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[Vlastie - Karty], première prise de contact

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----------------30/11/2018
--------Dans le cadre de la première prise de contact entre la République Démocratique Vlastique et la République Fédérale Kartienne, une délégation en provenance de Karty se rendit en Vlastie. Durant cette entrevue, deux hommes avaient une place prépondérante.
--------Pour la Vlastie, John Mitchell McDunn : un diplomate qui avait voyagé à travers plusieurs pays de l’Aleucie en compagnie de l’ambassadeur vlastique assigné à ce continent. En effet, il fallait souligner le fait que la Vlastie, très isolée sur le plan international, ne disposait que de très peu d’ambassades dédiées à des pays en particulier, une lacune qui nécessitait de réelles dispositions.
--------Il était donc tout à fait normal de voir la diplomatie vlastique accepter cette entrevue lorsque les officiels kartiens prirent contact avec elle. De plus, la raison de cette rencontre en elle-même rendait le tout d’autant plus intéressant : un important refroidissement des relations lermando-kartiennes, une aubaine pour un pays qui était en Guerre Froide.


Pas mal, non ? C’est vlastique.
Aéroport International Thénardeau de Mosvara
--------Après l’arrivée de l’avion plénipotentiaire qui transportait le gouverneur Luciano Bellanti, celui-ci fut accueilli par un orchestre vlastique qui se mit à jouer l’hymne national de Karty.
--------Plusieurs membres de la délégation vlastiques le saluèrent, dont John M. McDunn, qui le salua chaleureusement tout en respectant le protocole en place :
-------Votre Excellence, je vous souhaite la bienvenue en Vlastie ! Votre trajet jusqu’à nous s’est-il bien passé ?
--------Après avoir échangé des banalités protocolaires, le Gouverneur fut emmené près d’une des voitures réservées aux diplomates en Vlastie, avec une escorte policière.
Goliath Oaksworth
Jolie la titine !
--------Cette berline, routière de grand luxe, était un véhicule réservé aux cadres du Parti Communiste Vlastie (P.C.V.), principalement pour les déplacements officiels. Chaque déplacement vlastique à l’étranger se faisant dans ces véhicules ou un modèle équivalent.
--------Confortables, rapides et somptueuses, ces automobiles demeuraient tout de même bien équipées concernant la protection de leurs occupants. Bien que n’ayant rien à voir avec les titanesques limousines blindées des hautes pontes du Comité Central, elles arboraient néanmoins des vitres et une carrosserie blindées.
--------Le diplomate vlastique et le gouverneur prirent place dans l’une des deux Goliath Oaksworth avec une partie des membres de leur délégation respective, les autres allèrent dans la seconde voiture. Le convoi, escorté par les véhicules de la police, s’élança vers la capitale.


Pas mal la baraque, hein ?

Ministère des Affaires Étrangères

--------Le grand bâtiment était caractéristique de l’architecture vlastique talinienne.
--------Du nom de Joséphine Talin, ancienne dirigeante des années 1930 aux années 1960, l’architecture talinienne consistait en des bâtiments massifs et aux ornements prononcés, couverts de matériaux nobles tels que du marbre (autant à l’intérieur qu’à l’extérieur). Onéreux et long à fabriquer, ce type de structure était généralement utilisé pour les institutions importantes ou pour les habitations des hauts dignitaires.
--------Il était donc normal que le bâtiment du ministère des affaires étrangères, et plus particulièrement son aile réservée aux invités de marque, fasse partie des édifices bâtis selon cette approche. En effet, dans la politique du paraître de la Vlastie, souhaitant à la fois en mettre plein les yeux aux invités de marque afin de s’assurer de leur confort mais également faire étalage d’une puissance.
--------Une fois le cortège arrivé à destination, les membres du personnel du ministère sortirent et ouvrirent les portes des deux limousines. Les hommes en sortirent avant de pénétrer au sein du bâtiment, au décor des plus somptueux : tapis de soie, sols en marbre, moulures en or... un véritable étalage de la richesse du pays, ironique au vu de sa situation économique.

--------Ils continuèrent leur marche jusqu’à arriver devant une double-porte que les commis ministériels leur ouvrirent. Ils firent face à un grand salon, des plus somptueux, aux meubles en bois massifs et aux chaises des plus confortables.
Salon de rencontre :
Salle de Réunion
--------Après qu’ils se soient tous installés, le diplomate Mcdunn prit la parole :
-------Sachez, votre excellence, que c'est un véritable honneur que de vous accueillir parmi nous. C’est au nom du Comité Central et du Parti dans son intégralité que je vous annonce que nous attendons beaucoup de cette réunion et que nous avons hâte de voir être posées les bases de relations pérennes entre nos deux nations.
--------Un employé, en uniforme de serveur cette fois-ci, amena un chariot sur lequel étaient dressées quelques collations digestes et diverses boissons. Ledit employé parti et la porte fut fermée.
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Gouverneur Luciano Bellanti
AlinéaL'aéronef Kartien se posa, et avec lui, s'ouvrit la porte de la carlingue sur le Gouverneur Bellanti. Comment le qualifier... Singulier. Un diplomate à l'allure plutôt particulière, une carrure forte, mais surtout cet accessoire: Ses lunettes aviateurs. Elles lui étaient bien connues, dans les cercles Kartiens. Ce fut ainsi qu'il fit son apparition en sol Vlastique, d'un air assuré qui semblait affirmer le bon déroulé futur de l'entrevue. Luciano se réjouit d'autant plus par deux éléments. Tout d'abord, l'interprétation de l'hymne Kartien. Mais surtout, surtout, l'absence de paroles. Car en effet, chanter l'hymne Kartien avec ses paroles, hors du sol de la patrie mère, était globalement mal vu. C'était comme une coutume, quelque chose que l'on ne disait pas mais qui pouvait bien s'interpréter. Réellement, c'était un bon signe. Seule la version instrumentale, celle "acceptée" par les diplomates Kartiens, était interprétée. Oui, le Gouverneur Bellanti se plaisait. Lorsque son interlocuteur, John M. McDunn, se présenta à lui, il répondit d'un air chaleureux et même amical.

