05/01/2019
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"L'Année des deux hégémons": Troubles civils dans la cité velsnienne

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"L'Année des deux hégémons"

Une cité velsnienne en proie à la crise latente du monde fortunéen


Introduction par Gina Di Grassi


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L'historien illustre Bertoldo Di Canossa a dit un jour qu'il résidait en notre cité une âme unique, car nous autres avions soumis bien des nations, sans jamais toutefois parvenir à nous dominer nous-mêmes. Fortuna nous a donné le don de remuer en tous sens et toutes directions, à nous prendre à rêver, à donner dans l'extravagance de nos desseins, à nous y consacrer corps et âme, et à faire front lorsque les barbares se montrent à nos portes. Mais il n'est aucune nation barbare qui n'ait tuée autant de velsniens que nous mêmes. Depuis sa fondation, les mécanismes de la grande politique se sont résolus la plupart du temps dans un violence acceptable, une violence mesurée, une violence parfois même encouragée par les dynamiques internes qui nous nous sommes fixé en tant que société. A notre naissance, Fortuna nous a doté de Patrices aux pouvoirs monarchiques qui étaient dans la nécessité du temps. Mais lorsqu'il eut fallu se rendre à l'évidence que ceux-ci déréglaient en permanence la compétition entre aristocrates par leur seule existence, le peuple velsnien a démis le dernier patrice fortunéen de ses fonctions, après une guerre sanglante dans les rues de la ville. Lorsque nous avons été dans le dénuement durant les Guerres celtiques, nous avons fait appel à nos cités alliées qui en retour, ont exigé d'obtenir de Velsna les mêmes privilèges de la citoyenneté: la question s'est résolue dans le sang, et la Guerre sociale a meurtri une cité déjà mal en point des coups de boutoirs des celtes. Lorsqu'en 1597, le tyran Squilacci eut confisquer au Sénat le pouvoir de la souveraineté, ce fut son propre frère qui commis un fratricide pour sauver nos institutions. Et récemment, ce fut l'ancien sénateur mon père qui défia un autre tyran, du nom de Dino Scaela, et qui une fois commis son labeur, rentra chez lui pour y labourer son champ.

Nous, en tant que peuple, ne pouvons nous résoudre à une éternelle stabilité, car ce n'est pas une confortable illusion de la continuité fait fait les bonnes histoires, mais tout l'inverse. Velsna change au même rythme que ses habitants, sous la pression des tendances, des groupes d’intérêts, des forces centrifuges, d'un équilibre sensible dont il faut deviner le vent qui tourne si l'on entend jouer sa survie politique, ou sinon sa survie tout court. Jamais n'est rien acquis, et on ne puis rester assis sur une chaise curule de sénateur sans émettre la moindre anxiété quant à sa réélection, ou pire... La cité est traversée de tendances, qui elles mêmes sont provoquées au choix par le temps qui passe, ou encore par la venue d'évènements extérieurs, qui viennent bousculer la cité dans ses fondements, qui viennent lui rappeler qu'une place n'est jamais assurée, que le corps civique de la cité velsnien attire tout aussi bien les envieux que les ambitieux, que cette dite place n'est rien de moins que le résultat d'une politique prévoyante qui a portée ses fruits, sous les gouvernements successifs de feu Patrice Dandolo, puis du Triumvirat, et enfin, du Patrice Visconti. Pourtant, il y a toujours des impairs commis, des oublis, des erreurs, des impasses qui on été ignorées, des problèmes qui ont été mis sous le tapis. Velsna est sortie de la guerre civile, la cité a profité d'une embellie économique, des réformes politiques et sociales ont servi à débloquer la pression d'une cocote minute qui menaçait d'exploser.

La pression a été relâchée quelque peu, mais les dynamiques internes persistent comme un mal de ventre qui revient pour une raison ou une autre, et on ne réforme pas la cité velsnienne sans réaction, sans conséquences et sans le déclenchement d'évènements qui sortent parfois de tout contrôle de ceux qui gouvernent. Ainsi, la paix sociale fut achetée en renforçant les syndicats et en avalisant la légalité du Parti Eurycommuniste velsnien, et désormais, il nous fallait faire avec cette faction comme plus grande force d'opposition au système républicain. De même, si les réactionnaires de Scaela avaient été brisés, cette lignée de landrins exilés, croyait-on, était un serpent de de mer qui hantait toujours les esprits de ses habitants et de nos concitoyens, prenant des formes de théories du complot farfelues et de sociétés secrètes imaginaires. Aussi véritables que des licornes, mais instillant la peur et la paranoïa dans le cœur des velsniens, tant ce régime leur avait fait grand mal. Il y avait de ces cicatrices qui ne guérissaient jamais, et contre lesquelles le Gouvernement communal ne pouvait rien. Celles qui s'ouvrent de part et d'autre du monde Fortunéen: dans la patrie mère leucytalienne, avec les intrigues d'un machavélien Déria. En Dodécapole avec les mouvements frénétiques d'un Lograno.

