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La longue histoire de la Ramchourie

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La longue histoire de la Ramchourie


Drapeau de la Ramchourie

La Ramchourie, au cours de son histoire, a été une terre fait de batailles, d'empires et de peuples qui se sont battus pour exister ou survivre. Elle est le témoin d'un monde qui jusqu'il y a peu a refusé de voir la modernité comme un progrès, et qui avance péniblement vers une société moderne et mondialisée. Mais son histoire si troublée évoque encore aujourd'hui des traumatismes et des souvenirs qui hantent les esprits des ramchoures survivant de la terrible récente guerre civile.


Sommaire

Les grandes lignes de l'Histoire :
Les Printemps Rouges des années 1970



Palais Royal
Palais Royal de Zangian'h, ancienne le Palais Seigneurial
12882

𝐋𝐞𝐬 𝐠𝐫𝐚𝐧𝐝𝐞𝐬 𝐥𝐢𝐠𝐧𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐥'𝐇𝐢𝐬𝐭𝐨𝐢𝐫𝐞
"Les Printemps Rouges" des années 1970
Pourquoi une révolution a éclaté et comment le régime ramchoure l'a réprimé ?
De 1970 à 1980

"La révolution du peuple", Bei Feilang, 1992
L'épisode des "Printemps Rouges", du tableau "La révolution du peuple", Bei Feilang, réalisé en 1992 au Negara Strana


Ambiance musique

Les Printemps Rouges, première révolution ramchoure de l'histoire est une période s'étalant de 1970 à 1980, soit près de 10 ans. Oubliée dans l'histoire des révoltes populaires, elle a pourtant considérablement bouleversé le pays, en instaurant des principes socialistes voir communistes qui seront réaffirmés lors de la "Grande Guerre Civile" débutée en 2014. La manifestation qui était pourtant pacifique va malheureusement rapidement subir une affreuse répression que certains qualifient même de "crimes contre le peuple ramchoure", de part son ampleur et sa radicalité. Après cette révolution, toutes les idéologies de gauche seront proscrites et quiconque les théorisera sera exécuté.

I - Contexte de la situation en Ramchourie

Avant la "révolution ramchoure", le pays était dirigé par ce que l'on appelait "la Seigneurie Elective". Ce système politique est né en 1903 à l'occasion de l'indépendance de la Ramchourie de l'Empire Ushong des Xins. A sa tête se tenait un "roi", souvent appelé "seigneur de guerre", qui était élu par les plus puissants seigneurs et autres marquis du pays : les quatre seigneurs électeurs du Hen, du Hezian, de Hanchourie et enfin, du Zijian (à l'époque territoire ramchoure). Ces principalement ces quatre derniers qui élisaient le seigneur de guerre. De ce fait, a la mort de chaque "seigneur de guerre", c'était eux qui élisaient le prochain.

Après l'assassinat du seigneur de guerre Xian Fu (règne de 1962 à 1968) commandité par l'électeur du Hen Jinlong Rong, c'est le fils du premier, Xian Tengong, qui devint le nouveau souverain du pays en 1968. En réalité, peu le savaient au moment des faits, mais c'est le fils lui-même qui avait ordonné de tuer son père, afin de s'emparer du trône en corrompant les seigneurs électeurs. Ainsi, par la plus grande des violences, un nouveau règne débutait.

Selon les témoignages d'époque, Xian Tengong était décris comme violent, brutal et sans pitié envers ce qu'il considérait comme ses ennemis. Il acquit de ce fait rapidement le surnom "le terrible". En effet, à de nombreuses reprises, entre 1968 et 1970, il dépouilla de leurs terres des seigneurs suspectés de comploter contre lui. Pire encore, il mit à sac la ville de Xunshi pour avoir tenté de tuer leur dirigeant local réputé comme barbare et sanguinaire, mais qui était un allié de Xian Tengong.

