Création de pays : Lianzhou
Généralités :
Nom officiel : Gouvernement provisoire de Concorde nationale du Lianzhou
Nom courant : Lianzhou
Gentilé : Aucun gentilé officiel. Les appellations varient selon les zones : Lianzhouanais dans l'usage extérieur, Shengjingiens pour les républicains, Xiluois pour Xilu, Haichengais pour Haicheng, Beiyuanais pour Beiyuan, Nanyuéens pour Nanyue, Hongshanais pour Hongshan, Longanais ou impériaux de Long'an pour les partisans de Guangwu II.
Inspirations culturelles : Chine contemporaine et post-impériale, période des seigneurs de guerre chinois.
Situation géographique :
Langue(s) officielle(s) : Aucune langue officielle commune à l'ensemble du territoire.
Autre(s) langue(s) reconnue(s) : Toutes les langues, dialectes et parlers provinciaux utilisés sur le territoire sont reconnus de fait par le Gouvernement provisoire de Concorde nationale. Cette reconnaissance n'implique pas une unification linguistique : chaque zone conserve ses usages administratifs, scolaires et judiciaires.
Drapeau :

Drapeau provisoire du Lianzhou, adopté en 2019 :
Le champ indigo rappelle le long temps de guerre. La bande blanche figure la trêve et les corridors humanitaires. Le pont d'or renvoie à Mingdou, à la reconstruction et au lien entre les provinces. Les neuf étoiles représentent les neuf sièges du Directoire de Concorde nationale. Les ondes bleues évoquent le détroit de Haixia et la circulation retrouvée.
Devise officielle : Survivre d'abord, choisir ensuite.
Hymne officiel :
Monnaie nationale : Yuan provisoire de Concorde. Les autres monnaies en circulation dans les différentes zones sont également acceptées : yuan républicain de Shengjing, yuan de transit de Haicheng-Mingdou, bons provinciaux de Xilu, certificats de ravitaillement de Beiyuan, liang méridional de Nanyue, bons de charbon de Hongshan et monnaie militaire de Long'an.
Capitale : Hengdao, siège provisoire du Gouvernement de Concorde. Shengjing demeure la capitale historique et républicaine revendiquée.
Population : 45 000 000 habitants
Aperçu du pays :
Présentation du pays :
L'évidement progressif de l'Empire
Le 3 avril 1904, la mort de l'impératrice douairière Lian Meiyu prive la dynastie des Lian de sa dernière grande figure d'équilibre. Elle maintenait encore ensemble le palais de Shengjing, les gouverneurs provinciaux, les familles militaires et les élites marchandes. Son successeur effectif, l'empereur Lian Chengzong, cherche à restaurer l'autorité impériale, mais il confond la puissance de l'État avec la capacité de décréter. Là où Lian Meiyu s'était fait remarqué par une gouvernance tournée sûr l'arbitrage, les concessions et les fidélités, Chengzong tente lui une recentralisation administrative.
Le 19 août 1905, il promulgue l'Édit de Recentrage administratif, qui exige des provinces qu'elles transmettent directement à Shengjing une part beaucoup plus élevée de leurs recettes fiscales. La mesure provoque une lourde protestation. Les provinces les plus riches, notamment Minghai, Donghuang et Xilu, font tout pour ralentir les différents versements, attisant la colère du centre. La crise devient ensuite militaire en 1907, lorsque le gouverneur militaire Gao Wenqian refuse d'envoyer deux régiments vers la capitale. L'empereur ordonne son arrestation, mais l'ordre n'est jamais exécuté. La Convention de Xianluo du 2 février 1907 permet finalement à Gao de conserver son commandement après une simple déclaration de fidélité. On note alors que pour la première fois, un gouverneur a désobéi à l'empereur et n'a pas été puni. C'est la première grande victoire des provinces contre le trône. Ce qu'il faut retenir, c'est le désir des provinces de possèder une force armée, garante, à la fois d'autonomie et de sécurité. Ce sujet sera au centre des disputes du XXéme siècle.
