08/05/2019
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Activités étrangères en Norland

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Activités étrangères en Norland

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De Lac-Rouge à Boonemooth, refuser la violence d'extrême droite

La tentative d'assassinat de la présidente Margrethe Vestergaard au Norland sera sans doute traitée par certains comme l'acte d'un loup solitaire quand c'est en fait la réponse classique d'un ordre réactionnaire aux abois. Face au terrorisme d'extrême droite et au séparatisme armé, la démocratie populaire ne doit ni trembler, ni reculer, ni négocier. Le sang versé appelle à la plus stricte intransigeance.

Une tribune de la citoyenne Meredith.


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Le 9 février dernier, j'ai appris avec la même stupeur que beaucoup de kah-tanais et kah-tanaise que la violence politique la plus abjecte avait à nouveau frappé au cœur du continent aleucien. À Boonemooth, alors qu'elle accomplissait son devoir constitutionnel et démocratique, tentant de retisser les liens d'un pays fracturé par les crises industrielles et les politiques capitalistiques de délocalisation, Margrethe Vestergaard, Présidente des États-Unis de Norland, a été prise pour cible par un tireur. Le bilan est d'une tristesse révoltante : deux gardes du corps ont perdu la vie sur les pavés de la Maison de la Gouvernance. À l'heure où j'écris ces lignes, la cheffe de l'exécutif norlandais lutte pour la sienne.

Face à cette atrocité, le silence n'est pas une option pour les nations qui chérissent l'émancipation humaine. L'Union des Communes, Républiques et Syndicats du Grand Kah adresse son soutien inconditionnel et fraternel au peuple norlandais, plongé dans un effroi que nous ne connaissons que trop bien. Nos pensées se tournent vers les familles des agents tombés dans l'exercice de leur mission, vers les camarades de la coalition Norland to the People dont l'élan réformateur vient d'être percuté par un crime haineux, et vers le Statsminister Henning Brandt, sur les épaules duquel repose désormais le fardeau exigeant d'un intérim politique au plein cœur de la tempête. La voix du Grand Kah, viscéralement attachée à la protection des choix démocratiques, vient se joindre au concert des déclarations d'indignation. Cependant, bien que l'empathie soit le devoir premier des peuples libres, elle saurait suffire. Car ce qui s'est passé dans le Laughterset n'est pas la manifestation erratique d'un déséquilibré, et l'arrestation préalable de membres lourdement armés de la milice séparatiste Laughterset Guard démontre qu'il s'agit d'un attentat planifié. Tout ce que nous avons le malheur de voir est la plus pure expression d'une idéologie mortifère.

L'histoire kah-tanaise, tout comme l'histoire globale de la libération des peuples, me l'a enseigné au prix fort : partout dans le monde, lorsque les urnes, le progrès social et l'exercice réel de la souveraineté populaire commencent à menacer concrètement les rentes de situation, le laisser-faire libéral et les privilèges de l'oligarchie, le nationalisme d'extrême droite tombe le masque. Acculé par la justice économique, dépossédé de sa capacité à dicter la loi par les circuits d'influence classiques, il en retourne à sa seule matrice opérationnelle, le fascisme. Ce pourquoi l'attaque contre Margrethe Vestergaard doit selon moi être comprise comme un acte de guerre asymétrique mené par la Réaction contre le principe même de souveraineté populaire.

Il y a onze ans presque jour pour jour, sous nos latitudes, les pavés du square Arasaka d'Axis Mundis étaient rougis du sang de celles et ceux désignés pour travailler à l'avenir de notre Union. Le 24 février 2008, la cérémonie sensée marquer l'avènement du Comité de Renouvellement et l'adoption de son programme confédéral a été interrompue par des coups de feu, fauchant ma très chère camarade l'ancienne Première Oratrice de la Convention Générale, Nuna Choque Caipa. Je n'ai moi-même sans doute survécu que grâce à l'intervention de la citoyenne Actée Iccauhtli, qui m'a poussée in extremis de l'estrade où nous nous tenions.

Ce n'était ni la première ni la dernière fois que la Confédération devait subir les assauts de la Réaction et de ses séides. Je repense par exemple au citoyen Albert Valheimer, philosophe kaulth fauché par les balles de dévotistes liés à la sphère d'influence d'extrême-droite Rosique, dans l'aéroport international de Lac-Rouge.

