15/08/2019
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[Latrua - Reste du monde] Conférence de presse 2019

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en-tête
01/04/2019, Salle des fêtes du Palais Présidentiel de Vrarany
 Salle des fêtes

Le Président de la République s'avance sur l'estrade, s'assoit et regarde la salle. Un aide de camp lui donne un dossier bleu et le chef de l’État prend la parole :

"Madame la Première Ministre, Mesdames, Messieurs les ministres, Mesdames, Messieurs les Chefs d’État Major, Mesdames, Messieurs les journalistes,

Permettez-moi, tout d’abord, de vous souhaitez la bienvenue dans cette maison et dans cette salle de balle, rénovée il y a peu, dans le cadre de la mission architecturale de la Direction Générale de la Protection du Patrimoine National, dont nombre de connaisseurs préfèrent la qualifier sous le nom, très mélodieux, de DGPPN.
Je vous remercie toutes et tous, en vos grades et qualités, d’avoir répondu à mon invitation. Une invitation alors que nos concitoyens sont actuellement en plein congés prolongés. Il est vrai que vous auriez put, toutes et tous, préférer partir en vacances, visiter nos campagnes verdoyantes, vous allonger sur nos plages ou parcourir nos montagnes enneigées.
Vous auriez put, mais vous ne l’avez pas fait. Et c’est cette abnégation, cette amour de votre métier, cet intérêts sans failles ni limites pour la politique nationale et internationale, que je tenais à saluer en ce début de conférence de presse. Une conférence de presse qui portera sur le bilan de neuf années de présidence, neuf années de changements globaux, structurels et structurants.

Des changements qui ont touchés en premier lieu notre économie nationale. Il y a neuf ans, lorsque le peuple latruant me portait pour la première fois à la tête de l’État, les situations économiques, budgétaires et commerciales plus que difficiles. Économiquement, le nombre de chômeurs avait atteint un niveau record depuis plus de vingt ans, le taux de pauvreté menaçait de d’augmenter pour atteindre les 4,9 % de notre population, l’inflation stagnait à des altitudes que beaucoup pensaient inatteignables.
Budgétairement, nos finances, qui n’avaient, il est vrai jamais été à l’équilibre, risquaient de basculer de manière irrémédiable dans un déficit mortel, nos recettes diminuait comme peau de chagrin, résultat de la baisse d’impôt massive décidée par l’exécutif, tandis que nos dépenses augmentaient, sans que cette augmentation ne semble connaître de fin.
Du point de vue commercial, notre balance des échanges était largement en la défaveur de notre nation, le Latrua important plus qu’il n’exportait, se laissant submerger par des vagues de plus en plus massives de produits étrangers, mettant de côté, dans un état de quasi-friche, nos secteurs industriels et agricoles, alors qu’ils étaient pourtant nos secteurs productifs principaux.

Je fus donc élu, il y a neuf ans, sur un espoir collectif, celui de redresser nos finances publiques, d’assainir notre économie, de rétablir des relations commerciales équilibrées. C’est peut-être pécher par orgueil, mais je pense pouvoir dire, affirmer même, que nous avons beaucoup en ce sens. Beaucoup pour que notre pays sorte du marasme dans lequel il était plongé depuis plus de dix ans. Pour cela nous avons baisser de manière massive, inédite, notre déficit. Il est passé, en neuf ans, de 8,6 du PIB à seulement 2 %, soit une baisse effective de 77 % dont l’effort a été accentué sur les deux dernière années. La valeur actuelle de notre déficit correspond à un niveau dit de stabilité auquel le déficit n’augmente plus, si tant est que le gouvernement continue de faire attention à nos dépenses.
Une attention qui doit aussi être portée sur nos échanges commerciaux et sur la balance qui symbolise leur état. Une balance qui nous était largement défavorable. Nous avons donc relancer plusieurs secteurs importants de notre économie : le secteur agricole, avec une forte exportation de notre excédent de céréales, la vente de plusieurs milliers de tracteurs, d’enrubanneuses, de récolteuses et autres moissonneuses-batteuses. Autres secteurs développés, celui des hydrocarbures, du pétrole, du gaz naturel, et celui des infrastructures de transports, nos locomotives, wagons, rails se vendant un peu partout en Eurysie.
Ce développement économique ainsi que cette cure budgétaire ont permis trois changements, trois avancées majeurs. Trois avancées qui sont aussi deux baisses importantes. La première est la baisse significative du taux de chômage. Ce dernier est passé de 9 %, soit un taux comparable au taux d’un pays émergent, à 4,5 % aujourd’hui, soit à deux points du niveau requis pour pouvoir dire que l’on a atteins le plein-emploi. Cette baisse du nombre de chômeurs à permis, dans le même temps, de faire baisser le taux de pauvreté dans notre pays. En neuf années, il a été divisé par deux, et atteint aujourd’hui 2,4 %. Une division par deux qui s’explique aussi par une forte hausse du niveau de vie dans notre pays. Une hausse symbolisée par notre salaire moyen, qui tutoie aujourd’hui des sommets jamais atteint dans notre histoire, un salaire moyen dont le montant dépasse les 310 000 de roubles latruants.
Enfin, et ce malgré une hausse significative du niveau de vie, durant les neuf dernières années, les gouvernements successifs ont réussi à contenir, voir à légèrement diminuer, le niveau de l’inflation, mettant ainsi fin à une spirale inflationniste que beaucoup pensaient inarrêtable. Le prix du panier moyen, contenant des produits de première nécessité, est de nouveau abordable depuis plus de trois ans.

