06/11/2020
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Guerre dodécaliote (Interlude Acte 1-Acte 2): Le geste de Salvatore Lograno

RP MAJEUR (déclenchement d'un Acte)


Histoires dodécaliotes: Le geste de Salvatore Lograno


"Tout ce que j'ai reçu, on ne me l'a jamais donné. Toujours j'ai arraché ce qui m'a été dû, et il n'y a rien que je n'ai mérité."
Gina Di Grassi (Mai 2019)

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On dit des fêtes et des beuveries de la villa de Salvatore Lograno, qu'elles furent si grandes en excès, en abus en zèle, qu'elles étaient si interminables, qu'elles marquèrent l'imaginaire des velsniens et des autres dodécaliotes bien au delà de la petite cité de Volterra. Parfois, on ne vit pas Lograno des jours durant dans le cadre de ses devoirs de gouvernant, car il était bien trop occupé à ne point dormir, et voir son esprit lui jouer des tours enfiévrés. Des flots de vin landrin et velsnien, du wiskey celtique, de l'alcool parfumé teylais... le palet des convives du Protecteur de Volterra touchèrent tous les spiritueux qu'il fut possible d'imaginer sur Terre. Et quand le vin manquait, même la bière de mais des mercenaires icamiens étaient mis à contribution des rêves brouillés de Lograno. L'Homme dormait peu, s'activait sans jamais s'arrêter. Et à chaque beuverie, les mêmes sons de cloche retentissaient dans toutes les oreilles: Salvatore Lograno allait tous les rendre riches, Salvatore Lograno allait tous leur faire atteindre un endroit presque mystique, onirique, où ceux ci ne manqueraient plus jamais de rien. A bien des égards, Lograno cherchait le paradis. Un paradis païen. Oubliez les conseils et autres réunions, la plupart de ses décisions étaient prises en ces lieux, au cours de ces nuits sans eau et pleines de vinasse dont le prix rendrait fou tous les comptables et greffiers de l'univers. Les plans sincères se mêlaient sans cesse aux divagations et aux discours brouillons, partant dans toutes les directions à la fois. Salvatore Lograno était fidèle en amitié, et je pense que son affection pour ses soldats et ceux qui le suivaient jusque dans la bouche de la mort était sincère: malgré sa malice, sa fourberie et tous ses défauts, il aimait ses suivants. Mais il est coutume de dire que les rêveurs nous épuisent autant qu'ils nous fascinent. Etre compagnon d'armes de Salvatore Lograno, c'était vieillir de dix années pour chaque révolution du soleil. Lograno voulait courir toujours, qu'importe la direction à partir de l'instant où il ne resterait pas immobile plus d'un instant. Il était un parvenu de mille passions: il n'avait de foi qu'en lui-même, mais était dans le même moment fasciné par la religion. Il jetait l'argent par les fenêtres et le dépensait comme si il était sans fin, mais il avait conscience dans le fond, qu'une fois épuisé, c'était sa force vitale, sa seule source de légitimité qu'il perdrait. Il avait un un grand mépris du passé et de l'Histoire, quand dans le même instant, il se rêvait en héros des temps anciens, tel un Erwys Gwyndel franchissant les cols du Tarsus pour attaquer la cité velsnienne. Il maudissait la vieille aristocratie fortunéenne, mais dans le fond, les enviait d'une source d'autorité que lui, ancien gamin des rues, n'atteindrait jamais aux yeux de leur petite société. Mais tout cela pour quoi faire ? Pourquoi...

Cette question était celle que le Protecteur de Volterra, parmi toutes, fuyait grâce aux paroles de ses compagnons durant ces beuveries, et surtout grâce au renfort de l'alcool et de ses effluves. Elle revenait dés lors que le soleil revenait et que la torpeur se dissipait. Quand la raison revenait, il n'y avait plus d'épopée héroïque, plus de camaraderie et de rigolade entre lui et ses compagnons, plus de rêves au coin du feu. Il n'y avait plus que lui et le vide: le trou sans fond, le néant, la fin de tout, la vieillesse, la décomposition et la mort. Ne rien faire, c'est mourir une première fois, la vitesse et la frénésie, c'est la vie à son paroxysme.

C'est au terme de l'une de ces nuits, lorsque le vent vint caresser le visage du Protecteur qu'il ouvrit les yeux, allongé à moitié nu sur la table de son bureau, avec un unique drap fin pour pudeur. La vue de la campagne volterrane et de ses chants d'oiseaux marque un temps d'arrêt, où l'espace d'un instant, il consenti à ne rien faire: des instants trop rares pour ne pas nuire à la santé d'un homme qui ignorait qu'il était aussi mortel et faillible que tous les autres. Et l'espace de cet instant: le vide absolu. Et une pointe de tristesse qu'il s'agissait de fuir au plus vite. Il était là, ce sentiment, celui de la mort. Toujours cette fuite en avant vers des objectifs plus grands: de la rue au mercenariat, du mercenariat aux affaires, des affaires à la prise de Volterra, et enfin, de Volterra à la Dodécapole. Où s'arrêter ? Quand s'arrêter ?

" J'ai soif et j'ai faim.", pensa t-il, jetant son regard partout où il pourrait trouver autre chose que des bouteilles de vin vide jonchant le sol.


La porte toqua à grand bruit, et Lograno fit don de sa voix enrouée et cassée, s'échappant si discrètement de sa bouche qu'il fut fort probable qu'on ne l'entendit pas de l'autre côté: "Entrez.".

Toni Scarla était là, face à lui qui était quasi nu comme un ver, mais il ne semblait pas y avoir de gêne entre eux. Les deux étaient plus que de bons amis. C'était des compagnons d'armes liés par une amitié virile, forgée elle-même par des épreuves qui ont vu bien pire que le manque de pudeur. En Achosie du Nord et à Menkelt dans les années 2000, lorsqu'ils se rencontrèrent pour la première fois au sein la troupe d'un certain Mardonios. Scarla ne dit rien, attendant peut-être que Lograno ait trouvé des vêtements quelque part, sauf que...ce n'était pas ce qu'il chercha en premier lieu. Le Protecteur de Volterra tituba maladroitement jusqu'à la baie vitrée grande ouverte sur les jardins de la villa, et se défaisant de sa couverture, prit le temps de pisser par le fenêtre. Scarla attendait, imposant une présence qui le gênait davantage qu'elle ne perturbait Lograno. Et ce fut bien lui qui brisa le silence, alors même qu'il n'avait guère achevé son affaire.

" Scarla. Mon compagnon. Mon frère de sang. Tu ne te demandes jamais pourquoi tu fais ce que tu fais ?"


