29/01/2019
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Culture

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Sagaen om Langskægget
Récit fondateur du Sydlande

Cette chanson folklorique relate l'histoire du Jarl Knut Langskæg, unificateur de la nation.
Ce récit est évidemment raconté sous un œil légendaire, mythologique. Il s'agit de la première pierre angulaire du roman national sydlandais et du récit fédéral.
Ce n'est donc absolument pas une source fiable sur le personnage.




Sujet :
Knut Langskæg, Jarl de Vinddal et premier haut-jarl de Sydlande est un personnage ayant vraiment existé de 1191 à 1258 et de qui on a une histoire réelle assez complète - même si certains aspects de son enfance et de son accession au pouvoir à Vinddal restent quelque peu confus. Cette histoire vraie de Knut Langskæg nous est relatée par le plus grand historien norlandais, Haakon Dawson (1853-1937) dans son livre Knut Longue-barbe, le héros démystifié publié en 1927. Dans cette histoire, Knut nous est pas que décrit comme un père fondateur de la nation, mais aussi comme un véritable demi-dieu, issu d'une union magique entre un paysan (la terre) et une déesse (le ciel) dans le but d'être le champion de tout le panthéon sydsilvanien et l'instrument de leur volonté élevé à la fin de l'histoire au rang de dieu protecteur de Sydlande, place qu'il tient réellement dans la foi sydsilvanienne.

Origine :
Cette chanson fut chantée depuis au moins le XIVe siècle, on sait notamment qu'elle fut rédigée dans le but d'asseoir de manière durable la légitimité de la dynastie Langskæg. Le poète à l'origine de cette saga est inconnu. On ne sait même pas si c'est un seul poète qui est derrière ce récit, il est probable qu'il ait été modifié, peaufiné, rallongé au fil du temps jusqu'à parvenir au scribe Beorhthelm (XVe siècle), qui l'a retranscrit dans une série de 5 livres, un par tome : Vidunderbarn (enfant prodigieuse), Kampen mod Ørnen (combat contre l'Aigle), Jarl af Vinddal (Jarl de Vinddal), Guddommelig krig (guerre divine) et enfin Højjarlen for alle sydlændinge (Haut-jarl de tous les sydlandais). Bien sûr le récit fut écrit en proto-sydsprog, il traverse de nombreuses traductions jusqu'à celle de 1955, canonisée au rang de traduction officielle de la chanson par décret de la Statsrådet.
Pendant la guerre d'indépendance contre Caratrad, la saga fut un symbole unificateur exploité par Sir Goodwin puis par Sebastian Bjerregard pour unifier tous les jarlats. La saga, interdite, fut chantée en public dans les villes, des vers furent criés par les indépendantistes en bataille et la première partie du premier vers de la saga est la devise du Norland : Born under the northern stars (Født under de nordlige stjerner). Le vers entier est : Født under de nordlige stjerner, den enestående bondesøn Knut (Born under the northern stars, the prodigious peasant's son Knut) !

Contenu :
Vidunderbarn
Né des larmes d'un paysan ayant perdu son champ suite à une attaque du Dieu Aigle, Knut est le cadeau de la déesse du cycle éternel de la vie et de la mort Livdeyði auprès de ce modeste cultivateur et auprès de la terre sydlandaise. Il grandit vite, il devient fort et aide son père à reconstruire sa ferme, part chasser des bêtes et se bat à mains nues contre des monstres de la forêt et survit. Il part dans les pâturages surveiller le troupeau de brebis et de moutons de son père.
Un jour, alors qu'il a 16 ans, un loup gigantesque attaque la troupeau et mange 10 moutons, Knut part défendre le troupeau et lui donne dix coups, un pour chaque mouton et chaque coup lui en fait vomir un. Au bout du 11ème coup, le loup est terrassé. Knut découpe donc un bout de sa peau, qui devient sa cape (dont les effets sur lui sont un décuplement divin de sa force et une capacité à se soigner prodigieusement rapidement) et se fait un pendantif avec une dent de ce loup, pendentif qui le protège de la mort du moment qu'il le porte. Il ne le sait pas, mais il vient d'abattre le géant Ulvumarra, le loup cauchemar. Cela attise la colère du Dieu Aigle qui planifie sa vengeance perché du haut de sa colline.
Pendant ce temps ci, il devient à 17 ans un homme idéal : grand, beau, fort, avec un corps taillé, une voix mélodieusement grave et une longue chevelure blonde accompagnant une barbe complète. Il rencontre Luta Onguldottir, fille du jarl de Vinddal Ongul Letøkse (Hache légère, car il n'a aucun remord à abattre quiconque de sa hache). Ils tombent amoureux, mais cela ne plaît pas à Ongul. L'Aigle le voit et lui murmure à l'oreille de proposer à Knut un défi : la main de Luta et Vinddal lui sera accordé si il débarrassait le Sydlande du Dieu Aigle. Persuadé que Knut n'allait pas pouvoir abattre un dieu, il accepta et soumet ce défi à Knut.

