19/09/2019
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📚 Festival international de littérature et bande dessinée - Illiv 2019

Illiv 2019


Festival international de littérature et bande dessinée 2019


Le festival international de littérature et bande dessinée récompense les plus belles œuvres littéraires, mais met également à l’honneur les bandes dessinées des six années précédentes. Cette année, le festival s’installe à Illiv, Latrua. À l'issue du festival, une cérémonie de clôture décerne quatre grands prix :

    🏆 Prix de la meilleure narration
    Genres concernés : Romans, contes, nouvelles
    Qu’elle soit fictive ou non, la narration regroupe un panel large de genres littéraires (roman d’aventures, d’amour, policier, de science-fiction, de fantasy), y compris sous sa forme la plus courte (nouvelle).

    🏆 Prix du meilleur essai
    Genres concernés : Essais, pamphlets, parodies, tribunes, reportages.
    Ce genre a vocation à exprimer une opinion, une réflexion ou exposer un point de vue ou une recherche sur un sujet quelconque : la politique, la science, l’histoire, un fait d’actualité, etc.

    🏆 Prix de la meilleure esthétique littéraire
    Genres concernés : Poésie, littérature expérimentale, littérature contrainte.
    Il s’agit de la catégorie de « l’art pour l’art », qui interroge et repousse les limites de l’art, l’expérimente, l’innove sous des formes originales et moins conventionnelles que les autres catégories.

    🏆 Prix de la meilleure littérature graphique
    Genres concernés : Bandes dessinées, comics, mangas, romans graphiques.
    Cette catégorie associe l’image au texte, et illustre par le dessin l’intention de l’auteur. La catégorie regroupe la bande dessinée, quel que soit le procédé graphique utilisé (comic, manga…).



Comment participer ?


Tous les joueurs validés de Geokratos peuvent inscrire leurs œuvres à la suite de ce message, via un formulaire ci-dessous. En outre quelques règles sont à respecter :

  • Chaque joueur peut faire concourir, toutes catĂ©gories confondues, jusqu’à 10 Ĺ“uvres. Pour plus de lisibilitĂ©, ne postez qu'un seul formulaire par message.

  • Votre Ĺ“uvre doit ĂŞtre le fruit de votre imagination. Si vous pouvez vous inspirer de l’existant, vous devez absolument y apporter votre propre plume. Les copies trop flagrantes de films, documentaires ou sĂ©ries qui existent IRL seront disqualifiĂ©es.

  • Une Ĺ“uvre peut ĂŞtre co-Ă©crite par des auteurs de nationalitĂ©s diffĂ©rentes. Le formulaire comptera alors pour 1 Ĺ“uvres sur les 10 autorisĂ©es pour chacun des pays mentionnĂ©s.

  • Vous pouvez contribuer jusqu’au 1er juin 2026. Les formulaires envoyĂ©s après cette date ne seront pas comptabilisĂ©s. Vous n'ĂŞtes donc pas obligĂ© de poster vos productions les unes après les autres, vous pouvez le faire tout au long du laps de temps qui vous est donnĂ©.

  • Le vote interviendra Ă  partir du 2 juin 2026.


Formulaire Ă  remplir


[b]Pays producteur(s) :[/b]
[b]Catégorie :[/b] À choisir entre : Narration / Essai / Esthétique littéraire / Littérature graphique

[b]Nom de l’œuvre :[/b]
[b]Genre ou thème abordé :[/b]
[b]Résumé :[/b] Laissez cours à votre imagination et décrivez votre production. Aucune longueur maximale, dans la limite du raisonnable (on ne demande pas un résumé complet), mais une longueur minimale de quelques lignes requise.
[b]Commentaire :[/b] Facultatif - Si vous voulez joindre des anecdotes, des critiques parues dans la presse, ou tout élément susceptible d'intéresser le lecteur.

[b]Auteur(s) :[/b]
[b]Date de sortie :[/b] Nécessairement entre le 1er octobre 2011 et le 30 avril 2019. Si l’œuvre s’inscrit dans une série s’écoulant sur plusieurs années, le tome doit être publié entre ces deux dates.

Vous pouvez aménager ce formulaire à votre convenance et lui donner une esthétique particulière, tant que tous les critères obligatoires y figurent.
Vous pouvez ainsi vous inspirer des candidatures de la précédente édition.


Vous avez jusqu’au 1er juin 2026, à 23 heures. Bonne chance !
1657
Pax Eurysia

Pays producteur(s) : Latrua
Catégorie : Essai

Nom de l’œuvre : Pax Eurysia
Genre ou thème abordé : Essai politique et diplomatique
Résumé : Un monde sans guerre, un continent apaisé : ces deux espoirs paraissent aujourd'hui, plus que jamais, improbables et voués à rester des rêves fumeux. L'Eurysie, continent à l'Histoire complexe, longue, mouvementée est plongée depuis le passage au nouveau siècle dans une spirale belliciste inarrêtable. Les guerres se succèdent à un rythme effréné, inédit dans notre histoire commune, les morts se font de plus en plus nombreux et notre continent, avant respecté, dynamique et attractif, est devenu en moins de vingt ans la risée du monde moderne. Conflits après conflits, bombes après bombes, missiles après missiles, l'Eurysie s'est détruite de l'intérieur et l'utopie pacifiste semble vivre ses derniers instants.

Dans cet ambitieux essai, Alona Sviridova, professeure en relations internationales, trace les grandes lignes de ce qui pourrait être un continent apaisé, purgé de ses passions bellicistes, et propose des pistes de réflexion pour enfin pacifier le vieux monde. Un ouvrage pour sensibiliser, alerter, attirer l'attention sur une situation qui nous empêche de vivre ensemble et mettre sur la table une nouvelle vision de l'Eurysie.
Refonte des organisations internationales, révolutions, libre-échange, libéralisme, démocratie : serait-ce la recette miracle ?

Commentaire :
A envoyer Ă  TOUS les dirigeants du monde !
Véracité - 18/03/2019

Bouffée pacifiste dans un monde belliciste, Pax Eurysia se veut être la solution aux guerres qui ravagent le continent et propose, chiffres et textes à l'appui, des solutions totales et radicales pour faire taire les armes une bonne fois pour toute.
Littérature - 21/03/2019

Commentaire :
Manifeste du siècle, appel à la paix, analyse claire et sans appel de la situation diplomatique eurysienne : à lire !
Le Grand Monde - 30/03/2019


Auteur(s) : Alona Sviridova
Date de sortie : 14 mars 2019
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Souffles

Pays producteur(s) : Latrua
Catégorie : Esthétique littéraire

Nom de l’œuvre : Souffles
Genre ou thème abordé : Roman sur la vie et le temps qui passe
Résumé : Il est tard. La rue est vide, les lumières orangées des lampadaires tombe en pluie sur le sol bitumé. Yuri est seul dans sa chambre, il a bu, un peu, beaucoup, trop. Il se sent mal, il va mal : il va mourir. Avant que la mort ne le cueille, il repense à sa vie, à son enfance, à ses parents, à son école, à sa maîtresse, à ses conquêtes, à ses maîtresses. Le temps de treize expirations, son existence défile, en couleur, devant ses yeux embrumés.

Erik Turfanov réinvente le genre littéraire classique et s'affranchit des codes de la syntaxe. Il décrit en 250 pages, en treize chapitres, en treize longues longues phrases la vie comme cela n'a jamais été fait avant. Sons, couleurs et odeurs se mêlent au récit d'une vie décousue, débauchée, annonçant une fin imminente. Un récit qui se résume en treize phrases, treize phrases dont on connait le début, mais jamais la fin.

Commentaire :
Un roman en treize phrases, la déchéance du point, l'éloge du point-virgule, une expérience littéraire d'un nouveau genre, un défi relevé haut la main par Turfanov.
Véracité - 10/11/2014

La rentrée littéraire sera touchée par la grâce cette année. Erik Turfanov revient par la grande porte en bousculant tout ce que nous pensions connaître de la littérature. Souffles nous pousse à nous interroger sur nos agissements et sur notre vie, ainsi sur ce qu'est l'écriture et plus encore, la lecture.
Littérature - 01/01/2014

Commentaire :
Quand la vie ne tient plus qu'à treize phrases, la beauté apparaît.
A nos livres ! - 23/11/2014

Auteur(s) : Erik Turfanov
Date de sortie : 07 novembre 2014
Mare Lamentorum

Pays producteur(s) : Sérénissime République de Fortuna
Catégorie : Narration

Nom de l’œuvre : Mare Lamentorum
Genre ou thème abordé : Colonisation Spatiale, modèle de Guerre Froide, la Dualité du Capitalisme et des Idéaux...

Résumé :

An 2109 de Kratos, dans un futur pas si proche mais pas tant lointain imaginée où les technologies ont avancées à pas de géant jusqu'à ce que les premiers pas vers les étoiles soient à portée, le Monde est pourtant bien différent de celui que l'on connaît aujourd'hui. En cette aube de Vingt-deuxième siècle, les états-nations du précédant ont pour beaucoup disparus sous le poids de leurs contradictions, de crises successives ou simplement été évincés à la suite de terribles conflits aux proportions dantesques, réinventant totalement le paysage politique de la Paltoleucie jusqu'aux confins du Nazum sous une vision insoupçonnée il y a de cela plusieurs décennie , bien que quelques vestiges demeurent tout de même.

Les grandes puissances d'hier ont pour une poignée d'entre elles réussies à survivre, à bout de souffle, malades et chancelantes, ayant perdues des plumes, mais encore là, dépassées toutefois par des concurrents plus dynamiques et surtout un nouveau modèle de gouvernance, celui des mégacorporations ayant connu une ascension fulgurante et sans discontinuer à mesure que les peuples perdaient confiance dans les démocraties traditionnelles d'une part et que les dictatures et vieux régimes s'effondraient comme des châteaux de cartes lors du moindre moment de faiblesse de l'autre. Le vent souffle désormais depuis les Mégatechnocitées de Volterra, Neo-Neijing, Fang-Cidade, et de la Nouvelle-Carnavale alors que le soleil se couche sur Velsna, Agartha, Axis-Mundi ou encore Agatharchidès, le Capitalisme a soit dévoré à moitié ceux qui l'ont enfanté et fait grandir jusqu'à ce qu'il devienne hors de contrôle ou bien a tout simplement balayé le gros de toute opposition offrant une existence alternative...

Ou tout du moins, c'est ce que l'état du plancher des vaches laisse à paraître à première vue... Car en réalité la partie n'est pas terminée et les Mégacorporations d'ordinaires rivales ont dû conclure une alliance précaire afin de tourner leur regard vers un nouvel adversaire siégeant par delà l'orbite planétaire : La Fédération de Luna. Née vingt ans plus tôt d'une vaste révolution des ouvriers, ingénieurs et scientifiques officiant dans les colonies d'une Lune devenue le premier pas de la colonisation humaine du système solaire, cette très jeune nation a dû se construire dans l'adversité et l'urgence en mettant à bas cadres et armées privées des Mégacorporations dans le sang et les larmes. Trois ans de luttes acharnées au total qui ont culminé sur une "indépendance" par le fait, obtenue lorsque les insurgés lunaires détruisirent le Grand Ascenseur Spatial du Cratère écarlate d'Afarée et hackèrent la moitié du système de défense satellitaire planétaire destiné à détruire les astéroïdes menaçants Kratos, réduisant à néant tout nouvelle opportunité pour les Corpos d'envoyer de nouvelles troupes ou du matériel sur la Lune. Mais aussi coupant l'astre et ses insurgés de tout nouvel approvisionnement en provenance de Kratos et notamment du matériel de pointe et industriel dont les moyens de productions locaux étaient soit insuffisant ou bien avaient été ravagés lors des affrontements. De même, la production vivrière était clairement insuffisante, les moyens de productions locaux étant à l'origine peu développées à dessein afin de maintenir une dépendance des colonies lunaires aux états corporatistes terrestres, ce qui était soit dit en passant l'une des grandes sources de l'insurrection.

En tout état de cause et à l'époque, les corpos défaits avaient misés sur une asphyxie pure et simple de cette insurrection estimée vouée à disparaître par manque de ressources et de matériel essentiel. Et pourtant... Vingt ans après la Fédération de Luna tient bon et a pallié à la plupart de ses maux d'une manière ou d'une autre, que ce soit en complotant avec certains états-nations lésés sur Kratos même, ou en créant de toutes pièces une industrie... La Lune tient bon dans son indépendance, quand bien même d'autres problèmes l'accablent, cette fois ci plus insidieux et intangible. Les braises du conflit couvent à nouveau, le dialogue se brise sur les marches du Parlement de la Capitale de Sélénée alors que les élues confrontent leurs idéaux à une réalité toujours plus dure et odieuse tandis que les poignards de la trahison rôdent à l'ombre des arcades.

Personne n'est dupes, la "paix" de vingt ans, n'est guère de plus qu'une trêve, et chaque camp aiguise ses couteaux en attendant l'occasion parfaite de frapper l'autre quand il sera vulnérable... C'est dans ce contexte explosif qu'une cabale se forme dans un des état-nations de Kratos en perdition, tiraillé entre la lutte d'influence des Corps et de Luna, peut être est-il temps de tracer une nouvelle voie et de laisser la mer des lamentations se déverser et s'évaporer...




Commentaire : Présenté comme un thriller d'anticipation sur fond d'intrigues géopolitiques, Mare Lamentorum est un récit assez inédit au sein du monde Fortunéen car il se place aux antipodes des tendances Capitalistes et Oligarchiques que l'on tends à retrouver au sommet de la plus vieille République du Monde, offrant une critique acerbe et sans tabou d'un système pernicieux qui si il se voit tout de même nuancé afin de demeurer assez gris demeure la source dans l'ouvrage de ce qui est clairement estimé comme étant le pire système de gouvernance possible imaginable par l'homme.