" Rarement, Protecteur. Mais je me souviens de certaines choses que tu m'as déjà dit, et qui je trouve, sont de sage conseil. Je me souviens, à Menkelt, que tu m'avais dit...Dame Fortune vomit les tièdes et baise les faibles. Nous faisons ce que nous faisons, non pas parce que nous voulons le faire, mais parce que nous en avons la nécessité, Protecteur."

"Et pourquoi en avons nous besoin ? "

"Parce que nous voulons être des Hommes libres, Protecteur. Regardons la vérité en face: les velsniens, dodécaliotes et fortunéens. Tous nous regarderont toujours avec le même dédain qu'ils regardent les mendiants dans la rue. Vous et moi, excellence, nous ne sommes pas de leur monde, et que nous le serons jamais. Nous aurons beau accumuler toutes les quantités de florius velsniens que nous l'entendons, nous sommes nés dans la rue, excellence, et jamais nous n'aurons la légitimité de la naissance."

" Alors pourquoi diable accumulons nous de l'argent, mon fidèle."

" Parce qu'il n'y a que lui qui permettra de nous mettre hors de la portée de tout danger, et de faire de nous des Hommes libres."

" Libres....le sommes nous vraiment ? Regarde nous. Regarde moi. Je suis né dans la rue. Je l'ai fui pour devenir mercenaire. Et puis j'ai fui le mercenariat pour devenir homme d'affaires. Et j'ai fui les affaires pour devenir le dirigeant d'une cité sans murailles ni défenses autre que l'argent que j'y ai apporté. Et ensuite, mon fidèle ?"

"Ensuite, nous prenons la Dodécapole."

" Pour être libres ?"

"Pour être libres, excellence."

"Et ensuite quoi ?"


Toni Scarla n'était guère homme à penser, et les questions du Protecteur, auxquelles il paraissait avoir rêvé toute la durée de son coma le mettaient davantage mal à l'aise que sa pudeur. Le sentiment de vide et d'insatisfaction l'avait contaminé lui aussi. Et il ne pouvait être conjuré que par les rêves de grandeur et de conquêtes chimériques. Scarla répondit d'instinct:

"Et ensuite Velsna."

"Et ensuite le monde fortunéen ?"


Lograno commence à sourire à nouveau: la machine à effacer la mélancholie était de nouveau en marche.

"Et ensuite le reste de l'oekoumène, excellence protecteur. Et nous serons enfin des Hommes libres. Maintenant, je vous prie de mettre un pantalon, je suis venu pour vous annoncer des nouvelles importantes."


" Lesquelles sont ?" repondit-il en enfilant rapidement des atours, mais dont les cheveux en bataille et les cernes marquaient la soirée précedente.

" Lesquelles sont un moyen d'atteindre la liberté absolue, excellence. On vient me dire à l'instant que des rumeurs de préparatifs de guerre se multiplient du côté d'Altarini. Il va agir sous peu, c'est certain."

"Contre Adria je suppose. Contre qui d'autre... Ce crétin est assez buté pour traquer Agricola jusqu'au bout du monde, Dame Fortune le bénisse pour attirer son attention de la sorte. Cela nous permet de disposer d'une marge de manœuvre."

"Exactement, excellence. Je pense qu'il nous faut rassembler nos chefs mercenaires, afin de décider de ce que nous faisons. Avons nous envie de perpétuer notre neutralité vis à vis du sac de viande fortunéen ? Ou avons nous le désir de profiter de sa chute potentielle ?"

" Rassemble les donc. Qu'ils viennent me voir. Tu les trouveras bien sous des tessons de bouteilles quelque part dans la villa. J'ai souvenir d'avoir croisé la chaman icamienne à une heure tardive hier, dans les jardins. Et de ce que j'ai vu depuis ma pissotière en hauteur, il y a des icamiens en train de ronfler dans le jardin..."



Autour d'une table de laquelle des laquais sont en train de débarrasser des bouteilles, Toni Scarla calait une chaise pour Salvatore Lograno, tandis que son nouveau conseiller financer, connu à Velsna sous le nom de mauvaise augure de "Toni Herdonia", guettait les arrivants d'un coin de l'oeil: de nouveau, icamiens, mandrarikans et les nazumi de Darmanochi se toisaient du regard. Alliés mais pas amis. Lograno avait formulé la demande quelque peu étrange de faire venir la chaman, à qui il prêtait désormais des vertus: pas tant qu'il croyait à sa magie somme toute hypothétique, mais sa présence avait un curieux effet d'apaisement, qu'elle soit ou non une charlatan. Le Protecteur de Volterra se leva de sa chaise, le mal de crâne lui remontant immédiatement de la gorge au tréfond de la boîte cranienne. Il paraissait animé d'une résolution qu'il n'avait point eu depuis le début de l'affaire messaliote.

" Mes excellences, compagnons et alliés. Il se passe quelque chose en Dodécapole. Et si nous ratons le bus, nous risquons de finir la route à pied. Mon fidèle Scarla m'a rapporté des mouvements de plus en plus importants du côté de son excellence Altarini. Nous pensons qu'il se prépare enfin à prendre d'assaut Adria. Nous avons beau eu faire collaboration avec son excellence dans le cadre des affaires leucytaliennes, reste qu'il est un verrou en Dodécapole. Un verrou qu'il faudra bien faire sauter un jour, et c'est peut-être l'occasion que nous attendions. Le fait qu'il fasse mouvement signifie que sa base arrière à Castel Estrech sera dégarnie le temps de son expédition: il s'agit là en dehors de Velsna de l'un de ses seuls points de repli en cas de problème. C'est là qu'il rassemble les contributions en hommes et en argent que les cités dodécaliotes lui doivent de par son statut d'hégémon.

Vous me connaissez, mes amis: tout ce que j'ai reçu, on ne me l'a jamais donné. Toujours j'ai arraché ce qui m'a été dû, et il n'y a rien que je n'ai mérité. Et je ne saurais être insensible à l'idée de voir une ville sans défenses et garnie de florius velsniens me tendre les bras.

Mais d'un autre côté, Altarini est un outil qui pourrait encore se montrer efficace. Il ne faut point nous leurre: nous avons peu d'amis en Dodécapole, et l'isolement d'Altarini, qui a aussi peu de partenaires que nous, nous permetrait d'avoir son appui dés lorsqu'il s'agira de bouger nos propres prions. La question donc, réside dans le fait de savoir si l'on doit s'en débarrasser maintenant, ou si nous ne pourrions pas lui "donner un coup de pouce" dans la traque d'Agricola, et espérer que celui-ci remplisse son office, avant que nous puissions rejeter son corps à la mer. J'attends vos avis avisés sur la question, mais il est impensable que nous ne fassions rien de cette affaire."





Effets:
  • Salvatore Lograno est confronté à un choix: poignarder Altarini dans le dos et partir à la conquête de Castel Estrech, ou appuyer sa guerre contre Adria. Les conseils des joueurs sont attendus. (ATTENTION, il est conseillé de mettre vos réponses en balises).



