27/08/2019
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[Norland - Empire du Nord] L'appel des mains tendues

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mr brandt
Le Statsminister Brandt avec son conseiller

Le Ministre d'état, Henning Brandt, retrouve enfin son quotidien normal de ministre à l'étranger au 01 Complexe de Greenwood.
L'intérim lui a fait bizarre. Il a habité, le temps de la convalescence de la présidente des EUN, à l'Uglenspalads, et s'est occupé des fonctions que son amie assurait d'ordinaire. Et, paradoxalement au mode de vie agité du président par intérim, il ne put s'empêcher de ressentir lourdement l'absence de son amie, comme un vide qui grandissait suite au manque ressenti d'un être cher. C'est donc tout naturellement qu'il a accueilli la présidente à la Statsrådetshus avec un long câlin et un radieux sourire au lèvres.

Quoi qu'il en soit, en ce jour du 13 avril 2019, le Statsminister suit sa journée de travail comme à l'accoutumée. Il est donc 15 heures tapantes et Mr Brandt en réunion avec son conseiller Mike Lamp. C'est une réunion tout à fait ordinaire : ils discutent de divers sujets en rapport à la diplomatie comme la nécessité de recontacter le Latrua, le traité signé avec Duve, ou bien d'autres sujets affectant de près ou de loin la direction diplomatique de Norland. Puis, alors que Mike Lamp débriefe son chef sur la situation en Antares, le Statsminister lui ôte la parole.

"Nous n'avons plus de temps pour ça Mike, faudrait songer à appeler Mr Rouzet. Passez moi son numéro."

Lamp s'exécute, lui écrivant sur un post-it le numéro de son cabinet et le lui glissant.
Brandt compose ce même numéro sur le téléphone fixe devant lui, et attend une réponse.

"Allo, Mr Rouzet ? C'est Mr Brandt !"
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François-Adolphe Rouzet - << Allô, Monsieur Brandt ?

Je suis ravi de pouvoir vous parler ! Avant toute chose, je voudrais renouveler la satisfaction de pouvoir ensemble travailler au développement plus poussé de nos relations entre nos deux États, qui partagent une histoire commune forte, parfois compliquée, mais dont les valeurs partagées aujourd’hui sont un socle d’amitié profond et, je pense, indéfectible.

J’aimerais aussi apporter mon soutien renouvelé à Son Excellence Madame la Présidente des États-Unis du Nord suite à l’odieux attentat dont elle a été victime et lui assurer que mon pays, l’Empire, se tiendra toujours à ses côtés pour lutter contre l’extrémisme, la violence, partout où elle se trouve, pour garantir la sécurité, la stabilité et la démocratie dans notre région. Je parle ici en mon nom, mais également au nom de l’Empereur et de tout le gouvernement.

Pour entamer plus directement la discussion, j’aimerais entrer dans le vif du sujet et vous exprimer ce que l’Empire souhaite pour nos relations futures, puis savoir si nos visions concordent à ce sujet. En premier lieu, nous pensons important et judicieux d’approfondir nos échanges économiques en envisageant le libre-échange sur de nombreux produits, en dehors, peut-être, si vous le souhaitez, de réserves concernant certains produits stratégiques. C’est par exemple le cas de l’électronique, des composants comme les microprocesseurs, les puces et tout ce qui constitue une chaîne critique pour les technologies et l’informatique. L’Empire avait, durant de longues années, un retard conséquent en la matière et le rattrape désormais par des investissements massifs, mais aussi, il faut le reconnaître, une part de protectionnisme pour stimuler la demande intérieure, la production intérieure et obtenir in fine une autonomie stratégique, une indépendance stratégique en la matière.

Deuxièmement, toujours sur le volet économique, faciliter les déplacements de nos citoyens par les visas et par les titres de séjour, les titres de travail, en mettant en place un accord mutuel concernant l’immigration ou même la circulation touristique, afin de faciliter les déplacements qui visent, finalement, à terme, à presque faire disparaître les frontières entre nos États. Cela ne se fera pas non plus si facilement ni du jour au lendemain, nous en sommes conscients, cela demande un travail et du temps, mais progressivement, nous pouvons y arriver et que nous y arriverons, d’autant plus si nous coopérons en matière de sécurité, notamment policière et militaire.

