02/09/2019
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[PRESSE] Médias officiels et non officiels de l'Empire

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La presse arobelana est soumise au financement de l'autorité impériale et se doit d'avoir une vocation non lucrative. C'est-à-dire qu'en dehors des subventions étatiques, les organes de presse ne peuvent pas faire d'appels à la levée de fonds et financements privés. Il existe bien entendu des prix de vente des journaux et de rediffusion des émissions mais le bénéfice annuel de ces activités doit être égal aux dépenses engagées sur la même période. Le caractère non lucratif des organes de presse est défendu par les autorités impériales comme une nécessité d'avoir des médias étrangers aux logiques de profit visant à déformer la réalité d'une information ou le développement du sensationnalisme. Pour autant, dans les faits, le caractère non lucratif des organes de presse visent à la fois à réglementer les sources de leur financement et à les faire directement dépendre du denier public de l'autorité impériale. Ce qui permet on le comprends bien, de couper de façon unilatéral les vivres lorsque nécessaire, au risque d'engager la survie financière de la maison de presse et chaîne télévisée concernée.
Médias officiels/autorisés

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Imperio Arobelas - Noticias
Sans surprise, il s'agit là de l'organe informationnel du pouvoir arobelano. Cet organisme lui permet de dicter une vérité autour d'un fait.
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12 juin 2019 - Tadéo IV veut restaurer l'Empire en lui rappelant le poids de son Histoire.

Si la chaleur des étés eurysiens est présente, il y a un "je ne sais quoi" de pesanteur en plus au Palais de Rocafuerte à l'occasion de l'annonce impériale de Tadéo IV. Trois heures plus tôt ce matin, l'Empereur Tadéo IV de Alvarado y Monteclaro a effectivement ouvert la brèche à la reconstruction de l'Empire par l récit historique, c'est-à-dire par un rapprochement avec les nations issues des anciens territoires coloniaux. Devant des conseillers impériaux découvrant l'annonce en même temps qu'un parterre de journalistes, craignant une fuite d'information avant l'évènement, l'Empereur a déclaré que l'Empire d'Arobelas ne saurait décemment survivre à son ère s'il ne convenait pas d'accepter celle qui l'a précédé. Une formule équivoque, mais déjà reprise par plusieurs tabloïds ainsi que les salons de convivialité de la capitale. Un sujet percutant mais régulièrement abordé, considérant la rupture diplomatique avec l'Alguarena pendant les décennies de guerre ayant précédé l'indépendance et la fondation d'une Fédération. L'indépendance de ce territoire archipélagique en 1833, aujourd'hui hissé au rang de première puissance mondiale, doit questionner l'Empire quant à sa capacité à reconstituer un cercle diplomatique avec ces territoires "ayant jadis compté", cumulant des familiarités culturelles, linguistiques mais où le lourd passé prive de coopérations les deux nations, chacun de ses nouveaux dirigeants s'indiffèrent d'un passif belliqueux dont la responsabilité est tour à tour rejetée sur nos aïeux.

Face à ses conseillers et invités de marque, l'Empereur a affiché sa volonté de restaurer les canaux diplomatiques de partenaires oubliés de l'Empire, si ce n'est l'inverse considérant la recomposition des routes commerciales internationales, aujourd'hui faites au détriment des "Vieux Empires" d'Eurysie. Le monde avance avec ingratitude, l'Empire le rappelle à son bon souvenir. "La réussite alguarena ne doit être regardée avec défiance ni dédain, la résultante d'une parcelle de l'Histoire d'Arobelas. Cessons de faire l'amalgame entre la dignité et l'oubli. Tourner la page des guerres coloniales ne constitue en rien une nécessité de jeter le livre sur lequel elles sont inscrites." Une annonce sans ambage et sans équivoque, qui intervient comme un geste de lucidité, destiné à la réconciliation commerciale et mémorielle des anciennes colonies. Une annonce doublée de faits, avec la confirmation d'un envoi d'une délégation impériale à Aserjuco, capitale de l'Alguarena, pour ouvrir les négociations autour de discussions douanières et en relation avec la réhabilitation historique d'un certain nombre de faits relevant du patrimoine commun... Un pragmatisme bienvenue pour faire face aux turbulences économiques nées des guerres carnavalaises et loduariennes, rendant la circulation maritime exsangue dans la région, les populations et les sociétés craignant un embrasement généralisé à d'autres pays du pourtour leucytaléen. Les routes commerciales continuent de se déplacer, en dépit d'une politique étrangère arobelana plus édulcorée que jamais.

Les certitudes et les promesses d'un avenir serein sont ailleurs, à commencer sur les terres de ceux qui ont composé la prospérité et la réussite de notre Empire pendant des siècles : la Paltoterra alguarena et l'Aleucie yukanaslave. Au-delà des perturbations commerciales et économiques nées des guerres eurysiennes, on comprend que l'enjeu est aussi culturel. L'Empire ne sera aussi fort que s'il est en mesure de retracer et revivre chaque pan de l'Histoire qui l'a construit.