De fait, c'est aussi là une dénonciation à semi-mot de la toute puissance de certaines firmes et grandes entreprises internationales qui ne cessent de se renforcer d'année en année jusqu'à rivaliser ou manipuler même parfois des états. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si dans ce monde d'anticipation, les sièges du pouvoir des "Mégacorporations" se situent là où de nos jours les tendances Libertariennes ou encore l'ascension de véritable conglomérat industrio-financiers s'enracinent profondément jusque supplanter le pouvoir politique local. De véritables "dystopies" en devenir ayant profité des failles et des faiblesses des gouvernements contemporains afin de remplacer purement et simplement ces derniers qui se sont montrés souvent même complices du phénomène à des échelles individuelles. L'Auteur ne se cache d'ailleurs pas de s'être inspiré de l'actuel état du défunt Sultanat Ninchois au Nazum, partagé en deux entités "héritières" dont l'une étant justement ce que l'on peut considérer comme un "prototype" de mégacorporation ayant prit complètement le pouvoir sur un territoire et ses peuples en s'engouffrant dans une faille de faiblesse présentée en évidence par l'ancien gouvernement.

Au delà de ça, la thématique spatiale est aussi largement abordée, voir même centrale dans le récit quand bien même certains éléments de technologie ont été soit inventés purement et simplement, soit "insérés en sautant plusieurs étapes de processus", offrant une vision initiatique bâtarde tantôt fantasmée, parfois très ancrée dans des faits scientifiques concrets, sur une course spatiale actuellement bien réelle et en cours ci et là dans le monde.

Le Roman, supposément le premier d'une saga, a reçu un accueil très favorable au sein de Fortuna quand bien même certaines figures influentes ont grincé des dents et essayé de discréditer l'ouvrage ainsi que son auteur, sans grand succès et même créant un effet inverse, des ventes records ont ainsi été réalisées et au moins deux autres livres sont prévues afin de compléter un "premier cycle" selon les mots de l'auteur qui n'exclue pas d'aller plus loin en fonction de ses inspirations et des retours de ses lecteurs.

Auteur(s) : Sandro Correno (Que l'on dit proche de "Dom" Rodrigo Névérini surnommé communément comme "Le Prince Rouge", ce qui en dit assez long sur ses affinités politiques)
Date de sortie : 19 Juin 2018
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Pays producteur(s) : République Fédérale du San Youté
Catégorie : À choisir entre : Narration/ Essai /Esthétique littéraire/Littérature graphique

Ceci est une image

Nom de l’œuvre : Cultura culinar spécial San Youté
Genre ou thème abordé : Recette de cuisine/Gastronomie
Résumé :
Le livre se constitue de telles sortes que chaque double page présente un plat.
On retrouve tout type de plat, du potage au dessert en passant par des plats en sauces.
Chaque présentation de plat se constitue en plusieurs parties : d’abord, il y a la liste des ingrédients suivis de la recette accompagnée d’une photo du plat.
Ensuite une présentation de l’histoire du plat, sa création, ses caractéristiques et son lien avec l’histoire du San Youté, cette partie vise aussi à présenté comment le plat et sa recette ont pû arriver jusqu'à nous.
Enfin, il y a une présentation de la place du plat auprès des san youtiens, cette catégorie décrit comment la population du San Youté perçoit le plat, les traditions liée au plat et le ressenti populaire en général.

Commentaire :
Une des particularités de l’ouvrage, c’est sa grande accessibilité, en effet au delà d’être un simple livre de recettes, il à aussi l’objectif de faire découvrir la gastronomie du San Youté à ces lecteurs internationaux.
Par ailleurs, il est disponible en plusieurs langues.
Le livre se veut comme un essai sur la gastronomie du San Youté.

Auteur(s) :Carlos Rodriguez Hernandez et Marcos Clausura
Présentation des auteurs : Carlos Rodriguez Hernandez est un chef cuisinier du San Youté extrêmement reconnu, de ce fait il dispose d'une importante notoriété.
Il possède un total 6 restaurants au San Youté et 2 à l’étranger.
Entre 2012 et 2014, il entame l’écriture d’un livre qui à pour objectif de rendre la cuisine accessible à tous mais aussi de la faire découvrir à l’international.
Il s’associe alors avec un écrivain, Marcos Clausura et publie Cultura culinar spécial San Youté.
Marcos Clausura est un auteur sans grande prétention qui connaît une vue et une carrière assez classique.
Ces ouvrages les plus connus sont Pueblo et Le futur noir, deux romans narratifs.
Il est contacté par Carlos Rodriguez Hernandez pour écrire Cultura culinar spécial San Youté.
Date de sortie : 11 août 2014

Pour découvrir le livre :Cultura culinar spécial San Youté
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Pays producteur(s) : Territoires dévastés du Dakora (Parapluvie inc)

Catégorie : Esthétique littéraire

Nom de l’œuvre : Le Poème du Surhomme qui vient

Genre ou thème abordé : Apologie du transhumanisme et de l’eugénisme

Mlle Antoinette Dispensier présente un livre de poche dont la couverture représente un bodybuilder blond en homme de vitruve dans un laboratoire et il est titré : Poème du Surhomme qui vient. Et l'auteur : Jean Dispensier. Edition Parapluvie inc, préface de Mlle Antoinette Dispensier.


Résumé :
Rédigé intégralement en décasyllabes, sur le modèle des chants épiques de l’Antiquité et du Moyen Âge, ce long poème de près de cinq mille vers constitue une ode puissante au Surhomme, c’est-à-dire à l’homme qui se transcende lui-même par la technique et la sélection eugénique. Le vers « L’homme est une chose qui doit être dépassée » y revient comme un leitmotiv (et pour cause, c'est bien là ce que c'est).

L’œuvre se divise en trois parties qui suivent l’ordre naturel des choses : une introduction où est dressé le constat implacable de l’imperfection radicale de l’homme, de ses faiblesses insupportables et de ses limites humiliantes qui appellent impérieusement à être surpassées ; un développement qui célèbre les bienfaits de la technique et de la science, mises au service de la cause suprême qu’est l’Avènement du Surhomme ; enfin, une conclusion triomphante et lumineuse qui décrit un monde idéal, magnifié et pur, dans lequel le Surhomme, enfin advenu, a remplacé l’homme primitif et règne sur le minde avec rationnalité et puissance, exempt de toute faiblesse.

Commentaire :
De l’avis général, Le Poème du Surhomme qui vient est une œuvre d’une grande beauté formelle qui parvient à rendre poétiques des thématiques scientifiques et génétiques que l’on croyait jusqu’alors étrangères à l’art. Il convient toutefois de noter que cet ouvrage figure à l’index des livres interdits à la lecture au Makota par décision du Concile des Évêques, en raison de son approche naturaliste du monde, de son irrévérence envers Dieu, ses ministres et son culte, de certaines tournures licencieuses ou impudiques, ainsi que d’un racisme jugé déplacé et excessif. Il n’en demeure pas moins un texte central dans les centres de formation des abris de la Parapluvie : tout employé de la firme, particulièrement les cadres supérieurs, le connaît tout ou partie.

Auteur(s) : Jean Dispensier, ancien PDG de la Parapluvie et père de Mlle Antoinette Dispensier, actuelle PDG.

Date de sortie : Bien que l’œuvre ait été composée dans les années 1990, sa compilation en un volume unique, sa fixation finale, et sa distribution mondiale n’ont eu lieu pour la première fois qu’en 2012 par le moyen d'une édition définitive. L'oeuvre connait depuis lors plusieurs éditions dont une de poche qui permet à chacun d’en conserver un exemplaire sur soi — pratique courante chez les employés de la Parapluvie, en particulier les cadres.
Pays producteur(s) : Everia
Catégorie : Littérature graphique

Nom de l’œuvre : Mycélium : L'Âge des Spores
Genre ou thème abordé : Post-apocalyptique / Horreur / Survie et Tension

Résumé :
Après une infection, venant d'une mutation génétique d'un champignon sur lequel des expériences génétiques avaient été réalisées. Les animaux et humains qui ont été touchés se sont mis à se transformer en des monstres difformes et violents. Dix ans plus tard on suit Kael, un homme ayant survécu à l'infection et qui part à la recherche de sa femme et son fils après avoir appris qu'ils étaient peut-être encore en vie dans une zone épargnée à l'autre bout du pays. Cette BD d'ambiance sombre et pesante a su trouver son public avec ses illustrations avec des contrastes forts entre les couleurs des sombres et grises de l'univers et des personnages éprouvés par ce monde déchu dans le chaos et les entités monstrueuses aux couleurs vives et même parfois fluo. Le tout avec les dessins du célèbre Chula qui ont pu se déployer dans l'univers savamment orchestré par Nita, connue pour ses scénarios intenses et ses univers développés avec des références cachées.

Commentaire : Le trait encré très nerveux et hachuré a été salué par les critiques spécialisées. L'œuvre a reçu un avertissement pour public averti à cause de certaines scènes d'horreur corporelle particulièrement crues, mais est depuis considérée comme un chef-d'œuvre de la tension narrative.

Auteur(s) : Scénario par Nita et dessins par Chula
Date de sortie : 27 octobre 2018
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Première de couverture (cliquer pour ouvrir) Quatrième de couverture (cliquer pour ouvrir)

Pays producteur(s) : Petit Ling Empire du Grand Ling
Catégorie : Narration

Nom de l’œuvre : Dévolution

Genre ou thème abordé : Roman rétrofuturiste post-apocalyptique.

Résumé : « Le monde a brûlé ses propres ailes. Ce qu'on appelle progrès ne fut qu'une fuite en avant, et la chute, inévitable. Aujourd'hui, les Nations vivent dans la fumée de ce qu'elles furent. Seules les Cités des Lumières brillent encore ; trop fort, trop proprement, pour des mains honnêtes.
Cheng MORAN n'est personne. C'est précisément pour cela qu'on l'a choisi. »

Mandaté discrètement par la Clique du Qin et le Président LIU, cet historien banal se voit confier une mission aussi dangereuse que cruciale : pénétrer Heon Kuang, la plus fermée des Cités des Lumières, et en rapporter la vérité. Mais dans un monde où l'information est aussi une ressource rationnée, la vérité à un prix plus important que celui du charbon et autant de gardiens.

Dans cet univers dystopique, les Cités des Lumières pourraient bien être les cheffes d'orchestres du Concert des Nations. A Heon Kuang comme dans toutes les autres, des choses étranges semblent s'y dérouler. Coquin de Hasard ou vérités cachées ?

Commentaire : Dévolution est le dernier roman d'Eric Arthur Xingjian, les cinq-cent premières pages furent rédigées entre 1971 et 1974 et publiées à titre posthume en 1978 sous forme de nouvelles.
Des textes inachevés de la suite furent retrouvés des décennies après par son fils dans différents carnets de l'auteur puis retravaillés et complétés pour donner vie à ce que la critique lingoise considère comme son œuvre la plus sombre et la plus lucide, il clôt une vie entière consacrée à scruter, derrière les yeux de gens terriblement banals, ce que les Hommes de pouvoir auraient préférés garder pour eux.
L'histoire se passe 300 ans après la Dévolution. L'univers du roman est teinté d'un retrofuturisme dystopique et post-apocalyptique où la course effreinée aux ressources a conduit le monde à son effondrement et à une dévolution technologique sans communes mesures où les nations les plus prospères — nées des ruines des anciennes puissances mondiales — ne parviennent étonnement pas à dépasser l'âge de la vapeur pire encore une nouvelle Dévolution semble avoir débutée. L'oeuvre inscrit l'univers du roman dans un style emprunt du XIXe siècle sans tomber dans la culture du steampunk. Au delà de la technologie c'est toute la civilisation humaine qui a régressée. Comment et pourquoi, l'œuvre l'explique en détail à travers des éléments clés. On note d'ailleurs la présence à chaque début de chapitre une définition, en lien avec la thématique, édité sous la férule du dictionnaire du Collège des Lumières. Par exemple au chapitre premier :

Dévolution : n.f, terme désignant la période durant laquelle l’Humanité à subit la plus grande régression technologique de son histoire. Elle survient après une période de trouble intense et d’une montée des tensions entre anciennes et nouvelles puissances pour le contrôle de territoire ainsi que des ressources clés qui s’y trouvent. — Dictionnaire du Collège des Lumières, 2322 ap. J-C.
Auteur(s) : Eric Arthur Xingjian (1880 – 1976), auteur lino-teylais le plus réputé du Grand Ling ainsi que l'un des rares connus dans le monde notamment pour avoir été parmi les plus prolifiques. Entre 1920 et 1976, il a publié plus de 160 œuvres dont 70 romans, 80 nouvelles et 10 pièces de théâtre. Ce dernier est à l'origine de romans célèbres comme Lettres Lingoises ou sa série Les Chants du chasseur de dragon. Aujourd'hui encore ses œuvres sont régulièrement republiées, commentées et adaptées au cinéma ou au théâtre.

Date de sortie : Lundi 04 février 2019.

Note à destination de l'AnimationSi l'œuvre "débute" en 1971, sa fin se conclut bel et bien en 2019 particulièrement suite à un travail de réadaptation et complétion, à l'instar de ce qu'à fait Christopher Tolkien pour Les Enfants de Húrin, justifiant au passage la publication en 2007 malgré le décès de l'auteur en 1973. C'est un procédé similaire ici employé afin de donner corps à l'auteur. Un travail de modification peut être envisagé bien qu'il casserait un peu cette dynamique.