Mais certains maux étaient davantage visibles: la cité velsnienne change trop lentement, son système se crispe rapidement sous le poids des groupes d’intérêts qui sont sortis grandis de la guerre civile. Ceux qui étaient tous unis face à la tyrannie des scaeliens se retrouvaient là, plusieurs années après, avec des desseins différents de ce que serait l'avenir de la cité. Ceux qui avaient tiré partie de la victoire critiquaient chacun dans leur angle les réformes digrassiennes: il y avait ceux qui voulaient davantage, et ceux qui désiraient la restauration d'un ordre ancien. Les eurycommunistes rêvant de lendemains qui chantent, les réactionnaires défendant un ordre ancien qui tardait à s'effacer sous les pas du Gouvernement communal, qui était lui, tiraillé par les forces d'une société velsnienne jeune, dynamique, ambitieuse, pleine de vie, à faire déborder l'océan. Mais la République se défend, elle freine des quatre fers chaque transition, chaque changement, chaque avancée. C'est que les réformes de 2015 avaient sauvé cette République, et l'avait dotée d'institutions plus durables plus solides, et de fondations plus profondes. Mais il était bien naïf de croire que notre société, régie par le rapport de force et la violence, se contenterait de la tranquillité, de la paix, de rester tard le matin dans le creux du lit. La cité velsnienne vit, son cœur bat, puissamment, ses gens vont et viennent frénétiquement. Ils travaillent, ils dansent, chantent, puis se battent dans les rues, et se battent parfois à l'étranger lorsque que le Sénat ressent le besoin d'une guerre à l'extérieur. Cette énergie ne peut être, seule, canalisée par la perspective de la sérénité.

Dans l'enceinte du Sénat, les Hommes de pouvoir font des discours, s'affrontent dans des duels rhétoriques dont la mémoire est gardée par des greffiers sénatoriaux, tandis que dans le ventre populaire du Sestieri de l'Arsenal, les travailleurs des docks pointent, et font s'engouffrer des montagnes de marchandises sur des navires gargantuesques, à l’appétit sans fin. Sur la place de l'achosien pendu, devant les Comices proletari, un curieux et charismatique tribun harangue la foule, leur promet à manger et à manger pour tous, tandis que dans le vieux sestieri San Ciro, l'ancienne aristocratie sénatoriale s'unit dans la vengeance d'années passées à la perte de leurs privilèges. Sur la colline du Janoncle, une nouvelle force émerge: celle des femmes velsniennes. Au loin, en Dodécapole, deux Hommes s'affrontent, dans une quasi guerre-privée qui polarise un peu plus la cité des velsniens. Chez certains, on dit qu'Adolfino Agrcola est un héros incompris, tandis qu'ailleurs, on encense Altarini comme un exemple de la vertu fortunéenne.

La voici, ma cité, ma Velsna, ma patrie: elle vit, elle se bat contre-elle même et contre les autres, et elle ne se conquiert que par la passion. Le sang fortunéen bouillit à la vie des intrigues, il s'excite à la vue des combats, et il ne s'apaise que lorsque l'adversaire est vaincu, par les discours ou par les armes. Nul tanskien procédurier, nul teylais soumis à sa reine, nul kah tanais désabusé, nul mesolvardien qui respire le plomb ne pourra jamais appréhender cela. Vous êtes chez moi, bienvenu dans ma cité. Réjouissez vous avec moi, pleurez avec moi, perdez vous avec moi dans le dédale de ces rues. Aimez moi si vous le pouvez, haïssez moi si vous le voulez, les ruelles de ma patrie vous observent tout autant qu'elles murmurent à mon oreille, et elles avaleront ceux qui ne sont pas assez malins pour les comprendre, alors écoutez moi, à défait de m'apprécier. L'Année des deux hégémons ne fait que débuter.



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Se voulant être un prolongement des bouleversements ayant actuellement cours dans le monde fortunéen (Lutte de pouvoir à Fortune, Guerre Dodécaliote), l'Année des deux hégémons est le terme usité par la narratrice, Gina Di Grassi, fille de l'ancien sénateur Matteo Di Grassi, pour dépeindre une période de fortes tensions politiques émergeant actuellement dans la cité velsnienne depuis le début de la mandature du Gouvernement Albirio. La combinaison successive des réformes digrassiennes de 2015, des revendications sociales, les troubles en Dodécapole, conjugués à la crise fortunéenne et la guerre dodécaliote, sont autant de séismes qui provoquent des répliques dans la patrie des velsniens. La République n'évolue pas en vase clos, des actes à l'autre bout de la Manche blanche ont des conséquences dans les méandres du quartier San Ciro, ou dans les couloirs du Sénat. La cité velsnienne est battue par les flots d'une Histoire qu'elle ne contrôle pas, et dont le cheminement est tortueux. Elle est secouée par des sujets, qui peuvent devenir des crises, et dont les élites ne veulent en aucun cas qu'elles ne deviennent des révolutions.

