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[Westalia - Stérus] Rencontre à Nova-Aphalstèma pour la paix


Drapeau Westalien Drapeau Stérusien


Rencontre diplomatique entre la Grande République de Westalia et l'Empire de Stérus

Nova-Aphalstèma, Nouveau-Saptär, Yukanaslavie, le 1er décembre 2018

La guerre, faute d'être survenue avec les armes, elle l'aura tout de même occupé une place majeure dans les esprits de millions de personnes en Aleucie et tout particulièrement en Westalia. La Grande République, suite à sa victoire aux côtés de la Lermandie et de Nebrownia contre la République Populaire Viétique, cette ancienne nation bastion du communisme aleucien définitivement conquise dans les années 80, avait propulsé le pays en tant que puissance régionale affirmée et capable de protéger tout le Nord-Ouest de l'Aleucie de par sa force. Jusqu'en 2017, aucun westalien ne pensait que le pays pourrait se retrouver de nouveau dans une guerre ou un conflit armé quelconque, du moins pas à proximité directe de leur territoire. L'invasion du Dakantia par les viétiques dans les années 60 n'était que dans les mémoires des vielles générations, presque un souvenir lointains et appartenant à l'histoire. Les tensions avec la Fédération de Stérus étaient malgré tout bien connues des westaliens, mais ces derniers ne voyaient aucunement les risques d'une escalades militaires à cette crise bien plus diplomatique qu'autre chose, la première tentative de déplacer la majorité de la flotte stérusienne aux portes des eaux lermandiennes et westaliennes avaient été pris comme une menace sans réel fondement, les médias de la Grande République ayant après coup minimisé l’événement comme une "ridicule tentative d'intimidation, plutôt suicidaire que stratégique", le risque d'un échange de feu n'ayant été décrit que comme du "bluff" à ce moment-là. La population était gardé dans la crédulité de la paix, puisque c'est cette dernière qui dictait leur vie depuis plus de quarante années, dans les hautes sphères du pouvoir, l'idée de voir le pays entrer dans une nouvelle guerre en Aleucie a du mal à s'intégrer et beaucoup pense que la médiation teylaise, même en cas d'échec, ne provoquera pas d'action militaires stérusiennes, un scénario catastrophe que l'on considérait alors agité que par des militaires trop alarmistes ou des nationalistes souhaitant en découdre, alors que le sentiment anti-Stérus n'est que très anecdotique en Westalia, malgré les derniers événements, plutôt l’apanage des extrêmes.

Le 22 octobre 2016, le gouvernement fédéral découvre avec stupeur que les inquiétudes de certains étaient particulièrement bien fondée, surtout quand les services secrets westaliens ne sont pas parvenus à prédire cette opération. Des soldats sont tués à l'aube par les missiles d'une autre force armée, deux navires sont coulés et un autre, endommagé, est contraint de s'immobiliser au milieu de l'océan, à plus de 2000 km des côtes westaliennes. Vif, le Rear Admiral Lucius Husfort, commandant de la première flotte aéronavale westalienne entre 2016 et 2017, avait organisé une réponse rapide face à ce qu'il avait immédiatement identifié comme une situation anormale, permettant d'éviter plus de dégât à la flotte d'escortes et une reprise de contrôle de la zone quelques heures après les affrontements, une vivacité qui lui permettra d'être promu au rang de Vice Admiral et affecté à un nouveau poste de commandement dans la marine fédérale. La suspicion d'une action stérusienne est quasiment immédiate dans les hautes sphères du pouvoir, et même pour la population lorsque le gouvernement a rendu public cet événement, prenant bien soin de ne citer ou de n'accuser personne à ce moment-là, bien que le coupable tout désigné était déjà trouvé. Pendant les mois qui ont suivi, un état de malaise à submerger tout le pays, ne sachant pas vraiment comment réceptionner cette histoire d'attaque, un effet particulièrement amplifié après l’holocauste d'Estham, qui a réveillé le spectre de la guerre en Aleucie, après des décennies de paix. La publication d'un rapport sur cette attaque du 22 octobre 2016, fin février 2017, a eu l'effet d'une bombe en Westalia : le retour de la guerre était bel et bien acté, une horreur que les partis de droite ont rapidement récupérée à bon compte en jouant sur la peur d'un conflit pour gagner grandement en popularité. A partir de cette date, un sentiment anti-Stérus s'est propagé à toute vitesse au sein de la population, la stabilité et la paix qu'ils chérissait temps avait été violé et détruite par une autre nation, un acte inacceptable et en tout point semblable aux menaces qu'avez pu représenter la Viétie communiste à l'époque, les westaliens redécouvre que ce genre de menace n'a pas disparu, pire, elle se trouve désormais à leur porte.