Entre 1907 et 1915, l'Empire reste en apparence uni. En effet, les provinces reconnaissent encore l'empereur, paient partiellement l'impôt, participent aux cérémonies et conservent les formes de l'unité impériale. Mais en réalité, elles renforcent leurs milices, contrôlent leurs chemins de fer, négocient leurs emprunts et administrent de plus en plus leurs propres finances. Haicheng développe ses franchises commerciales ; Hongshan voit apparaître ses premiers syndicats ouvriers autour des charbonnages et des fonderies ; Nanyue conserve ses réseaux aristocratiques et fonciers ; Xilu s'habitue à vivre loin de Shengjing et gagne en autonomie, faisant craindre une sécession de la région. On comprend alors, que l'Empire subsiste, l'Empereur, du haut de sa capitale, gouverne difficilement.
La rupture politique réel commence en 1916. Le 4 mai 1916, Chengzong promulgue l'Édit des Dix Gouvernorats, qui prévoit de remplacer les grands seigneurs et gouverneurs provinciaux par des commissaires impériaux nommés pour trois ans, révocables à tout moment. À cela ce rajoute, l'apparition d'une assemblée des provinces, qui propose des candidats a l'Empereur et participe au gouvernement. L'édit vise officiellement à moderniser l'administration tout en promulguant de grandes avancées démocratiques ; mais en pratique, il attaque directement les pouvoirs provinciaux. Le 21 juin 1916, huit gouverneurs réunis à Mingdou signent la Lettre des Huit Sceaux. Ils y affirment leur fidélité à l'Empire, mais refusent toute réforme qui « désarmerait les provinces devant les troubles du siècle » (les troubles visés ici sont, le colonialisme, le christianisme, l'islam, le péril rouge). Certains pensent à tort qu'il s'agit ici d'une déclaration de rébellion contre l'Empire, or ce n'est pas le cas. Cette lettre envoyée à l'Empereur, est un ultime recourt au dialogue avant d'envisager les armes.
Au final, en 1917, Chengzong choisit la force. Le 9 octobre 1917, il crée l'Armée de Restauration intérieure, censée reprendre les arsenaux provinciaux et imposer les commissaires impériaux. Mais la campagne échoue dès la bataille de Qiaomen, le 14 décembre 1917, où les troupes impériales subissent de lourdes pertes face aux forces provinciales de Minghai. La défaite ruine le prestige de Shengjing. L'armée impériale, qui devait prouver la supériorité du centre, montre au contraire qu'elle ne peut plus contraindre les provinces.
En 1918, la crise sociale achève de détruire l'image paternelle de l'empereur. Le prix du riz double à Shengjing. Le 6 septembre 1918, une manifestation de femmes devant les greniers impériaux dégénère ; la garde tire. Le Massacre des Grains de Shengjing fait officiellement 184 morts, davantage selon les opposants. À partir de là, l'empereur n'apparaît plus comme le protecteur du peuple. Les républicains, jusque-là dispersés dans les universités, les cercles militaires et les sociétés commerciales, trouvent un slogan durable : « Le Ciel ne nourrit plus le peuple. »
En 1919, le juriste Zhou Mingde fonde la Société constitutionnelle du Renouveau. Étonnamment, son programme ne s'attaque pas à l'Etat en lui-même, en effet, ils exigent une assemblée nationale (qui on le rappelle avait été refusé par les gouverneurs en 1916), un budget contrôlé, une responsabilité ministérielle et une armée soumise à la loi. Le mouvement gagne les villes, les milieux marchands et une partie des officiers. En 1922, le général Deng Hualin, commandant de la 3e Armée impériale à Mingdou, refuse de transférer ses troupes à Shengjing et publie la Proclamation de Minghai. Il affirme rester fidèle à l'Empire, mais seulement à condition que les ordres du trône servent la sauvegarde du peuple. Cette fidélité conditionnelle détruit l'autorité impériale de l'intérieur. Un officier peut désormais désobéir sans se présenter comme traître.
