15/07/2019
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Fortuna-Ouaine, Quand Socrate rencontre Marx

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Quand Socrate rencontre Marx



la délégation lykarotte au palais présidentiel ouanais, photo prise dans la salle de reception

la délégation lykarotte au palais présidentiel ouanais, photo prise dans la salle de reception

Nazum, CSN, République Démocratique Populaire de Ouaine, Liberurbo, Perron, 10:00

Il n'est pas rare pour les ouanais de voir leur président, Andser Dekhalov, prendre l'air sur la terrasse du palais présidentiel au beau milieu de la journée. Il est toutefois plus rare pour eux de le voir attendre sur le parking du palais entouré de quelques ministres et gardes du corp. En effet, si vous ouvrez les journaux, peut-être parlera t'on du retard de plusieurs mois que subit le Tour cycliste d'Ouaine, des JO d'hiver qui auront lieu ici dans la CSN, peut-être lira t'on des articles sur ce tueur mystérieux qui hante les terres ravagées par la tempête Diambée, peut-être s'étonnera t'on de la folie du Churaynn. Mais en tout cas, en lisant le journal, on ne verra pas trace de cette rencontre. Un simple paragraphe sur la huitième page des plus grands journaux et pas grand chose de plus. En effet, du côté du gouvernement, on a décidé de ne pas faire grand bruit autour de cette rencontre et de parler d'une simple rencontre de routine pour vérifier que tout allait bien entre les deux états. C'est pour cela que les badauts informés seront surpris de voir les plus grosses légumes de l'Ouaine attendre sur ce parking. Ils seraient encore plus surpris si ils savaient qu'ils attendaient tous cette délégation lykarotte dont on parle si peu.
Si on a décidé de mettre sous le tapis cette rencontre, c'est parce qu'on ne souhaite pas que tout le monde sache que l'Ouaine et Lykaron ne soient de grands amis. Si bien sur, il n'y a rien d'infamant dans tout cela, on voit déjà venir des insolents du Namarnov qui n'osent pas lever le petit doigt pour défendre leurs alliés mais étaient les premiers à crier à la trahison dès qu'on ne parlait pas qu'avec des rouges.
En tout cas, les espoirs étaient grands pour cette rencontre, et le timing ne pouvait être meilleur. Au moment ou on proposait cette rencontre côté ouanais, le Churaynn s'agitait à proximité de Fortuna. Une raison de plus de se parler avec l'état insulaire. Les objectifs étaient clairs, arriver à plusieurs axes de collaboration économique et scientifique, renforcer l'amitié et le caractère évident de la base, et apporter du soutien aux lykarotes si jamais ils en avaient besoin.
Cette rencontre paraissait donc pour tous, ne pouvoir que bien se passer.
Il allait être temps de le vérifier puisque la délégation lykarotte approchait...
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Il faisait froid. C'était la première pensée que Gregorios Sil Valden avait eut à sa descente de l'avion sur le tarmac de Liberurbo, et même si il s'attendait à la chose au vue du positionnement bien plus au nord et donc sujet à un climat bien moins clément et agréable que celui des bords de leucytalée, cela faisait tout de même un certains choc pour lui qui était habitué des températures sèches, même sa Chapka qu'il trouvait soit-dit en passant plus que ridicule et qui trônait sur son chef ne suffisait guère à l'empêcher de grelotter. Plus irritant encore, il avait beau jeter coups d'oeils sur coups d'oeils à ses accompagnants et notamment à ce vaurien de Vaurenus que son Illustre majesté impériale lui avait encore collé comme chaperon, ainsi que l'un des philosophes de la Cour, Saukoros Sil Bolten dont il n'avait aucune idée des raisons de la présence, aucun ne semblait peu accommodé par les températures locales. Bien au contraire, ils se portaient comme des charmes et complimentaient l'air "Vivifiant" de l'Ouaine.


Gregorios Sil Valden, l'envoyé spéciale de l'Impératrice malgré lui

Saukoros Sil Bolten

De quoi faire froncer des sourcils à l'architecte qui ne pouvait s'empêcher de maugréer dans sa barbe, ne comprenant pas pourquoi cette fois encore c'était à lui que l'on collait la tâche de représenter l'empire au cours de recontres diplomatiques "Exotiques". L'Afarée était passée de justesse et maintenant il était chez les communistes ? Et encore une fois, on lui avait donné le minimum de détails, à peine assez sur la situation pour qu'il ne fasse guère de bévues grossières mais qu'il doive tout de même prospecter par lui même afin de déterminer qu'est-ce qu'il ne fallait pas faire ou dire...

