27/05/2019
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La salle des Scones, Statsrådetshus
salle des scones


/!\ Tout ce qui est écrit dans ce topic relève évidemment du secret, aucun pays ne peut exploiter ce qui est écrit ici.

Il est 10 heures du matin en Norland. En ce jour du 4 janvier 2019, le soleil au milieu du ciel entièrement dégagé et bleu rayonne et frappe de ses rayons doux la ville refroidie par deux semaines de neige discontinue. Les fenêtres de la salle des Scones, baignant dans la lumière de l'astre du jour, sont ouvertes pour laisser rentrer l'air frais, des courants d'air font voler des feuilles dans la pièce mais la présidente, assise sur un des deux canapés noirs à côté de la cheminée, n'y prête aucune attention. Tant que les papiers qu'elle tient dans sa main ne s'envolent pas, tout va bien.

Margrethe lit, relit et repasse avec un stylo noir sur ses feuilles le projet de budget fédéral qu'elle doit soumettre dès demain à la Populaire. Elle corrige des détails ou en rajoute, barre par-ci d'un trait brutal un projet de nationalisation d'entreprise qu'elle juge superflu, ajoute par la une ligne de remarques concernant des investissements hypothétiques sur de l'armement étranger. Il lui faut un projet parfait : ambitieux mais à la mesure des moyens norlandais actuels. Il lui faut un projet qui servira au Norland de véritable moteur à propulsion qui redémarrera pour de bon l'économie norlandaise et qui sera la base d'un futur Norland qui vise une certaine importance à l'international.

La salle des Scones est le bureau de travail de la présidente à la Statsrådetshus, elle ne s'y rend pas si souvent, préférant le confort et l'immersion de l'Uglenspalads. Elle est à ce bureau pour attendre Henriette Bjerregard, sa ministre de l'économie, du commerce et de l'industrie, de 43 ans son aînée. Un garde républicain entre alors dans la salle.

- Mme Bjerregard est ici, Mme la présidente.

- Qu'elle entre.


Mme Vestergaard accueille avec un court câlin celle qui était sa mentore, celle qui a révélée la présidente de Norland, qui lui a permis d'entrer sur la scène politique et celle qui a acceptée de la suivre jusque dans les rangs de son cabinet. L'ancienne présidente (imaginez Margaret Thatcher) est donc invitée à s'asseoir sur un des deux canapés noirs de la salle. Elle est suivie de Margrethe qui s'assoit face à elle. Les deux s'échangent des formalités autour d'un cream tea, puis, après leurs dernières gorgées de thé, attaquent le vif du sujet pour lequel elles sont réunies.

- C'est pour le budget, n'est-ce pas ? Demande d'une voie affaiblie par le temps la ministre.

- Je veux vous demander de le porter à la Populær.

Cette demande déstabilise la ministre, qui répond "Vous êtes sûre ? Ce budget est le vôtre, madame la présidente..."

- Non. Je veux que la Populær voit que ce budget est le nôtre, il est celui de la Statsrådet. Il faut qu'elle voie que ce mandat n'a pas servi à rien, que nous tous avons apporté notre pierre à ce budget. Si vous y allez, cela portera le message que ce budget est un effort collectif, car il l'a été. 40 000 000 000 de guldmønts investis dans les domaines de l'économie civile d'ici la fin de l'année. 25 000 000 000 de guldmønts dans la recherche et 25 000 000 000 dans le militaro-industriel d'ici la fin de l'année. 20 000 000 000 dégagés pour l'étranger, que ce soit dans d'hypothétiques aides au développement, la solvabilité auprès de l'Empire du Nord ou bien dans l'achat d'armement. Un nouveau ministère à l'innovation et à la recherche. Ce sont nos objectifs, j'entend bien les voir atteints.

- L'arène législative sera très sceptique, Margrethe...

- C'est bien pour cela qu'il faut que je vous envoie là bas. Henriette, vous êtes une ancienne présidente, vous êtes encore aujourd'hui une figure qui inspire le respect dans la globalité de l'assemblée. Les seuls qui ne vous respectent pas sont la True Right et le NMO, mais ils ne respectent personne donc... Ce qui importe, c'est qu'ils verront que vous savez de quoi vous parlez, une ancienne présidente doublement élue défend le projet de relance proposé par le cabinet Vestergaard auquel elle aura d'ailleurs grandement contribuée.


