

Vasiliy était levé depuis plus d’une heure. Il était assis dans son bureau, feuilletant ses dossiers. Un dossier bleu ne cessait d’attirer son attention. Dessus, il avait noté en rouge « Loduarie - Urgent ! ». La situation en Eurysie de l’Ouest ne cessait de se dégrader, allant de mal en pis, faisant lentement glisser le continent dans une guerre qu’il n’avait jamais voulu. Si le Latrua n’était, pour le moment, pas entré directement en conflit avec la nation communiste, cette position deviendrait à un moment intenable. Le Président de la République écarta la chemise deviendra la main et jeta un coup d’œil à la petite horloge en garni poséeau-dessuss de la cheminée de la pièce. La petite horloge, héritage de l’art manufacturier latruant égrenait lascivement les secondes, les minutes, les heures.
Vasiliy fut surpris par l’heure que le cadrant cerclé d’or afficha. Il était plus tard qu’il ne le pensait. Il se leva donc, quittant son bureau pour se diriger vers la salle de bain. Il traversa un long couloir et entra dans la pièce d’eau. Il pose ses pieds nus sur le sol froid de la pièce et un frison traversa son corps, longeant sa colonne vertébrale. Il se dévêtu, savourant chaque contact des vêtements avec sa peau, et entra dans la cabine de douche. L’eau commença, lentement à couler sur ses épaules tendues. Les gouttes perlaient sur son corps endolori par le stress et la fatigue. Ses muscles, noués, semblaient se délier au contact de l’eau chaude.
Il profitait de ce rare moment de tranquillité quand il entendit que quelqu’un entra dans la pièce. Cette personne actionna le robinet du lavabo, rendant ainsi plus froid le jet d’eau de la douche, et tirant ainsi du Président un petit gémissement, signe de son inconfort. Vasiliy entendit distinctement l’individu se déplacer dans la pièce, s’approcher de la douche, se déshabiller et entrer à son tour à l’intérieur de cette dernière. Le Président se retourna et vit son mari, le sourire aux lèvres, les cheveux quelque peu mouillés et l’air heureux et béa qui le faisait ressembler à un enfant fier de sa surprise.
Vasiliy passa sa main maculée d’eau dans les cheveux bruns de Sergey, puis la laissa lentement descendre sur sa nuque pour finir sa course sur le dos musclé de son mari. Sergey sourit et embrassa son Président de mari. L’eau continuait de couler, enveloppant les deux hommes, protégeant leur secret qui n’en était plus un, accueillant leurs baisers.
Les deux hommes sortirent, enlacés, de la pièce. Ils se dirigèrent d’un pas feutré vers le bureau présidentiel. Ils fermèrent les portes de chêne et s’allongèrent sur l’un des canapés noirs qui trônaient devant les fenêtres du premier étage. Et ils restèrent ainsi, l’un contre l’autre, poitrine contre poitrine, jambes contre jambes, lèvres contre lèvres, fusionnant de telle manière qu’ils ne furent plus qu’un.
Le temps se rappela pourtant à eux, l’horloge dorée indiquant de sa petite voix fluette dix heures. Les deux amants se décidèrent à quitter le cuir du meuble noir et à rejoindre leur chambre pour s’habiller. Vasiliy enfila son costume sous les yeux amoureux de son mari qui, après s’être approché près du visage du Président, murmura :
« Tu es beau. Très beau. »
Ses yeux brillaient d’un éclat amoureux, d’une petite lumière nichée au fond de la rétine. Vasiliy, regarda longuement son mari puis se décida à s’approcher de lui, à l’embrasser dans le cou et à lui murmurer :
« Habille-toi, tu viens avec moi ! »
Sergey ouvrit grand les yeux. Il n’était absolument pas prévu qu’il accueille avec le Président la ministre alkatienne. Il n'était dépêché pour ce genre de service que si le dignitaire étranger venait avec sa compagne ou son conjoint. Il n’eu pas le temps de dire un mot, Vasiliy ayant déposé sur leur lit un costume bleu marine, lui intimant ainsi l’ordre silencieux de revêtir veste, pantalon et chemise.
Quelques minutes plus tard, un huissier vint chercher le Président de la République et son mari, leur indiquant que le convoi, parti il y a 20 minutes de cela de l’aéroport, allait faire son entrée dans la cour du Palais. Ils descendirent donc et se positionnèrent sur le perron. Ils attendirent, en se tenant la main, qu’une voiture noire battant pavillon alkatien passe les imposantes grilles de fer forgé.