Une vois s'éleva après le silence qui se posa face au questionnement de Lograno, encastré dans un fauteuil, droit et ferme, l'Argentier des triades de Kelang disposait toujours de son regard acéré derrière ses lunettes et de quelques idées et visions dépassant la simple vue concrète de ce qui était directement sous ses yeux. Et pour l'heure, il y avait plus à considérer qu'un choix en apparence extrêmement simpliste.

L'argentier - << Est ce que toute cette situation peut réellement se résumer au degré d'efficacité et aux possibilités d'utilisation de l'Outil Altarini ? Si je puis me permettre Seigneur Protecteur, je crois que la situation est bien plus complexe qu'elle en a l'air au premier abord et peut présenter de fait une occasion bien plus cruciale encore qu'on pourrait le penser initialement...

Mais pesons le pour et le contre, cela sera sans doute plus édifiant et offrira une vision plus claire.

Nos deux options seraient donc de profiter de l'occasion pour chaparder la base du pouvoir d'Altarini qui se retrouvait sans point de retraite crédible en cas d'échec dans son entreprise au demeurant audacieuse et risquée, et ainsi rajouter Castel Estrech au Giron de vos "soutients"... Ou bien "faire preuve d'acte de bonne volonté" et offrir à l'Hégémon à l'autorité discutable un soutient dans son entreprise qui en apparence ne bénéficie qu'à ce dernier.

Mais est ce vraiment le cas ? Ma foi, si je devais me contenter de simplement cela, j'aurais tendance à choisir et à suggérer de saisir sans préavis Castel Estrech puisque ne serait-ce qu'en termes de probabilité, le gain potentiel en comparaison des risques de pertes à un différentiel plutôt colossal... >>


L'argentier marqua une pause, se massant le menton en fronçant les sourcils.


L'argentier- << Toutefois à cette croisée des chemins où votre Excellence se trouve, je vous suggèrerais plutôt l'inverse, de soutenir Altarini. >>

Il se redressa, légèrement, sortant d'on ne sait trop où une carte de l'Eurysie du Nord qu'il étala sur une table proche à la vue de tous, dans la foulée, il pointa du doigt Velsna et ses territoires.

L'argentier - << Je vois déjà les mines de certains se déformer sous la surprise, mais je vous assure que mon raisonnement n'est pas sans fondement, il se base simplement sur une vision bien plus large du terrain de jeu et se porte sur celui encore au dessus si je puis dire. Ce choix que nous avons à faire n'est pas un simple évènement mineur aux conséquences définis, à l'image d'un papillon battant des ailes, c'est là un Domino en bout de deux fils qui fera s'effondrer l'une ou l'autre des chaînes face à lui avec chacune des conséquences potentielles bien différentes et pas nécessairement avantageuses pour les plans de son Excellence sur le long terme.

Je m'explique...

Castel Estrech serait une addition offrant un gain de pouvoir certains quoi que faible au parti du Seigneur Protecteur et permettra théoriquement d'évincer Altarini de l'équation si ce dernier venait à perdre. Or cela suppose déjà qu'il va échouer et subir un revers si magistral que l'on n'aura juste à porter le coup de grâce ce qui n'est pas une certitude absolue car son Excellence Lograno pourra le confirmer par expérience je pense, sur le terrain les statistiques sont très théoriques et Dame Fortune est très joueuse, pouvant amener à des conclusions insoupçonnées.

Altarini n'est pas homme à pardonner un affront, et un homme acculé n'ayant plus rien à perdre est d'autant plus dangereux. S'il se retire d'Adria et constate la perte de sa base arrière, il sera alors acculé et je gage que quitte à se savoir défait et vaincu, il n'hésitera certainement pas à essayer de nous infliger le plus de mal possible avant d'être évincé du calcul.

Et ce n'est là que l'estimation la plus... Positive. Imaginons que par un pur hasard ou un coup de génie, Altarini obtienne d'Adria la tête d'Agricola sans avoir à recourir à la force ? Oh alors là. Cela deviendrait moche.

Pourtant, ces possibilités sont un amuse bouche en comparaisons des problèmes inévitables qui viendront après... >>

Il se tourna pour regarder Lograno droit dans les yeux.

L'argentier - << Seigneur Lograno. Une autre question, bien plus importante doit se poser à cet instant. Est-il raisonnable de sortir du grand jeu dodécaliote un outil que vous pouvez contrôler dans une certaine mesure ? La nature à horreur du vide à son échelle, mais Velsna tout autant. A l'heure actuelle, la Grande République est lieux de troubles, la base de soutient d'Altarini, qui est tout de même de manière surprenante assez conséquente, s'oppose aux Rufinisti, les soutient du sénateur que tout le monde soupçonne en sous mains d'être soutenus par la clique de Lyonnars et peut être même Axis Mundi. Une situation délicate qui distrait l'attention du sénat des milles à un certains degré et... Immobilise Velsna d'une certaine manière.

Un équilibre assez précaire en somme, ce qui entre autre offre toutes ces opportunités en dodécapole.

Mais imaginons que Altarini soit défait soudainement par nos actions. Certes nous obtiendrons un gain immédiat. Mais sur le court, moyen et long terme ? Sans le prestige de leur tête de file, et avec un échec aussi retentissant, les soutiens d'Altarini pourraient bien disparaître fort vite puisque le Sénat Velsnien aurait en toute logique une excuse en or pour mater ces trublions et rétablir un semblant d'ordre avec toutefois une ascendance rufinisti dans ses rangs.

Et je pense très sincèrement que c'est là une issue des pires pour vos projets.

Pourquoi ? Car Velsna sera bien moins distraire et pourra jeter à nouveau un oeil sur ce qu'il se passe, voir même intervenir à un certains degrés... Et d'un Hégémon que vous connaissez et pouvez contrôler dans une certaine limite, vous vous retrouverez avec quelqu'un d'inconnu sans aucune prise dessus, et potentiellement bien pire qu'Altarini avec de réels soutiens moyens et soutiens cette fois ci. Imaginez simplement un Rufinus au sommet de sa popularité qui irait ensuite "faire ses armes" sur les cendres de son rival, le cauchemar que cela serait, et pourtant c'est là l'une des possibilités qui peut advenir.

De surcroit, j'ajouterais aussi qu'il me semble qu'Altarini se considère comme un homme d'honneur devant rendre justice à ses dettes. En soutenant ce dernier dans cette entreprise, vous vous faites l'assurance d'une victoire plus que certaine de son objectif sur le court terme, affaiblissez un rival potentiel qui a je vous le rappelle prit les devant dans la course en s'emparant en catimini d'une cité mineure et faites une démonstration de force comme de "noblesse" aux yeux de toutes les autres.