Sur ce topic, vous pourrez suivre, et éventuellement vous mêler aux arcs politiques dits "mineurs" bousculant la cité velsnienne tout du long de l'année 2019 à venir. Une année qui présage déjà un affrontement entre trois Hommes ambitieux, et chacun représentant une tendance tiraillant le Gouvernement communal conservateur, une année qui préfigure des luttes sociales, une année qui laisse entrevoir la poursuite de mutations déjà engagées depuis 2014. Une année, peut-être, qui verra la réémergence de vieux fantômes. Au délà, ce topic vous permettra suivre le parcours de plusieurs personnages récurrents: Mogador Altarini, que ceux qui suivent l'intrigue dodécaliote connaissent déjà, Rufinus Portelli, un aristocrate repenti qui entend défendre les interêts du "peuple", ou encore d'autres personnages représentatifs de la vie civile velsnienne, et donnant un aperçu de ce qui se trame dans ses rues tortueuses, des palazzios du sestieri San Stefano au ventre populaire de l'Arsenal.

Il n'y a pas de règle de participation particulière, et tous les joueurs sont libres d'influencer le cours de certains de ces évènements par le biais des AE de Velsna, tout en étant invités à copier coller leurs faits sur ce topic.


L'Année des deux hégémons: intrigues en cours



Les deux hégémons

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Adolfino Agricola

Les interêts de Velsna au sein de la confédération sœur de la Dodécapole sont menacés par la querelle d'égos de deux individus. D'un côté, l'ancien sénateur déchu Adolfino Agricola qui a été déclaré ennemi du peuple velsnien par le Sénat après sa désertion, caresse le désir de laver son honneur personnel, tout en imposant ses alliés d'Adria à la tête de la Confédération. Celui qui a abandonné Velsna pour une "beauté orientale" a cependant toujours des partisans dans la cité, jusque dans l'enceinte du Sénat, où certains membres du Gouvernement communal, ses anciens compagnons d'armes de la Guerre civile, attendent l'opportunité pour réinstaurer le "traître" dans ses fonctions. Face à lui, le sénateur réactionnaire Francesco Mogador Altarini entend bien utiliser le mandat qu'il lui a été confié pour l'arrêter comme un marche-pied vers des ambitions plus importantes... Leurs partisans respectifs se sont lancés dans des combats de rues sporadiques, attention à la tombée de la nuit... Aidez celui de ces deux Hommes que vous jugerez le plus digne à atteindre ses fins.



Le tribun du peuple contre l'aristocratie sénatoriale

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"On parle jamais des Sylvie. On parle jamais des Julie et des Stéphane. Moi, je vais vous en parler."

Velsna n"a jamais été aussi riche. Pourtant, certains de ses habitants n'en ressentent guère les effets depuis la fin de la guerre civile. On leur avait promis la justice, or, ce sentiment n'a guère été rassasié par des réformes jugée trop timides. Dans ce cadre, un jeune sénateur devenu juge de la plèbe aux Comices Proletari, entend bien faire évoluer les choses: Alfonso Rufinus Portelli, tribun aux tendances populistes, bouscule la politique velsnienne. Cet aristocrate devenu défenseur du peuple est parti en croisade pour imposer l'instauration d'un véritable État social velsnien. Il a obtenu sa première victoire récemment, avec l'initiation d'un référendum sur base d'une proposition aux accents presque révolutionnaires, devant sauver la petite paysannerie velsnienne des griffes des grands propriétaires terriens: la Lex Rufinus. Mais gare à la réaction de la vieille aristocratie sénatoriale. Aiderz vous Rufinus dans sa quête de justice ? Ou tenterez vous de "maîtriser l'incendie" en le mettant hors d'état de nuire ?



La sécession des femmes


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"Non ! Vous n'avez pas le droit de porter la toge !"

Malgré un lent progrès de leurs conditions depuis le début du XXème siècle, les femmes velsniennes sont toujours considérées à bien des égards comme des citoyennes de seconde zone. Pour répondre à cette situation, le collectif des "Filles du Canal" entendent bien faire valoir leur désir de la fin des privilèges inhérents aux Hommes en matière de citoyenneté, de droit juridique et politique, ainsi qu'au sein des foyers. Les chroniqueurs ont déjà trouvé un nom approprié pour cette rébellion: la sécession des femmes.



La cinquième colonne landrine



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"Requiescat in pace, Dom Juan Altarini "

La chute du tyran Scaela est vieille de cinq ans, déjà, mais la peur rôde toujours, le spectrest là, parmi nous. Avec la prise de pouvoir de son allié historique à Fortuna, le Custodès Déria, un climat de paranoia s'est emparé de la ville. Des rumeurs d'un grand complot qui se trame pour renverser la République et établir une tyrannie vont bon train. Cette fameuse cinquième colonne landrine existe t-elle seulement ? Ou est-ce une vue de l'esprit ? Et si vous, vous étiez de mèche avec les scaeliens, et qui sait...peut-être que je le suis aussi ? Merde...

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