
Discours émis depuis l'Uglendspalads, en kentois et en sydsprog
Il est minuit dans tous les foyers norlandais, les longs et éprouvants repas traditionnels laisse place aux toasts lorsque la musique d'ambiance cesse pour laisser place aux 25 premières secondes de l'hymne fédéral. A la télé s'affiche une image de l'Uglendspalads (palais du hibou) avec une inscription en sydsprog et en kentois : "Nytårstale" "New Year's speech". D'un coup, tous les yeux, sauf ceux des enfants trop occupés à se pourchasser à travers toute la maison, quittent leurs assiettes pour se river sur la télé.
Le discours n'a jamais été un moment très attendu, une tradition plus qu'autre chose ou on entend le chef d'état déblatérer une suite de pseudo réussites dans un discours très souvent pompeux et franchement soporifique. Seulement, cette année, c'est différent. On attaque la dernière année du mandat de la présidente Margrethe Vestergaard, très populaire. Son discours est attendu avec grand engouement. Il s'agit de savoir - ou plutôt de confirmer ce que tout le monde pense déjà savoir - si elle se présentera aux élections générales pour un nouveau mandat présidentiel.
Il est donc minuit, après les 25 premières secondes de l'hymne, l'image change et montre Mme Vestergaard à l'air grave et solennel.
"Norlandais, norlandaises,
Bonnes fêtes de nouvel an. Nous quittons l'année 2018 le cœur et le souffle lourd, tous probablement épuisés des efforts qui durent encore être entrepris pour essayer de relever le pays du marasme dans lequel il se traîne depuis la dépression de 2015. Cette période de fêtes est une opportunité pour enfin se reposer. Alors, profitons en pour se parler franchement. Depuis mon élection en 2016, chaque année fut dure : je sais que beaucoup d'entre vous doutaient de si vous alliez finir le mois avec au moins 100 guldmønts dans votre compte en banque, je sais que beaucoup d'entre vous ont vécu sous la pression de loyers et taxes de plus en plus importantes. Vous souffrez de l'inflation, de la pression de perdre à tout moment votre travail, de la pression face à un futur économique incertain et face à un climat social délétère. Mais, et je pense que cette opinion est partagée par beaucoup d'entre vous de par les progrès accomplis, je pense sincèrement que nous guérissons de ce crash général un peu mieux chaque jour qui passe, et cela se ressent.
Je dois admettre que je me sens fier de ce que nous avons accompli. Je me sens fier de mon peuple, de ses travailleurs et de son administration. Sur le plan social, nous avons lancé des programmes massifs de construction de logements sociaux afin de loger plus facilement ceux qui en ont le plus besoin : près de 30 quartiers HLM dans tout le Sydlande et une dizaine dans le Potomonca en deux ans, et nous observons que ces quartiers sont un moyen efficace de tacler le problème de précarité extrême et des sans-abris. Nous ouvrons aussi de plus en plus d'emplois dans la maçonnerie, dans l'exploitation forestière et dans l'énergie via des contrats avec des agences gouvernementales, nous évaluons aujourd'hui le nombre d'emplois créés à plus de 90 000 emplois pourvus par an pour endiguer le chômage.
Et je sais que nous avons appris de nos erreurs. Le néo-libéralisme exacerbé mené précédemment a conduit à de nombreuses dérives dont on porte encore aujourd'hui le fardeau terrible de ses conséquences. C'est pourquoi je tiens à redéclarer devant vous que la période du laissez-faire insouciant et inconscient est terminé. Nous allons remettre ce chien fou en laisse et nous allons lui mettre une muselière. Afin d'alléger la charge financière imposée au peuple de manière injuste, encore plus aujourd'hui, nous allons effectuer un demi-tour massif des politiques pro entrepreneuriales, demi tour qui comprend la mise en œuvre de nationalisations massives, de révocations de privilèges accordées aux businessmen et de larges projets sociaux entre autres... En tout cas, c'est un très vaste projet à l'architecture complexe qu'on aimerait voir dessiné, ou même commencé d'ici le milieu de l'année 2019 et abouti d'ici 2021, si le peuple raccorde sa confiance à la coalition politique que je préside.
Diplomatiquement, vous le savez, nous sommes relativement proches de nos voisins sivulliq du Tuktuqivik et de l'Uuqtinut, vers qui nous comptons entreprendre un rapprochement dans l'année 2019. Aussi, nous sommes proches de l'Empire du Nord, partenaire commercial privilégié pour qui nous avons rompu notre neutralité afin de leur partager notre soutien moral et diplomatique entier face au crime abject commis par Carnavale envers la ville d'Estham. J'annonce que la Statsrådet compte s'acquitter de sa dernière dette envers l'Empire du Nord s'élevant aujourd'hui à 1 000 000 000 de guldmønts. Pour conclure sur le volet diplomatique, je réaffirme ici devant vous la volonté de mon administration de se voir débarrassé de la neutralité imposée au Norland par la charte, nous avons la volonté de nous dévoiler enfin sur la scène internationale et nous nous estimons prêts à faire ceci. Dans un monde moderne comme le nôtre, la neutralité n'est qu'une illusion dont il convient de se débarrasser.
Je me dois aussi de parler de la situation interne. Lors des années 70, au moins la moitié de la population vivante aujourd'hui a pu assister aux 'temps de la poudre', une période ou de multiples milices potomonques et sydlandaises se livraient des guerres ouvertes dans les rues et terrorisaient la population dans le but de libérer leurs nations d'une fédération qui les auraient oppressées... Dans un monde idéal, on aurait tendance à penser que cette rhétorique est juste abjecte et ridicule, elle pourrait même prêter à rire. Dans notre monde malheureusement, les idéaux indépendantistes gagnent du terrain dans les milieux jeunes et identitaires de nos deux nations. Depuis 2010, 4 attentats ont frappé la fédération et les services secrets en ont déjoué le quadruple... Nous observons dans notre jeunesse une montée de la violence et de l'intolérance liée à ces mouvances anti fédération. Nous entendons nous occuper de ce problème en allouant plus de moyens à l'armée fédérale, complètement délaissée depuis les années 80 au profit des gardes nationales, et plus de moyens à l'éducation et à la culture afin de raviver le sentiment d'appartenance aux États-Unis de Norland.
Tous ces problèmes évoqués au long de ce discours nous en révèlent un à mon sens encore plus gros : trois ans pour un mandat, dans notre ère, c'est si court. Nous avions beaucoup de projets à mettre en œuvre à la Statsrådet... Dans des périodes d'une telle gravité, 3 ans par mandat ne permettent pas aux Statsrådet de mettre durablement en œuvre leurs politiques. Il nous faut le temps pour accompagner notre vision. On avait par exemple pour projet de mettre sur pied un Ministère de l'innovation et de la recherche, nous essayerons d'établir ça en début d'année 2019, mais il se peut que le budget que notre gouvernement va proposer pour l'année fiscale janvier 2019 - janvier 2020 ne nous le permette pas si il devait être révisé. C'est pour cela que je vous annonce enfin ce que vous saviez sans doute déjà : je vous annonce officiellement mon intention de candidature aux élections générales de 2019 à la tête de mon parti Norlands Venstre et de la coalition Norland to the People. Je vous remercie encore de la confiance qui m'a été accordée pour ce mandat et vous remercie de la confiance que vous pourrez m'accorder une seconde fois en septembre 2019.
Sur ce, je vous souhaite une agréable nouvelle année,
Vive la fédération et vive le Norland."