21/08/2019
18:40:27
Index du forum Continents Afarée Kabalie Rouge

Porte-parolat des communautés natives

Voir fiche pays Voir sur la carte
419
NUMA GABER

Numa Gaber

« Le travail de réparation de la Kabalie sera long et semé d’embuches, aussi devra-t-il être mené méthodiquement, en toute transparence et de façon souveraine, par et pour le peuple kabalien du désert rouge. Il peut et doit choisir lui-même les modalités de réparation des torts qui lui ont été causés. »

Numa Gaber
porte-parole des communautés natives,
de l'association pour la réparation du génocide,
experte de la culture traditionnelle kabalienne
et de sa revitalisation
506
Premier bilan d'enquête réalisé par l'association pour la réparation du génocide, avril 2019

Les questions ont été posées à un panel représentatif de Kabaliens natifs. Il leur était demandé de s'exprimer sur une série de questions portant sur la politique intérieure et extérieure de la RAD en choisissant s'ils étaient totalement pour, plutôt pour, ne se prononce pas, plutôt contre ou totalement contre.

Les résultats sont communiqués bruts, mais feront l'objet d'une analyse grâce à des données complémentaires afin de mieux comprendre les motivations des enquêtés au cas par cas.


3745


Clans unis : rassemblés derrière la figure de Balsilek Ishak, dernier des chefs kabaliens survivants, les représentants du groupe CU respectent l'autorité traditionnelle des clans de la Kabalie rouge. Désireux d'une Kabalie apaisée, ce sont des légalistes qui ont fait le choix de jouer le jeu des institutions et de l'union sacrée derrière le PDG-Protecteur afin d'obtenir justice, réparation et réconciliation avec les Carnavalais.

Parti technofuturiste luciférien : le PTL est plus ouvertement luciférien que les CU. Contrairement à Balsilek Ishak qui comprend la nécessité du technosolutionisme sans y adhérer, le PTL adhère pleinement à au luciférisme et à sa promesse de l'homme nouveau. Farouchement en faveur du développement des infrastructures de la Kabalie rouge, ils désirent que leur pays devienne le phare des valeurs de liberté, d'égalité et d'émancipation humaine en Afarée.

Chasse, pistes et tradition : le premier parti d'opposition à s'être constitué, bien que minoritaires les représentants du CPT sont respectés et considérés par tous comme les gardiens du temple des traditions de l'ancienne kabalie pré-génocide. Bien que marginalisés politiquement en raison de l'idéalisme de leurs positions, ils sont toujours écoutés avec déférence et respect.

Technomaden : le parti technomade est une scission (majoritaire) du CPT lorsqu'il devint clair que ce-dernier cherchait moins des solutions à la nouvelle donne du désert rouge que l'incantation d'un passé définitivement disparu. Le parti technomade cherche à concilier les valeurs et modes de vie traditionnelles des Kabaliens avec une approche pragmatique, voire enthousiaste de la technologie. Bien qu'ils soient dans l'opposition, il leur arrive fréquemment de voter les textes de majorité.

Kabalies Unies : le programme du KU est simple : réunification avec la RUPK. Bien qu'ils ne soient pas les seuls sur ce créneau, leur positionnement maximaliste sur la question, notamment parce qu'ils réclament d'adopter la totalité des institutions et de se fondre dans leur voisine sans conditions, leur vaut d'être marginalisés dans l'espace politique.

Parti communiste kabalien : le PCK revendique d'être l'opposition de gauche au luciférisme. Ils se montrent notamment plus radicaux sur la question décoloniale et réclament la fin de la propriété privée capitaliste en Kabalie rouge. Le PCK milite pour un rapprochement avec le Liberalintern et les Communes Unies du Grand Kah, dans le sillage de la Principauté de Carnavale.

Ligue de l'ouest : la LDO est une alliance des principaux clans de l'ouest du désert rouge qui accusent la RUPK de leur avoir volé leurs terres. Ils considèrent leur voisine comme dangereuse et prédatrice et s'opposent à la position conciliatrice de Balsilek Ishak vis-à-vis de la RUPK. Ils réclament une position plus ferme, et certains de ses membres demandent même l'expansion de la Kabalie rouge par l'invasion de la RUPK. Il votent systématiquement les budgets militaires et les mesures sécuritaires de la majorité.

