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INDEX OF COMMONWEALTH FIGURES

Sujet pour répertorier les personnalités les plus connues du Commonwealth, en fournissant des éléments de leur biographie, de leur parcours et de leur place dans la société.

SOMMAIRE :
19535
JEBEDIAH « JED » CULLERTON
The Patriarch - The Lion of the Old Guard

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INFORMATIONS PERSONNELLES :

Nom : Cullerton
Prénom : Jebediah
Diminutif : Jed
Naissance : 12 mars 1957 à Coalhaven, district de Calvada
Âge : 61 ans
Religion : Athée
Fonction : : Président du Consolidated Mineworkers Syndicate (CMS)
Autre fonction : Membre du comité directeur de la Chambre des syndicats
Formation : Institut technique du CMS en ingénierie des mines ; Ecole centrale de formation politique de l'UMMFS
Lieu de résidence : Maison à Coalhaven ; Appartement à New Harmony
Enfants : Wallace Cullerton (décédé) ; Dudley Cullerton (35 ans)
Statut marital : Veuf (épouse morte en 2014)


BIOGRAPHIE :

Il ne donne pas d'interviews. Il n'apparaît pas non plus à la télévision. Il ne participe pas aux débats de l'Assemblée nationale et ne s'adresse pas à des foules en liesse. Jebediah « Jed » Cullerton, président du Consolidated Mineworkers Syndicate, est sans conteste l'un des hommes les plus puissants du Commonwealth, alors que la plupart de ses citoyens ne l'ont jamais vu. Il est le patriarche d'un empire syndical en déclin, le gardien inébranlable d'une foi qui semble s'éteindre, le dernier d'une longue lignée de dirigeants syndicaux qui ont bâti leur pouvoir dans les puits de mine avant de l'exercer à travers une république syndicaliste aujourd'hui disparue. Jebediah Cullerton est né dans ce que l'on pourrait appeler les « familles princières » du syndicalisme reernien. Son grand-oncle, Leonard Cullerton, a été un commandant décoré lors de la guerre de la Mountain. Son grand-père, Hannibal Cullerton, a été président du Conseil central de l'UMMFS de 1957 à 1975, une période charnière marquée par le renforcement de la domination de la garde orthodoxe sur les réformateurs. Son père, Amos Cullerton, qui était promis à une brillante carrière au sein de l'UMMFS, est mort dans une explosion minière en 1969, alors que Jebediah n'avait que douze ans. Cette mort prématurée a été un déchirement, comme l'a raconté un témoin de l'incident : « Les Cullerton menaient une vie personnelle à part, mais cela ne les empêchait pas de se rendre en ville ou d'envoyer leurs enfants dans les mêmes écoles que les mineurs. Lorsque le fils d'Hannibal est mort, le vieux s'est lui-même rendu à la mine. Il a passé trois jours dans les décombres à le chercher. Il l'a finalement retrouvé et l'a sorti de là. Il n'a rien montré devant nous, il était impassible. C'était sa façon d'être, et je pense que cela a beaucoup influencé la personnalité de Jed. » La famille Cullerton a toujours eu un poids important à Coalhaven, bien avant la naissance de Jebediah. Le complexe familial, sorte d'enclave fortifiée au sein de la cité minière, disposait de tout le nécessaire en matière d'approvisionnement en eau, en électricité et en nourriture, ainsi que d'une force de sécurité propre. C'est dans cette atmosphère que s'est construite la jeunesse de Jed, entouré des attributs du pouvoir et des hommes qui l'exerçaient alors. Son grand-père lui avait alors annoncé la couleur : « Tu vas apprendre ce que signifie être un dirigeant. Tu iras dans les mines, tu travailleras aux côtés des autres. Tu comprendras leur vie, leurs luttes, leurs sacrifices. Ce n'est qu'alors que tu seras prêt à diriger. » Fidèle à la parole de son grand-père, il commence à travailler à la mine à l'âge de seize ans. Il y travaille comme simple mineur pendant plusieurs années, puis est nommé à un poste de direction. Cette expérience l'a profondément marqué et lui a donné une légitimité qu'il conserve aujourd'hui et qui ne pouvait lui être fournie par sa seule position « dynastique ». Il l'avouera lui-même par ailleurs : « Je sais ce que c'est que de descendre dans le puits et d'être recouvert de charbon à la fin de la journée. Je sais également ce que c'est que de s'inquiéter pour un éboulement, un effondrement de toiture ou une fuite de gaz. Je ne suis pas un bureaucrate, et je ne l'ai jamais été. J'ai étudié l'exploitation minière sur le terrain, et pas uniquement dans des livres. Je suis un mineur comme vous, qui a pris la direction par nécessité et par fidélité à sa classe. »


