15/06/2020
22:01:27
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Guerre dodécaliote (Interlude Acte 1-Acte 2): La campagne de Mogador

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RP MAJEUR (déclenchement d'un Acte)


Histoires dodécaliotes: la campagne de Mogador


"Qu'arrivera t-il au nom de ma lignée lorsque j'aurais rejoint Dame Fortune dans les profondeurs de l'océan ?"
Gina Di Grassi (Mai 2019)

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Il y avait une âme tourmentée qui hantait les couloirs d'une maison noble de Castèl Estrech. La petite ville accueillait un grand homme qui en avait fait son repaire. Il se rongeait les ongles, il jurait, il crachait. Au diable les dodécaliotes, au diable les enfants de Fortuna, tous autant qu'ils sont: des intrigants, des menteurs, des voleurs, des hommes et des femmes à la loyauté douteuse. Son excellence, le sénateur-hégémon Mogador Altarini se heurtait à la chose qui hantait tous les étrangers affrontant nos nations réunies de descendants du Polémarque. Ce qu'il considérait comme de la mauvaise foi n'était que la façon que nous avions de nous battre, tous: fortunéens, velsniens, apaméens, et adrians. Francesco Mogador Altarini, pour la première fois, était le malheureux qui se retrouvait de l'autre côté du renversement des alliances et des tractations occultes. Il était de noble lignée, mais n'était pas un noble diplomate. Il se retrouvait là, dans le noir, à la lumière de la bougie devant une carte de la Dodécapole, posée là sur son bureau. Des petites figurines d'animaux scumptés dans un bronze fin et raffiné au bout d'épingles étaient plantées de ci et de là. L'hégémon était là, muré dans le silence: Altarini était bien trop fier pour se l'avouer: il était un novice des armes et de la guerre. Jamais le Sénat ne lui avait fait confiance pour commander une armée, encore moins une flotte, même pas la plus petite des unités. L'éternelle méfiance de celui que l'on avait très tôt identifié comme un franc tireur indigne de commander un jour, n'en ayant ni les conséquences, ni la confiance nécessaire à ce qu'il possède un jour dans ses mains un bâton de commandement. Ces anciennes sympathies, son bord politique, avaient pu faire croire un jour, qu'il aurait bien davantage servi Scaela que Di Grassi, mais Altarini ne regardait pas dans cette direction. Il était là, se demandant comment il se sortirait du bourbier dont il avait pourtant chercher lui-même à s'en emparer.

Le piège, il le connaissait parfaitement: la Dodécapole était l'éternelle patate chaude dont personne ne voulait s'acquitter de l'entretien, et il n'est pas pour rien que la cité des velsniens voulu confier un jour la charge d'hégémon à citoyen d'une autre cité. La cadeau empoisonné était de notoriété commune, alors pourquoi. Pourquoi Don Mogador Altarini, l'orgueilleux, n'hésita pas à porter le fardeau sur ses épaules ? La raison tenait en une conjugaison de volontés distinctes: Altarini était comme le fer d'une épée battue entre un marteau et une enclume. Tous en avaient conscience: le Sénzt des Mille et sa majorité conservatrice, les "mous", comme il les appelait, le tenait en grand mépris. Ceux-ci, et ceux du gouvernement communal, étaient prêts à beaucoup afin de se débarrasser de sa présence irritante, de son mépris de la bienséance, de sa vulgarité, de ce cocardier dangereux. De ce point de vue, la paranoïa qui rongeait de plus en plus Altarini était justifiée. C'était une situation fort étrange qui se dessinait entre lui et ses confrères du Sénat, et qui a permis d'obtenir l'hégémonie provisoire de la Dodécapole: lui et eux avaient tous conscience de la nature du piège dodécaliote, et pourtant, Altarini se porta lui-même volontaire pour en obtenir la fonction: le sénateur s'était délibérément jueté dans la gueule du loup, pour la simple raison qu'il espérait que son esprit surpasse le leur, que ses griffes étaient plus acérées que celles du Sénat et des digrassiens qui peuplaient les rangs de l'armée et de la flotte.

Le drame d'Altarini était ainsi: il savait que la Dodécapole état un piège mortel dressée devant lui par le Sénat, mais dans le même temps, il avait conscience qu'une telle occasion de prendre le pouvoir de commandement qui lui avait été refusé tant de fois, ne se représenterait probablement jamais. Oubliez les kah tanais qui sacrifient sur leurs autels, oubliez les carnavalais qui martyrisent des nordiens par millions, oubliez la cruauté de tous les tyrans, car celle du Sénat velsnien était la plus pernicieuse et inévitable de toutes dés lors que l'on se trouvait dans sa colère.

Mogador Altarini était condamné à réussir ou à échouer, il n'y aurait pas d'entre deux, et il le savait, tout autant que les autres sénateurs qui le haïssaient. Et le plus dramatique était peut-être qu'Altarini, malgré sa position d'envoyé de Velsna en Dodécapole, avait peut-être moins d'amis dans sa propre cité que celui qu'il était venu pourchasser. Adolfino Agricola se terrait à l'autre bout de la mer, mais il possédait toujours, le croyait Altarini, ses vieilles amitiés. Ce n'était que du bout de la langue que les digrassiens dont il était l'un des compagnons, avaient consenti à le déclarer ennemi de la République. Et si ils l'avaient pu le lui éviter les conséquences de sa trahison, jamais pensait il, Agricola n'aurait été poursuivi pour cela. L'air de Velsna était puant, et ceux qui désiraient la victoire du traitre, et c'était là une grande ironie de la patrie des velsniens, étaient plus nombreux que ceux qui souhaitaient la victoire d'Altarini.

Mogador était désormais dans les serres du faucon, et il avait l'intention de s'en dégager. Mais comment faire ? Il fallait une victoire, une victoire éclatante, sans quoi, il ne rentrerait sans doute jamais chez lui. Sa flotte et son armée étaient menues, et si dans les faits elles portaient la dénomination velsnienne de "Classis" et de "Comitatus", elles n'en avaient là que le titre. Dans les faits, le Sénat velsnien n'avait pas même daigné lui offrir des recrues levées à l'aide du recensement velsnien: cet armée "velsnienne" n'avait finalement que peu de velsniens dans ses rangs, mais autant de mercenaires des cités dodécaliotes et du reste du monde fortunéen. Une armée de bric et de broc, qui ressemblait étrangement dans sa composition à celle de l'Homme qu'il traquait. Elle portait son étendard personnel: un drapeau bleu horizon, cornérisant une fleur deys velsnienne bien petite. Mais une armée et une flotte, cela se construit, même dans la douleur. Et ainsi, ce n'est pas le plus grand des soucis qui tourmente l'esprit du sénateur optimate.

L'objet de sa crainte, sa plus grande terreur, ce qui l'empêche de dormir la nuit, est d'une nature bien plus tragique et pernicieuse: le fait est que Dom Francesco Mogador Altarini, n'a point d'allié pour le défendre jusque dans sa cité, et qu'au contraire, il n'est pas dupe quant aux sympathies subsistant dans la cité velsnienne pour ce qui est pourtant un misérable traître, l'homme qu'il recherche est le héros de quelques discrets, mais très puissants. Des amis qu'il ne possède pas. Alors Dom Altarini a eu besoin de quitter la cité velsnienne, le nid de serpents où tout se croise et où tout se sait. Telle est la raison de sa venue dans la petite cité ducale de Castel Estrech. Curieusement, là, à la lisière occidentale de la Dodécapole, il semblait persuadé qu'il courait un danger moins grand que dans les murs de sa propre ville. Car cette peur d'être écouté par des oreilles traitresses et ennemies de sa cause était concomitante d'une crainte plus profonde, qu'il exprimait rarement, mais qu'il laissait échapper devant le feu de la cheminée, durant quelque moment de faiblesse.

La faiblesse. La terreur. Altarini était tout autant attentif que craintif à l'idée même de faiblesse. Homme dur, il la méprisait, il la rejetait: la faiblesse, c'est la mort de l'âme. Et parfois, la faiblesse le gagnait, et le contraignait à dire ce à qui il pensait. Le duc de Castel Estrech, dans sa générosité, ne lui avait pas fait seulement donc d'une havre portuaire pour la flotte dodécaliote, il lui avait constitué une maisonnée, et doté de domestiques qui craignaient son regard. Tous, sauf une. Une lingère discrète, menue par la taille et pointue par l'esprit. Elle errait dans le sillage du velsnien come un fantôme, rappelant son existence à Magodor que lorsque celui-ci se voyait soustraire une réponse, par le biais d'une question pertinente. Toutes ses questions étaient portées par une grande pertinence, qui réussissait parfois même, à sortir Mogadr de sa torpeur et l'extraire de ses pensées. Et un soir, elle prend place, sans sa permission, à côté de lui devant le cheminée d'un salon bien trop grand, dans une maison bien trop grande. La moindre conversation faussement superficielle avait naturellement la tendance étrange à se transformer en un échange sincère et laissant place à un exercice de pensée. Peut-être même parfois, à une remise en question des actes de Mogador. Et elle lui parle en ces mots.

"Excellence. Pour les gens comme vous, de votre stature, y-a t-il quelque chose que vous craignez par dessus tout ? Quelque chose qui vous donne l'impression d'être faible ? Vous parlez souvent des "fragiles". Avez vous peur d'en être un ?"

