19/09/2019
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👥Notre Talaristan - Nos peuples et sociétés

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Drapeau national de la République du Talaristan
NOTRE TALARISTAN
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NOS PEUPLES ET SOCIÉTÉS

Situées dans le nord du Nazum, à un important carrefour commercial où passent les routes de la soie, à la frontière entre les steppes des peuples turcs et le monde des communautés asiatiques du centre de l’Orient, les terres qui forment aujourd’hui le Talaristan ont toujours été des contrées riches par la diversité des peuples y vivant et y transitant. Les marchands eurysiens en route vers l’Empire ushong s’arrêtent notamment dans les nombreuses villes fortifiées, tandis que les premières nations de la steppe, organisées en tribus ou en clans, créent progressivement des identités fortes et distinctes. Ces peuples, aux traditions propres, continueront de se développer et de s’affirmer dès le XIIIᵉ siècle, non pas en tant qu’un seul peuple, mais comme un ensemble de peuples façonnant durablement l’histoire de la région.
Dès l’affirmation des premières tribus, qui se rassemblent progressivement en peuples distincts, de premières rivalités apparaissent, notamment entre les tribus talars du Chulgar et les communautés musulmanes du nord du Talaristan. Très présentes durant le Moyen Âge, ces différentes rivalités s’apaisent sous l’Empire talar, qui instaure une certaine autonomie théorique aux peuples soumis. Toutefois, elles finissent par réapparaître dès le début du XXᵉ siècle et atteignent leur paroxysme lors de la Seconde Guerre civile du Talaristan, qui éclate dans les années 1970. La période de reconstruction qui suit ce second et sanglant conflit laisse des traces encore visibles aujourd’hui.
Illustration - Nos peuples et nos cultures
De gauche à droite, respectivement des jeunes de la communauté kavouze, khurkan, talar et ouzaris en costume traditionnel.

De nos jours, le Talaristan est un État multiculturel et plurireligieux où la plupart des communautés vivent en relative harmonie, en dépit de leurs différences. La Seconde Constitution de l’histoire de la République du Talaristan reconnaît officiellement huit peuples constitutifs, désignés dans les termes constitutionnels comme des « minorités nationales » (en talar : Милли азчылыклар / Milli azçılıqlar). Parmi eux figurent de nombreux peuples de la steppe : des nations turques, tout d’abord, avec les Talars, les Kavouzes, les Tashmirs, les Altaryks et les Ouzaris ; des peuples mongoliques ou mogolo-turciques tels que les Khurkans et les Yungars ; ainsi que des peuples dits « mixtes », comme les Moriates, issus en grande partie d’unions entre colons eurysiens et populations de la steppe.
Divers autres peuples, autochtones ou issus d’une immigration ancienne ou plus récente, participent également à la construction et au développement de la société talare. Toutefois, ces populations se rattachent le plus souvent à des peuples déjà établis au Talaristan — tout en s’en distinguant partiellement par certaines particularités culturelles, sociétales ou religieuses — ou à une autre nation, le plus souvent un État souverain du Nazum ou d’Eurysie.
Le renforcement des liens unissant ces peuples, à travers l’apaisement des conflits communautaires et une intervention active de l’État visant à consolider l’Unité nationale, a également contribué à atténuer les barrières aux mariages interethniques, favorisant un brassage culturel accru au sein de la société talar. Il convient également de noter que certains peuples aujourd’hui considérés comme « talars » — au sens d’appartenant à la nation formée par l’ensemble des citoyens de la République du Talaristan — ne sont pas historiquement originaires des seuls territoires composant l’État actuel.
Illustration - Nos peuples et nos cultures
De gauche à droite, respectivement des jeunes de la communauté altaryks, moriates, tashmirs et yungars.

Dans le Talaristan moderne, le gouvernement national ainsi que les administrations régionales et locales déploient des efforts importants en faveur de l’inclusion des « communautés nationales » (également appelées « minorités nationales »), dont le droit à l’autonomie culturelle et sociale est garanti par la Constitution. Leur droit de préserver leurs traditions et coutumes est également reconnu, dans la mesure où celles-ci n’entravent ni l’unité nationale, ni l’application de la loi, ni les droits fondamentaux des citoyens. Les efforts visant à rassembler la nation talare dans son ensemble, après la violente Seconde Guerre civile qui a marqué le siècle précédent, constituent l’un des axes majeurs de la politique intérieure du président Mirza Arsam et de ses gouvernement successifs.
L’observateur avisé se doit également de prendre en compte que l’autonomie culturelle accordée de droit par la Constitution aux peuples minoritaires composant la nation talare ne signifie pas pour autant l’existence d’institutions politiques ou administratives propres. Si des conseils communautaires sont tolérés, le régime talar demeure juridiquement un État unitaire, dans lequel le pouvoir reste centralisé en sa capitale, Khydan.
SOMMAIRE