ASCENSION AU SEIN DU CMS :

1973-1978 : Mineur au sein du puit CMS#7 ; « Apprentissage » imposé par sa grand-père
1979-1984 : Chef d'équipe au sein du puit CMS#7 ; Occupe son premier poste de direction
1985-1990 : Directeur régional adjoint, région sud de Calvada ; Supervision de plusieurs mines stratégiques
1991-1998 : Directeur régional, genre l'ensemble des opérations minières de Calvada ; Devient responsable du territoire central du CMS
1999-2005 : Vice-président du CMS, directeur des opérations ; Va devenir conseiller du président Russell Kirkpatrick


Les années 1980 et 1990 ont marqué un important déclin de la RWSR, mais elles ont également été le théâtre d'un renouveau du pouvoir de la famille Cullerton, avec Jed au centre de l'action. Il s'est révélé être un administrateur très compétent, connu pour son souci du détail, sa mémoire des noms et des visages des mineurs, ainsi que pour sa volonté personnelle de descendre dans les mines au moindre problème. Ses camarades du syndicat se souviennent de ces traits de caractère, expliquant qu'il était toujours disponible, présent, et qu'il était capable de se souvenir des noms de toute la famille, y compris du petit dernier. Il était possible de détester le système, mais pas lui. Il avait un don naturel pour écouter et se faire écouter. Lors du terrible soulèvement de Coalhaven en 1994, Jed a franchi un cap dans sa vie politique. Lorsque les travailleurs et leurs familles affamés ont voulu prendre d'assaut des dépôts alimentaires du CMS, il faisait partie des responsables locaux qui ont supplié les services de sécurité et la police politique syndicale de ne pas ouvrir le feu. Il avait réussi à organiser en urgence des convois alimentaires pour venir en aide aux familles en danger, sauvant probablement la vie de milliers de personnes de la famine durant ce rude hiver. Malgré sa pugnacité, il n'est cependant pas parvenu à empêcher le massacre, qui a fait quarante-sept morts, quatre-vingt-trois blessés et conduit à l'arrestation de cent douze personnes. Ce jour-là, ce fut la première fois qu'il s'était mis à douter, comme il l'a noté dans son carnet intime : « Je les ai vus mourir aujourd'hui, des hommes et des femmes que je connaissais. Des hommes avec qui j'ai pu travailler par le passé. Je n'ai rien pu faire. Les gardes recevaient leurs ordres de New Harmony et ne voulaient rien entendre de notre part. Je ne pourrai jamais oublier. Je ne pardonnerai jamais ce qui s'est passé. Je me battrai pour que notre peuple et ma classe ne soient plus jamais brimés. J'en fais le serment. »

