27/08/2019
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- L'éveil de la pieuvre de l'est - [Rep. Cités unies - Karty]

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L'EVEIL DE LA PIEUVRE DE L'EST

New-Ocean
Cité-portuaire de New-Ocean, photo prise depuis un bateau-mouche navigant sur le Tigre

Musique d'ambiance conseillée


    Cité de New-Ocean, 4 heures 30 du matin.


    La nuit recouvre encore de son voile étoilé la Cité de New-Ocean, surnommée la « pieuvre de l'est ». Vaste territoire dressé comme une forêt d’arbres de béton immobiles, surmontés d’antennes lumineuses et encadrés de vitres de verres. La ville-chef-lieu héberge en son sein près de 2 millions d'âmes assimilables à des fourmis obstinées, faisant battre chaque jour ses mille tentacules commerciales et portuaires dans une logique mécanique et routinière. Au loin les docks ne s'endorment jamais et les massives silhouettes des navires-cargo, géants de métal, oscillent branlantes au fil des secousses marines, se brisant à la bordure des quais. Les grues articulées automatisées, prolongement de la technique humaine, plongent et se relèvent au-dessus des vaisseaux marchands, chargeant et déchargeant leur contenu dans un ballet orchestral de précision. Le cœur de ville, dont les artères restent engourdies par la noirceur de l'obscurité nocturne, daigne enfin s'illuminer. Les premières enseignes des centres commerciaux se laissent de nouveau posséder par Appolon et les transports publics automatisés reprennent leur ronde à travers les avenues de la ville. Premiers travailleurs émergeant des profondeurs, les fonctionnaires s'amassent dans les stations les conduisant dans le « manteau du mollusque », siège des administrations métropolitaines. Capitale fédérale pour une journée seulement, les institutions se réveillent difficilement pour savamment orchestrer la venue du Gouverneur général et de ses partenaires kartiens, dans une métropole tirée au sort parmi les 7 grandes. L'océan d'Espérance dont la réverbération de l'eau produit une lumière claire est dérangé dans sa mélancolie par une imposante silhouette se détachant lentement du néant. Le Pearl, navire officiel du Gouverneur général de la République des Cités unies, fend les surfaces liquides obscures avec une régularité presque solennelle. Au fur et à mesure de sa course, les phares du port viennent glissant sur la coque du bâtiment, révèlent par fragments l’emblème soleillé et encerclé d'étoiles, de l'État.

    Une corne de brume résonne, brisant soudainement le silence nocturne qui était maître de la ville depuis le coucher du soleil. Les docks, un instant, paraissent suspendre leur tumulte avant de reprendre autrement comme hypnotisés par une volonté de mieux faire. Alexander McFletcher, Gouverneur de la Cité de New-Ocean, se tient droit et immobile. Autour de lui, les membres de son Bureau exécutif et quelques dignitaires locaux forment une ligne rigide, comme figée dans le béton uniforme de la ville-pieuvre. Les agents et officiers de la Garda métropolitaine, eux aussi alignés en rangs parfaits, portent leurs uniformes aux teintes profondes. Képis légèrement inclinés, masquant en partie des visages fermés, raccommodent les derniers détails de leur tenue de cérémonie. La passerelle se déployant dans un grincement sourd relie solidement la berge embrumée de la Cité à l'embarcation officielle venue de la capitale fédérale. Gardiens de la paix, les femmes et hommes de la Garda municipale se raidirent, leurs bottes frappant le sol à l’unisson. Le silence se fit encore plus lourd et ce, malgré le nombre conséquent d'officiels présents en bordure d'océan. Pierre Delmas, Gouverneur général fraîchement élu, émerge lentement du navire, semblable à une figure arrachée de l'ombre, lentement suivie par Jan Peter-Olsen, Haut représentant de la République, Albert Neuchâtel, Administrateur fédéral aux Sociétés, Hank Dourney, Conseiller exécutif à la Sûreté générale et Daaf Kristensen, Conseiller exécutif aux Intérêts internationaux. Descendants les uns après les autres pour, une fois à quai, être accueillis par le Gouverneur de la Cité. Pierre Delmas, fidèle à lui-même, procéda à une brève poignée de main, ferme et sans excès de sympathie, face à un personnage politique qui fût tant critique à son égard. Les agents de la Garda présentèrent leurs armes d'un geste synchronisé, produisant un frottement métallique caractéristique.

