26/09/2019
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Guerre dodécaliote (Interlude Acte 1-Acte 2): Le geste de Salvatore Lograno

RP MAJEUR (déclenchement d'un Acte)


Histoires dodécaliotes: Le geste de Salvatore Lograno


"Tout ce que j'ai reçu, on ne me l'a jamais donné. Toujours j'ai arraché ce qui m'a été dû, et il n'y a rien que je n'ai mérité."
Gina Di Grassi (Mai 2019)

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On dit des fêtes et des beuveries de la villa de Salvatore Lograno, qu'elles furent si grandes en excès, en abus en zèle, qu'elles étaient si interminables, qu'elles marquèrent l'imaginaire des velsniens et des autres dodécaliotes bien au delà de la petite cité de Volterra. Parfois, on ne vit pas Lograno des jours durant dans le cadre de ses devoirs de gouvernant, car il était bien trop occupé à ne point dormir, et voir son esprit lui jouer des tours enfiévrés. Des flots de vin landrin et velsnien, du wiskey celtique, de l'alcool parfumé teylais... le palet des convives du Protecteur de Volterra touchèrent tous les spiritueux qu'il fut possible d'imaginer sur Terre. Et quand le vin manquait, même la bière de mais des mercenaires icamiens étaient mis à contribution des rêves brouillés de Lograno. L'Homme dormait peu, s'activait sans jamais s'arrêter. Et à chaque beuverie, les mêmes sons de cloche retentissaient dans toutes les oreilles: Salvatore Lograno allait tous les rendre riches, Salvatore Lograno allait tous leur faire atteindre un endroit presque mystique, onirique, où ceux ci ne manqueraient plus jamais de rien. A bien des égards, Lograno cherchait le paradis. Un paradis païen. Oubliez les conseils et autres réunions, la plupart de ses décisions étaient prises en ces lieux, au cours de ces nuits sans eau et pleines de vinasse dont le prix rendrait fou tous les comptables et greffiers de l'univers. Les plans sincères se mêlaient sans cesse aux divagations et aux discours brouillons, partant dans toutes les directions à la fois. Salvatore Lograno était fidèle en amitié, et je pense que son affection pour ses soldats et ceux qui le suivaient jusque dans la bouche de la mort était sincère: malgré sa malice, sa fourberie et tous ses défauts, il aimait ses suivants. Mais il est coutume de dire que les rêveurs nous épuisent autant qu'ils nous fascinent. Etre compagnon d'armes de Salvatore Lograno, c'était vieillir de dix années pour chaque révolution du soleil. Lograno voulait courir toujours, qu'importe la direction à partir de l'instant où il ne resterait pas immobile plus d'un instant. Il était un parvenu de mille passions: il n'avait de foi qu'en lui-même, mais était dans le même moment fasciné par la religion. Il jetait l'argent par les fenêtres et le dépensait comme si il était sans fin, mais il avait conscience dans le fond, qu'une fois épuisé, c'était sa force vitale, sa seule source de légitimité qu'il perdrait. Il avait un un grand mépris du passé et de l'Histoire, quand dans le même instant, il se rêvait en héros des temps anciens, tel un Erwys Gwyndel franchissant les cols du Tarsus pour attaquer la cité velsnienne. Il maudissait la vieille aristocratie fortunéenne, mais dans le fond, les enviait d'une source d'autorité que lui, ancien gamin des rues, n'atteindrait jamais aux yeux de leur petite société. Mais tout cela pour quoi faire ? Pourquoi...

Cette question était celle que le Protecteur de Volterra, parmi toutes, fuyait grâce aux paroles de ses compagnons durant ces beuveries, et surtout grâce au renfort de l'alcool et de ses effluves. Elle revenait dés lors que le soleil revenait et que la torpeur se dissipait. Quand la raison revenait, il n'y avait plus d'épopée héroïque, plus de camaraderie et de rigolade entre lui et ses compagnons, plus de rêves au coin du feu. Il n'y avait plus que lui et le vide: le trou sans fond, le néant, la fin de tout, la vieillesse, la décomposition et la mort. Ne rien faire, c'est mourir une première fois, la vitesse et la frénésie, c'est la vie à son paroxysme.