Parti panafaréen : comme son nom l'indique, le PA adhère aux valeurs du panafaréisme. Farouches décoloniaux, ce sont les plus proches idéologiquement du PAS, bien qu'ils dénoncent la présence du Churaynn au sein de l'alliance, ainsi que ses compromissions avec l'OND. Ils réclament une position plus ferme de la Kabalie rouge vis-à-vis des comptoirs commerciaux et colonies eurysiennes en Afarée.

Parti de la revanche : parti le plus radicalement anti-Carnavalais, ils ont pour mot "la valise ou le cercueil". Bien que les lois de la république sur la libre parole les protègent, plusieurs de leurs partisans ont été arrêtés pour des tentatives d'attentat contre des personnalités carnavalaises. Le PR est aussi le plus proche des Kabaliens sécessionnistes.

Cousins germains musulmans : parti de l'islam politique, les CGM souhaitent mettre en place la charia dans le désert de Kabalie. Bien que les musulmans soient nombreux parmi les Kabaliens natifs de la région, les CGM peinent à convaincre en raison de la longue tradition de cohabitation entre les différentes religions présentes dans le désert rouge.

Paix et prospérité : la faction PP est moins un parti qu'une alliance de circonstance entre des représentants kabaliens qui priorisent le clientélisme à une réelle idéologie. Ils sont là avant tout pour mettre en avant les intérêts matériels et économiques de leurs communautés d'origines.
1683
Numa Gaber

Numa Gaber entama un grand tour du désert rouge afin de rencontrer en personne les communautés historiques, y compris celles n'ayant pas souhaité envoyer de représentants à Salem-Aleykoum. Sa mission était de prendre la mesure et de faire un inventaire le plus exhaustif complet des conditions dans lesquelles vivaient les natifs qui avaient choisi de rester dans le désert, ainsi que de leurs besoins.

Les autorités lucifériennes s'inquiétaient particulièrement des communautés qui avaient choisi de couper tout contact avec l’État central. Faute d'approvisionnement, faute de moyens de subsistance, la vie s'avérait extrêmement précaire voire impossible. Si les adultes étaient naturellement en droit de s'y laisser mourir, les enfants, qui font partie des groupes les plus fragiles, étaient eux source de crainte. Pouvait-on, au nom de décolonialisme et du respect du choix de leurs parents, laisser dépérir des petits êtres qui n'avaient rien demandé à personne ? Le débat faisait rage, autant au sein des communautés natives que des lucifériens, l'humanisme de ces-derniers les poussant à réclamer que les enfants soient placés hors de danger sous la tutelle de l'Etat. Les groupes kabaliens, eux, étaient déchirés. Certains se rangeaient également du côté des lucifériens, mais d'autres assumaient de laisser les natifs kabaliens libres de leur destin, et donc de leur mort, si c'était leur choix. Mais est-on libre de ses choix lorsqu'on est mineur ? Faut-il sauver les Kabaliens d'eux-mêmes ?

Pour temporiser, Numa Gaber avait été chargée de la mission d'observer ce qu'il en était concrètement sur le terrain. Une mission dangereuse car les quelques communautés kabaliennes farouchement isolationnistes gardaient jalousement leurs territoires et représentaient encore une menace pour les convois de la République. "Plus pour longtemps", aurait confié en off et avec morosité le Pape noire. "D'ici quelques années, à ce rythme, il ne restera plus personne."
3818
Baki Tabet

A la tribune, Baki Tabet, secrétaire général du Parti Communiste Kabalien, appelle à une sortie de crise par la nationalisation des actifs Dalyoha :

- Mes frères ! Alors que les crises s'abattent sur nous comme l'orage, les communautés historiques doivent être force de proposition pour mettre fin aux tensions en Afarée. Nous ne pouvons plus longtemps accepter de servir ni de caution pour une république coloniale que nous haïssons, ni de prétexte pour les impérialismes étrangers qui cherchent à instrumentaliser notre cause pour placer la Kabalie sous tutelle ! Nous voulons une Kabalie souveraine, indépendante et autonome. Dont la voix portera à l'internationale et ne sera pas asujetie à la pitié de nos protecteurs ! Nous devons nous donner les moyens d'exister, nous ne serons plus jamais victimes !