Mais surtout... Vous ferez en sortes d'endetter Altarini qui ne pourra ignorer de devoir vous renvoyer l'ascenseur. Un Hégémon vous étant redevable plutôt qu'une nouvelle variable potentiellement plus hostile et pénible tout en mettant un rival en difficulté... Je pense pouvoir affirmer qu'il s'agit là d'un calcul bien plus avantageux que simplement saisir Castel Estrech.

Piloter l'hégémon en tirant des ficelles invisibles et entretenir le climat permettant de distraire les interférences depuis Velsna, il n'y a là que des avantages. >>

Et une fois ses déclarations faites, il réajusta ses lunettes attendant d'éventuelles autres interventions.
RP MAJEUR (déclenchement d'un Acte)


Histoires dodécaliotes: Le geste de Salvatore Lograno




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Salvatore Lograno souffle. Il bat le vent avec sa main. Il s'affale dans son fauteuil, comme un ballon dégonflé avec une aiguille. Il fulmine quelques instants, fixe l'argentier avec un regard noir, puis, lorsqu'on penche qu'il s'apprête à le congédier et le remercier, il ne fait que le geste du revers de sa main, comme pour s'avouer vaincu.

" A t-on jamais dit à ton adresse à quel point tu étais un rabat-joie, argentier ? Je parie que lorsque que tu manges ton steak, un steak bien juteux, gorgé de perspectives et d'attentes, toi, tu le manges sans sauce, sans poivre et sans sel. Tu es un pète-sec que je conchie Argentier ! Mais ! Mais...mais...tu as raison. Mais n'en sois pas fier, car tu as raison de la pire des manières. Tu as raison comme un médecin qui annonce un cancer à une famille. Voilà à quel point tu as raison.

Aider ce porc attardé d'Altarini !? Pffft...tssk...Vraiment, si tu n'étais pas aussi utile en optimisation fiscale et pour gérer l'argenterie de mon armée, je ne sais pas ce que je te ferais à l'instant, probablement du mal. Je pourrais te tuer de chagrin, là, maintenant, dans cette pièce. Mais je ne ferai rien...parce que les bons princes écoutent les conseils avisés, et que le tien était malheureusement pertinent."


Le princeps de Volterra se redresse de sa chaise, il regarde au travers de l'encadrement de sa fenêtre, grande ouverte sur son jardin, avant de se tourner vers Toni Herdonia et Scarla.

"Scarla. Mon frère. Est-tu d'accord avec l'analyse de l'argentier ?"

"J'ai bien peur qu'il y ait beaucoup de vrai dans ce qu'il dit, protecteur. La venue d'Altarini en Dodécapole a été un bénédiction, pour la simple raison qu'il n'a point d'alliés, qu'il n'a point d'amis et point d'appui. L'existence d'Altariniest ce qui garantit notre tranquilité: le pouvoir velsnien veut sa perte, tout comme la plupart d'entre nous veulent sa perte. En l'état, il nous est inoffensif, d'autant que sa lubie à l'encontre d'Adolfino Agricola détourne son regard vengeur sur autre part que Volterra.

Si Adolfino Agricola gagne, il aura la légitimité nécessaire pour revendiquer l'hégémonie, et il pourrait même gagner le pardon de Velsna, et régler l'ordre en son nom. Ce serait un scénario catastrophique, cela nous fermerait une fenêtre qui ne s'ouvrira pas à nouveau. Nous devrions nous allier à Altarini, mais en avançant nos propres pions. Laissons Altarini et Agricola s'entretuer, tandis que nous pourrons reprendre Cortonna, et en faire ce que nous entendons."


"Je dois admettre mon frère de sang, que cette perspective n'est pas si barbante que cela. Mais y a t-il quelqu'un ici pour me proposer autre chose ? Je n'ai pas envie de donner si vite raison à ce croque-mort d'argentier."


Tandis que le protecteur de Volterra se tourne vers les autres captaines mercenaires, Toni Herdonia, conseiller financier personnel du prince, se permet une intrusion dans la conversation.

"On pourrait peut-être nous servir de Cortonna comme d'un gros casino et.."

"Il suffit Toni. Nous parlons de guerre présentement, pas de comptes cachés en Mahrénie. Tes conseils sont précieux, mais dans d'autres domaines que la guerre."



15796
Le sac de Mutna (7 septembre- 14 Septembre 2020)

Triste conquérant
Récitde Gina Di Grassi (2020)



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Dernièrement, Salvatore Lograno a fait l'objet d'un culte héroïque autour de sa personne et celui ci se réfère de plus en plus à certains héros de la Leucytalée antique comme modèles


"Protecteur, qui doit prendre le convoi d'armes ?"

"Le plus fort."

On dit que ces mots claquèrent sur la langue du Protecteur de Volterra, dans l'écho de sa domus, entre quatre murs et dans la confidence de ses officiers les plus proches. "Le plus fort". L'existence de Salvatore "le magnifique" tournait autour de ce genre d'adage. L'Homme ne concevais pas de théorie politique, il ne laissa guère d'idéologie ou d'idéal quelconque. Il était insensible à la façon de gouverner les Hommes et la cité. Il ne faisait guère de plans sur le long terme, il méprisait les intellectuels et les penseurs qui n'étaient pour lui que des bavards infernaux et futiles dont la réflexion ne conduisait à rien. Il ne tenait en amour que sa personne ainsi que les Hommes et les femmes qui avaient fait le choix de le suivre, séduits par le charisme de l'Homme, qui était davantage de l'antiquité que de notre temps. Lograno valorisait l'argent certes, mais l'héroïsme, le prise de risque et l'audace perpétuelle. Il faisait figurer ses gestes sur les monnaies qu'il faisait frapper, il avait touché du doigt le monde de la grande finance avec l'arrivée du Lograno-coin dans la vie des habitants de Volterra. Et pour lui, ancien mercenaire et combattant qui avait écumé le monde fortunéen, travaillé pour tous ceux qui étaient incapables de le faire en leur nom propre, il y a une chose qu'il valorisait par dessus tout, et qui dictait la politique: la force. Le Protecteur de Volterra était dans la conviction que la brutalité uniquement définissait la place de chacun dans la société. Celle-ci revêtait plusieurs formes pour cet individu, qui dans sa jeunesse misérable, avait subit comme les autres la loi de plus fort que soi: le pouvoir des armes qu'il avait expérimenté en premier, puis le pouvoir des mots, et enfin, le pouvoir de l'argent. Trois points cardinaux, à eux seuls, définissaient toute son approche du monde. Lograno, en rien n'était un intellectuel. Il ne lisait pas ou peu, et seulement ce qui l'intéressait déjà. La motivation de ses révélations étaient exclusivement d'ordre pécuniaire, qu'il tenait d'un obsession de ne jamais tomber à nouveau au bas du bas de la société fortunéenne, à la place de mendiant et de gamin des rues qui avait été sa place pendant si longtemps. Comme un traumatisme et une vulnérabilité qu'il fuyait comme pour échapper à de vieux cauchemars.

