01/07/2019
19:55:03
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Elections 2019 : Grand Débat TV

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Élections de l'Assemblée Unique 2019

GRAND DÉBAT TÉLÉVISÉ

Grand débat
Leonard RAYMOND (Jacques Myard)Victor ARKWRIGHT (François Baroin)Philip MORLAND (Didier BOURDON)Jared FENLOW (Alexis Corbière)Bram STRAKE (Jean-Louis BORLOO)

EXCLUSIVITÉ Brocelian TV

Dimanche 21 avril 2019

De gauche à droite : Leonard RAYMOND (Parti Républicain), Victor ARKWRIGHT (Parti Libéral), Philip MORLAND (Parti Royaliste), Jared FENLOW (Parti du Peuple), Bram STRAKE (Parti Communiste) ont accepté de se livrer à un exercice exclusif dans l'Histoire du Royaume de Brocelynwood : confronter les propositions de leurs partis pour les élections des membres de l'Assemblée Unique du 2 juin 2019, lors d'un débat télévisé de 3 heures.




Avis à la presse brocélienne, étrangère et internationale


C'est le second concept inédit de ce programme. La journaliste relaiera les questions des médias et de la presse brocélienne et internationale.


Pour ce faire, écrivez à "Brocelian TV" [HRP : dans "activités étrangères"] en indiquant :

  • Votre pays
  • Le nom de votre média
  • Brève présentation de l'orientation éditoriale de votre média
  • Votre question (à un ou des leaders de partis, ou à l'ensemble des personnalités politiques présentes)
  • Attestation sur l'honneur que votre question n'est pas la résultante de pressions du pouvoir politique de votre nation


Précisions :

- Que votre pays ou votre média soit fin connaisseur ou non du débat public au sein du Royaume de Brocelynwood, votre question est la bienvenue.

- Vous pouvez accéder à toutes les informations sur la campagne : ICI (informations officielles, détails des programmes, dynamiques selon les sondages) et ICI (articles de presse)

- Vos questions peuvent porter sur des enjeux nationaux du Royaume de Brocelynwood ou internationaux. Attention : n'oubliez pas que la politique internationale relève uniquement du champ de compétence du Roi à Brocelynwood en l'état actuel des institutions donc les marges de manœuvre seront très limitées pour la seule Assemblée Unique. Pour autant, c'est un sujet du débat public et les partis prennent régulièrement position sur ces sujets.

- Le temps de parole [nombre de caractères] sera identique pour tous les candidats à la fin du débat. Si vous adressez vos questions à un candidat en particulier, les autres personnalités rebondiront ou rattraperont leur temps de parole sur d'autres questions.

- Votre média et votre / vos questions seront citées avec fidélité : cela vous offre de la visibilité au sein de notre Royaume, et peut également mener à indirectement mettre en difficulté ou favoriser certains partis. Nous vous demandons de respecter l'éthique journalistique et faire preuve de responsabilité.

- Date limite : lundi 15 avril 2019 [HRP : 10 avril 2026]
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Nouvelles informations sur le Débat du 21 Avril


Organisation et Animation

Pour Brocelian Broadcast, le débat sera animé par le journaliste Matthew ROBERT

IMPORTANT : le débat sera co-animé par Otto JOGICHES de Die Neuen Zeiten (Journal International de Republik Bachmeyer).
Ce partenariat permettra de donner une nouvelle dimension internationale à ce débat exclusif !


Déroulé

  • Introduction
  • Cadre général de la nation : institutions politiques, place de la religion et place dans le Monde
  • Économie & Social
  • Sécurité
  • Vivre ensemble : éducation, minorités, ordre moral
  • Mot de conclusion


Tirages au sort

Placement de gauche à droite :
Leonard RAYMOND - Bram STRAKE - Victor ARKWRIGHT - Philip MORLAND - Jared FENLOW

Ordre de la prise de parole introductive :
Victor ARKWRIGHT - Jared FENLOW - Leonard RAYMOND - Bram STRAKE - Philip MORLAND

Ordre de la prise de parole en conclusion :
Leonard RAYMOND - Philip MORLAND - Victor ARKWRIGHT - Jared FENLOW - Bram STRAKE
Grand Débat TV 2019
Représentation figurative et approximative du Grand Débat



Introduction


Matthew ROBERT (Brocelian TV) : Mesdames, Messieurs ! Bienvenue dans ce jour clef dans l’Histoire du Royaume de Brocelynwood. C’est ce soir que va se tenir le Grand Débat de 3 heures opposant les leaders des cinq partis concurrents aux élections de l’Assemblée Unique 2019. Cet exercice démocratique inédit à Brocelynwood est le fruit d’une collaboration exceptionnelle entre “Brocelian Broadcast” et le journal international originaire de Republik Bachmeyer “Die Neuen Zeiten”, permettant sa diffusion à l’international. Pour “Die Neuen Zeiten”, Otto Jogiches va co-animer ce débat à mes côtés.

Otto JOGICHES (Journaliste “Die Neuen Zeiten”) : Je remercie tout d’abord Brocelian Broadcast d’avoir accepté de m’avoir aux côtés de Matthew ROBERT pour ce débat. Et ensuite je souhaite remercier les braves candidats sur scène aujourd’hui qui, pour la première fois dans l’Histoire du Brocelynwood, viennent défendre leurs idées devant le peuple brocélien. J’espère que tout Brocelynwood en ressortira plus informé pour ces élections 2019 de l’Assemblée Unique. Je redonne la parole à Matthew ROBERT.

Matthew ROBERT : Merci à vous. Rappelons quelques règles essentielles.
Les candidats vont s’exprimer et s’opposer à tour de rôle. Après le mot d’introduction, nous évoquerons le cadre général de la nation, puis l’économie et le social, suivi des questions sécuritaires, enfin le vivre ensemble, avant de terminer par un mot de conclusion.
Les temps de paroles seront scrutés et devront être équitables entre chacun des candidats (moins de 5% d’écarts entre le premier et le dernier)
L’ordre de la première prise de parole et de la conclusion ont été tirés au sort.
Le placement est également le fruit du hasard. Il est temps que je vous présente et je vais procéder de gauche à droite, tels que je vous vois :
- Leonard Raymond, vous êtes le leader du Parti Républicain qui présente des candidats dans 35 circonscriptions, et votre parti a actuellement 13 sièges à l’Assemblée Unique
- Bram Strake, vous êtes le leader du Parti Communiste qui présente des candidats dans les 55 circonscriptions, et votre parti n’a actuellement pas de siège à l’Assemblée Unique
- Victor Arkwright, vous êtes le leader du Parti Libéral qui présente des candidats dans 20 circonscriptions, et votre parti a actuellement 3 sièges à l’Assemblée Unique
- Philip Morland, vous êtes le leader du Parti Royaliste qui présente des candidats dans les 55 circonscriptions, et votre parti a actuellement 39 sièges à l’Assemblée Unique
- Jared Fenlow, vous êtes le leader du Parti du Peuple qui présente des candidats dans les 55 circonscriptions, et votre parti n’a actuellement pas de siège à l’Assemblée Unique
Sans plus attendre, passons aux présentations !

Otto JOGICHES : Comme vous le savez peut-être, les caractéristiques d’un électeur pèsent beaucoup sur son choix aux urnes. Vous allez donc chacun me donner une brève description de votre vision de l’électeur typique brocélien, et ensuite me donner une brève description de l’électeur typique de votre parti, pour que les téléspectateurs puissent avoir une idée de vos valeurs en dehors des politiques proposées. Monsieur Arkwright, c’est vous qui commencez.