C'est au terme de l'une de ces nuits, lorsque le vent vint caresser le visage du Protecteur qu'il ouvrit les yeux, allongé à moitié nu sur la table de son bureau, avec un unique drap fin pour pudeur. La vue de la campagne volterrane et de ses chants d'oiseaux marque un temps d'arrêt, où l'espace d'un instant, il consenti à ne rien faire: des instants trop rares pour ne pas nuire à la santé d'un homme qui ignorait qu'il était aussi mortel et faillible que tous les autres. Et l'espace de cet instant: le vide absolu. Et une pointe de tristesse qu'il s'agissait de fuir au plus vite. Il était là, ce sentiment, celui de la mort. Toujours cette fuite en avant vers des objectifs plus grands: de la rue au mercenariat, du mercenariat aux affaires, des affaires à la prise de Volterra, et enfin, de Volterra à la Dodécapole. Où s'arrêter ? Quand s'arrêter ?

" J'ai soif et j'ai faim.", pensa t-il, jetant son regard partout où il pourrait trouver autre chose que des bouteilles de vin vide jonchant le sol.


La porte toqua à grand bruit, et Lograno fit don de sa voix enrouée et cassée, s'échappant si discrètement de sa bouche qu'il fut fort probable qu'on ne l'entendit pas de l'autre côté: "Entrez.".

Toni Scarla était là, face à lui qui était quasi nu comme un ver, mais il ne semblait pas y avoir de gêne entre eux. Les deux étaient plus que de bons amis. C'était des compagnons d'armes liés par une amitié virile, forgée elle-même par des épreuves qui ont vu bien pire que le manque de pudeur. En Achosie du Nord et à Menkelt dans les années 2000, lorsqu'ils se rencontrèrent pour la première fois au sein la troupe d'un certain Mardonios. Scarla ne dit rien, attendant peut-être que Lograno ait trouvé des vêtements quelque part, sauf que...ce n'était pas ce qu'il chercha en premier lieu. Le Protecteur de Volterra tituba maladroitement jusqu'à la baie vitrée grande ouverte sur les jardins de la villa, et se défaisant de sa couverture, prit le temps de pisser par le fenêtre. Scarla attendait, imposant une présence qui le gênait davantage qu'elle ne perturbait Lograno. Et ce fut bien lui qui brisa le silence, alors même qu'il n'avait guère achevé son affaire.

" Scarla. Mon compagnon. Mon frère de sang. Tu ne te demandes jamais pourquoi tu fais ce que tu fais ?"


" Rarement, Protecteur. Mais je me souviens de certaines choses que tu m'as déjà dit, et qui je trouve, sont de sage conseil. Je me souviens, à Menkelt, que tu m'avais dit...Dame Fortune vomit les tièdes et baise les faibles. Nous faisons ce que nous faisons, non pas parce que nous voulons le faire, mais parce que nous en avons la nécessité, Protecteur."

"Et pourquoi en avons nous besoin ? "

"Parce que nous voulons être des Hommes libres, Protecteur. Regardons la vérité en face: les velsniens, dodécaliotes et fortunéens. Tous nous regarderont toujours avec le même dédain qu'ils regardent les mendiants dans la rue. Vous et moi, excellence, nous ne sommes pas de leur monde, et que nous le serons jamais. Nous aurons beau accumuler toutes les quantités de florius velsniens que nous l'entendons, nous sommes nés dans la rue, excellence, et jamais nous n'aurons la légitimité de la naissance."

" Alors pourquoi diable accumulons nous de l'argent, mon fidèle."

" Parce qu'il n'y a que lui qui permettra de nous mettre hors de la portée de tout danger, et de faire de nous des Hommes libres."

" Libres....le sommes nous vraiment ? Regarde nous. Regarde moi. Je suis né dans la rue. Je l'ai fui pour devenir mercenaire. Et puis j'ai fui le mercenariat pour devenir homme d'affaires. Et j'ai fui les affaires pour devenir le dirigeant d'une cité sans murailles ni défenses autre que l'argent que j'y ai apporté. Et ensuite, mon fidèle ?"