Après une courte réflexion, elle prend le projet de budget fédéral dans ses mains et le lit attentivement. Elle remarque une feuille volante, un rapport de la Direction de la banque centrale et du trésor fédéral indiquant les retombées optimistes de tels investissement, signé directement de la main de Mr Galdeston. Henriette lève les yeux vers Margrethe lorsqu'elle reprend la parole.

- Nous sommes quasiment surs de gagner les élections générales de 2019. Mais un autre coup d'éclat n'est jamais superflu. Je veux aussi montrer au parti, ainsi qu'à la coalition, que je suis le seul choix possible pour la victoire en septembre. Il faut remobiliser la gauche norlandaise, ne pas la laisser faiblir, et ce budget, c'est celui de notre famille politique.

- Il faudrait alors s'assurer de tout le soutien de notre famille politique. Le respect que j'inspire, selon vous, ne veut pas dire que je suis apprécié. Souvenez-vous que ma nomination au poste de ministre a souligné de grandes oppositions au sein du mouvement.

- Ne vous inquiétez pas, j'ai appelé le président de la majorité, il s'assurera de rassembler tous nos élus. Aucun ne vous fera obstruction.

- Bien, je serais à la Populaire dès demain. Ce sera mon dernier coup d'éclat à votre service. Henriette hoche la tête en disant ceci et se lève au rythme d'une vieille personne à bout d'énergie.

La cheffe d'état et la ministre se câlinent une dernière fois avant la fin de leur entrevue. Le dossier du projet de budget fédéral part avec la ministre, qui a toute la journée pour se familiariser complètement avec, car à partir de demain, le dernier épisode de sa longue vie politique qui définira son héritage sur le long terme prendra place à la Populær.

Évènements datés du 04/01/2019
9882
Marlene Sørensen Hall, Windsdale-Vinddal
MS Hall


Cet évènement est de connaissance publique, tous les pays y ont accès.

Le Marlene Sørensen Hall, plus belle et prestigieuse salle de spectacle de toute la capitale, est aussi la plus fréquentée. Elle est habituée des évènements en tout genre, surtout musicaux avec des réceptions d'orchestres classiques et de groupes (principalement d'indie et art rock et de shoegaze). Cependant, il arrive que la salle soit aussi accaparée par des évènements du type théâtral, conférencier ou même politique. Le soir du 7 avril 2019, 5 272 personnes constituent le public du meeting d'un certain homme politique indépendant, l'élu à la Populaire de la circonscription de Targa, le sexagénaire Emil Nyborg.

Cette soirée, Mr Nyborg est aussi accompagné de Birgit Jeppesen, élue indépendante pour la circonscription de Kongested. Cette soirée n'est pourtant pas marquée sous la couleur noire des indépendants (il s'agit aussi de ne pas plonger la salle dans l'obscurité, ce qui serait dommage) mais sous un rouge sombre rappelant celui d'un certain régime du nord de Paltoterra. Alors que les deux personnalités politiques entrent fièrement sur la scène sous les applaudissement du public, derrière eux est exposé un drapeau bien singulier :

thistle

Ils ont une vision bien singulière de la fédération, qu'ils comptent bien faire connaitre. Ce drapeau en est l'illustration et le chardon est le symbole du mouvement que Mr Nyborg et Mme Jeppesen veulent amorcer.

"Ce drapeau, messieurs dames, c'est l'image du futur tel que nous l'imaginons !" Annonce Birgit.

"Vous êtes ici pour nous écouter, nous, les indépendants." Continue Emil, qui prend le relais sous le regard de sa collègue. "Moi et la représentante de Kongested, avions eu, il y a un an de cela, une idée, l'idée d'un nouveau mouvement tel qu'il n'en a jamais existé dans cette fédération. Vous n'êtes pas sans savoir que nous partageons des origines dans la gauche traditionnelle : elle de la Left Union, moi des Socialradikale. Et nous avons quitté nos mouvements respectifs tout deux déçus de ce qu'ils constituent. Ce n'est absolument pas la gauche telle qu'elle a été rêvée par ses premiers penseurs d'Eurysie et de Nazum, ce n'est pas cette gauche dont l'objectif est de renverser le système et aboutir sur l'abolition de l'état que nous visons, mais c'est une gauche institutionnaliste qui se compromet avec le système capitaliste et les classes bourgeoises que nous combattons bec et ongles. C'est une gauche fondamentalement social démocratique, à qui il a fallu un effondrement économique majeur pour se rendre compte de ce qu'il fallait enfin faire, à qui il a fallu que des centaines de milliers de travailleurs souffrent pour se remettre à rêver d'une gauche brutale envers les oppresseurs telle qu'elle fut imaginée auparavant."