Victor ARKWRIGHT (Libéral) : Bonjour à toutes, bonjour à tous, Monsieur Robert, Monsieur Jogiches, chers concurrents. C’est donc moi qui ai la primeur de débuter ce grand moment pour notre pays. Je crois que l’électeur typique brocélien est une personne qui n’a pas peur d’entreprendre, de développer ses affaires, qui a cette éthique enfouie en lui, qui est attaché à une Histoire et sait dans le même temps innover. Et l’électeur typique du Parti Libéral a ces caractéristiques aussi, et cherche à les défendre. C’est celui qui ne trouve pas la solution aux défis par le rejet de l’autre : que ce soit par la rejet de celui qui a une autre culture, le rejet de la jeunesse ou le rejet de celui qui a une affaire autrement plus florissante.

Jared FENLOW (Peuple) : Bonjour à toutes et à tous. Pour moi et surtout pour le Parti du Peuple, il n’y a pas d’électeur typique brocélien. Je ne tomberai pas dans cette démagogie. Il y a des hommes et des femmes qui vivent sur un même territoire et qui ont des statuts et des intérêts divergents. L’électeur typique du Parti du Peuple, ce sont ces personnes qui en ont marre de la domination des uns sur les autres. Une domination royaliste bien sûr, mais au-delà : je pense au statut des femmes, toujours reléguées à Brocelynwood au second plan. Je pense aussi à la communauté Alderii, cible de toutes les attaques alors qu’elle représente une part minime de notre population.

Leonard RAYMOND (Républicain) : Bonjour. L’électeur typique brocélien est attaché à ses traditions, à ses valeurs, à sa religion. Il est fier de son Histoire. Il souhaite une société, ordonnée, équilibrée, juste. Parmi eux, une partie vote Républicain car elle a bien compris que la Monarchie ne permettait plus d’aller de l’avant. Elle se représente elle-même plutôt que sa population. Elle n’a pas une voix crédible à l’international. Elle cherche seulement à se perpétuer. Notre électeur typique veut une société moderne, forte, démocratique et non purement autoritaire et sclérosée.

Bram STRAKE (Communiste) : Je mentirais si je disais que j’étais étonné, mais je constate quand même qu’en trois prises de parole, personne n’a mentionné que, comme partout, les brocéliens sont d’abord les forces productives du pays. Des travailleurs qui en ont marre d’enrichir les Monarques chers à Morland et les patrons de Monsieur Arkwright et Raymond. Certains sont persuadés que tout ceci est normal, et d’autres veulent renverser ce système : ce sont les électeurs du Parti Communiste. Mais avant d’être des électeurs, ils en sont les militants, et de plus en plus ! Je crois que j’ai été suffisamment clair.

Philip MORLAND (Royaliste) : J’entends beaucoup de provocations dans tous ces propos, mais prenons un peu de hauteur, s’il vous plaît. Vous ne me verrez pas dissocier l’électeur typique brocélien de l’électeur typique royaliste alors que nous remportons haut la main chaque élection depuis 150 ans. Malgré toutes les tentatives d’arrangement. Le brocélien typique est attaché à sa Monarchie, à la place centrale de sa religion protestante. Oui, il veut parfois des changements et il trouve toujours sur son chemin l’oreille attentive du Roi. Je me fais le porte-parole de ces propositions que vous découvrirez tout au long de ce débat. Restons calmes.



1. Le cadre général de la nation : institutions, religion, relations internationales


Matthew ROBERT : Passons au premier des 4 thèmes : le cadre général de la nation. Nous allons évoquer les institutions politiques, la place de la religion, et la place du Royaume de Brocelynwood dans le monde.
Sur ces sujets, rappelons qu’ils ne sont pas directement du domaine de l’Assemblée Unique. Pour autant, vos partis ont l’habitude de s’exprimer dessus et portent même des revendications très fortes, jusqu’à la sortie de la Monarchie.
Ce rappel étant fait, abordons les relations internationales. Je me fais le relais de Carlos Demosse pour El Horizente du San Youté : "j'aimerais savoir qu'elles sont vos visions de la relation entre le Brocelynwood et la CCP ? Envisageriez vous d'être favorable à rejoindre l'alliance ?" Je rappelle que le Royaume de Brocelynwood a choisi officiellement de ne pas rejoindre la CCP l’été dernier. Monsieur Raymond, votre avis ?

Leonard RAYMOND (Républicain) : La CCP existe, autant y être. C’est peu engageant. Et il faut être attentif à ce qu’elle ne nous contraigne jamais. Mais ce n’est pas ça qui m’intéresse. Il faut être beaucoup plus ambitieux à l’international ; ne pas se contenter de vivoter dans son coin et constituer des alliances pour survivre. Nous avons le pouvoir d’être parmi les grandes puissances du continent, nous devons afficher cette ambition, et nous devons l’atteindre.

Jared FENLOW (Peuple) : Alors Monsieur Raymond comme notre Roi avec l’OIP, qu’est ce qu’ils veulent ? Dominer les autres, imposer leur vision. Le bien être de leur peuple et des autres peuples n’a aucun intérêt pour eux. Le Parti dit Républicain verrait bien Westalia et Brocelynwood se partager le continent, chacun avec sa sphère d’influence. Et la Monarchie veut que ses valeurs conservatrices colonisent le Monde. Alors qu’évidemment que la CCP est une très belle instance multilatérale et nous devons en être un contributeur actif, pour sortir de ces logiques de domination.

Philip MORLAND (Royaliste) : Ce qu’on comprend très bien avec M. Fenlow qui fustige l’OIP, c’est que le sort des protestants du monde entier ne l’importe absolument pas. Il passe son temps à défendre les minorités, sauf quand il s’agit des protestants, eux ne valent pas le droit à la vie. Cette haine de notre religion, Monsieur Fenlow, fait que vous vous ridiculiserez le 2 juin, mais c’est votre choix.

Jared FENLOW (Peuple) : C’est honteux, Monsieur Morland. Ce que vous venez de dire est honteux.

Otto JOGICHES : Monsieur Arkwirght, Vous dites vouloir réorienter la politique étrangère de Brocelynwood autour du commerce, arguant que le commerce encourage à la paix. Mais certaines personnes dans le monde prétendent au contraire que le commerce ne conduit pas à la paix, et au contraire, conduit à la guerre. A ces gens-là, pourriez-vous expliquer pourquoi vous soutenez votre position ?

Victor ARKWRIGHT (Libéral) : Je ne sais pas bien qui dit cela…

Bram STRAKE (Communiste) : Moi-même, je peux vous l’expliquer.

Victor ARKWRIGHT (Libéral) : Avant d’écouter la leçon du Professeur Strake, je vais d’abord faire ma réponse, si vous le permettez. De manière assez simple, les pays sont de toute façon interdépendants les uns et les autres, nous avons besoin mutuellement de chacun pour remplir nos besoins multiples. Et au-delà, en commerçant librement, nous faisons progresser nos économies et chacun peut se spécialiser là où il est le plus efficace. Autant que chaque pays du monde profite de toutes nos productions issues du bois et que nous importions d’autres matières. Baissons drastiquement les droits de douane, tant que c’est mutuel.

Bram STRAKE (Communiste) : L’élève Victor a bien appris sa leçon, mais le manque d’esprit critique risque de lui faire rater la moyenne de peu.

Victor ARKWRIGHT (Libéral) : S’il vous plait, Monsieur Strake, un peu de respect, un peu de tenue.

Bram STRAKE (Communiste) : Vous noterez que c’est vous qui avez utilisé le terme “Professeur” en premier. Bon, vous nous dressez un portrait idyllique du commerce international. Mais dans les faits, je dis bien dans les faits, ce n’est absolument pas comme ça que cela fonctionne. Nous avons des grands intérêts capitalistes, vos amis, mais qui sont aussi les amis de Monsieur Morland, qui exploitent des populations partout où c’est possible, où c’est moins cher, dès lors que les capitaux circulent librement, et peuvent ensuite exporter leurs biens où ils veulent. Et lorsque les ressources sont rares, les nations s’affrontent. Plutôt que cette compétition de tous contre tous, au profit du profit, nous sommes pour une internationale des travailleurs libérés de ce joug. Et là nous pourrons parler de commerce raisonné dans l’intérêt de chaque population. Mais ce n’est pas le modèle de Monsieur Arkwright.

