𝑴𝑶𝑹𝑮𝑬𝑵𝑺𝑻𝑨𝑹Le quotidien n°1 de Norland | Éditeur en chef : Léon Duguémény | 0,75 guldmøntLe réseau de la Laughterset Guard
Image de l'attentat terroriste de Walters, le 7 février 2019.Dossier sur la pieuvre de la terreur potomonque.Le terrorisme indépendantiste est malheureusement en plein boom - sans mauvais jeu de mot - et a survécu aux temps de la poudre. La nouvelle génération des militants de l'indépendance du Potomonca ont déjà accompli un haut fait d'armes : viser la présidente, qui a failli y laisser la vie. Le dernier article sur le terrorisme du Clever Owl précise que les deux terroristes mis hors d'état de nuire lors de la série d'attentats ayant suivi le sillage de la présidente de la République et de la gouverneure de Potomonca étaient affiliés à la Laughterset Guard : organisation, dont le statut juridique indiquant leur nature de suspicions terroristes est fortement remis en question au sein de la justice fédérale, existant depuis 1969.
Pourquoi ce questionnement juridique ? Si la Laughterset Guard a bel et bien été impliquée dans les temps de la poudre, si elle y a même pris part activement, elle a aussi contribué à mettre fin, en agissant comme négociateurs au service de l'armée fédérale norlandaise afin de recueillir la reddition et l'arrêt des activités de la plupart des groupes indépendantistes armés et Potomonques, et Sydlandais. Peut-être par remords (non), ou bien par simple question d'élimination de la concurrence (plus probablement), en tout cas cette action a permis au groupe d'entreprendre des actions en justice pour ne pas se voir dissoute. La Cour Suprême Norlandaise rend ainsi en 1975 son verdict : la Laughterset Guard est autorisée à participer à la vie publique en tant que "organisation suspectée de terrorisme" - statut inventé juste pour eux - et peut continuer à exister, même à s'étendre en façades civiles, sous très haute surveillance des forces de gardes nationales et d'intelligence fédérale... Normalement, ce qui n'est pas toujours le cas, on reviendra sur ce point à la fin de l'article.
Ainsi, elle est probablement la plus puissante de tout le pays : 30 000 d'adhérents déclarés, revendiqués et connus, un organisation et une discipline de ses hommes de mains digne d'une force professionnelle, une absence de lien absolue entre les soldats et leurs chefs. Ses membres sont bien implantés dans la société kentophone : certains sont employés d'administration, businessmen, professeurs, scientifiques, la plupart sont même dans la Garde Nationale Potomonque (à partir de maintenant, on va simplifier pour GNP). Dont les façades civiles, le Walters Youth Institution et le North's Voice Party, justifie l'indissolubilité de cette organisation. C'est aussi dans son simple statut de pouvoir exister qu'il exerce sa plus grande influence.
De part leur organisation interne, il est impossible de recouper tout attentat depuis 1990 à la hiérarchie de la Laughterset Guard. Ce qui semble absurde, 12 attentats sur 14 depuis la fin des temps de la poudre furent commis par des membres de cette organisation, sans qu'ils soient revendiqués par cette dernière. Un de ces attentats (
la voiture explosive du 5 février 2019) n'est revendiqué par aucun membre de la LG, ni même par personne à vrai dire tant son impact fut insignifiant, mais son modus operandi n'est pas sans rappeler la méthode préférée de la LG des temps de la poudre. Seulement voilà, cela ne prouve rien, l'intelligence norlandaise est incapable d'obtenir quelconque preuve d'une culpabilité avérée de l'organisation en elle-même. Cela ne prouve que l'imprévisibilité de ses adhérents.
Comme dit précédemment, cette société est imbriquée dans la vie potomonque comme une pièce dans un puzzle. La Laughterset Guard a pour obligation de tenir une liste de ses adhérents en ligne, en permanence et actualisée, ainsi, elle nous révèle que certains noms comme J.B. Cliff et Matt Snyder, journalistes au Potomoncan Daily, sont membres de la LG, Philip Wittson est professeur chercheur en droit fédéral à l'Académie d'État Violette. Encore plus choquant : certains noms comme Johanna Hanson, conseillère nationale potomonque à l'infrastructure, ou Socrates Carlson, gouverneur délégué du Trésor de la Technopole de Callum, sont dans l'administration nationale potomonque et fédérale. Côté business, le PDG de l'entreprise de produits électroniques et de réseau mobile ActiveTech, Parry Cartworth, et Saul Hamilton, PDG de Hamilton Trust, second plus grande banque d'investissements indépendante en Norland, qui concurrence aisément NF&7, sont des membres, financiers et fournisseurs actifs de la LG.