Altarini fut tout d'abord surpris, puis esquissa l'un de ses rares sourires.

"Si je suis ici, ne suis-je pas déjà un fragile ? N'ai-je pas été invité que parce que le duc de Castel Estrech a pris pitié de ma personne et de mes atermoiement à Velsna ? Oui, la faiblesse je la crains, mais il y a chose plus horrible encore. Une sensation qui se colle à la peau, une odeur qui ne part jamais. Oui, j'ai peur, mais le soucis de ma peine est si important au vu de mon existence qu'il ne pourrait en être autrement. Dés lors que je mange, que je me retrouve dans mon lit, que je me regarde dans un mirroir, j'y pense... Pour les gens de ton rang, il serait saugrenu d'y penser, mais moi, je suis toujours hanté par le même maux. Je suis fier de porter le nom de ma famille: les nôtres sont à Velsna depuis des siècles, l'uniforme que je prote est certes une récompense empoisonnée, mais une récompense tout de même.

Je crains une chose oui, une seule chose: je porte un nom, et je suis le représentant d'une lignée aristocratique. Elle est bien plus grande que moi. Les Altarini, sont à Velsna depuis sa fondation, les Altarini sont à Fortune depuis sa fondation. Et je n'ai qu'une seule crainte, et tout à la fois un moteur: c'est que mon action se termine par un échec qui pourrait salir un nom qui amis près d'un millénaire a être l'un des plus nobles de toute cette République. Je crains pour mon honneur, et c'est précisément pour cela que je n'ai pas laissé Adolfino Agricola s'en sortir aussi facilement. On ne transige pas avec l'honneur collectif de la cité des velsniens, par sa honte rejailli sur nous tous. En contribuant à l'arrêter, j'ai l'impression de faire le bien. Qu'arrivera t-il au nom de ma lignée lorsque j'aurais rejoint Dame Fortune dans les profondeurs de l'océan ?"


Lentement mais sûrement, Altarini constitue ses forces: de manière hasardeuse qui est celle d'un bleu des champs de bataille, il est vrai. Mais Altarini détient ce dont beaucoup de chefs militaires on manqué dans leur existence: un objectif. Et l'objectif d'Altarini porte un nom et un visage bien identifiable: pas Agricola, non, mais l'avancement de son nom. Les chantiers navals de Castel Estrech tournent désormais jour et nuit, et les mercenaires affluent dans la petite cité.



Effets:
  • Dom Mogador Altarini commence à concentrer ses forces aux abords de la cité de Castel Estrech, en ayant recours à la fois au mercenariat et à la contribution de certaines cités dodécaliotes neutres. La Classis VII Dodécalopolis est renforcée, de même que l'armée associée.
  • Dom Mogadr Altarini devrait débuter sous peu des tractation diplomatiques avec la plupart des cités dans le but de remplir son objectif premier: appréhender Adolfino Aricola.
  • Adolfino Agricola bénéficierait d'un soutien occulte à Velsna lui permettant d'accéder à des informations éparses sur les préparatifs de Mogador.

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Carte associée

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RP MAJEUR (déclenchement d'un Acte)


Histoires dodécaliotes: l'entrevue d'Albe-la-belle


"La fille Di Grassi...que fais-tu là, le visage couvert du boue ?"
Gina Di Grassi (Mai 2019)

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Etendard personnel de Mogador Altarini

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Etendard personnel d'Adolfino Agricola



Le sel, l'eau et le sang. L'air, ce jour là, me fit un pincement au cœur. Je vis Marina Moretti s'approcher de moi et du capitaine Mardonios, soucieuse. La vie à Adria fut belle. Il était dommage qu'elle doive s'arrêter un jour. J'en ai profité, il est vrai, pour y écrire la plupart de mes mémoires, de celles de son excellence mon père et de la Guerre des Triumvirs. Je me suis aussi consacré à des histoires plus anciennes, celles de l'AIAN et sa maudite guerre en Achosie du Nord, celles des peuples de l'île celtique, ainsi qu'un Histoire de la Nouvelle Kintan. Mais là encore, ce fut trop peu à dire, et l'Histoire m'a rattrapée. Les rencontres faites à Adria resteront gravées, sans aucun doute, mais la venue de la Doyenne d'Adria à notre rencontre marqua la fin de cette période. J'eus durant toute cette année là, l'opportunité de m'entretenir avec des savants et des sages qui avaient eu la chance de pourvoir se placer hors du temps, et prendre de la hauteur, afin de mieux cerner l'univers. Je n'eus pas ce luxe, car j'étais une actrice de ce long cours d'eau, une figurante certes, mais présente. Avec mes mains, j'avais ce privilège et cette malédiction de me joindre à des milliers d'autres, afin d'en détourner le cours. Les mains de Moretti, elles, étaient celles d'une femme qui avait un rôle bien plus grand que moi à jouer, et ce jour là, lorsqu'elle accusa visite des quartiers du Capitaine Mardonios et de moi-même, mon coeur se fit comme soulever par une vague de ce courant. C'était terminé. Ou plutôt, cela venait de commencer.

Marina Moretti était noble et gracieuse jusque dans son entourage. Malgré son importance, elle n'avais que peu de gardes l'entourant. Elle faisait figure d'une personne accessible, affable, aimable. Discuter avec elle revenait à croiser une vieille amie que l'on aurait pas revu depuis longtemps, quand bien même pour ceux qui venaient à peine de la rencontrer. La facilité de contact que je n'avais point, la parole facile dont j'étais dépourvue, la voix reposante, sifflotante. Moretti aurait pu faire figure d'une meilleure velsnienne que moi: j'étais désolée pour elle qu'avec ces qualités vinrent les problèmes propres à celle d'une dame velsnienne: les hommes velsniens. Mogador Altarini, certes, et c'était là l'évidence. Le fardeau d'une cité qui était renvoyée sur les rivages d'Adria. Mais j'incluais également Agricola, qui malgré son affection pour la cité et Moretti, était tout autant une charge malgré les navires qu'il ramenait avec lui. Moretti avait du mal à s'en rendre compte, peut-être aveuglée, à la fois par les intérêts politiques que représente l'Homme que pour ses navires, ou même, pourquoi pas, sa propre affection à son égard. Mais Adolfino Agricola amenait avec lui la guerre, comme les nuages apportent l'orage. L'orage, là, prenait les airs d'un aristocrate velsnien imbu de lui-même, en quête de prestige et de victoire, arborant avec lui les chaines destinées à Adolfino Agricola.

Lorsqu'elle vint nous rendre visite, sa sérénité habituelle semblait l'avoir abandonnée, et surtout, elle était seule. Jusque là, elle ne s'était jamais mêlée de ce qui se déroulait au delà de ses murs. Elle, et les magistrats d'Adria avaient laissé la charge des affaires dodécaliotes à Agricola, qui en avait réorganisé la flotte. Elle s'était volontairement faite discrète tout ce temps: elle n'avait point commenté la situation en péninsule apaméenne, elle n'avait guère daigné mot des suites de notre prise audacieuse de Cortonna. Elle se murait dans le silence tout ce temps, et en parallèle, avait laissé la défense d'Adria à qui s'en débrouillait le mieux. Elle parlait davantage de théories scientifiques que de politique lors de nos entreveues, mais pas cette fois-ci. La période des "délices adrians" était terminée...

Ainsi, elle évoqua au capitaine Mardonios et à moi-même en ces termes:

" Ainsi a parlé Dom Francesco Mogador Altarini: par la menace, puis par les armes. Les oreilles de son excellence Agricola restées à Velsna m'ont ainsi fait dire qu'Altarini se prépare à prendre d'assaut la ville. Mais avant cela, celui-ci souhaiterait négocier les termes d'une entrevie, entre lui et les magistrats de la cité. M'accompagnerez vous, ainsi que les mercenaires kotoites ? J'ignore de quels méfaits et traitrises Alterini pourrait se rendre coupable si celu-ci avait d'autres projets pour ma personne."


Oui, j'ai compris à cet instant qu'il n'y aurait plus de diners mondains, et plus de repos sous le soleil d'Adria. Il y aurait le sel, l'eau et le sang, et rien d'autre. Le capitaine Mardonios ne donna guère l'impression d'être traversé par de tels sentiments, et dans sa réponse, il y en la confirmation: celle de sa force tranquille, de son calme. Adria n'était pour lui qu'un contrat comme un autre, alors qu'il aurait pu figurer pour moi, comme d'un chapitre dans une vie.

"Vous faites bien, excellence Moretti. Je n'ai jamais croisé Dom Altarini, et j'ignore d'à quel point son honneur tient ses actes. Il me paraît les airs d'une brute que l'on aurait tenté sans succès d'éduquer. Nous nous rendrons avec vous à l'entrevue, mais tâchez de nous trouver de bons compères afin d'en renforcer le dispositif. Si Altarini ne possède pas la fourberie d'un Lograno, nul ne sait ce qu'il peut faire dés lors qu'il est poussé dans ses extrémités."