Nous avons donc, je pense, remplie les promesses que nous avions formulées il y a de cela neuf ans. Nous avons réussi à inverser les courbes, à remettre sur pied un économie qui avait été malmenée, gangrenée par une corruption systématique et systémique, trompée par des opérations monétaires et financières illicites. Cette réhabilitation économique c’est donc accompagnée d’une clarification de nos procédures étatiques, d’un assainissement de nos élites, d’une chasse -et je n’ai aucun mal à utiliser ce terme- aux fraudeurs, de la création d’une nouvelle étique relative aux marchés publiques. Un assainissement qui a porté ses fruits, plus de 1 300 personnes, fonctionnaires de l’État, membres de la classe politique, agents économiques ont été inculpés, jugés et condamnés pour fraude fiscale, détournement de fond ou corruption.

Cependant, ces efforts ne sont pas suffisants. Si les délits frauduleux n’ont plus cours dans notre pays, nombres de criminels fiscaux courent toujours dans la nature, et nous nous devons de durcir nos législations et d’aider la justice à retrouver ces individus pour qu’ils répondent de leurs actes. Nous nous devons aussi de contenir et de maintenir notre déficit à 2 % du PIB, ni trop au-dessus, ni trop en-dessous, pour que notre économie se stabilise, pour que nos créanciers reprennent confiance en notre capacité de remboursement. Une étape nécessaire pour que nous puissions transformer notre société et défendre notre modèle social.

Un modèle qui est basé sur l’entraide, la solidarité et sur la redistribution. L’exemple à mon sens le plus probant est sans aucun doute notre système de retraite. Un système par répartition qui permet à toutes et à tous d’avoir une retraite acceptable, une retraite qui ne soit pas un moyen de survie mais un moyen de subsistance, une retraite qui soit un investissement pour un avenir heureux, une retraite qui soit un pari individuel sur les capacités et les vertus du collectif. Cette vision de notre système de retraite, nous n’avons eu de cesse de la défendre mais aussi de la réformer, pour la perfectionner et pour qu’elle soit effective le plus longtemps possible.
C’est pour répondre à cet objectif de durée que j’ai annoncé, le 31 décembre 2019, la création d’une Conférence citoyenne sur l’avenir de notre système social, composé de syndicalistes, de représentants patronaux, de représentants de la société civiles et de membres du Parlement. Après six mois de travaux et de débats, la CCASS a rendu un texte, alliant courage et ambition. Un texte qui entérine de manière légale l’idée du système par répartition tout en créant un système économique plus juste. Plus juste car basé sur un point, indice dont la valeur varie au grès des aléas de la conjoncture économique. Cette dernière, qui naturellement alterne phases expansives et récessives, peut parfois se dérégler et donc désavantager nos concitoyens, impactant directement leur retraite futur. Pour éviter que l’impact soit trop important, que ce système ne soit basé sur une trop grande alternance de bonus et de malus, la loi prévoit l’intervention de l’État pour stabiliser la conjoncture et relever la valeur du point à un niveau acceptable et vivable.
Enfin, cette réforme porte l’idée d’égalité par l’équité. L’équité face au travail, face aux aspects pénibles qu’engendre ce dernier. Une équité symbolisée par la création de 14 catégories de métiers dont la durée de travail est adaptée par rapport aux critères de pénibilités, tels qu’ils sont décrits dans le Code du travail.

C’est parce que cette réforme touche plusieurs pans de notre société, c’est parce qu’elle questionne notre rapport au travail, à la pénibilité et surtout au temps qu’il me semblait important de questionner directement le peuple latruant, pour savoir si ce dernier acceptait ces modifications. La tenue d’un référendum était donc nécessaire et fut, il me semble, pleine d’enseignements.
D’enseignements sur comment pense notre nation. Une nation qui s’est prononcée en faveur de cette réforme. Un « oui » franc, à 52 % qui montre que les Latruants et les Latruantes ont compris que l’allongement de la durée de cotisation était un mal pour un bien. Cependant, je ne peux occulter le fait que cette majorité ne soit pas écrasante. On pourrait même la qualifier d’un peu « maigrichonne ». Cette petite majorité, cette grande minorité, s’explique par la côté clivant de la mesure et l’opposition qui s’est exprimée doit être prise en compte et elle le sera à l’avenir.

Cette volonté de prendre en compte l’opinion de toutes et de tous, on la retrouve aussi dans la concertation qui a amenée à la réforme de notre système éducatif. Une réforme qui a pris la forme d’un Conseil Supérieur de l’Éducation. Cet organe, qui prendra pour la première fois ses fonctions en mai prochain, a pour mission de préparer, pendant un an, une loi de programmation éducative pour les dix prochaines années. Ce texte comprendra les investissements budgétaires sur une décennie, l’évolution des postes d’enseignants, de recteurs et autres responsables éducatifs, ainsi que les programmes dans les différentes matières.
Les modalités d’action de ce nouveau conseil, remplaçant le poste de Ministre de l’Éducation Nationale, sont défini dans l’article III du budget de l’année 2018. Cependant, les contours définis dans ce texte sont à la fois, presque paradoxalement, stricts et flous. Stricts car il empêche le conseil de se réunir plus d’une fois en dix ans, l’empêchant par la même de modifier la loi de programmation, comme il est de coutume pour les lois de ce genre dans d’autre domaine. Mais flous car ils ne définissent par clairement de responsabilités au sein de ce poste, même si ces responsabilités n’appellent pas de rémunération particulière.
Dans le but d’éclaircir ces flous et d’infléchir ces règles, je vous annonce que le gouvernement portera à l’automne une loi rectificative qui permettra de mieux définir les droits et les devoirs du Conseil Supérieur de l’Éducation.