Pays producteur(s) : Capitalia
Catégorie : Essai

Nom de l’œuvre : L'Art De S’enrichir De Différentes Façons
Genre ou thème abordé : Économie
Résumé : Cet essai écrit en 1975 par Ćosić Mirko, immigré économique Grisolien, a été réédité, retraduit et réécrit par Sylvain Percy et étudie les différentes manières pour un état de s'enrichir ou de gérer son économie, de l'économie planifiée à l’impôt sur la consommation, l'essai est à la fois simple à comprendre pour le "grand public" et très complet, Ćosić était vu comme un visionnaire à son époque et Sylvain Percy compte atteindre également cette réputation en remportant le prix de l'essai à Illiv
Commentaire : Cet essai a été écrit en 6 mois à Credora (capitale de Capitalia) mais également édité à et imprimé à Credora !

Auteur(s) :Ćosić Mirko et Sylvain Percy
Date de sortie :1979, réédité, réécrit et republié en 2019 (18 juin)
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Tome 1

Pays producteur(s) : Empire Raskenois
Catégorie : Narration (light novel)

Nom de l’œuvre : Sous un ciel étranger
Genre ou thème abordé : SF, fantaisie, Isekai
Résumé : Tout avait commencé par une simple alerte à la télévision le 14 novembre 2031, la météo annonçant qu’une tempête s’étant formée en mer Blanche se dirigeait vers l’Eurysie centrale. C’était certes un événement rare, mais rien d’exceptionnel, les autorités disposant de plans pour contrer ce genre de situation. Au début, tout semblait sous contrôle, les présentateurs météo parlant de perturbations importantes, des experts disant qu’il fallait s’attendre à de possibles inondations voire coupures de courant et qu’il fallait implémenter des restrictions de circulation lorsque la tempête arriverait pour protéger la population. Cela pouvait sembler beaucoup, mais en comparaison de ce que l’Empire Raskenois avait traversé tout au long de son histoire ce n’était pas grand-chose, car ça faisait des décennies que le pays et la population vivaient avec l’idée qu’un jour, un jour quelque chose tournerait mal et qu’il fallait s’y préparer. La longue guerre civile ayant duré 25 longues années avait marqué les esprits et avait ancré au plus profond de chacun que la résilience n’était pas quelque chose que l’on pouvait négocier.

Ainsi, lorsque les premières pluies arrivèrent, la majorité de la population accueillit la situation avec calme, ils avaient vu pire alors pourquoi paniquer. Des réserves stratégiques existaient, les réseaux d’urgence étaient entretenus et les bases autonomes comme Neuheim ou semi-autonomes faisaient partie intégrante des plans des autorités visant à assurer la protection des citoyens. Les premiers jours passèrent donc sans agitation notoire, mais la tempête elle ne s’arrêta pas, bien au contraire, elle commença contre toute attente à se renforcer. Le discours des météorologues commença également à changer passant d’une tempête certes rare mais gérable à une tempête digne de l’apocalypse. Les images fournies par les satellites n’étaient plus juste inquiétantes, elles faisaient peur, d’immenses masses nuageuses continuaient toujours à affluer s’enfonçant de plus en plus en Eurysie centrale. La pluie elle ne s’était toujours pas arrêtée, cela faisait plusieurs jours qu’il pleuvait de manière presque ininterrompue, par endroits, plusieurs mois de précipitations furent enregistrés en quelques heures et cela eut des impacts presque immédiats. Des routes disparurent de la circulation, emportées par les flots, des zones d’habitation furent purement et simplement inondées, la situation était critique, mais les plans d’évacuation fonctionnaient toujours, alors les autorités se voulaient rassurantes : le pire était bientôt là. Mais le pire n’était encore pas arrivé car à cela vinrent se rajouter des séismes, un coup du sort comme on dit, qui aurait pu prévoir que cela arriverait au même moment que la pire tempête de l’histoire du pays, mais quelque chose clochait, ils se répétaient et pire, au début à peine perceptibles ils s’amplifiaient avec le temps. Même avec cela, les autorités tentèrent d’être rassurantes mais vint un point où ce discours ne pouvait plus être tenu, et ce point de bascule fut le barrage d'Auberlof, véritable pile énergétique ayant stabilisé le réseau électrique raskenois durant plus de deux décennies. Mais aussi solide fût-il dans sa construction, venait un point où même lui saturait, surtout après des secousses répétées, ainsi, le 23 novembre 2031 il se fissura, puis la fissure se transforma en fuite et la fuite en torrent. Finalement, en l’espace de 10 minutes, les plus épais murs en béton armé qu’avait jamais coulés Rasken cédèrent, déversant les près de 163 milliards de m³ que stockait le réservoir, réservoir saturé par les pluies malgré le travail acharné des opérateurs pour le vider. Les villages en aval furent engloutis en quelques minutes, emportant par la même occasion les équipes d’évacuation.

Mais au-dessus de tout ce chaos, certains îlots de stabilité persistaient, îlots parvenant à coordonner les secours répondant encore présents, parmi eux, se trouvait Neuheim, dernière base militaire en date de l’armée raskenoise. En tant que base la plus moderne à disposition de l’armée, celle-ci avait été pensée dès le début pour fonctionner dans un environnement le plus dégradé possible. Ainsi, celle-ci disposait de son propre stock de munitions souterrain, de réserves de nourriture et d’eau, d’un réacteur nucléaire miniature enterré au plus profond de la base et même d’un système expérimental de synthèse de carburant. De par son importance et sa taille, Neuheim était constamment occupée par une division entière de l’armée raskenoise à savoir la huitième division d’infanterie mécanisée et aujourd’hui, c’est cette base qui centralisait toute la coordination des secours du Nord-Est du pays. Celle-ci étant surélevée par rapport au paysage environnant elle avait été relativement épargnée par les inondations, c’est pourquoi le général en chef de la base avait décidé de l’ouvrir aux réfugiés pour les protéger le temps des intempéries. Au fil des jours, des tentes militaires furent érigées, des hangars vidés de leurs appareils transformés en zones d’accueil temporaires, mais même en allant vite, cela ne suffisait pas, car aussitôt les camions sortis, que d’autres revenaient transportant avec eux leur lot de civils. Dans la soirée du 27 novembre 2031, Neuheim comptait près de 100 000 civils réfugiés en plus des 20 000 militaires occupant la base en temps normal.

C’est ce même soir que cela se passa, un instant tout était normal, la pluie tombait comme hier, les secousses étaient régulières, puis l’instant d’après, la pluie sembla se calmer, les secousses elles aussi semblèrent faiblir. La situation semblait s’améliorer, mais cela fut un leurre, car un instant encore après l’intégralité des capteurs équipant la base s’affolèrent, puis le ciel ou plutôt les nuages semblèrent se fendre en deux et enfin une secousse d’une intensité encore jamais vue frappa la base. Enfin, quand la terre s’arrêta de trembler, les âmes occupant alors Neuheim furent stupéfaites par ce qu’elles virent, la pluie s’était arrêtée, les nuages s’étaient comme évaporés. Neuheim auparavant entourée de montagnes était maintenant bordée par une forêt à certains endroits et par une plaine à d’autres mais pire que ça, le ciel arborait maintenant deux lunes.

Commentaire de l’auteur : Sous un ciel étranger est un light novel dans lequel un fragment d’une civilisation à genou se retrouve transporté dans un autre monde. Lorsque j’ai commencé à l’écrire l’idée derrière était au-delà de faire un énième isekai de pouvoir proposer une narration plus lente qui prend le temps de développer son univers et ses personnages d’où le choix du light novel et non du manga. C’est également pour moi l’occasion de montrer comment une civilisation moderne comme on a l’habitude de voir se débrouillerez dans un monde qui lui est inconnu.

Auteur(s) : Carl Schaab
Date de sortie : 27 juillet 2018

Extrait du light novel
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texte brute (ne pas regarder)
Chapitre 0 : L’effondrement


La civilisation humaine, civilisation marquée par ses périodes de prospérité et ses âges sombres, on raconte souvent que les différentes civilisations s’étant effondrées ont disparu dans les flammes, mais c’est un mensonge. Le feu est quelque chose de spectaculaire, il marque la mémoire collective, mais surtout, il donne aux survivants un bouc émissaire pour la cause de tous leurs malheurs. Mais aucune nation ou civilisation ne s’est éteinte à cause d’un seul incendie, d’une seule catastrophe, non, lorsqu’une civilisation s’effondre, c’est le fruit d’un processus lent, les nations s’effondrent par accumulation de fatigues, par fissures ignorées dans leur armure.

L’Empire Raskenois comme beaucoup d’autres nations avait traversé bien des choses, guerres civiles, famines, épidémies, attentats séparatistes, crises économiques et bien d’autres, mais aussi rudes soient ces épreuves, la nation les avait surmontées. Surmontées oui, mais pas sans conséquences, toutes ces épreuves avaient marqué au fer rouge dans leur âme que le monde aussi paisible fût-il hier pouvait devenir totalement hostile demain. Alors, presque de manière maladive, la nation se préparait à la pire des situations, quelle était-elle ? Même eux ne le savaient pas, il fallait juste se préparer au pire, alors des réserves de nourriture protégées furent construites, des mesures pour protéger la population furent prises et les institutions furent pensées pour pouvoir fonctionner même lorsque beaucoup auraient cessé. Beaucoup pensent que cela est excessif, que c’est de l’argent jeté par la fenêtre, mais à Rasken, on appelle simplement ça être prêt.

Mais aussi préparée la nation raskenoise fût-elle, rien de ce qu’elle avait n’était en réalité prêt pour ce qui allait arriver. Tout commença un jour banal de novembre, le 14 novembre de l’année 2031 pour être exact, à cette date, des anomalies climatiques furent observées au-dessus de la Manche blanche, anomalies semblant se diriger vers l’Eurysie centrale. Puis les pluies arrivèrent, portées par l’anomalie qu’était cette tempête, au début, le gouvernement se voulut rassurant, parlant de "crise climatique exceptionnelle" mais gérable, cependant vint un moment où ce discours ne pouvait plus être tenu, car à mesure que les pluies s’intensifiaient, des régions entières se virent inondées. Mais là encore, la situation restait "sous contrôle", des évacuations massives furent opérées, des centres d’accueil titanesques furent ouverts, même si c’était difficile, la population tenait et le gouvernement aussi.

La pluie avait fait des ravages c’était une certitude, mais quels que soient les dégâts que celle-ci avait provoqués, ce n’était que la première étape, car à cette pluie digne des récits mythologiques, vinrent se rajouter des séismes, faibles au début, ils gagnèrent en intensité par la suite. Les sols déjà totalement saturés en eau furent incapables de résister, alors, des glissements de terrain comme il n’en avait jamais été observé se déclenchèrent. Mais encore une fois, même avec cela, les autorités étaient encore debout, affaiblies certes, mais debout, mais vint un point où même celles-ci durent s’incliner et ce point fut le lac de retenue d'Auberlof. Celui-ci contenait derrière ses barrages près de 163 milliards de m3 d’eau, ainsi, lorsque celui-ci céda, ce ne fut pas un raz-de-marée, mais un véritable tsunami, ravageant une bonne partie du Nord-Ouest de Rasken et une partie du Sud du Bachmeyer. Mais cela ne fit pas que ravager des régions entières, cela mit également sur les routes encore praticables le plus grand nombre de réfugiés de l’histoire du pays.

Des millions de réfugiés étaient sur les routes, cependant, ils n’avaient pas de destination où aller, à part peut-être une, on racontait qu’il y avait une base militaire dans le Nord-Est qui s’était transformée en centre d’accueil devant l’urgence de la situation. Sur le chemin, les réfugiés voyaient toujours la même image, toujours le même paysage, toujours les mêmes hélicoptères volant sous une pluie noire. Puis arriva un moment où des camions de l’armée firent leur entrée, ceux-ci disaient venir de Neuheim, la base tant convoitée et qu’ils étaient là pour escorter et ramener les civils jusqu’au camp de réfugiés improvisé sur la base. Alors, à ce moment-là, l’espoir revint quelque peu.

En arrivant à la base les réfugiés virent enfin la fameuse Neuheim et comprirent pourquoi on disait d’elle que c’était le dernier îlot de stabilité dans ce monde en train de s’effondrer. La base était la plus moderne du pays mais également l’une des plus grandes, celle-ci disposait de stocks de nourriture, d’eau et d’une alimentation électrique interne lui permettant de fonctionner normalement même en cas de siège. Quelques jours après l’arrivée des premiers réfugiés, Neuheim n’était plus une base militaire, mais une véritable ville de fortune alternant entre hangars réaménagés, parkings transformés en camps de fortune et terrains d’entraînement où s’empilaient des préfabriqués et des tentes militaires.

Dans les locaux réservés à l’armée, un homme en particulier était présent, le général de la base Herik Weiz, celui-ci regardait par la fenêtre, se remémorant ses années de formation et ce qu’il avait appris, tactique militaire, logistique, gestion de crise. Tout ceci était important, mais face à la situation que le pays traversait, cela n’était d’aucune utilité, mais malgré ça, il faisait de son mieux pour sauver un maximum de civils, après tout, s’il avait intégré l’armée, c’était pour protéger l’Empire et sa population, et ça, fin du monde ou pas, il n’y dérogerait pas.


