14/06/2019
09:38:30
Index du forum Scène Internationale Diplomatie internationale

Grand Ling | Jashuria — La République des Deux Océans rencontre l'Empire du Milieu

6847
Vue de Zhenzhou.
LA RÉPUBLIQUE DES DEUX OCÉANS RENCONTRE L'EMPIRE DU MILIEU.
Rencontre Empire du Grand Ling — Troisième République du Jashuria.


Le Soleil n'avait pas repris sa course dans le Ciel depuis bien longtemps lorsque les premiers agents du Jinyiwei (錦衣衞, litt. Garde Brodée) avaient pris possession de l'aéroport international de Zhenzhou où devait être reçu selon le protocole et les honneurs dus la délégation de la Troisième République du Jashuria. Ils quadrillèrent l'entièreté du deuxième plus grand aéroport du pays une dernière fois après des semaines de préparation en collaboration avec les autorités jashurienne. D'ici à une heure, les émissaires de la République des Deux Océans fouleraient le sol lingois pour la première fois de l'histoire moderne des deux nations voisines.
L'Événement était important, aussi, les autorités lingoises avaient tout préparé au millimètre : zone d'exclusion aérienne et terrestre, personnel trié sur le volet, itinéraire un jusqu'aux différentes étapes du parcours et un florilège d'itinéraires bis au cas où.
Le directeur du Jinyiwei avait pourtant plusieurs fois demandé au Cabinet de revoir le point d'arrivée, arguant autant en faveur du coût astronomique d'une fermeture — même provisoire — de l'aéroport que de la superficie à surveiller en proche périphérie de la Ville Jardin. Oh, il existait bien quelques bases aériennes à proximité qui auraient fait pleinement l'affaire pour la sûreté du convoi diplomatique. Toutefois, aucunes n'avaient la superbe de l'aéroport international et sa célèbre Canopée.
Alors, le vieil officier s'était résigné face à l'absurdité de ses dirigeants. Sur le tarmac, ils seraient au moins trente rien que pour sécuriser l'avion et la délégation présente pour accueillir les jashuriens, les officiers de sang et d'or reconnaissables à leur sabre d'apparat tandis que les forces spéciales seraient, elles, dans leur tenue tactique aux quelques référence à l'ancienne police du Jinyiwei. Invisibles – ou presque. Imperturbables – ou presque.

Face à l'endroit précis où l'escalier tracté se positionnerait, toute la délégation était présente. Les officiers, en tenue d'apparat, du Jinyiwei encadraient un tapis cramoisi qui s'étendait de l'escalier jusqu'à un troupeau de SUV et berlines aux couleurs du jade noir. Derrière eux, d'un côté des représentants des huit ethnies lingoises et quelques invités judicieusement placés çà et là. De l'autre côté, un orchestre se préparait à jouer les hymnes des deux pays. Il avait la particularité d'inclure dans ses instruments, certains outils locaux comme le gong, le dizi, l'erhu, le guqin ou encore la pipa ce qui ne manquait d'offrir des tonalités inconnues aux occidentaux. L'orchestre devait être accompagné de danseuses qui jouaient avec volupté d'un fin tissu de soie rouge.
Au milieu de tout cela, les officiels de l'Empire attendaient patiemment sous une douce chaleur que l'humidité ambiante pouvait rendre difficilement vivable à ceux qui n'en avaient pas l'habitude. Le Premier ministre ZHOU Lee observait la scène depuis sa voiture climatisée. La presse nationale et internationale — dont certains représentants officiaient déjà de leurs appareils photos — avait offert à ses lecteurs quelques polémiques sur la liste des participants à la rencontre. Oncle Pingtie était tantôt présent, tantôt rattrapé par Crohn et hospitalisé. Le Secrétaire au Commerce et à l'Industrie n'avait, soi-disant, pas été convié, mais finalement, on l'y retrouvait. Quant au corps diplomatique représenté par le secrétaire d'État CHEN Hu, il était dit qu'il menait seul les ficelles pour le compte de l'Empereur. Un Empereur qui, d'ailleurs, n'était visiblement pas présent ce matin. Les scandales, polémiques et autres intrigues propres à la politique avaient cette chose commune à toutes les nations, elles ne changeaient jamais.