Une autre loi a aussi marqué notre paysage politique et social. Cette loi a modifié notre relation aux questions de mœurs en permettant à des couples homosexuels d’avoir accès à la PMA et à la GPA ainsi que de pouvoir adopter de manière plus simple, moins discriminatoire. Ce texte a permis, depuis son adoption et sa mise en place, à plus de 6 000 couples d’adopter ou de faire naître un ou plusieurs enfants. Ce changement était nécessaire, car il se plaçait dans la droite continuité des réformes de la fin du siècle dernier : dépénalisation de l’homosexualité, ouverture de l’adoption aux couples homosexuels, création du Pacte Civil Commun et ouverture de l’institution maritale aux homosexuels. Il met officiellement fin à une situation d’illégalité pour plusieurs milliers de couples, dont le mien, reconnaissant le droit à la Gestation Pour Autrui ainsi que l’autorité partagée des deux membres d’un ménage gay ou lesbien.
Je dois vous dire, vous confier, la fierté qui fut la mienne lorsque l’Assemblée constituante a, au terme de plus de 140 heures de débat, adopté le projet de loi et que j’ai eu l’honneur de signer son premier décret d’application. Je n’ai put m’empêcher de repenser à mon propre parcours, à ma propre situation. A ce qui, avant était la norme : condamner l’amour pour un mélange étrange de religion et de puritanisme. Empêcher pour deux hommes, pour deux femmes, d’accéder librement, sans contraintes, sans discriminations, au droit premier de l’espèce humaine : procréer. Ce droit, on me l’a refusé pendant de nombreuses années. J’ai dû, il y a de cela 11 ans, me tourner vers l’étranger pour pouvoir accueillir pour la première fois dans ma vie un enfant. Je suis aujourd’hui l’heureux père de deux enfants, j’ai aujourd’hui la joie d’élever deux jeunes esprits, de leur inculquer les valeurs qui font de notre nation ce qu’elle est, j’ai aujourd’hui la chance de partager cette mission avec l’homme que j’aime et que j’ai épouser il y a bientôt vingt ans. Cependant, je ne pouvais, en tant qu’homme, en tant que chef d’État, me complaire dans mon bonheur et en priver des milliers de Latruants et de Latruantes.
Cette loi est donc un exemple de la promesse que j’avais faite, il y a de cela cinq ans, de réformer pour rendre notre société pour la rendre meilleure.

Autre promesse tenue, celle de réagir face au changement climatique global. Réagir en mettant en place un processus énergétique transitoire. Réagir en construisant plus de 2 000 plants éoliens sur tout le territoire. Réagir en fermant nos dix derniers puits de mine. Réagir en passant au nucléaire. Réagir en favorisant l’achat individuel de véhicules hybrides et électriques. Sur ce dernier point, le gouvernement dans la prochaine loi budgétaire, la dernière du quinquennat, baissera la taxe sur la production et la vente de véhicules hybrides pour faciliter leur achat par des entreprises et des particuliers. L’objectif qui était le nôtre il y a quatre ans, de la fin du tout essence en 2040, est toujours d’actualité et l’année qui nous reste à la tête de l’État latruant sera mise à profit, comme les neuf dernière années le furent. Une mise à profit qui passa l’année dernière par l’interdiction, contre aides, de plus de 20 pesticides, reconnus comme nocifs pour la santé de nos concitoyens.

Les neuf dernières années furent aussi des années d’effort pour notre défense. Des efforts tout d’abord budgétaires. Le budget alloué à nos forces armées à en effet été quintuplé en près d’une décennie, plaçant ce secteur comme premier poste de dépenses pour notre nation. Ces dépenses nouvelles permirent de grandement moderniser nos équipements. Moderniser notre infanterie, moderniser notre artillerie, moderniser notre aviation. Moderniser en achetant de nouveaux modèles. Moderniser en créant aussi. Les neuf dernières années virent émerger, ex nihilo, une toute nouvelle marine latruante. Une marine qui n’est certes pas aujourd’hui en capacité de rivaliser avec d’autre marine autour du monde, mais une nouvelle force qui se développe, se faisant fort, par exemple, d’une quarantaine de chalands de débarquement. Un nombre qui nous permettrait de lancer des attaques côtières si nous étions directement agressés. Nous continuerons, dans les mois qui viennent ce développement, par des achats de matériel mais aussi par la production de nouveaux éléments marins.
Au cours des neuf dernière années, nous avons aussi rendu nos armées plus efficace en simplifiant notre chaîne de commandement en en la féminisant. Une féminisation nécessaire car poussé par l’évolution de la société et du monde, par la constante intégration des femmes dans tous les secteurs de notre économie, de notre administration. Je tiens ce soir à remercier l’engagement des femmes qui ont décidées de donner leur vie à la patrie. Je tiens à les remercier car elles ont dû, de manière totalement injuste, souffrir de discriminations, d’actes de bizutage. Je tiens à remercier la première d’entre elles, Madame la Cheffe d’État Major de l’armée de l’Air, avec qui j’ai la chance et l’insigne honneur de travailler et ce depuis ma première élection à la présidence. Nous avons, ensemble, assisté et mise en place les changements nécessaires. Des changements tels que l’ouverture de la conscription aux femmes.

