En date du 13/03/2019, soit le 2169年2月7日 dans le calendrier lunaire baïshanais

La capitale du Baïshan n'avait pas connu une telle effervescence depuis des années, et pour cause, le pays du Dragon de Jade n'avait pas reçu d'évènement politique international majeur depuis bien longtemps. Pour l'occasion, toute la ville s'était organisée : les rues avaient été nettoyées dans le plus grand soin, fallût-il convoquer tous les agents d'entretien du pays ; les grandes artères avaient été sécurisées et la police nationale stoppait la circulation des routes perpendiculaires au passage des voitures diplomatiques. Sur les larges trottoirs de la capitale, les passants saluaient les véhicules : l'on n'y retrouvait pas seulement la fierté des baïshanais d'accueillir un tel sommet, mais aussi témoin de la rareté de tels évènements. Beaucoup de baïshanais n'avaient jamais vu d'étrangers.
Le sommet se tenait au Palais de l'Harmonie, un grand bâtiment du complexe politique du Baïshan. Un lieu assez symbolique par son nom et par son histoire : c'est là que la constitution actuelle avait été signée après la chute de la monarchie, il y a presque 40 ans. Devant le bâtiment s'étalait un jardin asiatique dont l'allée centrale menait à son entrée. Pour l'occasion, en son long, de grands drapeaux flottaient pour chacun des pays nazumis participants. Sous ces drapeaux, formant une allée d'honneur, des enfants du pays agitaient les mêmes drapeaux en petite taille. Tous ignoraient quel pays ils avaient dans les mains, mais c'était le geste qui comptait. Derrière eux, des soldats au garde-à-vous saluaient les délégations à leur entrée, droits comme des colonnes grecques, et décorés des symboles nationaux, dont le dragon vert de Haijing. Une fanfare sonnait les cuivres au fur et à mesure des arrivées et contribuait à cette cérémonie d'accueil festive.
Les délégations étaient alors conduites le long de cette allée jusqu'à l'entrée du bâtiment où deux gardes présidentiels semblaient servir de cale-portes et se mettaient au garde-à-vous aux passages des invités. Ces derniers étaient ensuite conduits jusqu'à la salle des négociations, où se dressait une table circulaire. Des petits drapeaux nationaux indiqués les positions de chaque représentant : ceux de la République Populaire du Baïshan et de l'Empire Xin côte-à-côte, en position d'organisateurs, et les autres Nations réparties tout autour. Des petites oreillettes étaient placées sur les pupitres pour communiquer avec les traducteurs.
Une fois toutes les délégations placées, un silence s'installa dans la salle. Le Premier-Secrétaire aux Affaires Étrangères Wei Jianlong, chef de la diplomatie du Baïshan, prit la parole.
« Mesdames et Messieurs les représentants,
Au nom de la République Populaire du Baïshan et de l'Empire Xin, je vous remercie d'avoir répondu à cette invitation et vous souhaite la bienvenue au Palais de l'Harmonie de Haijing. Votre présence aujourd'hui témoigne d'une volonté partagée à privilégier le dialogue là où notre isolement aurait pu mener à une influence extérieure au Nazum et à une escalade incontrôlable.
Les évènements récents ont rappelé à chacun la fragilité des équilibres dans notre région. Mais ils ont également mis en lumière une responsabilité commune : celle de préserver la stabilité du Nazum. Ce sommet n'a pas vocation à imposer une vérité, ni à désigner des vainqueurs et des vaincus. Il a pour but de créer un cadre de dialogue clair et structuré dans lequel chaque Nation pourra s'exprimer pour faire valoir ses intérêts et contribuer à l'émergence de solutions durables.
Dans cet esprit, il nous paraît nécessaire d'initier nos travaux pas une clarification de nos objectifs communs. Avant d'aborder les questions liées aux évènements en cours, nous vous proposons d'engager une première discussion autour de ces problématiques : quelles sont les priorités immédiates que nous devons collectivement dresser ? et quelles conditions doivent être réunies pour permettre une désescalade effective et progressive ?
La parole vous est dès à présent ouverte. »
Un silence bref s'installa, attendant qu'une première personne intervienne. Le sommet venait officiellement de commencer.