Dame Moretti était triste: peut-être aurait-elle voulu ne pas nous imposer ce risque, ne pas nous contraindre à la mise en danger de nos personnes. Nous n'étions pas ses amis, mais elle en avait si peu de toute manière, que la compagnie éphémère de coupes jarrets aurait pu lui paraître un doux changement de tous ces princes écumant la Dodécapole. Peut-être aussi, était-elle navrée des modalités de cette rencontre, et tout portait à croire que l'absence d'Agricola n'avait rien d'anodine dans son regard. Nous nous mirent donc en route, quelques dizaines d'entre nous et de kotioites, incluant le professeur Bishop, pour une petite localité de la péninsule albienne, que nous, les velsniens, appelions Albe-la-belle. Une appellation trompeuse pour une langue rocailleuse et dénudée de végétation. Le vent arrachait tout se qui tentait de s'y poser et de prospérer. La roche était noire, comme à la sortie de son volcan, et il ne fut guère aisé de trouver là, une piste d'atterrissage convenable pour s'y poser. De toute évidence, et à la vue de l'appareil qui occupait déjà la piste lorsque la délégation adriane fut arrivée, Altarini était déjà là. Il avait même garni le vieil autel en plein air où il nous attendait de son propre étendard personnel: la fleur de lys sur fond bleu dont il décorait chacun de ses navires et de ses soldats.

Ce jour était plus important pour lui que pour nous, au vu du nombre de soldats qu'il avait posté là. Peut-être deux fois plus nombreux que nous. Peut-être avait-il compris quel genre d'hommes étaient les strombolains de Mardonios. Lui était velsnien, et ne connaissait que trop bien les compétences des mercenaires d'Achosie du nord. C'était aussi sans compter la petite troupe du professeur, et ses kotioites, qui veillaient à nos côtés, et à la gauche de Dame Moretti et de ses greffiers et quelques magistrats adrians.

Ce n'est pas la première fois que je vis Altarini, mais à chacune de ces occurrences, j'aurais souhaité que cela soit la dernière. C'était un homme aux traits aussi dur que lui, et aux traits aussi arrêtés que ses idées. Ce fut comme si sa frustration et sa colère avaient provoqué la l'enlaidissement d'un Homme dont la lignée était l'une des plus grandes de l'ancienne Fortuna. A sa vue, j'avais pensé, comme il était grand et fort, qu'il fut fort dommage et cruel pour notre cité, que cette vigueur ne se soit perdue en des causes aussi futiles que les siennes. Il avait suffit qu'il ouvre la bouche pour que nous nous rappelions le pourquoi de sa laideur: la brutalité, la grossièreté, l'absence de la moindre gêne. Il était éloquent, comme tous les sénateurs, mais sans même exprimer d'insulte, il nous rappelait à son inculture, à son manque de disernement, à son caractère dangereux, qui n'avait pas le moindre respect pour ce qui sortait de son système de valeurs aristocratique. Et le premier rappel fut qu'il me reconnut parmi tous, et que son sourire à mon attention me glaça le dos. Ainsi s'exprimat-il a nous.

" Excellence doyenne Moretti. Je pensais que vous n'auriez point daigné venir à cette rencontre. Il me tardait de vous revoir, pas de la manière dont Adolfino Agricola l'entend, évidemment, mais de celle des Grands personnages. Il me surprend aussi que vous veniez accompagné de si "illustres personnes". Mardonios, c'est un honneur certes, mais j'aurais apprécié vous voir au service de la cité velsnienne que de celle des bouquineurs. Vous avez rendu de grands services à notre patrie fut un temps, durant la Guerre de l'AIAN. Et durant la Guerre des Triumvirs, nul qui a fréquenté les champs de bataille ne vous a oublié."


La réponse du Capitaine Mardonios alla contre toutes les convenances, précédant celle de la Doyenne Moretti, et fut si cinglante qu'elle décrocha un sourire à celle-ci, ainsi qu'au professeur.

"Oui excellence. J'ai fort combattu, avec des victoires comme avec des défaites, et je me souviens de tous ceux que j'y ai croisé. Pourtant, vous, je ne vous ait jamais vu. Votre étendard familial est fort joli, excellence, mais je ne l'ait jamais vu trempé dans du sang. Qu'il soit achosien ou velsnien d'ailleurs... Vous êtes un Scaela sans son envergure, un Di Grassi sans son intelligence, un Vinola sans sa jeunesse, et un Lograno sans ses couilles."


Le sénateur Altarini ravala une boule qui était remonté dans sa gorge. Son air se crispa, et fit apparaître momentanément sa grande faiblesse: le contrôle. Pour maintenir sur ses jambes sans exploser, il lui fallu quelques instants. L'homme était irascible, et facile à provoquer. Il portait son honneur comme une lourde carapace. Mais dés lors que celle-ci était ébréchée, il était sans défenses, et ne pouvait répondre que par l'attaque, ainsi qu'il fit.

" Restez à la place qui est la votre, Mardonios: celle d'un mercenaire en bout de course à qui l'on ne doit qu'un respect de façade. Cependant, je vois que vous n'êtes pas seul, et je ne suis pas sot au point de ne pas reconnaître le jeune Di Grassi à vos côtés. Je ne m'attendais pas à trouver un tel sang ici. Est-il de convenance qu'une personne de votre statut vienne se briser les ongles et couvrir son visage de boue ?"


Ma réponse vint du cœur davantage que du cerveau, mais je la regretta point.

" Le visage couvert de boue ou le crane rempli de merde, il faut choisir."


" IL SUFFIT !"


La voix du douce de Moretti était devenue tonnante, celle d'un géant endormi que l'on aurait dérangé, au point d'en surprendre Altarini, et de me fermer la parole à double tour.

" Dites nous simplement de quoi il en est, excellence sénateur, que l'on en finisse rapidement. Pourquoi donc venir déranger nos gens, et me déranger moi ?"


Dom Altarini sourit, il prit du plaisir à lui formuler cette demande, qu'il ne peina guère de dissimuler, par pur mauvais goût.

" Vous semblez croire que je vous veux du mal, à vous spécifiquement. C'est faux, excellence. Adria ne m'évoque rien, pas plus qu'au Sénat des Mille, pas plus qu'aux velsniens dans leur ensemble. Je ne désire point de mal à aucun adrian. Au contraire, la raison de ma venue tient au fait que je ne vous veux que le bien, et vous assurer que le courroux que je m'apprête exercer à Adolfino Agricola ne sera pas partagé entre lui et vous. Comprenez vous mieux pourquoi je tenais à vous rencontrer seule, excellence ? Voyez vous où je souhaite en venir ?"

"Je le suppose."


C'était au visage de la doyenne d'Adria de pâlir davantage qu'un cadavre. Elle savait. Au moins, Dom Altarini est transparent dans ses intentions, bien davantage qu'un Lograno. Mais ce n'était point cela qui rendait la situation plus confortable, car c'était la franchise d'un Altarini venait lui poignarder les entrailles. Celui-ci continuait, en fixant alternativement son regard sur Moretti, puis sur moi, comme si il prenait du plaisir à m'annoncer le mandat d'arrêt à l'encontre de celui qui avait figuré parmi les partisans de l'anciens sénateur mon père, à l'heure où il était dans la plus grande détresse.

" Ma proposition est simple, excellence Moretti, et elle tient en quelques lignes qui m'ont été transmises par le Sénat des Mille de la Grande République: livrez moi Adolfino Agricola. Livrez moi Adolfino Agricola, ainsi que la moitié de la flotte qu'il a emporté avec lui, ainsi que les capitaines et les officiers l'ayant suivit afin qu'ils soient jugés. Je n'exige rien d'autre que ce qui revient au Gouvernement communal, et en échange, je suis même disposé à aider à l'avancement de votre cause. Si vous acceptez, je m'engage à donner la voix de ma cité au prochain congrès qui élira le nouvel hégémon. Je quitterai la Dodécapole une fois le prochain congrès achevé, et je vous laisserai en paix, toi Marina Moretti, et ta cité de bouquineurs. Mais je VEUX Adolfino Agricola. Lui ou son cadavre, peu m'importe.

Bien entendu, tout refus suivrait son lot de conséquences facheuses. Mais cela, je doute que vous vous en doutez déjà..."


La brute chauve tourna son regard pleinement vers ma personne.

"..Je suppose que vos amis digrassiens à Velsna vous ont déjà informé de cela. Ma proposition est à prendre où à laisser. Je vous laisse une heure pour me faire parvenir votre réponse, pas une de plus."


Dom Altarini laissa notre délégation seule avec elle-même sur ce rocher, rejoignant le petit camp qu'il s'était fait faire sur ce rocher inhospitalier. Les mercenaires de Mardonios regardèrent ceux du professeur, puis tous se tournèrent vers Moretti. Elle connaissait mon avis, fondé sur la raison, ainsi que celui de Mardonios, fondé sur le coeur. Mais les kotioites n'avaient encore pipé mot. Elle attendait leur conseil.



Effets:
  • Dom Mogador Altarini propose une entente à Adria: livrer Adolfino Agricola en échange de son appui durant le prochain congrès dans la désignation du futur hégémon de la Dodécapole.
  • hrp: Il est conseillé aux joueurs de tenir compte de l'équilibre des pouvoirs actuel en Manche Blanche, que ce soit à Velsna ou dans le reste de la Dodécapole avant de formuler un conseil. Altarini est intéressé dans ses propos, et sa position de force peut être remise en question suivant des éléments de RP présents dans le topic de ces deux pays.

