04/05/2019
09:03:48
Index du forum Scène Internationale Conflits armés Théâtres eurysiens Guerre dodécaliote

Guerre dodécaliote (Interlude Acte 1-Acte 2): La campagne de Mogador

9957
RP MAJEUR (déclenchement d'un Acte)


Histoires dodécaliotes: la campagne de Mogador


"Qu'arrivera t-il au nom de ma lignée lorsque j'aurais rejoint Dame Fortune dans les profondeurs de l'océan ?"
Gina Di Grassi (Mai 2019)

https://i.goopics.net/k7860x.jpg



Il y avait une âme tourmentée qui hantait les couloirs d'une maison noble de Castèl Estrech. La petite ville accueillait un grand homme qui en avait fait son repaire. Il se rongeait les ongles, il jurait, il crachait. Au diable les dodécaliotes, au diable les enfants de Fortuna, tous autant qu'ils sont: des intrigants, des menteurs, des voleurs, des hommes et des femmes à la loyauté douteuse. Son excellence, le sénateur-hégémon Mogador Altarini se heurtait à la chose qui hantait tous les étrangers affrontant nos nations réunies de descendants du Polémarque. Ce qu'il considérait comme de la mauvaise foi n'était que la façon que nous avions de nous battre, tous: fortunéens, velsniens, apaméens, et adrians. Francesco Mogador Altarini, pour la première fois, était le malheureux qui se retrouvait de l'autre côté du renversement des alliances et des tractations occultes. Il était de noble lignée, mais n'était pas un noble diplomate. Il se retrouvait là, dans le noir, à la lumière de la bougie devant une carte de la Dodécapole, posée là sur son bureau. Des petites figurines d'animaux scumptés dans un bronze fin et raffiné au bout d'épingles étaient plantées de ci et de là. L'hégémon était là, muré dans le silence: Altarini était bien trop fier pour se l'avouer: il était un novice des armes et de la guerre. Jamais le Sénat ne lui avait fait confiance pour commander une armée, encore moins une flotte, même pas la plus petite des unités. L'éternelle méfiance de celui que l'on avait très tôt identifié comme un franc tireur indigne de commander un jour, n'en ayant ni les conséquences, ni la confiance nécessaire à ce qu'il possède un jour dans ses mains un bâton de commandement. Ces anciennes sympathies, son bord politique, avaient pu faire croire un jour, qu'il aurait bien davantage servi Scaela que Di Grassi, mais Altarini ne regardait pas dans cette direction. Il était là, se demandant comment il se sortirait du bourbier dont il avait pourtant chercher lui-même à s'en emparer.

Le piège, il le connaissait parfaitement: la Dodécapole était l'éternelle patate chaude dont personne ne voulait s'acquitter de l'entretien, et il n'est pas pour rien que la cité des velsniens voulu confier un jour la charge d'hégémon à citoyen d'une autre cité. La cadeau empoisonné était de notoriété commune, alors pourquoi. Pourquoi Don Mogador Altarini, l'orgueilleux, n'hésita pas à porter le fardeau sur ses épaules ? La raison tenait en une conjugaison de volontés distinctes: Altarini était comme le fer d'une épée battue entre un marteau et une enclume. Tous en avaient conscience: le Sénzt des Mille et sa majorité conservatrice, les "mous", comme il les appelait, le tenait en grand mépris. Ceux-ci, et ceux du gouvernement communal, étaient prêts à beaucoup afin de se débarrasser de sa présence irritante, de son mépris de la bienséance, de sa vulgarité, de ce cocardier dangereux. De ce point de vue, la paranoïa qui rongeait de plus en plus Altarini était justifiée. C'était une situation fort étrange qui se dessinait entre lui et ses confrères du Sénat, et qui a permis d'obtenir l'hégémonie provisoire de la Dodécapole: lui et eux avaient tous conscience de la nature du piège dodécaliote, et pourtant, Altarini se porta lui-même volontaire pour en obtenir la fonction: le sénateur s'était délibérément jueté dans la gueule du loup, pour la simple raison qu'il espérait que son esprit surpasse le leur, que ses griffes étaient plus acérées que celles du Sénat et des digrassiens qui peuplaient les rangs de l'armée et de la flotte.