En 2005, Jed Cullerton est élu président du Consolidated Mineworkers Syndicate, succédant à Russell Kirkpatrick, alors en fin de carrière, qui est nommé à la tête de l'UMMFS. Âgé de quarante-huit ans, Jed est encore relativement jeune pour le poste qu'il occupe, mais toute sa vie avait été une longue et méticuleuse préparation pour ce poste. Sa vision est alors simple. Le CMS défendra ses membres ; il ne cédera pas aux réformateurs qui veulent démanteler les industries nationales, pas plus qu'aux idéologues qui veulent préserver le passé à tout prix. Il rassure en expliquant qu'il faut que le tissu minier continue de fonctionner, que les communautés minières restent vivantes et que chacun ait de quoi manger. Les quinze années qui suivent sont marquées par une lutte constante et quasi sans trêve. La montée en puissance de la faction technocratique au sein de l'UMMFS faisait pression en faveur de réformes « contrôlées » en matière d'ouverture économique. Le mouvement écologiste commençait à prendre de l'ampleur. L'économie continuait son lent et pénible effondrement. Pourtant, Jed a maintenu autant que possible la cohésion interne du CMS, préservant et maintenant une discipline de fer. Il a combattu pour préserver l'ensemble des avantages et droits sociaux, et s'est opposé à toute tentative de restructuration du pouvoir syndical dans le pays. Pour les historiens et analystes de cette période, Jed Cullerton n'était ni un crétin ni une personne stupide. Il avait compris que l'ancien système s'effondrait sous le poids de ses propres contradictions internes. Il était suffisamment intelligent pour comprendre qu'une réforme détruirait non seulement le pouvoir des syndicats, mais aussi celui du CMS. Son choix a donc été de privilégier la préservation plutôt que l'adaptation, une décision mûrement réfléchie qui, à l'époque, pouvait être considérée comme correcte ou totalement catastrophique.

La chute du régime syndicaliste a été une épreuve de force pour Jed Cullerton. Celui qui avait consacré toute sa vie au CMS, qui défendait toujours l'héritage de son grand-père, des mineurs et de leurs communautés, voyait tout s'effondrer. Zaccheus Morgan, chef d'état-major général de la People's Army of the Commonwealth, se remémore l'atmosphère qui prévalait lors de la ratification des accords de New Harmony : « J'étais présent dans la salle lors de la signature des accords. Je me souviens qu'il était assis dans un coin, pensif et renfermé, alors que tout le monde semblait faire la fête. Il ne parlait pas, ne bougeait pas, il était comme prostré. Une fois les accords signés, il s'est levé sans dire un mot et est sorti de la salle. Je l'ai suivi et je lui ai demandé ce qui allait se passer maintenant. Il m'a regardé et je n'oublierai jamais ce regard. Il m'a simplement dit : « Maintenant, il en va de notre survie. » Puis il a tourné les talons et a disparu. ». Lors de la dissolution de l'UMMFS en 2015, Jed Cullerton a été confronté au plus grand défi de sa carrière politique et syndicale. Le régime syndicaliste venait de disparaître et la période de transition qui s'ouvrait paraissait incertaine. Le CMS, fruit d'un héritage à la fois politique et familial, se trouvait soudainement dans une position vulnérable. Sa stratégie était simple : 1/ Protéger la structure même du CMS, en s'assurant que l'ensemble des actifs principaux du syndicat (mines, logements, fonds de pension, etc.) resteraient sous son contrôle pendant la transition ; 2/ Négocier en position de force, en utilisant le pouvoir économique du CMS dans le secteur minier pour obtenir une position privilégiée au sein du nouveau système en place, de la reconnaissance de la Chambre des syndicats aux cinq ministres sans portefeuille au Conseil d'État ; 3/ Parvenir à contenir les éléments radicaux, en empêchant la scission de membres du CMS à destination de la Scarlet Guard puis du DLF, en ayant recours à la cooptation, au clientélisme et, dans certains cas, à l'intimidation. Devant le comité central du CMS, il déclarait en 2016 : « La République syndicaliste a disparu et prétendre le contraire serait absurde. Mais nous, camarades, nous sommes toujours là, et nous n'avons pas disparu. Nous possédons toujours un grand pouvoir et nos membres nous demandent d'agir. Nous utiliserons ces deux facteurs à notre avantage pour nous protéger, protéger notre héritage et nos membres, quel que soit le gouvernement en place à New Harmony. » Le début de l'insurrection de la Scarlet Guard, quelques mois plus tard, lui a permis de mettre sa stratégie à l'épreuve. Des éléments radicaux du CMS ont rejoint le mouvement, et Cullerton les a publiquement condamnés, tout en veillant discrètement à ce que les services de sécurité syndicale du CMS ne participent pas aux opérations de contre-insurrection menées par la PAC. La PAC n'est pas dupe et, dans un rapport du G-2, notait que « Cullerton marche sur des œufs : il ne peut pas être perçu comme collaborant pleinement avec la Scarlet Guard, mais il doit également faire en sorte de ne pas être perçu comme s'opposant trop radicalement à elle. Dans sa base, de nombreux membres sympathisent ouvertement avec l'insurrection. Il doit trouver un juste équilibre entre la condamnation sans ménagement et l'inaction. »