Bien à l'abri, ZHOU Lee revoyait une dernière fois le plan des deux jours qui devaient composer cette rencontre. Un accueil chaleureux et protocolaire dans la capitale mondiale du Patrimoine, la visite de quelques installations, un déjeuner en petit comité pour travailler activement, l'après-midi une visite de l'usine de Hongzhaji Rail puis trajet en LRH3 direction Neijing où un grand dîner officiel devait être organisé. Le lendemain, lui, il se consacrerait à quelques visites — notamment de la diaspora jashurienne — et des négociations finales en vue du tout premier Grand Traité de coopération autour du Ruban Doré. Qui aurait pu prétendre à ce qu'il soit question de vacances ?
Le Premier ministre tourna la tête un instant vers le tarmac. Au loin l'imposant jet officiel jashurien finalisait son atterrissage tandis qu'une petite armée revoyait le protocole, les uniformes, l'alignement du tapis dans un geste désespéré et vain de perfection. Il en sourit, jaune. Il avait confiance au Destin pour savoir que malgré toute la préparation, il arriverait fatalement quelques légers couacs tout à fait ordinaires.
Le jet s'approcha finalement de son emplacement de parking, guidé par du personnel aéroportuaire. Ce fut le signal donné au vieux politicien pour quitter le confort de son véhicule climatisé et se rendre là où il devait être, fin prêt à accueillir la délégation. Sa voiture s'avança légèrement pour laisser place à un autre SUV tout aussi de jade noir.
Ce qui étonna l'assemblée curieuse était l'homme qui sorti du véhicule pour ouvrir la portière arrière. Il avait un regard ô combien sévère et propre à une force encore plus importante que le Jinyiwei encore, la Garde Impériale. Sous une nuée nouvelle de flash, en sorti finalement Sa Majesté Ling Jiajing de la Maison Ling ; l'Empereur du Grand Ling.

L'Empereur était accompagné de la duchesse de Qingshan-Hanlin, LIN Meiyue de la Maison Lin ; accessoirement directrice de la Linganese Culture Promotion Agency. Tous deux se placèrent à côté du Premier ministre qu'ils n'avaient pas quitté depuis plus d'un quart d'heure. Ling Jiajing rompit enfin le silence en se penchant doucement vers son premier ministre.

– La délégation jashurienne comprend combien de personnes ? Questionna t-il.
– Dix-sept, Votre Majesté. Répondit ZHOU Lee avec son traditionnel calme. La Quatrième Ambassadrice MATHAI Parvati en tête, accompagnée des ingénieurs ayant travaillé sur l'Opération Renaisans, ainsi que des conseillers ou ministres de différents ministères du Cercle Intérieur et offices nationales.
– Et leur Premier ministre ? C'est bien un Premier ministre chez eux ?
– Aux dernières nouvelles oui, Votre Majesté. Se permit de répondre LIN Meiyue. Si nos informations sont encore à jour, il s'agit de l'Honorable SISRATI Nantipat. Il est très friand de pâte de fruit, parait-il.
– Même si je comprends son intérêt pour ces douceurs, cette information ne m'est que très peu utile. Sera-t-il présent ?
– Mh. Nous aimerions le croire, mais il n'est pas dans la tradition jashurienne que le Premier ministre rencontre les délégations étrangères ou se rende à l'étranger. Enchérit ZHOU Lee avant de poursuivre. Pour les jashuriens, le Hall des Ambassades est l'institution qui se charge de tout cela pour le compte du Cercle Intérieur. Le Premier ministre, lui, est plus accaparé par les affaires — nombreuses — de l'Intérieur.
– Qu'on le gave de tarte aux œufs s'il se présente à nous.

L'imposante porte de l'avion s'ouvrit enfin, l'orchestre entama l'hymne jashurien tandis que la délégation et ses membres commencèrent à descendre l'escalier tracté. Ling Jiajing prit une inspiration mesurée, ajusta le col de sa tunique de cérémonie — sobre, à dessein, ni l'apparat du trône ni la tenue de travail, quelque chose entre les deux — et avança d'un pas.
Il avait tenu à accueillir lui-même la délégation jashurienne. Certains de ses conseillers avaient prudemment suggéré qu'une telle marque d'honneur n'était peut-être pas nécessaire à ce stade, qu'un membre du cabinet eût suffi. Il les avait écoutés avec la patience polie qu'il réservait aux avis qu'il n'avait aucune intention de suivre. Le Ruban Doré commençait ici, sur ce tarmac.