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RP MAJEUR (AFFRONTEMENT MAJEUR)


Histoires dodécaliotes: la Bataille du Cap albain (phase de préparation d'Altarini)


"Je détruirai Adria, avec tous ses habitants à l'intérieur, pourvu que je puisse faire triomphe à Velsna avec la tête d'Agricola dans mes mains. Ou je mourrai en essayant."
Récit de Gina Di Grassi (Aout 2019)

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Etendard personnel de Mogador Altarini

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Etendard personnel d'Adolfino Agricola





L'orgueilleux Mogador attendit, longuement. A l'extrémité occidentale de la péninsule d'Albe, là où le vent battait les rochers, arrachant la végétation et tout ce qui peut vivre d'autre, le sénateur Altarini et son cercle de fidèles avait attendu jusqu'au lever du jour, pour finalement voir un véhicule militaire approcher de leur camp au petit matin, le pavillon rouge de son excellence Agricola battant le vent à son arrière, et avec à son bord deux personnes entièrement armées, des bottes au casque. Le plumet noir à leur sommet indiquait leur origine d'Achosie du nord: les mercenaires de Mardonios. Et le vieux guerrier était à son bord, crânant en sortant de sa voiture, levant le menton comme pour indiquer qu'il ne regarderait pas une seule fois ses pieds, dace à un Altarini qui s'était défait de sa toge pour revêtir des habits de guerre de circonstance.

Mardonios fut laconique, ne lâchant guère l'aristocrate velsnien du regard, mettant de la convenance dans ses mots, mais toujours dans l'optique de le défier.

" Son excellence Francesco Mogador Altarini. Considérant votre rang et votre honneur, permettez moi de vous transmettre le message de votre égal, son excellence Adolfino Agricola, hégémon légitime de la Dodécapole: allez vous faire foutre."


Altarini resta ainsi figé comme de la glace devant le mercenaire strombolain.

"Qu'entend je ? Mon rang ? Pense tu que ton maître me passant message par le biais d'un subalterne comme toi est un témoignage de respect ? Qu'il en soit ainsi: j'espère pour toi que tu es payé convenablement, pour mourir avec une cause aussi vaine. Je détruirai Adria, avec tous ses habitants à l'intérieur, pourvu que je puisse faire triomphe à Velsna avec la tête d'Agricola dans mes mains. Ou je mourrai en essayant. Est-ce que toi, tu es prêt à cela ?"


Mardonios ne dit rien de plus. Il s'en retourna, et reparti sans adresser un regard en arrière. Altarini, lui, explosa de rage dés lors qu'il fut parti, mais fut remis dans ses moyens par ses officiers. Agricola frappait juste, et connaissait la susceptibilité de l'homme parti à sa poursuite, de son attachement au respect de sa personne, de l'importance accordée à son honneur, et cette humiliation était son premier coup d'echecs. Les gens d'Adria avaient fait leur choix: celui de la confrontation, le seul langage qu'Altarini comprenait. Cela était désormais inévitable que l'hégémon dodécaliote déclaré, allait se mettre en branle.

Les enjeux d'attaquer étaient de l'ordre de la nécessité pour un Altarini qui avait justement été envoyé en Dodécapole pour en avoir l'initiative, et pour chercher cet affrontement décisif. Une victoire, ne serait-ce que mineure, permettrait de justifier non seulement sa présence dans le confédération,

Aussitôt revenu dans la cité alliée de Castel Estrech, Mogador Altarini somma de préparer toutes ses forces à se jeter sur Adria. En soi, cela paraissait d'un piège tendu par Agricola qui aurait l'avantage du terrain, la défense étant toujours une favorabilité. Mais je ne fais qu'insister sur le fait que Mogador, s'il fut stratège peu subtil, n'était également pas exempt de stratagèmes et de coups cachés. Aussi, le concours apporté par l'entourage fortunéen du sénateur velsnien, fut un précieux atout dont Agricola n'aurait peut-être pas la connaissance. Si le pouvoir velsnien entend bien à ce que Mogador soit défait, il mettrait en œuvre des moyens imprévus pour remporter une décision dont on a prédit de lui qu'il échouerait.

La lettre du "décédé" Dom Juan Altarini avait redonné à son neveu le courage de se battre, et l'avait gonflé d'orgueil: Déria pouvait être vaincu, de même qu'il serait possible de se focaliser pleinement sur un Agricola bénéficiant toujours de quelque sympathie dans son propre camp. Il se figurait désormais un petit trou de souris par lequel passer, et dans lequel il fallait s'engouffrer avant qu'il ne se referme à nouveau.

Dans la villa austère qui lui servait de centre de commandement, au bord des falaises de Castel Estrech, le sénateur velsnien avait préparé cette éventualité des mois durant, prenant compte que le pouvoir velsnien ne l'aiderait pas, qu'une partie des cités dodécaliotes furent trop occupées entre elles, que Salvatore Lograno était tenté de le trahir à chaque instant, qu'Adria et son chien Agricola avaient probablement été chercher des alliés ailleurs... Ces difficultés étaient connues, mais attendre davantage ne les ferait pas disparaître, au contraire.

La décision était prise...ce qui allait probablement être l'affrontement naval en Manche Blanche le plus important depuis la Guerre civile des triumvirs prendrait place. En fin de mois d'aout, la cité de Castel Estrech voyait le départ d'une armada, la Classis VII Dodecapolis, faisant cap vers l'est, et avec dans son sillage une force de près de30 000 soldats, tant mercenaires que citoyens dodécaliotes de cités alliées à l'hégémon.

La campagne de Mogador, plan a écrit :

L'hégémon Altarini fait tapis. Ayant rassemblé une flotte d'une quinzaine de navires et une armée de 30 000 hommes. Si le but de guerre originel était d'appréhender Adolfini Agricola, il semblerait que la démesure des effectifs traduise une volonté d'impressionner le reste de la Dodécapole, et faire rentrer Apamée et Volterra dans le rang, en procédant à une démonstration de force face à Adria, dont Mogador a publiquement affirmé qu'il "punirait" la cité à plusieurs reprises.

Enjeux: Mogador Altarini joue son va-tout. Il est évident que son devenir politique à court et moyen terme est conditionné par son succès ou non. Une victoire aurait des conséquences majeures sur les suites du conflit: non seulement, la plupart des dodécaliotes seraient obligées de reconnaître la suprématie de la flotte d'Altarini, et la légitimité de son rôle d'arbitre dans la confédération, mais c'est aussi les ambitions d'Altarini au Sénat velsnien qui se retrouveraient renforcées. Altarini deviendrait un acteur incontournable de la Grande République, et deviendrait quasi intouchable. Le pillage d'Adria représenterait pour lui une manne financière majeure. Cette éventualité inquiète le Gouvernement communal velsnien, qui espère de lui une défaite, voire son élimination physique. La perspective d'une tentative de prise de pouvoir à Velsna par le parti d'Altarini serait réelle. Le gouvernement communal serait contraint de tenter d'arrêter les mesures de la lex Rufinus sous la pression des altarinisti, pour majorité des grands propriétaires terriens et velsniens de la moyenne et grande bourgeoisie financière de la cité qui exercent déjà des presions économiques et menaces si la réforme passe.

Certains sénateurs digrassiens caressent l'espoir de renouer le dialogue avec Agricola, et seraient prêts à le reconnaître à nouveau comme hégémon si Altarini venait à être vaincu par ce dernier, le rapport de force entre lui et le reste du Sénat lui état alors plus favorable. Une victoire d'Agricola porterait le coup de grâce aux altarinisti. Indirectement, un tel évènement aurait pour conséquence la validation de facto des réformes sociales successives depuis 2015, et surtout celle de la Lex Rufinus, contre laquelle Altarini s'oppose fermement, et qui pour l'instant suscitent une réaction particulièrement hostile.


Déploiement objectifs, première phase:

La Classis VII Dodecapolis se déploie dans le golfe albain, bloquant de fait toute circulation à l'est de la cité d'Adria. L'objectif affiché est d'asphyxier la ville avant de procéder à d'autres manœuvres. La ville d'Adria n'étant pas autosuffisante en denrées alimentaires et en bien d'autres domaines, Altarini ne voit aucune objection à provoquer la faim dans les rangs adverses (qui conserve cependant le contrôle des mers à l'est de la ville. En parallèle, un deuxième détachement est engagé au nord de la péninsule d'Albe afin de contrecarrer d'éventuelles tentatives de contournement de la flotte. Autre objectif secondaire: l'installation d'une base de projection à l'extrémité occidentale de la péninsule albienne, constituant une étape pour d'éventuelles troupes amphibies en vue d'un assaut sur Adria. Pour le moment, la flotte d'Altarini n'engage pas Agricola, à moins que celui-ci passe à l'offensive.

Il est probable qu'Altarini tente de bloquer le versant oriental du canal d'Adria, mais il ne paraît pas en avoir les moyens pour l'instant, ou la volonté, craignant peut-être un assaut de la flotte d'Agricola (hrp: le personnage est un commandant néophyte, contrairement à la plupart des commandants velsniens habitués à une initiative agressive, il paraît relativement prudent dans ses manœuvres, craignant peut-être la réputation d'Agricola, qui a combattu durant la Guerre des Triumvirs).