"Ensuite, nous prenons la Dodécapole."

" Pour être libres ?"

"Pour être libres, excellence."

"Et ensuite quoi ?"


Toni Scarla n'était guère homme à penser, et les questions du Protecteur, auxquelles il paraissait avoir rêvé toute la durée de son coma le mettaient davantage mal à l'aise que sa pudeur. Le sentiment de vide et d'insatisfaction l'avait contaminé lui aussi. Et il ne pouvait être conjuré que par les rêves de grandeur et de conquêtes chimériques. Scarla répondit d'instinct:

"Et ensuite Velsna."

"Et ensuite le monde fortunéen ?"


Lograno commence à sourire à nouveau: la machine à effacer la mélancholie était de nouveau en marche.

"Et ensuite le reste de l'oekoumène, excellence protecteur. Et nous serons enfin des Hommes libres. Maintenant, je vous prie de mettre un pantalon, je suis venu pour vous annoncer des nouvelles importantes."


" Lesquelles sont ?" repondit-il en enfilant rapidement des atours, mais dont les cheveux en bataille et les cernes marquaient la soirée précedente.

" Lesquelles sont un moyen d'atteindre la liberté absolue, excellence. On vient me dire à l'instant que des rumeurs de préparatifs de guerre se multiplient du côté d'Altarini. Il va agir sous peu, c'est certain."

"Contre Adria je suppose. Contre qui d'autre... Ce crétin est assez buté pour traquer Agricola jusqu'au bout du monde, Dame Fortune le bénisse pour attirer son attention de la sorte. Cela nous permet de disposer d'une marge de manœuvre."

"Exactement, excellence. Je pense qu'il nous faut rassembler nos chefs mercenaires, afin de décider de ce que nous faisons. Avons nous envie de perpétuer notre neutralité vis à vis du sac de viande fortunéen ? Ou avons nous le désir de profiter de sa chute potentielle ?"

" Rassemble les donc. Qu'ils viennent me voir. Tu les trouveras bien sous des tessons de bouteilles quelque part dans la villa. J'ai souvenir d'avoir croisé la chaman icamienne à une heure tardive hier, dans les jardins. Et de ce que j'ai vu depuis ma pissotière en hauteur, il y a des icamiens en train de ronfler dans le jardin..."



Autour d'une table de laquelle des laquais sont en train de débarrasser des bouteilles, Toni Scarla calait une chaise pour Salvatore Lograno, tandis que son nouveau conseiller financer, connu à Velsna sous le nom de mauvaise augure de "Toni Herdonia", guettait les arrivants d'un coin de l'oeil: de nouveau, icamiens, mandrarikans et les nazumi de Darmanochi se toisaient du regard. Alliés mais pas amis. Lograno avait formulé la demande quelque peu étrange de faire venir la chaman, à qui il prêtait désormais des vertus: pas tant qu'il croyait à sa magie somme toute hypothétique, mais sa présence avait un curieux effet d'apaisement, qu'elle soit ou non une charlatan. Le Protecteur de Volterra se leva de sa chaise, le mal de crâne lui remontant immédiatement de la gorge au tréfond de la boîte cranienne. Il paraissait animé d'une résolution qu'il n'avait point eu depuis le début de l'affaire messaliote.

" Mes excellences, compagnons et alliés. Il se passe quelque chose en Dodécapole. Et si nous ratons le bus, nous risquons de finir la route à pied. Mon fidèle Scarla m'a rapporté des mouvements de plus en plus importants du côté de son excellence Altarini. Nous pensons qu'il se prépare enfin à prendre d'assaut Adria. Nous avons beau eu faire collaboration avec son excellence dans le cadre des affaires leucytaliennes, reste qu'il est un verrou en Dodécapole. Un verrou qu'il faudra bien faire sauter un jour, et c'est peut-être l'occasion que nous attendions. Le fait qu'il fasse mouvement signifie que sa base arrière à Castel Estrech sera dégarnie le temps de son expédition: il s'agit là en dehors de Velsna de l'un de ses seuls points de repli en cas de problème. C'est là qu'il rassemble les contributions en hommes et en argent que les cités dodécaliotes lui doivent de par son statut d'hégémon.