On pourrait débattre longtemps de la légitimité des membres de cette organisation à détenir des postes si stratégiques et si sensibles, et on aurait raison, car cette question est elle même débattue depuis quelques mois au sein de la cour suprême fédérale, même si elle semble parfaitement incapable de légiférer sur cette question sans toucher à la Charte de 1863. Ces adhérents font preuve d'une adaptabilité et d'une intégration extraordinaire, voire même préoccupante.
Mais quand on parle de la LG, ce qu'on s'imagine aujourd'hui, c'est un collectif d'indépendantistes kentophones dont la mission serait de rendre à leur nation la dignité qu'elle a perdu et son indépendance qu'elle a donnée pour au final une supposée position minable dans la fédération. Position qui justifierait
EVIDEMMENT le massacre de près de 400 civils, de professionnels des forces de l'ordre et de terroristes de l'autre camp (sydlandais, ce qui renvoie à un élément intéressant : la rhétorique révolutionnaire indépendantiste) au cours de la décennie des temps de la poudre. Pourtant, aujourd'hui, c'est assez contestablement plus le cas. La LG se comporte aujourd'hui comme service d'ordre soumettant ses services (contre monnaie sonnante et trébuchante évidemment) aux partis politiques lorsqu'ils ont besoin de gens pour ne pas faire dégénérer leurs meetings, au encore, mais de manière plus centrée sur le Laughterset et particulièrement à Walters et Week, villes jumelles des terres du rire, comme service de vigilance et de protection accordée aux nouveaux commerces. Ceci aujourd'hui ne contribue pas à faire descendre leur popularité grandissante dans cette région de la nation kentophone.
Parlons de la Walters Youth Institution, première façade civile appartenant au conseil d'administration de la LG. C'est un institut privé de formation professionnelle et d'internat pour les jeunes en difficulté, financé en grande partie par la LG, connu pour sa discipline militaire mais aussi pour son taux d'obtentions d'ACC (Agrégation de Capacité Citoyenne = BAC) élevé pour la région, soit 87% d'obtentions (le taux national étant de 93%). L'objectif étant de munir la jeunesse potomonque en difficulté de toutes les armes pour que leur vie professionnelle soit stable. L'avantage de l'académie étant que le cursus est abordable, cependant, les jeunes étant issus de la WYI ont une certaine tendance à en sortir membres de la LG. Une raison hypothétique serait le cursus scolaire - non assumé par la direction académique - conçu pour exalter une fierté nationale et met en action une distorsion subtile de la manière d'enseigner les temps de la poudre afin de minimiser les crimes commis par les orgas terroristes : dont la Laughterset Guard, et de diaboliser les actions des forces fédérales, sans qui pourtant le pays serait effectivement tombé dans une guerre civile complète. Ce cursus implique aussi une énorme présence de l'éducation sportive dans la vie éducative des internes : 2 heures par jour, les 5 jours de la semaine scolaire. Ce cocktail éducatif est révélé lors d'une enquête de 2017 menée par la Garde Nationale Potomonque, mais elle n'est pas allé plus loin pour des raisons encore inconnues, laissant des questions cruciales en suspens comme : "Y a t'il un lien entre l'intégration publique de la LG et la recrudescence du terrorisme depuis les années 90 ?" ou bien "Le lien entre le cursus éducatif WYI et hausse continuelle des recrutements au sein de la LG est il avéré ?".
Le sujet de la North's Voice Party se pose aussi sur la table, et révèle un lien pour le moins troublant... C'est un parti indépendantiste à l'échelle régionale présent au Sénat du Potomonca, représenté par 2 sénateurs sur 30, qui se revendique 'ouvertement populiste' dans leur manifeste, ce terme pour eux n'est pas un gros mot. C'est un parti attrape-tout dont les dirigeants sont Saul Kent, Frederick Moon et Gladys Johnson, tous trois fonctionnaires potomonques et tous trois inscrits sur les listes de la Laughterset Guard. Sur le plan politique, ils ne sont pas particulièrement influents : jamais cités au plan fédéral, absents des quotidiens d'information à l'échelle fédérale, n'ayant d'ailleurs aucun siège à la Forbundsforsamling ni la volonté d'en gagner. Cependant, ils sont à l'échelle potomonque très présents : possédant leur propre journal relais de leurs idées (et par extension celles de la LG), le
Northerner, ayant 5 600 adhérents et militants et faisant front commun au sénat potomonque avec le groupe NMO de Mme Patterson, rassemblant 3 députés, très régulièrement.