Effectifs de la flotte d'attaque d'Altarini:

Mogador Altairni dispose des troupes et des forces correspondant à la somme de toutes les cités dodécaliotes considérées comme neutres à l'heure actuelle, soit environ 40% de l'atlas dodécaliote.

  • Un croiseur lvl 6 (Altas velsnien, le "Mogador", croiseur personnel d'Altarini)
  • Deux patrouilleurs lvl 6 + 4 patrouilleurs lvl 1
  • Une corvette lvl 6 + une corvette lvl 5 + une corvette lvl 1 (une corvette postée au nord de la Péninsule d'Albe à des fins de surveillance du trafic)
  • Une frégate lvl 4
  • Un sous-marin fortunéen ? (lvl à définir par Daelin)

Effectifs de la flotte logistique et déploiement d'Altarini:
  • Un remorqueur lvl 8 + un remorqueur lvl 6
  • Un pétrolier ravitailleur lbl 8 + un pétrollier ravitailleur lvl 5
  • Un dragueur de mines lvl 9
  • Un teansporteur de chalands lvl 7 + Un transporteur de chalands lvl 4
  • trois chalands de débarquement lvl 3

Troupes de marine:
  • 6 000 fusiliers marins répartis sur toute la flotte, avec ali 11

Troupes terrestres mobilisées en attente
  • 20 000 soldats professionnels (mercenaires et levées citoyennes velsniennes) avec ali 11
  • 20 000 soldats de réserve (levées citoyennes de cités dodécaliotes neutres) avec ali 11
  • 4 000 mitrailleuses lourdes lvl max
  • 4 000 mortiers légers lvl max
  • 4 000 lances roquettes lvl max
  • 1 000 lance missiles anti char lvl 7
  • 40 mortiers tractés lvl 6
  • 40 canons tractés lvl 6 + 50 canons tractés lvl 5
  • 20 canons auto moteurs lvl 5
  • 20 lances roquettes multiple lvl 4
  • 15 transports de troupes blindés lvl 1
  • 40 véhicules de combat d'infanterie lvl 7
  • 30 chars légers lvl 6 + 20 lvl 4
  • 35 chars d'assaut lvl 6
  • 50 camions citerne lvl 3
  • 200 camions de transport lvl 6, 100 camions lvl 4, 50 camions lvl 1
  • 75 véhicules légers lvl 7
  • 2 bulldozers lvl 1
  • 3 véhicules de déminage lvl 1
  • 1 pont mobile
  • 20 véhicules de transmission radio lvl 1
  • 2 véhicules radar lvl 8
  • 30 hélico de transport léger lvl 1


Remarque:
  • La plupart de ces troupes sont soit des contributions obligatoires demandées aux cités dodécaliotes neutres, soit des troupes mercenaires. Leur loyauté est viariable et dépend en partie de la capacité d'Altarini à payer ses troupes, dont le porte-monnaie n'est pas infini (traduction: plus la campagne durera longtemps, plus Altarini aura du mal à tenir ses budgets, SAUF assistance d'un joueur tiers).
  • Moins de 10% de l'armée est véritablement issue de levées citoyennes velsniennes (le Sénat velsnien étant opposé à Altarini).
  • Si l'armée confédérale rassemblée par Altarini est paraît nombreuse, elle est hétéroclite et manque de cohésion (malus mineur de nuisance prévisible, qui risque de s'aggraver avec le temps, une victoire rapide d'Altairni est donc indispensable).
  • La plupart des mercenaires proviennent de nations qui ont l'habitude de servir de vivier de recrutement pour l'armée velsnienne (île celtique, Wanmiri, Rasken et monde germanique...)
  • Altarini bénéficie d'un financement occulte de Fortuna, ce qui lui permet d'envisager une campagne plus longue que prévue.
  • Un soutien occulte a accordé à Altarini un renfort de 3 000 mercenaires de réserve en cas de problèmes.

Exemples d'unités présentes (images):

a
Les wanmiriens sont rapidement devenus les mercenaires les plus usités dans les armées velsniennes et fortunéennes ces dernières années.

a
Les troupes auxiliaires strombolaines et celtiques forment une infanterie légère d'escarmouche et de harcèlement efficace. Il sont omniprésents dans les armées velsniennes et dodécaliotes depuis la fin de la Guerre de l'AIAN dans les années 90.

a
En 2019, 30% des effectifs des régiments d'artilleurs velsniens sont constitués d'auxiliaires ushongs.

a
Les gardes civiques velsniens, se distinguant visuellement avec leur "plumeau" noir, sont ici relativement peu nombreux dans l'armée d'Altarini...



Lieu de l'action:

a




RP MINEUR (RP NARRATIF)


Histoires dodécaliotes: Mogador Altarini et les philosophes poseurs


"Ote toi de mon épargne, Mogador."
Récit de Gina Di Grassi (Novembre 2019)

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Depuis la fondation de notre cité, ceux qui la dirige sont obsédés par plusieurs questions, mais celle qui hante le plus ces grands Hommes est certainement aussi celle qui conditionne la pertinence de leur existence. Pas en tant qu'individus, mais en tant que membres d'un cercle très restreint, d'une élite privilégiée par Dame Fortune, la chance ou tout autre phénomène humain qui dépend pas de notre seule responsabilité. Que rend donc légitime à ce qu'un homme puisse commander à un autre ? Et surtout, comment convaincre à quiconque d'obéir à un individu dont les jugements arbitraires ont justifié qu'on se soumette à lui. Certains penseurs de quelque contrée lointaine arguerait bien évidemment sur l'accumulation de capitaux primitifs, qui permettait par la suite de justifier une position déjà acquise par le fait.

Dans la bonne société de notre cité, certains ont pu dire que ce mérite fut inné, qu'il fut justifié par une pesée arbitraire des âmes, qu'il existait en ce moment et à la naissance, des âmes de bronze, d'argent et d'or, qui signifiaient à chacun une place immuable dans les grands rapports sociaux, dans les rapports de patron à client, d'aristocrate à indigent, et de guerrier à paysan. Honestiores et humiliores seraient ainsi unis dans un tout organique, qui échappe quelque peu à notre jugement de simple pion, garanti pendant de siècles par les autorités religieuses déclinantes depuis longtemps. La légitimité s'acquiert par la supposée nature de chacun, mais également par une théologie de la victoire dont les velsniens raffolent à chaque triomphe, par l'étendue des cadeaux en argent et en objets que l'on consent à faire au peuple, par la qualité de sa parole qui provient de notre éducation...toutes ces choses dont l'accès est conditionné à l'origine par l'accumulation de ces capitaux primitifs. Mais il fut évident que cette analyse échappait à ceux qui parmi qui voyaient un intérêt à ce que l'aristocratie sénatoriale de notre cité reste cet objet flou aux contours mal définis, dont on obtient l'accès de manière graduelle, au fil des générations, et qui demeurait une chose profondément inaccessible, incompréhensible.

Parmi les membres de cette élite, il existait deux manières d'approcher cet état de fait. Il y avait les lucides, ceux qui savaient pertinemment que cette fiction en était une, et qui avaient aussi une parfaite connaissance que la politisation des masses, que l'accès à la connaissance, que les changements sociaux de ce dernier siècle rendaient impossible à conserver dans un tel état. Des Hommes comme le sénateur mon père ou le Patrice Albirio. Non pas qu'ils fussent artisans du progrès, non pas qu'ils fussent acteurs de ces changements, ils en étaient terrifiés, comme tous ceux qui avaient réussi à rallier ces cercles restreints de l'élite politique et économique de la cité. Mais ils avaient acté la réalité des choses, que cette fiction devait finir par être remplacée par une autre, plus en adéquation avec la réalité politique de la cité. Ils étaient de ceux qui avaient ignoré le droit du sang pour gravir les échelons eux même, ils étaient en position de créer le mythe de la méritocratie, et qui lui, entrait parfaitement dans le nouveau paradigme politique de l'Eurysie occidentale, quant bien même Velsna semblait embrasser ces changements avec un éternel retard et une hésitation typique de notre cité, dont les structures politiques étaient comme une vieille femme qu'il s'agissait de rassurer dés lors qu'elle rencontrait des savoirs nouveaux. Ce furent là de ces gens, attachés à leurs privilèges mais prêts à subir le changement, qui officiaient en cette époque de 2019 dans le Gouvernement communal. Mais ce n'était pas le cas de toute l'aristocratie sénatoriale, dont les rémanents les plus réactionnaires se sont retrouvés autour d'un autre personnage, qui représentait la somme de leurs intérêts.

Il fut évident que son excellence, le sénateur Francisco Mogador Altarini, en sa qualité de membre d'une prestigieuse lignée, ne percevait pas toutes ces subtilités dans la manière de gouverner et celle de légitimer une autorité. Il n'avait jamais pris la peine d'en faire une théorie. A quoi servait donc de théoriser sur ce qui nous revient de droit par le sang ? Mogador avait intériosé lui-même un discours vieux de plusieurs siècles: il dirigeait car il en avait le droit le plus naturel, car ses parents, ses grands parents et ses aïeux avaient toujours occupé cette place, qu'il avait une âme d'or, celles que possédaient les seigneurs et les souverains d'autrefois, ceux qui se reposaient sur l'immuable et le lointain pour appuyer un "état de nature".