Chapitre 1 : Lorsque le ciel s’ouvrit


Neuheim : Base militaire la plus moderne de l’Empire ou plutôt était, car maintenant, celle-ci a cédé sa place à un camp de réfugiés. Des hangars abritant auparavant des avions furent convertis en centres d’accueil. Dans l’un d’eux, le capitaine Sorgel fumait une cigarette, profitant d’un rare moment d’accalmie, celui-ci regardait devant lui l’immense porte métallique vibrant sous le coup des rafales, de l’autre côté, il pouvait entendre le vent hurler contre les tôles du hangar à la manière dont une bête hurlerait pour rentrer avant de faire un massacre. Neuheim n’était plus une base militaire, c’était devenu le seul refuge stable connu, la tempête ayant presque entièrement pulvérisé les moyens de communication, ne subsistait qu’une liaison intermittente avec le fort Lorenz dans les montagnes à l’Est. Un sous-officier s’approcha alors de Sorgel, tout en enlevant ses gants trempés, il lui demanda : Encore combien ?
Sorgel ne réagit pas durant une seconde, ne voulant pas gâcher son temps infime de repos il continua de fumer sa cigarette, puis il alluma la tablette qu’il tenait sous son bras et commença à consulter les chiffres. Il les connaissait déjà, mais comme pour confirmer qu’il n’avait pas louché, il les consulta à nouveau.

Sorgel – Le convoi 34 est en route, il ne devrait plus tarder à arriver et on vient d’envoyer 2 autres convois chercher des réfugiés, mais on a perdu le contact avec l’un des deux.

Le sous-officier resta de marbre, lui aussi connaissait plus ou moins l’étendue de la situation, mais comme pour Sorgel, il voulait confirmer encore une fois que c’était bien la réalité.
Les deux soldats se regardèrent une seconde en silence, comme assommés par la tâche qui leur incombait. Au début, ce n’était qu’un événement climatique anormal, mais maintenant, c’était une apocalypse climatique digne des récits mythologiques mais malgré ce constat, il fallait continuer d’avancer car le flux de réfugiés lui ne se tarirait pas et si eux ne le faisaient pas alors personne ne le ferait.

Plus loin, assis sur une caisse de munitions vide l’un des réfugiés, parmi les derniers à avoir foulé le sol de Neuheim fixait le toit du hangar, à ce moment-là des pensées lui traversèrent l’esprit :
  • et si le toit lâche ?
  • et si le froid pĂ©nètre dans le bâtiment ?
  • et si je redeviens un rĂ©fugiĂ© luttant pour survivre ?

Non loin de lui se trouvait sa grande sœur Flora, lorsque les barrages cédèrent elle et Lukas furent séparés de leurs parents, ce fut donc à elle de prendre en charge la situation, du moins avant qu’ils ne se fassent recueillir par les militaires et transportés jusqu’ici. Durant les quelques jours elle apprit à reconnaître le moindre signe sur le visage de son jeune frère et là elle le voyait, elle voyait qu’il était inquiet, alors elle s’approcha de lui pour le réconforter resserrant par la même occasion la couverture de survie qu’il portait.

Flora Ehmann – Serre bien ta couverture de survie, tu vas attraper froid sinon.

Lukas Ehmann – À quoi bon si on se retrouve sous la pluie encore une fois ? Je veux revoir papa, je veux revoir maman, ils me manquent.

Flora Ehmann – J’en ai parlé aux militaires, ils vont les retrouver ne t’inquiète pas, mais en attendant, serre bien ta couverture, j’ai pas envie que quand on va les retrouver tu sois mourant.

Lukas Ehmann – À quoi ça sert de toute façon ? Que ce soit dedans ou dehors, j’ai l’impression d’être autant mouillé.

En un sens, Lukas n’avait pas tort car même s’il se trouvait à l’intérieur d’un bâtiment, l’humidité semblait s’infiltrer par le moindre orifice, car comme on avait fini par dire, quelle que soit la modernité ou la technologie déployée, le froid et l’humidité finissaient toujours par se frayer un chemin. Lukas resserra alors un peu la couverture de survie argentée qu’il portait autour de lui, c’est à ce moment-là qu’une nouvelle rafale vint heurter le toit et les murs du hangar faisant grincer les poutres métalliques. Presque immédiatement, la totalité des réfugiés présents dans ce bâtiment levèrent les yeux vers la toiture, c’était devenu une habitude pour eux, avec les jours, tous étaient devenus très sensibles au moindre bruit :
  • une vibration un peu trop forte,
  • un claquement mĂ©tallique,
  • une lumière qui vacillait,
  • un moteur qui s’arrĂŞtait.

Car pour eux, le moindre petit bruit était peut-être le signe que la catastrophe allait encore empirer, alors il fallait être attentif. Plus loin dans le hangar, un point de distribution s’était organisé, des bénévoles et des soldats distribuant nourriture, café, couvertures de survie et vêtements. Cela avait de quoi réchauffer quelque peu le cœur des personnes présentes mais cela rappelait aussi que la situation était tout sauf normale. Le café, si doux soit-il se voyait mélangé aux odeurs de métal humide, de carburant, de boue et de vêtements trempés.

Ce n’était pas une odeur banale, mais c’était une odeur qui collait parfaitement à la situation, une odeur de survie. Près de la grande porte, une porte de service s’ouvrit, de celle-ci passèrent des soldats mais également durant un bref instant les conditions extérieures. Quand les soldats rentrèrent, se trouvait avec eux un homme inconscient installé sur une civière improvisée poussée par un mécanicien, ce n’était normalement pas son rôle mais cela n’avait plus d’importance au vu de la situation. Se trouvait également une fillette à moitié consciente portée par un soldat sur son dos car trop affaiblie pour marcher d’elle-même, son visage était pâle presque gris à cause de l’éclairage du hangar. Lorsque le convoi passa, le silence s’installa un bref instant, les réfugiés se turent, la tempête également sembla s’arrêter le temps d’une seconde, puis un homme recommença à parler, un enfant à pleurer et le vent à hurler contre les parois du hangar, en un sens on pouvait dire que la vie reprenait.

À l’arrière, le capitaine Sorgel regardait la scène et finalement, se dit qu’il était temps de revenir, alors il écrasa sa cigarette contre une caisse et se recoiffa, repoussant ses cheveux trempés vers l’arrière. Marchant vers les réfugiés, le capitaine s’arrêta brusquement devant les immenses portes du hangar, les regardant durant un certain temps, celles-ci étaient toujours fermées, toujours frappées par les rafales, mais le plus important, toujours debout. Puis son regard se porta à nouveau vers les réfugiés toujours plus nombreux, toujours plus malades malgré les efforts, le sous-officier alors toujours à côté de lui reprit la parole d’une voix basse.

Sous-officier Adam Komar – On tient combien de temps dans cette situation ?

Le capitaine Sorgel esquissa un léger sourire malgré la situation, ce n’était pas un sourire de joie cette émotion l’avait quitté depuis plus d’un mois maintenant, non c’était un sourire nerveux.

Capitaine Tobias Sorgel – Ça dépend, tu veux la version optimiste ou la réalité ?

Le sous-officier Komar ne répondit pas, à vrai dire, il connaissait déjà la réponse, car même un aveugle comprendrait que la situation est critique même s’il ne pouvait pas la voir, Sorgel reprit alors.

Capitaine Tobias Sorgel – Pour l’instant, les réserves tiennent, le SMR fonctionne et le sol est stable, mais si nos routes d’approvisionnement continuent de disparaître sous les eaux alors viendra un moment où on aura plus rien enfin si, l’énergie on en a encore pour quelques années.

Il consulta alors sa tablette, celle-ci affichant une carte de la région se voyait éclairée par des points rouges clignotants, représentant les ponts détruits, les routes détruites et les zones sous plusieurs mètres d’eau. Depuis qu’Auberlof avait lâché il y a quelques jours, la situation avait radicalement changé, ce n’était plus une situation d’urgence c’était littéralement l’autopsie d’un pays en train de mourir. Le sous-officier Komar regarda alors encore une fois les réfugiés durant quelques secondes puis demanda au capitaine.

Sous-officier Adam Komar – Et les autres bases, on a du nouveau ?

Capitaine Tobias Sorgel – On a perdu le contact radio avec Falken ce matin, il ne reste plus que fort Lorenz.

Komar ferma alors les yeux une seconde et pensa, Falken, une base semi-autonome, plus de deux mille soldats, et des milliers de réfugiés étaient vraisemblablement tombés. Cela aurait dû baisser le moral du capitaine car Falken était ni plus ni moins que le prototype ayant servi pour la construction de Neuheim, mais comme pour la joie qui avait disparu, cela faisait bien longtemps que le moral était au plus bas. Mais moral ou non, cela n’avait aucune importance car ils avaient un devoir à accomplir, protéger ces réfugiés autant de temps qu’il le faudrait Komar se dit alors qu’une fois tout ça terminé, il aura le luxe de faire une dépression, mais qu’actuellement il n’avait pas ce luxe.

Au même moment, à des centaines de mètres plus loin, dans le bâtiment de commandement central de Neuheim, le général en chef de la base Herik Weiz se trouvait debout, regardant la grande carte tactique du pays ou plutôt ce qu’il en restait. Avec les jours, celle-ci avait été remplie de différentes couleurs, tantôt pour marquer que la zone ne répondait plus, tantôt pour indiquer que le sol se trouvait plusieurs mètres sous les eaux. Le général Weiz, mains croisées dans le dos regardait la situation sur les écrans du centre de commandement, écrans diffusant une froide lueur sur les murs en béton renforcé de la pièce. À la différence des hangars où les pleurs et chuchotements dominaient ici, il n’y avait rien de ça, seulement le bourdonnement des serveurs, le grésillement des radios et les opérateurs appuyant frénétiquement sur leurs claviers. À un moment, un opérateur leva les yeux de son poste avant de s’adresser directement au général Weiz.

Opérateur – Monsieur, on n’a toujours aucune réponse de Falken, cela fait maintenant 17h, on continue d’envoyer des messages automatiques toutes les minutes, mais je pense qu’il ne faut plus se faire d’espoir.

Weiz ne répondit pas immédiatement, en réalité, il donnait l’impression de n’avoir même pas écouté, son regard étant toujours fixé sur la carte tactique dont les points rouges ne semblaient plus indiquer des passages détruits, mais l’hémorragie d’une nation entière. Avant même qu’il n’eût le temps de répondre, la porte blindée se trouvant derrière lui s’ouvrit dans un fracas, le fracas de quelqu’un de pressé, de celle-ci en sortit le colonel Markus Reinhardt. Pressé d’entrer, celui-ci ne prit même pas le temps de se faire propre, il avança dans la salle encore totalement trempé malgré son manteau imperméable et à chacun de ses pas des gouttes d’eau tombaient sur le sol métallique résonnant dans l’esprit de chacun comme un compte à rebours. Arrivant finalement au niveau du général, il posa un document sur la table se trouvant devant lui et finalement prit la parole.

Colonel Markus Reinhardt – Mon général, les équipes du génie viennent de le confirmer, le pont d’Eisenwald s’est effondré, cela s’est produit il y a environ une vingtaine de minutes.

Presque au même moment où Markus annonça la nouvelle, la carte tactique se vit embellie d’un énième point rouge … le dernier. Le général toujours silencieux regarda un instant le point rouge, le pont d’Eisenwald représentait le dernier axe reliant Neuheim au reste du pays enfin ce qu’il en restait, la base était désormais totalement isolée du reste du monde. Plus rien ne pouvait rentrer, plus rien ne pouvait sortir, même les aéronefs avaient maintenant interdiction de décoller tant les conditions météorologiques étaient devenues catastrophiques. Weiz prit alors une grande inspiration puis enfin sortit de son silence.

Général Herik Weiz – Et les convois déjà engagés ? On a du nouveau ?

Colonel Markus Reinhardt – 3 ont réussi à passer avant que le pont ne s’effondre, le quatrième par contre … le quatrième n’a pas eu cette chance, statut inconnu pour l’instant.

Weiz resta silencieux un instant, comme pour assimiler ce qu’il venait d’entendre, au même moment l’atmosphère de la pièce devint plus lourde, car tous savaient parfaitement ce que signifiait statut inconnu dans ce genre de situation, cela voulait dire :
  • engloutis
  • isolĂ©s
  • ou morts

Le général laissa alors pousser un soupir, malgré toutes les précautions qu’ils avaient prises, c’était le huitième convoi à disparaître, puis finalement, reprit la parole.

Général Herik Weiz – Combien ?

Colonel Markus Reinhardt – Comment ça?

Général Herik Weiz – Combien de réfugiés dans ce convoi ?

Colonel Markus Reinhardt – 240 mon général, ainsi qu’une quarantaine de nos soldats.

Général Herik Weiz – Je me fiche de nos soldats !!!

Après presque un mois à lutter contre la nature, toute la rancœur et la frustration qu’il avait accumulées sortirent au grand jour et cela choqua passablement les soldats présents dans la salle plus habitués à un Weiz calme et réfléchi ne faisant ressortir ses émotions que très rarement. Mais au-delà de la colère, ce qui choqua la salle, ce furent surtout les mots qu’il tint "je me fiche de nos soldats" en réalité il ne s’en fichait absolument pas mais ce fut la seule chose qu’il réussit à dire. Puis, le temps d’un instant, il vacilla, comme si la fatigue qu’il avait accumulée depuis le début de la catastrophe remontait à la surface en même temps que sa frustration, un officier lui apporta alors une chaise pour que celui-ci puisse s’asseoir. Le colonel lui sembla vexé ou en colère contre le général, alors, il se retourna et commença à marcher vers la porte pour sortir de la salle, mais avant qu’il ne puisse sortir, Weiz reprit la parole.