Matthew ROBERT : Nous avons entendu des grandes différences dans vos visions des politiques internationales. Dans les institutions actuelles, vous n’aurez pas la main, même en étant majoritaires. Excepté M. Morland, vous demandez tous une transformation des institutions politiques actuelles.

Otto JOGICHES : Monsieur Raymond, par exemple, vous affirmez vouloir la fin de la monarchie et l’établissement d’une république. Avez-vous une vision quant à la forme qu’aurait cette république, qui la différencie de la monarchie autrement que par l’absence d’une tête couronnée ?

Leonard RAYMOND (Républicain) : Il s’agit pour moi de l’enjeu absolument central de toute cette élection. Nous l’avons démontré : la composition de l’Assemblée Unique, le mode d’élection, la répartition des pouvoirs entre l’exécutif et le législatif, font que le Roi peut imposer ce qu’il veut. Nous devons créer les conditions pour dépasser ce blocage et mettre, en cette année 2019, le Parti Royaliste en minorité. Nous serons prêts au compromis mais il devra, pour une fois, nous écouter. Nous devons devenir une démocratie. Une nouvelle Constitution doit être adoptée par référendum. Le pouvoir exécutif doit être mis sous le contrôle d’un Parlement élu démocratiquement, et non plus sous le seul contrôle du Roi. Le Parlement, ou l’Assemblée Unique, doit représenter réellement l’opinion de la population.

Philip MORLAND (Royaliste) : Vous l’aurez compris, plutôt qu’accepter les règles du jeu, certains voudraient les changer pour gagner plus facilement.

Victor ARKWRIGHT (Libéral) : M. Morland, un peu de sérieux. Vous savez bien que les règles sont obsolètes. Prenons deux exemples. Un grand nombre de sièges à l’Assemblée Unique représente une petite partie de la population, et il s’agit étrangement des populations rurales qui vous sont les plus favorables. Deuxièmement : 10% de l’Assemblée est nommée directement par le Roi lui-même, lui facilitant grandement l’obtention d’une majorité. Votre pouvoir sur notre système politique est démesuré.

Philip MORLAND (Royaliste) : Je vous reconnais une certaine honnêteté, M. Arkwright. Admettre avec un tel aplomb votre impopularité auprès des territoires ruraux, ça force l’admiration.
Pour le reste, que souhaiteriez-vous ? Ou bien la fin du Roi ou un Roi décoratif, symbolique ? Alors vous jouez contre Brocelynwood et son Histoire. Notre indépendance est née dans la Monarchie, le Roi est le représentant de Dieu, le garant des traditions, de la continuité de l’Etat, de l’unité de la nation. Voulez-vous une société relativiste, dans laquelle tout se vaut, où à tout moment chaque règle peut en remplacer une autre ?

Jared FENLOW (Peuple) : Pour ma part, je ne me reconnais absolument pas dans cette vision de Brocelynwood. Le pouvoir émane du peuple et oui, ne vous en déplaise, ce que le peuple fait ou décide, il peut le défaire. Les traditions et les principes ne sont jamais immuables car l’intérêt général lui-même évolue. Les élus doivent avoir un pouvoir de décision dans tous les domaines, et le peuple doit pouvoir être consulté régulièrement par référendums sur les grands enjeux du pays. C’est la voie vers laquelle nous devrions aller.

Matthew ROBERT : Merci Messieurs pour ce premier thème. Nous avons seulement effleuré la question de la place de la religion, mais nous y reviendrons certainement lorsque nous aborderons le vivre ensemble.

État des temps de parole : Arkwright (1570) / Fenlow (1488) / Morland (1434) / Raymond (1491) / Strake (1363)
2. Economie & Social


Matthew ROBERT : Nous commençons le deuxième thème, concernant les enjeux économiques et sociaux. Vos partis ont des divergences profondes, et parfois des paradigmes antagonistes.

Otto JOGICHES : Monsieur Strake, vous êtes celui qui présente les positions les plus radicales. Vous voulez mettre fin à la propriété privée des moyens de production, donnant un coup de grâce à la poursuite du profit. Sans la poursuite du profit qui encourage l’innovation technologique, comment votre économie socialiste parviendra elle à innover ?

Bram STRAKE (Communiste) : Nous sommes dans un monde dans lequel les cerveaux sont malades du capitalisme, incapables de penser en dehors de ce système. Une économie aux mains des travailleurs et planifiée par l’Etat aura bien sûr l’ambition d’innover car nous avons besoin de recherche et de compétences pour autre chose que le profit : pour se déplacer, pour se soigner, pour libérer du temps pour les loisirs. Je n’ai aucun doute quant à l’idée que le bien commun guide mieux les choix que la recherche du profit de quelques parasites.

Victor ARKWRIGHT (Libéral) : Une économie planifiée, ça vous fait un point commun avec notre parti Royaliste, Monsieur Strake.

Philip MORLAND (Royaliste) : Je vous prie de ne pas être insultant. Nous avons toujours combattu et continuerons à combattre le Parti Communiste, qui doit être éradiqué.

Victor ARKWRIGHT (Libéral) : C’est pourtant vous qui avez donné un tel poids écrasant au secteur public, et les impôts qui vont avec.

Bram STRAKE (Communiste) : Oui, les Patrons et les Monarques veulent nous éradiquer, et nous en tirons une grande fierté.

Jared FENLOW (Peuple) : Je suis loin de tout partager avec le Parti Communiste, mais vos propos Monsieur Morland sont ahurissants. Votre rhétorique guerrière contre les travailleurs mobilisés du pays sont absolument abjectes. Je ne crois pas au Grand Soir demain mais il est temps que les travailleurs de ce pays aient enfin des droits !

Philip MORLAND (Royaliste) : Oui, nous éradiquerons les idées communistes, je l’affirme. Quoique vous en dites, vos idées Messieurs, elles sont contre tous les petits travailleurs indépendants, les petits patrons, le cœur de l’économie du Royaume, ceux-là que VOUS vous voulez éradiquer.

Jared FENLOW (Peuple) : Votre économie, elle se construit contre les travailleurs salariés. Dans les compagnies publiques comme dans les entreprises privées, petites comme grandes. Il faut un droit à se syndiquer. Il faut un droit de grève. Il faut des congés payés, une semaine de 40 heures, un salaire minimum, une semaine de cinq jours.

Victor ARKWRIGHT (Libéral) : Sommes-nous obligés d’entendre ce soir deux voix communistes qui veulent étrangler le pays encore plus qu’il ne l’est déjà ? Tout le monde constate bien que l’enjeu à Brocelynwood, ce n’est pas l’esclavage. Oui, il y a des choses à améliorer dans la relation employeur / salarié. Mais surtout, il faut une grande loi d’urgence de l’économie brocélienne ! Il faut attirer les capitaux, supprimer les freins à l’élargissement des entreprises, diviser par 2 puis par 3 les impôts. Le marché doit exprimer son plein potentiel.

Bram STRAKE (Communiste) : Évidemment, Monsieur Arkwright veut que ses amis continuent à s’enrichir. Toujours plus de libertés pour une minorité, des entreprises qui grossissent, exploitent et déshumanisent encore mieux les ouvriers. Je vais vous décevoir : ceci n’arrivera pas. Car les travailleurs vont prendre le pouvoir sur leurs moyens de production dont vous les avez dépossédés. Et ils reprendront les richesses, fruits de leur dur labeur, et volées par les bourgeois et la famille royale !