Vous me connaissez, mes amis: tout ce que j'ai reçu, on ne me l'a jamais donné. Toujours j'ai arraché ce qui m'a été dû, et il n'y a rien que je n'ai mérité. Et je ne saurais être insensible à l'idée de voir une ville sans défenses et garnie de florius velsniens me tendre les bras.

Mais d'un autre côté, Altarini est un outil qui pourrait encore se montrer efficace. Il ne faut point nous leurre: nous avons peu d'amis en Dodécapole, et l'isolement d'Altarini, qui a aussi peu de partenaires que nous, nous permetrait d'avoir son appui dés lorsqu'il s'agira de bouger nos propres prions. La question donc, réside dans le fait de savoir si l'on doit s'en débarrasser maintenant, ou si nous ne pourrions pas lui "donner un coup de pouce" dans la traque d'Agricola, et espérer que celui-ci remplisse son office, avant que nous puissions rejeter son corps à la mer. J'attends vos avis avisés sur la question, mais il est impensable que nous ne fassions rien de cette affaire."





Effets:
  • Salvatore Lograno est confronté à un choix: poignarder Altarini dans le dos et partir à la conquête de Castel Estrech, ou appuyer sa guerre contre Adria. Les conseils des joueurs sont attendus. (ATTENTION, il est conseillé de mettre vos réponses en balises).



Une vois s'éleva après le silence qui se posa face au questionnement de Lograno, encastré dans un fauteuil, droit et ferme, l'Argentier des triades de Kelang disposait toujours de son regard acéré derrière ses lunettes et de quelques idées et visions dépassant la simple vue concrète de ce qui était directement sous ses yeux. Et pour l'heure, il y avait plus à considérer qu'un choix en apparence extrêmement simpliste.

L'argentier - << Est ce que toute cette situation peut réellement se résumer au degré d'efficacité et aux possibilités d'utilisation de l'Outil Altarini ? Si je puis me permettre Seigneur Protecteur, je crois que la situation est bien plus complexe qu'elle en a l'air au premier abord et peut présenter de fait une occasion bien plus cruciale encore qu'on pourrait le penser initialement...

Mais pesons le pour et le contre, cela sera sans doute plus édifiant et offrira une vision plus claire.

Nos deux options seraient donc de profiter de l'occasion pour chaparder la base du pouvoir d'Altarini qui se retrouvait sans point de retraite crédible en cas d'échec dans son entreprise au demeurant audacieuse et risquée, et ainsi rajouter Castel Estrech au Giron de vos "soutients"... Ou bien "faire preuve d'acte de bonne volonté" et offrir à l'Hégémon à l'autorité discutable un soutient dans son entreprise qui en apparence ne bénéficie qu'à ce dernier.

Mais est ce vraiment le cas ? Ma foi, si je devais me contenter de simplement cela, j'aurais tendance à choisir et à suggérer de saisir sans préavis Castel Estrech puisque ne serait-ce qu'en termes de probabilité, le gain potentiel en comparaison des risques de pertes à un différentiel plutôt colossal... >>


L'argentier marqua une pause, se massant le menton en fronçant les sourcils.


L'argentier- << Toutefois à cette croisée des chemins où votre Excellence se trouve, je vous suggèrerais plutôt l'inverse, de soutenir Altarini. >>

Il se redressa, légèrement, sortant d'on ne sait trop où une carte de l'Eurysie du Nord qu'il étala sur une table proche à la vue de tous, dans la foulée, il pointa du doigt Velsna et ses territoires.

L'argentier - << Je vois déjà les mines de certains se déformer sous la surprise, mais je vous assure que mon raisonnement n'est pas sans fondement, il se base simplement sur une vision bien plus large du terrain de jeu et se porte sur celui encore au dessus si je puis dire. Ce choix que nous avons à faire n'est pas un simple évènement mineur aux conséquences définis, à l'image d'un papillon battant des ailes, c'est là un Domino en bout de deux fils qui fera s'effondrer l'une ou l'autre des chaînes face à lui avec chacune des conséquences potentielles bien différentes et pas nécessairement avantageuses pour les plans de son Excellence sur le long terme.