    Sans un mot de plus, le Gouverneur général se détourna du quai, guidé par son aide de camp jusqu’au véhicule officiel stationné à quelques mètres de la ligne d’honneur. Une longue berline se révèle à lui. Sa carrosserie noire parfaitement lustrée absorbant la lumière de la lune, les vitres, légèrement fumées, laissaient à peine deviner l’intérieur, préservant l’opacité d'une zone de gouvernance inconnue. À l’avant, deux agents de la Garda, immobiles, attendaient, gants sombres ajustés, regard fixé droit devant eux ouvrirent la porte du véhicule protocolaire dévoilant le cuir, d’un gris profond étendu sur les larges sièges de la citadine. Les coutures, fines et régulières de l'habitacle, dessinaient des lignes géométriques sobres. Entre les deux places arrière, une console centrale en métal brossé abritait des interfaces de communication sécurisées, dont les écrans restaient pour l’instant éteints, comme en veille, prêts à s’animer au moindre ordre, une lumière froide filtrant depuis le plafond. Le Gouverneur général s'y installa suivi quelques secondes plus tard par McFletcher. La portière se referma aussitôt, étouffant les bruits du port scellant ainsi le contact établi avec le monde extérieur. Les autres membres de la délégation fédérale prirent place dans des véhicules identiques, disposés en file parfaitement ordonnée. Le convoi entama sa route, lentement d’abord en quittant les quais dans un silence troublé par le bruit des moteurs et le roulement feutré des pneus sur l’asphalte humide. À mesure qu’il pénétrait dans les artères de New-Ocean, s’étirant en une ligne noire continue, serpentant entre les tours de verre et les structures métalliques.

    — Jolie ville, n'est-ce pas votre Excellence ?

    Pierre Delmas acquiesce.

    — Je commence à comprendre son surnom de « pieuvre de l'est ».

    — Malgré nos divergences d'opinion, je suis honoré que vous ayez choisi New-Ocean pour accueillir le premier sommet de votre mandat.

    — C'était l'un des critères de nos homologues kartiens, je n'y suis pas pour grand-chose.


    La conversation se stoppa net. Le Gouverneur général appuie sur un interrupteur disposé sur la console centrale du véhicule, avant de parler dedans.

    — Superintendant Krüger, pouvez-vous me communiquer le programme de ce sommet ? Le mien a dû rester à la Cité de la République.

    La console répondit dans un léger grésillement.

    — Bien reçu Excellence,
  • 09h00, accueil protocolaire des représentants kartiens dans le grand atrium,
  • 09h30, ouverture du sommet par votre allocution inaugurale,
  • 10h15, première session de travail sur la situation régionale et aux tensions en Loduarie,
  • 12h30, déjeuner diplomatique restreint dans le salon du Gouverneur de la Cité,
  • 14h00, reprise des discussions, sur les coopérations économiques et sécuritaires,
  • 16h30, signature éventuelle d’un communiqué conjoint,
  • 17h00, point presse officiel
  • 18h00, clôture des travaux et retour des délégations.

  • Un court silence, puis la voix ajouta, plus basse :

    — Des ajustements restent possibles selon vos instructions, Excellence.

    — Ce ne sera pas nécessaire Superintendant Krüger. Je vous remercie.

    — À vos ordres, Excellence.


    Le Gouverneur général se redressa sur son fauteuil en expirant.

    — Espérons que ces kartiens soient à l'heure.

AlinéaLes sujets Kartiens étaient divers, ces temps ci. La démocratisation du régime et sa stabilisation, le plan de quatre ans, la Loduarie et ses occurrences échéantes, la militarisation, les succès d'Orlovski... Mais très peu parlaient de la relance du programme spatial. A vrai dire, l'ensemble des autres sujets étaient trop prenants pour s'en préoccuper. De surcroît, l'administration Kartienne se voyait muette sur ce sujet. Trois organes étaient à l'œuvre: Les scientifiques du BRC, la Présidence Fédérale, mais aussi et surtout l'armée. Car oui, si Karty œuvrait à nouveau dans l'espace, dans l'ombre cette fois, c'était avant tout pour apporter une fructification militaire, d'où la coordination BRC-armée. Dans le temps, Karty avait réussi à effectuer par miracle la mise en orbite d'un satellite civil, du premier coup: Une réelle prouesse technologique. Un achèvement à relativiser, évidement, dans la seule mesure où ce satellite s'ancre parmi les premières générations, fort peu utile pour quoique ce soit si ce n'est la matière GPS, encore approximative. Ce mois d'avril sera donc marqué par trois grandes directions, pour la Gouverneure Orlovski. Premièrement, elle assisterait au décollage du tout nouveau modèle perfectionné de fusée par le BRC: La fusée K-2. Deuxièmement, elle prendrait part à quelques discussions sur la concrétisation des Accords de Biallévitz en Slaviensk, par l'envoi d'un agent de représentation de la Vorna. Et enfin, une visite officielle qu'elle présiderait à la République des Citées Unies. Un programme réellement chargé, d'autant plus qu'elle se trouvait dans un véhicule depuis plus d'une heure déjà. Très tôt le matin, en face de la plus haute représentante de l'armée.