J’en viens donc à l’un des points les plus importants : nous envisageons évidemment une coopération renforcée par un accord de défense mutuelle, par exemple par la formation conjointe d’officiers, par des exercices conjoints, par une forme de standardisation, ou du moins une proto-standardisation, si j’ose dire, de certains de nos équipements, afin de renforcer notre interopérabilité. Coopérer particulièrement sur la lutte contre la piraterie, la lutte contre les trafics, coopérer en matière de police, garantir le rapatriement et l’extradition de ressortissants recherchés par la justice et coopérer en matière judiciaire plus largement.
À ce sujet, en matière de sécurité et de prévention, de coordination de nos services, je pense aux attentats qui ont pu se produire chez vous et contre lesquels une coopération binationale serait intéressante.

Concernant d’autres points, je pense notamment au volet culturel, une coopération qui pourrait être très intéressante pour favoriser la compréhension mutuelle de nos peuples et, d’une certaine manière, assumer notre histoire commune. Ce qui concerne bien-sûr l’Empire, qui a commis un certain nombre de crimes, il faut le reconnaître, pendant les guerres qui nous ont opposés, et ce qui permettrait aux citoyens de comprendre cette histoire pour mieux penser l’avenir.

Je suis convaincu que la coopération entre nos deux pays peut être extrêmement fructueuse, que ce soit sur le plan humain, économique ou sécuritaire.
Je vais vous laisser prendre la parole et j’aimerais avoir votre avis concernant les points que j’ai pu aborder, ainsi que vos autres propositions ou points que vous jugez pertinents à aborder, le cas échéant. >>
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Alors que Mr Rouzet parle et détaille, Mike, aux côtés de son patron, retranscrit sur papier ce qui est dit et sort de son sac serviette papiers et dossiers, tous issus de différents ministères et même des notes issues du Bureau de la Présidence supposées aider le Statsminister dans les décisions. Mais ce dernier sent que le fatras que son conseiller est en train de mettre sur la table lui compliquera la tâche plus qu'autre chose, ce qui le fait soupirer.

Henning Brandt : "Bien, tout d'abord, je vous remercie sincèrement, au nom de Mme Vestergaard, pour le soutien que vous lui apportez. Cela nous a rendus plus confiants en ce qui concerne la direction que prend Norland : nous sommes sur le bon chemin. Sur ce point-là, nous sommes d'accord, l'extrémisme est un fléau, qui de partout dans le monde sévit et fait des ravages. Nous en Norland, nous nous pensions débarrassés depuis les temps de la poudre, il faut croire que nous étions naïfs.

Un traité de libre-échange serait une très bonne idée effectivement, je suis curieux des mesures que vous pouvez proposer concernant ledit traité. Et il est vrai que certains produits stratégiques sont trop importants pour nos pays respectifs pour qu'on puisse risquer de tomber dans une quelconque dépendance, ainsi, en ce qui concerne la liste des produits nordistes à exclure du traité, je vous laisse me la transmettre. Mon conseiller, à mes côtés, me préparera dès maintenant une liste des ressources norlandaises que nous exclurons de ce traité. Nous pouvons aussi imaginer un accroissement des investissements nordistes en Norland et, vice-versa, norlandais en Empire du Nord ; parler d'implantation d'entreprises sur nos sols respectifs, ce qui n'a pas encore été réalisé à ce jour, il me semble.

