ces derniers pouvaient aussi se marier avec des représentants de maisons princières ; c’est dans cette mesure là que l’on peut considérer ces derniers comme juste en dessous des Maisons régnantes, des Hochadel. Cette caste par ailleurs, cultivait une proximité avec le pouvoir politique ; et ce pour plusieurs raisons évidentes ; des alliances matrimoniales existaient avant la médiatisation générale qui suivit la progressive unification de la Wardonie en différents pôles politiques (Marcheburg, Falkenberg…) permettant à ces dynasties anciennement régnantes de compter sur de solides appuis dans les ministères, les cours et les casernes. C’est grâce à ce réseau d’alliance et d’obligés que les Standesherren réussirent à conserver une certaine importance politique non pas au travers d’une puissance économique démesurée, comme c’est le cas de la Bourgeoisie, mais grâce à un prestige intact et un réseau d’amis et de clients ayant l’oreille des plus puissants. Ce seront par ailleurs les Standerhessen qui régneront d’une main de fer sur leur fief législatif et le premier outil de domination qu’ils possèdent ; la Kammer der Adligen qui sert de relai aux Grandes familles et qui leur permets de contrecarrer les projets trop ambitieux qui pourraient nuire à leurs privilèges fiscaux, militaires et dynastiques ; cette dernière étant à 50 % dominée par des membres de l’élite aristocratique ; n’oublions pas par ailleurs que les familles de Standerhessen sont membres de droit des assemblées locales leur permettant de donner leur avis et surtout de continuer à perpétuer une tradition aristocratique qu’ils représentent.

D’autre part, les Standerhessen ne sont pas les seules dynasties aristocratiques influentes ; nous pourrions à ce titre citer les Junkers ; titre exclusivement à la petite noblesse Marcheburgeoise (en y excluant le Pfalz et les enclaves). Ces derniers, formant initialement une caste de soldats annoblis mais sans titres ayant pour vocation de défendre les possessions fortifiées de leurs maîtres (comme des petits bourgs ou des fortifications) se spécialisèrent dans la formation d’empires agraires et monopolisèrent petit à petit l’intégralité du haut commandement militaire. Les Junkers forment la noblesse la plus courante, la plus nombreuse et nous imaginons régulièrement les aristocrates comme des Junkers ; c’est à dire comme des combattants à cheval ; des chevaliers. Ces combattants là ont très vite formés les bases de la caste guerrière, tandis qu’ils étaient rejetés des grandes dynasties aristocratiques exerçant la réalité du pouvoir. Les Junkers devinrent donc une classe à part ; incapable de pouvoir exercer des métiers dits « non-nobles » comme le commerce ou le travail de la terre, vus comme vulgaires (du latin vulgus ; commun, populaire) indigne de leur qualité de gentilshommes. C’est forcé ainsi par la conjecture et le devoir de se comporter comme des nobles qu’ils durent exclusivement se concentrer sur la guerre, art noble par excellence. Paradoxalement, le renforcement de la puissance des princes d’empire, des Hochadel permit de mieux récompenser ces fidèles serviteurs, qui par ailleurs avaient une grande réputation de guerriers en formant des compagnies mercenaires indépendantes capables de mettre en déroute des troupes régulières si la solde est généreuse ; ainsi le Junker n’est pas uniquement un noble sans titre, c’est aussi un chef de guerre réputé au Marcheburg. Par ailleurs, aujourd’hui encore les commandants et les hauts-gradés restent souvent des Junkers. Ces hommes là que l’on dit fiers et braves ont très vite étés reconnus comme les fondements même de la noblesse ; ces derniers seraient l’équivalent des Chevaliers teylais ou des Reichsritter du Sud de l’Empire ; notamment dans le Pfalz. Une certaine confusion existe toujours entre les Junkers et les Reichsritter, et par abus de langage, beaucoup considèrent que les Chevalier du Pfalz sont des Junkers. Ainsi, une distinction est généralement faite entre les Jukers et les Südlicher Junker (Junkers du sud).

Seulement, si ces prestigieux chevaliers réputés pour leur bravoure ont réussi à voir certains de leurs membres devenir des figures extrêmement influente dans le jeu politique marcheburgeois, et plus généralement en Wardonie, c’est avant tout grâce à leur richesses terriennes. Certaines dynasties réussirent à la suite d’heureux mariages et d’accords relativement bénéfiques avec la bourgeoisie à créer des empires terriens aussi grands que certaines provinces ; cette richesse agraire en faisait ainsi une force politique majeure proche des masses paysannes. Et surtout, une force qui exerçait une influence non négligeable sur la paysannerie. Et c’est ce point là qui leur permit de former une élite politique protectionniste attachée à la sauvegarde des intérêts agricoles et au renforcement des politiques illibérales qui pourraient mettre en péril le monopole exercer sur la distribution agricole. D’autre part, dans une société où l’armée joue un rôle prépondérant et dans laquelle les principales figures politiques sont obligées de faire un service militaire plus ou moins long, leur permettant ainsi de tisser des liens avec des Junkers, noblesse par excellence guerrière qui monopolise les grades au sein des forces armées ducales. D’autre part, même au niveau politique l’armée entretient une certaine proximité avec le pouvoir politique ; à la fois car c’est un outil de répression implacable mais c’est aussi la garantie d’un État stable avec des forces de sécurité capable d’abattre les menaces à l’intégrité nationale. Ainsi, c’est pour cette raison que de nombreux Premiers ministres, qu’ils soient conservateurs ou chrétiens-démocrates, ont appartenu à l’Armée ; et certains y exerçaient même avant d’entrer en politique ; de ce fait beaucoup de Junkers furent aussi des Premiers Ministres en plus d’être des officiers de haut rang.

Et enfin, dernière caste aristocratique ayant certain de se membres exerçant une influence nous pourrions noter l’existence d’une élite anoblie ayant fait ses armes non dans l’armée ni dans les grands domaines terriens mais au service direct de la Monarchie. Ainsi ; alors que la bourgeoisie reste traditionnellement rejetée par l’aristocratie qui tends à s’ériger en caste à part entière de plus en plus exclusive. Cette bradfadel entrant en rivalité plus ou moins ouverte avec l’aristocratie dite « immémoriale » ; les Udradels. Un contraste existant aussi dans le monde francophone entre la noblesse d’épée, existant depuis le Moyen-Âge et la Noblesse de robe, apparaissant progressivement au XIIIe siècle et qui verra son influence s’accroître considérablement ; à ce titre nous pourrions ainsi noter qu’en Gallouèse cette dernière sera si puissante et si importante qu’elle précipitera au XVIIIe siècle la Monarchie des de Draune dans une guerre civile et une période d’instabilité qui marqua la fin de l’âge d’or gallouèsien. Au Marcheburg, cette noblesse se fit d’abord proche de l’Empereur ; c’était bien souvent de hauts fonctionnaires bourgeois qui s’étaient distingués par leurs zèle à servir avec efficacité la Couronne du Saint-Empire et qui obtinrent en récompense de leurs bons et loyaux services des hôtels et des terres ainsi qu’une lettre patente leur donnant le droit de prétendre à un titre. Seulement, avec le progressif renforcement de la puissance souveraine des grandes principautés temporelles au détriment du pouvoir impérial ce droit d’anoblissement devenait de plus en plus vain ; car peu pouvait se distinguer auprès de lui. Au final, ces lettres patentes devinrent des outils de pression sur les gouvernements des différents princes pour l’engager à respecter le pouvoir impérial sous peine de refuser l’anoblissement de son conseiller qui espérait occuper une fonction officielle et prestigieuse au sein du gouvernement princier. Cet outil de menace se révélera vain avec le renforcement des principautés au niveau législatif qui permettait à ces dernières de nommer des ministres même si ces derniers appartenait au Tiers État.