Taliska Strakhova-"Qui se décide à briser le silence ?"
Angèle Orlovski-"Et bien, dis m'en plus sur l'envoi de notre agent en terre Slavis."
Taliska Strakhova-"Le Courtier... Hormis son nom, enfin son appellation, j'ai très peu à dire. L'identité de nos agents nous est volontairement effacée, je dois être la seule à en savoir un minimum, il faut que ça reste ainsi. Mais et toi ? Quand m'avertiras-tu de la raison de ce trajet hors de nos champs de juridiction habituelle ?"
Angèle Orlovski-"C'est simple, nous nous rendons à la province d'Idjika, éloignée de toute ville, et c'est le but. Se trouve là-bas un de nos complexes militaires, mais surtout une installation de lancement capable d'accueillir notre nouveau modèle de fusée. Somme toute, nous nous rendons pour observer l'avancée de nos recherches, la fusée Katyusha 2 en étant le fruit."

Programme Constellation
Et en effet, les deux femmes assistèrent au lancement de cette fusée. La raison de toute cette confidentialité: D'une part, dissimuler les avancées Kartiennes. D'autre part, par sécurité, et aussi pour éviter l'humiliation si le lancement venait à l'erreur: Personne autour du complexe à plus de quarante kilomètres, la vraie cambrousse. Et le résultat ne se fit pas attendre: Un vrai fiasco. La fusée n'a pas seulement explosé, elle a ruiné l'ensemble de l'installation, puisque cette explosion est arrivée au tout début du décollage. Angèle s'attrista d'abord, mais relativisa. Aucun témoin de ce déroulé, le programme spatial avançait malgré tout, mais surtout, aucune perte humaine à déplorer: Il n'y avait que l'explosion sommaire de l'installation...

Le lendemain, elle s'était préparée à cette entrevue avec la République des Citées Unies. Un voisin de la Loduarie par l'une de ses "cité état", mais également un pays disséminé à travers le monde. Une force comme une faiblesse, mais la Présidence Fédérale y voyait une force. D'une part, un régime capitaliste opposé à la tyrannie Loduarienne. D'autre part, un pays avec de nombreux territoires dispersés, un enjeu commercial réellement certain. Et Angèle savait son pays intéressant, en matière diplomatique. Une grande puissance militaire, respectée, illustrée par sa souveraineté.

Gouverneure Angèle Orlovski
Considérant l'ensemble de ces enjeux qui pouvaient devenir une entente riche et cordiale, la Gouverneure Orlovski fut choisie naturellement, au contraire de Tosca ou Luciano. Elle demeurait la femme la plus respectée du pays, talentueuse en matière de diplomatie, notamment en ce qui concerne ses prises de parole. Elle arriva tôt et chargée à l'aéroport international de Volkingrad, elle pourrait profiter du temps de vol pour travailler sur son ordinateur... Arrivée à la Cité de New-Ocean, elle se déchargea de cet attirail, tout en se remettant en forme pour ce sommet... Les Septiens pouvaient désormais démarrer cette entrevue avec les Kartiens, des Kartiens à l'heure...
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    Le convoi ralentit peu à peu, comme s’il hésitait lui aussi à pénétrer au cœur de New-Ocean. Les tours, austères et rectilignes, semblaient se rapprocher, encadrant la chaussée. On aurait dit que la ville retenait son souffle, guettant l’arrivée des représentants du pouvoir fédéral. Plus loin, l’atrium principal se détachait dans la pénombre, une cathédrale de verre et d’acier dont les parois captaient avec une froide élégance, les premières lueurs d’un jour qui peinait à naître. À l’intérieur du véhicule, le silence persistait, brisé par le bruit des sirènes des voitures du cortège. Puis, sans détourner le regard de la vitre teintée, le Gouverneur général relança la conversation qu'il avait lui-même stoppée quelques instants plus tôt.

    — Ils sont à l’heure, finalement... et nous sommes en retard.

    Le Gouverneur McFletcher esquissa un léger sourire en saisissant une coupe de champagne jusqu'alors non entamée.

    — Les Kartiens prennent rarement ce genre de rendez-vous à la légère.

    Alors que le convoi se stoppait dans le manteau du mollusque, la Garda métropolitaine avait déjà sécurisé l’ensemble du périmètre. Les agents formaient une double haie impeccable menant jusqu’à l’entrée de l’atrium. Quelques hommes et femmes en costumes noirs et lunettes teintées, une oreillette à l’oreille, trahissaient la présence des forces de sécurité. L'un d'entre eux s'approcha du véhicule du Gouverneur général et ouvrit la porte, exposant les passagers aux flashs lumineux de la presse nationale et internationale venue en grand nombre pour ce premier déplacement officiel d'une autorité étrangère au sein de la République des Cités unies. Pierre Delmas sortit le premier suivi du Gouverneur de la Cité de New-Ocean, lui-même rejoint quelques instants plus tard par Jan Peter-Olsen. L’air marin avait laissé place à une fraîcheur plus sèche, presque clinique, propre aux hauteurs vitrées de la ville. Quelques minutes plus tard, les portes de l’atrium s’ouvrirent et les représentants kartiens firent leur entrée et les deux délégations se firent face.