Autant qu'il en soit lui-même le premier témoin.


Armoiries du Grand Ling.
3840
Vue de Zhenzhou.
LA RÉPUBLIQUE DES DEUX OCÉANS RENCONTRE L'EMPIRE DU MILIEU.
Rencontre Empire du Grand Ling — Troisième République du Jashuria.




La delegation jashurienne ne mit pas longtemps à franchir le seuil de la porte latéral du jet affecté par les services diplomatiques aux déplacements du Premier Ministre et de sa suite. A la perspective de la fin de son mandat en tant que Premier Ministre – et probablement pour marquer la fin de sa carrière politique – le dénommé Nantipat Sisrati, Premier Ministre de la Troisième République du Jashuria, sortait de sa réserve habituelle pour pouvoir laisser son empreinte sur les relations internationales. Malgré la traditionnelle réserve qu’impliquait le rôle de Premier Ministre au Jashuria, il n’existait aucune loi qui devait empêcher le Premier Ministre de se lancer dans des tractations diplomatiques. Il s’agissait surtout de convenances, et surtout d’une tradition : les relations diplomatiques étaient gérées en propre par les services du Hall des Ambassades, qui prenait appui sur les lois de programmation votées au Cercle Extérieur et soumises par le Cercle Intérieur. Malgré cela, il existait un flou juridique permettant au Premier Ministre de se substituer aux services diplomatiques en fonction pour représenter les intérêts de la Troisième République du Jashuria. De par ses relations de longue date avec les diplomates exerçant dans le Hall des Ambassadeurs, le Premier Ministre Nantipat Sisrati disposait d’une sorte de grâce lui permettant d’œuvrer aux côtés des diplomates sans que leur travail ne soit gêné en rien. Cette initiative lui avait permis de bénéficier d’une image particulièrement bien vue à l’internationale, comme celle d’un homme patient et sympathique, cherchant à tirer le meilleur parti de chaque situation. L’homme avait côtoyé en ses belles années des grands pontes de la politique mondiale, à commencer par le Capitaine Mainio, ou encore Clémence Première, ce qui n’était pas rien ! Il avait même connu le grand Dallas, et tenu tête au Ministre Silva, aux belles heures de la Listonie.

Bien à l’aise dans son costume gris, le Premier Ministre descendit les marches d’acier le menant sur le tarmac de l’avion en saluant d’une main avenante l’orchestre, les journalistes et les serviteurs de sa majesté l’Empereur. Un sourire radieux éclairait son visage, résultat de décennies de tractations politiques, de mains serrées et de conférences de presse. Derrière, lui emboitant le pas, apparut la Quatrième Ambassadrice Parvati Mathai, resplendissante dans un sari cérémoniel vert émeraude. Elle était accompagnée d’une figure bien connue de la scène internationale jashurienne, madame Aspara Sirisopa. Fidèle parmi les fidèles de Nantipat Sisrati, la ministre en charge des grands projets faisait partie des ministres de longue date de la Troisième République du Jashuria. Bien qu’elle ne partageât pas l’ensemble des mesures libérales prônées par le Premier Ministre, près de deux décennies de travaux en commun avaient réussi à créer chez la cinquantenaire et le septuagénaire une connivence peu commune. Vêtue d’une tenue noire aux liserés dorés, Apsara Sirisopa était suivie de près par les représentants des ingénieurs ayant travaillé sur l’Opération Renaisans et surtout, de madame Mathawee Chaiyawan, la directrice de la Madavian Corporation – le méga-conglomérat de travaux publics jashurien ; ainsi que de monsieur Sidhi Chalerm, le directeur de la Porte Dorée, la banque nationale jashurienne responsable des investissements étatiques.

Ce furent au total dix-sept personnes qui se pressèrent, tous sourires face aux caméras, sur le tarmac de l’aéroport. Une délégation en bonne et due forme, comme le voulait le protocole diplomatique jashurien, dont le sens des convenances n’avait rien à envier au décorum des empires du Médian par sa sophistication. Les émissaires jashuriens se positionnèrent à distance respectueuse de leurs hôtes et s’inclinèrent respectueusement face au parterre des affidés de l’Empire du Grand Ling.