Leonard RAYMOND (Républicain) : Cette rhétorique est d’une violence inouïe. Vous ne devriez même pas pouvoir proférer de tels propos. C’est pourquoi le Parti Républicain poussera pour l’interdiction des groupes d’extrême gauche et communistes violents. Ce qui se passe ce soir devant des millions de téléspectateurs témoigne de cette nécessité.

Matthew ROBERT : Nous reviendrons plus tard sur les enjeux de sécurité. Restons sur l’économie et le social. Nous avons bien compris le clivage avec les deux partis de gauche. Mais le Parti Royaliste, le Parti Libéral, le Parti Républicain, vos différences sont-elles de nature ou de degré ?

Otto JOGICHES : Monsieur Raymond, vous dîtes vouloir préserver la gestion d’État sur les secteurs stratégiques. Pourriez vous nous dire quels sont ces secteurs et pourquoi ils sont stratégiques à vos yeux ?

Leonard RAYMOND (Républicain) : Je crois en effet qu’il est bon que l’Etat ait les manettes sur un certain nombre de secteurs hyper stratégiques. Je souhaite que nous réfléchissions autour des actuelles compagnies royales, selon ce qui doit rester dans le giron public ou être transféré au privé. Notre organisation ferroviaire permet une couverture relative du territoire, qui ne serait peut-être pas dans l’intérêt de n’importe quelle entreprise. Mais si l’on regarde du côté de la pêche, le privé serait peut-être plus efficace, la propriété publique n’apporte pas grand chose, au contraire de la dimension manutention portuaire de la Compagnie Maritime Royale. Ce sont quelques exemples concrets de pourquoi il faut sortir de l’idéologie et faire du cas par cas.

Philip MORLAND (Royaliste) : Nous sommes en train d’avoir la démonstration de la plus grande forfaiture de ces élections. Monsieur Raymond connaît très bien l’intérêt et l’efficacité de nos grandes compagnies royales et il le reconnaît encore à demi-mots. Bon, il voudrait bien les renommer. Sauf qu’il est enfermé dans un accord électoral avec le Parti Libéral qui n’a ni queue ni tête, tout ça pour avoir ma peau, et le voilà à faire semblant qu’il faudrait peut-être, éventuellement, si on creuse bien, vendre quelques pans de nos secteurs stratégiques. C’est ridicule.

Victor ARKWRIGHT (Libéral) : Cessez avec ces polémiques inutiles. Nous savons très bien quels sont nos points d’accord et quelles sont nos différences, je vous rassure.

Matthew ROBERT : Je me permets de vous interrompre car l’accord électoral entre Républicains et Libéraux n’est pas vraiment la question ici. Les brocéliens attendent des réponses sur un certain nombre de sujets, et peut-être pouvons-nous préciser maintenant vos projets sur les questions sociales.

Otto JOGICHES :Vous dites vouloir combattre la pauvreté en interdisant la mendicité. Quelle alternative avez vous en tête pour les mendiants ?

Philip MORLAND (Royaliste) : Ne caricaturons pas la position du Parti Royaliste qui a déjà beaucoup fait pour combattre la pauvreté. Je…

Bram STRAKE (Communiste) : Qu’est-ce qu’il ne faut pas entendre !

Philip MORLAND (Royaliste) : C’est certain que lorsque l’on pense que la résolution de tous les problèmes consiste à pendre chaque patron, c’est beaucoup plus simple.

Matthew ROBERT : S’il vous plaît, s’il vous plaît. Monsieur Morland, nous vous écoutons.

Philip MORLAND (Royaliste) : La mendicité n’est pas représentative de la pauvreté. La mendicité provoque un sentiment d’insécurité dans l’espace public, parfois de la part de personnes qui sont dans le refus du travail et ne comptent plus sur eux mêmes pour s’accomplir. Ce n’est pas ma vision pour Brocelynwood. Il y a parfois des accidents de vie, et pour cela, la charité protestante joue très bien son rôle. Nous pouvons compter sur une communauté très généreuse.

Jared FENLOW (Peuple) : Monsieur Morland, la pauvreté n’est jamais de la faute des pauvres eux-mêmes. Nous avons la responsabilité de créer les conditions pour que la pauvreté n’existe plus, non pas de mettre des pansements qui s’appellent “charité”.

Philip MORLAND (Royaliste) : Tout le monde fait les efforts nécessaires pour gagner son pain quotidien, c’est bien connu, Monsieur Fenlow. Personne ne connait autour de lui des familles qui tentent de vivre aux crochets de la société. Restez dans votre monde.

Jared FENLOW (Peuple) : Je connais cette rhétorique, c’est celle des royalistes, des capitalistes. Personne ne choisit d’être délaissé, vivre avec rien est déjà un effort surhumain en soi. Je souhaite que les riches paient des impôts pour permettre aux sans emploi de vivre dignement, car ils sont victimes de leurs incapacités ou du système économique. Avec le Parti du Peuple, chacun aura accès à un toit, à la santé, pourra manger et boire sans devoir le mériter.

Victor ARKWRIGHT (Libéral) : Ce soir, “Santa Klaus is coming to town”.

Bram STRAKE (Communiste) : Continuez à prendre cet air supérieur M. Arkwright. Le retour de bâton sera rude. Car Monsieur Fenlow veut réduire les inégalités et taxer les riches ? Les communistes veulent directement atteindre l’égalité et supprimer le concept même de “riches”. Monsieur Fenlow veut aider les privés d’emploi ? Les communistes veulent supprimer le concept même d’emploi. Les travailleurs ne veulent plus se faire voler leur force de travail. Les communistes ne veulent pas donner un peu à ce qui ont peu, ils veulent tout prendre à ceux qui ont tout, et permettre les mêmes droits à chacun : pour la santé, pour l’éducation, pour le logement, pour l’alimentation. Terminons en avec la propriété lucrative de nos besoins essentiels. Une fois pour toutes.

Leonard RAYMOND (Républicain) : Ramenons un peu de sérieux maintenant, si vous le voulez bien. Allons vers des solutions pragmatiques. Je vous rassure, je ne suis pas tombé dans le socialisme ; cependant, il est vrai que la famille royale accapare inutilement une trop grande part de la richesse nationale. Cette somme qui n’irait pas dans les impôts ou autre dynamiserait notre économie et créerait des emplois. Je propose aussi un système de prêt à taux zéro pour les formations professionnalisantes, avec un remboursement étalé pendant sa carrière professionnelle.

Victor ARKWRIGHT (Libéral) : Je rajoute et je répète qu’il faut faire confiance au secteur privé dans tous les domaines de l’économie, pour favoriser les investissements, la concurrence, l’innovation. Ne serait-ce que dans la mobilité et les transports, les grands axes ferroviaires, routiers, mais aussi les espaces cyclables dans les Villes ont été délaissés par le Royaume. Faisons des appels d’offres auprès de chefs d’entreprise compétents.

Matthew ROBERT : Je vous propose de terminer sur ce deuxième thème. Les échanges ont été très riches et permettront peut-être aux électeurs de mieux comprendre vos visions.

État des temps de parole : Arkwright (2680) / Fenlow (2575) / Morland (2995) / Raymond (2832) / Strake (2917)
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3. Sécurité


Matthew ROBERT : Nous en arrivons à la deuxième moitié du débat, avec les questions de sécurité. Messieurs Fenlow et Arkwright, vous avez du retard sur vos temps de parole donc vous serez prioritaires pour lancer les échanges.

Otto JOGICHES : Monsieur Fenlow, en abandonnant la dissuasion qu’offrent les peines sévères, comment allez-vous compenser la hausse du crime causée par la perte de la dissuasion ?