Pour revenir sur votre second point, nous pouvons, par exemple, faire passer des réformes administratives et des consignes aux consulats pour faciliter l'attribution de visas et de titres, qu'ils soient étudiants, de séjour ou de travail, évidemment. En tout cas, le Complexe de Greenwood peut parfaitement transmettre à nos consulats dans l'Empire du Nord ces consignes visant à simplifier drastiquement la distribution de tels titres. Nous pouvons d'ailleurs parler de nos diasporas respectives, mais je le ferai plus tard. Pour rester dans le volet économique, ce que nous pouvons, nous, vous proposer, c'est de vous accorder un droit d'exploitation d'une partie du futur port monumental d'Alexandersbugt sans payer quoi que ce soit. Vous auriez vos entrepôts, vos quais, ils vous reviendraient de droit. Il suffirait juste d'entrer au port avec les pavillons et immatriculations de vos navires visibles. Si vous pouvez nous accorder une contrepartie de ce type, ce sera parfait.

Sur l'hypothèse d'un accord de défense mutuelle. Nous pouvons établir une cellule de communication entre nos deux états-majors afin de coordonner efficacement nos futurs exercices conjoints. Quant à la 'proto-'standardisation de nos équipements, vous abordez là une question intéressante...
Marque une pause et attrape un papier tendu par son conseiller venant de la Norland Weaponry. Vous n'êtes peut-être pas sans savoir que nous avons notre propre société de fabrication d'armement en tout genre, la Norland Weaponry. Bon, elle est entièrement gérée par l'état. La Norland Weaponry et Excellence Industries pourraient peut-être signer un partenariat quelconque. Et en parallèle, afin d'accompagner au mieux la standardisation de nos équipements et le développement des forces armées norlandaises naissantes, on pourrait ajouter au traité dont on dresse déjà une esquisse une clause stipulant que le marché de l'armement nordiste serait notre unique partenaire en matière d'armement. Si cela vous convient?

Nous avons, avec la République de Duve, établi une sorte de coopération policière, ce serait une bonne idée d'organiser quelque chose de similaire entre nos deux pays. Afin de couvrir les issues de rapatriement et d’extradition de ressortissants recherchés par nos justices respectives, et plus généralement assurer la coordination policière et judiciaire entre nos deux pays, nous pouvons ouvrir une cellule de communication et de fichage entre les forces de police nordistes, les Gardes nationales norlandaises, et nos tribunaux respectifs. Cela serait un premier pas pour approfondir la coopération binationale. Cependant, pour l'instant j'en suis désolé, en matière de trafic et de piraterie, nous n'y pouvons pas grand-chose tout simplement car nous ne sommes pas touchés par ces problèmes, et même si nous voulions lutter contre ces problèmes, nous ne le pourrions pas. Norland est dépourvu de marine - nous n'avons que 6 vedettes de 4ème génération - et n'a aucune expérience en la matière.

C'est ici, pendant qu'on arrive au volet culturel, que je tiens à aborder le sujet de nos diasporas respectives. Une manière de se comprendre mutuellement serait déjà de se contacter. Déjà, il serait judicieux pour nos villes et villages respectifs d'entrer en liaison et se jumeler, surtout celles ou il y a une forte présence de nos diasporas respectives. Aussi, cela serait une bonne idée de créer un réseau reliant les universités de nos deux pays et mutualisant certains sujets d'études comme les sciences et l'ingénierie, l'histoire du XXe siècle, ou encore nos cultures respectives. Enfin, il serait surtout à mes yeux nécessaire, de tout simplement reconnaître l'existence et l'importance de nos deux diasporas dans nos lois respectives. De notre côté, nous comptons accorder la citoyenneté indéniable et automatique aux nohords et catégoriser le nohord comme langue officielle, une candidate aux élections générales de 2019 compte même leur créer une nation au sein de la fédération, ce qui n'est pas une mauvaise idée.
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François-Adolphe Rouzet - << Monsieur le Statsminister, je vous remercie pour la clarté et la franchise de vos propos. Ils témoignent d'une volonté politique sérieuse et structurée, que nous accueillons avec beaucoup d'intérêt et de respect.