« Votre Majesté impériale, votre Altesse, monsieur le Premier Ministre, monsieur le Secrétaire d’Etat, madame la directrice ; nous vous remercions, au nom de la Troisième République du Jashuria, de l’honneur que vous nous faites d’accueillir nos modestes personnes en votre empire. Nous espérons que nos discussions fassent fleurir des vergers prospères et que nos relations en ressortiront renforcées, déclara Nantipat Sisrati sans se départir de son sourire de sympathique septuagénaire. »

Vue de Zhenzhou.
LA RÉPUBLIQUE DES DEUX OCÉANS RENCONTRE L'EMPIRE DU MILIEU.
Rencontre Empire du Grand Ling — Troisième République du Jashuria.


SISRATI Nantipat offrit l'agréable surprise de sa présence ce qui, fallait-il s'en douter, provoqua chez la directrice de la Linganese Culture Promotion Agency un sourire narquois à l'endroit du Premier Ministre lingois. ZHOU Lee, fidèle à sa réputation de roc, ne prit pas le temps de la regarder tandis qu'il répondait par une légère inclination de la tête aux salutations respectueuse de son homologue jashurien. Toutes proportions gardées, Nantipat et Lee avaient de flagrantes similitudes ; si ce n'est que le lingois faisait une tête de plus que ses contemporains. D'ordinaire plutôt calme, chaleureux à sa façon, ZHOU Lee avait abordé tous les problèmes que la politique nationale et internationale avaient mises sur son chemin avec une force étonnante et une résilience non moins surprenante. Les capacités dissuasives du Grand Ling étaient à peine en cours de modernisation, que ses éparses composantes étaient déjà pleinement exploitées ; notamment dans la fâcheuse affaire du cas milathien et du cas ninchois. Reste que ZHOU Lee était un pilier de la politique lingoise, un symbole d'unité temporel là où la Maison Impériale — par sa nature supposément éternelle, bien que l'Histoire soit un cruel témoin muabilité des dynasties régnante du Monde — se devait de représenter l'unité spirituelle et intemporelle.
Les cordialités passées, la délégation fut invités à se diriger vers le cortège de voitures situées à l'opposé de l'avion jashurien. Sur la route, les hôtes lingois conversaient de banalités avec leurs invités jashuriens. Ils profitaient de ce petit moment de flottement pour s'improviser guides touristiques, expliquant sommairement quelques faits culturels ou historiques sur les différents lieux d'intérêts par lesquels le convoi transitait. L'un d'entre eux avait été un ancien hôtel particulier velsnien, tandis qu'ici se trouvait un temple bouddhiste, là un temple shintaoïste ou ici le très célèbre quartier Jinlin et sa forêt de building dont le plus haut culminait à 634 mètres de haut — ce qui en faisait, au passage, la plus haute tour du Nazum. Ils empruntèrent un instant l'un des quatre périphériques de la ville qui avait été partiellement fermé pour l'occasion. Enfin, après quarante minutes, ils quittèrent ce que les occidentaux auraient qualifié de ville intra-muros pour se rendre dans une proche banlieue de la capitale économique où la nature n'avait pas encore cédé trop de terrain à l'expansion urbaine des mégalopoles lingoises. C'était d'autant plus flagrant à Zhenzhou que la ville était la plus peuplée du pays avec pas moins de 27,8 millions d'habitants répartis sur plus de 6'300 km².

Palais du Jade Doré

Le cortège pénétra autant que faire se peut dans un complexe palatial datant de la Dynastie Liang. Il servait la plupart du temps comme lieu de réception, parfois d'exposition et plus rarement comme résidence secondaire de la Maison Impériale. Pour toutes ces utilités, il était resté dans un état clinique tandis que les siècles avaient apportés modifications et modernisations. Encore une fois, la délégation lingoise s'improvisa guide tandis que le Premier Ministre et sa suite étaient invités à pénétrer dans un cabinet de travail où sur la table, face à plusieurs canapés et fauteuils néo-lingois aux stylés mélangeant traditionalisme local et art déco occidental, un plateau d'en-cas trônait, remplis de spécialités zhenzhanese dont la très appréciée tartelette danta.
Installés, on offrit rafraîchissement et nourriture aux jashuriens avant que l'Empereur lui-même succombe pour une tarte aux œufs. Après avoir déposé dans une petite assiette en porcelaine son danta entamé, l'Empereur reprit.