Jared FENLOW (Peuple) : Alors là, c’est vous qui le dites. Je ne ferai bien sûr pas de lien entre l’aménagement de peines et la hausse du crime. Déjà car nous parlons en priorité des peines les moins graves. La petite délinquance n’est pas excusable, mais elle trouve sa source dans la misère, les conditions de vie difficiles, l’exclusion. Donnons des perspectives autres que la prison qui enferme dans l’engrenage de la criminalité. Chacun doit d’abord se sentir utile pour ne pas agir contre la société, et pour cela je crois que les missions d’intérêt général sont plus utiles que les barreaux et le rejet. Je fais aussi remarquer que nous sommes dans un pays où nous criminalisons les mobilisations sociales et c’est ce qui fait que des ouvriers qui font grève et se battent pour leurs conditions sont stigmatisés comme des délinquants, et punis pour cela. Avec le parti du peuple, nous renverserons la logique.

Otto JOGICHES : Monsieur Arkwright, vous aussi vous parlez de peines alternatives. Vous affirmez vouloir faire travailler ceux qui commettent des délits peu graves pour des entreprises au sein de la prison. Dans votre plan, quel serait le salaire pour ce travail forcé ?

Victor ARKWRIGHT (Libéral) : Il s’agit d’une peine, et non d’un accès classique à l’emploi. On ne peut pas parler de véritable salaire mais d’une indemnisation, d’un montant forcément assez faible. Un équilibre doit être trouvé et garanti entre la sanction, la voie vers la réinsertion et l’utilité sociale. Je crois que nous trouverons de cette manière le bon compromis.

Jared FENLOW (Peuple) : Ne mentez pas, la ficelle est trop grosse. Vous avez trouvé dans les prisonniers une main d’œuvre gratuite ou à très bas coût, voilà tout.

Victor ARKWRIGHT (Libéral) : Vous nous faites croire que les travaux d’intérêt général que vous promouvez seront rémunérés fortement ? Avec quel argent ?

Jared FENLOW (Peuple) : Vous confondez une réparation au service de la société dans son ensemble à l’utilisation d’une force de travail pour le profit de quelques entreprises. Je refuse et réfute votre comparaison. Vous démontrez que vous n’avez aucune notion de ce qu’est l’intérêt général et ce qu’il a de spécifique.

Victor ARKWRIGHT (Libéral) : Dans ce cas précis, ce que vous appelez intérêt général n'est que l'autre nom des intérêts privés de l'Etat.

Philip MORLAND (Royaliste) : Bon, nous pouvons débattre longtemps de quelle forme d'angélisme on souhaite mettre en place. Ou alors on se serre les coudes pour stopper sans ménagement ceux qui mettent la pagaille dans nos rues et s'en prennent chaque jour aux innocents. La main forte du Royaume fonctionne mais pas encore suffisamment devant la jeunesse de 2019, alors il va falloir monter d'un cran.

Victor ARKWRIGHT (Libéral) : Peut-être serait-il plutôt intelligent de changer de méthode ?

Philip MORLAND (Royaliste) : Tout à fait. Je vous prends au mot. La Police est une absolue nécessité mais elle ne peut pas tout toute seule. Autorisons et encourageons des milices citoyennes, armées non létalement. Elles seront chargées de repérer, dénoncer, et intervenir à un premier niveau. Et supprimons l'excuse de minorité au delà de 14 ans, cette limite est dépassée. Ce ne sont là que deux exemples.

Leonard RAYMOND (Républicain) : Vous parlez de sévérité, dureté, sécurité. Je vous fais simplement remarquer que lors de son discours faisant suite à l’attentat de septembre 2018 en Yukanaslavie, Johnlyn IV a promis une nouvelle ordonnance antiterroriste avant fin 2018. Où est-elle ?

Philip MORLAND (Royaliste) : C’est à Sa Majesté qu’il faut poser la question. Moi je vous explique mon programme, et il n’y a aucun piège.

Leonard RAYMOND (Républicain) : Vous êtes le chef du parti majoritaire à l’Assemblée et proche conseiller du Roi. C’est à vous que je pose la question.

Bram STRAKE (Communiste) : On voit là très bien sous nos yeux l’axe Royaliste-Républicain, avec la complaisance du Parti Libéral, qui veulent prendre prétexte de la lutte antiterroriste pour s’en prendre aux mouvements communistes qui rassemblent les travailleurs engagés.

Philip MORLAND (Royaliste) : Ce ne sont pas les royalistes qui organisent des tueries de masse en Aleucie à ce que je sache.

Matthew ROBERT : Nous avons déjà eu cet échange sur le communisme tout à l’heure et tout le monde ici a accepté les conditions du débat, donc ce n’est pas ce soir que nous allons exclure un parti. Je peux aussi vous rassurer sur le fait que les conditions de sécurité sont optimales ici. Revenons à la politique pénale car il y a un enjeu dans vos programmes autour de la peine de mort. Qu’avez-vous à nous en dire ? Monsieur Fenlow ?

Jared FENLOW (Peuple) : La peine de mort est banalisée du fait de son existence. A peine serait-elle supprimée que tout le monde reconnaîtrait à quel point elle était une abjection. Quoique chacun ait fait, la société peut se protéger sans ôter la vie d'individus, avec qui plus est le risque de commettre une erreur irréparable. Mettons un terme définitif à cette pratique.

Leonard RAYMOND (Républicain) : Il ne s’agit pas de “pratiques”. Il s’agit de la punition suprême que notre société est contrainte d’adopter, prise par les Tribunaux, dans la tentative inatteignable de ramener un peu de Justice, et surtout de nous protéger des criminels les plus dangereux. Je vous souhaite vivement de ne jamais vivre, dans votre entourage, un deuil causé par un tueur en série ou autre.

Philip MORLAND (Royaliste) : Permettez-moi là de prendre le temps d’évoquer ce sujet qui me tient à cœur, et qui n’est pas simple. La publication de notre programme a beaucoup surpris sur ce point, montrant bien que nous ne sommes pas les plus caricaturaux, ce qu’aucuns voudraient laisser entendre. Je me refuse à tout angélisme contre les criminels les plus fous furieux et monstrueux de Brocelynwood. Et il faut même aller plus loin pour ceux-là dans une logique d’enfermement à vie et de travaux forcés avec une peine incompressible, et ils mériteront cette vie de souffrance. Mais je crois qu’il est temps de sortir de la mise à mort, qui ne doit pas relever des mortels - précisément - mais de Dieu lui-même.

Victor ARKWRIGHT (Libéral) : La position de notre parti pour ces élections est non pas de supprimer la peine de mort, mais de réduire encore davantage son champ d’application à un nombre restreint de crimes rarissimes et extrêmes. Nous en avons cité trois : terrorisme de masse, pédocriminels multi-récidivistes, tueurs en série. Mais il faut admettre que ce sujet provoque beaucoup de discussions au sein de tous les partis. C’est typiquement un thème sur lequel il serait cohérent de consulter directement les brocéliens, mais en l’état actuel de nos institutions jamais de référendum n’a été organisé.

Philip MORLAND (Royaliste) : Monsieur Arkwright, je vous le dis solennellement : vous avez raison. Si le Parti Royaliste sort majoritaire, je m’engage à ce qu’un référendum au sujet de la peine de mort se tienne à la fin de l’année 2019.

Matthew ROBERT :Monsieur Morland, ce que vous dites est très étonnant. Cette modalité n’était pas dans votre programme, et seul le Roi pourrait se permettre d’organiser une telle consultation à la légalité incertaine. Est-ce que vous maintenez vos propos ?

Philip MORLAND (Royaliste) : Le Roi sera convaincu. Je m’y engage.