Alors, il se drapait dans la force, dans toute sa manière de communiquer avec les autres, dans la manière dont il se représentait lui-même, et l'image qu'il renvoyait de lui. Il faisait car il pouvait, pas parce qu'il devait. Ainsi, il se construisit le plus grand croiseur de la Dodécapole comme pou montrer qu'il était le plus grand prince de la civilisation fortunéenne, comme un défi envers toutes les cités, et envers Velsna. La provocation était une langue commune, et surtout, il s'appliquait à imposer une telle philosophie à tout l'ensemble de ses obligés et des citoyens de Volterra. Il ne calmait en bien les bagarres et les rixes, car il pensait que la chose de la guerre faisait ressortir le meilleur de ses hommes, et faisait s'élever les plus motivés d'entre eux à faire un travail exemplaire.

Il était aussi capable de gentillesse et même de tendresse envers ceux qui suivaient ces gestes, car il ne faut pas penser que Lograno n'était qu'un ancien chef de guerre brutal devenu roi de sa ville. Il maîtrisait l'art de la générosité calculée, avait conscience que les Hommes existent dans le besoin de la reconnaissance, de la galvanisation et l'élévation de leur âme. Ainsi, on dit que Salvatore Lograno était dur avec ses adversaires, voire cruel, mais qu'il fut généreux avec ses hommes et femmes le suivant, qu'il distribuait les gratifications, fermait les yeux sur leurs quelques défauts, sachant très bien que la prochaine épreuve mettant e valeur leur force, leur courage et leur ruse mettrait tout son monde dans l'ordre que la nature aurait décidé, et que lui appelait simplement "Dame Fortune".

Aussi, lorsque parmi ses mercenaires, les mandrarikans et les icamiens se disputèrent dans les eaux de la Manche Blanche un chargement d'armes sans grande valeur, celui-ci ne les gronda pas, il ne tomba pas dans la colère et la violence, ni dans le reproche comme d'autres qui verraient dans cet évènement un risque de perdre hommes et navires. Non, lorsque ceux ci accoururent dans la mer pour prendre leur butin, il leur adressé un simple message à tous ces gens, et qui fut fort étonnant, même pour certains de ses partisans de longue date:

"Que Dame Fortune accorde ce butin à celui qui me mérite le plus, et que le vainqueur me rende fier."


Oui, il était là fort étrange qu'un chef de guerre ne fasse rien pour empêcher ses propres troupes d'en venir aux mains, ou du moins à se défier ouvertement. Lograno avait été jusqu'à annoncer, avec entrain et sourire, que la cargaison confisquée ne serait pas taxée à son arrivée à Volterra, et qu'il ne prendrait point sa part, qu'il laisserait aux vainqueurs. Son plus proche ami et compagnon;, Toni Scarla lui-même, ne pu s'empêcher de lui faire remarquer la perte potentielle de navirs précieux, mais le Protecteu n'en fit rien et balaya ses doutes d'un revers de main.

"Que nos mercenaires se battent, et plutôt que de leur reprocher pareil acte, servons nous en et intégrons le dans notre plan, car j'en ai assez de rester là les bras croisés, alors que le rustre Altarini est en train de devenir un héros à Adria, et d'éclipser mon nom."

Salvatore Lograno avait décidé, de passer enfin à l'action, dans une Dodécapole en proie à ses troubles, et dont les acteurs étaient décidément bien occupés. Les apaméens se remettaient avec difficulté des errements de leur péninsule, les hégémons velsniens étaient dispersés, en guerre contre la Poetoscovie, les barbares de la nation littéraire, à la fois en Afarée et au Nazum. Adria était assiégée par un Altarini en quête de gloire et de légitimité. Le Protecteur de Volterra avait les mains libres, d'autant que les combats en mer, entre ceux de ses mercenaires et les affrontements autour d'Adria, devaient avoir nécessairement fait baisser la garde de bien des cités.

Car l'Homme était au courant parfaitement, que dans ses levées militaires et navales dans sa volonté de mettre au pas Adria, l'Hégémon Altarini avait privé nombre de villes de protection adéquate, des villes qui pour beaucoup étaient sans protection et sans alliés formels au delà de la protection garantie par Velsna, et qui pour le moment était bien occupée. Lograno ne disposait ni de la légitimité de la naissance, ni de celle du renom et de la dignité. Il lui fallait donc triompher par la force, et il y avait en Dodécapole bien des cibles de choix.

Plutôt que de s'attaquer aux alliés les plus fidèles d'Apamée ou de l'Hégémon comme Castel Estrech, qui abritait le siège du pouvoir de Mogador Altarini, Salvatore Lograno mis son doigt sur la carte, et pointa la petite cité de Mutna. Cette cible présentait l'avantage de la proximité de Volterra, n'avait que peu d'alliés capables de la soutenir, et était fort dégarnie par les prélèvements de levées que Mogador Altarini avait fait en vue du siège d'Adria.

Je puis m'étendre sur ce qu'était et représentait cette cité dans son monde. Mutna était une ville aux fondations fort bien bâties, et était régie par une oligarchie locale, très commune dans le monde fortunéen. La ville avait son Sénat, qui avait gardé le nom des anciens Cortès propres aux cités fortunéennes, ainsi qu'un Gouvernement communal constitué des gens de bonne famille de la ville. Mais si la ville avait selon moi, un gouvernement juste, à mi chemin et équilibré entre les trois formes de gouvernement traditionnels du peuple fortunéen, monarchie, aristocratie et démocratie, elle était à plaindre de la petitesse de ses gens et de l'exiguité de ses ressources et de ses propres forces.

Mutna ne jouissait pas d'une position particulièrement avantageuse. Contrairement à toutes les cités fortunéennes, fondées à de spoints de passage maritime, elle ne bloquait aucun accès, et ne disposait pas de grandes et onéreuses ressources. Elle faisait commerce du tourisme et de la pêche, mais était éclipsée en tous domaines par Apamée et Volterra qui trônaient proches. Son importance fut ailleurs pour Salvatore Lograno, et beaucoup plus grande que la pêche ou la visite de curieux alguareno visitant des églises. Mutna avait pour elle de donner accès à la péninsule apaméenne, par sa proximité, et devant permettre un meilleur contrôle des axes maritimes vers la Manche blanche orientale par les forces de Lograno, dont la grande crainte serait que les combats à Adria soient décidés trop vites. C'est donc une question de vitesse que de placer ses pions, et de préparer une campagne plus ambitieuse, contre ses véritables rivaux. Ne manuait plus que le pretexte idéal.