Cette agression militaire a tellement eu l'effet d'un électrochoc sur la Grande République qu'elle a eu pour conséquence de la sortir de son état léthargique, la faire descendre de son trône d'arrogance et redémarré l'état de guerre dans tous les esprits du pays, réveillant l'ours endormis depuis plus de quarante ans. Simeon Belagri, Président fédéral, n'avait qu'une chose en tête : éviter que cette attaque ne se transforme en escalade militaire de grande ampleur, tout particulièrement quand des militaires lui conseillent d'autoriser des frappes en représailles sur le sol stérusien, avec une pression politique de réagir avec sévérité face aux limites que venaient de dépasser les stérusiens. Le chef de l’État, pour sa part, préfère ne pas s'avancer sur ce genre d'option et préfère ce lancer dans des représailles moins violentes, mais pas moins efficaces : des sanctions diplomatiques et économiques à l'encontre de la Fédération, rapidement rejoint par ses alliés les plus proches : la Lermandie et le Wanmiri. La tension est à son apogée, alors que les militaires westaliens préparent réellement la tenue d'un conflit de premier ordre en Aleucie, une finalité que Simeon Belagri voit comme une défaite générale et un affaiblissement évident de la Grande République, même en cas de victoire, à un moment crucial de son histoire où elle se doit de maintenir sa croissance dans tous les domaines. Rejoint un an après l'agression, jour pour jour, par les nations de l'OND dans les sanctions appliquées à la Fédération, la Grande République et son Président fédéral marque là une victoire diplomatique majeure qui isole diplomatiquement l'ennemie, pendant que Westalia gagne en visibilité et en influence à l'international, tout cela en échange... D'une adhésion au sein de l'Organisation des Nations Démocratiques. En plein dans la victoire, cette décision sera pourtant fatale au pays, puisque l'idée est très mal accueillie par la population et tout particulièrement l'opposition de droite qui vient de remporter les dernières élections, poussant à la chute du gouvernement Garandor et à l'implosion de la coalition de gauche au pouvoir, entrainant le pays dans une crise politique dont la seule constitution d'un gouvernement de compromis, celui de Richard Kaylor, parviendra à repousser la paralysie générale.

Aujourd'hui, la diplomatie westalienne est principalement entre les mains d'Henry Takajiwa, qui a profité de cette crise pour faire son retour par la grande porte à la tête des affaires étrangères. Considéré comme le diplomate le plus influent d'Aleucie, en l'espace d'une année, ce dernier a recentré le regard de la Grande République sur le continent, créant de nouveaux partenariats et alliés stratégiques pour le futur, tout en étant très actif dans la chasse aux influences étrangères non-aleucienne, s'attribuant le départ de la base militaire slavis en Maximus et de la base militaire kartienne en Lermandie, propageant progressivement l'idée d'une souveraineté aleucienne à défendre dans tout le continent, touchant majoritairement des nations proche de Westalia, mais pas seulement. Avec les deux nations, Westalia et Stérus, retournant vers leurs propres affaires et faisant retomber naturellement les tensions, le Ministre fédéral en a profité pour se réapproprier l'ensemble de la diplomatie westalienne, prenant de plus en plus d'influence sur les décisions, face à un Simeon Belagri qui n'occupe plus qu'un rôle de "garde-fou" contre toute application trop radicale du programme imaginé par le théoricien en relations internationales, le conservateur jouant beaucoup sur la peur d'une fin du statu quo intérieur, sans pour autant trop jouer avec le feu. Lors des reprises de contact, dans un premier temps officieux, entre la Grande République et le désormais Empire, c'est sans surprise ce dernier qui fut à la tête des échanges avec le nouveau gouvernement stérusien, tout autant qu'il fut celui en charge d'organiser et de trouver un lieu acceptable pour cette rencontre.