Applaudissement sur les bancs des représentants communistes et revanchistes.

- La seule solution pour nous débarrasser à la fois de l'envahisseur et de demeurer souverain après son départ est la nationalisation totale et inconditionnelle de toutes ses possessions en Kabalie rouge, à titre de réparation. Nous exigerons que Carnavale paie et Carnavale paiera et sur cette manne nous bâtirons une économie prospère, fondée sur une industrie puissante et capable de subvenir à nos besoins ! Nous ne manquons ni de ressources ni d'énergie, nous ne manquons même pas d'alliés ! Ce qui nous manque, c'est le courage politique de dire non aux grands groupes capitalistes qui nous asservissent. Ne croyez pas, mes frères, que le prolétariat soit incapable d'accomplir ce que réalisent les Laboratoires Dalyoha, car c'est le prolétariat qui fait tourner ces laboratoires, chacun de ses employés, chacun de ses médecins est un allié de classe face à la bourgeoisie. Nous n'avons pas besoin de patrons pour fabriquer nos médicaments, nous ferons tourner la boutique nous même !

Ovation sur les bancs des représentants communistes. Bagay Habib, de la Ligue de l'Ouest, se lève et demande le micro :

Bagay Habib

- Baki Tabet, pauvre fou, tout ce que tu réussiras à faire c'est de faire fuir les capitaux ! La Kabalie rouge est à terre, si nous voulons un pays prospère, nous ne devons pas nous contenter de l'aumône de nos "alliés". Des packs d'eau et de la nourriture en canette, voilà l'avenir qu'ils nous résevrent ! Qui investira chez nous les milliards pour tout reconstruire ? L'Azur déboursera-t-elle ces millions dont nous abreuvent les Carnavalais ? Qui paiera notre armée ? Qui financera notre défense ? Tous ceux qui prétendent nous libérer nous abandonnerons en rase campagne dès que les Carnavalais seront partis, avec ton programme, sale chien communiste, les médecins fuiront aux premières rumeurs de nationalisations. Penses tu que tu pourras renchérir sur les salaires de Bourg-Léon ? Fou, Baki Tabet ! Fou comme un socialiste, nous ne devons pas chasser la seule force qui nous reste mais la soumettre et la placer sous notre coupe, nous devons faire notre la puissance des Laboratoires car c'est ainsi qu'on nous craindra. Plus personne n'osera s'en prendre à la Kabalie rouge avec les Laboratoires Dalyoha de notre côté !

Huées sur les bancs communistes, applaudissements chez les partisans de la Ligue de l'Ouest. Baki Tabet répond :

Baki Tabet

- Idiot ! Suppôt du capital, Carnavale paiera, la Kabalie est riche de ressources !

- Et qui l'y forcera ? Toi ? L'OND n'y parvient même pas du haut de toute sa puissance ! Dalyoha te rira au nez, socialiste que tu es. A Carnavale, les gens comme toi sont internés pour maladie mentale !

- Il n'y a rien que le prolétariat ne puisse faire, car c'est son travail qui créé la valeur, nous n'avons pas besoin de bourgeois pour nous gouverner, tu es illusionné d'idéologie et tu te bats contre tes camarades de classe au lieu de faire front avec eux pour la libération !

- Comment forceras-tu les médecins à rester ? Les mettras-tu en prison ? Les scientifiques ne travaillerons pas pour rien, ta solidarité de classe se heurte sur le mur du réel, les gens ne resteront pas dans le désert pour tes beaux yeux. Peux-tu leur promettre un meilleur salaire ? De meilleures conditions de vie ? Les médecins partiront car tu n'as rien à leur offrir pour les convaincre de rester. La Kabalie rouge ne fait pas le poids scientifiquement, nous avons besoin de ceux que tu prétends chasser ! Ne crois pas que les médecins Dalyoha se pensent comme des prolétaires, la solidarité de classe est un totem que tu invoques pour te rassurer, mais il n'a aucune efficience.

- A nous de faire émerger cette conscience de classe.

- Bon courage Baki Tabet, mais ne nous emporte pas dans ta folie.

Haut de page