    Puis Pierre Delmas s’avança d’un pas, en s'inclinant légèrement sur la main d'Angèle Orlovski, feignant un baise-main.

    — Excellence.

    Il se redressa pour saluer d'un geste de la main le reste de la délégation kartienne avant d'enchaîner.

    — La République des Cités unies vous souhaite la bienvenue dans la Cité New-Ocean.

    Un léger silence, presque imperceptible, avant qu’il n’ajoute :

    — J’ose espérer que votre voyage s’est déroulé dans les meilleures conditions. Nous avons beaucoup de sujets à aborder.

    Jan Peter-Olsen prit alors légèrement la parole après avoir, par mimétisme, salué l'entièreté de la délégation kartienne.

    — La Haute représentation se tient naturellement à votre entière disposition pour faciliter le déroulement de ce sommet. Les équipes sont en place, et l’ensemble des sessions a été préparé conformément aux échanges préalables.

    Pierre Delmas se détourna légèrement, désignant l’intérieur de l’atrium de sa main.

    — Si vous le voulez bien.

    Les portes s’ouvrirent davantage, laissant apparaître le vaste espace central où se préparait déjà l’ouverture du sommet. La Garda présenta ses armes devant les dignitaires qui, comme une lignée de fourmies dans un endroit aussi vaste que la Cité de New-Ocean, pénétra dans l'enceinte du bâtiment.
AlinéaMonarchie et faste de bourgeoisie ! Tout ce que détestaient les Kartiens... Car après tout, la République Fédérale était désormais profondément socialiste, clamant l'émancipation de son prolétariat pour une société plus juste. Trop longtemps, ouvriers et paysans ont été martyrisés par les classes péjorativement dites supérieures. Quelle gloire diffère entre le patron, porc capitaliste, et l'ouvrier, prisonnier des rouages sociétaux ? L'un profite du travail de l'autre et l'exploite, la triste réalité... Mais, à vrai dire, les Kartiens n'avaient que faire que cette immondice se répande à travers le globe: Tant que la patrie mère, elle, n'était pas touchée. C'est là l'enjeu doctrinal du socialisme civique, appliquer l'idéal libertaire et socialiste en Karty, seulement en Karty. Du reste, la Présidence Fédérale pouvait bien composer avec n'importe quel pays, tant que ce dernier ne nuisait pas aux intérêts des nations Kartiennes. Ainsi, lorsque l'Excellence Pierre Delmas imita les denrées royalistes et ses bons codes devant la Gouverneure Orlovski, elle n'engendra aucune forme de réaction. Pourtant, la pratique du baise-main, ou tout simplement celle de s'incliner devant les autres dignitaires, lui rappelait bien les formes et manières des monarchistes de son pays. Mais elle n'en fit rien. Aussi le pays dans lequel elle se trouvait était bien connu pour son rayonnement libéral-capitaliste. Quoiqu'il puisse en être, l'entrevue se déroula sous les bonnes formes diplomatiques, leurs sourires chaleureux face à des journalistes d'une activité remarquablement soulignable. Cela témoignait, au moins, d'une forme de démocratie par la preuve de liberté de presse: Le pouvoir au peuple. Une République entre les mains de sa classe bourgeoise et entrepreneuriale, un régime corporatiste en somme, comme nombre de ses frères à travers le globe. Les délégations arrivèrent à l'atrium, Angèle ouvrit l'entrevue, le réel point de départ, d'une voix claire et assurée.

