Marc Klemm au volant de sa monoplace s’élançant sur le Falkenring pour écrire l’histoireIl était 8 heures du matin quand l’écurie Steiner arriva sur le Falkenring, pensant arriver première, elle s’était finalement fait devancer par l’écurie Strama dont la monoplace venait de se présenter sur la ligne de départ pour le premier tour de la journée d’essais. Cependant, ce n’était pas n’importe quel essai car ce n’était pas n’importe quel circuit, il s’agissait du mythique Falkenring, le circuit raskenois le plus connu que ce soit dans le pays ou à l’international.
Que ce soit sa longue ligne droite de 3 km, ses nombreux virages ou sa longueur totale, tout faisait que le circuit ne pouvait qu’être mythique. Mais au-delà d’être mythique, c’était un terrain de chasse pour ni plus ni moins Marc Klemme de l’écurie Steiner, bien que considéré comme légèrement moins bon que son frère, il ne lui avait jamais concédé la victoire sur ce circuit. L’équipe Steiner était arrivée derrière celle de Strama au Falkenring, il fallait changer ça, Marc monta alors dans sa monoplace prêt à chasser, mais également prêt à écrire l’histoire.
Écrire l’histoire ? Oui, car Steiner n’était pas venu les mains vides, cette saison, l’écurie la préparait depuis longtemps, bien que lourde, la monoplace pouvait compter sur son V12 dont l’architecture 6 temps parfaitement optimisée crachait près de 1050 chevaux. Mais au-delà du moteur, Steiner n’était pas venu les mains vides, amenant avec elle son lot d’innovations, permis par le règlement généreux de la FISCA.
Avant de partir pour son premier tour, la monoplace de Marc était dans le paddock entourée d’une armée d’ingénieurs faisant des tests avant le départ, lors d’un de ces tests, Marc remarqua quelque chose, quelque chose de problématique.
Marc Klemme – Le moteur est malade ou quoi ? Pourquoi la puissance ne dépasse pas les 1037 chevaux, il est censé en faire 1050.
Theodor Kriegs – Ah ça, ne t’inquiète pas, la voiture est un peu allégée, du coup on doit brider la puissance, on te rajoutera du poids après, rien d’extraordinaire, t’inquiète, c’est juste un élément qu’on a retiré pour voir comment se comporte la voiture.
Marc Klemme – Je vous fais confiance mais quand même retirer un élément d’une F1, c’est pas quelque chose d’anodin.
Theodor Kriegs – Comme je te l’ai dit, c’est un élément fait exprès, ça te permettra de mieux tourner, mais là on veut voir comment la voiture se comporte sans, mais surtout, aujourd’hui c’est l’occasion de tester notre nouvel aileron.
Marc Klemme – Bon ça va.
Theodor Kriegs – Allez en piste, mets-toi en chasse, on joue à domicile, on n’a pas le droit à l’erreur.
Marc Klemme – Bien reçu.
Les derniers réglages étant terminés et le tour de Strama venant de prendre fin, ce fut la monoplace de Steiner qui se présenta sur la ligne de départ, moteur tournant, régime optimal, il ne manquait plus que le feu vert soit donné pour s’élancer. Il était 9 h, Marc était assis dans sa monoplace, concentré à la limite de l’état de transe, finalement, après une seconde qui parut une éternité, il s’élança, les 12 cylindres crachant les plus de 1000 chevaux dont ils avaient été chargés de développer.
La monoplace s’arrachant du sol, elle plaqua par la même occasion Marc au siège à cause de l’accélération, tous deux s’élancèrent alors vers le premier virage du Falkenring, le fameux virage relevé. Sortant du premier secteur, Theodor, avec qui il avait discuté avant de partir, le recontacta.
Theodor Kriegs – C’est bien Marc, tu as 0.7 secondes d’avance sur la voiture de Strama, continue comme ça.
Marc Klemme – Rien de fou, c’était une partie rapide donc normal, par contre je vois très bien que ma monoplace n’est pas aussi agile que celle de Strama.
Theodor Kriegs – T’inquiète, c’est normal, comme je t’ai dit, on a enlevé un élément pour voir comment s’en sort la voiture, j’arrête de te déranger, continue de bombarder.
Marc Klemme – Reçu.