Mogador, malgré son rang, ne s'est jamais intéressé aux activités de l'esprit, car il n'en avait pas le besoin. Il n'appuyait pas sa légitimité sur des capacités supposées, mais sur des certitudes qu'il n'avait jamais daigné remettre en question, là encore, car il n'en avait pas le besoin. Cette situation rendait ses positions faibles et étriquées. Et quand il s'exprimait, il avait peine à convaincre son auditoire, hormis celui qui avait déjà le parti de sa cause.

Malheureusement pour Altarini, il existait depuis longtemps dans le monde fotunéen des individus ayant bâti toute leur philosophie sur la remise en question systématique de ses croyances. Des individus dont le but de l'existence même était le renversement des valeurs dominantes du moment, enseignant la désinvolture et l'humilité aux grands et aux puissants tels qu'Altarini. Matérialistes, totalement désintéressés de l'abstraction, marginaux dans leurs comportements mais profonds par leurs enseignements, ils pullulaient sur les places publiques des villes dodécaliotes et de la cité velsnienne, à l'instar du plus célèbres d'entre eux, Pietro Di Cardia, ancien sénateur devenu simple mendiant, non pas par attachement à une forme de pauvreté, mais en totale contradiction avec sa condition d'origine. En effet, on dit de lui qu'il était l'un des hommes les plus riches de la cité velsnienne, mais qu'il fut frappé comme d'un foudroiement par les enseignements d'un maître philosophe d'Apamée, qui lui enseigna une grande leçon: ne pas laisser paraître sa richesse, mais confronter les autres à leur propre pauvreté en les narguant constamment, en les rabaissant face à la fortune incommensurable de ce qui ressemblait à un simple mendiant. Il n'était que le plus célèbre de ces philosophes que l'on qualifiait dans le monde fortunéen de "poseurs".

La seule ambition de sa philosophie ? Atteindre la vertu, et donc la liberté, par le détachement total à toute forme de confort, de biens matériels, tout en humiliant les autres qui se pensent dans leur confort. Le retour à une supposée nature originelle de l'Homme, par le biais d'un retour à la liberté totale de parole et d'acte, nécessaire pour ne serait-ce que percevoir cette vertu fantasmée du règne animal. La plus grande récompense de Di Cardia, dit-on, était de ne se laisser influencer par personne, d'être libre et sans attachement civique ou personnel, car il n'eut jamais trouvé quiconque de plus richement habille que lui qui fut plus riche que lui. Aussi, quelle rencontre fortuite aurait été plus mémorable que celle entre Di Cardia et Mogador Altarini, l'individu parmi les gens de la République le plus attaché à son statut parmi les siens.

L'opinion qu'Altarini se faisait de lui-même, l'attention portée à son honneur, l'étendue de sa fortune, l'estime qu'il avait de ses propres capacités dans les armes et la bravoure, Di Cardia et ses disciples n'en avaient que faire, et leur existence même semblait défier sa logique. Aussi, le fait que les deux hommes, par un concours de circonstances se trouvent dans la même cité au même moment, fut pour Altarini le moment de soulager une forme de curiosité vis à vis d'un individu qu'il assimile à un artisan du chaos universel contre lequel il convient de lutter. Il avait une grande hâte de faire se confronter à l'homme dédaigneux l'étendue de sa richesse, pensant peut-être qu'il fut plus aise que lui dans ce domaine.

Alors qu'il errait dans les rues de Castel Estrech, Di Cardia s'était ainsi trouvé sa nouvelle maison, un simple tonneau éventré, et qui permettait qu'avec peine de s'y plier pour dormir dedans. Presque nu, vêtu d'une simple toile couvrant son entre jambe, charriant avec lui une odeur infame qu'il emmenait partout avec lui, c'était donc là un "homme libre" aux yeux d'Altarini ? La voix la plus courte de la vertu était-elle de se laisser dépérir au soleil ou dans un tonneau.

S'en allant vers lui, Altarini se plaça de toute sa hauteur face à l'Homme dont on avait vanté auprès de lui sa sagesse. Lorsqu'il se présenta à lui, pourtant, il ne l'accueillit qu'avec un certain dédain dans le regard. Altarini dû racler sa gorge pour qu'il ne prête ne seraot-ce qu'une attention par ses yeux.

"Sais tu qui je suis ?" dit Mogador, comme si il devait être impératif de connaître l'homme.

"Nan."

"Je suis Francisco Mogador Altarini, sénateur de la Grande République, hégémon de la Dodécapole, fils de Fortuna, commandant de la Classis Dodecalopolis."

"Et moi je suis Pietro, et je suis un chien."


"Un chien ?"

"Oui. Un chien. Je mange, je fais mes besoins et je dors comme un chien. Comme toi. Sauf que je suis un chien plus riche que toi."


"Tu es sûr ? Regarde toi, et regarde moi."

"Eh bien je vois un pauvre."

"Comment cela ? Tu vis dans un tonneau !"

"Oui. Mais ce tonneau appartient à plus riche que toi."

"Il suffit ! Si tu as tant d'argent, pourquoi ne le montre tu pas ? Pourquoi ne vis tu pas dans un palais somptueux ? Pourquoi n'es tu pas assis dans les rangs du Sénat, à débattre de quelle patrie il faudrait conquérir ? Il y a t-il quelque chose que tu désires dans cet univers ?"


Le vieux poseur réfléchit un instant, avant de répondre encore une fois sèchement.

" Ote toi de mon épargne Mogador."


Mogador fulmina en silence, avant de reprendre, comme si celui-ci n'avait pas été atteint par sa pique.

"Ah...Si je n'étais pas Mogador, j'aurais voulu être Di Cardia."


Le vieil homme répondit.

"Et si je n'étais pas Di Cardia, j'aurais aimé être Di Cardia. Maintenant barre toi, le pauvre."








RP MAJEUR (AFFRONTEMENT MAJEUR)


Histoires dodécaliotes: la Bataille du Cap albain: prologue


"Ettore Gianni ! Serviteur d'un traître ! Face de chien ! Ordure ! Sors donc de ta redoute pour prendre ma tête. Prends ton stiletto, bats toi !"
Récit de Gina Di Grassi (Début 2020)

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Fortuna, ô Fortuna ! Comme le Cap albain fut un bel endroit pour célébrer ta beauté, comme cet endroit fut beau pour faire bataille. Comment aurions nous pu concevoir, sur ce cap venteux autre chose qu'une issue fameuse à toutes les questions, à tous les problèmes, à toutes les colères. Oui, quel endroit fut aussi beau que celui-là. La guerre est chose horrible, se produisant dans des endroits magnifiques. Elle vient souiller les champs, les rivages, les plages, cette fois là du pays désolé d'Albe. Il y avait sur ces plages de sable noir volcanique, dans ce pays brumeux, de jeunes garçons et de jeunes filles aux yeux d'un bleu profond, observant le spectacle de cette marrée qui enfle, et qui fait apparaître sur son lit agité, l'ombre des noirs navires de la cité velsnienne et de tous ceux de la Dodécapole, qui se sont comme donnés rendez vous pour un bal funeste. Là encore, ces marins étaient beaux et forts, ils étaient jeunes et jolis, ils étaient de cette race de personnes qui ne regardent jamais en arrière, une génération de jeunes hommes les plus courageux de toutes les cités dodécaliotes, qui étaient venus ici pour venger l'affront d'un Homme qui avait osé se dresser contre la force des choses. Agricola, le velsnien rétif, l'ancien aide de camp du sénateur mon père, celui à qui il glissait des confidences et des secrets, à qui il confiait les rares peurs que je ne faisais qu'esquisser dans le fond de ses yeux. Agricola, le bel homme qui s'est dressé contre sa propre fonction, contre sa cité, pour aller se réfugier dans les bras d'une femme, lui tendant les lauriers de l'Hégémonie en échange de son affection. Qu'il y a t-il de plus insultant et dégradant, dans les yeux de gens de cette fière aristocratie sénatoriale dont il faisait partie, à chercher les bras protecteurs d'une femme. De la traiter comme son égale, de prendre compte de ses conseils, de dépendre de ses forces, et donner les siennes en retour.

Dans les rues de Velsna, ses détracteurs les plus virulents collaient des affiches de satire, le représentant portant une robe pendant que la Doyenne d'Adria, portait elle la toge, cet honneur auquel il avait le droit, et qu'il avait profané par sa désertion. Et pourtant, malgré tout cela, les mercenaires au nombre desquels je me comptais, avait prit le parti de cet homme, qui pouvait déjà passer, même sans connaître l'issue de la bataille, comme un perdant magnifique, un prophète de malheur n'ayant pas conscience des conséquences de ses actions, comme un homme intègre, mais déchiré par sa condition et ses affections, qui prenait lentement conscience de la toile sur laquelle il était piégé, cette toile tissée par les fils d'un destin que ni sa position, ni son argent, ni ses amitiés ou ses amours, ne pourront l'aider à s'en défaire. Agricola avait le droit autant à ma pitié qu'à mes reproches: à ma pitié car je voyais là un homme juste prit dans le jeu d'hommes injustes, trop pur pour prendre pleinement conscience de la précarité de sa position, comme c'était là le personnage d'une tragédie dont nous connaissions déjà la fin probable. Et face à lui, il y avait ce rocher inerte, dur, pointu et tranchant, cet homme sans pitié et sans remords, qui voyait ce pauvre homme comme le marche pied de toutes ses ambitions, un homme au sans si bleu que l'on revendiquait pour lui des origines mythiques, mais dont le comportement était celui d'un petit tyran, dont les manières n'étaient pas meilleures que celles des tyrans de l'ancien temps. Il avait le sang bleu, et le sang brûlant, emporté, colérique, considérant toute offense à sa cité comme une offense pour lui-même.