La chute de l'Empire et la Première République
La chute intervient en 1926, lors de la Révolution des huits jours. Le 3 février, une mutinerie éclate à Shengjing pour six mois de solde impayée. Le 5 février, les étudiants rejoignent le mouvement. Le 10 février, le palais est encerclé par des unités républicaines commandées par Chen Guowei, ancien officier impérial passé au constitutionnalisme. À 18 h 40, Lian Chengzong signe l'Acte de Retrait du Trône, par lequel il remet « la garde de l'État au peuple de Lianzhou ». Le 11 février 1926, Zhou Mingde proclame la Première République de Lianzhou depuis le balcon du ministère des Rites.
La République naît légalement, mais pas solidement. Elle possède Shengjing, les sceaux, les ministères, une partie de l'armée et la reconnaissance des villes commerciales. Mais elle ne possède pas vraiment les provinces. Xilu conserve ses troupes, Minghai exige un statut autonome, Nanyue protège ses familles aristocratiques, Donghuang et Beiyuan prêtent serment avec réserve. La Constitution des Trois Conseils, adoptée le 14 août 1927, crée une Chambre civique, un Conseil des provinces et une présidence républicaine. Le compromis est en soit trouvé, mais il ne répare pas les fractures de l'État. La République hérite des formes de l'État impérial sans récupérer la force qui permettait autrefois de les imposer.
La rupture vient du deuxième président, Liang Qichao, élu en décembre 1928. Le 7 octobre 1929, il se proclame empereur sous le nom de Taizheng Ier, fonde l'Empire national de Régénération, dissout la Chambre et suspend la Constitution. Il ne restaure pas l'ancien Empire des Lian ; il tente de transformer la République en empire personnel, il s'agit ici d'un régime nationaliste. Sans surprise, la réponse des provinces ne ce fait pas attendre, que se soit Xilu, Minghai, Hongshan, Donghuang et les républicains réfugiés à Haicheng, tous refusent son autorité. Le 1er novembre 1929 commence officiellement la Guerre civile des Seigneurs de guerre.
De 1929 à 1941, le pays se fragmente entre pouvoirs provinciaux. Les principaux acteurs sont l'armée de Shengjing fidèle à Liang-Taizheng, l'Armée de Xilu de Gao Wenqian, l'Armée du Détroit de Han Zemin, la Ligue orientale de Donghuang de Yuan Shaokang et les forces méridionales de Nanyue. À côté d'eux apparaissent des milices rurales, des gardes marchandes, des compagnies ferroviaires armées et des bandes de déserteurs. La bataille du Lac Shuang, du 12 au 18 mars 1930, empêche Liang de reprendre Mingdou. Le Massacre de Qingshui, le 23 juin 1931, où plus de mille civils de Nanyue sont tués lors d'un pillage centraliste, enracine durablement l'anti-centralisme méridional.
En 1933, les communistes apparaissent comme force armée. Le mineur devenu organisateur politique Narek Zhou fonde à Hongshan l'Armée rouge des Monts de Charbon. Le Manifeste de Hongshan, publié le 4 décembre 1933, affirme que la guerre des généraux n'est que « la lutte de propriétaires armés sur le dos du peuple ». C'est le premier texte communiste majeur du Lianzhou. Il transforme Hongshan en symbole communiste. Aujourd'hui, on peut très largement affirmer que toute la province ce positionne en faveur de la cause rouge, la province industrielle veut imposer son régime aux seigneurs de Guerre.
L'Empire personnel de Liang s'effondre en 1935. Après la défaite de Guandu-Sud, le 2 mai 1935, il fuit Shengjing, est capturé le 21 juin et exécuté le 23 juin. Mais sa mort ne restaure pas la République. Les seigneurs de guerre continuent de s'affronter. Le Massacre de Beigang, le 14 février 1939, commis par la Ligue orientale lors de la prise d'une ville du Nord, fait environ 3 700 morts et devient l'un des premiers massacres de masse documentés par des photographes étrangers. La guerre devient alors un régime de violence contre les populations civiles en plus des batailles entre armées.