En revanche, les bradfadels jouissaient d’une certaine influence économique ; ces derniers en effet appartenaient à des familles bourgeoises richissimes ; grands industriels du Pfalz, dynasties financières de Gavière et autres élites ayant reçus des titres d’anoblissement de la part de l’Empereur pour avoir financer certains de ses projets ou pour l’avoir directement aidé… Bien entendu, parmi ces dernières nous pouvions aussi trouver d’anciens ministres bien en vue ainsi que leurs descendants. En vérité, cette aristocratie là est celle de l’argent ; c’est bien souvent ce que les petits hobereaux nomment les Emporkömmlinge (arrivistes). Peu nombreux mais extrêmement riches, ces derniers multiplient souvent les extravagances. Par ailleurs, leur immense fortune et leurs connaissances dans de nombreux domaines pratiques, comme l’économie, leurs permettent de mieux servir l’État et d’obtenir de lui un certain crédit ; une influence par ailleurs non négligeable sur la prise de décision ; en étant les fonctionnaires utiles et éduqués capables de faire tourner la machine étatique, ces derniers monopolisent très vites les fonctions techniques ; la justice notamment, mais aussi certains postes clefs dans l’administration ducale ; comme Chancelier aux Finances ; et comme tout le monde le sait, l’argent est le nerf de la guerre. D’autre part, cette caste est assez isolée des autres ; vue comme une paria ou une secte de parvenus par le reste de l’aristocratie.

D’autre part, en plus de jouir d’une influence indirecte sur le monde politique, et parfois même en contracarrant certaines de ses ambitions au travers d’une Cour suprême majoritairement composée de Brafadels, la Verfassungsrat étant capable d’amender si nécessaire des lois du Parlement de la Kammer, l’outil des Standershessen. Seulement en plus de tout cela, la noblesse arriviste, loin de s’enorgueillir de son titre continue à conserver le soutien de la Bourgeoisie, et au travers d’elle son influence sur le monde urbain. En faisant ainsi non seulement une force politique non négligeable capable d’influencer les résultats électoraux, mais en plus de s’opposer frontalement à ses rivaux agraires et élitistes. Car ce qui différencie les Bradfadels, nobles sans gloire, du reste de l’aristocratie reste bien évidemment sa relation quasi-fusionnelle avec la bourgeoisie. Alors que cette dernière est devenue une force économique non négligeable, avant tout grâce à la rapide industrialisation de l’Empire et l’établissement d’une nouvelle élite financière capable de devenir le moteur économique du Duché et jouissant d’une grande influence sur la masse prolétaire grâce à une administration paternaliste des usines. Faisant ainsi des Brafadels les portes-voix des intérêts bourgeois.

Néanmoins, même ces groupes peuvent avoir des intérêts contradictoires ; les Grandes familles conservent une certaine vision politique commune et ce malgré des intérêts divergents voire même des antagonisme datant de plusieurs décennies ; en revanche elles restent pour la plupart pragmatiques ; elles tiennent à leurs intérêts et peuvent dépasser leurs inimitiés pour conserver leurs positions hégémoniques. Prolétaires de tout les pays, unissez-vous disait Marx, et bien les Grandes familles du Marcheburg diront ; Aristocrates, unissez-vous.
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La dynastie von Bettenheim, et son actuel chef  Hermann—Lüdwig von Bettenheim. // Marie de Wurtemberg et son époux.

Les Grandes familles.

Les Von Bettenheim.

Nom complet : Von Bettenheim-Recklemburg.

Titres complets : Ses Altesses Illustrissimes, comtes de Bettenheim, comtes de Recklemburg, comtes d’Arenberg, barons de Braunfels, seigneurs de Götterswick, seigneurs de Steinfurt.

Chef de famille ; Hermann—Lüdwig von Bettenheim-Recklemburg.

Type de noblesse : Standershessen.

Catégorisation : Conservateur.

Alignement politique : P.C.M (Parti Chrétien Marcheburgeois).

Ethnie : Marcheburgeoise.

Secteur d’influence : Politique, activités financières et influence.

Personnalités liées à la famille : // (à développer).

À l’origine, les von Bettenheim n’étaient rien d’autres que de simples seigneurs dirigeant quelques villages épars dans le centre du Marcheburg ; ces derniers administraient avant tout des domaines agricoles peu développés, peu fertiles et très éloignés des routes commerciales traversant Marcheburg. La reconnaissance légale de cette famille en tant que légitime détentrice de terres remonte aux alentours du XIe siècle, même si avec l’éclatement du pouvoir central et l’émergence de comtés relativement puissants et de principautés territoriales aux prérogatives élargies, nous pourrions facilement considérer que les terres héréditaires des von Bettenheim remontent en vérité au Xe siècle. Seulement, avec l’absence d’archive et les troubles généralisés à l’ensemble de l’Eurysie, il semble bien vain d’essayer de comprendre à quand remontent les premiers titres de noblesse des Bettenheim. Seulement nous pouvons êtres certains qu’elle est belle et bien antérieur à cet inventaire du XIe siècle comptabilisant l’intégralité des vassaux et des arrières-vassaux des Empereurs de Wardonie. Cela dit, à partir du XIIIe siècle, les von Bettenheim réussissent petit à petit à former un ensemble territorial compact autour de leur seigneurie d’origine ; cette dernière s’aggrandissant assez rapidement, nous estimons qu’elle devait avoir la même puissance militaire qu’une seigneurie de taille moyenne dans le nord du Marcheburg. Cette rapide ascension régionale est très certainement due à une politique matrimoniale habilement manoeuvrée qui permit de multiplier par dix le domaine en seulement quelques générations.

Néanmoins, à partir de 1287 la dynastie se divise en deux branches ; les von Bettenheim-Gimborn, héritant des possession occidentales de la baronnie tandis que les Bettenheim-Moers y gagnaient les territoires orientales ; un partage simplifié qui permit d’éviter d’interminables querelles de succession au sein même de la famille. Ces deux restèrent séparées pendant plus ou moins deux siècles et toute deux avaient, de leurs côtés respectifs, établit un solide réseau d’influence qui s’étendait sur une grande partie du Nord du Marcheburg ; on dit même que plusieurs von Bettenheim servirent tantôt de Ministres pour une maison ducale tantôt pour une autre ; permettant ainsi la création d’une solide Maison qui se servait de son réseau pour influer sur les décisions politiques. Malgré leur importance politique, ce ne sera qu’en 1437 qu’à la suite d’heureuses successions les Bettenheim reformeront une seule et même dynastie ; cette dernière était par ailleurs devenue la première seigneurie du nord du Marcheburg et étaient sans contestes les aristocrates les plus influents de la région. Ces derniers continueront ainsi à former une puissance centralisée malgré la multiplicité de leurs titres ; à la fois seigneurs du Götterswick et barons du Braunfels, leurs politiques se retrouvaient limitées par les concessions, les coutumes, que leurs sujets avaient conservés. Néanmoins, en 1465 ces princes se verront accorder la dignité comtale par les ducs du Weilsbrecht, dorénavant devenus ducs-électeurs du Marcheburg.