Alors voilà, ainsi étaient les esprits de ces deux Hommes qui avaient précipité cette bataille. Ainsi étaient les deux hommes qui avaient fait de cet endroit la position la plus convoitée de la Manche blanche orientale, car elle permettrait de contrôler le passage le plus important vers la cité d'Adria. Adria, la ville qui avait été maudite par Mogador l'ombrageux. Sans le contrôle de cette mince bande de terre, jamais les dodécaliotes d'Altarini ne pourraient débarquer sur les rivages d'Adria. Les noirs navires de sa classis seraient contraints de ravitailler loin, très loin, trop loin de la cité. Son immense armée de 40 000 hommes et femmes parmi les plus courageux du monde fortunéen, serait coincée chez elle, sans pied à terre, sans base arrière.

Alors c'est ainsi que les pharosi du pays d'Albe, ces anciens pirates devenus humbles pécheurs, observaient des petites embarcations frappées d'un étendard bleu, et du lys velsnien, vomir ses soldats, qui commencèrent immédiatement à construire des redoutes et des bastions sur le rivage, sans rien demander ou prévenir les locaux, comme si le terrain leur appartenait déjà par le droit de la guerre. Ils plaçaient ci et là leurs pièces d'artillerie face à la mer, faisaient leurs réserves, montaient les tentes, bâtissaient leurs quartiers avec l'adresse propre aux gardes civiques quand ils sont en campagne, et qui s'improvisent de tous les métiers pratiques de la maçonnerie. Altarini dépêcha sur ces plages noires une fraction de sa puissance, 2 000 hommes sur une pointe rocheuse à la position la plus proche d'Adria, 10 000 en tout sur tout le rivage pharosi.

Mais je ne voudrais pas effacer la bravoure de ces gens avec leur multitude, et je puis dire, malgré son allégeance à Agricola aux beaux cheveux, qu'il y eu des héros dans l'armée d'Altarini, qui étaient bien plus courageux que ne l'était leur maître. A la tête du détachement le plus oriental de tous, se trouvait des gens de courage venant de la cité velsnienne et d'ailleurs dans le monde, des héros guidés par de mauvaises convictions. Et parmi eux, je veux relater l'histoire de ce fils de boucher, Nicolo Capri, qui était devenu par son adresse, commandant d'une petite force de mercenaires celtes. A bien des égards, Capri était un enfant de sa cité, et surtout de son système. Il était né humble, et dans le respect et le patronage de plus fortunés que lui qui offraient à sa famille une sécurité financière que personne d'autre ne pouvait leur offrir. C'est ainsi que la boucherie de son père vivait en partie grâce aux donations et aux contacts auprès de la famille des Altarini. Nicolo Capri n'avait guère l'intention de faire carrière par les armes, mais son service militaire fut élogieux, et Mogador demanda à ce qu'il rejoigne sa garde personnelle à titre privé, en échange d'un salaire qui défiait l'entendement de sa position ancienne.

Alors Capri accepta, et mis ainsi le reste de sa famille à l'abri. Il était dévoué, ne se posait guère de questionnement sur le monde. Il suivait, simplement. Mais il était bon dans ce qu'il entreprenait. Il était sérieux, un bon élève, un premier parmi les premiers, taciturne. Peut-être avait-il conscience que sa voix, de toute manière, compterait jamais. Il était en rien anormal pour lui de mourir pour affermir la position d'un aristocrate fortunéen égoïste et ombrageux: c'est le lot de tous les clients. Et après tout, les liens de la clientèle étaient sacrés. Aussi, c'est cet ancien garde du corps qui guida ces celtes d'Achosie du Nord à construire rapidement ces redoutes et ces positions défensives, parmi les plus vulnérables du dispositif qui était en train de se former sur la côté albienne. Mais une grave erreur de jugement le découvrit que trop tard, que cet avant-poste était excentré, et éloigné par rapport aux autres. Trop, peut-être.

Les altarinisti sous estimaient beaucoup l'orgueil et l'audace d'une armée deux fois moins nombreuse que la leur. Peut-être pensaient ils que ceux ci attendraient terrés dans leur ville d'Adria de se faire assiégés. Mais Agricola lui-même avait participé à "la Grande campagne" de 2014. Il avait apprit que jamais, ô grand jamais, il ne fallait laisser une intiative, même minime de celui quie s en face de soi, qu'il ne fallait pas lui laisser le temps de respirer, de s'organiser. Frapper vite et frapper fort. Car si Altarini et ses soldats venaient à prendre pied sur les rivages d'Adria, il le savait, que sa guerre serait perdue corps et bien, et qu'Adria brûlerait, que ses habitants seraient massacrés, que ses églises seraient pillées, que rien ne subsisterait de la colère de Mogador, comme la loi de al guerre et sa propre loi le permettrait.

Alors, même s'il ne fut encore prêt à affronter la flotte des altarinisti, il refusa de laisser se faire cette installation en péninsule albienne, sous le nez de la doyenne des universités d'Adria, à quelques jets de pierre de la ville qui lui sert de seul refuge. C'est ici et maintenant que l'hégémonie dodécaliote se jouera. Apprenant l'existence de ce nouvel avant-postes par une bande d'éclaireurs embarqués sur des petites vedettes, Agricola prit la décision d'accabler ces gens, et de leur donner un assaut d'une grande violence. Les pièces d'artillerie n'étaient pas encore disposées contre le front de mer et opérationnelles, qu'un groupe de 1 500 partisans d'Agricola, prirent la mer à bord de patrouilleurs discrets, remontant le long de la côte albienne de nuit, afin de ne pas attirer l'attention de la flotte des altarinisti.

De ce côté ci également, il y avait des héros, comme toujours. E parmi eux, celui qui les commandait se prénommait Enzo Gianni. L'ironie des choses voulait qu'il ait grandit à trois rues du commandant à Altarinisti. Il était fils d'un ouvrier des chantiers des arsenaux velsniens. Sa famille avait tout sacrifié, ses finances et sa santé, afin de faire de leur fils unique un officier de la Marineria, et ne jamais dépendre d'un Grand, comme la famille de son adversaire. Lui et Capri ne se connaissaient pas le moins du monde, tout juste savaient ils qu'ils existaient mutuellement dans ce monde. Il était débrouillard, combattif, parfois bravache et provocateur. Mais on l'aimait pour ça. Quand il a été enrôlé dans la Classis d'Agricola, il était méfiant de cet homme qui se vendait comme juste. D'autres avant lui avaient revendiqué ce rôle, et tous avaient été profondément décevants, et égoïstes. Mais il le payait bien, il montrait de la compassion à leur égard, presque de l'affection sincère. Mais par dessus tout, et comme pour Capri finalement, la paie était bonne, qu'importe si celui qui la donne est bon ou mauvais.

Lorsqu'ils débarquèrent, s'ensuivit des combats d'une violence et d'une intensité que l'on avait plus vu depuis la Guerre des Triumvirs. Le détachement des altarinisti tenait les hauteurs, mais ces redoutes n'étaient pas terminées, pleines de trous. L'artillerie n'était pas prête, et les autres avants postes de la côté étaient trop loin. Si les combats avaient durer plus longtemps, alors peut-être que l'issue aurait été bien différente. C'était cela, la raison de ces assauts fulgurants, précipités, presque, implacables. Qu'importe le nombre de morts, la troupe de Gianni revenait toujours, en petits groupes, frapper les positions de Capri comme un essein, comme les digrassiens frappèrent les scaeliens sur l'Arna, encore et encore, jusqu'à ce que ceux ci s'effondrent. Toute la nuit, on se prenait la redoute avant de la perdre à nouveau. Et les corps s'amoncelaient sur la plage, flottaient dans l'eau à la dérive, jusqu'à ce que cela craque.

Des 2 000 soldats de Capri, il n'en restait plus que 1 200 à deux heures du matin, puis 800 à 4h, et 400 au petit matin. Mais ils tenaient encore cette satanée redoute, même pas achevée, et qui était la cause d'autant de leur souffrance. Le soleil se leva, la plupart de ces gens ne tenaient plus debout. Ils n'avaient point dormi, leurs armes étaient enrayées ou brisées, il n'avaient plus de médecin en vie, car leur dernier avait été abattu dans le dos au milieu de la nuit. Loin du Sénat, loin de la petite cour des universitaires d'Adria, loin des rhéteurs d'Apamée il n'y avait là que les rales d'agonie à entendre dans l'herbe verte. Gianni avait ordonner assaut après assaut, comme un forcené qui n'avait en tête que son objectif et rien d'autre. Il ne ménagea pas la vie de ses soldats, cat lui-même en avait perdu presque la moitié des siens. Mais au bout de cette matinée, l'étendard du lys rouge de la classis d'Agricola flotta sur la médiocre redoute.