– Chers amis, j'espère que vous trouverez l'endroit à votre goût. J'ai pensé qu'il serait le plus approprié pour votre délégation, car avant qu'il soit ce que nous en avons fait aujourd'hui, c'était l'un des tout premier temple bouddhiste du pays. Une religion et philosophie qui, comme vous le savez, a été importé par vos marchands jusqu'à nos villes voilà plusieurs siècles déjà. Ling Jiajing sourit, avant de poursuivre. La question que nous traitons aujourd'hui marque un tournant majeur pour nos deux pays et le renforcement de nos liens amicaux et commerciaux. Le Ruban Doré que nous entendons conjointement développer va relier notre sanctuaire du Nord au Sud. L'expertise technique de Great Ling Railways est primordiale, vous en conviendrez.

– Honorable SISRATI, permettez-moi de dire que nos services ont déjà préparé plusieurs documents qu'il conviendra de vous présenter en temps et en heure. Il sera à la discrétion des vôtres de les communiquer à vos établissements ferroviaires et organes compétents pour leur relecture et leur mise en application. Enchérit le Premier Ministre ZHOU Lee. Nous sommes actuellement en pourparlers avec le Duché de Sylva pour la réfection de leur propre réseau ferroviaire. Autant dire que ce gage de confiance témoigne de notre savoir-faire. Avant de commencer, auriez-vous des remarques ou des questions pour nous ?

Depuis plus de vingt ans, l'Empire du Grand Ling avait développé un réseau ferroviaire particulièrement résilient et efficace que sa démographie avait imposé. Great Ling Railways (GLR) s'était alors exigée comme unique établissement ferroviaire, nationalisé dès son origine en 1970 et avant cela encore, après la Grande Dette du Rail, dont les stigmates persistaient encore jusqu'au Royaume de Teyla. Fait amusant, tout du moins cynique, le Jashuria avait participé à la bulle spéculative qui conduisit à cette faillite généralisée, toutefois ses investissements avaient été ô combien moins importants que ceux du Royaume de Teyla ou de la Grande République de Velsna, en partie lié par le manque cruels de moyens des Deux Océans de l'époque.
Le long processus qui avait conduit à faire de GLR un fleuron international tout autant que national prenait ses origines en 1937, lorsque les élections générales donnèrent au Linmindang une confortable avance ce qui permit l'élection du ferrovipathe SUN Jiang à la tête du Cabinet de Sa Majesté.
Sous ses deux mandats puis ceux de ses successeurs, la Compagnie Impériale des Chemins de fer lingois (DTG), puis à compter de la réforme ferroviaire de 1970, la Great Ling Railways ; la politique ferroviaire lingois fut favorable à une culture de l'innovation. Ce terreau propice connu son paroxysme en 2016 lorsque GLR et Hongzhaji Rail dévoilèrent au monde une première copie fiable et intégralement conçu localement de leur troisième train à grande vitesse, le LRH3. Le LRH3D, sa version double étage, devait être mis en service à l'automne de cette année 2019 ; signant l'aboutissement du programme LRH jusqu'à la prochaine itération qui n'allait certainement pas venir avant au moins dix à quinze ans.
Outre des trains plus spacieux, modernes, fiables et surtout locaux ; GLR s'était évertué à améliorer l'intégralité de ses procédures allant de la pose de nouvelles lignes, à la modernisation des anciennes en passant par une veille technologique pour la maintenance de son parc ferroviaire ou de son infrastructure. La province du Qin, qui partageait Neijing comme capitale avec l'État fédéral, était le symbole le plus évolué du succès de GLR. 23,8 millions de voyageurs uniques quotidiens se répartissaient dans les quelque 6'217 trains qui parcouraient chaque jour le réseau de 4'044 km de la province. Rien que pour la grande vitesse, cela représentait 1'400 trains au départ ou à l'arrivée des immenses gares qinaneses auxquels s'ajoutaient 350 trains grande vitesse qui ne faisait qu'emprunter le réseau pour rejoindre d'autres destinations dans le pays. Ces chiffres hallucinants ne comptaient même pas le réseau secondaire, les frets, les métropolitains, les trams et autres monorails dont GLR avait la gestion.
La stratégie gagnante était celle de la redondance, plusieurs lignes LGV étaient juxtaposées, on trouvait parfois jusqu'à six trains se faisant la course au départ de Neijing Huadong Railway Station, plus grande gare de la capitale.