Otto JOGICHES : Je pense que le débat public brocélien reviendra sur ce sujet les prochains jours. Je souhaiterais revenir sur les questions d’ordre public. Monsieur Strake, vous souhaitez créer une Police Populaire, “réellement au service des travailleurs”. En quoi serait-elle différente de la police d’aujourd’hui ?

Bram STRAKE (Communiste) : La Police d’aujourd’hui protège deux choses : le Roi et le Capital. Le simple fait de faire grève ou de manifester est répréhensible. Le Parti Communiste libérera les travailleurs injustement condamnés pour des soi-disant troubles. Pourtant qui cause des troubles sinon les exploiteurs ? Renversons la logique. Allons vers un monde dans lequel voler une baguette de pain n’est pas plus grave que voler la force de travail de millions de personnes, jours après jours, jusqu’à leur causer la mort. Exproprions les capitalistes et punissons-les pour leurs crimes passés. Voilà ce que doit être le travail de la Police.

Leonard RAYMOND (Républicain) : A compter de maintenant, je refuse de prendre en considération le moindre propos de ce fou furieux.
Vous parlez, Monsieur Robert, de troubles à l’ordre public : je crois qu’il faut là être clair, et que la Police soit particulièrement organisée et dissuasive. Et interdisons tout groupement qui appelle ou pratique la violence comme mode d’action politique.

Victor ARKWRIGHT (Libéral) : Pour ma part, je crois en tout cas qu’il faut pratiquer une particulière sévérité contre un mode d’action coûteux socialement : les blocages des unités de production, que ce soit les ports, les usines, les routes. C’est une prise d’otage contre le pays, les entrepreneurs, et les autres travailleurs. Négocier est parfois nécessaire, jamais le couteau sous la gorge.

Jared FENLOW (Peuple) : Si vous pensez Monsieur Arkwright qu’il n’y a pas à chaque minute un couteau sous la gorge de millions de salariés sous-payés, sans droits du travail, sans échappement possible de ce système économique, c’est que vous êtes bien en dehors des réalités. Je vais vous révéler un secret : ça coûte beaucoup à chacun de se mobiliser. Les gens ne “s’agitent” pas par plaisir. Si nous devions interdire quelque chose dans l’espace public, ce ne sont pas les revendications des ouvriers, mais la haine des minorités.

Matthew ROBERT : Je vous arrête tout de suite, car vous faites la parfaite transition avec notre dernier thème !

État des temps de parole : Arkwright (4008) / Fenlow (4394) / Morland (4552) / Raymond (3756) / Strake (3645)
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4. Vivre ensemble

Matthew ROBERT : Nous allons maintenant évoquer les questions de vivre ensemble, un sujet qui provoque des débats vifs et passionnés dans notre pays, car en lien avec la religion, la morale, l'éducation des enfants et ceux qu'on appelle les minorités. Otto, à vous l'honneur.

Otto JOGICHES : Monsieur Raymond, vous voulez faire apprendre aux jeunes des savoirs “diversifiés et indispensables”, mais vous dîtes aussi que les jeunes n’apprennent pas ces savoir-faire aujourd’hui, faisant penser qu’elles ne sont peut-être pas si indispensables que ça. À votre avis, pourquoi les jeunes n’apprennent pas ces savoirs “indispensables” à Brocelynwood aujourd’hui ?

Leonard RAYMOND (Républicain) : Car la société va mal. Évidemment que ces savoirs sont indispensables. Mais les jeunes comptent sur leurs parents, leurs grands-parents. Nous devrions faire un sondage : demandons aux filles et jeunes femmes de 15 à 30 ans combien savent coudre de nos jours, ou gérer l'administratif du foyer. Demandons aux jeunes hommes combien savent encore bricoler. Il est évident que le nombre sera faible, en tout cas bien plus faible qu'avant. Alors si les familles ne sont plus le lieu de transmission, ce que je regrette, garantissons que l'École le soit.

Bram STRAKE (Communiste) : Ce que des millions de personnes savent faire de leurs mains ne vous intéresse habituellement pas du tout. Mais pourquoi pas, si cela peut vous contenter. Bon, parlons sérieusement. Nous ce qui nous intéresse au Parti Communiste, c'est que l'École apporte autre chose qu'une transmission Royaliste, traditionaliste, religieuse, basée sur une vision capitaliste de l'Histoire. Les jeunes doivent savoir repérer la domination d'un petit nombre et non pas qu'on leur apprenne à s'y soumettre. C'est aujourd'hui la fonction de l'école, très clairement : préparer de bons petits soldats aux ordres pour demain.

Victor ARKWRIGHT (Libéral) : Au Parti Libéral, nous pensons que l'École doit évoluer, mais évidemment pas pour en faire un lavage de cerveau communiste. Ce que je vais dire va profondément déplaire à Monsieur Strake, ce qui est plutôt bon signe, mais une des fonctions essentielles de l’école doit être de préparer progressivement à développer des compétences nécessaires au monde économique de demain. Construisons des alliances entre les entreprises et les écoles.

Jared FENLOW (Peuple) : On présente parfois le Parti Libéral comme émancipateur. Vous prouvez que vous ne l’êtes absolument pas. Vous voulez produire de la bonne main d'œuvre, voilà votre vision du rôle de l’école. Nous, nous voulons donner aux enfants les clefs pour avoir un esprit critique, pour créer une société égalitaire, de coopération.

Leonard RAYMOND (Républicain) : C’est vous qui mentez. Vous voulez une société plus respectueuse ? Non. Vous voulez combattre l’autorité à l’école. Vous voulez une société de coopération, d’intelligence relationnelle entre les personnes ? Encore non. Vous voulez jetez les valeurs religieuses hors de l’école.

Bram STRAKE (Communiste) : La religion ne permet aucunement de développer la coopération entre les individus, que dites-vous. C’est une institution oppressive qui maintient un ordre moral et de domination au service des royalistes et des bourgeois, sur la base de croyances qui elles ont le droit de pratiquer dans un cadre privé.

Leonard RAYMOND (Républicain) : Afin d’être certain que cela soit clair, je répète que je n’écoute pas un mot de ce que dit cet énergumène et ne formulerai donc aucune réponse.

Bram STRAKE (Communiste) : Utilisez donc bien votre temps de parole pour répéter combien le parti communiste vous fait peur, ça nous évite de vous écouter déblatérer des inepties au profit de votre classe sociale.

Matthew ROBERT : Messieurs. Je demande à chacun de se ressaisir. Le débat doit être utile pour les téléspectateurs et garder un cadre respectueux.

Otto JOGICHES : Monsieur Arkwright, je souhaiterais avoir une petite précision sur votre rapport à la religion : si vous continuez à garder le Protestantisme comme religion officielle, mais vous cessez de le financer, de quels avantages le Protestantisme continuerait-il à jouir ?

Victor ARKWRIGHT (Libéral) : Donner des avantages au protestantisme n’est pas un objectif en soi. Oui, je crois que la religion doit davantage s’auto-financer, grâce à l’extraordinaire communauté de croyants qui compose notre pays, ce qui permettra de réduire la pression fiscale et donner une véritable liberté de choix aux brocéliens. La religion protestante ne peut pas s’imposer partout, dans toutes les décisions, dans toute l’éducation des enfants. Pour autant, il faut reconnaître qu’elle doit garder une place spéciale et rester une religion officielle car elle est centrale dans notre Histoire et dans notre société encore aujourd’hui.

Philip MORLAND (Royaliste) : Oui, vous voulez tuer le protestantisme à petit feu. Les positions de Messieurs Fenlow et Strake, aussi haïssables soient-elles, ont au moins le mérite d’être honnêtes sur leurs intentions.

Matthew ROBERT : Le temps file, je me permets d'enchaîner avec un autre sujet. Nous avons souhaité faire un focus particulier sur la place des femmes dans notre société. Les électrices représentent la moitié de l’électorat et vous en parlez tous dans vos programmes.