Kampen mod Ørnen
L'Aigle est la toute première créature née de la terre et de la pluie, il s'agit d'un énorme aigle (qui nous est décrit comme une pygargue impériale plutôt que comme un aigle) estimé à 5 mètres de haut, aux plumes cuivrées, voire rouges, tranchantes comme des épées, dont le regard pourrait suffire à interrompre définitivement le battement d'un cœur. Il acquit tant de force et de pouvoir qu'il tyrannise et terrifie tout ce qui vit après lui. Dieux, déesses, géants, animaux, humains et âmes. Tous et tout fut tyrannisé par le mesquin Aigle.
Ainsi, c'est contre ce dieu que Knut devra livrer bataille devant une Luta désespérée qui cria à son père de cesser le combat, sans que ce dernier écoute.
Le combat commence dans le champ bordant le lac Béni. Le premier coup fut porté par Knut qui brisa le bec en or, fer et bronze du tyran rapace. Cependant, Knut fut balayé d'un coup d'aile dans le lac. Sombrant dans les plus basses profondeurs du lac, sur le point de mourir, une lumière lui apparut : celle du dieu des mers, océans, lacs et fleuves et roi de tous ceux qui vivent dedans ; Halgurvatn. Halgurvatn lui fit cadeau d'une lance brulant d'un feu qui subsistera tant que Knut vivra, partout, en toutes circonstances. Deux dauphins, missionnés par Halgurvatn, l'éjectent alors du lac si puissamment qu'il heurte à pleine vitesse l'Aigle, alors en plein vol. Durant toute la durée de la chute, Knut poignarde sans cesse le tyran de son épée jusqu'à ce que les deux s'écrasent au sol. Knut perd son pendentif pendant la chute. L'Aigle se relève avant lui et manque de le tuer à force de le griffer sur tout son corps. Cependant il est déconcentré par les cris stridents de Luta qui lui percent les tympans. Fou de colère, fonçant pour la tuer, l'Aigle est de suite immobilisé par un Knut ayant rassemblé la force de l'attraper par la patte et de balancer dans le lac. Il renfile son pendentif et plonge dans le lac pour lui asséner le coup final.
L'ayant retrouvé sous l'eau, il se saisit de ses plumes rouges contondantes et lui coupe la tête d'un coup d'épée final. Il remonte à la surface avec deux plumes de l'Aigle et sa tête. Au grand désarroi de Ongul, Knut récupère la main de Luta et la couronne de Vinddal. Ongul d'abord tente de tuer Knut de sa hache, mais est vaincu d'un simple revers de main de Knut lui brisant la mâchoire. Humilié, Ongul se jette finalement dans le lac Béni et s'y noie après le mariage de sa fille et de Knut pour aller retrouver son frère en fourberie.

Jarl af Vinddal
Une fois jarl de Vinddal, les dieux et déesses venaient tour à tour lui remercier de les avoir libérés du joug d'un présent qui serait vital à Vinddal. Les cadeaux les plus marquants sont de la déesse Livdeyði sa mère, du dieu Halgurvatn et de la déesse de la guerre Kriggjskona. Livdeyði lui offre un chêne vigoureux et immortel garantissant éternelle fertilité aux femmes de Vinddal et aux terres agricoles alentours. Halgurvatn fit éternellement souffler vents et courants apportant moults poissons à pêcher. Kriggjskona lui offrit un casque d'or qui, une fois porté par Knut, invoque une armée de 2000 valkyries et de 2000 archers divins.
Son temps en tant que jarl de Vinddal fut légendaire, tout le monde fut riche et heureux dans un règne juste. Livdeyði avait béni le couple d'onze d'enfants, 4 hommes et 5 femmes, dont la cadette était appelée à lui succéder.
Mais Svikalg, dieu de la malice, de la jalousie et des complots, devenait de plus en plus irrité de voir cet homme devenir le chouchou des dieux. Il souhaitait prendre sa place et déchaîna fléaux sur fléaux sur la ville de Vinddal. 20 fléaux (20 deviendra d'ailleurs le nombre de la jalousie dans la culture sydlandaise), que Knut, s'étant d'ailleurs laissé pousser une longue barbe lui conférant sagesse, réussit à déjouer sans grande difficulté. Désespéré par l'intelligence de Knut, Svikalg décide finalement d'installer la jalousie chez les 6 autres jarls de Sydlande et de les liguer insidieusement contre la ville florissante. Ainsi, une prodigieuse armée de 17 000 hommes est levée par les 6 villes rivales de Vinddal. Et elles convergent vers la ville pour l'assiéger.