Les nouveaux comtes du Bettenheim deviendront dans les faits les seuls administrateurs du Duché en l’absence des Ducs, installés à Antrania. Il va sans dire que malgré une gestion « exemplaire » du domaine, ce seront bel et bien les Comtes qui profiteront de la situation pour devenir les seuls maîtres du Duché en éclipsant une haute aristocratie en perte de crédibilité et de vitesse. On dit par ailleurs que l’influence des von Bettenheim était telle qu’ils pouvaient prétendre à des mariages internationaux, ainsi ils devinrent aussi liés par le sang à des familles de la haute (?) aristocratie teylaise ; une influence qu’ils réussirent à utiliser à bon escient auprès des Empereurs d’Antérinie, accessoirement Empereurs du Saint-Empire, pour les engager à se montrer tolérants sur la question religieuse. Ce qu’ils devront, bon gré mal gré reconnaître dans les faits suite à la conversion au protestantisme en 1587.

A partir de 1610, la famille se divise à nouveau en deux branches ; puis en trois ; les apanages reçus par les cadets devinrent eux aussi des principautés ; et ce au grand avantage des Ducs-électeurs qui voyaient une principauté à la fois hérétique et rivale devenir encore plus importante qu’eux sur leurs propres domaines. Naturellement, cet affaiblissement soudain des von Bettenheim profita énormément aux autres princes ; qui réussirent ainsi à réduire progressivement les domaines héréditaires des Bettenheim. Cet éclatement, à la fois si courant et tant redouté fera de la dynastie comtale une force de second plan dans le jeu politique du Marcheburg ; d’autant plus que son crédit s’est retrouvé fortement amoindri à la suite des guerres de religion au sein du Saint-Empire, conflits durant lesquels la dynastie comtale n’a fait que tergiverser. Combattant à la fois pour les catholiques, mais aussi pour les protestants ; non seulement ils perdaient l’estime des seconds, mais ils perdirent aussi la confiance des Princes catholiques, et en premier lieu de l’Empereur. Cette perte si soudaine de crédit profitera beaucoup aux familles nobles rivales qui purent placer leurs pions et leurs intérêts aux détriments de ceux des von Bettenheim. Perte de vitesse d’autant plus marquée qu’en quelques décennies, la plupart des ministres Marcheburgeois n’étaient ni des vassaux ni des alliés des Bettenheim et suivaient pour les plupart des agendas et des intérêts contraires à la famille comtale.

Ainsi, durant quasiment un siècle les Bettenheim s’effacèrent, à la fois relégués au second plan au niveau politique et divisés en trois branches plus ou moins rivales au niveau dynastique. Ce sera au XVIIIe que cette famille connaîtra un grandiose renouveau ; à la fois sous le règne de Ernst-Wilhem-Arnold IV (Ernest Guillaume Arnaud IV) qui verra les possessions familiales réunifiées, à la suite, encore une fois, d’une heureuse succession. Mais aussi au travers des arts et des lettres ; loin d’être des rustres ; les von Bettenheim étaient des mécènes réputés ; la plupart des grands auteurs des Lumières fortunéennes ou antériniennes furent financièrement soutenus par la dynastie wardonienne ; à l’avant garde du progrès, en atteste une gestion éclairée du patrimoine familiale et l’abolition du servage dans les seigneuries les plus reculées. Bien entendu, au niveau architectural plusieurs palais d’envergure furent construits, notamment l’impressionnant château de Waleimberg ; dans l’extrême centre du Marcheburg. Mais en plus de briller dans les cours, l’influence politique des von Bettenheim fut particulièrement vivace ; elle était telle que c’était ces derniers qui furent mandater pour servir de représentant du Marcheburg lors de la conférence d’Antrania qui reconnut la souveraineté totale du Marcheburg et la fin de la suzeraineté des Antranias-Weilsbrecht sur le pays. Profitant de leur religion mais aussi de leur prestige ; les von Bettenheim redevinrent des acteurs politiques clefs ; ainsi Ernst-August II devint ministre durant une dizaine d’années au service des Antranias-Marcheburg. À cela s’ajoute une certaine parenté entre la dynastie ducale et comtale à cause du mariage entre une branche cadette des Antranias-Marcheburg et des Bettenheim ; formant ainsi les Antranias-Bettenheim ; dynastie de second rang aujourd’hui quasi-éteinte malgré des noms aussi pretigieux.

La révolution mettra un terme à l’expansion de l’influence des Bettenheim avec l’émergence d’une bourgeoisie d’affaire influente et l’établissement de plusieurs chambres parlementaires. D’abord avec la naissance du Volkstag qui s’établit comme Assemblée souveraine tandis qu’un contre-pouvoir particulièrement influent apparaît avec. La Kammer s’établit comme limite infranchissable à toutes réformes profondes du modèle politique ; et cette dernière représente avant tout les intérêts politiques de la Bourgeoisie et de la Noblesse. Ces derniers jouissent donc d’une majorité simple à la Kammer en possédant la moitié du sièges. C’est d’ailleurs les von Bettenheim qui profitent de leur réseau d’influence pour créer de véritables factions jouissant de la minorité de blocage (33% des sièges) et capable de pouvoir mettre en échec les décisions du Volkstag.

Néanmoins, il est important de rappeler que malgré cette influence politique, les Bettenheim sont aussi détenteurs de plusieurs portefeuilles d’actions particulièrement rentable ; cette politique financière, permise par la libéralisation de la vie économique au XIXe et XXe siècle a très rapidement permit de faire de cette famille l’une des plus riches de l’État. Cette manne financière permet ainsi à ces illustres altesses que la révolution avait dépossédé de leurs terres de continuer à mener une vie de château (au sens littéral du terme).
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Magda von Brayas-Hernicourt et son époux. // Max von Witteslbach, proche des prétendants au Trône de Bavière.

Les Grandes Familles


Les von Bryas.


Nom complet : Von Bryas—Hernicourt.

Titres complets : Sa Haute Altesse princière l’Archiduc de Mérimée, prince de sang de S a Majesté Louis VI d’Antranias—Marcine, vicomte de Bryas, vicomte de Hernicourt, vicomte de Drusseldörf marquis de Ménars, marquis de Villasagra, baron de Grossenheim, seigneur de Dönherooff et seigneur de Wastein.

Chef de famille : Magda von Byas—Hernicourt.

Type de noblesse : Standershessen.

Catégorisation : Réactionnaire.