Celui-ci advint alors qu'une partie des flottes mercenaires de Salvatore Lograno partirent au pillage de cargos civils étrangers. De manière unilatérale, et en absence, Lograno justifia cet acte de ses hommes par "l'impérieuse nécessité de veiller à la sécurité des routes commerciales dodécaliotes, en vertu du fait que l'hégémon Altarini avait abandonné en allant à l'aventure en orient". Puis, il a accusé sans pudeur et avec grande audace le peuple de Mutna de prendre part à de tels trafiques. Ainsi, c'est sa propre agression dans les faits que le Protecteur de Volterra justifia sa guerre avec les gens de cette cité.

Ce fut le premier des gestes guerriers de Lograno, et qui fut pour les cités fortunéennes un choc et une fulgurence, car cele ne dura que six jours pour conquérir la ville, peu garnie et peu défendue, dont les meilleurs membres de la Garde civique étaient bien loin de leur patrie, au service de Mogador Altarini, ce que le "magnifique" était bien au courant.

Aussi, celui-ci se présenta au devant de la cité, avec sa flotte et ses compagnons le 7 septembre de l'année 2020, qui marqua le début de sa campagne dodécaliote. Ce ne fut pas tant les combats que le bombardement de la ville qui fut dévastateur, car Salvatore Lograno avait fait parvenir jusque là son croiseur, le plus beau de toute la Dodécapole, le Chien de guerre, et une part importante de sa flotte, afin qu'elle s'en prennent sans distinctions aux infrastructures civiles et militaires. Les maisons bien bâties de Mutna furent saccagées les deux premiers jours du siège, non pas après l'echec de négociations de redditions, mais en amont de tout pourparlers, comme un avertissement adressé au reste de la Dodécapole.

Pourtant, les combats furent plus soutenus que le volterran aurait pu le penser, car les gens de Mutna, même mal armés, se battirent courageusement lorsqu'un premier débarquement, à quelques kilomètres de la ville, fut repoussé. Lograno était homme à aller de l'avant et se battre lui-même, ce qui suscitait l'admiration de ses comtemporains, même de ceux qui le haïssaient. Mais ce jour là, en sa première bataille de cette guerre, il failli bien se faire abattre par un garde civique de Mutna, si un mercenaire icamien ne s'était pas interposé pour le sauver. Aussi, à la fin du troisième jour du siège, les volterrans rembarquèrent en bon ordre, surpris par une résistance que l'on attendait plus.

Le salut vint d'un stratagème avisé de Toni Scarla, le plus grand des compagnons de Lograno par son intelligence, sa force et sa prestance. Plutôt que de s'aventurer à un débarquement en plein jour et à la vue de tous, il fut amarrer de petites embarcations et des vedettes afin d'approcher du Port ferme de la ville au plus profond de la nuit, dans lesquelles il fit monter les meilleurs et les plus braves ds compagnons de Lograno. Puis, ceux ci grimpèrent sur les quais et prirent le contrôle du Port sans un coup de feu. Avant le petit matin, les gens de Mutna, terrifiés, découvrirent que le quartier du portuaire et les quais étaient tombés, et que les compagnons de Lograno se comptaient désormais en centaines à débarquer sous leur nez. Ils combattirent rue après rue et maison après maison, jusqu'à ce qu'épuisés au terme de trois autres jours de lutte, le commandant de la place se rendit à Salvatore Lograno et Toni Scarla, sous la promesse de ne pas mettre la ville à sac. Ce qui ne fut respecté qu'à moitié par les deux hommes, qui autorisèrent les compagnons lograniens à piller les quartiers et les rues qui étaient sous leur joug lors de la reddition. On sortit ainsi de modestes trésors de la ville, mais cette ville valait davantage que quelques bibelots pour celui qui entendait devenir l'hégémon.

a
Compagnons cryptobros

Car il était à dire que dés qu'il eut prit la ville et sa chôra, le Protecteur de Volterra fit un geste attendu, mais qui allait déclencher une onde de choc immense en Dodécapole. Sitôt le Sénat de Mutna sous contrôle, celui ci fit organiser en présence de ses compagnons d'armes une cérémonie faussement pompeuse, teintée de rires francs et moqueurs, où Salvatore Lograno "le magnifique" se fit lui-même hégémon de la Dodécapole. Au nez et à la barbe de tous ceux qui avaient caressé la fonction jusque là. D'hégémons il y en avait déjà deux, mais Lograno était le premier depuis plusieurs siècles à revendiquer le titre qui n'était pas velsnien de naissance, ce qui suffit à rendre ce jour historique. C'était ainsi un défi adressé à tous ceux qui pensaient voir une victoire rapide d'un Altarini ou d'un Agricola, qu'il semblait prendre bien légèrement et toujours dans ses rires aussi fécétieux qu'inquiétants. Il se promenait allègrement dans la ville à demi aviné avec ses compagnons qui l'étaient tout autant, arborant sur sa tête la tête d'un lui, dont il enroulé la peau autour de son cou, tenant une lourde massue prise au musée de la ville, comme pour pervertir l'une des références antiques dont il s'inspirait pour construire son propre personnage et sa propre légitimité. Tout fier, il présenta sa revendication comme légitime:

"Je réclame l'hégémonie du fait qu'aucun des deux prétendus hégémons n'ont eu la force ou la présence nécessaire pour m'empêcher de le faire. J'en ai le droit par le seul fait d'être l'unique homme capable de défendre la Dodécapole. Et je le trouverai en vainquant tous ceux qui pensent le faire à ma place."


malus, bonus et traits des personnages a écrit :

Lors des affrontements ultérieurs, les deux armées bénéficieront des malus et bonus suivants:

Volterra (Salvatore Lograno):
  • Figure héroique (+10%): Lograno cultive l'image d'un modèle d'héroïsme et d'audace que les fortunéens de Dodécapole apprécient, plus particulièrement ses troupes, qui l'admirent et sont motivés par la vue d'un chef de guerre allant au devant du danger et prenant les mêmes risques qu'eux.
  • Compagnons cryptobros à boucliers d'argent (+5%): Lograno a pour noyau dur de son armée un groupe restreint de proches, d'amis et de frères d'armes de très longue dates, à la fois fidèle et expérimenté à son service. Ceux-ci, que l'on nomme les "compagnons", sont les plus payés de l'armée logranienne, et incarnent une forme d'élite à la fois militaire et politique de Volterra. (remarque: plus le cours lograno-coin augmentera, plus ce bonus augmentera. L'inverse est tout aussi vrai.)
  • Témérité suicidaire (trait de caractère): Lograno est connu pour faire peu de cas de sa propre sécurité. En qualité de prétendu fils caché de Dame Fortune, il se pense invulnérable aux balles et se met très régulièrement en danger, parfois de manière volontaire pour "tester" l'ardeur de ses lieutenants à le défendre. . Si cela attire l'admiration de ses contemporains, ce n'est pas sans provoquer l'inquiétude chronique de ses subalternes.(risque de mort de 5% à chaque affrontement où Lograno est présent)
  • Finances stables (économie logranienne) : Lograno a mis sur pied un ingénieux système de paiement pour ses troupes, payées en lograno-coin. Cette cryptomonnaie est indexée sur les faits et gestes de Salvatore Lograno, ce qui pousse ses propres troupes à accepter de le suivre quelque soit le risque, et à montrer une grande motivation. (aucun bonus mais peut devenir un malus si le lograno-coin s'effondre ou si Toni Herdonia, le principal créateur du Lograno-coin venait à décéder)

Mutna:
  • Aucun bonus ou malus.