  • Les talars
  • Les khurkans
  • Les yungars
  • Les moriates
  • Les kavouzes
  • Les ouzaris
  • Les tashmirs
  • Les altaryks
  • Les autres communautées et minorités
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Drapeau national de la République du Talaristan
NOTRE TALARISTAN
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LES MORIATES, DESCENDANTS DES COLONS MORS

Les moriates (en moriate classique, au pluriel : мориаты / moriaty ; au singulier : мориат / moriat), dans leur définition la plus courante, désignent un peuple résidant au Nazum et composé des descendants des colons mors de la steppe talare et des terres frontalières du Nord-Moritonie. Les moriates constituent, en tant que communauté, l’une des huit minorités ethniques (également appelées « communautés nationales ») reconnues par la Constitution de la République du Talaristan, qui leur accorde des droits et des garanties vis-à-vis de leurs pratiques culturelles et de leurs modes de vie traditionnels.

La naissance de la « conscience moriate » — définie comme le sentiment d’appartenance à un seul et même peuple — est relativement tardive. La période de domination moritonienne sur les khanats talars est marquée par plusieurs expéditions mors à partir du milieu du XVIIIe siècle, destinées à cartographier la vaste steppe. À la suite de ces premiers contacts avec les populations locales, et sous la protection de la famille impériale régnant sur la Moritonie, de nombreuses familles de colons mors s’installent dans la région et y développent l’élevage et l’agriculture. À l’inverse des explorateurs, généralement bien accueillis, plusieurs conflits avec des tribus altaryks et tashmirs entravent ces tentatives de colonisation, obligeant les khans locaux à intervenir : les colons mors doivent obtenir un buyruk (en talar cyrillique : Буйрук ; terme désignant un décret officiel émanant d’un khan) pour pouvoir s’installer.

La situation se stabilise progressivement à partir du début des années 1820, lorsque les colons mors obtiennent la protection directe des Grands Khans du nouveau régime impérial talar, ainsi qu’une autonomie religieuse. Les premières écoles orthodoxes ouvrent durant cette période, parallèlement à l’arrivée de missionnaires envoyés par le Zagroy. C’est également dans ce contexte que débute l’évangélisation de certaines communautés de la steppe, qui deviendront, après plusieurs générations, le peuple kavouze.

Illustration
Photographie d'un groupe de cinq jeunes issues de la communauté moriate, en tenue traditionnelle (« à la steppe ») dans le Sud-Ouest du Talaristan en 2016.

L’isolement des colons mors vis-à-vis du pouvoir zagroyiste, très éloigné, ainsi que leur regroupement dans de petits villages monoethniques favorisent l’émergence d’un courant nationaliste propre, notamment sous l’influence du prêtre orthodoxe Ioann M. Vl. Alakmosov.. Celui-ci écrit, au début du XXe siècle : « Ces années de labeur pour les familles mores de la steppe les ont profondément changées […] nous avons désormais nos propres traditions, et toute nouvelle famille doit apprendre nos coutumes pour s’intégrer. Je pense aujourd’hui que nous n’avons plus grand-chose en commun avec Sa Majesté le Zagroy, si ce n’est nos racines anciennes. »

S’il est aujourd’hui communément admis que les moriates forment un peuple à part entière — dont les traditions et les coutumes résultent d’un mélange d’héritage mor, de pratiques orthodoxes et d’influences issues des cultures turciques et steppiques — il convient de souligner que cette identité demeure plurielle. Il existe en effet une grande diversité de traditions et de patrimoines locaux, au point que certains préfèrent employer l’expression de « peuples moriates » au pluriel.

Le ministère des Affaires des minorités ethniques de la République du Talaristan, dans son rapport annuel de 2012, réfute toutefois cette interprétation et affirme que : « […] l’État reconnaît le peuple moriate, dans sa grande diversité, comme un seul et même peuple. »

POPULATION

À l’origine très limitée, la tentative de colonisation more de la steppe talare a connu un regain d’intérêt dans le cadre de la politique des Grands Khans, qui accordaient une autonomie religieuse et sociale aux familles de colons mors en échange de leur participation au développement d’une agriculture et d’un élevage sédentaires.

