29/01/2019
12:58:00
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Grand Ling | Jashuria — La République des Deux Océans rencontre l'Empire du Milieu

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Vue de Zhenzhou.
LA RÉPUBLIQUE DES DEUX OCÉANS RENCONTRE L'EMPIRE DU MILIEU.
Rencontre Empire du Grand Ling — Troisième République du Jashuria.


Le Soleil n'avait pas repris sa course dans le Ciel depuis bien longtemps lorsque les premiers agents du Jinyiwei (錦衣衞, litt. Garde Brodée) avaient pris possession de l'aéroport international de Zhenzhou où devait être reçu selon le protocole et les honneurs dus la délégation de la Troisième République du Jashuria. Ils quadrillèrent l'entièreté du deuxième plus grand aéroport du pays une dernière fois après des semaines de préparation en collaboration avec les autorités jashurienne. D'ici à une heure, les émissaires de la République des Deux Océans fouleraient le sol lingois pour la première fois de l'histoire moderne des deux nations voisines.
L'Événement était important, aussi, les autorités lingoises avaient tout préparé au millimètre : zone d'exclusion aérienne et terrestre, personnel trié sur le volet, itinéraire un jusqu'aux différentes étapes du parcours et un florilège d'itinéraires bis au cas où.
Le directeur du Jinyiwei avait pourtant plusieurs fois demandé au Cabinet de revoir le point d'arrivée, arguant autant en faveur du coût astronomique d'une fermeture — même provisoire — de l'aéroport que de la superficie à surveiller en proche périphérie de la Ville Jardin. Oh, il existait bien quelques bases aériennes à proximité qui auraient fait pleinement l'affaire pour la sûreté du convoi diplomatique. Toutefois, aucunes n'avaient la superbe de l'aéroport international et sa célèbre Canopée.
Alors, le vieil officier s'était résigné face à l'absurdité de ses dirigeants. Sur le tarmac, ils seraient au moins trente rien que pour sécuriser l'avion et la délégation présente pour accueillir les jashuriens, les officiers de sang et d'or reconnaissables à leur sabre d'apparat tandis que les forces spéciales seraient, elles, dans leur tenue tactique aux quelques référence à l'ancienne police du Jinyiwei. Invisibles – ou presque. Imperturbables – ou presque.

Face à l'endroit précis où l'escalier tracté se positionnerait, toute la délégation était présente. Les officiers, en tenue d'apparat, du Jinyiwei encadraient un tapis cramoisi qui s'étendait de l'escalier jusqu'à un troupeau de SUV et berlines aux couleurs du jade noir. Derrière eux, d'un côté des représentants des huit ethnies lingoises et quelques invités judicieusement placés çà et là. De l'autre côté, un orchestre se préparait à jouer les hymnes des deux pays. Il avait la particularité d'inclure dans ses instruments, certains outils locaux comme le gong, le dizi, l'erhu, le guqin ou encore la pipa ce qui ne manquait d'offrir des tonalités inconnues aux occidentaux. L'orchestre devait être accompagné de danseuses qui jouaient avec volupté d'un fin tissu de soie rouge.
Au milieu de tout cela, les officiels de l'Empire attendaient patiemment sous une douce chaleur que l'humidité ambiante pouvait rendre difficilement vivable à ceux qui n'en avaient pas l'habitude. Le Premier ministre ZHOU Lee observait la scène depuis sa voiture climatisée. La presse nationale et internationale — dont certains représentants officiaient déjà de leurs appareils photos — avait offert à ses lecteurs quelques polémiques sur la liste des participants à la rencontre. Oncle Pingtie était tantôt présent, tantôt rattrapé par Crohn et hospitalisé. Le Secrétaire au Commerce et à l'Industrie n'avait, soi-disant, pas été convié, mais finalement, on l'y retrouvait. Quant au corps diplomatique représenté par le secrétaire d'État CHEN Hu, il était dit qu'il menait seul les ficelles pour le compte de l'Empereur. Un Empereur qui, d'ailleurs, n'était visiblement pas présent ce matin. Les scandales, polémiques et autres intrigues propres à la politique avaient cette chose commune à toutes les nations, elles ne changeaient jamais.