La guerre idéologique et le Premier Front uni
À partir de 1941, la guerre change de nature. Les petits seigneurs ont été absorbés ou détruits. Les acteurs survivants deviennent surtout idéologiques et se forgent autours des républicains de Sun Liren, des communistes de Narek Zhou, des impériaux légitimistes autour du prince Lian Yuheng, et des derniers grands seigneurs de guerre et monarchistes de Nanyue. La Campagne des Quatre Routes, lancée le 6 avril 1942, vise à rouvrir les axes de Shengjing vers Xianluo, Mingdou, Nanyue et Hongshan. Elle échoue devant Hongshan. Le siège de la ville, du 19 septembre 1942 au 3 janvier 1943, fait environ 18 000 morts et renforce le mythe communiste.
En 1944, Lian Yuheng proclame à Yuejing la Restauration des Rites. Il ne prend pas le risque de se faire empereur, mais « gardien du trône vacant ». La tentative échoue partiellement après la bataille de Nanzhou, du 17 au 25 novembre 1945. Entre 1946 et 1950, trois monnaies circulent. Le yuan républicain, le billet militaire de Xilu et le bon rouge de Hongshan. Les prix deviennent impossibles à comparer, les marchands de Haicheng exigent parfois de l'argent métal ou des contrats de riz, et la circulation économique se fragmente. La famine de Shengzhou-Sud, en 1947-1948, tue environ 180 000 personnes, aggravée par les barrages militaires, les taxes multiples et la destruction des ponts.
En 1953, alors que le pays est épuisé, une puissance étrangère connue dans la mémoire lianzhouanaise sous le nom de Beiyang intervient. Le 18 mars 1953, l'opération Couteau de Mer débarque près de Haicheng et avance vers Donghuang. Les massacres de Lujin le 2 avril 1953, des Quais de Haicheng le 17 mai, puis le nettoyage de Dongmen en 1954, forcent peu à peu les factions à s'unir. Après la chute de Huangjing, le 12 janvier 1955, les principales forces du Lianzhou se réunissent à Mingdou. Le 12 mars 1955, le Pacte du Détroit proclame le Premier Front uni national.
Le Front uni réunit républicains, communistes, provinciaux et monarchistes contre Beiyang. Il combat efficacement, mais ne réconcilie personne. Les batailles de Long'an en 1956, de la Passe de Beiyuan en 1958 et de Mingdou en 1960 épuisent l'envahisseur. Le 22 juin 1962, l'Accord de Long'an organise le retrait étranger. Le 1er octobre 1962, le Lianzhou proclame la Deuxième République à Shengjing. Sun Liren, malade, refuse la présidence ; le pouvoir revient à Chen Dazhou, héros militaire du Front. La Constitution de 1963 reconnaît les provinces, légalise certains partis, intègre une partie des communistes dans l'Assemblée nationale et promet une réforme agraire limitée.
La Deuxième République et la deuxième guerre civile
De 1962 à 1975, la Deuxième République reconstruit d'abord le pays. Les ponts du détroit sont réparés, les ports de Haicheng rouvrent, la production de charbon de Hongshan remonte à 72 % du niveau de 1952 dès 1966, et les écoles républicaines rouvrent dans presque toutes les provinces. Mais les contradictions reviennent rapidement. Les républicains veulent une armée nationale unique ; les communistes refusent de dissoudre toutes leurs unités ; les provinces veulent garder leurs forces de sécurité ; Nanyue accepte la République, mais conserve ses cours locales, ses réseaux fonciers et son statut de royaume autonome intégré.
Après la mort de Chen Dazhou, le 5 mai 1969, le président Fang Zhenyu durcit le régime. La Loi d'Intégration militaire du 14 février 1972 exige que toutes les forces régionales soient intégrées dans l'armée nationale avant le 1er janvier 1975. À Hongshan, le Massacre des Fonderies, le 22 août 1973, fait 612 morts lorsque l'armée tire sur des ouvriers opposés aux arrestations de cadres rouges. Le 9 janvier 1975, les unités rouges de Hongshan refusent leur intégration et attaquent trois casernes. La Deuxième guerre civile commence.