Seigneur de Guerre Xian Tengong
Seigneur de Guerre Xian Tengong (règne de 1968 à 1982), dit "le terrible"

Ces répressions, et ces actes de violences gratuites ont déjà eu raison rapidement de la popularité du seigneur de guerre de Ramchourie. Toutefois, c'est dans ce contexte particulier que vont fleurir les idéaux socialistes et communistes, importés depuis les ports de commerce du sud, comme Zu ou Pianshan. Au départ limités aux castes aristocratiques et commerçantes, ces théories politiques vont arriver aux oreilles de certains érudits des classes moyennes, qui vont rapidement propager ces idées d'égalité des genres, de salaires (anachronique puisque le salaire n'existait pas en Ramchourie, on parle plus de "récompense du travail") plus élevés, de meilleures conditions de vie, dans une société profondément patriarchale, inégale, et injuste.

Il n'est pas alors surprenant de voir des "guides" apparaitre ça et là dans le pays, voulant changer les choses, ouvrir la Ramchourie au monde (le pays étant profondément isolationniste), donner plus de pouvoirs au peuple, créer une société promouvant les libertés individuelles.

Toutefois, ce qui va réellement permettre un mouvement massif au sein du pays, c'est une tragédie particulièrement imprévisible : la famine de 1969. Les récoltes de cette année là ont été désastreuses, notamment à cause de nuisibles qui ont détruit les rizières et champs agricoles. De cette manière, une famine va s'imposer dans une large partie du pays. Mais malheureusement, le gouvernement ne fera rien, si ce n'est légèrement faire don de certaines réserves aux castes supérieures et aux aristocrates de haut rangs. Cet abandon du peuple par les autorités ramchoures va ainsi servir de terreau idéal pour l'émergence de la révolution ramchoure...


II - Première phase de la révolution, entre pacifisme et insurrection

Le premier de ces "guides" a s'exprimer publiquement contre le régime de la seigneurie élective se prénomme Fong Da. Originaire de Pianshan, il a été l'un des premiers à découvrir les idéaux socialistes à travers le commerce avec quelques autres nations voisines. Issu de l'aristocratie locale, il va se faire connaitre durant la famine de 1969 en faisant don de nombreux de ses propres stocks aux habitants de la ville. Cela va alors l'amener à devenir aussi important que le seigneur de Pianshan. Profitant de cette occasion, Fong Da va alors déclarer "l'aube de la révolution populaire", et va mettre en place de nombreuses manifestations pacifiques au coeur de la ville, qui vont s'étendre à l'ensemble de la région.

Le second grand mouvement, appelé celui du "Lotus Rouge", est né dans la région de Muan (autour de la ville du même nom). Créé autour de trois grands leaders, dont les noms ont disparu (expliqué dans la partie IV), il s'est rapidement identifié non pas à une démarche pacifique, mais bien en une insurrection violente conscient que la société ramchoure était bien trop rigide pour accepter le moindre progrès dans le pays. A l'instar de Fong Da, le Lotus Rouge va s'imposer à travers "la solidarité de la nourriture", c'est à dire en permettant à tous et à toutes de pouvoir manger le plus dignement possible, quitte à rationaliser les plus riches pour donner aux plus pauvres.

De cette manière, Le Lotus Rouge va rapidement devenir extrêmement influent dans l'ensemble des régions au Nord du Hen et au sud du Hezian. Sachant que Xian Tengong ne permettra aucune avancée en Ramchourie, le Lotus Rouge va alors utiliser son poids dans la région pour lancer une véritable révolution à l'encontre du pouvoir central en Mars 1970. C'est alors le véritable début des Printemps Rouges. Dès Avril 1970, les forces du Lotus Rouge s'empare de la ville-forteresse de Muan, un des joyaux architectural et militaire du pays, permettant alors aux insurgés de disposer d'armes de dernière technologie (à ce moment là des armes typiquement eurysiennes du XVIIe siècle voir XVIIIe siècle).

"La victoire de Muan", Fu Zendong, réalisé en 1990 au Negara Strana
"La victoire de Muan", Fu Zendong, réalisé en 1990 au Negara Strana

Afin de pouvoir rallier de nombreux peuples et seigneurs à leur cause, le Lotus Rouge adopte officiellement dès le début de la révolte un drapeau jaune aux bords et avec une inscription rouges. Le jaune représente alors le soleil et la prospérité, tandis que le rouge symbolise le sang que doit verser chaque ramchoure pour parvenir à cet idéal.