Le drame d'Altarini était ainsi: il savait que la Dodécapole état un piège mortel dressée devant lui par le Sénat, mais dans le même temps, il avait conscience qu'une telle occasion de prendre le pouvoir de commandement qui lui avait été refusé tant de fois, ne se représenterait probablement jamais. Oubliez les kah tanais qui sacrifient sur leurs autels, oubliez les carnavalais qui martyrisent des nordiens par millions, oubliez la cruauté de tous les tyrans, car celle du Sénat velsnien était la plus pernicieuse et inévitable de toutes dés lors que l'on se trouvait dans sa colère.

Mogador Altarini était condamné à réussir ou à échouer, il n'y aurait pas d'entre deux, et il le savait, tout autant que les autres sénateurs qui le haïssaient. Et le plus dramatique était peut-être qu'Altarini, malgré sa position d'envoyé de Velsna en Dodécapole, avait peut-être moins d'amis dans sa propre cité que celui qu'il était venu pourchasser. Adolfino Agricola se terrait à l'autre bout de la mer, mais il possédait toujours, le croyait Altarini, ses vieilles amitiés. Ce n'était que du bout de la langue que les digrassiens dont il était l'un des compagnons, avaient consenti à le déclarer ennemi de la République. Et si ils l'avaient pu le lui éviter les conséquences de sa trahison, jamais pensait il, Agricola n'aurait été poursuivi pour cela. L'air de Velsna était puant, et ceux qui désiraient la victoire du traitre, et c'était là une grande ironie de la patrie des velsniens, étaient plus nombreux que ceux qui souhaitaient la victoire d'Altarini.

Mogador était désormais dans les serres du faucon, et il avait l'intention de s'en dégager. Mais comment faire ? Il fallait une victoire, une victoire éclatante, sans quoi, il ne rentrerait sans doute jamais chez lui. Sa flotte et son armée étaient menues, et si dans les faits elles portaient la dénomination velsnienne de "Classis" et de "Comitatus", elles n'en avaient là que le titre. Dans les faits, le Sénat velsnien n'avait pas même daigné lui offrir des recrues levées à l'aide du recensement velsnien: cet armée "velsnienne" n'avait finalement que peu de velsniens dans ses rangs, mais autant de mercenaires des cités dodécaliotes et du reste du monde fortunéen. Une armée de bric et de broc, qui ressemblait étrangement dans sa composition à celle de l'Homme qu'il traquait. Elle portait son étendard personnel: un drapeau bleu horizon, cornérisant une fleur deys velsnienne bien petite. Mais une armée et une flotte, cela se construit, même dans la douleur. Et ainsi, ce n'est pas le plus grand des soucis qui tourmente l'esprit du sénateur optimate.

L'objet de sa crainte, sa plus grande terreur, ce qui l'empêche de dormir la nuit, est d'une nature bien plus tragique et pernicieuse: le fait est que Dom Francesco Mogador Altarini, n'a point d'allié pour le défendre jusque dans sa cité, et qu'au contraire, il n'est pas dupe quant aux sympathies subsistant dans la cité velsnienne pour ce qui est pourtant un misérable traître, l'homme qu'il recherche est le héros de quelques discrets, mais très puissants. Des amis qu'il ne possède pas. Alors Dom Altarini a eu besoin de quitter la cité velsnienne, le nid de serpents où tout se croise et où tout se sait. Telle est la raison de sa venue dans la petite cité ducale de Castel Estrech. Curieusement, là, à la lisière occidentale de la Dodécapole, il semblait persuadé qu'il courait un danger moins grand que dans les murs de sa propre ville. Car cette peur d'être écouté par des oreilles traitresses et ennemies de sa cause était concomitante d'une crainte plus profonde, qu'il exprimait rarement, mais qu'il laissait échapper devant le feu de la cheminée, durant quelque moment de faiblesse.