Ces changements, ce développement de nos forces armées, ces changements, ce développement de notre économie, ces changements, ce développement de notre société, n’a été rendu possible que par les alliances que nous avons réussi à créer. Des alliances avec des pays eurysiens : nos voisins slavis, nos amis kartiens, nos alliés mähreniens et nos partenaires alloumniens. Des alliances avec un pays nazumien : les Quatres Vallées. Des alliances avec des pays aleuciens : Oskal et Norland. Je peux d’ailleurs vous annoncer qu’une rencontre sera bientôt organisée entre nos deux pays, dès que la Présidente de cet état se sera remise de l’attentat dont elle a été victime il y a peu. Je tiens d’ailleurs ici à lui réaffirmer mon plein et entier soutien ainsi que les vœux de bon rétablissement.
Toutes ces alliances et ces partenariats ont permis au Latrua d’affirmer sa position de pays pacifiste et influent sur la scène internationale. Une affirmation qui passe par la diplomatie et la discussion. Deux vertues qui ont fait leurs preuves lors des discussions de Morovsk relatives à la situation aux Quatres Vallées. Nous avons, avec nos partenaires slavis et kartiens, et grâce à la participation des membres du Code communautaire, trouvé un processus de résolution à un conflit qui durait depuis plus de vingt ans.
Des vertues qui ne cessent de guider nos actions à l’internationale. Des actions dont la plus récente concerne la situation en Eurysie de l’Ouest. Je ne reviendrais pas longuement durant mon propos liminaire sur cette question, j’ai déjà développé les différentes mesures mises en place par le Latrua lors de mon allocution à la nation. Je me contenterai de rappeler que le déploiements d’appareils de la chasse latruante est avant tout une mesure visant à protéger nos ressortissants dans la région, à leur assurer un rapatriement serein et en toute sécurité. Cette action est une action de défense et veut pousser les différents belligérants à s’asseoir autour de la table, à discuter et à faire régner paix et démocratie.
Cet objectif restera le nôtre pour l’année à venir. Nous continuerons à défendre ces deux valeurs fondamentales, piliers de notre nation et qui devrait l’être pour notre monde.

L’année qui s’ouvre sera une année décisive pour notre pays, pour notre démocratie. Une année marquée par deux grandes étapes, deux grands scrutin. Le premier aura lieu dans un peu plus d’un mois. Le scrutin municipale permettra de jauger la participation et donc l’intérêt de nos concitoyens par rapport aux questions de politique locale. Un scrutin annonciateur du suivant. Un scrutin annonciateur de la présidentielle de mai 2020. Cette élection sera un moment de clarification, un moment de choix. Le choix d’une vision pour notre pays, d’une idée de notre société, d’un cap clair pour notre avenir. Je ne me prononcerais pas plus longuement sur ce sujet, vous laissant le choix de développer cette question dans vos questions.

Je vous remercier pour votre attention. Je vous laisse maintenant la parole pour poser vos questions."
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Fern Hossein
AlinéaLes médias Kartiens ont répondu à l'appel Latruant, tout naturellement. Ce sera à La Nouvelle, journal télévisé le plus écouté en République Fédérale Kartienne, de médiatiser ce bilan du Président Latruant. Si la République du Latrua peut ne pas signifier une influence grandissante, elle reste une puissance régionale, et plus encore une alliée. C'est avant tout par les divers partenariats bilatéraux, et notamment à conviction culturelle, que les Kartiens s'estiment proches de cet autre peuple slave. Fern Hossein est désigné pour l'occasion. Connu pour ses prises de positions sur l'Union Kahtanaise ou encore Teyla, il demeure avant tout un politiste plus qu'un journaliste, même s'il reste accrédité à La Nouvelle. Il leva la main, comme la majorité de l'assemblée, pour demander la parole. Et ce fut à lui de la prendre, en tout premier. En somme, ce seront aux Kartiens d'ouvrir le bal...