Guddommelig krig
Averti par Kriggjskona de ce qu'il allait se passer, il leva une armée de 4000 hommes et fit ériger de superbes murailles autour de la ville avec l'aide du roi des nains Álvgeir Kriggjshamari, qui lui fit cadeau d'une légion d'un millier de mages nains armés de marteaux de guerre et montés de griffons. Autour de Knut se rallient quatre dieux clairs (Kriggjskona, Livdeyði, Halgurvatn et Haurfrugv, déesse de l'honneur et de l'autorité), les nains et les Skogrfolks, des créatures des forêts en guerre éternelle contre Svikalg qui a volé la couronne de leur roi.
Autour des jarls ligués contre Vinddal se rallient Svikalg et son armée de démons, les géants de la terre de Sydlande, nés d'un viol de Svikalg sur Kriggjskona pour lequel il a perdu son nez et une oreille et des Havfolks, des créatures des mers que Halgurvatn harcèle constamment.
Une fois l'armée prodigieuse des forces de la jalousie réunie devant l'intimidante forteresse que représente la ville, le siège est installé. Les géants attaquent les murailles sans relâche, mais sans réussir à ne serait-ce qu'égratigner les murailles. Ceci énerve fortement Svikalg, qui repère un caillou sur la muraille. Furieux, il donne un coup de pied au caillou qui se fait éjecter de la paroi et fait s'effondrer tout un pan de la muraille. Ce qui semble être un défaut majeur de construction s'avère être en effet une ruse de Knut Langskæg et du roi nain Álvgeir Kriggjshamari : exposer une faiblesse évidente pour surprendre et assommer l'ennemi, et elle marche. Ainsi, profitant de l'état d'étonnement des forces jarliques, les nains mages à griffons sortent en premier du trou percé et mettent en déroute temporairement les géants, ils sont suivi de l'armée régulière de Knut qui s'attaquent à l'armée plus de 4 fois supérieure en nombre, et Knut, enfilant son casque invoquant une armée angélique et dressé sur sa monture : le cerf Valdemar, roi des Skogrfolks, sort en dernier. La bataille dure 10 jours et dix nuits. Les dieux marchent entre les rangs de guerriers, les morts s'empilent, les corbeaux volent en si grand nombre qu'ils recouvrent le soleil au bout du 8ème jour. Mais finissent par céder, ils fuient un par un et finissent par abandonner leurs adjudants divins à leur sort : les Havfolks sont recouverts par un raz-de-marée lancé par Halgurvatn, les géants se font submerger par les nains et les armées angéliques purgent les démons. Svikalg finit par être pourchassé par les Skogrfolks et Knut, si il réussit presque à s'enfuir, il trébuche dans des ronces que Livdeyði laisse pousser sur son chemin. Knut lui coupe ses longs cheveux noirs et Valdemar récupère sa couronne. La bataille de Vinddal est terminée, mais pas la guerre.
Knut rassemble ses forces et conquiert un par un les 6 villes ayant osé lui tenir tête. Les jarls se rendent inévitablement et lui donnent le titre de Haut-jarl de Sydlande.