Dans les salons philosophiques de Rocafuerte ou sous les corps de ferme de ses provinces, la démarche de l'Empereur est soutenue, chacun trouvant une raison valable à la restauration d'un réseau diplomatique influent. Il y a cette dame de soixante dix ans qui nous confie vouloir connaitre la branche alguarena de sa famille, séparation depuis huit générations. Il y a ces producteurs de laine issus du Duché de Monteclaro qui escomptent sur une normalisation des relations avec l'Alguarena pour trouver de nouveaux débouchés là où des sociétés de transport du pays aimeraient négocier des tarifications avantageux pour emprunter les détroits de Paltoterra du Nord ou encore cette famille pieuse qui voit dans nos frères alguarenos de bons chrétiens à considérer. Associations bienheureuses, opportunistes ou naturelles, les motivations affichées doivent se percevoir comme l'évidence d'un renouement avec une diplomatie de mémoire.
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24 août 2019 - "El buen barbudo", l'ouvrage attendu pour faire honneur à l'Histoire impériale et nationale d'Arobelas.

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C'est un ouvrage que de nombreuses familles catholiques ont choisi de faire trôner aux côtés de la Bible, le privilégiant dans sa version papier. Mais c'est surtout, de l'aveu de nombreux libraires de Rocafuerte, un succès littéraire étranger pour le moins inattendu en Arobelas, provoquant une ferveur ainsi qu'un engouement longtemps oubliés dans le pays. Dans la capitale, la gran librería imperial a été contrainte d'organiser des files séparées pour les réservations, de sorte à limiter la capacité des usagers à réserver un ouvrage trop longtemps avant achat, certaines personnes ayant en effet eu dans l'idée de simultanément réserver plusieurs ouvrages auprès de plusieurs librairies, le temps d'identifier laquelle d'entre elles sera en mesure de les servir en premier. A Sacaja, une librairie a même été contrainte de dédoubler ses caisses sur le trottoir, afin de permettre la gestion d'une file d'attente inédite dans l'établissement et limiter l'impatience de clients agressifs apercevant des cartons contenant l'oeuvre en cours de déballage. Les prêtres n'échappent pas au phénomène, certains d'entre eux étant aperçus avec une pile de cet ouvrage dans les bras, afin de pouvoir étudier l'oeuvre en cours de catéchisme ou encore alimenter les bibliothèques paroissiales. Un nouveau succès sur le plan éditorial, qui donne de l'écho à un précédent ouvrage signé du même auteur : la piel dorada d'Ulvèz Perogalata.

Il faut dire qu'à travers ces deux oeuvres, les lecteurs ne viennent pas faire l'acquisition d'un livre, ils achètent une part de la mémoire de notre pays. Le seigneur Arobel, fondateur de l'Empire au XVe siècle, a été adoubé par le Pape catholanais en personne pour le récompenser de sa bravoure et de son mérite durant les croisades en Afarée du nord. Une figure mémorable, de par sa barbe noire, sa bannière croisée, des aptitudes militaires et morales qui ont su faire la différence pendant cette période trouble de notre histoire. Une figure mémorable, une figure nationale, qu'il est par conséquent d'autant plus surprenant de voir réintroduite par des auteurs de la littérature contemporaine étrangère, dont celle en provenance de la première puissance mondiale. Depuis de longues dates nous avions effectivement cantonner le seigneur Arobel à un patrimoine national, jalousement gardé au sein de nos livres, de nos mémoires et de nos coeurs. Pour autant, l'exploit de l'homme est à la hauteur de la renommée que le monde est aujourd'hui prêt à lui offrir. Il traverse alors les âges, passant du statut de souvenir à celui d'incarnation, de sorte à perdurer aujourd'hui encore dans les grandes directrices données à notre noble nation. "Nous avions besoin et envie de ce livre, d'un ouvrage qui cesse de s'excuser de nos pères..." nous explique avec peu d'ambages Mariana Orellana, une riveraine et usagère de la Libreria San Jerónimo, venue à Sacaja acheter l'oeuvre en deux exemplaires. "Arobel est l'homme qui nous rappelle que la nation ne s'est pas construite sur des opportunités mais des volontés..." explique maintenant Ricardo, un vieil homme qui n'envie pas la force du jeune, ses mains définitivement vissées autour d'un chapelet.

Si Arobel est une partie du succès promis à l'ouvrage, Ulvèz Perogalata n'y est pas toujours étranger non plus, habitant ses oeuvres à en faire oublier le papier froid sur lequel elles sont couchées par écrit. Arobel fait dans cet ouvrage biographique la démonstration de son appartenance à la catégorie des hommes de foi. Un homme de foi, de chair, de doutes... Un portrait profondément humain qui n'enlève rien du mérite généré autour de l'oeuvre de sa vie, qu'est la fondation de l'Empire et la victoire chrétienne donnée sur les forces d'invasion arabo-musulmanes, foulant du pied les actuelles terres bajusides. Gardons-nous des raccourcis faciles, le pouvoir n'est pas affaire de jouissance mais de fardeau et Arobel exprime, au travers la plume de son incroyable auteur, l'entièreté du sien.
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