Je m'explique...

Castel Estrech serait une addition offrant un gain de pouvoir certains quoi que faible au parti du Seigneur Protecteur et permettra théoriquement d'évincer Altarini de l'équation si ce dernier venait à perdre. Or cela suppose déjà qu'il va échouer et subir un revers si magistral que l'on n'aura juste à porter le coup de grâce ce qui n'est pas une certitude absolue car son Excellence Lograno pourra le confirmer par expérience je pense, sur le terrain les statistiques sont très théoriques et Dame Fortune est très joueuse, pouvant amener à des conclusions insoupçonnées.

Altarini n'est pas homme à pardonner un affront, et un homme acculé n'ayant plus rien à perdre est d'autant plus dangereux. S'il se retire d'Adria et constate la perte de sa base arrière, il sera alors acculé et je gage que quitte à se savoir défait et vaincu, il n'hésitera certainement pas à essayer de nous infliger le plus de mal possible avant d'être évincé du calcul.

Et ce n'est là que l'estimation la plus... Positive. Imaginons que par un pur hasard ou un coup de génie, Altarini obtienne d'Adria la tête d'Agricola sans avoir à recourir à la force ? Oh alors là. Cela deviendrait moche.

Pourtant, ces possibilités sont un amuse bouche en comparaisons des problèmes inévitables qui viendront après... >>

Il se tourna pour regarder Lograno droit dans les yeux.

L'argentier - << Seigneur Lograno. Une autre question, bien plus importante doit se poser à cet instant. Est-il raisonnable de sortir du grand jeu dodécaliote un outil que vous pouvez contrôler dans une certaine mesure ? La nature à horreur du vide à son échelle, mais Velsna tout autant. A l'heure actuelle, la Grande République est lieux de troubles, la base de soutient d'Altarini, qui est tout de même de manière surprenante assez conséquente, s'oppose aux Rufinisti, les soutient du sénateur que tout le monde soupçonne en sous mains d'être soutenus par la clique de Lyonnars et peut être même Axis Mundi. Une situation délicate qui distrait l'attention du sénat des milles à un certains degré et... Immobilise Velsna d'une certaine manière.

Un équilibre assez précaire en somme, ce qui entre autre offre toutes ces opportunités en dodécapole.

Mais imaginons que Altarini soit défait soudainement par nos actions. Certes nous obtiendrons un gain immédiat. Mais sur le court, moyen et long terme ? Sans le prestige de leur tête de file, et avec un échec aussi retentissant, les soutiens d'Altarini pourraient bien disparaître fort vite puisque le Sénat Velsnien aurait en toute logique une excuse en or pour mater ces trublions et rétablir un semblant d'ordre avec toutefois une ascendance rufinisti dans ses rangs.

Et je pense très sincèrement que c'est là une issue des pires pour vos projets.

Pourquoi ? Car Velsna sera bien moins distraire et pourra jeter à nouveau un oeil sur ce qu'il se passe, voir même intervenir à un certains degrés... Et d'un Hégémon que vous connaissez et pouvez contrôler dans une certaine limite, vous vous retrouverez avec quelqu'un d'inconnu sans aucune prise dessus, et potentiellement bien pire qu'Altarini avec de réels soutiens moyens et soutiens cette fois ci. Imaginez simplement un Rufinus au sommet de sa popularité qui irait ensuite "faire ses armes" sur les cendres de son rival, le cauchemar que cela serait, et pourtant c'est là l'une des possibilités qui peut advenir.

De surcroit, j'ajouterais aussi qu'il me semble qu'Altarini se considère comme un homme d'honneur devant rendre justice à ses dettes. En soutenant ce dernier dans cette entreprise, vous vous faites l'assurance d'une victoire plus que certaine de son objectif sur le court terme, affaiblissez un rival potentiel qui a je vous le rappelle prit les devant dans la course en s'emparant en catimini d'une cité mineure et faites une démonstration de force comme de "noblesse" aux yeux de toutes les autres.