Højjarlen for alle sydlændinge
Il s'agit ici des dix années de son règne. Ses enfants sont tous morts lors de la guerre divine, sauf sa dernière fille, qui va vers ses 18 ans et qui est appelée à succéder au trône. Il met alors tout en œuvre pour la protéger de la fureur vengeresse de Svikalg et va même offrir son âme à Livdeyði, sa mère, à la condition qu'elle protège sa fille de tout complot. La déesse va honorer son marché.
En attendant, Sydlande devient une terre de prospérité. Les champs dorés de blé et d'orge recouvrent les plaines et vallées. La faim n'est qu'une idée abstraite, la soif n'est qu'un simple cauchemar, entre le pain et le poisson, entre l'eau des puits et le blé, il y a le choix. Le soleil brille dans le ciel comme il n'a jamais brillé et la pluie est certainement clémente envers lui. Les fleuves ne se réveillent pas, la mer non plus. Les morts sont paisibles et tranquilles. Il relève le royaume de la guerre divine mais se sent partir...
En effet, le don de son âme à Livdeyði a un prix : la vieillesse s'empare de lui de plus en plus rapidement. Ses cheveux perdent leur couleur, ses yeux s'affaiblissent et sa taille rétrécit. La protection des dieux clairs maintient l'amer Svikalg loin de Sydlande mais la peur de voir Svikalg revenir le hante. Aussi, il entend chaque jour les dieux clairs chanter ses louanges et l'appeler à les rejoindre.
À sa mort, le cerf Valdemar, le roi des nains, sa mère et l'âme de son père, mort depuis longtemps, lui rendirent une dernière visite. Il offrit à sa fille le pendentif de la dent d'Ulvumarra, qu'il ne portait plus depuis la fin de la guerre divine, car lui rappelant la violence de son enfance et de son règne. Il partit dans l'au delà d'un dernier souffle paisible, enfin en paix.
Dans le royaume des dieux clairs, il devint le dieu protecteur de Sydlande, Knut Langskæg, pire ennemi de Svikalg. D'en haut, il observa le règne de sa fille Ingrid Knutsdottir Langskæg (qui exista elle aussi réellement), calme et prospère, et sourit. Son sourire génère régulièrement des arcs-en-ciel.
Ainsi s'achève l'histoire de Knut Langskæg, Haut-jarl de Sydlande et père fondateur de la nation.

Spectacle :
La manière de jouer la saga est très précise, bien indiquée dans les premières pages du premier tome de la Sagaen om Langskægget.
Il faut mobiliser un espace pouvant accueillir au moins 500 personnes. Il faut deux chœurs de 35 personnes, 10 altos, 10 voies mezzo-soprano, 10 voies soprano, 5 chanteurs principaux. Il faut 5 corps d'orchestre sydlandais : un corps représente 10 tambours, 5 krigstrompeter (carnyx), 5 violons (l'ancêtre folklorique du violon, le græder, est remplacé par le violon car on arrive plus à le reproduire) et 2 harpes.
Le spectacle doit se dérouler entre 'le jour et la nuit', c'est-à-dire il doit commencer deux heures avant le coucher estimé du soleil et se terminer deux heures après le coucher du soleil. Les chœurs chantent les tomes chacun leur tour, mais cependant se retrouvent ensemble pour chanter la Guddommelig krig (il est le chapitre le plus exigeant à chanter). La musique de la saga est un effort de longue haleine car épique, les orchestres, pour ne pas trop s'épuiser, ne feront qu'un tome chacun.

Avis aux touristes :
Encore aujourd'hui, les représentations de cette chanson sont nombreuses et attirent beaucoup de sydlandais. Ce monument du folklore est constamment entretenu par différentes associations, orchestres, chœurs de chanteurs, écrivains, musées et directement par le Ministère de l'éducation publique et de la culture. Si vous vous rendez en Sydlande pour le tourisme, ce spectacle est un passage obligatoire pour une visite complète du pays. Vous vous plairez autour de feux de bois rudimentaires installés dans des plaines, buvant votre pinte de bière blonde Kragh, applaudissant en rythme avec les spectateurs et chantant en yaourt les vers rythmiques et entraînants de la longue saga.


Rédigé par :
Joan Coarson, professeure chercheuse en littérature mystique sydlandaise à la faculté de lettres de l'UNIMidburgh.
Harald Callesen, professeur chercheur en langue sydlandaise antique à la faculté de lettres de l'UNIMidburgh.
Nikoline Overgaard, professeure chercheuse en musique médiévale sydlandaise au Conservatoire de Boonemooth.
Jean-Pierre de Brasqueville, professeur chercheur en théologie sydsilvanienne à la faculté de lettres de l'Institut Nohord de Favrhavn.
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