Général Herik Weiz – Je … je suis désolé, Reinhardt, vous tous, je retire ce que j’ai dit, je ne le pensais pas, c’est … c’est juste que c’est notre rôle. Quand on s’est engagés dans l’armée vous comme moi on a fait le serment de dédier nos vies à la protection de la nation mais surtout de ses citoyens même si cela doit nous coûter la vie. La mort d’un ou plusieurs soldats est et restera toujours une tragédie, mais la mort d’un civil l’est encore plus.

Le général marqua alors une pause et de son uniforme il en sortit un petit carnet, un carnet banal, distribué à chaque soldat à son arrivée et si celui-ci en fait la demande, mais même s’il semblait banal, Reinhardt sentait que ce n’était pas le cas, alors il demanda.

Colonel Markus Reinhardt – Qu’est-ce que c’est ?

Général Herik Weiz – Un carnet … un carnet avec la liste de tous les soldats qu’on a perdus depuis que cette putain de météo est là.

Le colonel Reinhardt prit alors le carnet et l’ouvrit, ce qu’il y trouva dedans, ce n’était pas juste une liste de noms, le carnet contenait non seulement le nom et prénom de chaque soldat tombé, mais également la situation familiale et même un petit texte. Dans ce texte était écrit tout ce dont se souvenait le général du dit soldat, les interactions, les remontrances, le caractère, les fois où il avait rigolé avec etc etc, ce n’était pas juste un simple carnet, c’était un véritable mémorial à lui tout seul. Mais en continuant de feuilleter le carnet, Reinhardt s’aperçut que pour certains soldats, il n’y avait pas de petit texte, seulement la mention "j’aurais aimé te connaître plus et ne pas avoir juste un nom et un matricule".

Colonel Markus Reinhardt – Vous avez dédié une page à chacun des soldats tombés jusqu’à présent, pourquoi ?

Général Herik Weiz – Pour ne pas les oublier.

Le général resta silencieux un temps et les personnes présentes dans la salle en firent de même, le temps d’un instant, un silence presque parfait baigna la salle, même le bruit des claviers sembla inaudible. C’était comme si tous venaient de réaliser que derrière chaque carte, chaque nombre, chaque point rouge se trouvaient des humains luttant pour sauver ce qu’ils peuvent en y laissant parfois leur vie. Le colonel Reinhardt referma le plus doucement possible le carnet donnant l’impression que celui-ci était en verre, puis une fois refermé, il le tendit le plus délicatement possible au général qui le remit dans la poche intérieure de son uniforme avec la même délicatesse. Ce silence qui s’était installé avait quelque chose d’apaisant, le temps d’un instant les problèmes de dehors semblaient lointains, mais cela ne dura pas, une alarme se mit alors à sonner ou plutôt à hurler, alarme suivie presque immédiatement d’une voix au travers de la radio.

Station météo Charly – Ici station météo Charly, urgence météo, code noir, je répète code noir, activité atmosphérique anormale sur l’ensemble de notre zone.

Opérateur – Code noir ?

Presque immédiatement après, un autre opérateur se jeta sur sa console, consultant frénétiquement les données s’affichant sur son écran, mais plus il lisait, moins il comprenait et plus son visage devenait pâle. Le général Weiz qui avait repris ses esprits après avoir évacué sa frustration se pencha sur son épaule et demanda.

Général Herik Weiz – Qu’est-ce qu’il se passe exactement ?

Opérateur – Je … je ne sais pas monsieur, les relevés barométriques viennent de chuter, c’est incompréhensible.

Général Herik Weiz – Chuter dans quel sens ?

Opérateur – Dans le sens où on est passés de la tempête à l’œil du cyclone, on est sous les 870 hPa.

Ce n’était à n’y rien comprendre, la pression atmosphérique venait de chuter, semblant indiquer que la base se trouvait désormais au centre du cyclone, pourtant, rien ne le laissait imaginer, car à l’extérieur, la pluie tombait avec toujours autant de force et le vent cognait contre les murs avec la même vitesse qu’avant.

Opérateur – La quasi-totalité de nos satellites sont hors service, mais ceux transmettant encore montrent quelque chose d’étrange.

La carte tactique disparut alors le temps d’un instant, remplacée par une carte satellite extrêmement brouillée de l’Eurysie centrale. Les nuages noirs recouvrant l’Eurysie centrale depuis le début de cette catastrophe venaient de changer, ou plutôt, un œil du cyclone venait de faire son apparition pile au-dessus de Neuheim alors qu’encore 30 minutes auparavant, rien de tout cela n’existait. Mais au-delà de son apparition soudaine, ce fut la taille qui choqua, près de 80 km de diamètre d’après les estimations. La salle était à nouveau devenue silencieuse à la différence que cette fois-ci, la pluie et le vent étaient présents, puis soudain, le sol se mit à trembler d’abord légèrement, les secousses s’amplifièrent. La lumière se mit à vaciller et les personnes présentes dans la salle se cramponnèrent à ce qu’elles pouvaient tandis que les écrans des pupitres s’éteignirent brutalement avant de se rallumer.
Au loin dans la base, le même chaos se fit ressentir, dans le hangar de réfugiés, un vent de panique presque instantané fit son apparition, des enfants commencèrent à pleurer, des gens à courir dans tous les sens, des caisses tombèrent au sol. Puis le courant se coupa également dans cette partie de la base, renforçant d’autant plus le mouvement de panique, ne restaient alors plus que les éclairages d’urgence, baignant les réfugiés dans une faible lueur rouge. Lukas, toujours couvert de sa couverture de survie se redressa alors brusquement.

Lukas Ehmann – Flora ? Tu es où ?

Immédiatement après Flora agrippa son bras.

Flora Ehmann – Je suis là reste près de moi.

Autour du frère et de la sœur, le chaos s’était installé à l’intérieur, alors jusque-là maintenue dehors, un homme cria qu’il fallait sortir pour survivre, un autre hurlait que les murs allaient céder, cependant, au milieu de ce chaos indescriptible, une voix s’éleva, celle du capitaine Sorgel.

Capitaine Tobias Sorgel – PERSONNE NE SORT DU HANGAR !!!

Le capitaine se trouvait sur une caisse afin de se faire voir dans la pénombre, luttant pour ne pas chuter à cause des secousses, comme s’ils étaient revenus à eux, les réfugiés cessèrent de courir dans tous les sens et de crier à tout va, même les pleurs des enfants semblèrent s’atténuer. Une fois un semblant de calme retrouvé, il reprit alors la parole.

Capitaine Tobias Sorgel – Vous tous écoutez-moi, le hangar tient le coup, sa structure a été faite pour résister à la guerre, les portes sont toujours verrouillées donc on est toujours en sécurité. Je vous demande donc de rester calmes.

C’est à ce moment-là qu’une autre secousse frappa la zone, la plus puissante jamais enregistrée depuis le début de la catastrophe le 14 novembre. Cette secousse fut si puissante que malgré l’insistance de Sorgel pour maintenir son équilibre il fut projeté au sol, un éclairage se détacha également du plafond ne faisant heureusement aucune victime, le bâtiment lui, malgré tout tenait encore. Quand le tremblement s’arrêta, un sentiment de sécurité parcourut les réfugiés, mais quelque chose n’allait pas, il y avait quelque chose qui clochait et ça soldats comme réfugiés le remarquèrent sans pour autant savoir quoi. Puis finalement, quelque chose fit fusible dans l’esprit de Sorgel, il avait mis le doigt sur ce qui n’allait pas.

Capitaine Tobias Sorgel – Le bruit…

Sous-officier Adam Komar – Comment ça le bruit ?

Capitaine Tobias Sorgel – Écoute bordel.

Sous-officier Adam Komar – Oui le bruit, j’ai compris qu’est-ce qu’il a ?

Capitaine Tobias Sorgel – Mais il n’y en a pas justement, il y a 2 minutes c’était l’apocalypse, maintenant on entend ni la pluie ni le vent.

Comme si l’information était contagieuse, l’ensemble des soldats et des réfugiés eurent le même déclic quasiment en même temps, au même moment Sorgel courut vers la porte de service sommant les réfugiés de ne pas bouger. En ouvrant la porte, ce qu’il vit, son cerveau mit un certain temps à l’intégrer, car ce n’était tout simplement pas possible.
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Couverture du livre.


Pays producteur(s) : Morakhan (Édition clandestine).
Catégorie : Narration.

Nom de l’œuvre : Le massacre des Branns & Blêmes de Morakhan : Témoignage d'une victime.

Genre ou thème abordé : Témoignage historique, épuration territoriale, crime de masse et déracinement.

Résumé : Ce livre raconte le récit d'un survivant brann du village de Karbann, situé près de la ville de Zeïnyemen : Nicolas. C'est l'histoire du moment où le destin de sa communauté a basculé : l'arrivée d'un homme au regard d'abîme, Mihail Vil Cojocaru, un blême, venu annoncer au nom du "Comité national de reconstruction" que le village allait être purement et simplement rasé pour transformer cette terre ancestrale en une plaine de stockage pour les blés de la Vélikomorakhan (plus au Nord). Le récit décrit l'arrivée de l'homme au regard d'abîme, sa rencontre avec les habitants, l'annonce du rasage et la réaction, fermement contre, du maire et des habitants. Dès lors, le Gouvernement Rouge donna l'ordre de raser ce village, et de tuer si cela était nécessaire. Ainsi, le protagoniste dû fuir. On apprendra plus tard que les blêmes aussi furent victime du même sort, dont Mihail.

Commentaire : Ce témoignage lève le voile sur le sort des blêmes et des branns et de leurs villages, broyés par une machine soviétique qui ne voit dans les villages que des espaces vides à optimiser, s'ils refusaient de coopérer. Plusieurs villages et même des petites villes de Molblêmie et de Brann du Nord ont subit le même sort.

L'œuvre a fait scandale à sa sortie en raison des exactions mentionnés à l'intérieur et de la collaboration de certains Blêmes à la politique de répression de la RSFSM. Il y a eu, d'ailleurs, un boycott chez les blêmes qui estimaient que le livre représentait trop la douleur des branns et pas assez celle des blêmes.

Le passage décrivant le silence soudain des chiens du village juste avant l'annonce de la sentence est souvent cité par la critique comme l'un des moments les plus glaçants du livre.

Auteur(s) : Collectif de mémoire "Karbann" (préfacé par un survivant anonyme)
Date de sortie : 11 novembre 1991 (nouvelle édition préfacée par Pavel V. Vl. Orentchnik le le 22 septembre 2015 et accompagné des commentaires de l'auteur[qui n'étaient pas inclus dans l'œuvre originale et qui sont à titre posthume]).

Un extrait 👉ici.
Pays producteur(s) : Duché de Gallouèse
Langue : gallo, traduit en français par le même éditeur
Catégorie : Essai


l'image d'illustration représente Stéphane le Foll, maire socialiste du Mans
Couverture de l'édition française

Titre de l’œuvre : Sur un coin de table
Sous-titre de l'œuvre : Mémoires de gouvernement
Genre : Mémoires
Thème abordé : politique, géopolitique, économie

Quatrième de couverture : « J'ai démissionné hier soir de mon mandat de député, et ce matin, j'ai tout de suite su ce que je devais faire. Me plonger dans ces cartons entiers de papiers griffonnés, de carnets noircis, ces quelques croquis et ces nombreuses pensées ; mettre de l'ordre dans ces morceaux de livre que j'avais, pendant seize ans, gravés sur le coin de mon bureau. » Dans ce livre-témoignage, l'ancien président Michal Trëvenon nous livre les clefs des Capucins et nous invite à un voyage intime, qui concerne tous les Gallèsantes et les Gallèsants. Il nous révèles les coulisses, au plus haut sommet de l'état, de la conquête du pouvoir à la guerre de Translavie. Il peint enfin les portraits de tous ceux qui nous dirigent, ceux que l'ont voit tous les jours à la télévision, et puis les artisans de l'ombre.

Résumé :

Il s'agit de la plus importante prise de parole publique de Michal Trëvenon, l'ancien premier ministre (président du Conseil des ministres) de gauche de la Gallouèse, depuis sa démission. S'adonnant à un exercice classique pour un ancien leader politique, le Gallèsant livre sont point de vue sur ses seize années de règne (le plus long mandat de l'histoire démocratique du pays) dans un mémoire d'environ 300 pages. Habitué à un langage simple des phrases chocs, Trëvenon va à l'essentiel et passe en revue la plupart de ses décisions sur la scène intérieure. Le lecteur étranger sera sans doute déçu par le nombre modéré de pages dédiées à la diplomatie ou aux grandes crises mondiales, mais il trouvera dans ce livre un beau panorama de la Gallouèse au XXIe siècle.

Le récit n'est pas construit sur une base chronologique comme on pourrait s'y attendre. Si, de fait, les grandes lignes de la chronologie sont respectées, le cœur de la construction narrative est plutôt la peinture d'une galerie de portraits, les différents personnages que Trëvenon a rencontré au cours de son parcours. Ces portraits concernent des personnalités politiques de premier plan ainsi que des dirigeants étrangers et des chefs d'entreprise, mais aussi beaucoup de collaborateurs, de proches ou de membres du personnels du palais des Capucins.

Le livre contient, comme on s'y attend, des révélations sur les coulisses du pouvoir. Rien en revanche qui puisse faire scandale ou marquer durablement les esprits. Le texte est plus intime ; le président y donne son sentiment sur tout en tas de choses, pas toujours des sujets politiques de premier plan d'ailleurs. Il se garde aussi d'évoquer des événements qui se sont passés après sa démission.