Bien à l'abri, ZHOU Lee revoyait une dernière fois le plan des deux jours qui devaient composer cette rencontre. Un accueil chaleureux et protocolaire dans la capitale mondiale du Patrimoine, la visite de quelques installations, un déjeuner en petit comité pour travailler activement, l'après-midi une visite de l'usine de Hongzhaji Rail puis trajet en LRH3 direction Neijing où un grand dîner officiel devait être organisé. Le lendemain, lui, il se consacrerait à quelques visites — notamment de la diaspora jashurienne — et des négociations finales en vue du tout premier Grand Traité de coopération autour du Ruban Doré. Qui aurait pu prétendre à ce qu'il soit question de vacances ?
Le Premier ministre tourna la tête un instant vers le tarmac. Au loin l'imposant jet officiel jashurien finalisait son atterrissage tandis qu'une petite armée revoyait le protocole, les uniformes, l'alignement du tapis dans un geste désespéré et vain de perfection. Il en sourit, jaune. Il avait confiance au Destin pour savoir que malgré toute la préparation, il arriverait fatalement quelques légers couacs tout à fait ordinaires.
Le jet s'approcha finalement de son emplacement de parking, guidé par du personnel aéroportuaire. Ce fut le signal donné au vieux politicien pour quitter le confort de son véhicule climatisé et se rendre là où il devait être, fin prêt à accueillir la délégation. Sa voiture s'avança légèrement pour laisser place à un autre SUV tout aussi de jade noir.
Ce qui étonna l'assemblée curieuse était l'homme qui sorti du véhicule pour ouvrir la portière arrière. Il avait un regard ô combien sévère et propre à une force encore plus importante que le Jinyiwei encore, la Garde Impériale. Sous une nuée nouvelle de flash, en sorti finalement Sa Majesté Ling Jiajing de la Maison Ling ; l'Empereur du Grand Ling.

L'Empereur était accompagné de la duchesse de Qingshan-Hanlin, LIN Meiyue de la Maison Lin ; accessoirement directrice de la Linganese Culture Promotion Agency. Tous deux se placèrent à côté du Premier ministre qu'ils n'avaient pas quitté depuis plus d'un quart d'heure. Ling Jiajing rompit enfin le silence en se penchant doucement vers son premier ministre.

– La délégation jashurienne comprend combien de personnes ? Questionna t-il.
– Dix-sept, Votre Majesté. Répondit ZHOU Lee avec son traditionnel calme. La Quatrième Ambassadrice MATHAI Parvati en tête, accompagnée des ingénieurs ayant travaillé sur l'Opération Renaisans, ainsi que des conseillers ou ministres de différents ministères du Cercle Intérieur et offices nationales.
– Et leur Premier ministre ? C'est bien un Premier ministre chez eux ?
– Aux dernières nouvelles oui, Votre Majesté. Se permit de répondre LIN Meiyue. Si nos informations sont encore à jour, il s'agit de l'Honorable SISRATI Nantipat. Il est très friand de pâte de fruit, parait-il.
– Même si je comprends son intérêt pour ces douceurs, cette information ne m'est que très peu utile. Sera-t-il présent ?
– Mh. Nous aimerions le croire, mais il n'est pas dans la tradition jashurienne que le Premier ministre rencontre les délégations étrangères ou se rende à l'étranger. Enchérit ZHOU Lee avant de poursuivre. Pour les jashuriens, le Hall des Ambassades est l'institution qui se charge de tout cela pour le compte du Cercle Intérieur. Le Premier ministre, lui, est plus accaparé par les affaires — nombreuses — de l'Intérieur.
– Qu'on le gave de tarte aux œufs s'il se présente à nous.

L'imposante porte de l'avion s'ouvrit enfin, l'orchestre entama l'hymne jashurien tandis que la délégation et ses membres commencèrent à descendre l'escalier tracté. Ling Jiajing prit une inspiration mesurée, ajusta le col de sa tunique de cérémonie — sobre, à dessein, ni l'apparat du trône ni la tenue de travail, quelque chose entre les deux — et avança d'un pas.
Il avait tenu à accueillir lui-même la délégation jashurienne. Certains de ses conseillers avaient prudemment suggéré qu'une telle marque d'honneur n'était peut-être pas nécessaire à ce stade, qu'un membre du cabinet eût suffi. Il les avait écoutés avec la patience polie qu'il réservait aux avis qu'il n'avait aucune intention de suivre. Le Ruban Doré commençait ici, sur ce tarmac.

Autant qu'il en soit lui-même le premier témoin.


Armoiries du Grand Ling.
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