Citoyen Fern Hossein-"Monsieur le Président Latruant,
je vous remercie. C'est en tant que journaliste Kartien que je souhaiterais me pencher sur des sujets précis. Ce bilan de votre présidence est riche, il a témoigné de l'avancée de votre pays sur la scène internationale, notamment en matière économique. Vous parlez d'amélioration économique d'un côté, puis de l'autre, de l'augmentation drastique de votre budget militaire, qui a plus que quintuplé. Ne craignez-vous pas que vous engagez sur cette pente de telle manière pourrait venir à perturber votre relance économique ? Une telle militarisation ne se ferait-elle pas en dépit du peuple Latruant ? Des sommes considérables qui ne sont pas investies pour développer la société... Pour la protéger certes, cette militarisation reste avant tout réellement conséquente.
Evoquer le domaine militaire me permet, par ailleurs, d'évoquer vos partenariats avec la République Fédérale Kartienne. Des partenariats qui se sont toujours avérés solides, notamment en ce qui concerne des ententes particulières avec la Gouverneure de Valverde, Angèle Orlovski. Un partenariat que quelques acteurs jugent asymétrique pour votre nation. Que leur répondez-vous ? Quelle est votre réponse, à ceux qui s'évertuent à affirmer que les Accords de Vrarany se font en votre défaveur, notamment en ce qui concerne la fidélisation de votre pays aux fournisseurs militaires Kartiens ? Dans le cas ou ce partenariat vous serez effectivement désavantageux, il sera destiné aux changements, vous en conviendrez. Ne craignez-vous pas que, le cas échéant, les relations de votre pays avec Volkingrad n'en soient détériorées ?
Finalement, monsieur le président, vous évoquez les prochaines élections présidentielles. Cela fait désormais neuf ans que vous gouvernez le Latrua. Dans la plupart des pays, votre mandat toucherait à sa fin. Cependant, en République du Latrua, les mandats ne sont pas à durée infinie, non bien au contraire. Mais il n'existe aucune limite de réitération à ces derniers. En somme, ne diriez-vous pas que ceci constitue un mauvais engrenage dans les rouages constitutionnels ? D'accoutumée, les mandats sont précisément limités par soucis de démocratie, pour éviter qu'une personne ne s'accapare le pouvoir trop longtemps. Que répondez-vous à cette masse incertaine, qui affirme que votre présidence serait sans limite et le fruit d'une autocratie déguisée ?
"
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C'est au tour de la presse Mährenienne, conviée à l'évènement et suivant avec grand intérêt les affaires politiques d'un des alliés les plus proches de la Conféfération. De toutes les grandes publications nationales, seule Der Nationale Ruf, le très radical tirage de la droite réactionnaire, n'a pas obtenu - ou souhaité obtenir - d'accréditations pour l'évènement.

« Monsieur le Président, Vera Leupold, pour le Mahrenische Zeitung ("généraliste" de centre gauche). Déjà je vous remercie de nous recevoir. Ma question portera sur la nature même de l'alliance qui unit nos deux nations. Il y a deux ans, vous avez signé le Traité de Vrarany avec son Excellence monsieur Viktor Baumgartner et le gouvernement du chancelier Klaus Richter. Depuis, notre peuple s'est dressé contre ce gouvernement pour protéger sa démocratie communale et socialiste, dont les idéaux sont, sur le plan économique, à l'exact opposé de votre politique libérale. Pourtant, notre alliance militaire, industrielle, culturelle, n'a pas faibli : même pour ses éléments les plus sensibles, tels que notre base militaire qui est toujours sur votre sol, ou notre programme aéronautique conjoint qui se poursuit. Comment, en tant que dirigeant d'une démocratie libérale et capitaliste, justifiez-vous cette étroite collaboration avec une confédération révolutionnaire comme la Mährenie actuelle ? Est-ce le triomphe de la realpolitik sur l'idéologie ? »

« Monsieur le Président, Wilhelm Augenstein, Die Tribüne (gauche radicale). Vous avez longuement vanté votre bilan économique et votre récente réforme des retraites, qui allonge la durée de cotisation à 45 annuités et repousse l'âge de départ. Chez nous, en Mährenie, c'est précisément contre ce genre de logique comptable qui pèse sur les travailleurs que le peuple s'est soulevé pour reprendre le pouvoir aux conseils d'administration. Vous vous félicitez d'un "Oui" à 52% lors de votre référendum, mais vous admettez vous-même que c'est une majorité "maigrichonne". Ne craignez-vous pas que ces politiques de rigueur économique, couplées à une baisse de la fiscalité pour les plus riches, ne finissent par provoquer au Latrua la même colère populaire et la même révolution syndicale qui ont balayé l'ancien monde en Mährenie ?

De façon subsidiaire, et au-delà de l'économie, vous avez évoqué l'adoption historique de la loi sur la PMA, la GPA et l'adoption pour les couples homosexuels. Je tiens à souligner que cette avancée a été saluée par une grande partie de la jeunesse mährenienne, qui voit en vous un rempart contre le conservatisme moral et l'extrême droite. Cependant, la Mährenie, de par son histoire avec la théocratie rosique, reste extrêmement méfiante face aux retours de bâton réactionnaires, que nous avons déjà eu à subir via des violences politiques allant parfois jusqu'à l'assassinat ou le complot contre la Confédération. Face à la virulence des partis d'extrême droite latruants qui ont manifesté contre cette loi, avez-vous prévu des garde-fous constitutionnels pour empêcher qu'un futur gouvernement, s'il basculait à droite ou à l'extrême droite, ne vienne détruire ces droits fondamentaux que vous avez mis tant d'efforts à construire pour votre communauté ? Merci beaucoup.
»