Gouverneur Luciano Bellanti-"Camarade, je vous prie ! Passons ces protocoles poussiéreux, car telles ne sont pas les coutumes des nations de notre trempe ? Un trajet fort agréable je dois l'admettre, mêlé d'une certaine impatience que je ne saurais dissimuler."

Lorsque le Gouverneur se trouva dans un des véhicules diplomatiques, cette Goliath Oaksworth, il ne pu s'empêcher dans reconnaître intérieurement la qualité. Elle pouvait bien paraître ancienne et vieillissante, en comparaison des berlines Steinhart à Karty, mais elle ne manquait pas d'un certain charme. Vintage, se serait-il amuser à dire. Après avoir également pu admirer par quelques occasions les bâtisses exécutives, l'entrevue commença réellement.

Gouverneur Luciano Bellanti-"Eh bien, comme je l'ai dit plus tôt, des espérances partagées me semble-t-il. La Présidence Fédérale dans son ensemble vous retourne vos salutations, c'est un plaisir d'être accueilli en ces lieux. Les deux autres Gouverneurs, Angèle Orlovski et Tosca Shimanskaya, sont du même avis, je peux vous l'assurer. Comme l'ayant été dit au sein de nos écrits, notre rupture avec la Lermandie est en grande partie à l'origine de notre présence conjointe. Puis-je demander la vision de votre gouvernement, à ce sujet ?"
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--------McDunn se réjouissait intérieurement du fait que les responsables du côté kartien de la rencontre semblaient satisfaits, de ce qu’il pouvait observer. Le diplomate vlastique écouta de façon attentive les paroles du représentant le plus important parmi eux : le gouverneur Luciano Bellanti, dont il appréciait la nonchalance et le calme décontracté.
--------La réponse à la question du gouverneur semblait évidente dans le fait que la République Démocratique de Vlastie et la République de Lermandie étaient embourbées dans une Guerre Froide depuis le début des années 1950. Néanmoins, il fallait avouer que le fait que Karty et Vlastie ne soient jamais entrés en contact était curieux, mais pas forcément surprenant au vu de l’isolationnisme vlastique depuis les années 1970.

--------Le politicien vlastique répondit aux questions du gouverneur kartien :
-------Voyez-vous, votre Excellence, la Vlastie est dans une opposition totale face à la Lermandie depuis plus de soixante années maintenant. De 1958 à 1963, nos troupes avaient même été mobilisées en masse pour aider la Viétie dans sa guerre face aux troupes lermandiennes.
--------Il prit une gorgée dans son verre d’eau avant de reprendre :
-------Il nous paraît donc plus que profitable, autant pour votre pays que le nôtre, de mettre en place des relations pérennes sur le long terme. Même si, l’année dernière en 2017, des rencontres nous ont permis de signer des accords diplomatiques avec la Lermandie au point d’ouvrir des ambassades et de mettre en place une nouvelle Détente, la Vlastie doit assurer ses arrières en se faisant de nouveaux partenaires.
--------Une chose que ne précisait pas le diplomate restait néanmoins très claire : les nouveaux partenaires recherchés devaient avoir comme principal critère de potentiellement devenir beaucoup plus proches des vlastiques que des lermandiens. Il était clair pour tous que la Vlastie souhaitait se reconstituer une nouvelle sphère d’influence, ce qui était assez attendu au vu du fait que son principal allié (qui était la Viétie) avait été annexé trente ans auparavant.
--------Malgré le fait que Vlastie et Lermandie avaient apaisé ainsi que normalisé leurs relations, le régime souhaitait s’assurer d’avoir des associés qui concentreraient davantage leur soutien sur les intérêts vlastiques dans l’éventualité où des tensions reprendraient. Et dans le cas où l'apaisement avec les lermandiens deviendraient pérennes, les vlastiques pourraient au moins s’assurer d’avoir pu étendre leur influence loin de la sphère de puissance de la Lermandie.
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Gouverneur Luciano Bellanti
«J'ai bien saisi ce propos, camarade...