Faute de mieux et des décennies durant, les ingénieurs de GLR avaient opté pour multiplier le nombre d'infrastructures physiques plutôt que travailler sur l'optimisation de l'existant. La technique était redoutable, mais elle coûtait une somme astronomique à l'État au point de faire du ferroviaire son second secteur le plus important avec la bagatelle de 9,5 % du PIB national, dépassé de très peu par le secteur du BTP et ses 9,7 %. Aujourd'hui, la stratégie de GLR n'était plus d'ajouter de nouvelles lignes à l'existant. Il fallait à présent optimiser ce qui avait déjà été fait et c'est dans cette logique que le Rail Traffic Management System (RTMS). Le RTMS était un ensemble de technologies présenté comme l'avenir du chemin de fer lingois. La chose se voulait internationalisable ce qui la rendait hautement compatible avec des réseaux continentaux comme se voulait être le Ruban Doré.
Parmis elles, on retrouvait deux composantes principales :

    Le Train Control System (TCS), dont l'unique but était de se libérer de la contrainte de la signalisation physique en reprenant l'éprouvé concept du Track-to-train transmission (T3) du réseau Grande Vitesse lingois. Pour faire simple, une multitude de balises étaient implantées à des endroits stratégiques de la voie et communiquaient directement au train des informations cruciales comme une réduction de la vitesse, une augmentation de la vitesse, un signal d'avertissement, un signal d'arrêt, etc. Le TCS en était son évolution directe et devait permettre la mise en place de ce qu'on appelait des sillons flottants — ou cantons —, c'est à dire des sillons horaires qui s'adaptaient non plus à des règles physiques mais aux trains eux-mêmes. De ce fait, un train situé à un point kilométrique d'une ligne envoyait sa position à celui derrière lui et l'ordinateur de bord se chargeait de calculer si l'espacement entre ces deux trains était suffisant pour allier sécurité puis régularité. L'objectif final étant de permettre aux trains d'aller plus vite, d'être plus nombreux en simultané sur la ligne et d'être encore plus régulier. Le T3 jusqu'ici paliait simplement l'absence de temps de lecture adapté des signaux aux conducteurs de LRH, il recevait directement l'alerte en cabine depuis son Driver-Machine Interface (DMI), celui-là même qui posa tant de soucis de validation au LRH3.

    Le Railway Mobile Communication System (RMCS) représentait la seconde composante du RTMS. Ce devait être un nouveau standard de télécommunication sans fils adapté aux exigences nouvelles du RTMS. Jusqu'ici, les trains communiquaient principalement par radio Global System for Mobile Communications – Railway (GSM-R), une évolution de la radio GSM. Le problème rencontré était que certaines zones, principalement montagneuses, rendaient le déploiement GSM-R particulièrement compliqué tandis que la technologie elle-même ne permettait pas de transmettre autant de données que nécessaire ou de manière chiffrées. Outre représenter un problème de sécurité évident, l'absence de portion GSM-R sur certaines lignes empêchaient de voir évoluer les installations afférantes. Le RMCS fonctionnait dans l'ère du temps, développé conjointement entre GLR, Weihua Technologies Company, Ltd., Great Ling Telecom et National Ling Network ; il utilisait la permissivité de la connexion 5G — développée depuis quelques années par Weihua ou Hanzo avec divers acteurs comme la Grande République de Westalia — pour permettre aux trains de communiquer entre eux et entre les différents établissements de la ligne comme les postes d'aiguillages. Le volume d'informations transmit était plus gros, plus résilient et plus sécurisé.
    En outre, GLR opta pour qu'une boucle de rattrapage soit mis en place au RMCS par l'intermédiaire de liaisons 5G satellitaire ce que Great Ling Space Agency (GLSA) par l'intermédiaire de la troisième itération de son programme Fenghuang et sa constellation Fengwang lancée entre 2008 et 2013.


Armoiries du Grand Ling.
Haut de page