"Le gouvernement de Mme Vestergaard nationalise, favorise le système social de solidarité envers les travailleurs, écoute ces derniers et collabore avec toutes les ailes de la gauche et du centre, et bien d'autres mesures. À bien des égards, c'est une gauche qu'il nous faut au pouvoir, envers laquelle en peut peut-être enfin avoir confiance. Malheureusement, cette gauche la, elle n'est en vie que pour un temps et nous le savons : elle n'est incarnée que par un certain groupe de gens à gauche qui n'ont qu'une mainmise temporaire sur leurs mouvements, et les acquis de ce gouvernement seront menacés dans le futur. Le fait que ce soit une gauche anticapitaliste - même si ce n'est que relativement, je vous l'accorde - dérange déjà les classes bourgeoises et les PDG qui nous oppressent grâce à la démocratie... Continue Birgit, interrompue par une quinte d'applaudissement dans les gradins. Grace à la démocratie et la fédération des sydlandais et des potomonques."

Emil : "Entendez nous bien, ce sont des outils formidables. Le peuple entier peut être entendu, élit ses candidats, choisit ceux qui les représentent, dont moi et ma collègue. Les deux nations s'unissent en un bloc, concentrent une partie de la gestion des facteurs nationaux... Bref, on a déjà assez soupé de ces éloges ininterrompus. Seulement, ses défauts écrasent ses avantages. Elles ne servent que les plus riches, permettent et encouragent l'exploitation de la classe ouvrière et permettent aux classes bourgeoises supérieures et au pouvoir de s'approprier les moyens de production et toutes les richesses. Pendant trop longtemps, depuis sa naissance, le modèle fédéral démocratique a servi de tremplin au système capitaliste, a la libéralisation et à la privatisation de tout ce qu'il nous faut pour vivre décemment en citoyen : que ce soit dans la santé, dans l'éducation, dans les marchés de la nourriture et de l'eau, et tant d'autres. Il nous faut autre chose."

Birgit : "Comme une union des communes."

Emil : "Une union des cités permettant une démocratie directe des classes populaires. Nous voulons clairement abolir ET la fédération, ET la démocratie indirecte. Concernant la fédération, ce que nous voulons, c'est une destruction complète du concept des nations. C'est un concept qui nuit à l'unité du prolétariat en inventant l'arbitraire de la fierté nationale, de l'appartenance à une identité qui justifierai une discrimination de ceux qui sont différents. Nous remplacerons l'union des nations par la fusion des communes, indépendantes mais interdépendantes. Et, à l'échelle de ces communes, nous remplaceront la démocratie indirecte représentative par la démocratie directe ou tous les ouvriers, agriculteurs et syndicalistes, se réuniront et décideront eux-mêmes de l'avenir de la communauté et de la commune. Car en effet, le problème avec la démocratie indirecte, c'est tout simplement le fait que 176 personnes décident législativement pour presque 5 millions de personnes, c'est le fait que 11 personnes dirigent la destinée d'un pays entier, et c'est le fait que ce sont très souvent les plus riches qui, grâce aux systèmes d'élection et d'exposition médiatique, se retrouvent à ces positions de pouvoir, défendant leurs intérêts et idéaux au lieu de ceux du prolétariat."

Birgit : "Au delà de l'abolition de la fédération et de la démocratie directe, nous défendons aussi des projets concrets : nous sommes pragmatiques, nous savons que ce monde n'est pas prêt et ne le sera pas dans un futur proche. Nous ne cherchons pas à étendre notre révolution, mais à la défendre en son sein. Ainsi, nous défendons une idée de communalisme proche à Norland, similaire au socialisme civique Kartien en ce sens. Aussi, afin de défendre notre système de démocratie directe, seuls les travailleurs et travailleuses majeurs seront éligibles à la participation de la vie citoyenne : mineurs et retraités seront considérés comme enfants de la commune, donc complètement pris à charge par celles ci. Nous défendons une armée des communes unies, forte et moderne, avec une priorité accordée à la marine. Nous défendons un appareil exécutif collégial constitué des futurs chefs et cheffes de chaque commune. Nous défendons le démantèlement des grandes fortunes, redistribuées et mises au service du peuple, ouvrier et agricole. Nous défendons une nationalisation absolue et complète de toute action étrangère sur le sol Norlandais, ainsi que pour toute entreprises norlandaise privée. Nous défendons un système au service du prolétariat : santé publique, assurance sociale complète, retraite à 60 ans obligatoire prise en charge, droits des femmes complètement garantis dans leur intégralité, dans un monde ou beaucoup de nations ont encore des progrès à faire. Au niveau de la recherche, nous voulons continuer sur la lancée insufflée par Mme Vestergaard, le conseil des communes se portera garant de tout financement."