Leurs actes, leurs méthodes, leur lâcheté sont comparables. Lorsque les tirs ont éclaté sur le bitume norlandais, nous n'avons pu nous empêcher d'y voir un prrallèle. Les assassins de la Laughterset Guard, comme les fanatiques dévotistes d'Eurysie ou les synarchistes de la place d'Axis Mundis n'ont qu'un seul et même mode opératoire, et qu'un seul et même espoir. À travers leurs cibles, ils cherchent à assassiner le progrès social, ils s'attaquent au basculement institutionnel, à l'ouverture intellectuelle, au réinvestissement populaire dans la marche du monde. Ils nous ordonnent de rester à notre place, une balle après l'autre. Margrethe Vestergaard a été prise pour cible, car son gouvernement a eu l'audace de dépasser le cadre attendu du système, de remettre en cause les présupposés de l'alliance entre le Capital et le monde politique, en menant un début de politique de rupture. Timide, du point de vue d'une kah-tanaise, mais déjà insupportable pour l'oligarchie.

Elle est la femme politique qui, portée par une mobilisation massive de son peuple, a déposé sur le bureau de la Forbundsforsamling un budget de relance inédit, injectant 90 milliards de guldmønts pour arracher son pays au marasme d'une crise économique libérale et oligarchique dont son propre prédécesseur – qui rappelons-le, était PDG de Norlandic Funds – avait été l'un des artisans. Elle est la dirigeante qui n'a pas hésité à engager la nationalisation de monopoles stratégiques, soustrayant des pans entiers de l'économie aux injonctions spéculatives. Elle est la réformatrice qui a su fédérer une coalition de modérés et de progressistes, et la bâtisseuse d'un référendum plébiscité par 74,5% des citoyens de la fédération, permettant au Norland de renouer des relations d'influence sur l'échiquier diplomatique international.

L'attentat de la Laughterset Guard doit être compris dans ce cadre. C'est un attentat contre une personne mais, surtout, contre un budget, un droit d'ouverture, un espoir de socialisation de la richesse. Un attentat contre la possibilité même d'un destin se pensant pour les citoyennes et citoyens. Cet attentat est à l'avant-garde d'un séparatisme cherchant à dynamiter tout programme humaniste. La violence politique est chez eux l'arme ultime et décomplexée de la Réaction : terroriser la majorité populaire pour démontrer que le dialogue parlementaire, que la volonté républicaine est par essence vulnérable, naïve et impuissante face aux réalités asymétriques du coup de force. En frappant sur le parvis de la Maison de la Gouvernance, l'assaillant cherchait à asseoir une psychologie de la peur : figer les ministères, paralyser la Forbundsforsamling, stopper net l'afflux des subventions de relance et signifier à tout progressiste ou pragmatique qu'il prend le risque de mourir.

Ceux qui, au Grand Kah ou ailleurs, ont déjà eu à confronter physiquement l'anéantissement de leurs idées savent très intimement qu'il n'y a rien de spontané dans cet acte de barbarie. La balle d'un assassin est l'argument ultime de ceux qui, terrifiés de perdre la bataille de la raison, estiment que le droit du plus brutal a préséance sur l'esprit de la loi. L'objectif terroriste est de ramener l'ensemble de la société aux fondamentaux d'une guerre civile, un domaine où la seule issue est la paralysie de l'audace politique. La réponse à apporter à cette tentative d'intimidation ne peut donc faire l'économie d'une intransigeance totale.

La rhétorique larmoyante des commentateurs conservateurs tentera, n'en doutons pas, de dépolitiser l'acte de Boonemooth. Nous pouvons sans mal prévoir qu'il se trouvera une foule d'éditorialistes et de journalistes aux ordres pour parler de la folie isolée d'un extrémiste, des dérives marginales d'un régionalisme mal compris, d'un Laughterset économiquement sinistré dont il faudrait excuser les "débordements". Ce cynisme abject est le fait classique de ceux cherchant à rendre les causes et faits invisibles. Il est ainsi impératif de déchirer le voile sémantique dont se parent ces milices : la Laughterset Guard n'est pas un syndicat de cheminots en colère, ou même l'avant-garde d'une authentique libération potomonque. Sous ses prétentions de fierté nationale et d'indépendance, elle est en fait la succursale d'une pensée crasseuse, raciste et xénophobe. Ce séparatisme-là n'a rien à voir avec l'autodétermination des peuples. Il est le dernier recours d'un ordre ancien et oppressif. Une tentative d'urgence visant à sanctuariser des hiérarchies locales, des rentes industrielles et un conservatisme social que le pouvoir fédéral, incarné par une gauche réformatrice, menace aujourd'hui. Les balles tirées sur Margrethe Vestergaard et Matilda Richardson visaient l'irruption de l'État social dans un fief que les seigneurs locaux du fer et du charbon considèrent comme leur propriété exclusive.