Gouverneure Angèle Orlovski
Gouverneure Angèle Orlovski-"Mesdames et messieurs, Excellences Septiennes, je vous remercie pour cet accueil diplomatique et chaleureux. Nous avons, effectivement, de nombreux sujets à traiter ce jour, permettez-moi, de ce fait, d'entamer cette occurrence. Nos deux pays peuvent être nourris de certaines disparités, il est vrai. Mais également de points communs, ne serait-ce que par un certain ressentiment face à votre voisin Loduarien. En somme, l'approfondissement de partenariats bilatéraux est largement envisageable. Au delà d'accords d'une certaine banalité comme l'échange d'ambassades ou la reconnaissance mutuelle de souveraineté, le volet économique me paraît un point de départ probant... Je sais votre pays libéraliste, au contraire du miens sous diverses mesures. La République Fédérale Kartienne est riche par certaines ressources (Plomb, zinc, cuivre, orge, blé, tournesol et tabac) primaires, possède un secteur d'industrie fort par le biais de Steinhart ou encore l'Ordre Oruzhiya. Notre marché, quant à lui, nécessite de dialoguer avec l'Etat, que je représente, pour y traiter: Il paraît un besoin en uranium et en matériaux nécessaires à la fabrication de nos armements. Outre mesure, Excellence, je puis vous proposer d'aborder la possibilité d'un accord plus étatique et diplomatique, qui traiterait du passage de nos compagnies par vos nombreux ports ou aéroports à travers le monde. Votre pays constitue un hub remarquable, une plateforme internationale dit-on. Vous auriez, assurément, un rôle véritablement clef à jouer. En effet, notre besoin logistique est grand, qu'en souhaiteraient vos autorités ? Au delà des possibilités économiques que je vous ai évoquées plus tôt, quels seraient les besoins de votre honorable nation ?"
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    Les portes de l’atrium se refermèrent lentement, étouffant et isolant par ses lourds pans de bois les derniers échos de l’agitation extérieure. Au centre de la pièce, la table ronde, vaste et parfaitement symétrique, trônait fièrement avec un reflet de glace éblouissant. Aucun siège n’était surélevé, aucun ne dominait l’autre. Tout, dans la disposition, traduisait une égalité de façade, soigneusement construite. Pierre Delmas prit place le premier, sans empressement. Son regard, calme mais difficile à sonder, balayant brièvement l’ensemble des visages présents avant de se fixer sur son homologue kartienne. Droit, presque rigide, il saisit les dossiers préalablement disposés par le Superintendant Krüger, son aide de camp. Les mains posées à plat sur la table, il ne trahissait ni nervosité ni chaleur particulière. À sa droite, Jan Peter-Olsen s’installa. Le Haut représentant, habitué par de longues années au service des rouages diplomatiques, affichait un visage fermé, mais toujours attentif. Son regard se faisait plus mobile que celui de Delmas, analysant chaque détail, chaque posture, chaque inflexion. Un stylo à bille parfaitement aligné devant lui, un dossier sobrement fermé, toujours prêt à intervenir à tout instant, tout en laissant volontairement et protocolairement l’initiative au Gouverneur général. Albert Neuchâtel, quant à lui, adopta une posture légèrement plus souple. Penché très légèrement vers l’avant, les mains jointes, il observait avec un intérêt manifeste les représentants kartiens. Celui-ci se tourna vers les huissiers de la République pour leur demander sa traditionnelle tasse de thé verveine-citron, avant d'enfiler sa paire d'écouteurs de traduction. Hank Dourney, plus en retrait dans son attitude, ne quittait pas son dossier contenant les derniers rapports économiques et financiers, griffouillant quelques notes de temps à autre. Daaf Kristensen se tenait dans une posture intermédiaire, presque discrète. Moins fermé que Dourney, moins démonstratif que Neuchâtel, il observait avec une attention silencieuse, son regard, parfois tourné vers Delmas, parfois vers Orlovski. Enfin Alexander McFletcher, Gouverneur de la Cité hôte, se tenait en bout de table mais silencieux, faute de droit de parole automatique.

    Au fil de l’intervention d’Angèle Orlovski, le Gouverneur général, Pierre Delmas ne l’interrompit pas une seule fois. Il demeura immobile, presque ancré dans son siège, laissant à la gouverneure kartienne l’entière maîtrise de la parole. Lorsque celle-ci évoqua les différences idéologiques entre leurs deux nations, Delmas inclina très légèrement la tête, comme pour en reconnaître l’évidence. Ses doigts, jusque-là immobiles, se resserrèrent brièvement entre eux avant de retrouver leur position initiale. À la mention des points communs, et plus particulièrement du ressentiment partagé à l’égard du voisin loduarien, son regard se fit plus fixe. Il ne manifesta pas d’approbation ouverte, mais un léger durcissement de ses traits trahissant son attention accrue pour le sujet qui n'est pas anodin. Après avoir attentivement écouté les déclarations de son homologue, Pierre Delmas entama sa déclaration officielle.