Alignement politique : Marcheburg Ester (M.E)

Ethnie d’origine : Antérinienne.

Secteur d’activité : Influence politique, industrie du luxe.

Personnalité liées à la famille : // ( à développer).

Histoire familiale.

Les Bryas-Hernicourt sont l’une des dynasties possédant une histoire tout à fait originale ; de favorite du Roi d’Antérinie jusqu’à Premiers Ministres de Sa Majesté, on ne peut que s’incliner devant les ingénieux stratagèmes utilisés pour tenter de faire oublier qu’ils viennent de la roture. Cette dynastie là, ce n’est pas uniquement celle du luxe, de l’argent et des femmes, c’est aussi du mensonge, de la manipulation et de la tromperie. Pleine de paradoxes, d’intrigues et de figures peu recommandables cette famille plus que tout autre est réputée pour être l’une des plus sulfureuse ; à la fois vue comme le « Hurenhaus » mais aussi comme l’eldorado cette dynastie suscite polémiques et reproches. Son histoire, à mi-chemin entre celle de Sardanapale et de Crésus est l’une des plus brillante et l’une des plus sombre à la fois.

Les premières traces de cette dynastie remontent au XVIe siècle avec la naissance de la Maison des Antranias—Hernicourt. Cette dernière, d’origine antérinienne va très vite connaître une spectaculaire ascendance au Marcheburg lorsque les Ducs d’Hernicourt, branche cousine des Antranias—Marcine, se verront nommer vicomtes de Drüsseldorf pour les remercier de leur soutien sans faille lors des guerres de religion qui ensanglantèrent le Saint Empire. Par ailleurs, les Hernicourt étaient l’une des familles les plus anciennes d’Antérinie ; on dit même que leur noblesse remontent aux premiers patriciens rhêmiens qui fondèrent plusieurs colonies sur les côtes antériniennes, tandis que durant le Moyen-Âge plus d’une dizaine d’évêques faisaient partie de cette famille, sans compter les grands seigneurs qui administraient de vastes domaines au nom de la Monarchie antérinienne. Auréolés par des aïeux extrêmement prestigieux, enrichis par la possession de voies fluviales stratégiques et rendus puissants par un réseau d’alliés, de soutiens et d’obligés quadrillant la cour et la haute administration antérinienne ; cette famille là a très vite placé ses pions de manière habile : non seulement ils avaient la richesse pour eux, mais surtout ils avaient la ruse et les femmes de leurs côtés. Car dans les faits, c’étaient ces dernières qui menaient la danse ; concluaient les mariage et scellaient les alliances ; d’ailleurs c’était l’une des particularités de cette famille ; elle était matriarcale. Ce seront par ailleurs les charmes de Madame d’Hernicourt qui permirent d’unir la famille royale à la dynastie ducale ; à la fois à cause de ses solides arguments ; ne tenait-elle pas la Cour dans sa main ? N’agissait-elle pas comme une reine dans son domaine ? Mais aussi grâce à un charisme extraordinaire et une confiance désarmante. Mathilde VI d’Hernicourt avait ainsi réussi à marier sa fille aînée à l’un des cadets d’Heinrich VIII d’Antrania-Marcheburg ; Ludwig d’Antrania-Hernicourt.

Cette dernière, en échange d’assurer un soutien politique et financier à la famille impériale avait reçu le droit d’ajouter à la titulature (déjà bien longue) de ses enfants et de leurs successeurs le titre de Haute Altesse princière et de rappeler par la même occasion ses liens familiaux avec la famille royale antérinienne. Forte de ses soutiens aux plus hauts sommets de l’État, Mathilde VI accepte de renforcer le prestige de sa dynastie en devenant vicomtesse de Drusseldörf, un comté ayant soutenu le parti protestant durant les guerres religions. Cette installation s’inscrit aussi dans un plan plus ambitieux ; franciser la noblesse marcheburgeoise pour la rendre plus docile ; ce qui incluait l’écartement systématique des princes trop récalcitrants ayant trahi leurs promesses vis à vis de l’autorité impériale. Cette répression dans les hautes sphères de l’aristocratie marcheburgeoise bénéficiera par ailleurs à une partie de la grande noblesse antérinienne qui pouvait acquérir de nouvelles terres relativement riches. Alors que la plupart des princes antériniens se comportaient en terrain conquis et non acquis, effritant progressivement leur propularité initialement vacillante tout en épuisant leur crédibilité auprès de la noblesse locale, autochtone, Mathilde VI s’installa définitivement sur ses terres ; elle réussit même à ajouter à ses possessions le vicomté de Bryas qui devint la perle, le joyau de son empire. Cette dernière, avait compris que le Marcheburg était perdu ; la population était bien trop protestante pour accepter la domination catholique, qui plus est, la violence avec laquelle les Antériniens gouvernaient le territoire leur aliénait le soutien des marcheburgeois catholiques ou modérés. Et Mathilde vit juste ; alors que les Antranias-Marcheburg étaient bannis, leur nom sonnait comme une alternative au pouvoir des Antranias—Marcine.

Malheureusement, Mathilde VI mourut avant que n’éclate la guerre d’indépendance Marcheburgeoise ; en revanche sa fille aînée ; Marie-Louise-Mathilde d’Antrania Hernicourt, lui succéda et s’inspira grandement des méthodes de gouvernance de sa mère ; à savoir une politique matrimoniale visant à resserrer les liens avec les différentes familles aristocratiques locales ; elle aussi avait compris que l’Antérinie était devenue persona non grata auprès de la noblesse marcheburgeoise et que ce n’était plus qu’une question avant que cette dernière ne se soulève massivement, appuyée par le peuple. Cette clairvoyance profitera bien entendu à la famille qui avait pris son parti de rester au Marcheburg ; ainsi Marie-Louise envoya plusieurs émissaires approcher les Antranias-Marcheburg ; revenus en grâce, probablement pour apaiser les élites locales, notamment afin de leur rappeler que les Antranias-Hernicourt, une branche cadette lointaine, les soutient et avec elle les principales dynasties de Drusseldörf et de Bryas, dans le Sud du Marcheburg. Ce soutien sera, dit-on, décisif vu qu’il isole encore plus les Antranias—Marcine des dynasties antériniennes installées sur place qui avaient déjà délaissés leurs territoires ; la plupart des grandes familles récompensées par la famille royale se rétablirent en Antérinie. En signe de soutien et pour montrer son attachement au Marcheburg, Marie-Louise se convertit au protestantisme luthérien et remplaça Antrania par Bryas dans son patronyme, même si elle ne renonçait pas pour autant à son titre de Haute Altesse princière ainsi qu’à son titre de princesses de sang.