« Harry Gottesman, correspondant Défense pour le Demokratisches Forum (centre droit), merci de nous recevoir. Monsieur le Président, vous avez mentionné la modernisation de vos armées et le maintien de la paix. L'Eurysie centrale reste une poudrière, entre la guerre en République de Retsvinie, l'agressivité de l'Hotsaline et les alliances complexes de l'OND. Dans le cadre de notre traité d'assistance mutuelle, les forces mähreniennes et latruantes s'entraînent ensemble et partagent des technologies. Toutes les forces gouvernementales mähreniennes que nous avons interrogés - du gouvernement constitutionnel du chancelier Richter aux Communes Insurrectionnelles - ont confirmé leur attachement à cet accord. Mais si la Mährenie venait à être de nouveau agressée par des puissances étrangères, comme ce fut le cas lors du terrible bombardement de notre aéroport en 2017 par le Royaume de Teyla et l'État de Réclamation Nationale d'Hotsaline. Je disais, si cela avait à nouveau lieu, la République du Latrua est-elle prêt aujourd'hui, avec ses armées modernisées, à entrer a intervenir pour défendre la mährenie ? »
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Le Président de la République écouta attentivement les questions posées par le journaliste kartien. Il ne put s'empêcher de sourire lorsque le quinquagénaire aborda sa seconde interrogation. Vasiliy recouvrit son sérieux et répondit :

"Monsieur Hossein, merci pour vos questions. Je me permettrais d'y répondre dans l'ordre où vous les avez posées. Tout d'abord, votre question sur économie et défense. Vous me demandez si une forte hausse de notre budget alloué à la défense n'entraînerait pas une baisse du niveau de vie, du fait d'une redirection des capacités financières. Je vous rassure, je ne pense pas que cela arrivera. Cela n'arrivera pas pour une raison simple : je ne compte pas rediriger des flux monétaires d'un poste budgétaire à l'autre. Au contraire, il faut financer notre effort de défense par l'activité et la reprise économique. Financer par l'ouverture de nouveaux plants industriels, par la réouverture d'usines, par la stimulation économique. Je pense que nous avons réussi à le faire les années précédentes, je me permets de vous renvoyer au texte budgétaire pour cette année qui actait à la fois une hausse des crédits militaires et, dans le même temps, une hausse des crédits alloués à l'éducation et à la santé. Ces derniers restent les deuxièmes et troisièmes postes de dépense de la nation latruante.

En ce qui concerne l'alliance avec votre nation, la République Fédérale de Karty, vous décrivez le partenariat qui nous unit comme déséquilibré. Ça ne vous étonnera certainement pas si je vous dis que je ne partage pas votre analyse. En effet, vous parlez de désavantage là où moi je parle de proportionnalité. Effectivement, il nous vous aura pas échappé que le Latrua et Karty n'ont pas la même force militaire, que ce soit en termes d'hommes ou de technologies. Les accords de défense et d'assistance qui lient votre pays au mien sont donc, à mon sens, à l'avantage du Latrua. Ils obligent une nation puissante militairement à se mettre en danger et à porter secours, en cas d'attaque, à un pays agressé.
Vous me parlez des accords commerciaux dans le secteur de la défense. Il est vrai que les Accords de Vrarany obligent mon pays à n'avoir qu'un seul et unique fournisseur de matériel militaire : le vôtre. Cela peut sembler contraignant, surtout d'un point de vue du prix d'achat, nous serions soumis aux envies kartiennes. Cependant, ces mêmes accords prévoient, en contrepartie, que la République Fédérale pratique des tarifs préférentiels et autres bonus lors d'achats d'armement par le Latrua. La dernière de ces réductions concernait un déstockage de l’Ordre Oruzhiya. Nous avons acheté, pour un prix bien en dessous de la valeur du matériel acquit, plus de 1850 aéronefs, missiles et autres drones. Parmi eux : 200 chars, 70 hélicoptères de combat, 40 chasseurs-bombardiers et 30 avions d'attaque au sol. Je ne trouve donc pas cela désavantageux.
Enfin, comme le stipule le Titre troisième, article 5 des accords : l'alliance qui unit nos deux nations doit, à terme, se transformer en un partenariat défensif basé sur l'assistance mutuelle. Et je tiens à assister sur ce dernier mot. Il est important, car il signifie que, si modifications il doit y avoir au traité, elles seront portées par une nation de puissance équivalente à Karty. Si modifications il doit y avoir, ce sera fait de manière intelligente, dans le dialogue et dans le but d'avantager nos deux nations. Mon but n'est pas de contrarier votre pays, d'aller à son encontre. Mon but est de servir les intérêts du Latrua en étant allié avec Karty. Et c'est ainsi que j'imagine le futur de mon pays.

Enfin, en ce qui concerne la Constitution latruante et la non-limitation du nombre de mandats présidentiels, je vous apporterais une réponse simple. Je ne compte pas modifier cet article et cette disposition. Cela ne constitue pas, pour moi, "un mauvais engrenage dans les rouages constitutionnels ". En effet, historiquement, depuis que notre République existe, aucun, je dis bien aucun Président n'a réussi à se faire élire pour un troisième mandat consécutif. Cela n'est jamais arrivé pour une raison simple : le peuple latruant souhaitait du renouveau et à donc décidé de ne réélire le Président sortant. C'est cette logique qui m'a d'ailleurs porté au pouvoir il y a bientôt dix ans. Par rapport aux rumeurs qui existent sur ma pseudo-volonté dictatoriale, je tenais à vous dire ceci : j'ai 46 ans, je suis marié, j'ai deux enfants en bas-âge, ce n'est pas vraiment le meilleur moment pour moi pour commencer une carrière de dictateur. Je n'ai pas prévu, à ce stade, de me représenter à l'élection présidentielle. Ce n'est pas mon rôle ni ce sur quoi je dois, aujourd'hui, me concentrer. Il reste un an avant cette échéance, je suis Président du Latrua et je dois me concentrer sur mon pays plus que sur des considérations purement personnelles et partisanes. Et si, d'aventure, je souhaitais continuer à diriger et à construire le futur de ma nation, cela se ferait par le vote, les électeurs seraient consultés, comme dans toute démocratie, et charge à eux de choisir leur futur dirigeant."