En lisant entre les lignes, on peut toutefois découvrir quelques informations sur la guerre de succession à son poste. On apprendra les dessous de sa relation avec Drian Yvimpt, son candidat officiel pour la primaire du parti, qui n'a reçu qu'un tiède soutien ; on se délectera surtout du portrait de Vanwe Piotroff, ex-ministre des affaires étrangères, sans doute l'un des plus aboutis, plein de contradictions.

Évidemment, obligé de l'exercice, Trëvenon justifie certaines de ses décisions les plus controversées. Néanmoins, on ne plonge pas dans le plaidoyer de la défense ici. La bonne cote de popularité de président en fin de mandat lui permet sans doute de ne pas s'éterniser là-dessus. Enfin, Trëvenon réserve quelques balles pour son rival, Majëul Farche, à l'heure où la fragilité du gouvernement social-libéral pourrait lui permettre d'arriver au pouvoir. Le successeur de Trëvenon, Urvoit Nàsier, est en revanche plutôt épargné.

Extrait : VII

« Quand il a fallu constituer un gouvernement, je me suis à nouveau retrouvé dans le bureau de Vanwe Piotroff. Ce bureau de premier secrétaire, je venais à peine de le lui laisser, et à vrai dire, je ne l'ai pas trouvé très différent d'à mon départ. La différence, c'était que cette fois-ci Piotroff ne siégeait plus au gouvernement, et que moi, oui. J'étais venu ici avec une liste sur laquelle il ne figurait pas. Ça me semblait évident qu'il ne pouvait pas cumuler les deux fonctions. Il avait un feutre bleu avec lequel il devait griffonner, barrer, souligner, des noms et des ministères. À ma sortie de ce bureau, Vanwe Piotroff était sur ma liste. Une semaine plus tard, il était ministre des affaires étrangères.

Sur le moment je l'ai eu mauvaise, il faut le dire, mais je savais que je n'avais pas les coudées franches pour gouverner comme je le voulais. Par la suite, j'ai trouvé en Piotroff un allié de poids et un collaborateur compétent. Je ne m'intéressais pas beaucoup à la diplomatie et lui, à ma grande surprise, y a vite pris son pied. C'était devenu son sujet de prédilection, sûrement parce que je lui laissais le champ libre. Il était minutieux, appliqué, et il abattait un travail monstrueux. Même s'il a dû laisser les rênes du parti moins de deux ans plus tard. Je croyais rencontrer un grand esprit du temps.

Et puis en 2005, le choix que Vanwe Piotroff m'avait fait faire m'a été d'une grande aide. Je ne l'ai jamais caché, je voulais me débarrasser du Front, faire une coalition socialiste, à ma sauce. Sans lui sans doute je n'y serais jamais parvenu. Il avait un grand sens politique et une maîtrise des institution qu'il avait contribué à créer en 1990. Il avait aussi le sens du devoir, et je crois sincèrement que Vanwe Piotroff est un homme d'idées. Lorsque qu'il a ses idées, il les suit jusqu'au bout, jusqu'au succès comme à l'échec, hélas. Mais lorsqu'il se met aux services des projets collectifs, il est un atout de poids, même un atout nécéssaire, qu'il faut avoir auprès de soi. »

Commentaire : La sortie du livre a été un événement en Gallouèse. Il a été traduit immédiatement en français, pour honorer la minorité francophone du pays, et c'est dans cette version qu'il a touché un public international. La critique a largement salué l'œuvre littéraire, se réjouissant que ce ne soit pas « un simple règlement de compte politique comme il y en a pléthore, mais un vrai exercice de littérature populaire, et un témoignage précieux » (La Gazette Gallo).
Le livre a également amené beaucoup de personnes citées à réagir sur la façon dont elles avaient été portraiturées. De ce fait, la séquence médiatique a été vive et les ventes ont été excellentes. Trëvenon a fait part de son intention de reverser une « large part » des royalties à une association caritative.
Les détracteurs de l'ouvrage l'ont qualifié de « fausse promesse », visant l'absence de révélation majeure. « Je n'ai jamais promis de révéler des secrets d'état » a répliqué l'auteur.

Auteur : Michal Trëvenon est un homme politique gallèsant. Après avoir passé plusieurs années au gouvernement (agriculture puis économie), et avoir dirigé la principale formation de gauche du pays, il a dirigé le duché entre 2002 et 2018.
Éditeur : Éditions Lornay, Gallouèse
Date de publication : 1er décembre 2018
Pays producteur(s) : République Fédérale du San Youté
Catégorie : Narration / Essai / Esthétique littéraire / Littérature graphique

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Nom de l’œuvre : Resistencia (version non-censurée)
Genre ou thème abordé : Histoire / Guerre
Résumé :
Le livre raconte le parcours de Lutaz’u et Saluta’k, deux indigènes qui vont parcourir le San Yanta'l (Empire pré-colonial qui est l’ancêtres du San Youté, un empire qui a réussi à unifier les populations indigènes pré-colonial et qui disparaît lorsqu’il est envahi par la Youslevie en 1615.) à la rencontre des différentes tribus qui peuplent un empire alors en pleine guerre avec la Youslevie.
Lutaz'u est le fils d’un militaire Zajuli’o, alors que son père et sa tribus et tout l’empire entame un conflit perdu d’avance face aux colons de la Youslevie, Lutaz'u est envoyé pour parcourir l’empire pour porter différents messages, politiques où militaire.
Saluta’k, qui est introduite plus tard dans le roman, est la fille d’un riche commerçant de l’ex-Empire Solos (Empire pré-colonial extrêmement ancien et belliqueux.
Rival du San Yanta'l, il est annexé par ce dernier après un conflit d’envergure entre les deux empires.).
Elle accompagne Lutaz'u pour échapper à la guerre et aux raids des yousleves.

Le livre est segmenter de telles sortes que
Chapitre I :
Le premier chapitre est un chapitre d’introduction et de contextualisation, il est bref et essaie de ne pas faire artificielle.
Pour l’auteur, il permet de projeter le lecteur et de lui enseigner le contexte dans lequel vont évoluer les personnages du roman.
Pour la narration, c’est le chapitre qui positionne le personnage dans le monde : sa personnalité y est dépeint et évidemment la mission salvatrice qui va le guider aux travers du livre lui est confiée.
Le chapitre finit sans grande surprise par le départ de notre protagoniste.

Chapitre II :
Le chapitre commence par une focalisation interne de Lutaz'u, la personnalité du personnage continue d’être développée alors qu'il marche à la rencontre de la première tribu qu’il doit rencontrer.
Durant ses trajets, on comprend sa naïveté et on comprend qu’il ne saisit pas les enjeux et l’importance de sa mission.
Après ce passage, il arrive à la rencontre de la première tribu, la tribu Zanute’k.
Lutaz'u est accueilli avec prestige par les chefs, il participe Ă  un banquet, rend hommage dans le temple et rencontre la population.
Durant ces événements, on comprend que la tribu, comme Lutaz'u, n’a pas conscience de ce qui se passe et ne se prépare pas à la guerre, le parallèle avec la scène de début de chapitre est assez facile à réaliser.
Lutaz'u repart ensuite sur les routes.

Ce chapitre sert à poursuivre le développement du personnage en le présentant comme ce qu'il est : un picaro.
Chapitre III, IV et V :
Ces trois chapitres n’ont rien de spécial quant aux développements du personnage et font simplement avancer la narration.
Au cours de ces chapitres, Lutaz'u rencontre trois tribus.
Chapitre VI :
Ce chapitre voit l’arrivée de Lutaz'u dans l’ex-Empire Solos, il tente de rencontrer les instances de la région mais se fait refuser, au final c’est l’ensemble de la cité qui se révèle hostile à notre protagoniste.
Au cours de son exploration de la cité, Lutaz'u fait la rencontre de Saluta’k, la fille d’un riche marchand qui l’héberge, les deux se lient alors d’amitié.
Au cours de la nuit, nos deux nouveaux compagnons rencontrent la guerre pour la première fois : au cours de la nuit, l’armée yousleves mène un raid sur la cité, les combats sont brutaux et nos deux personnages sont obligés de tuer pour pouvoir s’enfuir.
Le chapitre se termine sur leurs fuites.
Chapitre VII :
Ce chapitre raconte la traversée de nos deux protagonistes pour échapper à l’armée yousleves qui les pourchasse.
Évidemment, les deux vont alors faire connaissance et leurs caractères vont se faire face.
Chapitre VIII :
Ce chapitre est une continuité du précédent, les deux continuent leurs périples à travers la nature et la jungle du San Yanta'l.
Chapitre IX :
Ce chapitre est un des chapitres majeurs du livre.
Au cours de ce chapitre, nos deux protagonistes poursuivent leurs avancées, mais les deux tombés dans une embuscade d’une patrouille yousleves.
Un violent affrontement éclate mais à deux contre neuf, Lutaz'u est tué à la surprise générale et Saluta’k est fait prisonnière.
Chapitre X :
Ce chapitre raconte la détention et la déportation de Saluta’k a travers différentes prisons yousleves, elle y fait différentes rencontres : Zulot’y, un vieillard qui fait office de figure paternelle lors de la détention de Saluta’k, il finit assassiné, Saqur’o, il est un guerrier lui aussi capturé lors d’une embuscade et Nubi’u, le frère de Saluta’k qui est assassiné pendant sa détention.
Le chapitre se termine par la déportation de Saluta’k à Maracaillbosse plusieurs années après sa capture alors qu'elle est réduite en esclavage.
Chapitre XI :
Le chapitre onze marque un nouveau tournant puisque durant le chapitre, Saluta’k s’échappera de sa condition en menant une insurrection avec plusieurs groupes d’esclaves.
Il s’agit d’une référence à la révolte des indigènes en 1620, une insurrection menée par plusieurs groupes d’esclaves et d’indigènes à Maracaillbosse, elle est matait dans le sang.
Saluta’k vit cette révolte et la répression qui s'ensuit mais parvient à fuir la ville pour survivre.
Chapitre XII :
Le douzième et dernier chapitre du livre raconte la manière dont Saluta’k vit la fin du conflit et l’occupation totale du San Youté.
Il raconte aussi la manière dont elle réussit à s’intégrer à la vie post-conflit.
Le chapitre s'achève sur une rétrospective plusieurs années plus tard nous montrent ce que devient le San Youté et Saluta’k.

Commentaire :
À sa sortie, le livre connaît un succès critique majeur, il est acclamé par la presse et le public.
Il devient rapidement un best-seller.
Le livre traite du passé colonial du San Youté, notamment les violences commises par la Youslevie au population native, des propres dires de l’auteur, l’ouvrage s'inscrit dans le mouvement natif.
Ainsi, le livre dénonce la colonisation du San Youté mais au-delà, il dénonce la colonisation en général.
Il critique aussi la manière dont le San Youté traite son passé et ses relations avec la Youslevie, cela lui vaudra d’ailleurs passage par la censure au livre.

À la question : pourquoi ne pas avoir fait directement un traité où un essai ?
L’auteur répond en interview que c’est un choix artistique mais surtout qu’un roman de fiction facilite la compréhension et la largeur du public cible du livre.

Auteur(s) : Mario Dingra
Présentation de l’auteur : Mario Dingra est un auteur populaire du San Youté qui est né le 27 octobre 1977 dans la banlieue de Maracaillbosse.
Il connaît une enfance marquée par la pauvreté des bidonvilles de la capitale et se tourne vers l’écriture pour fuir cette réalité parfois violente.
Cette passion pour l’écriture va être une véritable bouée pour lui et lui permettra de subvenir à ses besoins dans ces premières années de majorité en vendant des nouvelles publiées dans les journaux.
En 1993, il profite des nouvelles libertés acquises suite à la fin du régime communiste pour politisé c'est écrit, c’est à ce moment là qu’il enchaînera les succès.
En 1996, il sort Libertadores , il s’agira de son plus gros succès mais il lui vaudra aussi de nombreux litiges avec les autorités puisque le livre dénonce un passé que le San Youté souhaite enjoliver.
En 1997, il s'exile à l’étranger pour pouvoir écrire et publier librement.
Il retourne au San Youté en 2004 lorsque le nouveau gouvernement le réhabilite mais il reste extrêmement critique vis-à -vis du pouvoir et s'exile une seconde fois.
En 2011, il s'oriente vers une écriture historique jugeant avoir fait le tour de ce qui l’avait à dire, il rentre ainsi au San Youté.
En 2012, il sort son premier roman historique :Gloria por Vargas, un ouvrage qui raconte la vie de Mateo Vargas, héro de l’indépendance du San Youté.
En 2016, il sort son dernier livre en date, Resistencia, un livre qui traite de la colonisation du San Youté et qui connaît un succès critique.
Date de sortie : Le livre est publié le 30 août 2016.
Il est publié par la maison d’édition “Yun”.
Couverture du livre

Pays producteur(s) : Costa Sueñoleja
Catégorie : Narration
Nom de l’œuvre : Missile urbain (Misil urbano en version originale)
Genre ou thème abordé : Fiction transgressive, Drame psychologique, Satire sociale, Comédie noire, Dystopie
Résumé : À la suite d'une guerre idéologique mondiale et destructrice dans un futur furieusement proche, le monde entier a été unifié par le ONE, le conseil technocratique qui a banni les croyances infondées et les émotions pour créer une civilisation de la science gouvernée par la raison pure et l'efficacité mécanique.

Vingt ans plus tard, le régime est frappé par une vague de criminalité et de vandalisme sans précédent portée par des bandes de jeunes en révolte contre le seul système qu'ils aient connus et voient l'anarchie comme leur seule marque de différenciation dans un monde de plus en plus uniformisé, le chaos comme la seule réponse à l'ordre de la science pure, la violence comme leur seul moyen de se sentir véritablement humains dans une société qui ne les voient que comme des rouages de la machine civilisationnelle.

