Séance de prise de parole libre du 28 avril 2019
Prise de parole du Sénateur-légat Alessandro Benedetti (Hommes du Patrice)

Contexte: Après l'echec de l'ambassade velsnienne au Dyl Milath menée par son excellence Alessandro Benedetti, ce dernier est de retour au Sénat, quelques jours après son arrestation qui a marqué le début d'un incident diplomatique grave entre les gouvernements du pays nazumi et de la Grande République. Origine du problème: la condamnation par ce dernier de la manœuvre velsnienne à l'encontre de la Poetoscovie. Le sujet est donc brûlant et prompt à exciter les ardeurs sur les bancs de l'illustre assemblée...
Dans un hémicycle bruyant, le doyen Cadorna, présidant la séance, se lève de sa chaise curule depuis son perchoir et frappe de sa canne plusieurs fois sur le sol marbré, jusqu' ce qu'il obtienne le silence. Celui-ci porte son regard vers les derniers rangs du Sénat, parmi les plus jeunes des derniers rangs, qui sont astreints en raison de leur âge, à rester debout tout en haut de la tribune comme l'indique le règlement. Parmi eux une tête dépasse: l'imposant Benedetti lève la main pour prendre la parole.
Doyen Lupo Cadorna: Le Sénat t'écoute, excellence Benedetti. Qu'as tu as dire que nous devrions prendre en compte ? Nous avons cru entendre compte de tes mésaventures au Dyl Milath...
Benedetti: Oui, excellence doyen. J'ai fort à dire, mais j'ai peu de mots pour exprimer de tels sacrilèges faits à cette assemblée d'Hommes honorables. Il est des mots si vulgaires qu'ils ne peuvent être entendus entre ces murs si bien bâtis par les pères de nos pères. Ils auraient honte de nous, et plus encore, honte de ces barbares qui nous les ont adressé.
*Silence solennel dans les rangs du Sénat, excepté sur quelques bancs de l'opposition libérale et eurycommuniste où l'en entend quelques ricanements.*
Benedetti: [b]Oui, excellence illustre, je reviens du pays de Dyl Milath, mais avant cela j'aimerais faire l'éloge de cette noble assemblée. Nous sommes ici réunis, nous spécifiquement, car nous sommes constitué en corps représentant de notre cité. Ce n'est pas nous qui sommes assis sur ces bancs, pas nous, les individus. Mais nous, le corps civique, nous la cité. Nos égos personnels n'entrent pas en ligne de compte dés lors que nous endossons ces vêtements qui nous définissent, et ces atours qui font ce que nous sommes: des représentants du peuple velsnien.
Oui, il est de nombreuses lignées parmi cette assemblée qui peuvent faire remonter leur présence ici à plusieurs générations. Ce sang honorable qui coule dans leurs veines leur assure une place. Ce n'est pas mon cas: je ne suis point né avec cette toga, je ne suis point né avec ma fortune, fortune qui est si prompte à faire grandir les Hommes. Je n'ai point grandit dans la richesse d'une éducation raffinée, pas plus que mes chances furent nombreuses, mais je ne m'en plains pas, car il faut là des qualités humaines d'autant plus aiguisées pour s'élever dans ces conditions, et un coup de pouce de Dame Fortune, dont je n'ai eu de cesse de montrer mon amour et ma dévotion. Je viens donc ici devant en une qualité, non de plaignant, mais de bête servile de Fortuna, qui m'a offert ce qui m'a permis de me montrer à vous, et avec des nouvelles d'une nation barbare à la funeste réputation.
*Son excellence Benedetti sort une papier froissé de l'un des plis de sa toge, et le brandit au dessus de sa tête, bien en évidence, à bout de bras.*
Benedetti: ô excellence Doyen. Oui, j'ai à apporter des nouvelles de notre ambassade en pays barbare, et ce que je viens donner à ces illustres excellences est une insulte manifeste imprimée sur du papier: une amende pour récompenser mon labeur en leur patrie. Mais j'eus été fort déçu de ne valoir que 300 unités de leur monnaie de singe. J'aurais apprécié valoir davantage qu'un pécule de pacotille.