Mais surtout... Vous ferez en sortes d'endetter Altarini qui ne pourra ignorer de devoir vous renvoyer l'ascenseur. Un Hégémon vous étant redevable plutôt qu'une nouvelle variable potentiellement plus hostile et pénible tout en mettant un rival en difficulté... Je pense pouvoir affirmer qu'il s'agit là d'un calcul bien plus avantageux que simplement saisir Castel Estrech.

Piloter l'hégémon en tirant des ficelles invisibles et entretenir le climat permettant de distraire les interférences depuis Velsna, il n'y a là que des avantages. >>

Et une fois ses déclarations faites, il réajusta ses lunettes attendant d'éventuelles autres interventions.
RP MAJEUR (déclenchement d'un Acte)


Histoires dodécaliotes: Le geste de Salvatore Lograno




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Salvatore Lograno souffle. Il bat le vent avec sa main. Il s'affale dans son fauteuil, comme un ballon dégonflé avec une aiguille. Il fulmine quelques instants, fixe l'argentier avec un regard noir, puis, lorsqu'on penche qu'il s'apprête à le congédier et le remercier, il ne fait que le geste du revers de sa main, comme pour s'avouer vaincu.

" A t-on jamais dit à ton adresse à quel point tu étais un rabat-joie, argentier ? Je parie que lorsque que tu manges ton steak, un steak bien juteux, gorgé de perspectives et d'attentes, toi, tu le manges sans sauce, sans poivre et sans sel. Tu es un pète-sec que je conchie Argentier ! Mais ! Mais...mais...tu as raison. Mais n'en sois pas fier, car tu as raison de la pire des manières. Tu as raison comme un médecin qui annonce un cancer à une famille. Voilà à quel point tu as raison.

Aider ce porc attardé d'Altarini !? Pffft...tssk...Vraiment, si tu n'étais pas aussi utile en optimisation fiscale et pour gérer l'argenterie de mon armée, je ne sais pas ce que je te ferais à l'instant, probablement du mal. Je pourrais te tuer de chagrin, là, maintenant, dans cette pièce. Mais je ne ferai rien...parce que les bons princes écoutent les conseils avisés, et que le tien était malheureusement pertinent."


Le princeps de Volterra se redresse de sa chaise, il regarde au travers de l'encadrement de sa fenêtre, grande ouverte sur son jardin, avant de se tourner vers Toni Herdonia et Scarla.

"Scarla. Mon frère. Est-tu d'accord avec l'analyse de l'argentier ?"

"J'ai bien peur qu'il y ait beaucoup de vrai dans ce qu'il dit, protecteur. La venue d'Altarini en Dodécapole a été un bénédiction, pour la simple raison qu'il n'a point d'alliés, qu'il n'a point d'amis et point d'appui. L'existence d'Altariniest ce qui garantit notre tranquilité: le pouvoir velsnien veut sa perte, tout comme la plupart d'entre nous veulent sa perte. En l'état, il nous est inoffensif, d'autant que sa lubie à l'encontre d'Adolfino Agricola détourne son regard vengeur sur autre part que Volterra.

Si Adolfino Agricola gagne, il aura la légitimité nécessaire pour revendiquer l'hégémonie, et il pourrait même gagner le pardon de Velsna, et régler l'ordre en son nom. Ce serait un scénario catastrophique, cela nous fermerait une fenêtre qui ne s'ouvrira pas à nouveau. Nous devrions nous allier à Altarini, mais en avançant nos propres pions. Laissons Altarini et Agricola s'entretuer, tandis que nous pourrons reprendre Cortonna, et en faire ce que nous entendons."


"Je dois admettre mon frère de sang, que cette perspective n'est pas si barbante que cela. Mais y a t-il quelqu'un ici pour me proposer autre chose ? Je n'ai pas envie de donner si vite raison à ce croque-mort d'argentier."


Tandis que le protecteur de Volterra se tourne vers les autres captaines mercenaires, Toni Herdonia, conseiller financier personnel du prince, se permet une intrusion dans la conversation.

"On pourrait peut-être nous servir de Cortonna comme d'un gros casino et.."

"Il suffit Toni. Nous parlons de guerre présentement, pas de comptes cachés en Mahrénie. Tes conseils sont précieux, mais dans d'autres domaines que la guerre."



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