Le roman suit l'agent Whitepage, jeune recrue du ONE désireuse de faire ses preuves, qui se porte volontaire pour infiltrer l'une de ces bandes en révolte et identifier ses principaux meneurs et fera la rencontre de l'énigmatique Ludovico Solip, magnétique meneur des foules et passionné de philosophie et de littérature qui l'initiera à sa vision du monde et l'entraînera dans sa croisade contre la logique universelle et les faux semblants. Mais l'homme de savoir distingué ne tardera pas à montrer une part plus sombre et cynique de lui-même.

Résumé détailléMissile urbain se présente sous la forme d'un long témoignage écrit par un homme seulement nommé Whitepage qui se décrit lui-même comme un officier du renseignement réputé, respecté et récemment retraité et qui souhaite raconter en détail sa première mission importante alors qu'il n'était encore qu'un jeune bleu à peine recruté par les services d'enquête de l'Organisation des Nations Éclairées, ou ONE, la puissance fédérale et bureaucratique qui domine le monde sous la direction d'un conseil technocratique des plus grands savants de toutes les disciplines scientifiques chargés de prendre toutes les décisions majeures et de définir les grandes lignes politiques de la planète à l'aide de la raison et de la science pures, bannissant du pouvoir politique toutes les croyances et les émotions à l'origine des doctrines idéologiques qui ont mises le monde à feu et à sang pendant des siècles pour les remplacer par un dogme unique, commun à tous et absolu car fondé sur des faits matériels, avérés, irréfutables et dénué de toute conception morale et de toute opinion personnelle qui seraient des obstacles à l'harmonie et à l'unité du peuple.

Dans les faits, ce "régime de la raison" se traduit notamment, pour la population, par une déconstruction de la culture et de la tradition d'une part (remplacement des fêtes et des jours fériés traditionnels par des jours de repos réguliers et de "célébration de la science" séparés par des périodes de travail dont la longueur est ingénieusement calculée pour maximiser la productivité, abolition du mariage et de la monogamie qui réduisent la natalité pour des raisons purement sociales et dépassées, rejet de la religion en faveur d'un "culte de la raison", censure des œuvres d'art moralisatrice ou faisant l'éloge d'un mode de vie ou de pensée "arriéré"...) et par une exaltation du travail et de la productivité (facilités par l'usage désormais systémique de la robotique et de l'intelligence artificielle) d'autre part, l'objectif étant de procurer un confort maximal à la population en augmentant sa consommation de biens et de loisirs, la production et la consommation étant des valeurs économiques utilisées par le ONE pour quantifier le confort alors que le bonheur un concept philosophique mal défini qui ne peut qu'être rejeté en bloc par un gouvernement un tant soit peu sérieux. Le ONE s'échine donc à produire en masse tous les biens nécessaires au confort de sa population et lui procure de la distraction grâce à des œuvres audiovisuelles créées pour lui procurer du plaisir et des émotions positives plutôt que de la tristesse, de la peur ou de la colère comme certains auteurs sadiques aimaient le faire dans l'ancien temps, à l'époque où il n'y avait pas de Stopolarm, sorte de psychotrope créé pour endormir les émotions et procurer une sensation de plaisir et de profond réconfort.

Au début de l'histoire, plus d'une vingtaine d'années après la création du ONE, cette société utopique, où règnent la paix et l'harmonie et où le jugement des hommes n'est plus obscurci par leurs préconceptions infondées ou leurs passions destructrices, est pourtant frappée depuis peu par une recrudescence de la violence et de la criminalité, des comportements que l'on croyait éteints ou presque. En effet, les grandes villes voient apparaître des dizaines de bandes de jeunes, composées essentiellement d'hommes adolescents ou adultes d'environ vingt ans, qui multiplient les vols, les actes de vandalisme et les agressions contre des personnes au hasard, plongeant plusieurs quartiers entiers dans la peur et l'angoisse. Le ONE, persuadé que ces bandes ne se forment pas spontanément et que leurs membres sont menés par des individus dérangés qui profitent de leurs esprits malléables pour les entraîner dans leur folie anarchique, après avoir organisé plusieurs opérations de police infructueuses du fait du manque de coopération des locaux, décide d'envoyer un agent infiltrer l'un de ces mouvements pour en identifier le leader afin de l'appréhender et de provoquer la dissolution de son mouvement.

C'est ici que l'on retrouve l'agent Whitepage, recruté quelques mois auparavant et qui cherche à prouver sa valeur auprès de ses supérieurs, n'ayant jusqu'ici eu que des enquêtes sans importance, en se portant volontaire pour cette mission d'infiltration malgré la méfiance de ses supérieurs qui ne le pensent pas prêt et le préviennent qu'un autre agent, Greengarden, avait déjà été envoyé avant lui et n'a plus donné de nouvelles depuis plusieurs semaines, probablement après avoir été découvert et assassiné. Cependant, face à son insistance et en l'absence d'autres volontaires, les officiers du renseignement acceptent de donner l'enquête à Whitepage et lui fournissent, pour ce faire, deux objets : un appareil ressemblant à un smartphone et cumulant les fonctions de téléphone portable, d'appareil photographique et de traceur GPS, et les clés d'un petit appartement situé dans un quartier d'une ville anonyme particulièrement touché par ces violences.

Whitepage commence sa mission dans un bar populaire qu'il sait très fréquenté par les jeunes et dans lequel il patiente plusieurs heures sans rien remarquer d'anormal, constatant cependant que plusieurs clients affichent des airs fatigués ou des bleus. Le soir venu, il remarque néanmoins l'entrée bruyante d'un trio d'adolescents rigolards et déjà ivres qui se vantent de plusieurs larcins et avec qui il commence à discuter en laissant entendre son ras le bol et son dégoût pour l'autorité, lui permettant de se rapprocher du groupe et de l'accompagner pour une "nuit d'hyper-violence", consistant essentiellement à faire la tournée des bars, taguer des obscénités sur les murs et tabasser des individus au hasard pour leur voler leurs affaires, vêtements inclus. Le groupe se réunit plusieurs nuits d'affilés pour commettre des agressions et des vols similaires sur des personnes au hasard au dégoût de Whitepage avant que ses compagnons ne l'introduisent dans une réunion du "Grand Ludovico" se tenant dans un hangar désaffecté, ce dernier semblant être une sorte de meneur pour eux, prêchant l'anarchie et le refus de l'ordre et de la moral et encourageant ses partisans à se gouverner eux mêmes indépendamment de toute forme d'autorité. Une fois son discours terminé, il se présente à lui et commence à le questionner sur sa philosophie puis le "Grand Ludovico", de son vrai nom Ludovico Solip, propose de le mettre sous son aile et d'habiter avec lui (dans un immeuble désaffecté où s'entassent une vingtaine de ses partisans) plusieurs jours pour lui enseigner plus facilement sa vision du monde.

La suite du roman est essentiellement consacrée à l'éducation de Whitepage par Ludovio Solip, ce dernier passant d'abord l'essentiel de ses journées à vagabonder en ville pour voler dans les magasins ou commettre des délits mineurs et ses soirées à écouter de la musique classique, lire des livres anciens et regarder de vieux films souvent triste, violents ou effrayants qu'il dit particulièrement apprécier parce qu'ils transmettent des émotions jugées négatives que l'être humain a toujours cherché à fuir alors qu'elles font partie intégrante de son identité et de ce qui fait de lui ce qu'il est. Alors que Ludovico Solip et ses partisans augmentent en violence, multipliant les destructions de biens pour "en libérer les propriétaires et leur permettre de chercher une autre voie vers le bonheur que celle de l'accumulation d'objets", les agressions sur des personnes choisies au hasard "pour leur enseigner, par la peur et la douleur, l'étendue du spectre de l'émotion humaine" et ainsi "les aider à se sentir véritablement vivants en leur faisant reprendre conscience de leur chair", Whitepage est de plus en plus convaincu par ses idées dont la finalité semble être de démontrer l'absurdité de développer une forme de rationalité universelle et d'utiliser la violence comme un moyen de faire entendre son inconfort et son insatisfaction et d'ainsi renverser un régime qui réprime l'humanité et enferme l'être humain dans un modèle de conformité.

Cependant, alors qu'il commence à s'intégrer réellement à la bande et à prendre part à ses actions, il constate avec étonnement que Ludovico et ses acolytes continuent leur escalade dans la violence avec des actes de plus en plus extrêmes (meurtre, viol, terrorisme...) et que son discours change radicalement pour renvoyer l'image d'un homme égocentrique qui se présente comme un prophète qui "transforme des êtres léthargiques et amorphes en des surhommes qui s'élèvent au dessus de la masse en se libérant de toute forme d'autorité morale ou politique" et accuse tous ceux qui restent dans le système d'être des "esclaves volontaires" qui, de fait, n'ont aucune autre raison d'être que de les servir et de répondre à tous leurs désirs, la satisfaction immédiate de tous les désirs et de toutes les pulsions étant décrites par Ludovico comme la seule voie véritablement sûre vers le bonheur et devant donc être la priorité absolue de l'être humain. Confus par ce retournement, Whitepage essaye de raisonner Ludovico en vain pendant que les forces spéciales du ONE commencent à se déployer en masse dans la zone pour réprimer brutalement et aveuglement la population en réponse au chaos provoqué par sa bande.

Alors qu'il traîne dans les bars en réfléchissant à la meilleure façon d'agir, tiraillé entre sa fidélité envers l'individu qui lui a ouvert les yeux sur les failles du monde dans lequel il vit et son dégoût pour ses méthodes dénuées de sens, il rencontre par hasard Greengarden, l'agent disparu qui avait, tout comme lui, fait défection en faveur du Grand Ludovico. Ce dernier affirme qu'il n'a jamais été aussi heureux depuis qu'il a rencontré Ludovico, qui lui a permis de tisser des liens solides avec de véritables êtres humains et de se sentir réellement vivant mais, en l'écoutant, Whitepage se rend bien compte qu'il est totalement obnubilé par Ludovico et qu'il ne vit plus que pour la violence et l'opposition systématique à "l'état des choses" de la même manière que ceux qu'il déprécie vivent uniquement pour leur travail. Cette discussion le convainc de mettre fin à cette folie en retrouvant Ludovico Solip et en donnant sa position aux agents du ONE pour qu'il le capture mais, une fois cela fait et alors que Ludovico lève les mains en l'air sans agressivité, récitant simplement un petit discours dans lequel il affirme avec exemples qu'il est plus facile d'entrer dans la mémoire collective en faisant de mauvaises choses, assurant que son nom entrera dans l'Histoire mais que les agents venus l'arrêter resteront anonymes, ces derniers ouvrent le feu et l'abattent. Le récit de Whitepage s'arrête au moment précis où le Grand Ludovico rend son dernier soupir.

Whitepage résume ensuite les événements survenus au cours des années suivantes, racontant notamment que la mort du Grand Ludovico n'a en réalité aucunement mis fin aux violences qui n'ont, au contraire, fait que redoubler, ce dernier n'ayant jamais été autre chose qu'un petit chef de bande parmi tant d'autres, menant des jeunes qui partageaient déjà son malaise avant de le rencontrer, contraignant le ONE à faire lui-même preuve d'une plus grande violence pour réprimer plus durement les mouvements insurrectionnels pour préserver son modèle jusqu'au bout allant jusqu'à se réorganiser en Organisation des Nations Fortes, l'autopréservation remplaçant la raison comme son nouveau dogme absolu. Whitepage raconte également la suite de sa carrière dans les renseignements, que la mort de Ludovico a effectivement servie à lancer bien qu'il soit, contrairement à ce dernier (qu'il considère, malgré ses actes abjectes, comme le seul ami qu'il n'ait jamais eu en tant que seul être humain qu'il ait véritablement connu), resté complètement inconnu du grand public. Il explique notamment que cette expérience l'a vidé de toute opinion politique ou idéologique en lesquelles il ne croit plus et s'être consacré entièrement à son travail pendant tout le reste de sa vie, considérant tous les plaisirs comme futiles et l'opposition au système en place comme vain, celui-ci ne pouvant être remplacé que par un autre modèle qui ne mettra aucunement fin à la pénibilité de l'existence.