La faiblesse. La terreur. Altarini était tout autant attentif que craintif à l'idée même de faiblesse. Homme dur, il la méprisait, il la rejetait: la faiblesse, c'est la mort de l'âme. Et parfois, la faiblesse le gagnait, et le contraignait à dire ce à qui il pensait. Le duc de Castel Estrech, dans sa générosité, ne lui avait pas fait seulement donc d'une havre portuaire pour la flotte dodécaliote, il lui avait constitué une maisonnée, et doté de domestiques qui craignaient son regard. Tous, sauf une. Une lingère discrète, menue par la taille et pointue par l'esprit. Elle errait dans le sillage du velsnien come un fantôme, rappelant son existence à Magodor que lorsque celui-ci se voyait soustraire une réponse, par le biais d'une question pertinente. Toutes ses questions étaient portées par une grande pertinence, qui réussissait parfois même, à sortir Mogadr de sa torpeur et l'extraire de ses pensées. Et un soir, elle prend place, sans sa permission, à côté de lui devant le cheminée d'un salon bien trop grand, dans une maison bien trop grande. La moindre conversation faussement superficielle avait naturellement la tendance étrange à se transformer en un échange sincère et laissant place à un exercice de pensée. Peut-être même parfois, à une remise en question des actes de Mogador. Et elle lui parle en ces mots.

"Excellence. Pour les gens comme vous, de votre stature, y-a t-il quelque chose que vous craignez par dessus tout ? Quelque chose qui vous donne l'impression d'être faible ? Vous parlez souvent des "fragiles". Avez vous peur d'en être un ?"

Altarini fut tout d'abord surpris, puis esquissa l'un de ses rares sourires.

"Si je suis ici, ne suis-je pas déjà un fragile ? N'ai-je pas été invité que parce que le duc de Castel Estrech a pris pitié de ma personne et de mes atermoiement à Velsna ? Oui, la faiblesse je la crains, mais il y a chose plus horrible encore. Une sensation qui se colle à la peau, une odeur qui ne part jamais. Oui, j'ai peur, mais le soucis de ma peine est si important au vu de mon existence qu'il ne pourrait en être autrement. Dés lors que je mange, que je me retrouve dans mon lit, que je me regarde dans un mirroir, j'y pense... Pour les gens de ton rang, il serait saugrenu d'y penser, mais moi, je suis toujours hanté par le même maux. Je suis fier de porter le nom de ma famille: les nôtres sont à Velsna depuis des siècles, l'uniforme que je prote est certes une récompense empoisonnée, mais une récompense tout de même.

Je crains une chose oui, une seule chose: je porte un nom, et je suis le représentant d'une lignée aristocratique. Elle est bien plus grande que moi. Les Altarini, sont à Velsna depuis sa fondation, les Altarini sont à Fortune depuis sa fondation. Et je n'ai qu'une seule crainte, et tout à la fois un moteur: c'est que mon action se termine par un échec qui pourrait salir un nom qui amis près d'un millénaire a être l'un des plus nobles de toute cette République. Je crains pour mon honneur, et c'est précisément pour cela que je n'ai pas laissé Adolfino Agricola s'en sortir aussi facilement. On ne transige pas avec l'honneur collectif de la cité des velsniens, par sa honte rejailli sur nous tous. En contribuant à l'arrêter, j'ai l'impression de faire le bien. Qu'arrivera t-il au nom de ma lignée lorsque j'aurais rejoint Dame Fortune dans les profondeurs de l'océan ?"


Lentement mais sûrement, Altarini constitue ses forces: de manière hasardeuse qui est celle d'un bleu des champs de bataille, il est vrai. Mais Altarini détient ce dont beaucoup de chefs militaires on manqué dans leur existence: un objectif. Et l'objectif d'Altarini porte un nom et un visage bien identifiable: pas Agricola, non, mais l'avancement de son nom. Les chantiers navals de Castel Estrech tournent désormais jour et nuit, et les mercenaires affluent dans la petite cité.



Effets:
  • Dom Mogador Altarini commence à concentrer ses forces aux abords de la cité de Castel Estrech, en ayant recours à la fois au mercenariat et à la contribution de certaines cités dodécaliotes neutres. La Classis VII Dodécalopolis est renforcée, de même que l'armée associée.
  • Dom Mogadr Altarini devrait débuter sous peu des tractation diplomatiques avec la plupart des cités dans le but de remplir son objectif premier: appréhender Adolfino Aricola.
  • Adolfino Agricola bénéficierait d'un soutien occulte à Velsna lui permettant d'accéder à des informations éparses sur les préparatifs de Mogador.

a
Carte associée

Haut de page