Le meeting est interrompu par une longue quinte d'applaudissements. Au bout d'une demie minute, L'Internationale résonne dans la salle, les élus rejoignent le chœur, main dans la main, poings levés. Au bout de cinq minutes, Emil et Birgit reprennent contrôle de la salle.

Emil : "Notre programme vous est à peu près étayé. Il y a 176 communes en Norland, toutes représentées à la Populær, ce nombre va rester. Les 176 futurs représentants de ces communes seront tirés au sort tous les 4 ans afin de faire partie de Conseil Fédéral. Mais les détails seront réservés au Manifeste du Mouvement Communal. En effet, aujourd'hui est né le Mouvement Communal ! Nous n'avons pas l'ambition de tomber dans l'infamie dans laquelle ont sombré les mouvements indépendantistes du siècle dernier, c'est pourquoi le mouvement va s'intégrer à la vie politique fédérale, chercher des places à la Populaire et participer aux élections générales de 2019. Nous voulons nous faire entendre et faire entendre nos revendications."

Birgit : "Je vous annonce par ailleurs être la candidate officielle à la présidence des EUN en 2019, avec pour colistier, mon collègue, Emil Nyborg ici présent. Après ce discours, cela peut vous sembler hypocrite... Un appel au renversement du système dénoncé suivi d'une annonce de participation dans ce système même. Je ne tiens pas à vous rassurer, ça l'est..." Quelques rires éparses éclatent dans les gradins. "Cependant, il faut d'urgence que notre mouvement gagne en présence médiatique, qu'il se fasse entendre et connaître par le large public. Si vous nous accordez votre confiance, nous agirons comme une vraie force d'opposition à la Populaire : ni à la solde de la droite, ni à celle des sociaux-démocrates."

Emil : "Ainsi, nous espérons compter sur vous, en premier lieu, vous qui assistez à la naissance de ce mouvement, pour nous accorder votre soutien. Nous comptons sur vous pour agir en tant que corps militant du mouvement. Le mouvement des communes à besoin de vous, les futurs missionnaires de la raison et de la justice sociale ! De Midburgh à Walters, de Trehorn à Boonemooth, de partout en Norland, portez le message ! Collez des tracts ! Persuadez et affrontez les fascistes dans leur terrain ! Montrez leur qu'une autre initiative à tout ce que l'on leur propose est possible, un changement radical, dont le peuple est moteur ! N'ayons pas peur de nous élever contre les décideurs et menons la lutte des classes sur leur terrain ! Emportons tout sur notre passage sous le signe du chardon, fleur résiliente et commune à toute la fédération, dont les piques illustrant son intransigeance rappellent nôtre détermination !"

La fin du discours enflammé mené par l'élu Nyborg sous les yeux admirateurs de Mme Jeppesen finit brouillé par les applaudissements intenses et les acclamations du public conquis. C'est en effet un moment historique ici, le premier mouvement d'extrême gauche de l'histoire Norlandaise est né, sous les applaudissements, dans la salle la plus prestigieuse et luxueuse du pays. Ils ont déjà un candidat, enfonçant le clou toujours plus profondément du naufrage annoncé du Common Sense Caucus, dont la date de la primaire n'est toujours pas annoncée à ce jour. Cette nouvelle n'est certainement pas une joie non plus pour la coalition gouvernementale, qui ne peut plus se vanter maintenant de réunir l'entièreté de la gauche et d'être un mouvement d'unité absolue. Tandis que pour la droite radicale, c'est carrément une déclaration de guerre, leur Arch Némésis prétend débuter contre eux un bras de fer.

Cette nouvelle ne risque pas non plus de faire des heureux à l'internationale. Même si ceci ne reste que spéculations, on pourrait supposer que les seuls quelques heureux pourraient être le Grand Kah ou la Confédération Socialiste Nazumi. En revanche, nous ne sommes pas si certains que des ensembles de pays comme la Sublime Maison Aykhanide reçoive cette nouvelle avec allégresse...

Évènements datés du 07/04/2019
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