Aussi, lorsqu'on s'intéresse à la comptabilité du parti, on trouve dans les organes financiers du parti des choses intéressantes. La LG et sa comptabilité font état de 20% de fonds venus de l'état, ce qui est jusque là normal, de 50% venant de la sphère entrepreneuriale entourant la LG, ce qui est suspect mais coule de source concernant son administration directement liée à la Laughterset Guard, enfin, 15% viennent de donateurs et les 15% restants viennent d'un compte d'une banque ont l'identité du détenteur est protégée et anonyme... J'apporte cependant une correction, il était anonyme jusqu'à notre enquête, à Morgenstar.
Il s'avère que ce compte est détenu par une association d'ultradroite 'Save Norland !', dont les grandes figures sont
Will Bigot, conférencier connu pour ses performances en débat franchement médiocres, suintant la mauvaise foi et... Ruth Patterson, candidate aux élections générales de 2019, présidente du Norland Only Movement et cheffe de file du Real Right Deal. Les résultats de notre enquête démontrent aussi que le premier don fut envoyé en 2000 et deviennent réguliers à partir de 2010, quelques jours avant que le North's Voice Party (NVP) se retire des élections sénatoriales pour la province du Laughterset en 2010, retrait renouvelé en 2016. On découvre par ailleurs que Ruth Patterson est une donatrice généreuse de la Walters Youth Institution à travers sa propre maison d'édition Loudmouths. Elle est ainsi financière active de la Laughterset Guard et affiliés, malgré le virage anti-indépendantiste opéré dans sa jeunesse politique pendant le temps de la poudre et sa rhétorique de protection de la fédération face à la désunion et l'étranger. Nous sommes donc en droit de nous questionner sur toute sa ligne politique et ses intentions une fois à la présidence.
Il y a un point que j'ai déjà abordé auparavant dans cet article qui aurait du vous interpeller, si ce n'est pas déjà le cas : la forte présence des adhérents à la Laughterset Guard dans la sphère politique potomonque (déjà étayée) et dans la sphère sécuritaire fédérale et nationale. Si les adeptes de la LG sont interdits d'emploi aux postes sensibles de l'armée fédérale et d'emploi tout court au gouvernement fédéral et agences affiliées, il n'y a néanmoins aucune régulation concernant les gardes nationales et sydlandaise et potomonque, ainsi, on trouve des guardistes autant chez les gardes de grades communs que chez les officiers, eu même dans l'état-major : Lawrence Waskins, porte-parole de la GNP, est un membre de la LG au même titre que la colonelle Frida Kilv de la GNP. Concernant l'enquête de 2017, elle fut justement mis en arrêt suite à un refus de la part de la moitié de la GNP de coopérer avec cette enquête. La participation de la GNP était pourtant cruciale car l'armée fédérale, bras armé de la fédération, n'était pas en mesure d'assurer le bon déroulement de cette enquête. Cette décision fut justifiée par Mr Waskins par la croyance dans le fait que cette enquête contre cette institution - dont la mission est pour l'instant un succès - et plus généralement contre la LG qui est désormais suivie de près par les renseignements fédéraux est "tout bonnement abusive" et que la GNP refusait de gaspiller des ressources, de l'argent et de l'énergie pour une "enquête de nature persécutrice menée par le gouvernement fédéral, faisant fi des principes institutionnels d'exercice des droits de réunion, d'opinion et d'entreprendre". Au cours d'un bras de fer d'un mois entre la GNP et les gouvernements de Windsdale-Vinddal ainsi que de Boonemooth, ces derniers durent contraindre la
NHM de cesser leur enquête après une grève générale des gardes nationaux d'une semaine. Cela soulève encore une question, sur la fiabilité de notre appareil sécuritaire en cas de réveil généralisé des milices terroristes indépendantistes, en cas d'un retour dramatique à cette ère de la poudre qu'on croyait révolue.
Dans ce que nous avons dévoilé, il y a qu'une seule chose de réellement condamnable : les liens entre la sénatrice Patterson et le NVP. La candidate de l'ultradroite pourrait être traduite en justice pour faits de
corruption dans le but de manipuler des résultats électoraux. Seulement, si chute de la LG devait advenir, devait advenir, ce seul élément ne serait clairement pas suffisant pour pouvoir justifier un tel démantèlement de cette pieuvre de la terreur par le gouvernement fédéral. En tout cas, le gouvernement fédéral fut élu sur une promesse notable de regain de souveraineté sécuritaire, la République de Duve a déjà envoyé au Statsministeriet une proposition d'aide policière qui fut refusée, cependant, pour effectuer ce regain de souveraineté il faudrait probablement purger les freins à cet objectif, les éléments gênants.
Écrit par : Johannes Lauritsen
20/03/2019