Otto JOGICHES : Monsieur Fenlow, vous visez à interdire toute violence au sein des couples brocéliens. Mais est-ce que cette interdiction s'appliquerait aussi aux violences verbales ?

Jared FENLOW (Peuple) : C’est un sujet que nous sommes les seuls à évoquer. C’est un sujet qui passe tellement sous les radars que nous n’avons pas de statistiques précises sur ce qu’on appelle les violences conjugales. Mais nous sommes le parti qui compte le plus de militantes, et je peux vous assurer que c’est un sujet qui revient régulièrement. Il est temps d’agir, agir vite, agir fort. Oui, il faut interdire les rapports de domination au sein des couples, qu’ils s’exercent par des violences physiques ou verbales. Chaque dispute ne va pas tomber sous le coup de la loi, pour autant il est essentiel d’adopter une législation adaptée.

Philip MORLAND (Royaliste) : Puisque les couples de gauche ont décidé de s’entretuer, faisons une loi, qui - vous le savez pourtant très bien - sera inapplicable.

Jared FENLOW (Peuple) : Ce n’est pas sérieux, Monsieur Morland. Je préfère exprimer mon seul mépris à votre égard.

Bram STRAKE (Communiste) : Il me semble qu’analyser la problématique sous l’angle des rapports hommes / femmes n’est pas le sujet. Ce n’est pas le plus courant à Brocelynwood, mais il existe des pays au sein desquels les femmes bourgeoises exploitent des ouvriers, qui sont des hommes. Vous parlez des tensions au sein des couples, reconnaissez qu’elles trouvent aussi leur source dans la violence sociale subie au travail.

Jared FENLOW (Peuple) : Pas seulement, camarade. A mon humble avis, vous faites ici fausse route.

Victor ARKWRIGHT (Libéral) : La société brocélienne doit évoluer, et en profondeur. Nous en faisons un point clef de notre programme et portons une vision très claire. Nous devons aboutir à l’égalité, et vite. Premièrement, cesser d’interdire des postes et des emplois aux femmes, y compris ici même, dans la vie politique. Deuxièmement, mettre un terme aux règles morales ciblant les femmes, comme sur la question des rapports extra-conjugaux. Troisièmement, sortir de l’interdiction totale de l’avortement.

Philip MORLAND (Royaliste) : Vous nous présentez ici une société terrifiante, et je pense que toutes celles et ceux qui nous écoutent s’en rendent bien compte. Il ne me semble pas que nous avions aujourd’hui invité le Parti Libertin. Monsieur Robert, qu’avez-vous fait ? Et encore, si nous avions invité le Parti Libertin, il n’aurait pas revendiqué de vouloir absolument mettre sur le dos des femmes des responsabilités qu’elles ne réclament pas. Il n’aurait pas - espérons le - revendiqué la mort de bébés in-utero. Vous ne méritez pas vos 3 membres à l’Assemblée Unique. Et Monsieur Raymond, c’est avec lui que vous vous alliez ? Vous cautionnez ?

Leonard RAYMOND (Républicain) : Nos désaccords sur ce sujet sont importants. Mais ne revenez pas sur la question de l’accord électoral. Notre objectif est de vous battre, Monsieur Morland, pour débattre dans un cadre enfin démocratique, y compris avec vigueur.

Philip MORLAND (Royaliste) : Oui, la fameuse dictature brocélienne qui permet ce soir à votre ami de venir tenter de tuer notre société..

Victor ARKWRIGHT (Libéral) : Je vous demande immédiatement de retirer vos propos.

Philip MORLAND (Royaliste) : Je retire. Vous voulez plutôt assassiner la société brocélienne, car à un tel niveau, c’est prémédité.

Matthew ROBERT : J’insiste. Il est essentiel que ce débat se tienne dans des bonnes conditions jusqu’au bout. Nous n’avons malheureusement pas le temps d’approfondir davantage, ce qui est bien dommage. Mais il y a un dernier sujet à évoquer et que nous ne pouvons pas ignorer, car il est revenu régulièrement dans l’actualité. Il s’agit du rapport entre, notamment, les deux communautés officiellement reconnues au sein du Royaume. Messieurs, je vous demande vraiment de respecter les prises de parole et d’éviter les attaques personnelles, car ce débat ne doit pas être terni sur la fin, et nous savons à quel point ce sujet est inflammable.

Otto JOGICHES : Monsieur Raymond, vous dites qu’il faut mettre fin à la discrimination contre la communauté blanche protestante, accusée de multiples maux historiques. Mais est-ce que cette discrimination est visible d’une manière plus matérielle et courante ? Et qui pensez vous, est responsable des maux historiques dont on accuse la communauté blanche protestante ?

Leonard RAYMOND (Républicain) : Notre Histoire est synonyme de grande fierté. Pour autant, est-ce que tout doit être célébré dans notre Histoire ? Bien sûr que non. Mais est-ce qu’il faut sans cesse se repentir ? Est-ce qu’il faut demander aux blancs protestants de payer le prix d’erreurs passées ? Sortons de cette logique. Je ne mets pas tout le monde dans le même panier. Mais certains leaders, dans la communauté Alderii, veulent exploiter le passé pour créer une rébellion et un racisme à l’égard des blancs, et ils y parviennent parfois. Dans cette entreprise de démolition, ils trouveront le Parti Républicain sur leur chemin et je l’assume. Voilà tout.

Jared FENLOW (Peuple) : Il est absolument exceptionnel dans ce pays de penser que quelques dizaines de milliers de personnes d’une communauté non majoritaire vont soudainement tout renverser, car ils demandent plus d’égalité de traitement. Les Alderii sont aujourd’hui discriminés, surexploités, rejetés sur la seule base de leur appartenance raciale. Elle est là la réalité ! Le Roi est allé jusqu’à aller au conflit avec l’Empire de Stérus sur ce sujet pour quelques droits plus favorables aux natifs. Mais où va-t-on ?

Victor ARKWRIGHT (Libéral) : Je dois aussi reconnaître qu’il y a ici une panique morale relativement démesurée, et que rompre les relations avec un Etat sur le continent pour si peu était démesuré et contre l’intérêt de Brocelynwood. Il y a ici ou là des sujets qui peuvent se poser. Mais il faut en premier lieu une attitude d’apaisement, favorable au vivre ensemble : le multiculturalisme est une force, une force sociale, une force économique. Nous soumettrons une grande loi anti-discriminations, pour cesser cette logique non seulement à l’égard de la communauté Alderii mais aussi au-delà.

Philip MORLAND (Royaliste) : La gauche libérale et proto-communiste veulent nous vendre un continent par nature apaisé, dans lequel il n’y a pas de danger intérieur comme extérieur. Le problème de l’Empire de Stérus n’était pas ses dispositions intérieures, mais sa tentative manifeste d’ingérence dans toutes les nations d’Aleucie. Le Royaume s’est protégé à juste titre. Lorsque demain nous aurons l’Akaltie qui viendra armer des hordes d’Alderii, il sera trop tard pour réagir.

Jared FENLOW (Peuple) : Les familles alderii veulent simplement vivre librement et dignement. Vous voulez maintenir une domination. Arrêtez ça. Et personne ne voudra se faire armer par personne. Vous projetez une image naturellement négative et violente d’une communauté, c’est la source même de ce cycle de la violence.

Philip MORLAND (Royaliste) : Oui, je me fais des idées. Comme Monsieur Hardenbor de Westalia, l’opposition du Navasota et bien d’autres se font des idées. Comme ces cafés de Tintellin Cove colonisés par une seule communauté, au sein desquels les blancs protestants ne sont plus bienvenus.