PRISES DE POSITIONS CLÉS :

Restructuration des WOT : Opposition totale ; Projet de loi adopté par l'Assemblée nationale, véto de la Chambre des syndicats
Ouverture des pensions et retraites à la capitalisation : Opposition totale ; Projet de loi adopté par l'Assemblée nationale, véto de la Chambre des syndicats
Abolition de la Chambre des syndicats : Opposition totale ; Projet de loi proposé par la New Federalist Union et rejeté par l'Assemblée nationale
Taxes environnementales et écologiques : Opposition : Projet de loi proposé par le Green Bloc et rejeté par l'Assemblée nationale
Plan de sauvetage financier du NDF : Soutien total ; Adopté par l'Assemblée nationale ainsi que la Chambre des syndicats
Extension des opérations de la PAC dans les districts : Opposition ; Projet de loi discuté prochainement à l'Assemblée nationale


Jed Cullerton n'est pas un intellectuel engagé. Il n'a d'ailleurs jamais écrit de livres ni prononcé de longues tirades politico-philosophiques. Son idéologie est avant tout pratique, défensive et ancrée dans son expérience au sein de son syndicat. Cullerton n'est pas marxiste, il ne l'a jamais été. Il est vaguement influencé par des théories socialistes, mais sans rien de solide sur le plan théorique. C'est un syndicaliste dans l'âme, au plus profond de lui-même. Selon lui, les syndicats doivent être l'institution principale régissant la société dans son ensemble. Tout le reste, qu'il s'agisse de la politique politicienne, de la culture ou des marchés économiques, n'est pour lui qu'accessoire. Il a une vision cohérente du monde, qui est toutefois totalement en décalage avec l'air du temps pour ses adversaires. Son instinct le pousse à considérer que sa loyauté doit aller avant tout aux travailleurs, ceux qui effectuent un travail pénible et harassant, car ce sont eux qui constituent le fondement de la société. La loyauté envers le syndicat est primordiale, car le syndicat est « plus que le syndicat » : c'est une famille, une communauté, une façon de vivre ensemble. Ses membres lui doivent tout, une loyauté sans bornes, et en retour, le syndicat leur doit protection. Cette vision s'accompagne d'une méfiance envers les autorités centrales, qu'elles se trouvent à New Harmony ou à Port-Liberty. Ces autorités ne sont pour lui que des menaces extérieures, alors que seul le syndicat est digne de confiance pour protéger les siens. Le pragmatisme de Cullerton est avant tout conservateur, dans le sens où il considère que le changement est nécessaire, mais qu'il doit surtout être contrôlé. Il vaut mieux préserver un système imparfait que de risquer d'en avoir un autre qui serait bien pire. Enfin, son mépris des grandes idéologies et des penseurs politiques s'explique par le même pragmatisme : dans le monde réel, il faut savoir s'adapter suffisamment pour survivre, et les défenseurs du libre marché comme les puristes syndicalistes révolutionnaires sont un danger, l'un comme l'autre.