    — Excellence Orlovski, je vous remercie pour la clarté de vos propos et je tiens à souligner la franchise de ceux-ci. La République des Cités unies ne saurait ignorer les différences idéologiques qui structurent nos sociétés respectives. Elles existent, elles sont réelles, et il serait vain de chercher à les dissimuler derrière des formules de circonstance, ou du politiquement correct. Et je vous rejoins sur un point, ces divergences ne doivent en aucun cas entraver la convergence d'intérêt. Notre République s’inscrit dans une logique d’ouverture économique et de circulation des biens commerciaux et industriels notamment. À ce titre, les capacités de projection et d’exportation de votre économie constituent des éléments avec lesquels nous sommes naturellement disposés à composer. Concernant les ressources que vous évoquez, en particulier celles à caractère stratégique, la République des Cités unies dispose, à travers ses réseaux portuaires et ses infrastructures aéroportuaires, d’une capacité d’acheminement et de redistribution à l’échelle internationale. Nous sommes ouverts à ce que la République fédérale kartienne puisse jouir de ces circuits sous réserve bien entendu de l'établissement d'un cadre négocié, structuré et sécurisé.

    Le chef de l'exécutif fédéral fit une pause, saisissant son verre d'eau disposé à sa droite. Observant quelques instants son homologue puis les membres de sa délégation, il reprit.

    — Cependant, cet accès ne saurait être envisagé sans garanties réciproques. Dans une perspective de coopération bénéfique pour nos deux États qui, je le rappelle, restent semblables par leur mode de gouvernance, je vous propose trois axes. Le premier concerne des échanges agricoles. Il est essentiel pour notre République qui ne compte que peu de terres cultivables, d'importer de l'étranger les denrées alimentaires nécessaires à l'alimentation générale des citéens et des citéennes, dans l'optique d'une croissance démographique conséquente, qui supplanterai notre autosuffisance jusqu'alors établie. Le second porte sur les capacités industrielles et défensives, domaine dans lequel des accords d’acquisition encadrés pourraient être étudiés, au vu de notre vulnérabilité de jeune nation, dans le respect, cependant, de nos normes de sécurité respectives. Le troisième axe, plus sensible, concerne la mobilité de main-d’œuvre qualifiée et non qualifiée. La République des Cités unies pourrait envisager des mécanismes temporaires et encadrés de coopération en matière de travail, notamment dans les secteurs où nos besoins en personnel sont identifiés, sous réserve d’un cadre juridique strict garantissant droits, conditions de travail et retour organisé.

    Il arrêta sa déclaration, barrant quelques-unes de ses notes, avant de relever la tête.

    — Qu'en pensez-vous « Camarade » ?
AlinéaA la manière de la diplomatie Kartienne, Angèle avait décidé d'ouvrir l'entrevue. Elle écouta calmement son interlocuteur, en émettant un sourire imperfectible. D'abord, elle s'amusa d'observer le déséquilibre entre les deux délégations. D'un côté, pour Karty, il n'y avait qu'elle. Il y avait bien quelques intendants ou traducteurs, oui, cependant personne d'influent qui ne prendrait la parole. De l'autre côté, pour les Cités Unies, six bureaucrates. Peu importe, la Présidence Fédérale la savait parfaitement compétente, tout en particulier pour ce genre de situation. Et enfin, la Gouverneure s'enchanta de la réponse, l'entrevue commençait sous bonne augure. Elle avait même adopté cette posture qui lui était caractéristique, sa main gauche posée sur sa cuisse, l'autre la recouvrant au niveau de sa montre. Son attention changea, par un regard, lorsque l'Excellence Pierre Delmas annonça le mot de camarade...

Gouverneure Angèle Orlovski
Gouverneure Angèle Orlovski-"La République Fédérale entend vos requêtes, il est évident que ces futurs accords ne seront guère unilatéraux mais bien le fruit d'un dialogue et d'une coopération... Nous sommes en possibilité de fournir votre pays en matière agricole, par la production de blé, d'orge et d'huile de tournesol. Concernant l'envoi d'une éventuelle main d'œuvre Kartienne sous vos étendards, il me faudrait en l'état plus de détails. Quels secteurs seraient concernés ? Pour quelle durée ? Sous quelles lois les travailleurs seront-ils sujets, la juridiction Kartienne, celle Septienne ? Le cas échéant, quelles garanties sociales, salariales et syndicales leur seront accordées ? Sous quels mécanismes ces travailleurs nous reviendront-ils ? Quoiqu'il puisse en être, la République Fédérale ne pourra forcer l'envoi d'hommes et de femmes, simplement l'encourager: La main d'œuvre ne saurait être considérée comme une simple valeur économique. Une fois cet aspect étudié, j'en viens à votre demande sur le volet militaire. L'entreprise d'armements Kartienne, l'Ordre Oruzhiya, demeure sous état de services publics par la direction de sieur Cassian Kormyne, sous l'autorité étatique donc. Dans la mesure du premier amendement de notre bloc constitutionnel, l'Ordre ne fournit plus qu'à trois pays seuls, en dehors d'éventuelles opérations de déstockage sur nos effectifs. Ma question demeure la même, Excellence, de quels matériels votre pays est-il acheteur ? Ma foi, qu'en dites-vous, sieur Delmas ?"
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    Pierre Delmas resta un instant silencieux après la prise de parole d’Angèle Orlovski, comme pour laisser retomber le poids méthodique de ses questions. Ses mains, jusque-là posées à plat, se refermèrent légèrement sur le bord du dossier devant lui. Son regard ne quittait pas la gouverneure kartienne, tandis que les membres de sa propre délégation l'observaient avec insistance attendant une réponse. Jan Peter-Olsen donna discrètement un papier annoté au Gouverneur général qui le consulta brièvement.