Victor ARKWRIGHT (Libéral) : Ce n’est pas une information sérieuse. La communauté alderii est parquée dans certains quartiers donc ils sont évidemment majoritaires dans les lieux de vie.

Bram STRAKE (Communiste) : L’enjeu n’est pas l’origine. Les Alderii sont maltraités au même titre que tous les travailleurs de ce pays, et mon sujet n’est pas de diviser les travailleurs entre eux. Les Alderii occupent davantage de postes sous-qualifiés, et à ce titre ils sont particulièrement exploités par les royalistes et les capitalistes. Ce sujet n’aurait plus lieu d’être dans une société sans classes. Mais j’aimerais que les classes laborieuses cessent de s’écharper sur ce type de sujets. Pour avoir beaucoup échangé avec de nombreux camarades dans les campagnes, ils sont vraiment lassés.

Leonard RAYMOND (Républicain) : Je crois qu’il est essentiel d’avoir une position à la fois ferme et équilibré. L’Etat doit jouer le jeu et dialoguer davantage avec la communauté Alderii. Il vaut mieux une représentation institutionnalisée, apte à discuter, représentative que n’avoir que face à nous des groupes factieux.

État des temps de parole : Arkwright (5966) / Fenlow (5987) / Morland (6122) / Raymond (5528) / Strake (5387)
5376
Conclusion


Matthew ROBERT : Merci beaucoup pour ces débats de fond et de qualité. Il est temps pour chacun d’avoir un mot de conclusion. Ce sera l’occasion, s’il vous plait, d’ajuster vos temps de parole afin de vous rapprocher le plus possible les uns des autres. Messieurs Raymond et Strake, vous êtes en retard. Je demanderai donc à vos concurrents de faire particulièrement court.
Pour cette conclusion, vous vous proposons une carte blanche : vous pouvez développer au moins une proposition clef de votre programme, principalement sur un sujet qui n’a pas été abordé ce soir.
Pour rappel, l’ordre de passage a été tiré au sort.

Leonard RAYMOND (Républicain) : Cette soirée aura démontré à quel point le communisme est un cancer, et à quel point le royalisme arrive à bout de souffle. Je vous encourage à voter, selon votre circonscription, Républicain ou Libéral car vous pouvez aisément constater à quel point c’est la seule voie pour aller vers un modèle démocratique sérieux, dans lequel les divergences de point de vue pourront s’exprimer sans entité supérieure et sans recours à la violence. Le Parti Républicain veut permettre de nouvelles libertés pour les brocéliens, tout en garantissant la fermeté nécessaire. Partons d’une personne, un jeune par exemple, qui comment un délit : celui-ci doit être puni. Il peut avoir ensuite une seconde chance. Mais s’il ne la saisit pas, il entre dans une carrière de grande délinquance et de criminalité qu’il faut stopper au plus vite. Contre la récidive : soyons extrêmement sévère.
Sans transition, je vais terminer sur une proposition propre à notre parti. Nous n’avons pas parlé de la dangerosité de notre dépendance énergétique. Développons pleinement le nucléaire. C’est la condition de notre indépendance et il s’agit de plus d’une source d’énergie qui ne pollue pas nos beaux espaces naturels. Merci à tous.
Total final : 6 538

Philip MORLAND (Royaliste) : Je crois que ce soir, tout le monde a entendu que l’opposition au Parti Royaliste est souvent une opposition de principe, car il faut bien parvenir à avoir plus de pouvoir. Je ne vais pas commenter, passons. Pendant que d’autres veulent encourager l’homosexualité et la contraception, je vais rappeler un point clef de notre programme : relancer fortement la démographie du Royaume, car le renouvellement des générations est un beau projet, positif, tourné vers l’avenir. Soutenons les femmes pendant la grossesse, les familles à la naissance, donnons une bourse pour chaque nouvelle naissance ! Nous serons majoritaires, nous le ferons, et cela donnera la perspective d’un avenir radieux. Ravi d’avoir débattu devant vous ce soir.
Total final : 6 739

Victor ARKWRIGHT (Libéral) :
Les outrances auront décidément été bien nombreuses ce soir, et nous avons encore dû nous les imposer. Notre parti est libéral, dans tous les sens du terme, et notre politique le sera. Nous ne voulons pas tout renverser, mais la révolution libérale est une nécessité. Sans violence. De façon saine, calme, organisée. Avec votre bulletin de vote, vous avez le pouvoir de nous permettre d’enfin donner aux entreprises l’opportunité d’exprimer leur potentiel et ne pas être freinées au développement de leur activité économique. Nous lèverons des centaines de barrières, car elles ne sont que délétères. Mais dans ce projet, nous embarquerons toute la société : la communauté blanche, les hommes, les femmes, les protestants, les autres croyants, la communauté alderii, les hétérosexuels, les homosexuels, et tous ceux que je n’aurais pas cités. Car nous, nous ne serons jamais du côté de la haine de l'autre ou du ressentiment.
Total final : 6 744

Jared FENLOW (Peuple) : Nous venons d’écouter des paroles qui se veulent sages, mais veulent en réalité perpétuer un système d’une grande violence. C’est la réalité, qu’elle soit dite avec fermeté, avec provocation, ou avec le plus grand calme apparent. Notre population est attachée aux biens collectifs. Renforçons les. Non pas au service d’une caste royaliste. Non pas au service d’une religion. Non pas en les donnant aux intérêts privés. Mais il faut en faire des outils du peuple, de véritables services publics : pour s’instruire, pour se déplacer, pour avoir accès à de multiples services de base nécessaires au quotidien. Et nous n’avons pas peur de dire que pour cela, nous avons prévu de revoir en profondeur le système d’imposition, pour avoir plus de recettes mais de façon beaucoup plus juste et progressive. Et nous nous en porterons tous mieux, individuellement et comme société.
Total final : 6 718

Bram STRAKE (Communiste) : Ce soir, plusieurs de mes adversaires n'ont pas voulu écouter les revendications des travailleurs exprimé par la voix du Parti Communiste. Ils n'ont pas de chance, c'est moi qui ai l'opportunité de conclure, et qui plus est longuement. La véhémence de Monsieur Raymond démontre que chasser les royalistes pour mettre un autre parti bourgeois, ou trop conciliant avec les bourgeois, changera très peu pour vous, votre famille, votre souffrance au travail pour enrichir un patron. Tout ne passera pas par les élections, mais aussi par la contestation, dure, dans la rue, dans les villages, dans les entreprises. Nous savons où nous voulons aller : donner le pouvoir au peuple travailleur. Prenons un exemple : dans les campagnes, est-ce vraiment le pouvoir central royaliste de Monsieur Morland, le pouvoir central de Monsieur Raymond, le pouvoir capitaliste protégé par Monsieur Arkwright qui doivent décider de comment les transports doivent s'organiser et se développer ? La place de la voiture, la place du transport collectif gratuit ? Nous pensons que nous devons confier ce pouvoir de décider aux travailleurs eux-mêmes, par des assemblées locales. Je voulais aussi dire un mot sur le logement. Chacun a ras-le-bol que le besoin d'avoir un toit soit exploité par des riches propriétaires qui appauvrissent toute la population et laisse des personnes à la rue ! Terminons en avec la propriété lucrative, non pas parce que nous cherchons l'insurrection par agitation, mais parce qu'elle fait souffrir des millions de personnes dans leur chair : chaque jour, chaque heure, chaque minute passée.
Total final : 6 731

Matthew ROBERT : Merci à toutes et tous d'avoir suivi ce débat exceptionnel ! Et n'oubliez pas d'aller le voter le dimanche 2 juin prochain, en espérant que ces échanges aient permis de vous forger une opinion plus précise. Merci à vous Otto pour ce partenariat exceptionnel. On rend l'antenne !


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