Obéissant aux ordres venant d’en haut, Marc enfonça la pédale d’accélérateur, durant la partie sinueuse du virage 5 à 13, il dut cependant mettre véritablement de sa personne pour garder sa monoplace sur la piste. Était-ce un manque d’appui aérodynamique de la monoplace ou simplement le fait que Marc avait le pied lourd sur l’accélérateur, personne ne le sait, ce qu’on sait en revanche, c’est que la monoplace de Steiner n’avait rien à envier à celle de Strama. Peut-être plus lente dans les virages mais la reprise était bien meilleure grâce aux 1050 chevaux, ou plutôt 1037 dans le cas présent.
Approchant du virage 21, il put voir une armée de journalistes, camions de retransmission et autres photographes présents sur le bord de la piste attendant le bon moment pour capturer la plus belle image de la Steiner RC019. Malheureusement pour certains, la monoplace ne fit que passer et certains la ratèrent, se rassurant sur le fait qu’elle repasserait dans quelques minutes.
Arrivant à l’avant-dernier virage du circuit, le numéro 33, Theodor reprit contact avec le pilote, pas pour discuter, mais pour lui donner une simple consigne.
Theodor Kriegs – Marc, à partir de maintenant flat out.
Marc Klemme – Ahah, bien reçu.
Ayant déjà le pied lourd, Marc enfonça encore plus la pédale, le moteur hurla et la voiture prit de la vitesse, sortant du virage 34 à 180 km/h, il ne lui restait plus que 3 km devant lui à rester pied au plancher. Arrivant à 320 km/h, Marc ressentit quelque chose, l’accélération commençait à faiblir, rien de dramatique, un observateur extérieur ne le remarquant sûrement pas, mais Marc, lui, le ressentit. Cependant, arrivant à 330 km/h, quelque chose se passa, quelque chose qui ne devrait pas se passer normalement, l’accélération de la monoplace repartit à la hausse, Marc ne le vit pas, mais il s’était effectivement passé quelque chose et ce quelque chose, les photographes ne le ratèrent pas.

L’aileron de Steiner s’était retourné, pas juste comme un DRS ne faisant que s’ouvrir, l’aileron arrière était véritablement retourné, mais ça, Marc ne le savait pas encore car la première chose qu’il entendit, ce fut Theodor.
Theodor Kriegs – Marc… 408 km/h, t’es un champion.
Marc Klemme – Vous êtes sérieux ? 408 km/h ? C’était donc ça que j’ai ressenti, à la moitié de la ligne droite la F1 a repris en accélération.
Theodor Kriegs – Yes exactement, on t’a collé une aile d’avion, c’est normal.
Marc Klemme – Quoi ?
Theodor Kriegs – T’inquiète, on t’expliquera plus tard, fais un deuxième tour puis on envoie ton frère.
Marc Klemme – Ça marche.
Par la suite, comme demandé, Marc entama son deuxième tour, celui-ci se passa de manière assez similaire au premier à la seule différence qu’il ne put atteindre que les 407 km/h cette fois-ci. Une fois rentré au stand, ce fut son frère Viktor qui s’élança sur la piste, montrant des performances similaires.
Dans les paddocks, Marc se rapprocha de Theodor et lui demanda des explications.
Marc Klemme – Bon, explique-moi, comment ça marche ta magie là.
Theodor Kriegs – Tu vois le DRS ?
Marc Klemme – Oui, l’aileron s’ouvre à haute vitesse pour réduire la traînée et augmenter la vitesse, c’est ça ta magie ?
Theodor Kriegs – Presque, un DRS classique réduit la traînée mais ne l’annule pas, notre aileron à nous tourne sur lui-même, ainsi, à la place de juste réduire la traînée, notre aileron n’en donne pas, voire il donne de la portance, comme pour une aile d’avion. Là où un DRS réduit la traînée de 15 %, le nôtre monte jusqu’à 25 % de réduction.
Marc Klemme – Mais c’est pas interdit par la FISCA ?
Theodor Kriegs – Et non, parce que ce n’est ni un moteur, ni de l’électronique ou une action extérieure qui actionne l’aileron, mais un banal ressort, nous on règle juste la résistance pour que l’aileron ne s’ouvre qu’à une certaine vitesse, pour le Falkenring c’était réglé pour 330 km/h.