    — Gouverneure Orlovski, vos interrogations sont légitimes, et je tiens à vous assurer que la République des Cités Unies n’envisage pas la mobilité de main-d’œuvre comme un simple levier économique abstrait. Nous parlons ici de coopération encadrée, temporaire et strictement volontaire. Les secteurs concernés seraient avant tout ceux où nos besoins structurels sont identifiés : infrastructures portuaires, logistique industrielle, construction et certaines branches agricoles saisonnières dans nos zones périphériques. La durée de ces engagements serait limitée dans le temps, avec des contrats renouvelables, et surtout un principe de rotation garantissant le retour des travailleurs dans leurs États d’origine ou leur emménagement temporaire renouvelable également via l'acquisition d'une green card, titre de séjour.

    Le ton de Pierre Delmas se fit alors plus précis tout en se redressant sur sa chaise.

    — Concernant le cadre juridique, nous privilégierions un système mixte, adossé à des conventions bilatérales. Les travailleurs resteraient soumis à un socle de protection commun défini conjointement, tout en relevant administrativement de leur État d’origine pour certaines garanties fondamentales qui restent à définir. Sur le plan social, nous insistons sur des standards minimaux non négociables : rémunération décente, droit à la représentation collective dans le cadre des structures locales et mécanismes de médiation en cas de litige. L'Union des Syndicats de Travailleurs Francophones, soutien sans participation de mon Administration, sera très vigilant sur ces sujets au travers de Maleaume Pelleni, mon Conseiller exécutif aux Affaires sociales.

    Il joignit brièvement les mains.

    — Nous ne cherchons pas à extraire une force de travail, nous ne sommes pas le méchant capital bourgeois, mais nous cherchons à organiser une circulation régulée, équilibrée et bénéfique aux deux parties.

    Il passa ensuite à la seconde partie, sans changer de ton.

    — Sur le volet agricole, vos propositions répondent très exactement à nos besoins. Blé, orge, huile de tournesol : ce sont des ressources que nous sommes prêts à intégrer dans des accords pluriannuels d’approvisionnement. Mais il faut également parler viande bovine et porcine que vous détenez en nombre.

    Enfin, il posa son regard sur son Conseiller exécutif à la Sûreté générale.

    — Concernant les équipements militaires, nous ne recherchons pas une dépendance globale, mais des capacités ciblées : systèmes de défense côtière, équipements de surveillance, matériels de protection des infrastructures critiques, ainsi que certaines technologies de sécurisation des réseaux logistiques. Le tout dans un cadre strictement défensif et encadré par des clauses d’usage à définir. En bref, nous voulons un dôme de fer anti-missiles pour nous protéger des menaces de pays instables comme Carnavale ou la Loduarie communiste.

    Un léger silence s’installa avant qu’il n’ajoute, plus directement :

    — Nous ne cherchons pas à militariser nos relations, Gouverneure. Nous cherchons à garantir leur stabilité dans un environnement que vous connaissez aussi bien que nous.

    Il inclina légèrement la tête en se penchant sur la table.

    — Je vous retourne donc la question : la République fédérale kartienne est-elle prête à envisager une coopération aussi structurée, avec des mécanismes instaurant une confiance réciproque sur le long terme ?

Gouverneure Angèle Orlovski
Gouverneure Angèle Orlovski-"En ce qui concerne la législation de ces travailleurs, Excellence, le tout sera abordé directement à la parution du premier jet du futur traité. De surcroît, ce sera à nos administrations de traiter avec l'exacte précision ces termes juridiques. Nous avons convenu de l'ensemble, le reste relève de discussions ultérieures entre nos canaux diplomatiques.
La République Fédérale Kartienne encouragera l'envoi de travailleurs sous votre sol, tout comme elle s'engage à vous fournir en matière agricole. En revanche, elle n'est point connue pour son élevage, la production se suffit au cadre national et n'est pas sujette à l'exportation.
Finalement, le volet des armements. En dehors de ce 'dôme de fer', l'ensemble des autres équipements évoqués relève d'un ordre indirectement militaire (HRP: Indirectement militaire=marchandise qui n'est pas dans l'atlas), dont l'entreprise concernée ne relève pas de l'Ordre Oruzhiya. Quant à ce 'dôme', Excellence, l'idée nous est envisageable. De ce fait, au même titre que pour la législation des travailleurs, le Directeur Kormyne sera à votre disposition afin de traiter de ces échanges.
"
    — Bien, dans ce cas nous pouvons considérer qu'un accord a été trouvé et fêter cette agréable nouvelle comme il se doit pour des peuples désormais amis.