À sa mort, en 1765, le domaine restait le même mais le Marcheburg était contrôlée par plusieurs ministres ayant entretenus des liens avec elle. Son règne laissa même plusieurs marques ; d’élégants châteaux furent bâtis, comme le Kleine Garten ; le Petit Jardin, un palais grandement inspirée de son modèle d’origine, le Grand palais de Luz. Notons aussi que comme toutes les grandes figures politiques de son temps elle soutint les hommes des Lumières ; surtout des Lumières antériniennes (particulièrement conservatrices, attachées à l’Histoire et aux traditions). Ainsi, dans ses salons privés plusieurs grands penseurs, encore aujourd’hui enseignés dans les écoles marcheburgeoise ou antériniennes, débatèrent ardemment de sciences, d’histoire, de littérature et surtout de politique ; la plupart soutenant l’établissement de Chambres législatives plus à même de garantir les droits concédés par les Chartes et autres concessions politiques du Moyen-Âge que menaçaient de remettre en question le pouvoir de plus en plus absolu de l’aristocratie et de la Monarchie, qui s’apprêtaient à entrer en collision. Par ailleurs, la Vicomtesse Marie-Louise a son propre portrait dans la galerie de l’Académie ducale des Arts et des Sciences destinée à célébrer les principaux mécènes qui permirent l’émergence de grands génies qui révolutionnèrent le monde des sciences et des arts.

Si vers la seconde moitié du XVIIIe siècle les Bryas-Hernicourt jouissaient d’une grande influence, le règne de la « Vicomtesse maudite » fera de cette dynastie la bête noire du monde aristocratique marcheburgeoise. En effet, Catherine-Augusta, succède en grande pompe à Marie-Louise, seulement elle n’a ni la clairvoyance de sa mère, ni le génie politique de sa grand-mère ; et très vite certaines rumeurs font état de crises de folies. Ces dernières certainement provoquées par une santé mentale fragile et une enfance sans parents, son père étant mort quand elle était au berceau tandis que sa mère se préoccupait davantage de la politique que de ses enfants, elle fut avant tout élevée par des nourrices et des précepteurs brutaux. Cette folie se caractérisait par des crises de nerfs répétées (« une hystérie extrême et permanente » écrivait un médecin cartaradais du siècle) tandis que son propre fils était confiée à des jésuites extrêmement strictes. Sous son règne Catherine-Augusta devint « das verrückt » pour ses contemporains, tandis que sans conseillers avisés ou parents suffisamment influents pour maintenir l’influence de la famille, cette dernière perdit très vite ses fondements et ses atouts au sein du monde politique, seule ses terres et ses rentes permettaient de maintenir le niveau de vie de la famille qui voyait son budget grevé par les extravagances vestimentaires de la Vicomtesse et les consultations des plus grandes sommités de la fin du siècle. Les difficultés familiales seront par ailleurs aggravées par la révolution et la saisie des principales terres de la haute noblesse. Seule consolation, dû aux égards qu’exigent ses titres, « das Verrückt » peut siéger à la Kammer, malgré sa folie. Cette dernière s’éteindra dans le désintérêt général en 1819.

Si la folie de la Vicomtesse Catherine-Augusta avait durablement écorné l’image de la dynastie, les errements moraux de son fils ne tarderont pas à abattre temporairement cette dernière ; en effet ce dernier souffre de satyrisme que l’on préférait nommer « fredaines » ou « écarts » à son époque. Cette pathologie proche de la nymphomanie, avait poussé le Vicomte François-Louis-Auguste à adopter une addiction au sexe. C’est d’ailleurs à cette époque que remontent les attaques sur cette famille accusée d’être « l’antichambre de la folie la plus profonde ». Nous savons par ailleurs que le Vicomte était extrêmement dépensier et qu’il faillit à plusieurs reprises jeter sa famille sur la paille sans ses mariages avec plusieurs héritières bien dotées. On dira même que les Princes d’Antérinie et du Marcheburg lui écrivirent pour lui enjoindre de cesser ses « égarements » ; pudique mot pour évoquer sa vie privée dissolue ; certains médias titraient que l’arrière petit fils d’un Fils des monarques antériniens avait fait de son nouvel hôtel particulier un « bordel », un « lupanar », un « temple de la débauche ». Il va sans dire que cette mauvaise presse a considérablement nuit à la réputation de la famille vicomtale et l’avait éloignée de ses soutiens traditonnels à la Kammer. Bien entendu, le Vicomte n’avait que faire des remarques et grignotée des pans entiers de son héritage et des successives dots qu’il reçut à la suite de mariages heureux et de décès impromptus, voire même parfois de divorce particulièrement bruyant, au grand dam de l’aristocratie traditionnelle et conservatrice.

Après son décès en 1850, les Bryans-Hernicourt ne sont plus rien ; ni richesses, ni terres, ni soutiens politiques d’envergure ; après avoir durablement affaibli sa famille, le Vicomte François Louis Auguste ne laisse que des ruines ; la fortune familiale est à reconstruire et la réputation de la famille est à regagner ; un travail gigantesque attends ainsi Louis-Marie ; éduqué par des jésuites et extrêmement proches des courants intellectuels conservateurs. Ce dernier réussit l’exploit de trouver un mariage avantageux avec une richissime héritière. Si la dot réussit à rembourser les dettes de son père, le jeune vicomte devait aussi rétablir sa crédibilité ; il s’efforça donc de mener une vie de couple simple et heureuse tandis qu’il apparaissait aux yeux du grand public comme stricte et vieux jeu. D’autre part il vendit plusieurs propriétés familiales ; ses dernières terres lui appartenant en Antérinie, ainsi que plusieurs palais de grandes valeurs. L’argent ainsi gagné permit au Comte de construire une fabrique de vêtements ; ce fut un pari coûteux mais gagnant puisque qu’en quelques années à peine le Vicomte devenait l’une des personnalités les plus riches de l’aristocratie marcheburgoise. Néanmoins, la sulfureuse réputation de son père continue encore aujourd’hui à poursuivre les héritiers.

Ses héritières perpétuèrent ses efforts et grâce à des mariages habiles et une politique saine ; la dynastie est aujourd’hui l’une des plus puissantes du Marcheburg. De plus, ces millions engrangés chaque années permettent aux Bryas—Hernicourt de se présenter comme l’une des principales force d’influence, même si elle a du céder beaucoup de terrain aux Bettenheim en politique ; notamment au niveau de la Kammer. Seulement, grâce à leurs relations et à leur réseau d’influence, les Bryas peuvent prétendre occuper une place prééminente au travers de leur empire financier.


Politique.

L’histoire politique de cette famille remonte aux Lumières et à l’engagement de Mathilde VI dans le mécénat des principaux philosophes des Lumières Antériniennes ; par nature conservatrices. Ces dernières en effet, au travers d’un publiciste extrêmement virulent à l’égard de la révolution et de ses fondements idéologiques qui se veulent universalistes. Ces derniers en effet, même s’ils soutenaient le fait que le pouvoir monarchique ne peut et ne doit pas tenir une place trop importante en politique restaient néanmoins persuadés que le tabula rasa (faire table rase du passée) est l’une des pires erreurs qui puisse être commise. Adam Müller, l’un de ses admirateurs les plus fervents, écrira par ailleurs ; « la révolution n’est rien d’autre qu’un mal dont seul les latins, plus prompts aux élancées romantiques et extravagantes, sont atteints. L’erreur la plus fondamentale dans ces pays là est de croire que briser en mille morceaux ce qui fait la force d’un État et les libertés d’un peuple ; à savoir ses particularités, sont les meilleurs moyens pour se libérer ; alors qu’ils ne feront que s’enchaîner à un modèle qui n’est pas le leur ». Ainsi, le ton est déjà donné ; les von Byras—Hernicourt représentent l’aristocratie protestante et conservatrice. Ne serait-ce qu’au travers des auteurs de renom soutenus et leurs idées particulièrement en accord avec ce qui forme le corpus politique du gouvernement actuel ; une sourde méfiance vis à vis des principaux auteurs socialistes, une opposition à toutes réformes politiques trop brutales ou trop brusques. Bien entendu, l’aristocratie et l’autre caste dominante, la Bourgeoisie, continuent de servir de rempart à toutes les tentatives commises par les socialistes pour s’ingérer dans le gouvernement en place. Cette pensée là, c’est l’équivalent en plus radical des Lumières antériniennes.