PR
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Une myriade de journaliste, en provenance de Sankt-Joseph, se leva, posant des questions à tour de rôle. Vasiliy prit quelques notes sur la chemise bleue qui contenait son discours. Lorsque le dernier journaliste fut assis, Vasiliy répondit :

"Merci Mesdames Messieurs pour vos questions nombreuses. C'est une joie pour moi d'accueillir la presse mährenienne au Latrua et plus particulièrement dans cette maisons. Vous me permettrez de regrouper vos questions par thématique. Je commencerais donc par les questions relatives à la socité latruante.

Monsieur Augenstein, vous m'avez posé deux questions sur les réformes sociales mises en place durant ce quinquennat. La première concerne la réforme des retraites. Comme vous l'avez rappelé, ce texte, adopté par référendum, repousse l'âge de départ et oblige les Latruants et les Latruantes à cotiser plus longtemps. Cette réforme, et sa faible -il est vrai- mais majoritaire approbation, sont pour moi un mal nécessaire. Un mal, car il force un peuple à travailler plus et plus longtemps, mais nécessaire car il nos permet de répondre à une situation problématique qui se serait, tôt ou tard, présentée au Latrua.
Un mal adouci par l''introduction de critères de pénibilités qui adoucissement, si je peux dire, la durée de cotisations. Une introduction, dont, contrairement au résultat du référendum, je me félicite. Pour revenir sur ce résultat, vous y voyez une forme d'opposition et un possible signe avant-coureur d'un mouvement révolutionnaire. Permettez-moi de vous qu'il n'en est, à mon sens, rien. Il n'en est rien car, contrairement à ce que vous sembler affirmer, le Latrua n'a pas mis en place une politique de baisse des impôts des plus riches. Nous avons, à travers les lois budgétaires des deux dernières années, augmenté la contribution des plus fortunés. Nous avons augmenté la valeur de l'impôt sur le revenu, nous avons créé un impôt sur les sociétés polluantes et nous avons taxé les grandes entreprises. Je pense que nos politiques de rigueur budgétaire n'avantagent pas les plus riches tout comme elle ne désavantagent pas les plus précaires. Il n'y a donc pas, à mon sens, sujet à révolution. Enfin, pour conclure sur ce sujet, je ne pense pas que le peuple latruant soit un peuple profondément révolutionnaire, comme peut, peut-être, l'être le peuple mährenien. Nous avons, nous Latruants, une longue et solide tradition de stabilité, que ce soit dans la tyrannie ou dans la démocratie, dans l'oppression ou dans la liberté. La République est stable et, je pense pouvoir le dire sans trop m'avancer, le restera pour plusieurs décennies.

Par rapport au différentes lois libérales qui ont pu être votées, telle que la loi PMA-GPA, je ne pense qu je pourrais la constitutionnaliser avant la fin de mon mandat. En effet, je suis, par mon histoire personnelle, un fervent défenseur des libertés collectives et individuelles, la première d'entre elles étant la liberté d'aimer qui l'on veut, quelque soit le sexe, la couleur de peau ou l'origine de la personne en face de nous. La loi PMA-GPA me tenait tout particulièrement à cœur car elle répondait à une problématique que nous avons à connaître, mon mari et moi. Ce n'est donc pas par paresse ou opposition que je ne souhaite pas constitutionnaliser ces textes.
En effet, au Latrua, le processus de constitutionnalisation permet deux possibilités : soit le référendum populaire, dont le résultat doit être approuvé par l'Assemblée, soit le vote des deux chambres du Parlement séparées, puis réunies en congrès. Ce processus de débats parlementaires ainsi que d'une période dite "de sureté", qui est un temps minimum de quatre mois pour que le débat citoyen se fasse.
Vous comprenez aisément que, quelque soit l'issue choisie, cela prend du temps, beaucoup de temps. Et ce temps, je ne l'ai plus. J'arrive effectivement en fin de mandat et je ne pourrais pas mener une réforme constitutionnelle.
Nonobstant, je partage votre inquiétude sur la montée des extrêmes, qu'ils soient de gauche ou de droite, même s se sont les derniers qui menacent l'existence de ce genre de liberté. Je tiens à vous assurer de deux choses. La première, je me tiendrais toujours en travers de la route de ces parties qui pense que la division est meilleure que l'unité, que la démocratie est néfaste, que l'amour est un crime, que la paternité, la maternité est un droit réservé qu'à certains. Deuxièmement, bien que conscient de ce risque, je ne pense pas que les partis d'extrême droite gagneront la prochaine élection présidentielle. La raison est simple, ils ne sont pas bien implantés dans la société latruante.