Une plaie. Et c'était là sans compter sur la nouvelle vague de tentative d'assassinat contre sa personne qu'il allait inévitablement subir à son retour car la moitié de la cour impériale le jalousait croyant qu'il avait la faveur de l'Impératrice alors qu'il s'agissait plus d'une malédiction qu'autre chose, cette dernière ayant décidée d'en faire son souffre douleur par pure lubie, à ceci près que ce qui était théoriquement passager commençait à avoir un sacré goût de pérennité. Non mais sérieusement c'...


Saukoros Sil Bolten - << Est ce le froid qui vous fait grelotter, ou l'appréhension sous de nouveaux cieux qui vous donne froid ? >>

Gregorios Sil Valden - << ... ? >>


Quoi ? Qu'est-ce qu'il dit ?

L'architecte cligna des yeux dans un mélange de surprise teinté d'incompréhension...

Ah...

Oui. Bien sûr. Pendant un instant il avait oublié que le Philosophe de la cour était un adepte de ce genre de questions impromptues et profondes qu'il posait régulièrement, probablement pour son amusement personnel, sans crier garde, afin de satisfaire ses... Attentes intellectuelles ou que savait-on... Il se massa les tempes, la journée n'était même pas terminée et la rencontre officielle entamée qu'il était déjà très, très, très fatigué. Il jeta un coup d'oeil par dessus son épaule, Vaurenus le fixait avec un immense sourire suffisant... Il était encore plus fatigué.

Le trajet fut aussi calme que rapide, de façon surprenante d'ailleurs, Sil Valden avait même pu contempler l'architecture urbaine sans interruption ou mauvaises nouvelles quelconques durant ce dernier, un petit plaisir qu'on lui offrait pour mieux le matraquer par la suite assurément, mais il n'y avait pas de petite satisfactions. Pas dans ce genre de guêpiers où le sourire carnassier du Monstre du trône mordorée regardait depuis les cieux avec ses yeux écarlates, prêt à dévorer au moindre faux pas. Quelle plaie...

Finalement, le palais présidentiel se profila au loin, et le cortège s'arrêta bien assez vite devant ce dernier. Emergeant du véhicule, l'Architecte vérifia que son stock de mouchoir et autres tissu d'étoffe destinés à éponger les inévitables sueurs froides qu'il aurait au cours des discussions était à sa place. C'était le cas. Il inspira un grand coup pour qu...


Saukoros Sil Bolten - << L'air est-il pesant par nature ou bien s'alourdit-il sous le poids de vos doutes ? >>

Gregorios Sil Valden - << ... >>


La journée allait être longue.
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Effectivement, la journée allait être longue, comme en laissait témoigner le blanc d'une rare intensité qui s'installe une fois tout le monde installé à la table des négociations (une magnifique table octogonale ou étaient assis 6 personnes, ce qui avait rendu le positionnement assez malaisé et laissé entrevoir des petites guéguerres entre carottes pour ne pas être à côté de personne). En tant que président du pays hote, A.Dekhalov prit la parole:

Messieurs, c'est un honneur pour nous de recevoir officiellement des hôtes tels que vous. Pour une première rencontre officielle entre nos deux états sur notre sol, il s'agit d'une chance exceptionnelle de pouvoir compter sur la présence de représentants aussi éminents. Cependant, je ne vais pas vous abrutir de politesses, et nous pensons que nous pouvons dès à présent passer aux choses sérieuses.

Le président ouanais se rassit et ce fut Anatavia Patrovichko, ministre des affaires étrangères qui prit la parole directement

Salutations messieurs, c'est un honneur pour nous de vous recevoir. Voyez-vous, lorsque nous vous avons proposé cette entrevue, nous pensions avant tout au développement de relations économiques et culturelles. Cependant, depuis, les prétentions de l'empire de Churaynn sur l'ensemble des terres connues, qui se situe à vos portes, nous a quelques peu inquiétés et nous souhaiterions ainsi bénéficier de l'éclairage d'acteurs locaux. Cependant, en tant qu'invités, nous pensons qu'il est juste de vous laisser choisir par quel volet vous souhaitez entamer ces discussions...
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L'Architecte avait une manie à faire des expressions très édifiantes quand à ses humeurs, c'était sans doute son plus grand défaut ou avantage en fonction des situations, et certainement l'une des raisons qui avaient fait que l'Impératrice Irène adorait l'envoyer en tant que diplomate pour le martyriser. Et en ce moment, à la table des discussions au sein du Palais, ce qui ressortait le plus des émotions de l'individu visible sur son faciès était sans doutes l'émerveillement, non pas pour les individus en face de lui ou vis à vis de ces salutations rendus étrange par son comparse philosophe, mais plutôt à cause du Décorum.