Le Gouverneur général se leva tout en saisissant sa flûte fraichement remplie de champagne par les huissiers de la République. Il la leva avant que son mouvement soit imité par les autres membres de la délégation citéenne.

    — Longue prospérité à nos peuples, vive la République éternelle.

Tous en cœur reprirent :

    — VIVE LA REPUBLIQUE !
2711
Traité de New-Ocean

Préambule:
Ce texte constitue le premier édifice des relations bilatérales entre la République Fédérale Kartienne et la République des Cités Unies, ci-après nommées les parties. Par la présente, elles conviennent de la signature et de la ratification de l'ensemble des articles de ce texte, regroupés par le Traité de New-Ocean. Ce dernier est effectif à date de ratification de la deuxième partie, et peut-être modifié sous entente bilatérale.

Article I: Les deux parties conviennent des diverses modalités que sont la reconnaissance souveraine de l'Etat sur son territoire, l'échange commun d'infrastructures diplomatiques et l'accord de non-agression.
Alinéa 1: A noter que l'ambassade Kartienne s'installera sur le territoire de New-Ocean, lieu de l'entrevue fondatrice des relations des deux parties.
Alinéa 2: A noter que l'ambassade Septienne s'installera à Volkingrad au Quartier de la Diplomatie, lieu regroupant l'ensemble des ambassades étrangères en sol Kartien.

Article II: La partie Kartienne convient de fournir la partie Septienne en matière agricole, notamment en blé, orge et huile de tournesol, suivant les règles classiques du marché mondial. Afin de faciliter ces échanges, lesdites ressources seront exportées à des prix revus à la baisse, subissant également une baisse conséquente des droits de douane.

Article III: La partie Septienne convient de fournir à la partie Kartienne le droit d'amarrage, de stationnement et de ravitaillement pour les aéronefs et navires Kartiens, dans l'ensemble de ses infrastructures portuaires et aériennes, en possibilité du transit international (HRP: Cela se traduit par le fait qu'un petit aérodrome civil n'est pas sujet à ce traité, mais bien les grands aéroports utilisés pour le transit).

Article IV: Sous les mêmes modalités que l'article II, la partie Kartienne convient de faciliter l'export de ses marchandises indirectement militaires (HRP: Cela se traduit par les biens hors atlas, type équipements de surveillance) vers la partie Setpienne.

Article V: La partie Kartienne convient d'envisager une étude approfondie sur le projet d'un "dôme de fer" sur le sol de la partie Septienne, consistant à mettre en relation cette dernière avec l'Ordre Oruzhiya, compagnie d'armements de la République Fédérale Kartienne. En effet, cette entreprise Kartienne et la partie Septienne entreront en étroite coopération sur le développement de ce projet, notamment par la vente d'armements Kartiens en capacité de déstockage.

Article VI: La partie Kartienne, par l'intermédiaire de la Présidence Fédérale, convient d'encourager l'envoi de travailleurs sur le sol de la partie Septienne. Ces derniers, ressortissants n'ayant pas la nationalité Kartienne, seront sujets à la juridiction Septienne. Les travailleurs auront la possibilité de retourner sur le sol de la partie Kartienne tous les intervalles de six mois, sous validation commune du travailleur et de la partie Septienne. Finalement, la partie Septienne convient d'émettre une rémunération attractive, dans le but d'attirer les potentiels travailleurs.


Gouverneure Angèle Orlovski
Gouverneure Angèle Orlovski-"Qu'en dites-vous, Excellences Septiennes ?"
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Pierre Delmas ne fit pas durer le moment inutilement. Il relut une dernière fois les premières lignes, plus par réflexe que par doute, puis referma légèrement le document du plat de la main.

    — Très bien.

Il prit le stylo de sa main droite en apposant sa signature en bas de page d’un geste propre.

    — Pour la République des Cités Unies.

Le Gouverneur général récupéra alors le document, prit une seconde pour en vérifier la dernière page… puis, sans prévenir, il le releva face à la salle. Le Haut représentant de la République ainsi que les autres membres de la délégation se mirent à applaudir longuement. Après quelques minutes il tendit le traité à son homologue kartienne avec un léger sourire de coin.

    Fait en la Cité de New-Ocean,
    au nom du peuple des Cités unies,
    dans l’unité de la République et le respect de ses lois.

    Grand sceau de la République

    — Excellence.
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