Simeon Belagri, Président fédéral de la Grande République de Westalia, et Henry Takajiwa, Ministre fédéral aux affaires étrangères westalien.
Simeon Belagri, Président fédéral de la Grande République de Westalia, et Henry Takajiwa, Ministre fédéral aux affaires étrangères westalien.

Le lieu de cette rencontre historique n'est autre que Nova-Aphalstèma, la capitale de la République du Nouveau-Saptär, un État fédéré en Yukanaslavie. Le choix de cette ville avait été porté à la suite d'une rumeur sur la recherche d'un tel lieu au sein de l'administration westalienne, une rumeur arrivée entre les mains de Volodimir Pervetcha, Président du Nouveau-Saptär, par des contacts officieux qu'il détient grâce à sa proximité avec le milieu conservateur westalien et l'opportunité diplomatique qui pouvait en être dégagé. Toujours par ses mêmes moyens, il parvient astucieusement à se présenter comme un potentiel hôte neutre à la diplomatie westalienne, qui accepte rapidement son offre d'héberger la rencontre entre les deux délégations étrangères et ennemies. Proche de Victor Hardenbor, qui n'est sûrement pas étranger à ces mouvements dans l'ombre, l'objectif n'est nullement de créer un rapport de force face à Stérus, mais plutôt de soutenir son ami et allié sud-aleucien, pour l'ancien dirigeant westalien officiellement "en retraite", afin de gagner une prestance internationale et de faire progresser son influence de plus en plus présente dans l'ombre yukanaslave, pour que le poids de Pervetcha dans les affaires yukanaslaves soit naturellement plus important. Comme toujours en Westalia, les intrigues de l'ombre ne sont jamais bien loin et les personnes auxquelles on peut s'attendre le moins peuvent toujours se trouver liées à certains événements officielles, sans que cela ne soit connu d'une quelconque façon, comme ici. Une nouvelle preuve que les jeux et combats d'influence des Dynastic Families s'étendent désormais à toute l'Aleucie.

Contrairement à d'autres rencontres, on se retrouve avec beaucoup moins de mise en scène et le "show" qu'aime bien mettre en place les westaliens. Pas d'avenue de citoyens accueillant les délégations avec de grands drapeaux, pas de nuées de journalistes dès la sortie de l'avion pour submerger de flash les protagonistes de cette rencontre, seulement des convois bien protégés pour les amener sur le lieu de leur réunion, tout de même accompagné de photographes d'agences de presse nationales des deux pays, pour garder une trace historique de l'événement et pour redistribuer les photos prises aux autres médias après cet événement. Une organisation dans la simplicité et l'austérité qu'exige une telle rencontre très particulière et à la fois très privée, bien qu'elle ne soit un secret pour personne. Dans la délégation westalienne, on retrouve le duo qu'est désormais Simeon Belagri et Henry Takajiwa, de plus en plus habitué à travailler ensemble, obligé de mettre leurs différents et rivalités de côté pour le bien d'un gouvernement stable, alors même que la campagne des présidentielles bas son plein en Westalia, avec Simeon Belagri qui a déjà annoncé son intention de se représenter à son poste et Henry Takajiwa qui a soutenu ouvertement la candidature de Victor Hardenbor Jr., dans une interview télévisée donnée en septembre de cette année, où il y aborde brièvement du cas stérusien.