Somme toute, vos relations avec les Lermandiens ne sont guère des plus appréciables, mais elles ont aussi connu des jours réellement plus... Désastreux ? Notre rupture avec le gouvernement Duval est un point de départ entre nos pays, voyons cela comme un point d'entrée, voyez-vous ? Il me paraît cependant plus judicieux de ne pas baser, officiellement tout du moins, nos futurs partenariats sur une sorte de ... Haine, envers les Lermandiens. Non à vrai dire, si d'autant plus vos relations avec ces gens commencent à s'apaiser, voyons de l'avant !

Mais je parle, je parle... Il est clair que nos deux pays peuvent composer, n'est-ce pas ? Il est temps de prononcer ces éventuels accords. Au delà d'une reconnaissance de souveraineté ou d'un vulgaire échange d'infrastructures diplomatiques, la République Fédérale Kartienne peut vous proposer ceci: Il me semble que la République Vlastique mise une partie de sa défense sur le domaine balistique, à moins que je me fourvoie ? Le cas échéant, votre pays pourrait bénéficier de l'expertise militaire Kartienne... La patrie mère est comptée parmi l'une des nations les plus puissantes au monde...

Au delà, nous vous serions gré d'établir un accord stipulant un droit de ravitaillement au sein de vos aéroports internationaux... Des formalités commerciales. Egalement, nos deux pays seraient en mesure d'établir des échanges commerciaux en fonction de leurs besoins respectifs, quels sont ceux de la République Vlastique ? Pour nous autres Kartiens, la matière nucléaire est une ressource prisée, tout comme l'ensemble des ressources nécessaires à la fabrication d'armements divers. Je serais, finalement, gré d'écouter vos propositions, camarade.
»
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--------Le diplomate écouta attentivement les paroles du gouverneur, qui lui paraissaient tout à fait pertinentes et logiques.
-------«-Je suis tout à fait d’accord. Baser notre entente commune sur une haine commune serait contre-productif, une coopération basée sur le partage serait bien plus fructueuse et stable à long terme.-»
--------Même si les vlastiques ne pouvaient clairement pas encadrer les lermandiens, une des conséquences de ces six décennies d’une Guerre Froide ponctuée de points de tension importants, les élites cherchaient principalement à assurer leurs arrière, quitte à formuler une entente d'accalmie avec le gouvernement Duval. Également, se construire une nouvelle sphère d’influence paraissait plus que primordial pour s’imposer à l’international, une chose longtemps négligée par le gouvernement Frejnès.
--------Les vlastiques étaient d’ailleurs assez peu regardants concernant la politique de leurs collaborateurs, à condition bien sûr de ne pas être enfermés dans une relation à sens unique ou bien avec des pays qui risqueraient de retourner leur veste. Cependant, ils craignaient que bon nombre de pays ne soient pas d’avis de traiter avec une nation peu démocratique, mais peut-être que d’avoir affaire à une dictature communiste pourrait compenser la réticence des gouvernements démocratiquers de gauche ?
--------McDunn rebondit sur les paroles de l’émissaire kartien :
-------«-Vous visez en effet juste, et ce sur plusieurs points. Tout d’abord, il serait dommage de ne pas profiter de cette prise de contact pour aller plus loin que des simples protocoles diplomatiques, la signature de traités d’échange serait clairement intéressante. Enfin, il est bien entendu réel que notre nation base grandement sa politique militaire sur les armes balistiques, et notamment ses forces de dissuasion, reste à voir de quelle façon votre expertise pourrait nous être utile, même si la Vlastie a pu développer de façon autonome des technologies avancées.-»
--------Il fallait dire que, pour une nation aux dirigeants aussi paranoïaques, disposer d’un point de vue aussi avancé que celui de la République Fédérale Kartienne en matière de missiles pouvait être très utile pour la Vlastie, même si d’autres domaines auraient pu être plus intéressants au vu des nombreuses recherches du pays. Surtout au vu du fait que les contreparties demandées par le gouverneur semblaient être concevables, même s’il était clair que les grandes ressources naturelles du pays semblaient intéresser le ponte kartien.
--------Le futur ambassadeur répondit aux demandes du gouverneur :
-------«-Les exigences de la Vlastie seraient principalement une réciprocité concernant les échanges commerciaux ainsi que pour le droit de ravitaillement des appareils civils sur les aéroports internationaux de nos deux nations, un accord militaire serait davantage à négocier avec de plus hauts cadres du Parti Communiste Vlastique. Aussi, concernant les échanges commerciaux, nous serions largement plus à l’aise si les demandes d’achats de ressources, de services ou de produits passaient par l’État vlastique.
--------Voyez-vous, nous considérons comme importante l’assise du gouvernement sur l’économie, même si nous serions ravis d’échanger avec les entreprises kartiennes. Concernant les matières nucléaires, telles que l’uranium, nous sommes tout à fait disposés à les échanger, néanmoins à un prix qui sera clairement élevé au vu de leur composante stratégique, même si ledit prix pourra être quelque peu réduit par rapport aux prix du marché international et en fonction de plausibles avantages que nous recevrions.-»
--------Il prit une gorgée d’eau afin de marquer la fin de ses paroles et de signifier au notable kartien qu’il était prêt à l’entendre.
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