De fait, le Lykaronien avait profité du blanc pour chercher une échappatoire, métaphoriquement parlant, à la gêne qui s'était installée en promenant son regard ci et là sur la pièces et son mobilier et y avait ainsi trouvé une certaine admiration, notamment quand aux arcades soutenant le plafond et aux colonnes habilement élevées pour tenir la pièce auxquelles ils auraient pu adresser des déclarations enflammés pour en vanter les qualités. Le raclement de Gorge du Centurio Vaurenus qui le suivait comme son ombre et qui s'était stratégiquement posé derrière sa chaise afin de se remémorer à la moindre occasion sa présence et le fait que l'Impératrice saurait tout de ce qui se déroulerait dans les moindres détails fit toutefois sortir Sil Valden de ses songes.


Gregorios Sil Valden - << Excellences, au nom de l'Empire de Lykaron, je tiens à tout d'abord à vous remercier de votre hospitalité. Et n'étant moi même pas très habile pour les flagorneries et autres usages d'étiquette, je vous rejoint sur quand à cette volonté d'enter dans le vif des sujets qui nous appellent aujourd'hui, l'efficacité est gage de prospérité. >>

Saukoros Sil Bolten - << Peut on dire que la prospérité se fonde réellement sur l'efficacité quand celle ci mène tantôt à des impasses ou des dénouements impromptues ? >>


L'Architecte lui adressa un regard médusé... Il se tourna un instant vers Vaurenus qui faisait semblant de n'avoir rien entendu et préférait ignorer les commentaires du Philosophe. Un assistant quand à lui s'affairait à faire des signes de mains discrets afin de couper court à toute éventuelle volonté de lui adresser réponse sous peine de le voir continuer. Aussi, Sil Valden tourna lentement la tête pour en revenir à ses interlocuteurs Ouainais...

Gregorios Sil Valden - << Heu oui... Je disais donc pour commencer ces sujets... Ma foi... Ma foi... Discuter économie, culture ou que sais-je encore serait je suppose peu concluant si les voies et autres flux sont perturbés... Donc autant adresser le problème de l'éléphant dans la pièce immédiatement... Si l'on raisonne logiquement par étape, cela permettra de tout... Débloquer par la suite... On ne construit pas une demeure sans poser les fondations après tout comme j'aime à le dire dans mon domaine d'expertise. >>
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Ce n'est pas Dekhalov qui prend la parole mais bien un des gardes du corps présents dans la salle qui, avant même que l'un des représentants ouanais prenne la parole, se lance

Monsieur Bolten, je pense que vous faites ici une erreur extrêmement grave, on ne parle pas ici des cas ou elle mene à des impasses ou des dénouements impromptus mais bien en général sur ce celle-ci se base sur la prospérité. Il est clair que l'efficacité aide mais il est tout aussi évident que cette prospérité peut s'appuyer sur le nombre. Ah, mais je vois vos yeux s'éclairer, vous avez su remarquer l'erreur que je tentai de faire passer. C'était pour voir si vous suiviez. Plus on est, plus la prospérité du nombre est difficile à atteindre. Si l'on augmente le nombre et non l'efficacité, la prospérité reste la même car elle est plus dure à atteindre et l'objectif croit en même temps que le moyen de l'atteindre, ce qui au final ne sert à rien. Donc oui, quoiqu'il en soit, la prospérité se base sur l'efficacité. En parlant d'impasse et de dénouements impromptus, vous faites pour moi une erreur logique des plus graves. Vous confondez totalement la nature d'un objet, ici la prospérité, et ses effets. Or, depuis Paléoplaton, nous savons bien que si la nature influence les effets, les effets n'influencent nullem... Oh! Je vois ce que vous voulez dire. Selon vous, si cela s'obtenait par autre chose que l'efficacité, donc par le nombre, cela menerait à une impasse. Je comprends ce que vous voulez dire mais vous faites pour moi une grave erreur logique.

Dekhalov s'était retourné vers le garde, il parait légèrement surpris mais devant l'impassibilité de celui-ci après son discours il reprend.

Bon... bref, soit, commençons par les affaires militaires. Vous l'avez compris, les agissements et les menaces de Churaynn et des Aykhanides sont pour nous de vraies inquiétudes. Les partagez-vous ou les considérez-vous comme futiles ?
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