C'est un Capri boîtant et désespéré qui s'avança dans la cour intérieure de la pathétique structure formée de parapets, de sacs de sables et de ruines de pièces d'artillerie qui n'ont guère servi. Il tenait fébrilement un petit canif dans sa main aux doigts cassés. Il rugissait comme une bête blessée des mots sans aucun sens.

"Ettore Gianni ! Serviteur d'un traître ! Face de chien ! Ordure ! Sors donc de ma redoute pour venir prendre ma tête. Prends ton stiletto, bats toi !"


Derrière le parapet, on entendit que des rires moqueurs. S'attendait il vraiment à ce que, dans cette guerre sans honneur, on vienne li répondre avec l'honneur ? Gianni sortit la tête de sa couverture, le regard froid. Il ne descendit pas.

"Pourquoi accorderais-je de la pitié à celui qui n'en aurait pas pour nous ? Toi, si tu étais dans ma position, que ferais tu ?"


Capri était un commandant trop soumis pour mentir, trop rigide pour faire autre chose que répéter le mantras du maître. Il leva les yeux vers le parapet scruta le regard et le visage fatigué de chacun de ces hommes, braquant fusil contre lui.

"Je te ferais sans doute fusiller. Et tes soldats, je les ferais prisonniers pour les faire défiler comme les traitres qu'ils sont dans les rues de la cité velsnienne. Et je renverrai ton corps à tes parents, ou à ton épouse, pour leur montrer ce qu'il en coûte de trahir."


Il n'y eu guère de réponse de la part de ces hommes. Simplement un coup de tonnerre, un orage violent qui ne frappe qu'une fois, et qu'un seul homme, et laisse Capri s'effondrer sans un cri et dans un souffle, on peut entendre le vent lui souffler à l'oreille: "Mère". Une balle en plein milieu du front tirée par un tireur d'élite depuis un retranchement. Un cri moqueur suivi d'une exultation isolée de son executeur.

"Je l'ai eu chef ! Je l'ai eu !"


Ses grands yeux bleus étaient encore ouverts, fixant le ciel, aussi azuré que les perles qu'il avait dans les orbites. Malheureux sont les hommes pour leurs vies brèves et leurs causes vaines, mais plus encore, malheureuses sont les mères qui leur survivent. Les altarinisti rendirent les armes, et on les embarqué dans les noirs navires, pour qu'ils les emmènent à Adria en captifs. Gianni erra avec ses hommes encore debout parmi les corps couchés dans les herbes hautes. Le goût dans sa gorge était amer. Il regardait au loin ses navires s'éloigner, tandis que le drapeau des Altarinisti descendit de sa hampe, pour qu'on le remplace par l'étendard du lys rouge, mêlé à celui des clés d'Adria. Il y avait tant de corps, de partout, en morceaux, sans leurs bras et leurs jambes, ou les yeux ouverts, couchés dessus le sol à la face des cieux. Ils étaient figés dans leur terreur. Gianni entendit deux de ses hommes discuter entre eux, tandis qu'ils retiraient une chevalière de l'un des cadavres.

"Un jour, on nous couvrira d'argent et d'or pour ça."


Gianni vint derrière eux, et cognant un sur la tête.

"Vous n'avez donc aucune honte ? Est-ce un jeu pour vous ? Je vais vous dire: vous ne gagnerez rien, vous ne retirerez rien de ce qui s'est passé. Notre travail est de nous battre et de mourir. Alors faites. Mais traitez bien les morts, parce que demain, cela pourrait être vous, couchés dans l'herbe, ignobles ordures. Vous n'êtes que des chiens."


Le commandant Gianni s'éloigna sans piper mot, et vint s'assoir dans l'herbe, au bord de la falaise. Et là, comme un enfant, il fondit en pleurs, et invoquer le nom de sa mère, puis celui de sa femme. Il était un bon soldat, avait vaincu, et était un homme adulte, mais il fondit en larmes. Quand il vit les navires s'effacer à l'horizon, le vent le caressa comme la main de son épouse, et cru y entendre sa voix.

"Mon époux. Qu'il est douloureux d'être ta compagne. Tu te bats dans une guerre de fous, Agricola et Altarini vous avaleront tous dans leur orgueil, ils vous tueront tous comme ils ont tué ton ennemi d'aujourd'hui.

"Peux tu me sauver, toi ?"

"Ecoute moi: reste ici, loin de la bataille, reste en arrière, et ne fait plus de zèle pour des princes ingrats. Reste ferme dans ta colère contre tes chefs, ne les vénère pas, ne leur fait pas confiance. Et tu me reviendras."

La brise s'évanouit, et avec elle, la voix de son épouse que le vent charriait. Cela faisait plus d'un an que, comme les autres soldats d'Agricola sont exilés dans cette cité dorée d'Adria. Cette voix était peut-être une chimère, ou peut-être l'attendait elle encore...Elle était peut-être quelque part, se promenant sur les marchés aux fruits de la place de la chapelle Santa Maria, elle et son sourire. Alors Gianni croisa les mains, les serrant fort l'une contre l'autre, et pensa si puissamment que ses dents crissèrent les unes contre les autres, jusqu'à la douleur.

"San Stefano. San Lorenzo. Santa Maria. Faites qu'Agricola ou qu'Altarini meurent rapidement. N'importe lequel des deux, dans l'ordre que vous voulez, les deux si vous le voulez. Car ils sont tous deux la cause de nos malheurs. Prenez les dans la plus grande des souffrances, autant qu'ils nous ont fait souffrir. Tuez les tous jusqu'au dernier, ou alors tuez moi et prenez moi, car je ne puis souffrir davantage."



Lieu de l'action:

a


Résumé de l'évènement:
  • La bataille du Cap Albain commence, et avec elle sa chaîne d'évènements.
  • L'armée d'Altarini et celle d'Agricola ont eu un premier contact à la pointe sud du Cap albain.
  • Pour le moment, Altarini a fait débarquer 10 000 de ses 40 000 soldats. Il en a perdu 2 000, tués ou prisonniers dans ce premier affrontement.
  • L'armée d'Agricola a détruit l'une des embarcadères d'Altarini dans la région, en perdant 700 soldats au passage, formant ainsi une tête de pont pour l'armée d'Agricola.
  • Les deux flottes étant de force relativement égales, l'issue de la bataille reposera certainement sur son volet terrestre.
  • Ce RP a une limite de temps, ce qui signifie que les joueurs n'ont qu'un temps limité pour influencer les évènements. Il y aura trois psots décrivant la progression de la bataille terrestre. Chaque post verra 10 000 autres soldats d'Alarini débarquer sur les plages albaines, constituant une base pour assiéger Adria. A son terme, la bataille navale s'engagera entre les deux chefs.

malus, bonus et traits des personnages a écrit :

Lors des affrontements ultérieurs, les deux armées bénéficieront des malus et bonus suivants:

Altarini:
  • Armée hétéroclite (-15%): Altarini a rassemblé certainement la plus grande armée depuis la guerre civile des Triumvirs, 40 000 soldats en tout et pour tout. Mais ceux ci viennent d'autant de cités et de villes rivales de la Dodécapole, le plus souvent issus de levées civiques. Dans le même temps, Altarini n'a que peu de forces professionnelles.
  • Commandant prudent (trait de caractère): Altarini n'a aucune raison de se presser, le temps joue pour lui. Il agira donc en prudence, et prendra le temps d'acheminer toutes ses troupes sur la péninsule albienne avant de prendre Adria d'assaut.
  • Finances stables : Altarini a mobilisé des finances énormes dans son effort de guerre. Le Sénat velsnien rechigne à l'aider, espérant secrètement sa perte. Ses soldats sont mal payés en conséquence, mais ceux ci ont reçu le concours circonstanciel de leurs alliés fortunéens (post d'un joueur allié dans les AE de la Dodécapole). Ce malus est donc pour le moment inactif, mais réapparaîtra si cette campagne s'éternise.

Agricola:
  • Vétéran de la Grande campagne (+20%): Adolfino Agricola fait partie des 10 000 soldats ayant fui à Cerveteri au début Guerre civile des Triumvirs. Ancien aide de camp de Matteo Di Grassi, ayant participé à la plupart des combats, des plages d'Umbra jusqu'aux vergers de Vatluna, en passant par la percée de l'Arna, il dispose d'une expérience de commandement dont son rival est dépourvu.
  • Commandant audacieux (trait de caractère): Non seulement pressé par le temps, Agricola est également connu, à l'instar de tous les officiers ayant opéré sous le commandement de Di Grassi, comme appréciant de disposer de l'initiative offensive, les assauts en petites unités autonomes, n'hésitant pas parfois à sacrifier la sécurité de ses lignes logistiques afin d'atteindre un objectif important.
  • Finances en difficulté (-5%): Agricola n'a pas reçu d'aide financière de la part de joueurs tiers, malgré ses tentatives de prendre contact avec des financeurs, en Polkême et ailleurs. Par conséquent, ses soldats sont mal payés. Si la situation devait se poursuivre, cela deviendrait un problème plus grave encore. (ce malus s'aggravera si rien n'est fait pour le résoudre).
  • Défense de la patrie (+5%): Une partie de l'armée d'Agricola est issue des levées civiques d'Adria. Or, ceux ci le savent: si défaite il y a, Alatarini n'est certainement pas genre d'homme à faire le disnction entre civils et militaires, et mettra la ville à sac.







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