Le règne de Louis-Marie accentuera cette vision en y ajoutant un puritanisme et une rigueur morale jusqu’alors inconnue ; aujourd’hui encore les Byras-Hernicourt sont connus pour leur dévotion et le profond respect qu’ils ont pour les Saints Commandements, ou du moins ils sont extrêmement habiles pour cacher leurs écarts de conduite à la presse. Ainsi, alors que Marie Louise était une femme ouverte sur la question religieuse ; sa conversion au protestantisme n’a en rien altéré l’héritage catholique et antérinien qu’elle a tenté de transmettre à ses enfants ; en atteste son petit-fils qui fut éduqué chez les Jésuites. Seulement, Louis-Marie incarne un penchant assez rigoureux de la religion ; certains de ses comptemporains l’appelaient même le « Bigot ». Ainsi, il soutiendra financièrement plusieurs auteurs protestants cherchant à diffuser l’antisémitisme et l’anti-catholicisme dans la société marcheburgeoise et qui appelaient à la création de statuts spéciaux pour ces derniers.

D’autre part, en plus d’une ferveur religieuse qui frôle le fanatisme, ses héritiers se montreront extrêmement sensibles aux thèses de Müller ; figure incontournable de la philosophie wardonienne et grands théoriciens des particularismes locaux qui devaient défendre la souveraineté des différents États face à une confédération de plus en plus gourmande. Mais ce ne sera pas tout, si Müller sera en partie financé par Louis-Marie, d’autres figures nationalistes le seront par ses héritiers ; avant tout le monde il comprit comment imposer sa marque dans ses idées. Ce nationalisme, avant tout ethnique, vise à réduire au maximum l’influence des institutions impériales ; « nul besoin de Diète quand nous avons un Volkstag » affirmera une de ces figures montantes du nationalisme marcheburgeois. Cette méfiance vis à vis des institutions impériales, considérées comme trop intrusive, vues comme des menaces pour la souveraineté du Marcheburg est encore aujourd’hui extrêmement présente et est incarnée par le Marcheburg Esther qui souhaite un État impérial minimal et un retrait progressif de ses institutions. C’est d’ailleurs les Bryas qui soutiennent la cause de ce parti à l’échelle nationale en le finançant massivement et en obtenant le soutien d’éditeurs et de médias influents.
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Les von Wabbenstein--Safran // La famille ducale du Mecklemburg.
Les Grandes Familles


Les Von Wabbenstein.


Nom complet : Von-Wabbenstein— Von Safan.

Titre complet : Son Altesse Ducale Duc de Wabbenstein, Duc de Safran, Comte de Mainz, Comte de Nasssa, vicomte de Mahanerg, vicomte de Blamberg, vicomte de Balandörf, Marquis de Saint-Louis-de-l’Ascension et Chevalier de l’Ordre de la Croix.

Chef de famille : Karl von Wabbenstein—Von Safan.

Type de noblesse : Standerhessen.

Catégorisation : Conservatrice.

Alignement politique : Partis Conservateurs Unifiés (P.C.U)

Ethnie d’origine : Marcheburgeoise.

Secteur d’activité : Industrie de l’armement.

Personnalités liées à la Famille : // (à développer).

Histoire familiale.

Souvent considérée comme la dynastie martiale (das Kriegerdynastie) par excellence ; les von Wabbenstein se sont pendant plusieurs siècles illustrées comme les figures de l’histoire militaire marcheburgeoise. Le prestige de l’uniforme ayant très vite réussi à s’imposer dans la mémoire collective, là où les élites financières et politiques étaient considérées comme des « Halbjude » ou des « Youpins ». Pourtant, loin d’être la belle et grande famille de généraux brillants qui se succèdèrent d’abord pour la gloire de l’Empereur et ensuite pour celle des Ducs, l’histoire de cette dynastie iconique, bien plus connue que les Bettenheim, est aussi celle du mensonge et de la manipulation ; les nobles intrigues de cours, les honorables bassesses de l’aristocratie se mêlant et s’entremêlant, rythmant la vie politique du Duché durant les quatre derniers siècles ; à chaque assassinat politique, à chaque embastillement d’une grande figure de l’aristocratie, il est certain, pour ne pas dire évident, que les von Wabbestein ne sont pas étrangers à cette subite disgrâce. Dès lors un contraste s’installe, derrière les rutilantes médailles, les grands discours sur l’honneur du militaire et l’importance de la morale dans l’Armée, se cache la manipulation, la dissimulation et la tromperie. Et pourtant, malgré la crasse derrière le strasse, les von Wabbenstein sont de véritables symboles nationaux, des figures de la réconciliation nationale.

Néanmoins, avant d’être la brillante dynastie de généraux et de maréchaux, le von Wabbenstein appartenaient à la petite noblesse des Marches de l’Empire ; régnant initialement sur des territoires Gavarois au début du XIIe ou du XIIIe siècle, les sources écrites manquent et seules quelques lettres patentes impériales nous sont parvenues. Néanmoins, ce dont nous sommes sûrs, c’est qu’à partir du XIVe siècle, les von Wabbenstein s’installent au nord du Marcheburg après avoir perdus leurs territoires en Gavière à la suite de querelles de successions qui se terminèrent à l’avantage de familles nobles locales. Ainsi, les Wabbestein régnèrent durant deux siècles sur quelques domaines relativement pauvres. En effet, si certaines avaient une chance insolente en matière de succession, les Bettenheim avaient formés un immense domaine grâce à des mariages avantageux et des décès bienvenus, au contraire dans ce cas-ci les possessions des von Wabbenstein avaient tendances à se morceler à la suite de cessions de fiefs à cause de la pauvreté de la famille et surtout de son incapacité à payer des dots suffisamment importante pour tenter d’attirer la noblesse aisée. Seulement, malgré cette « grande pauvreté » un homme réussira à faire de sa famille l’une des plus grandes de tout le Saint Empire.

