02/10/2019
21:56:15
Index du forum Scène Internationale Diplomatie internationale

[San Youté-Wanmiri] Premier contact autour d'un croiseur

974
Il était à peu près neuf quand l’avion san youtiens est arrivé à Sivagundi, la rencontre avait beau avoir été fixée au 25, les deux parties s'étaient convenu une nouvelle date en l’état du 19 même si rien ne semblait pressé.
À son bord, deux personnages très influent au San Youté, Mme Clara Mendizabal, la ministre des affaires étrangères qui ne rate aucune rencontre que doit mener son pays et la cheffe de l’État major du San Youté, Elsa Moerira qui n’avait pas l’habitude de sortir du San Youté mais un ordre est un ordre.
Les deux s'étaient rendus en Wanmiri pour négocier l’acquisition d’un croiseur de sixième génération pour la marine nationale du San Youté.
Nul doute que le San Youté c’est adressé aux meilleures cette tâche mais il n’en reste pas moins que l’acquisition d’un navire de guerre de ce calibre n’est pas une mince affaire et les san youtiens vont devoir y mettre le prix.
Aucune des deux ne savait les raisons de ce soudain intérêt du président pour le développement de la marine du San Youté mais ça n'était certainement pas pour faire des jolies parades.
Nos comparses sortent de l’avion et vont à la rencontre de leurs homologues wanmiriens.
A Sivagundi, l'ambiance était à la fête. Après les évènements de 2017, lorsque l'industrie de construction navale wanmirienne - pourtant une des meilleurs du monde - avait été gravement calomniée, et victime d'une campagne de désinformation scandaleuse de la part de ses concurrents, le fait de retrouver des partenaires et de renouer avec les ventes à gros budget plaisait évidemment. Aux industriels, d'abord, cela allait ans dire : Ambre Alienov, propriétaire et dirigeante du Consortium Hélia Alienov Tellary, et par lui d'Hélia Corporation et de sa myriade de chantiers navals à travers le monde, se réjouissait d'avance. A ses côtés, sur le tarmac de l'aéroport, les autres n'étaient pas en reste : Silakheri Galio, Chef des Armées de la République Démocratique, anticipait les potentiels partenariats d'ordre militaire qui pourraient découler de cette vente, tandis qu'Eddonna Tymeri, pour sa part, s'intéressait plus aux aspects scientifiques et culturels que le Wanmiri pourrait retirer d'un accord avec le San Youté. Enfin, dernier individu notable, mais pas des moindre, à attendre sur les pistes : Ethrasyl Tymeri. Le Chef d'Etat du Wanmiri, que l'on avait somme toute peu vu depuis sa prise de fonction en 2010 - il n'avait été présent, en tout et pour tout, qu'à quatre rencontres internationales, dont deux sommets des partenaires de la Poëtoscovie, et encore, c'était seulement pour espérer la calmer sur la scène internationale en lui faisant honneur - s'était donc déplacé pour l'occasion. Une transaction d'une telle ampleur n'était pas anodine, surtout après la période de creux qui avait suivi 2017. Il entendait bien marquer le coup en envoyant un signal fort aux autorités san youtiennes : le Wanmiri s'intéressait à un partenariat avec le San Youté ; il ne s'agirait pas d'une vente comme une autre, mais bien de la conclusion d'un accord plus approfondi.

Sitôt l'avion posé et arrêté devant tout ce beau monde, une chorale composée de marins wanmiriens, d'une part, et de jeunes wanmiriens de l'Université de Sivagundi d'autre part, entama l'hymne wanmirienne, suivie immédiatement par celle san youtienne. Les Tymeri accueillirent Mmes. Clara Mendizabal et Elsa Moerira avec un plaisir non feint, et les invitèrent à les suivre dans un véhicule gouvernemental, qui les conduirait jusqu'au Hall des Ambassades de Sivagundi, où la rencontre se déroulerait. Ambre, d'un naturel plus réservé, et Silakheri, peu habitué à faire la discussion en dehors de son cercle proche et de ses troupes, restaient quelque peu en retrait, sans pour autant se couper totalement de la conversation, répondant aux questions occasionnelles de leurs interlocuteurs.

Dans la voiture, une fois chacun confortablement installé et une ambiance détendue instaurée - la limonade fraîche, issue de plantations situées proches de la capitale, servie juste avant le départ de l'aéroport n'y était sans doute pas étrangère, d'autant que la possibilité de la couper avec du rhum sylvois leur avait été offerte (ce qu'Ambre ne s'était retenue de faire qu'à cause d'un regard appuyé d'Eddonna, qui connaissait son penchant pour la boisson ambrée) -, Eddonna aborda le véritable sujet de la rencontre.

"Mesdames, si je comprends bien, vous êtes ici car vous souhaitez acquérir auprès de nos services un croiseur de dernière génération. Sans indiscrétion, pourriez-vous m'indiquer ce qui vous a poussé à vous tourner vers nous, plutôt que vers d'autres ? Après tout, d'aucuns disent que les navires wanmiriens, c'est de l'acier creux... conclut-elle sur un ton ironique, qui fit sourire l'assemblée, et provoqua un bref rire nerveux chez Ambre, pour qui la pilule de la désinformation alguareno n'était toujours pas passée. En un mot comme en cent : qu'espérez-vous de cette entrevue ?"

Au Wanmiri, on espérait beaucoup. On espérait aussi - et surtout - que c'était aussi le cas côté san youtien.

1104
Beaucoup de gros bonnets pour cette rencontre et il faut le dire, les deux san youtienne ne s’y attendaient pas, comme prévu la conversation avec les wanmiriens porterais au delà du simple achat d'un croiseur mais sa n'effrayer pas la ministre du San Youté habituée aux grandes entrevues, après tout elle a déjà participé à toutes les rencontres organisées par son pays.

Après cette accueil en fanfare, les deux suivirent la délégation dans la voiture et écoutait attentivement sont interlocuteurs en dégustant cette excellente limonade néanmoins dépourvue d'alcool puisqu'il faut garder les idées claires pour négocier :
”Permettez moi de répondre à vos questions, tout d’abord pour ce qui est dû pourquoi nous choisissons les navires de votre pays, c’est grâce à vos accords déjà passé mais aussi grâce à Mme Ambre Alienov dont nous connaissons les capacités de ces chantiers navales, pour ce qui est des dires quant à la qualité de vos navires, je ne pense pas qu’il soit avisé de se fier aux des alguarenos quant on sait qu’ils ont tout intérêt à discréditer la réputation de la concurrence.
Maintenant nos attentes vis-à-vis de cette entrevue, notre priorité reste l’achat du croiseur mais au vue du monde présent, il ne fait pas de doute que les débats iront au-delà, ce qui n'est pas pour me déplaire. ”
Haut de page