11/09/2019
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❄️| Les iakumes, peuple turc du Grand Nord

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LES IAKUMES
PEUPLE TURC DU GRAND NORD


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Des jeunes danseurs iakumes en tenue traditionnelle lors d'une cérémonie précédent une pleine lune, photographie de juin 2016.

Présentation générale

Les Iakumes (en iakume : Якуумяа / Yakuumyaa), ou Yakumes, ou parfois iakumies sont un peuple turcique vivant dans le cercle polaire de la péninsule de Kosa (Nord-Est du Nazum), résidant majoritairement en Iakumie, l’une des zones habitées les plus froides du globe. Selon les dernières estimations, les Iakumes seraient environ 500 000 à l’échelle mondiale, dont 393 300 en Iakumie.

Majoritairement chrétiens orthodoxes depuis la colonisation more, les Iakumes demeurent toutefois profondément marqués par diverses traditions chamaniques, donnant naissance à un syncrétisme singulier mêlant rites chrétiens et célébrations païennes liées aux cycles de la nature.

Depuis leur installation dans la péninsule de Kosa, et durant plusieurs siècles, les communautés formant aujourd’hui le peuple iakume vivaient de manière autonome, suivant un mode de vie pastoral et nomade. Si une base linguistique existait déjà, ancêtre de la langue iakume moderne, celle-ci était principalement utilisée pour les communications intergroupes, y compris avec des populations extérieures à la société iakume. Dépourvus d’autorité centrale forte, les Iakumes commencèrent à s’unir progressivement au cours de la première moitié du XVIIIe siècle, sous l’influence coloniale more, qui imposa à de nombreuses communautés la sédentarisation, la christianisation, ainsi qu’une relative uniformisation de la langue et de certaines pratiques traditionnelles et coutumières.

Il est à noter que plusieurs études récentes ont démontré que les ancêtres des Iakumes modernes étaient en réalité constitués de plusieurs tribus et communautés distinctes, toutes rattachées à la famille des peuples turciques, qui se sont progressivement agrégées en raison de similitudes culturelles et rituelles, mais également sous l’effet de l’uniformisation coloniale.

Cette période coloniale a vu apparaître, outre le rassemblement progressif des communautés de la péninsule de Kosa en une entité iakume, la première assemblée des communautés locales : le Tumuul. Si ce nom désigne aujourd’hui l’institution du pouvoir législatif de la République iakume, il fut, lors de sa création au cœur de la taïga au milieu du XVIIIe siècle, un symbole de contestation du pouvoir colonial. Créé par plusieurs olons refusant de reconnaître l’autorité du gouverneur mor de Niakarov, son rôle effectif en tant qu’outil de résistance demeura toutefois très limité. La principale raison résidait dans la forte disparité des communautés iakumes et dans la diversité des positions internes, d’autant plus que l’autorité coloniale avait déjà presque disparu en dehors de la capitale dès le début du XIXe siècle.

De nos jours, la nation iakume a su dépasser le cadre de son isolement historique et s’ouvre progressivement au monde moderne. Si la tradition d’élevage nomade a disparu, plusieurs héritages du passé subsistent néanmoins : le plus notable étant le rôle important accordé aux olons, aujourd’hui reconnus par la Constitution comme des subdivisions administratives du territoire. En dépit de législations visant à favoriser des mécanismes démocratiques, ces structures demeurent encore largement soumises à l’autorité des anciens et des grandes familles coutumières.

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LA CULTURE IAKUME

  • Organisation sociétale
  • Architecture
  • Fêtes traditionnelles
  • Gastronomie
  • Littérature et poésie
  • Arts visuels
  • Danses
  • Musique
LES IAKUMES
PEUPLE TURC DU GRAND NORD


LA GASTRONOMIE

La gastronomie iakume est profondément façonnée par les conditions climatiques de l’environnement national, ainsi que par les traditions culinaires des peuples turciques et des autres nations du cercle polaire. Dans ce pays où les températures hivernales descendent régulièrement sous les −40 °C, l’alimentation traditionnelle des communautés iakumes a avant tout été pensée pour fournir de l’énergie (avec des plats riche en protéines et en graisses), se conserver longtemps et exploiter les ressources locales de manière autonome.

Parmi les bases de la cuisine iakume, on peut notamment citer le poisson, le plus souvent consommé cru et congelé à la manière syrytan (en iakume cyrillique : Сырытан ; également connu dans d’autres langues sous le nom de stroganina), à savoir de fines tranches découpées dans du poisson gelé. Ce plat est particulièrement répandu dans les zones rurales, ainsi que dans les milieux plus urbains, notamment lors des réunions de famille.

La viande joue également un rôle important, notamment celle de renne — très présente en Iakumie. Si l’élevage de rennes constituait autrefois une source régulière de viande pour de nombreuses communautés rurales, la sédentarisation des familles d’éleveurs nomades les a poussées à adopter d’autres sources d’approvisionnement en viande, notamment le bœuf musqué ou le cheval iakume. D'autres viandes plus insolites, comme de la poitrine d'ours, se retrouve parfois sur la table de certaines familles iakumes du centre ou du Nord.

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Photographie représentative d'aliments communs de la cuisine iakume. On note notament la présence de poisson cru et congelé, préparé à la façon syrytan.

Les produits à base de lait occupent également une place importante, notamment sous forme de préparations fermentées. Comme exemple le plus notable, le koumis (en iakume cyrillique : кумыс) est un lait de jument fermenté, consommé à tout moment de la journée. On trouve également des crèmes épaisses et des beurres riches, conçus pour fournir un apport calorique élevé, et souvent servis en dessert avec des baies congelées.

La simplicité des plats iakumes, comme le togur (en iakume cyrillique : Тогур), une sorte de soupe de bouillon consommée avec de la viande, a conduit à de nombreuses critiques de la part de gastronomes. En réponse à cela, le chef cuisinier Saryal Aiyyta, dans son livre Les spécialités de la cuisine iakume (en iakume : Якуума Ас Үрүөхтэрэ / Yakuuma As Ürüөkhtere), paru en 2007, indique que la cuisine iakume participe à la mise en valeur du goût par la consommation brute des ingrédients, avec très peu d’assaisonnement, ce qui contraste avec de nombreuses cuisines souvent plus épicées.

L’ouverture progressive de la cuisine iakume sur le reste du monde à partir des années 1950 a également engendré des changements dans les pratiques alimentaires des familles iakumes, notamment dans les zones urbaines. D’une cuisine locale, parfois qualifiée de « cuisine de survie », la gastronomie iakume moderne s’est enrichie de nombreux produits nouveaux, issus de la mondialisation et importés de pays au climat plus clément.

Dans une note datant d’avril 2012, le ministère de la Santé publique estime que près de 80 à 90 % des habitants des quelques villes de plus de 10 000 habitants consomment davantage de produits industriels achetés en supermarché que de produits nationaux acquis auprès de commerçants locaux.


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