Il est reconnu pour sa loyauté envers sa classe, sa famille et son syndicat, et n'oublie jamais ceux qui le soutiennent. Son pragmatisme lui permet de savoir quand se battre, quand faire des compromis et quand battre en retraite pour attendre un moment plus propice. Sans patience, il ne serait pas là où il se trouve aujourd'hui. Sa grande mémoire des noms, des visages, des faveurs comme des trahisons peut toutefois se révéler à double tranchant. Sa force de caractère se mesure à son courage, puisqu'il a dû affronter des grévistes, les services politiques du régime syndicaliste, les représentants du gouvernement actuel et même la PAC. Il ne se laisse jamais intimider facilement, ce qui explique sa constance dans ses prises de position. Ses adversaires savent ce qu'il représente et défend ; chercher à le faire changer de position s'avère compliqué, et il ne le fera jamais pour plaire à son contradicteur. D'un autre côté, il éprouve un mépris profond pour les personnes étrangères à son entourage et n'accorde sa confiance qu'à celles qu'il connaît depuis plus d'une décennie. Son pragmatisme a ses limites, notamment quand les questions fondamentales de la période de transition entrent en contradiction avec ses positions : il refuse de céder. Malgré sa grande patience, il est très rancunier et ne pardonne pas : ceux qui ont eu le malheur de le contredire au sein du syndicat ont vu leurs opportunités se réduire à peau de chagrin, voire disparaître complètement. D'un point de vue générationnel, Cullerton est incapable de comprendre une partie de la jeunesse actuelle, qu'il s'agisse de leurs idées, de leurs aspirations ou des griefs qu'ils peuvent lui porter. Enfin, il est profondément préoccupé par le jugement que l'histoire portera sur lui et ses actions, ce qui peut parfois brouiller ses jugements.


HABITUDES PERSONNELLES :

Routine : Se lève tous les jours entre 5 à 6 heures du matin
Terrain : Va visiter au minimum un puit de mine une fois par semaine
Mode de vie : Ne profite pas des biens de consommations du secteur du marché, préfère les produits locaux et nationaux
Lecteur : Aime énormément lire plusieurs heures par jours, des romans, des biographies ainsi que les rapports du CMS
Image : Très discret dans la sphère publique, ne sort jamais sans son insigne du CMS sur sa poitrine


D'anciens collaborateurs du syndicat ont plusieurs fois souligné qu'il pouvait être charmant et terrifiant à la fois. Il peut alterner les deux dans la même conversation et il est difficile d'oublier cet interlocuteur. Sa mémoire lui permet de se souvenir de chaque conversation, de chaque promesse et de chaque affront. Même vingt ans plus tard, il en parle encore. Mais surtout, il aime profondément et sincèrement les mineurs du Commonwealth : ce n'est pas un rôle qu'il endosse, mais une certitude. Il les aime d'une manière parfois brutale, à la manière d'un père qui se montre parfois bien trop autoritaire. Ses détracteurs ne se privent pas de le critiquer. Des accusations de corruption de fonds du CMS sont actuellement menées, bien qu'aucune accusation n'ait été formulée pour le moment. Ces fonds auraient été détournés au profit exclusif de la famille Cullerton. La discipline de fer et stricte qui règne au sein du CMS fait taire toute dissidence ; cette dernière est tout simplement dissuadée et les critiques sont le plus souvent marginalisées. Il fait preuve de cécité à propos des désastres environnementaux. Lorsqu'il est attaqué par les écologistes pour sa responsabilité dans la destruction de l'environnement dans plusieurs districts, dont celui de Calvada, il se défend en affirmant qu'il a mené cette politique pour défendre les mineurs et leurs communautés. Il est souvent accusé d'entretenir des liens avec la Scarlet Guard et d'apporter un soutien secret à l'insurrection pour faire avancer son agenda politique. Il réfute ces accusations, allant même jusqu'à mener des purges et des exclusions contre les éléments qui lui semblent trop agités, ce qui lui permet de faire taire ces allégations. Face à la stagnation de l'intérieur du pays, qui compromet l'avenir d'une partie importante de la jeunesse, il préfère mettre en avant le réseau d'écoles, d'institutions sociales et médicales du CMS. Enfin, on l'accuse de préparer sa succession en mettant potentiellement son neveu Zachariah, qui dirige actuellement les opérations régionales du CMS à Calvada, à sa place d'ici quelques années, perpétuant ainsi la tradition du népotisme familial. Pour Ian Lowry, le leader du groupe parlementaire de la New Federalist Union, « Jed Cullerton n'est pas une mauvaise personne. Il est bien pire que cela. C'est un homme au fond gentil, mais qui a passé sa vie à défendre un système profondément mauvais. Je ne lui retirerai jamais l'amour qu'il porte aux siens, mais cet amour a justifié des atrocités en tout genre, emportant de nombreuses vies dans le passé comme actuellement. Il n'est pas dans une posture de défense ; cet homme est tout simplement complice de l'impasse dans laquelle nous nous trouvons. »