Commentaire :

Net et cassant, Carío Palacàn nous décrit une nouvelle fois, dans un propos qui ne s'embarrasse d'aucune figure de style superflue ni d'aucune description alambiquée, un monde froid et cruel où, plutôt que l'amour ou la compassion, l'hyper-violence gratuite et dénuée de tout fondement est devenue aussi normale que manger ou respirer. Une lecture dont on ne sort pas indemne.
La Prensa Libre, 9 Février 2019


Une oeuvre pleine de symboles et lucide sur le monde chaotique dans lequel nous vivons.
Le Bouquine Club, 11 Février 2019


Avec Missile urbain, Carío Palacàn récidive dans ce qu'il fait de meilleur : décrire une civilisation en déliquescence où plus rien ne dure ni n'a la moindre valeur, mettre en mots la détérioration progressive des groupes sociaux, de la famille et des rapports entre individus humains, la mise en avant de la science et de la raison au détriment de la religion qui contraint l'être humain à un regard plus lucide sur un univers qui lui parait insupportable et le pousse à le fuir dans des mondes imaginaires virtuels ou des utopies fantasmées, l'usage de plus en plus en plus systématique de la violence pour imposer ses idées à une époque où on ne se construit plus qu'en opposition au système... C'est un regard nihiliste et moqueur sur un monde absurde, chaotique et incohérent qui ne sait plus à quoi s'accrocher pour ralentir sa chute au fond du gouffre.
Le Coin des Lecteurs, 15 Février 2019

Analyse détaillée"Direct et incisif, Carío Palacàn, auteur réputé pour des succès comme Les frelons de la ruche ou La vie rêvée, décrit, avec la même violence crue qui a fait ses précédentes œuvres et qui n'épargne le lecteur d'aucun détail sordide, un monde en décomposition et en recherche de nouveaux repaires, désabusé par un système capitaliste et consumériste qui rejette toute forme d'enchantement spirituel et aliène l'être humain à son travail en échange de petits plaisirs éphémères (la télévision, l'accumulation d'objets, le sexe sans lendemain...), et qui ne voit que la violence pour se sentir à nouveau complètement vivant. Une violence d'ailleurs omniprésente tout au long du récit dont elle est le sujet central : la violence insurrectionnelle et chaotique des bandes de révoltés qui ne s’embarrassent pas de se trouver une cible précise tant qu'elle suffit à les faire remarquer, la violence institutionnelle de l'ordre étatique qui y répond par une brutalité parfois plus extrême encore tant il est persuadé d'incarner un idéal de perfection utopique qu'il faut défendre à n'importe quel prix, quitte à aller à contre-courant de ses propres valeurs, mais aussi la violence passive d'une population civile rendue apathique qui ne cherche même pas à s'en défendre tant elle leur apparaît comme la seule forme de rupture de leur monotonie (façon de dénoncer par l'ironie la passivité des populations des pays développés face aux conflits qui ravagent les États les plus pauvres dans la réalité). Elle permet à l'Homme de se faire entendre, d'imposer ses idées par la force, de le purger de sa frustration et de sa colère, de lui obtenir ce qu'il souhaite. Elle lui donne accès à des émotions sans doute négatives mais néanmoins plus véritables et plus puissantes que celles auxquelles il pourrait accéder avec n'importe quel objet de consommation ou n'importe quelle oeuvre d'art standardisée. Elle va à l'encontre de l'éducation qui lui a été prodiguée et de la morale qui lui a été transmise et, de ce fait, elle conteste toute forme d'autorité antérieure à lui-même et dont il n'a pas édicté les principes. Enfin, elle permet à l'Homme violent de s'élever au dessus de la masse d'hommes conformés et de ne plus être réduit à un numéro ou à une statistique mais à une personne reconnue pour ses actes personnels, aussi affreux soient-ils.

Cependant, si Missile urbain décrit la violence comme une caractéristique naturelle de l'être humain qu'il est vain de chercher à limiter et présente les personnes ouvertement violentes comme plus pures et honnêtes que celles qui se refusent à l'être pour se conformer aux attentes de la société moderne, Carío Palacàn ne la glorifie jamais et n'en fait pas un modèle de pensée à imiter et à mettre en pratique dans le monde réel. En effet, l'hyper-violence du personnage de Ludovico Solip, dans un premier temps décrite par lui-même comme une révolte contre l'autorité et contre la morale imposées et pour la libération de l'Homme, se révèle finalement dénuée de toute logique politique, ses attaques ciblant presque exclusivement une population civile dont le régime n'a que faire et n'ayant pour seul et unique objectif que de répondre à ses désirs immédiats et de l'imposer comme une sorte de sur-homme quasi divin adulé de ses partisans. Ainsi, les nombreux actes de violence extrême décrits tout au long du récit ne solutionnent rien et ne servent jamais à faire avancer un quelconque projet révolutionnaire tel que nous, lecteurs, pourrions nous le figurer et, de fait, l'état du monde décrit à la fin du livre se révèle en tout point similaire à celui qu'il était à son début si ce n'est que l'État de Science qui le gouverne tend à sombrer lui aussi dans une violence déraisonnée qu'il considère comme essentielle à sa propre survie, la brève apparition de l'ONF, successeur logique du ONE mentionné dans les dernières lignes du récit et qui l'a vraisemblablement remplacé entre le moment où Whitepage raconte son histoire et l'époque où cette histoire se déroule, semblant d'ailleurs indiquer que n'importe quel régime confronté à un mouvement insurrectionnel devra un jour choisir entre la chute et la répression brutale de l'opposition sous la forme d'un régime totalitaire. De plus, Ludovico Solip, à travers son "projet révolutionnaire", ne fait que s'acharner à détruire un système imparfait mais néanmoins fonctionnel sans jamais proposer de solutions alternatives pour le remplacer, laissant simplement entrevoir son désir de vivre dans un monde chaotique dénué de toute forme de règle, tandis que, dans le même temps, il reproduit dans son mouvement tout ce qu'il dit combattre : la violence et le crime n'ont pour lui aucun autre but que de lui procurer des plaisirs aussi éphémères que ceux qu'il dénonce et il réduit les personnes qui refusent d'intégrer son mouvement à des fantômes dénués d'âme voués seulement à combler ses besoins tandis que ses fidèles, qui, bien qu'à première vue plus heureux qu'ils ne l'étaient auparavant puisqu'ils ont désormais l'occasion de former des relations solides avec de véritables être humains de chair et de sang et d'ainsi se constituer un substitut de famille alors que le principe de "famille" est en voie d'évaporation, ne sont rien de plus que des pions à son service, le voient comme une divinité à laquelle ils doivent tout consacrer de la même manière que le ONE sacrifie les émotions pour la raison et la science pure. Le livre décrit donc une lutte à mort entre deux modes de pensés qui ne se distinguent que par leur forme, c'est-à-dire le discours qui les légitime, mais sont en tout point semblables sur le fond, menant tous deux à une forme d'autoritarisme aliénant qui réduit l'être humain à un simple engrenage utile au système, perdu dans l'immensité de la machine de l'Humanité.

Bien que Missile urbain se déroule dans une époque futuriste (certes très proche de la notre puisqu'il n'y est jamais fait mention de technologies s'apparentant à la science-fiction), il résonne particulièrement bien avec la situation du monde actuel, en ce début de XXIème siècle où nous constatons, partout dans le monde, une multiplication des mouvements révolutionnaires aux idées nouvelles et des renversements brutaux de régimes parfois en place depuis des décennies ainsi qu'une perte de vitesse progressive de la diplomatie au profit de la violence militaire entre États, menant à une polarisation du monde entre un bloc libéral et un bloc libertaire, tous deux persuadés d'incarner un idéal utopique foncièrement parfait et ne pouvant être convaincus du contraire que par l'usage de la violence comme on le voit ses dernières années avec les conflits en Retsvinie ou en Antarès et, bien que cela ne soit pas particulièrement développé dans le récit, il y est plusieurs fois fait mention d'une guerre mondiale de nature idéologique, celle-ci renvoyant bien sûr à ce sentiment de basculement du monde dans ces conflits de plus en plus fréquents partout sur la planète. Le roman a ainsi été plusieurs fois analysé comme une métaphore de ce monde bipolaire de plus en plus violent, le ONE symbolisant bien sûr le monde libéral et capitaliste et plus précisément les organisations internationales que sont l'ONC et l'OND, reprenant le caractère bureaucratique et la rhétorique de la raison et de la civilisation de cette dernière dont il est perçu comme la suite logique (le E succédant d'ailleurs au C et au D dans l'alphabet latin) tandis que les insurgés de Ludovico Solip peuvent incarner l'UICS, le LiberalIntern ou plus généralement les mouvements révolutionnaires du monde entier au sein desquels se développent des idées nouvelles cherchant à rompre complètement avec les modèles en place et ne trouvant aucun autre moyen de s'imposer que l'usage de la violence révolutionnaire (une autre théorie fait de Ludovico Solip une allégorie de la cité-État de Carnavale et de sa lutte contre le ONE une métaphore de la guerre OND-Carnavale analysée comme l'affrontement entre la raison et la déraison qui ne peut trouver une conclusion que dans la violence puisqu'il oppose deux éthiques opposées ne pouvant être contredites par aucun argument absolument fondé puisque l'éthique est par nature subjective, la vie humaine n'ayant aucune autre valeur que celle que l'on accepte de lui accorder, mais cette façon de voir Missile urbain, bien que sans doute en partie vraie, nous paraît moins intéressante.)

L'apathie des habitants confrontés à ces violences renvoient, quant à elles, aux populations civiles neutres des nations prisent dans ce conflit idéologique, lequel est devenu pour eux une normalité, qui sont prêtes à accepter n'importe quel changement de régime par désir de vivre en paix ou par simple désintérêt pour cette question. Le narrateur Whitepage lui-même appartient d'ailleurs sans doute à cette troisième catégorie : il n'a pas de véritables convictions personnelles, ne se portant volontaire pour sa mission non pas par volonté de défendre le ONE ou d'éliminer ce qu'il perçoit comme une nuisance mais seulement dans le but de lancer sa carrière et n'a pas non plus de vie privée, de famille, d'ami ou même de prénom connus et ne prend jamais aucune décision au cours des événements qu'il relate et dont il est pourtant un témoin direct, à l'exception de la décision d'y mettre fin. Il est un anonyme dont on ne sait pratiquement rien et qui, en l'absence d'opinions politiques ou de croyances idéologiques ou religieuses, adoptent les idées auxquelles il est directement confronté comme fondamentalement vraie, oscillant ainsi, au cours de son récit, entre un discours favorable au ONE puis à Ludovico Solip lorsqu'il le côtoie et de nouveau favorable au ONE au terme de sa mission. Il incarne ainsi une population qui, voyant le monde s'effriter lentement sans rien pouvoir y faire, s'accroche à n'importe quelle doctrine idéologique, n'importe quel culte religieux, n'importe quelle personnalité publique, n'importe quel symbole ou concept qui survivrait à n'importe quel gouvernement devenu éphémère et pourrait les protéger (ou leur en donner l'impression) d'une violence qui peut les frapper n'importe où n'importe quand, comme lorsqu'un régime centenaire s'effondre soudainement dans un bain de sang, lorsqu'un pays envahi son voisin du jour au lendemain ou bombarde sans prévenir un territoire situé à des milliers de kilomètres du sien ou lorsqu'un missile voyageant à une vitesse supersonique traverse la moitié de la planète en quelques secondes pour annihiler un être humain n'importe où dans le monde et jusqu'au cœur de la civilisation, dont l'image la plus notable est bien sûr la ville, unique lieu de l'action de Missile urbain.

Le missile urbain, c'est le symbole d'une civilisation qui rejette les règles sur lesquelles elle s'est établie pour sombrer dans une violence qu'elle juge plus à même de lui obtenir ce qu'elle veut plus immédiatement. Le missile urbain, c'est le symbole d'un monde prêt à exploser à tout instant."

Analyse complète du roman Missile urbain publiée sur le site AnalyseLivre le 3 Mars 2019

Auteur(s) : CarĂ­o PalacĂ n
Date de sortie : 2 Février 2019
2520
Pays producteur(s) : Dakora [République de l'Etat du Dakora (RED)]

Le livre en question : Mon combat pour le Dakora du Général Jean Lye, on y voit sur la couverture la population du Dakora acclamer son chef monté sur un cheval et tenant une petite fille.


Catégorie : À choisir entre : Essai / Esthétique littéraire / Littérature graphique

Nom de l’œuvre : Mon Combat pour le Dakora

Genre ou thème abordé : Essai politique

Résumé : Ce livre est un recueil consacré à la vie et à la pensée du Général Lye, chef de la République de l’État du Dakora. On y apprend comment cet ancien général makotan, qui commanda longtemps la Cavalerie de l’État du Makota, se mit du jour au lendemain en disponibilité pour organiser et entreprendre la reconquête du Dakora. Il y est aussi expliqué comment il a pris conscience de son devoir et comment, progressivement, il a compris que Dieu l’appelait à redonner vie à cette terre désolée, celle de ses ancêtres. Car par ce livre le Général Lye nous révèle en effet qu’il est en partie originaire du Dakora par sa mère. Après un témoignage introspectif sur sa vocation de sauveur du pays et sur son héritage familial, il détaille l’organisation concrète de l’Administration militaire qu’il a fondée, en exposant les raisons de chacun de ses choix, notamment en ce qui concerne la supériorité de l'armée sur les autorités civiles. Dans une dernière partie, empreinte d’une certaine emphase, il présente sa vision pour le Dakora de demain : un pays dépunkisé et régénéré qui, libéré de ses mauvais choix passés et de retour sur des bases saines, redeviendra la puissance qu'il n'aurait jamais du cesser d'être.
Commentaire : Il n’est pas besoin d’une grande perspicacité pour comprendre que cet ouvrage est avant tout une œuvre de propagande à usage interne de la République de l’État du Dakora et de ses communautés locales (chaque citoyen a reçu a exemplaire et son contenu est au programme des classes, les institutrices ayant obligation de le faire lire à leurs élèves) . Cela ne signifie pas que son contenu soit mensonger ou particulièrement insincère, loin de là. De plus l'œuvre est reconnue pour sa clarté et sa limpidité, tout du moins dans les bonnes intention qu'elle manifeste tout au long de ses pages. Simplement, il y a peu de chances qu'un tel ouvrage fasse changer d’avis quiconque : les partisans comme les adversaires de la refondation y trouveront probablement une confirmation de leurs convictions et aucun réel élément nouveau. Néanmoins, le livre présente un mérite indéniable, souvent souligné par la critique : il apporte une véritable épaisseur idéologique à l’entreprise de reconquête du Dakora, qui, jusqu’alors, semblait quelque peu légère sur le plan doctrinal et se bornait à être la tocade d'un officier supérieur à la retraite lourdement financé par des grands ranchers makotans motivés par des raisons que l'on devine assez peu philanthropiques.

Auteur(s) : Général Jean Lye, chef de la République de l'Etat du Dakora

Date de sortie : 20 avril 2018
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