Les deux hommes ont grandement travaillé cette rencontre qu'ils ne pensaient pas voir survenir avant plusieurs années, au moins, le changement de régime en Stérus étant survenu plus tôt que dans les prédictions qu'ils avaient établis à l'origine. Le départ de Cristobal Pandoro était une nécessité pour en arriver à ce point, il était évident que toute discussion pour la paix n'aurait pas pu être possible avec l'ancien Consul, véritable auteur de la dégradation des relations entre les deux pays, depuis 2014, à un tel point qu'il est désormais considéré comme un terroriste en Westalia. La question n'était pas vraiment de savoir si une monarchie est plus adaptée qu'un régime républicain pour les stérusiens, ils préfèrent laisser la réponse à ces derniers. Mais il avait été identifié que la nouvelle Impératrice, au cœur des changements institutionnelles survenus en Stérus, était beaucoup plus ouverte au dialogue que son prédécesseur, avec la prise de conscience nécessaire que le futur de l'Empire ne pourrait pas se faire avec une Grande République toujours aux aguets et capable d'interpréter toute action comme la préparation à une nouvelle agression contre cette dernière ou ses intérêts, une bonne vision et une bonne réaction pour la nouvelle dirigeante. Aucun des deux dirigeants westaliens ne l'avait rencontré en personne, leur impression sur cette dernière n'ayant été établis que par les récents échanges de missives et l'actualité stérusienne, il resterait donc à savoir à quel point la nouvelle cheffe de l’État stérusienne serait prête à se montrer ouverte au cours de ces négociations.

L'accueille des deux délégations est réalisé par Volodimir Pervetcha en personne, qui se positionne au centre d'une photo prise de toutes les personnes réunies aujourd'hui, échangeant formellement avec ces dernières, avant de les guider dans la salle où se tiendront les discussions pour la paix, les laissant seules face-à-face autour de la table. Si les westaliens sont ouverts au dialogue, on peut rapidement voir que ces derniers ne se présentent pas aussi jovialement qu'ils peuvent le faire dans d'autres circonstances, le dernier échange de ce type avec un stérusien ayant mené aux fondements de cette "guerre froide" entre les deux nations, la méfiance est donc encore de mise et il sera nécessaire à la délégation stérusienne de présenter patte blanche pour détendre l'atmosphère. Stérus est peut-être devenu un Empire, possède un nouveau gouvernement, mais cela n'a pas changé le fait que ce pays est toujours considéré comme une menace pour les westaliens, dont la qualification "d'Ennemie" est toujours bien d'actualité, tout comme les sanctions qui vont avec. Cette apparence ferme est également un premier message envoyé aux stérusiens : ils veulent faire comprendre la gravité des actes commis par le passé avant même les premiers échanges de mots, leurs regards ne sont pas pour autant hostile, mais remplie de sérieux et de fermeté.

Le court silence qui suit le départ du Président du Nouveau-Saptär, de la pièce où ils se trouvent, est brisé par la première prise de parole de Simeon Belagri, qui débutent formellement les échanges par une simple introduction.

Simeon Belagri : Chers représentants stérusiens, Votre Majesté, je tiens à commencer nos échanges par saluer votre geste de rétablir le contact avec notre gouvernement, dans l'objectif de ramener la paix entre nos deux peuples. Le sang a été versé dans ces querelles qui n'auraient jamais eu lieu d'être, un point de non-retour a failli être franchi et qui aurait pu provoquer la mort de milliers, voir de millions, de personnes en Aleucie. Il est désormais temps de régler cette crise qui pourrit notre continent depuis de nombreuses années, il est temps de donner une nouvelle chance au dialogue et à la diplomatie pour régler nos différents. Pour le moment, vous avez fait preuve de bonne foi en respectant nos conditions pour la tenue d'une telle rencontre entre nous et c'est une très bonne chose pour la suite de ces échanges. C'est en posant un contexte propice à des discussions constructives et pacifiques que nous pourront nous approcher d'une solution. Ceux-ci ne seront probablement pas faciles, mais je peux vous assurer que nos intentions sont toujours portées dans la sauvegarde de la stabilité de notre continent, comme cela a toujours été le cas depuis le début de cette crise. J'ose toujours espérer que, à la suite de nos derniers échanges épistolaires, cette vision est toujours la vôtre.

Le Président fédéral n'avait nullement l'objectif de débuter cette rencontre dans un esprit revendicatif, mais bien par une remise en contexte et des premières intentions qui doivent guider ces discussions. Les westaliens auront bien leurs revendications à présenter par la suite, mais chaque chose viendrait en son temps et au bon moment, afin de laisser la parole à la délégation stérusienne, pour lui permettre de s'introduire également avant d'attaquer le sujet central de cette réunion.
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