*Rires vifs de sénateurs sur certains bancs.*
Benedetti: J'entends vos esbrouffes de ci et de là parmi nous. Or, si je suis prompt à l'humour, je pense que la situation que j'ai à rapporter à vous est des plus scandaleuses. Pire, c'est une insulte grave qui demande réparation. Comme je l'ai prononcé à cette assemblée: je n'ai point d'ancêtre illustre comme beaucoup d'entre vous, mais je porte cette toge, comme vous portez la vôtre. Et je suis venu à ces barbares avec les mêmes atours, ceux là qui m'ont valu d'être arrêté, maltraité et humilié par ces gens. Mais ce n'était pas moi, la personne, qui était là bas, c'était moi, son excellence le Sénateur Alessandro Benedettu. Je possède la fierté, mais ce n'est pas tant elle qui a été bafouée par les gens du Dyl Milath que ma fonction de sénateur et légat. Un sénateur relève d'une fonction sacrée: il ne peut être touché, on ne peut lui faire de mal sans en assumer les conséquences.
Ce que le Dyl Milath a perpétré ne fut pas mon humiliation, mais la votre, et celle de cette cité. Notre cause, qui est celle des justes, a été bafouée par quelque policier milathinien aviné par la bêtise et l'ignorance, et dont la crétinerie trouve son origine dans les mensonges et les fourberies poetoscoviennes. Il n'est point de cause plus noble que la notre: celle d'exiger de la nation littéraire qu'elle paie des années d'errance politique et diplomatique par un juste retour de bâton. Et de quoi les barbares milathiniens nous accusent: d'être coupables de la destruction d'une flotte qui n'avait pour but de semer la zizanie en pays eurysien ? D'être les bras armés de la Loduarie lorsque leurs protégés ont accueilli en leur maison des carnavalais à manger avec eux, quelques jours après le massacre d'Estham !? Les corps des nordiens étaient encore chauds que la Poetoscovie accordait ses violons avec des génocidaires. Et pourtant, là encore, nous serions les coupables de l'issue de ces derniers jours ?
Cette illustre assemblée est-elle traînée dans la boue par les mêmes individus qui n'ont eu de cesse de malmener un peuple ami de la cité des velsniens ? Cette illustre assemblée est-elle accusée de tous les maux de l'humanité par cette lie, qui a daignée couper la tête d'un cheval pour la mettre dans le lit de la tsarine de Moritonie ? Si te est le cas, alors que ces nations viennent nous voir, et nous jugent ! Car nous ne saurions que faire des remarques de ces patries maudites ! Nous n'avons que faire de ces bêtes loduariennes et de leur perpétuelle quête de violence Nous n'avons que faire des kartiens et de leurs intrigues. Nous n'avons que faire des poetoscoviens et de leurs procès. Nous n'avons à faire que de notre fierté et de notre honneur, du respect de notre parle, pas nous les sénateurs, mais nous, le Sénat du peuple velsnien. J'implore donc cette assemblée de mettre fin à cette comédie, et prestement, car c'est bien notre nom à tous qui est malmené à l'instant !
*acclamations vives sur la plupart des bancs.*
Sénateur-doyen Lupo Cadorna: Et que propose tu concrètement, excellence Benedetti ? Tu parles bien et clairement, mais pour le moment, je n'ai pas cru entendre proposition de ta part.
Benedetti: J'en conviens, illustre doyen, et il ne me serait pas venu à l'esprit d'agiter des paroles dans le vide devant une personne telle que toi, qui est le plus noble d'entre nous. Nous pourrions sortir le bâton et punir simplement: il n'st rien de pire qu'une bête féroce sans laisse et sans attache. Mais peut-être, pourrions nous faire ami de cette bête, et de lui tendre la main. Et peut-être pourrions nous replacer ainsi le Dyl Milath dans l'amitié de notre cité, sans qui quiconque soit humilié outre mesure, et en ayant retrouvé notre fierté. Je le reconnais pour moi, que l'approche usitée par ma main n'a pas rencontré l'effet escompté autre que la joue d'un milathinien. J'ai été guidé par la passion de ma fonction, et la fougue de ma jeunesse, il est vrai. Aussi, je ne peux rester sur un échec pour ma personne et mon propre honneur, mais serait-il sage de ne point m'envoyer là bas seul, mais avec ceux parmi nous dont l'honorabilité est la plus grande des vertus, de sorte que ces barbares ne peuvent ignorer notre requête.