Autre sujet abordé, les relations entre le Latrua et la Mährenie. Madame Leupold, vous affirmez que le non-interventionnisme latruant ainsi que le respect des engagements pris par nos deux pays est un "triomphe de la realpolitik sur l'idéologie". Je ne pense pas faire de la realpolitik. Et même si c'était le cas, en quoi nos idéologies, certes différentes, pourraient nous empêcher de faire du commerce, de nous rapprocher culturellement ? Je pense plutôt que l'attitude bilatérale de nos deux nations représente le triomphe du bon-sens sur l'idéologie. Un bon-sens qui se caractérise par un respect plein et entier de la souveraineté nationale. Le Latrua n'a aucune légitimité à se mêler aux affaires politiques internes à la Mährenie. Le Latrua n'a pas à commenter cette situation ou à se positionner pour une partie ou une autre. Le Latrua se doit cependant de se tenir au côté de la Mährenie, d'aider à son développement et d’œuvrer au rapprochement nécessaire entre nos deux nations. Pour cela, nous vous envoyons, par exemple, mon mari. N'est-ce pas là une belle de l'amitié qui lie nos deux pays ! Plus sérieusement, la politique étrangère du Latrua n'est pas basée sur le désengagement au moindre désagrément, aux moindres secousses politiques.

Et il en va de même pour notre alliance militaire, Monsieur Gottesman. Le Latrua n'a pas pour habitude d'abandonner ses alliés ni de rompre ses engagements. Preuve de la bonne santé de cet accord militaire, la République du Latrua ouvrira, avant la fin de l'année, une base aérienne sur le territoire mährenien. La réflexion autour de l'emplacement et de l'utilité de cette base, ainsi que sa construction a pris un temps certain, nécessaire et les premiers appareils de la chasse latruante arriveront bientôt sur votre territoire national. Prenez cela comme une preuve de notre attachement à la clause de défense mutuelle.
Je tiens cependant à nuancer un point. Là où vous décrivez les forces armées latruantes comme modernisées, j'utiliserais plus l'expression d'en cours de modernisation. En effet, si nos armées sont en bien meilleure forme qu'il y a dix ans, mais elles ne sont pas totalement prêtes à un affrontement de haute intensité. La branche maritime de notre armée est quasi-inexistante et le pan aérien reste à consolider. C'est pourquoi je pense qu'avant toute intervention militaire de la part du Latrua, la modernisation totale de notre armée doit être terminée.
Enfin, et je tiens à le rappeler, le Latrua défendra toujours la diplomatie comme résolution de conflit. Le Latrua se positionnera toujours en médiateur et cherchera avant tout à aider la Mährenie par la diplomatie, par la discussion. Et ce n'est seulement qu'en cas d'échec de la négociation que nous nous engagerions. "


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La presse Lav P'iri avait évidemment été conviée à cette conférence. Le président Latruant avait mentionné les Quatre Vallées et le Code communautaire dans son discours, chose qui était à prévoir. La résolution plus ou moins effective des conflits civils se déroulant entre deux institutions puissantes, l'État des Quatre Vallées et le Code communautaire, donnait un élan positif au président Latruant. Personne ne pouvait lui en vouloir de surfer sur la situation, c'était en effet un immense succès. Il avait engagé les Quatre Vallées dans un processus viable de paix et de nombreux Lav P'iri le remerciaient pour cela. Beaucoup pensaient également l'inverse : le renforcement du Code communautaire était une nouvelle malédiction dans leurs plans. Enfin, deux journalistes Lav P'iri, de tendance opposée, étaient présents aujourd'hui.

"Enchantée, président Shulichenko, Mme Aydolun Cumali, journaliste envoyée par le journal "Le Petit Révolté". Tout d'abord nous voulons vous féliciter pour la réussite de vos politiques, que nous appelons chez nous "sociale-démocrate". Mon camp politique, affilié au communisme, à l'anarchisme, pourrait rire de vous et de votre vision minimaliste des combats de gauche, mais nous ne le ferons pas. En effet, bien que ne faisant pas de la même culture politique, nous pensons irrémédiablement au nombre conséquent de vies latruanes que vous avez rendu plus joyeuses et plus simples. Nous vous remercions pour cela, car c'est notre but également pour notre propre pays, bien que nos méthodes et moyens d'action ne soient pas les mêmes.

J'en viens à mes questions. Le triomphe du Code communautaire fait nos affaires personnelles, car nous considérons cette institution, malgré ses nombreux défauts, comme d'inspiration libertaire. Et pour son renforcement, nous vous remercions une fois de plus. Mes questions porteront sur les nouvelles capacités militaires Latruane. En quelle proportion souhaitez-vous augmenter les capacités d'intervention Latruane à l'étranger ? Même, est-ce que le Latrua se considère comme étant légitime à défendre ses intérêts nationaux à l'étranger ? Notamment au Nazum du Nord qui n'est pas si loin que ça de ses frontières. De plus, le Latrua envisagerait-il de développer une potentielle collaboration militaire avec les Quatre Vallées ? Merci pour votre attention."


"Bonjour, M. Pavle Ghurtskaia, du quotidien "La Liberté". Pour ne pas vous faire perdre votre temps, président Shulichenko, je ne vais pas vous faire exposer les divergences politiques et de vision du monde qui nous séparent et je me contenterai de poser ma simple et unique question. Pour nombre de Lav P'iri, le renforcement du Code communautaire est un nouveau malheur s'abattant sur notre malheureuse contrée. Notre seigneur Dieu nous punit une fois de plus pour tous nos péchés. La question est la suivante : pourquoi le Latrua, État-nation moderne d'inspiration libérale, se permet-il de collaborer avec une institution dégénérée (le Code communautaire), mettant la SMA et les États libéraux comme faisant partie de ses ennemis ? Merci pour vos prochains éclaircissements."
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