Cette homme que tout le monde connaît au Marcheburg, déclaré « héro national » en 1965, est Albrecht von Wabbenstein ; grande figure militaire des guerres de religion qui ensanglantèrent l’Empire à partir du XVIe siècle. Ce dernier, né vingt ans avant le déclenchement des conflits, a connu une enfance difficile, la mort omniprésente qui emporta la plupart des membres de sa fratrie et la pauvreté. La vie des petits seigneurs, même si leur noblesse est immémoriale, n’est pas si facile lorsque leur subsistance dépends en grande partie des revenus de la terre qu’ils ne peuvent même pas travailler ni même optimiser sans passer pour un « bourgeois » ( « Bürger ») entendez par là « roturier ». Seulement sa famille pouvait tout de même compter sur un réseau particulièrement dense ; à la mort de sa mère, la Baronne von Starmärck, il a été recueilli par son oncle, un homme d’une grande fortune mais aussi et surtout d’une grande culture. Qui éleva son pupille comme son fils et qui lui paya quelques années dans des facultés prestigieuses. D’abord ce furent les « Frères protestants » (une confrérie plus ou moins informelle de pasteurs érudits ayant pour tâche d’éduquer les fils des élites aristocratiques protestantes) qui lui enseignèrent les bases du Latin et de la théologie luthérienne ; le rejet de la Vierge, la lecture des Evangiles en vernaculaire et bien entendu le refus des églises de se soumettre à l’Église catholique, apostolique et rhêmienne. Par ailleurs, en plus de cela, les frères lui apprirent les rudiments de philosophie, de mathématiques mais aussi et surtout de l’administration d’un fief ou de la gestion d’une troupe.

Ce qui ne manqua pas de lui être un précieux outil tout au long de sa vie… L’université en revanche fut une période troublée, certaines sources affirment même que le célèbre mercenaire aurait été poursuivi pour avoir « occit » le domestique d’un autre grand seigneur. D’autre part, le caractère emporté et l’esprit aventureux du jeune noble désargenté le poussèrent très vite à s’orienter vers les métiers de la guerre ; alors que jusqu’ici, sa famille s’était contentée de tâches administrative pour le compte de la Couronne impériale. Les relais d’influence de son oncle ainsi que sa personnalité permirent dès lors au jeune Albrecht d’intégrer une troupe de mercenaires en tant qu’officier subalterne. commandée en grande partie par des hobereaux surendettés ou des chevaliers en manque de frissons, cette troupe servit très vite dans la mise au pas des provinces aux bordures de l’Empire. Par ailleurs, en plus d’êtres simples, ces campagnes permettaient de monter assez vite en grade, et Albrecht devint colonel, ou du moins son équivalent, à la fin de ces campagnes éclaires.

Seulement, Wabbenstein n’était pas un officier d’une grande valeur, ses succès, il les doit avant tout à son talent de gestionnaire ; le ravitaillement et le financement des mercenaires n’ont aucun secrets pour lui, et il appliqua ou perfectionna des techniques plus ou moins nouvelles ; la première d’entre elle fut la généralisation du rançonnement des cités. Lorsque ces dernières sont acculées, sont obligées de se rendre, elles s’engagent à fournir un butin conséquent pour payer les mercenaires, mais aussi à se charger du ravitaillement de ces derniers, sans quoi les Condotierris pourraient se mettre à piller les campagnes environnantes et à vider les coffres des habitants intra-muros. Dans ce système de racket plutot sophistiqué pour l’époque, Wabbenstein réussit à rendre la cohabitation entre mercenaires et locaux tenable le temps de quelques mois tout en ménageant les forces de cités particulièrement riches qu’il pourrait piller l’an prochain avec l’accord de son Prince. Dans cette stratégie qui dénote avec celles des compagnies mercenaires traditionnelles, l’officier marcheburgeois réussit à s’enrichir extrêmement vite et surtout sans avoir besoin de surendetter pour entretenir et maintenir une armée mercenaire qualitative, qui est, conséquemment, onéreuse. Une chose qui lui permet de faire de belles marges et de se concentrer sur d’autres domaines, comme l’art, l’architecture ou la création d’un véritable État au sein de l’État.

Car si la dynastie des Wabbenstein a réussi à se maintenir si longtemps, à s’imposer au cours du temps, c’est avant tout grâce à la création d’un Empire. Un domaine extrêmement vaste concédé par l’Empereur et accrût au fil du temps par la monopolisation de charges ecclésiastiques et politiques au sein même de certains évêchés ou dans quelques Cours wardonniennes. En effet, grâce à sa fidélité et à son génie, le jeune Albrecht von Wabbestein réussit à obtenir de quoi faire de sa famille l’une des plus grande et l’une des plus prestigieuses du Saint Empire. En premier lieu, Sa Majesté éleva la seigneurie du Wabbenstein en duché et en y rattachant plusieurs domaines qui étaient à proximité du Duché. En plus de cela, la Couronne impériale offrit plusieurs comtés et plusieurs duchés de manière héréditaire aux Wabbestein, en remerciement des services rendus par l’ingénieux capitaine des compagnies mercenaires de l’Empereur, ainsi le nouveau duc Albrecht de Wabbenstein obtint aussi celui de Duc de Safran au sud du Pfalz, titre qui sera par la suite légué à son fils cadet.

D’autre part, ces subites acquisitions, qui touchaient pour la plupart des territoires catholiques avaient poussé le nouveau Duc à reconsidérer ses convictions religieuses, euphémisme pour signifier qu’il s’était converti par intérêt politique, et surtout pour rester en grâce auprès de la Couronne, qui comme tout le monde le sait, se montrait particulièrement virulente envers les Princes refusant d’abjurer et ceux qui nuisaient aux intérêts de l’Église catholique. Cette subite conversion sera vue comme « un signe divin » ; la légende raconte en effet que le jeune Duc de Webbenstein aurait échappé de justesse à une pierre qui lui tombait dessus ; en jetant les yeux au ciel, il aurait vu ce rocher mais aussi une cloche représentant la Vierge Marie. En conséquence, il interprète ce ‘’miracle’’ comme la nécessité de se convertir. Et encore aujourd’hui, ses héritiers affirment que c’est grâce à cela qu’Albrecht est devenu un prince si prestigieux.

Mais en vérité, ce qui a assuré la fortune de sa dynastie n’est pas tant cette subite conversion sous de divins auspices, mais le contexte géopolitique. Albrecht von Wabbenstein a eu l’immense chance de naître et de grandir dans un Saint Empire plus divisé que jamais, un territoire où les querelles religieuses sont exacerbées par des rivalités politiques (entre princes, seigneurs et monarques instrumentalisant la religion à leurs fins propres). Et ces derniers n’étaient pas si regardants en matière de religion ; après tout les capitaines mercenaires des princes catholiques commandant leurs troupes étaient protestants, et inversement de fervents catholiques servirent les empereurs kaulthes, pourtant protestants… D’autre part, Wabbenstein avait la remarquable capacité à lever plusieurs milliers de soldats aguerris en seulement quelques semaines, un don qui est d’une redoutable utilité lorsque un État s’embrase et que les Monarchies avoisinantes profitent de ces dissensions internes pour essayer d’avancer autant que possible leurs pions. D’autre part, sa loyauté à la cause impériale et le génie de ses officiers lui permirent de lever une véritable armée permanente au service de la Couronne impériale, une armée qui ne manqua pas de mettre en déroute les troupes des princes ennemis.