Et si ce n'est pas la bonne réponse qu'ils nous apportent...et bien, nous récupérerons notre honneur autrement, par les moyens que nous imaginons depuis e début. Comme l'a dit un grand homme: la force d'une armée se mesure à la parcimonie avec laquelle nous l'employons. Il vaut mieux polir la machine que l'user.
Résultat des votes des propositions de la présente séance:
- "Envoi d'une amabassade et d'un ultimatum au Dyl Milath", proposition portée par la sénateur-légat Alessandro Benedetti: 451 pour, 420 contre, 169 absents ou abstentions
Encore une fois, les velsniens se retrouvent dans le grand hall du palais des ambassades, cette fois plus nombreux. Et c'est désormais un vieil homme qui demande à parler avec l'ambassadeur du pays nazumi. Celui, tout comme il le fait à son habitude au Sénat velsnien, frappe la queue de sa canne contre le sol, afin d'obtenir l'attention de l'audience présente.
" Excellences. Gens du pays de Dyl Milath. Nous avons à vous dire. Nous avons à vous reprocher. Mais nous avons tout autant à vous proposer. Vous avez montré hostilité à notre égard quand il n'y avait pas lieu d'en avoir. Mais c'est avant tout car nous pensons, ou que du moins, nous espérons que vous n'ayez pas eu à votre oreille tous les tenants et les aboutissants, tout ce qu'implique l'acte du gouvernement de la Nation littéraire à notre encontre. Ces gens du pays poetoscovien vous avaient ils dit leurs "exploits", lorsque ceux ci ont ouvertement menacé un peu moritonien ami du Sénat et de la cité des velsniens ? Ces gens dus pays de la Poetoscovie vous ont-ils dit de leurs nombreuses aventures avec des régimes génocidaires Ceux là même qui prônent un prétendu droit international se retrouvent à fricoter avec la pire des espèces parmi les barbares. Aussi, si cela est mis à votre attention, je pense que notre présente proposition en sera d'autant plus sérieusement prise par vous-mêmes.
Je ne suis pas là pour vous menacer, mais avant toute chose, pour vous faire parvenir l'ignominie des personnes à qui vous accordez votre confiance. Dans les plis de ma toge, ainsi, je dispose de deux choses: notre amitié dans l'une, et notre remontrance dans l'autre. Bien entendu, l'abandon de vos condamnations vous accorderait le droit à récompense, car nous avons conscience que rien est gratuit. Ainsi, nous sommes disposés à ce que vou ayez recours à nos services diplomatiques afin d'apaiser vos relations avec la Jashuria et les autres puissances du Nazum, amies des velsniens. Nous portons avec nous le potentiel de vous sortir de l'impasse dans laquelle vous vous trouvez avec vos voisins, dont peu sont vos amis. La perspective d'intégrer les grands circuits commerciaux nazumi nous paraît bien plus alléchante que de rester l'abonné d'un Etat voyou et isolé comme celui es poetoscoviens. Ne trouvez vous pas ?
Si vous refusez...et que vous choisissez ce dont je dispose dans l'autre pli de ma toge, alors il vous faudra nous ajouter à la somme de vos problèmes, car nous n'avons pas l'intention d'effacer l'affront que constitue vos condamnations et l'arrestation de la personne sacrée d'un sénateur de la cité des velsniens. Aussi, nous vous laissons le bénéfice du choix. Ce sera notre seule proposition, et je vous prie d'y accorder le temps de la reflexion."