D'autres groupes vont alors se former, reprenant les idées du Lotus Rouge (de créer une société plus égalitaire, avec des meilleures conditions de vie, et avec un plus large partage des richesses et une diminution des inégalités de classes). C'est notamment le cas dans la ville de Dao qui sera prise par des paysans affamés qui, toutefois, permettront l'installation de "marchés du partage" dans lesquels sont distribués équitablement les rations alimentaires entre chaque habitants.

Mieux encore pour les révolutionnaires, à Tsuchian, dans l'est de la Ramchourie, une véritable bataille va opposer le seigneur de la ville à son peuple, ce dernier ayant largement rallié aux idéaux du Lotus Rouge. Ce qui sera appelé postérieurement "la bataille de Tsuchian", mènera à la conquête de la ville par sa propre population, qui rejoindra ainsi les révolutionnaires du sud.

"La Bataille de Tsuchian", Fu Zendong, réalisé en 1991 au Negara Strana
"La Bataille de Tsuchian", Fu Zendong, réalisé en 1991 au Negara Strana

Dans le Hen et le Hezian, villes après villes, villages après villages, la parole du Lotus Rouge va s'imposer comme la seule voix d'opposition à la Seigneurie Elective. Pire encore pour ces derniers, de nombreux territoires font défections et rejoignent soit les révolutionnaires, soit revendiquent leur indépendance. C'est notamment le cas de la ville de Tang'an, historiquement une ancienne capitale de la Ramchourie, qui va fonder "le Royaume Liu", avec la dynastie du même nom à sa tête.

Tous ces évènements, se déroulant entre les années 1970 et 1974, constituent ce qui est appelé la "première phase" de la révolution, qui a été en tous points largement favorable aux idéaux progressistes. Toutefois, après cette période, la réaction du gouvernement central ne va pas se faire attendre...


III - Second phase de la révolution, répression et purge

Il faut comprendre que, contrairement à ce que l'on pourrait penser, la Seigneurie Elective n'a pas attendu 4 ans avant d'agir contre les révolutionnaires. Au contraire même, car dès la prise de Muan, une armée du régime central viendra assiéger la ville, durant ce qui sera le plus important siège de la période, le siège de Muan (1971 - 1975). Durant près de quatre ans, les insurgés vont réussir à résister contre les forces seigneuriales. Mais malheureusement pour eux, la famine, les dégâts provoqués par l'artillerie moderne uniquement détenue par Zangian'h va amener à la défaite du Lotus Rouge. Les survivants seront tous passés au fil de l'épée pour leur rébellion. Aucun chiffre ne détail le nombre de morts, bien que plusieurs milliers soient les estimations les plus logiques.

Aussi, dans le sud, les ligues marchandes et les autorités étatiques souhaitant conserver leurs acquits parvinrent à mettre fin au Royaume Liu dès Mars 1975, permettant alors d'attaquer par l'arrière les territoires révolutionnaires. Cela eu pour conséquence de transformer la stratégie du Lotus Rouge d'une guerre "classique" à une véritable guérilla, car en terrain dégagé, aucune force révolutionnaire ne serait tenir la ligne face aux armements modernes de la Seigneurie Elective. Les villes majeures furent donc reprises par Zangian'h, cependant, dans les montagnes et les forêts du pays, des poches de résistances se formèrent et ancrèrent solidement leurs fondations.

Afin de faire face à cette situation, le seigneur de guerre Xian Tengong décida d'envoyer sur le front son propre frère, Xian Anlu, en temps que général de toutes les armées, le plaçant comme la plus haute autorité après lui. Réputé pour son inhumanité, notamment pour participer activement au sac de Xunshi, Xian Anlu va alors rédiger un "ordre d'extermination" à l'égard de tous les révolutionnaires en 1976. Chaque personne suspectée d'être un membre des révoltés est exécuté sur le champ, et quiconque en dénonce un obtient une prime sous la forme d'un bon plat (chose qui était donc rare à l'époque).