Au-delà de l'image publique de Jed Cullerton, représenté tantôt comme un dur, un inflexible ou un indomptable, une série de deuils privés l'ont profondément marqué au cours de sa vie. La perte de son père, survenue alors qu'il était très jeune, reste très douloureuse pour lui. Son grand-père, Hannibal Cullerton, est mort d'une longue maladie et Jed a passé de longs moments à son chevet. En 2010, son fils aîné, Wallace, est décédé dans un accident minier alors qu'il suivait les traces de son père. Officiellement, une défaillance de l'équipement est en cause. Certains murmurent qu'il s'agirait plutôt d'un suicide. Son épouse, Fanny, avec qui il était marié depuis 1979, est morte en 2014 d'un cancer que les médecins du syndicat ont attribué à des facteurs familiaux et génétiques. Son dernier fils, Dudley, a quitté les terres familiales pour tenter sa chance à Port-Liberty, ce qui a attristé son père. Ils ne se parlent plus depuis trois ans. L'ensemble de ces pertes récentes l'ont profondément marqué. Ses proches le décrivent comme un homme qui ne montre presque plus aucune émotion en public, accablé par le poids de deux deuils et d'une séparation avec son fils. Il consacre donc toute sa vie et toute son énergie au syndicat. Dudley, son fils, dira à ce propos : « Après la mort de notre mère, quelque chose s'est brisé en lui. Il s'est de plus en plus renfermé, il est devenu plus dur qu'auparavant, moins chaleureux. Il a concentré toute son énergie pour le CMS, qui est devenu sa seule et unique famille, sa raison d'être, un tout qui lui assure un équilibre. Il ne lui reste plus rien d'autre, et c'est pour ça qu'il s'y attache. »

Avec l'âge, la question de sa succession à la tête du CMS se pose. Son neveu, Zachariah, semble être l'héritier tout désigné, mais il n'a malheureusement pas le charisme de son oncle. Le pouvoir du CMS s'affaiblit irrémédiablement à mesure que la production et l'extraction de charbon déclinent. La perspective de l'abolition de la Chambre des syndicats lors de la convocation de la Convention constitutionnelle est une possibilité. L'héritage de Cullerton fait débat et fera encore probablement débat dans le futur. Pour ses défenseurs, il s'agit d'un homme qui tient bon, qui a protégé les travailleurs des ravages du libéralisme sauvage et qui a réussi à maintenir le pouvoir des syndicats et des communautés minières intact. Pour ses détracteurs, c'est un homme qui s'obstine à bloquer toutes les réformes, condamnant les siens à survivre dans des régions dévastées par une industrie moribonde. Il préfère la préservation sous couvert de pragmatisme, ce qui conduit à sa propre disparition. Mais Cullerton lui-même, lorsqu'on lui demande, est très clair sur la façon dont il veut que l'on se souvienne de lui : « Je m'en fiche de la façon dont on se souviendra de moi. Ce qui m'importe, c'est la vie de mes proches, de mon syndicat et de ma classe. Si le CMS survit, si les mines continuent d'extraire du charbon et si les communautés dans lesquelles j'ai grandi existent toujours dans un demi-siècle, alors cela me suffira amplement. C'est plus que suffisant, et c'est pour cela que je me suis battu. » Jed Cullerton se lèvera toujours avant l'aube. Il conduira son vieux camion jusqu'aux mines comme il l'a toujours fait. Il s'assiéra comme toujours dans les bureaux ou les lieux de sociabilité syndicaux pour écouter les hommes qui ont passé leur vie sous terre. Jusqu'à la fin, il se battra pour la dignité, pour sa classe, pour un monde qu'il refuse de voir disparaître. Le dernier patriarche est toujours là, debout et prêt à se battre.
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