Permettez-moi, en premier lieu, de saluer la solidité de votre approche en matière de souveraineté économique. Nous sommes heureux que vous partagiez notre prudence concernant les secteurs stratégiques. Nous vous transmettrons donc une liste précise des secteurs que nous estimons devoir faire l'objet de réserves ou d'aménagements particuliers dans le cadre d'un traité de libre-échange. L'objectif n'est pas d'imposer une ouverture brutale, mais bien de construire un cadre progressif, équilibré et mutuellement bénéfique. Sur la question des investissements et de l'implantation d'entreprises, votre ouverture est particulièrement appréciée. Nous voyons dans cette perspective un levier concret pour ancrer durablement notre partenariat. La proposition concernant le port d'Alexandersbugt est, à cet égard, remarquable. Un accès autant privilégié dans ses usages, constituerait un point d'appui logistique et commercial de première importance pour nos acteurs économiques. Soyez assuré que nous sommes disposés à étudier une contrepartie de nature équivalente au sein du port de Laagefort et de notre concession en Akaltie. Concernant la facilitation des mobilités, je me réjouis de votre volonté d'agir rapidement par voie administrative. C'est une approche pragmatique, efficace, et nous adopterons des mesures similaires de notre côté. Si nous parvenons à fluidifier significativement les déplacements des étudiants, travailleurs, entrepreneurs, touristes, nous poserons les bases humaines d'une intégration bien plus profonde que n'importe quel traité formel.

Sur le plan de la défense, votre proposition de cellule de communication entre états-majors est une excellente base. Elle permettra d'instaurer des réflexes communs et une coordination réelle. S'agissant de la coopération industrielle, notamment entre Norland Weaponry et Excellence Industries, nous y sommes favorables. Et nous sommes très heureux de constater la grande confiance que vous nous faites en proposant de définir nos industries d'armements comme vos partenaires exclusifs, ce que nous acceptons évidemment.

En matière de sécurité intérieure et de coopération judiciaire, votre proposition s'inscrit parfaitement dans notre vision. La création d'une cellule conjointe de coordination policière et judiciaire est une étape essentielle. Elle permettra non seulement de faciliter extraditions et rapatriements, mais aussi d'anticiper des menaces communes. Concernant la piraterie et les trafics, nous comprenons vos limitations actuelles. Cela n'empêche pas d'intégrer ce volet dans une logique prospective, à mesure que vos capacités évolueront.

J'aimerais également saluer votre approche du volet culturel et, plus particulièrement, votre réflexion sur les diasporas. C'est un sujet fondamental, souvent sous-estimé dans les relations internationales. Reconnaître leur rôle, faciliter leur intégration tout en valorisant leur identité, est un facteur puissant de rapprochement entre nos nations. Les jumelages de collectivités, les réseaux universitaires communs et les programmes d'échanges que vous proposez constituent des outils concrets et efficaces. L'Empire y est pleinement favorable. La question de la reconnaissance institutionnelle des diasporas, notamment à travers la citoyenneté ou la langue, est un sujet très intéressant. La proportion de votre langue au sein de notre nation ne peut justifier qu'elle soit reconnue comme langue officielle, mais elle peut être envisagée comme autre langue reconnue. Et nous sommes favorables à ce que vos citoyens puissent, au regard de nos liens historiques, disposer de manière simplifié la citoyenneté nordiste.

Dans l'ensemble, Monsieur le Statsminister, je constate avec satisfaction que nos visions convergent sur l'essentiel : bâtir un partenariat stratégique complet, fondé sur la confiance, la réciprocité et le long terme. Il nous appartient désormais de traduire cette convergence en instruments juridiques et opérationnels concrets. Si vous en êtes d'accord, je proposerai que nos équipes techniques respectives puissent se réunir dans les plus brefs délais afin de structurer un projet de traité autour des axes que nous avons évoqués, commerce, investissements, mobilité, défense, sécurité et culture. Je suis, pour ma part, convaincu que nous sommes en train de poser les bases d'un accord qui fera date dans l'histoire de nos deux nations. Avez-vous d'autres points à aborder ? Je vous écoute, Monsieur Brandt. >>
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