Représentation de Xian Anlu, frère de Xian Tengong, cerveau des opérations de répressions
Représentation de Xian Anlu, frère de Xian Tengong, cerveau des opérations de répressions

C'est à ce moment là que débute ce que l'on nomme les "purges rouges", entre 1976 et 1979. Pendant trois ans, un nombre effroyable d'exécutions vont s'enchainer, au point que certains villages, dit on, ont vu leur sol devenir rouge. Ces morts "à la chaine" vont assurer à Xian Anlu de rapidement détruire la majorité des têtes pensantes du Lotus Rouge, et de ses membres. Face à la faim, le peuple, qui pouvait obtenir de la nourriture seulement en dénonçant, a complètement sombré dans cette espionnage de l'autre, ce qui a induit à créer une véritable société de la crainte, ou chaque action est surveillée par le collectif.

Lorsqu'en 1979 les trois grands leaders du Lotus Rouge sont capturés puis exécutés devant Xian Tengong et Xian Anlu à Zangian'h, la capitale, les derniers révolutionnaires, ceux qui le pouvaient, ont tout simplement fuis les pays, comprenant qu'ils ne pourraient pas remporter la guerre. La majorité de ces exilés politiques s'installeront au Negara Strana, qui était alors un jeune état de gauche, chose plutôt rare dans le Nazum.

Ainsi, après 1980, pour la Ramchourie toute entière, cette révolution avait définitivement pris fin dans la plus atroce des violences.


IV - Les conséquences de la révolution et l'après-révolution

Après la révolution, dans l'objectif de ne plus jamais voir un tel évènement arriver, Xian Tengong va tout simplement ordonner de détruire toutes les preuves de l'existence de cet épisode, jusqu'à faire disparaitre toutes les mentions des noms des créateurs du Lotus Rouge, qui sont encore aujourd'hui inconnus. Bien que la mémoire populaire n'oubliera pas cet évènement sur le court, sur le long terme, il était évident que la révolution aurait finie par être oubliée.

Egalement, Xian Tengong confisque les terres des seigneurs alliés aux révolutionnaires, et place à la tête de ces principautés et marquisats des pions ou des aristocrates qu'il sait loyaux afin de garantir sa place sur le trône et la stabilité du pays. Et, indirectement, cela amènera, après sa mort en 1968 de la peste de Zu (1967 - 1969), à ce que son frère hérite du titre de seigneur de guerre.

"La défaite du peuple", Han Du, réalisé en 1992 au Negara Strana
tableau représentant "La défaite du peuple", Han Du, réalisé en 1992 au Negara Strana

Par ailleurs, Xian Anlu va profondément marquer jusqu'à la culture même du pays. Aujourd'hui, un véritable monstre folklorique, né dans les campagnes du Hezian, est nommé "l'Anlu". Selon les mythes, lorsqu'il apparait dans les villages, il les condamne à les faire disparaitre, ce qui fait directement référence à la vague de terreur qu'à imposé Xian Anlu sur le peuple ramchoure.

Pour ceux ayant réussi à fuir, ils resteront au Negara Strana jusqu'à leur union en 2014 sous l'égide ce celui qui sera surnommé le "Man-Tah", ou guide, faisant directement référence aux guides révolutionnaires des années 1970, qui permettra leur retour en Ramchourie dans le contexte de la grande guerre civile.

Enfin, parlons des chiffres. Bien que les recherches historiques restent minimes sur cette période, on peut distinguer un ordre d'idée sur le nombre de personnes qui ont subi la violence de cette période. Les minimalistes revendiquent le chiffre de 125 000 personnes mortes, tandis que les maximalistes attestent plutôt d'un chiffre tournant autour des un million voir plus. Ce gigantesque écart reste ainsi à prendre avec des pincettes, mais permette tout de même de saisir le traumatisme qu'à imposé cette période pour les ramchoures.

Cette période, de part le manque de recherches historiques, n'est donc que très peu connue hormis dans les histoires familiales locales. Son nom même de "printemps rouges" ne provient que du moment à laquelle elle a éclaté au grand jour, c'est à dire au printemps 1970. Ainsi, la mémoire de cette période est très clairement incomplète pour permettre son apaisement.
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