Plus surprenant encore, quelques décennies après sa mort, sa famille aura eu un « coup de génie » selon les biographes les plus enthousiasmés par cette trajectoire si précoce et si inédite ; non seulement cette famille s’étant hissée par le talent de gestionnaire d’Albrecht de Wabbenstein réussit à se maintenir, mais en plus, au lieu de profiter de ses domaines, elle s’attache à diversifier ses sources de revenus ; les terres ne suffisent plus. Les charges lucratives non plus. L’industrie des armes elle, est une entreprise en plein essor et les Ducs de Wabbenstein se démenèrent pour encourager les artisans les plus habiles à venir habiter leurs terres en promettant certaines exemptions fiscales et une reconnaissance qui ne pouvait qu’attirer l’intérêt de ces derniers. Ainsi, le Duché de Wabbenstein devint l’un des premiers cœur industriel de l’Eurysie des Lumière, ou du moins l’un des premiers territoires qui réunissait une très grande concentration d’ouvriers qualifiés sur un espace réduit ; une zone qui permit au Marcheburg que rester à la pointe de la technologie militaire du XVIIIe siècle. Cette zone si productive, si stratégique enrichit énormément les Wabbenstein, qui loin de la politique continuaient à administrer leurs domaines comme le ferait des contremaîtres, des gestionnaires. Cette gouvernance éclairée, rationnelle même, encouragea ces derniers à se comporter comme des mécènes, des protecteurs des arts qui contribuèrent au développement et à la modernisation de la vie intellectuelle marcheburgeoise. L’exemple le plus éclatant est certainement le château de Farmenburg ; merveille d’architecture baroque qui est toujours possédé par les von Wabbenstein, même s’il est ouvert au tourisme dans certaines ailes.

Cela dit, la situation ne changera pas vraiment pour les Wabbenstein ; d’abord car la révolution marcheburgeoise n’a pas bousculé, jeté à bas leur influence. Nous ne le rappelerons pas assez mais cette dynastie de Grands est particulière, l’une des familles les plus prestigieuses fait passer l’aspect politique au second plan ; alors que d’autres ont littéralement fonder leurs fortunes sur le clientélisme qui régnait dans le monde des courtisans des territoires Marcheburgeois. Cette fortune est avant tout « méritée » dans le sens où ils ont le flair, le pot, le nez, d’investir dans l’artisanat, de racheter ces ateliers et d’en faire des industries une fois l’heure de la production de masse venue. Ce mouvement d’une grande intelligence est d’ailleurs ce qui explique pourquoi la révolution n’a été qu’une secousse, un léger contretemps ; la perte de leurs domaines agricoles ne s’est pas ensuivi de la perte de leurs industries manufacturières embryonnaires ; au contraire elles ont pu être préservées et même mieux financées par la progressive libéralisation du Duché. Dans une certaine mesure, la révolution a même contribué à pousser cette famille à s’orienter vers l’industrie ; devançant ainsi les Bryas et leurs industries du luxe. C’est probablement pour cette raison que cette famille-là est l’une des moins réactionnaires ; ils ont conscience que leur fortune n’a pas été balayée par la révolution, comme c’est le cas de certaines familles aristocratiques de renom. C’est d’ailleurs à cause de cela qu’ils sont considérés comme une famille « bourgeoise » ; comme les représentants anoblis d’une classe de parvenus ayant fait fortune dans le commerce et l’escroquerie…

Or, cette fortune si chèrement acquise, si durement accumulée a failli être détruite par le conflit qui opposa le Royaume de Teyla au Saint-Empire ; en effet si la production d’armement battait son plein, et ce à l’avantage des Wabbenstein, bien entendu, qui étaient devenus, par quelques sombres trafiques d’influence, les fournisseurs officiels de l’Armée impériale en poudre à canon, plusieurs mouvements sociaux et syndicaux ébranlèrent, affaiblirent la Wardonnie, et la première cible de ces derniers était bien entendu les industries de l’armement. Que quelques « intellectuels » désignaient comme le « tombeau du prolétariat ». Suite à cela, la défaite survint. Si, heureusement, les Teylais écrasèrent « l’insurrection », ils en profitèrent aussi pour imposer des conditions draconniennes aux États impliqués dans cette guerre ; d’abord la décentralisation forcée et la confédéralisation la plus poussée possible que certains thèmes comme « les Libertés wardoniennes » cimentaient, mais aussi le désarmement des États à l’origine de cette unification ; et les Wabbenstein durent céder une partie de leurs industries et donner leurs machines aux Teylais. Ce camouflet, cette humiliation, et cette expropriation en règle endommagea durement le tissu industriel marcheburgeois, mais aussi la puissance et l’influence des Wabbenstein qui venaient de perdre l’une des activités les plus rentables.

Ce ne sera que bien plus tard, au début du XXe siècle qu’ils purent remonter en selle ; redevenir la famille de haut rang. Et ce retour se fera par les fondamentaux ; l’Armée. En effet, durant plusieurs décennies les rangs les plus prestigieux de l’Armée ; Maréchal des Armées de Sa Majesté Electorale, Commandant de la Garde Ducale… Toutes ces dignités contribuèrent à marquer le retour des Wabbenstein sur la scène marcheburgeoise tout en leur permettant de réinvestir dans le tissu militaro-industriel. Et ce sera cela qui permit aux industries Wabbenstein de redevenir l’un des premiers fournisseurs de l’Armée de terre marcheburgeoise. Aujourd’hui encore, le président du groupe Wabbenstein affirme que les « Industries Wabbenstein fourniront l’Armée en blindés et en véhicules. »

Néanmoins, il serait inexact d’affirmer que ce sont les Wabbenstein qui dirigent les complexes militaro-industriels, en effet, suite à la défaite du Marcheburg et à la perte de ses industries, Lüdwig V von Wabbenstein connut un étrange accident qui nourrit beaucoup de doutes ; ce dernier étant à la mi-chemin du suicide, du meurtre ou de la simple malchance. Ainsi, avec l’extinction de la branche aînée, ce sera la branche cadette ; les von Wibbenstein-Safran, qui reprirent les affaires familiales.

Alignement politique :

Depuis la conversion d’Albrecht au catholicisme, les Wibbestein ont toujours soutenus les mouvements issus de l’Église ; d’abord pour ancrer leurs territoires et continuer à montrer aux princes protestants qu’ils restent des forces politiques capables de soulever les fidèles et de rallumer le brasier religieux, mais aussi afin de s’attirer les bonnes grâces de la Papauté et maintenir les fonctions épiscopales des membres de leur famille. Néanmoins, lorsque le Marcheburg s’unit au Pfalz, les Wabbenstein continuèrent à maintenir leur influence politique en étant compris dans les familles qui devaient profiter des principaux postes de l’administration locales.

Ce soutien aux Catholiques se manifeste encore aujourd’hui, seulement il est teinté d’un certain conservatisme social qui tente de cohabiter avec le gouvernement, à la fois pour ménager les intérêts économiques des Wabbenstein, mais aussi les convictions religieuses et politiques de ces derniers. Qui conservent encore aujourd’hui une très grande influence au Pfalz ; ils représentent tout de même la minorité catholique dans un État à majorité protestante.
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