TALBEAU DES PERTES a écrit :

Volterra (conformément au règlement de l'évènement, Volterra a la possibilité de disposer de 25% de l'atlas terrestre dodécaliore, mais elle n'en mobilise pas là la totalité):


MATÉRIEL TERRESTRE

18 457 soldats professionels

Armes légères d’infanterie
Niveau 11 : 18 457 (-57)

Mitrailleuses lourdes
Niveau 10 : 1 329 (-2)
Niveau 9 : 125 (-9)
Niveau 6 : 234 (-57)

Mortiers légers
Niveau 8 : 1 125
Niveau 7 : 125
Niveau 6 : 125
Niveau 1 : 107 (-7)

Lance-roquettes
Niveau 9 : 625
Niveau 8 : 125
Niveau 7 : 125
Niveau 5 : 149 (-20)

Lance-missiles antichar
Niveau 7 : 397
Niveau 5 : 81

Mortiers tractés
Niveau 6 : 13

Canons tractés
Niveau 6 : 13
Niveau 5 : 13
Niveau 4 : 5

Canons automoteurs
Niveau 5 : 5
Niveau 1 : 2

Lance-roquettes multiples
Niveau 5 : 2
Niveau 4 : 5

Transports de troupes blindés
Niveau 1 : 4

Véhicules de combat d’infanterie
Niveau 7 : 13

Chars légers
Niveau 6 : 10
Niveau 4 : 6
Niveau 3 : 1

Chars d’assaut
Niveau 6 : 9
Niveau 3 : 3

Véhicules légers tout-terrain
Niveau 7 : 10
Niveau 4 : 5
Niveau 1 : 13 (-1)

Camions de transport
Niveau 7 : 50
Niveau 4 : 25
Niveau 2 : 14 (-3)

Camions-citernes
Niveau 6 : 13
Niveau 3 : 7
Niveau 2 : 5

Bulldozers
Niveau 1 : 1

Véhicules de transmission radio
Niveau 5 : 2
Niveau 4 : 2
Niveau 3 : 1
Niveau 1 : 3

Véhicules radar
Niveau 8 : 1


MATÉRIEL NAVAL

Patrouilleurs
Niveau 10 : 1
Niveau 6 : 1
Niveau 1 : 1

Corvettes
Niveau 9 : 1

Frégates
Niveau 8 : 1

Pétroliers-ravitailleurs
Niveau 9 : 1

Dragueurs de mines
Niveau 9 : 1

Transporteurs de chalands de débarquement
Niveau 7 : 1
Niveau 4 : 2

Chalands de débarquement
Niveau 5 : 5

TOTAL DE NAVIRES : 15 bâtiments


Mutna (conformément au règlement de l'évènement, Volterra a la possibilité de disposer de 2% de l'atlas terrestre dodécaliote. Son statut de cité mineure l'empêche de disposer de matériel lourd):


MATÉRIEL TERRESTRE

3 000 soldats réservistes

Armes légères d’infanterie
Niveau 11 : 3 000

Mitrailleuses lourdes
Niveau 10 : 40


Mortiers légers
Niveau 8 : 100


Lance-roquettes
Niveau 9 : 200


Lance-missiles antichar
Niveau 7 : 50

L'armée est détruite et dispersée



note hrp a écrit :

  • Mutna est prise et mise à sac par Salvatore Lograno. Il en prend le contrôle et y nomme un gouvernement fantoche calqué sur celui de Volterra.
  • Salvatore Lograno se proclame hégémon de la Dodécapole, s'ajoutant à la liste des revendicateurs de la fonction.
  • Salvatore Lograno présente l'interception du cargo san youtais comme un acte de sécurisation du trafic commercial transitant par la Dodécapole.
  • La prise de la ville devrait faire monter le cours du Lograno-coin.
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L'appel à l'aide de Mutna

Des émissaires catastrophés


(Récit de Gina Di Grassi, septembre 2020)

a
Le Sénat velsnien apprend la nouvelle du sac de Mutna


La nouvelle du sac et de la prise de Mutna provoqua un grand émoi parmi les gens du pays fortunéen tout entier. Et plus on était proche de la ville, plus on ressentait cette émotion vibrante. On su du bombardement de la cité par les navires du Protecteur de Volterra qu'il fit davantage de civils morts que de soldats, que la ville se battit et se défendit vaillamment.

A Apamée, la nouvelle sema un vent de panique chez les gens de la ville. Les deux cités avaient de fort nombreux liens par le commerce et le flux des Hommes. Les banquiers retiraient leurs prêts et annulèrent leurs opérations bancaires dans cette ville. De peur que Lograno s'en prenne aux ressortissants apéméens travaillant à Mutna, l'Assemblée des citoyens décréta le retour de tous ceux là afin qu'ils ne fussent pas pris dans les combats, tandis que les entreprises détenues par des citoyens apaméens fermèrent boutique, ou tentèrent de faire exfiltrer de la cité conquise tous leurs biens de valeur. Les hommes souffrient ainsi de la prise de cette ville, mais beaucoup d'argent fut également perdu. Toutes les cités fortunéennes, exception faite de Cortonna et Adria qui était elle même en guerre, subirent la première conséquence de ce siège court mais meurtrier, car de nombreux citoyens de Mutna refusaient d'exister sous la botte de nouveau régime fantoche de Salvatore "le magnifique". La première des vagues de ces réfugiés fut celle des riches propriétaires et de l'élite économique de Mutna, qui affluèrent A Apamée, à Porto Rosso, à Castel Estrech et à Velsna par plusieurs centaines de ces gens, qui par chance, avaient des liens d'attache avec ces cités. Non contents de s'en prendre aux bijoux et à l'or, le Protecteur de Volterra expropria et vola ales terres de beaucoup dans la chôra de Mutna pour les donner à ses fidèles et ses amis les plus proches. Certains de ses compagnons obtinrent ainsi des centaines d'acres de terre, mais aussi des propriétés foncières, des usines et des manufactures. Ceux ci s'arrogeaient avidement tout ce qui pouvait rapporter de l'argent en quantité.