C'est un schéma que nous connaissons bien. Ce que le Norland subit aujourd'hui est la manifestation locale d'une internationale noire qui connecte, idéologiquement et souvent financièrement, les pires ennemis de l'émancipation humaine. Nous, Kah-tanais, connaissons très bien ce réseau. Nous l'avons affronté chez nous, sous les traits des Synarchistes. Ces élites autoproclamées, ces oligarques réactionnaires, ces anciens cadres de l'Empire, ces terroristes qui, tapis dans des salons feutrés, complotaient pour démanteler notre démocratie communale et instaurer une tyrannie corporatiste.

Mais nous l'avons combattu au-delà de nos frontières, en Mährenie, à Kotios, en Damanie.

Si les visages, les langues et les prétextes régionaux diffèrent, l'ADN politique reste rigoureusement le même. Que le fascisme porte des cravates et soliloque dans les parlements, qu'il s'équipe de fusils d'assaut pour tuer en pleine rue, il boit à l'eau du même puits. C'est ce que confirme liens financiers et idéologiques dévoilés par la presse d'investigation norlandaise entre la candidate populiste du Norland Only Movement et les façades civiles de la Laughterset Guard. Le populisme en col blanc qui stigmatise l'étranger et crache sur la solidarité fédérale crée le terreau sur lequel prospère le terrorisme de la milice. C'est un écosystème où l'un n'existe pas dans l'autre.
Le nationalisme exacerbé, le chauvinisme régionaliste lorsqu'il sert à masquer la défense des privilèges de classe, et l'obscurantisme, ne sont jamais que les prologues du fascisme. Ce sont des régressions autoritaires attendant leur heure. L'attentat de Boonemooth est la traduction concrète de décennies de rhétorique toxique, de terrorisme scolastique, qui ont progressivement délégitimé l'action politique et rendu possible l'état d'esprit terroriste. Le monde progressiste doit cesser de considérer ces groupes comme de simples anomalies régionales, ou résiduelles. Eux se considèrent comme les soldats d'une guerre asymétrique menée contre la démocratie et la justice sociale à l'échelle globale.

Il fut un temps où j'ai dû, personnellement, regarder cette mécanique fasciste dans les yeux. À Kotios, lors des sombres heures du putsch de 2005. Les milices réactionnaires du Nouvel-Ordre et du Parti du Peuple s'étaient emparées de l'Assemblée Populaire par la force. Ils ont exécuté des dizaines de représentants légitimes dans une arrière-cour, incendié le cœur de la démocratie locale, et, protégés par de puissants alliés étrangers, espéré que cela suffise à asseoir leur domination. À l'époque j'étais l'une des têtes de la Section Défense du Club du Salut Public, un parti kotioïte. Face au fanatisme qui exigeait la mort de nos idéaux, j'ai prononcé des mots qu'on a su me reprocher, à l'époque. « Qu'ils meurent, puisque c'est ce qu'ils demandent. » Pourtant la régression réactionnaire, qu'elle s'attaque aux côtes d'Eurysie ou au Laughterset, ne recule que face à la force qui la brise. C'est pourquoi je salue la décision du Statsminister Henning Brandt. La Laughterset Guard doit être traquée. C'est l'unique réponse morale et politique viable. L'État de droit n'est pas un synonyme de faiblesse ou d'angélisme. La coercition, lorsqu'elle protège la majorité souveraine contre une faction d'assassins, est une immunité républicaine.

Le peuple norlandais détient aujourd'hui la clé de son avenir face à l'hydre réactionnaire. Face au sang versé sur les marches de Boonemooth, la tentation pourrait être grande, sous couvert de conciliation, de diluer l'ambition. Mais le seul et unique hommage digne d'être rendu à ces hommes qui ont payé de leur vie la protection des élus de la République, et le seul soutien véritable que l'on puisse témoigner à la Présidente Vestergaard dans sa résilience acharnée, c'est de poursuivre son œuvre. De n'en rien effacer. Ne reculez pas sur un seul de ces 90 milliards de guldmønts d'investissement. Que ce budget s'impose comme la loi inébranlable de la relance publique, irriguant les terres laissées exsangues par les tenants du laisser-faire. N'admettez aucun recul sur la souveraineté nouvelle que vous venez d'arracher par référendum, aucun accommodement avec les gardiens d'un isolement stérile, xénophobe et étouffant. Que l'ouverture diplomatique, culturelle et intellectuelle de votre Fédération brise définitivement l'isolement morbide que des fractions factieuses chérissaient comme un dogme.

L'adversité et la violence politique peuvent fissurer l'apparat de la paix, arracher les larmes des proches et des victimes, semer un chaos de passage. Elles ne changeront pourtant pas la course du temps et des conquêtes sociales. On peut difficilement tuer une idée dont l'heure est venue.

Salut et fraternité.
Citoyenne Meredith.
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