Durant l’époque moderne, la communauté moriate, qui a été l’une des grandes victimes des violences ethniques ayant marqué la seconde guerre civile talare, a perdu un grand nombre de ses membres, nombreux ayant fait le choix de quitter le pays, notamment entre 1970 et 1980. La plupart des familles ont fui vers les nations voisines, ainsi que vers leur ancienne patrie, le Morakhan. En dépit d’un programme de « retour au pays » lancé par le ministère des Affaires étrangères, on estime que moins de 20 % des familles sont revenues au Talaristan après les années 2000.

Du fait que la République du Talaristan interdit les statistiques ethniques officielles, les estimations quant à la population moriate peuvent varier. On estime qu’en 2019, la communauté moriate est représentée au Talaristan par environ 120 000 personnes, qui s’y rattachent à des degrés divers.

LANGUES

Les moriates parlent traditionnellement le mor, plus couramment appelé morsaman. En réalité, la plupart des familles moriates utilisent une forme simplifiée et fortement régionalisée du mor, couramment désignée sous le terme de « moriate » (мориатский / moriatskiy), intégrant des éléments propres à une langue-fille ainsi que des emprunts aux autres langues turciques. Il est ainsi fréquent qu’une famille moriate de l’ulus de Chulgar (Ouest) ne comprenne pas correctement une famille de l’ulus d’Ülmara, tant les usages linguistiques sont régionalisés, voire parfois très localisés. La langue moriate, bien que ne disposant pas d'une structure universelle reconnue par l'Institut national talar des langues, est reconnu par la Constitution de la République du Talaristan comme « langue nationale ».

Selon un rapport d’avril 2018, près de 70 % des foyers moriates utilisent l’une des variantes du moriate dans le cadre familial. En raison de la standardisation du talar comme langue officielle et langue d’enseignement de l’État, la majorité des enfants et des adultes de la communauté moriate parlent couramment le talar et l’utilisent comme langue de communication interethnique.

Certaines communautés de vieux-croyants parlent également une forme de mor extrêmement conservatrice, dépourvue d’influences extérieures, qu’elles soient d’origine turcique, steppique ou issues de l’évolution naturelle de la langue mor au Morakhan.

RELIGION

La très grande majorité, pour ne pas dire la totalité des moriates, sont de confession chrétienne orthodoxe, l’un des principaux héritages de leurs ancêtres colons. En dépit de plusieurs tentatives de séparation — notamment avec la fondation d’une Église orthodoxe autocéphale à Buzkent en 1864 — l’Église orthodoxe moriate reste aujourd’hui fermement rattachée au Patriarcat de Sarkopol, qui constitue le courant orthodoxe majoritaire au sein des moriates.

Le principal courant orthodoxe dissident chez les moriates est celui reconnu par les communautés dites des Vieux-Croyants, qui demeure toutefois minoritaire et n’est pas toujours pris en compte dans les statistiques.

Selon le ministère des Affaires religieuses de la République du Talaristan, la foi orthodoxe et l’appartenance à l’Église restent très présentes chez les fidèles moriates, y compris parmi les jeunes générations, dont la vie sociale est encore largement influencée par les dogmes religieux orthodoxes.

SOCIÉTÉ

Dans une société talar que l’État cherche à moderniser, notamment par des politiques favorisant la mixité et la fin du communautarisme, la majorité des familles moriates font figure de mauvais élèves. En effet, beaucoup d’entre elles vivent encore dans de petits villages où elles constituent la majorité de la population.Si les mariages interethniques sont aujourd’hui courants chez les Moriates installés en milieu urbain, ils restent largement désapprouvés dans les zones rurales, dans un contexte encore marqué par un certain paternalisme post-colonial.

Un cas à part est celui des Vieux-croyants. Ils sont appelés par les autres peuples turciques, ainsi que par une majorité des Moriates eux-mêmes, les montagnards (горцы / gortsy), un terme perçu comme péjoratif — en raison de l’isolement historique de leurs communautés dans les régions montagneuses du Talarsitan. Les Vieux-croyants constituent une communauté orthodoxe connue pour son mode de vie simple et rigoureusement austère, volontairement à l’écart du progrès et des influences extérieures. Vivant encore aujourd’hui dans des zones très isolées et faiblement peuplées, leurs familles évoluent dans un quasi huis clos.

COUTUMES ET TRADITIONS

L’un des traits les plus visibles de la communauté moriate est son habillement traditionnel. À l’inverse de nombreuses communautés de descendants mors, qui ont soit adopté des habits modernes, soit conservé des tenues plus traditionnelles proches de celles de leurs ancêtres colons, les moriates se distinguent par des vêtements évoquant ouvertement les anciennes cultures turciques de la steppe, auxquelles ils se rattachent. Cette tenue traditionnelle est souvent désignée, de manière péjorative, sous le terme de « [habits] à la steppe ».

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