Mais par dessus tout, Lograno voulait se constituer une base territoriale de son propre pouvoir. C'est ainsi qu'il délégua à une partie de ses soldats la tâche de fonder une nouvelle ville à quelques dizaines de kilomètres de Mutna, une fondation portant son propre nom afin que celui-ci puisse toucher du doigt le sentiment d'immortalité dont le manque lui faisait tant de mal. Le Protecteur de Volterra ne voulu pas seulement l'Hégémonie pour lui, mais la mémoire des Hommes qui passeraient après son œuvre.

Ensuite advint la seconde vague de ces gens privés de cité, plus pauvres et plus modestes, qui affluèrent en grand nombre, tant dans les ports et les halls d'aéroports de la Dodécapole et de la cité velsnienne. Les premiers récits de la prise de la ville furent rapportés comme cela: on décrit les soldats lograniens comme des barbares et des brutes sans égard pour la liberté des cités. Ils pillaient, volaient, détruisaient tout ce qui eut de la valeur en leur ville, et emportaient le tout chez eux. On dit ainsi qu'à Volterra, pas une maison n'avait quelques bibelots sur la table qui ne venaient pas Mutna.

Mais cette onde de chose ne se limitait pas aux flux des Hommes ou de l'argent. Les conséquences politiques de cet acte n'en finiraient pas de se faire ressentir, et étaient catastrophiques pour l'équilibre déjà bousculé de la Dodécapole. Le coup de main meurtrier de Salvatore Lograno avait démontré à la fois, l'impuissance tant des apaméens que d'un Hégémon Altarini qui n'était pas en mesure d'aider Mutna dans l'immédiat, tant il était pris dans une campagne contre les adrians, qu'il considérait comme sa plus grande ennemie. Cette onde se diffusa dans tout le monde fortunéen en sa vague la plus frappante par le biais des quelques dignitaires que la cité de Mutna avait réussit à faire partir de la ville avant la chute de son gouvernement. Ceux-ci, ainsi, toquèrent à toutes les portes. L'un d'entre eux, devant l'Assemblée des citoyens d'Apamée, en fit un plaidoyer larmoyant: on vit des apaméens pleurer à chaudes larmes, d'autres, des femmes dans l'assistance, manquent de chavirer à l'évocation des pillages et des massacres. Les gens de Mutna, ainsi, couplée aux pertes économiques subies par les gens d'Apamée, gagnent le cœur des gens d'Apamée.

D'autres émissaires sont envoyés à qui peut aider ces gens, à commencer par l'Hégémon Altarini, qui en plein préparatifs du siège d'Adria, reçoit la visite de dignitaires en panique, le suppliant afin qui leur donne argent et troupes pour reprendre la ville. Celui-ci se fait accessible et affable, mais il doit bien rendre compte que tous ses moyens sont tournés vers son objectif premier qu'est la prise d'Adria. Il enrage pourtant de l'audace de et l'imposture de la renvendication de l'hégémonie par Salvatore Lograno, qui devient parjure à ses yeux. Mais il y Adria... et cette ville gagne largement dans la haine de son coeur. Les émissaires de Muthna tentent également de faire contact avec les gens de la grande assemblée des doyens de suniversités d'Adria, mais ceux ci sont interceptés par ce même Altarini, qui leur intime de faire demi tour et de se rendre directement à Velsna plaider leur cause, avec sa bénédiction, et de ne pas faire ombrage de sa personne en copinant avec ses propres ennemis. Les sénateurs muthéens ne tentent pas le diable.

C'est ainsi que le 18 septembre, quatre jours après la chute de leur ville, que des dignitaires de la ville de Mutna parviennent à Velsna, après un périple rocambolesque en Manche Blanche, ballotés selon l'urgence entre Apamée, Adria et la tente de Mogador Altarini. S'engage alors un exercice rhétorique long de plusieurs heures, où les gens de Mutna plaisent leur cause, soulignent les crimes de Lograno, sa prétention à prendre l'hégémonie dodécaliote, son arrogance et sa folie. Et à quel point son action nuit à la bonne conduite des affaires du commerce en Manche Blanche, corde sensible de ces excellences sénateurs de la cité velsnienne.

Si le cœur des sénateurs fut touché par le sort de la petite cité, l'imploration de ces gens tombait au mauvais moment. Le sujet de la controverse n'était pas tant de savoir qui était dans son bon droit, cela est volontiers concédé à ces diplomates éplorés. Mais la cité velsnienne était déjà prise dans plusieurs guerres à la fois, et chaque armée déployée pesait sur les épaules des finances de ses citoyens. Ainsi, son excellence le sénateur et Maître des Balances Rocco Ascone pointa le fait que les armées velsniennes étaient déjà déployées au Nazum, contre les barbares poetoscoviens, de même qu'en Afarée, et même en Youslévie, où ses alliés méridionaux ont fait appel à elle dans le cadre d'un exercice militaire intensif. En plaine velsnienne, une autre armée était déployée afin de réduire la révolte de Vatluna, tandis qu'une autre armée et une autre flotte étaient sous le contrôle de son excellence Altarini, qui s'il menait sa propre guerre, était mandaté par Velsna en Dodécapole. Les cités libres constituant la Grande République n'avaient pas de finances extensibles, et leur contribution financière étaient déjà à cet instant extrêmement importante, et sujette à leur mécontentement. Ainsi, on dit aux gens de Mutna de rester à Velsna le temps que les sénateurs prennent leur décision, car une autre guerre en Dodécapole serait à coup sûr couteuse, mais les rassurèrent sur la droiture de leur cause et le fait que Mogador Altarini serait prié de les défendre dés que l'affaire d'Adria serait close. La Dodécapole allait être pendue à la décision de sa cité la plus populeuse et la plus puissante, et nul doute que sa décision serait décisive.


note hrp a écrit :
  • Les émissaires de Mutna implorent l'aide d'Apamée, de Velsna et de Mogador Altarini. La délégation tente également de se rendre à Adria, mais ne parvient pas à atteindre la ville qui est sur le point d'être assiégée.
  • Le Sénat velsnien est désormais en pleine controverse, et prendra prochainement une décision concernant une éventuelle intervention en Dodécapole.
  • Apamée prendra sa décision sous peu de déclarer la guerre à Volterra ou non.
  • Mogador s'est engagé à restaurer l'ordre à Mutna une fois le siège d'Adria terminé.
  • Salvatore Lograno fonde la ville de "Logranie sur le Sipile", à quelques dizaines de kilomètres de Mutna, qu'il peuple de colons militaires. Lograno procédera à une fondation de ville à chaque case qu'il conquiert.
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