Les derniers impériaux tentent de profiter du chaos. Le 3 mars 1975, le prince Lian Zhaoxu proclame à Yuejing le Rétablissement impérial. Mais les impériaux sont écrasés. Après la bataille de Nanzhou-Est, du 4 au 16 avril 1977, leurs forces organisées sont détruites ; Lian Zhaoxu est capturé puis exécuté le 2 mai 1977. De 1977 à 1979, la guerre devient un duel entre républicains et communistes. Les républicains alignent environ 210 000 hommes en 1978, les communistes environ 145 000, plus des milices. La bataille de Hongshan-Nord, de septembre à novembre 1978, fait plus de 28 000 morts. Les massacres de Baimei le 11 décembre 1978 et de Sanli le 3 février 1979 fixent les haines de guerre.
Le 18 juillet 1979, Beiyang intervient une seconde fois, cette fois avec des mercenaires et des conseillers d'une coalition anti-communiste régionale. Le 24 juillet 1979, Fang Zhenyu et la commandante communiste Qiao Min signent l'Accord des Deux Bannières, fondant le Deuxième Front uni. Le siège de Haicheng, d'octobre 1979 à mars 1980, fait environ 35 000 morts et détruit le vieux port. La Contre-offensive de Long'an, lancée le 2 mai 1981, coupe les forces étrangères en deux. Le 16 novembre 1981, Beiyang accepte le retrait. Le 9 février 1982, le Front uni est dissous et la Deuxième République est restaurée.
La République restaurée et la Troisième guerre civile
Mais la République restaurée devient plus nationaliste, centralisatrice et militaire. Le président Tang Wensheng, élu en 1983, crée le Ministère de l'Unité nationale, impose une langue administrative unique, réduit les autonomies provinciales, réforme les programmes scolaires et place les gouverneurs sous tutelle. Haicheng est reconstruite, Shengjing modernisée, Mingdou devient le grand nœud logistique du détroit. Mais les périphéries paient le prix : taxes accrues, dissolution forcée des anciennes milices, perte des pouvoirs locaux, surveillance administrative et militarisation des provinces.
La crise éclate à Xilu. Le 17 mars 1991, le gouverneur élu Ma Xun refuse d'appliquer le décret de dissolution des gardes provinciales. Le 2 avril, l'armée entre à Xianluo ; les combats font 1 900 morts en dix jours. Le 13 avril 1991, Ma Xun proclame la Déclaration confédérée de Xianluo, réclamant une union libre de provinces souveraines. La Troisième guerre civile commence.
En 1992, le front confédéré réunit Xilu, Minghai-Mingdou, Haicheng et Beiyuan dans une opposition anti-centraliste encore floue. Xilu veut une confédération dure ; Mingdou veut protéger le détroit ; Haicheng veut préserver ses franchises marchandes ; Beiyuan refuse la tutelle militaire de la République. Nanyue reste loyaliste, mais seulement parce que son autonomie monarchique est encore reconnue. Donghuang demeure le commandement républicain oriental. Hongshan reste officiellement républicaine, mais les foyers rouges réapparaissent.
En 1993, le front anti-centraliste se fracture. Le 8 septembre 1993, la juriste Deng Xiaolian proclame le Manifeste fédéral de Haicheng. Elle refuse à la fois le centralisme de Shengjing et la confédération radicale de Xilu. Le 21 septembre, Haicheng et Mingdou signent l'Accord des Quais, créant la Ligue fédérale Haicheng-Mingdou. Shengjing tente de reprendre Mingdou par l'offensive républicaine du Détroit, du 3 octobre au 19 novembre 1993. L'offensive échoue et Mingdou reste divisée mais fédérale dans son centre et ses quais. Le 24 novembre, la ville se déclare District fédéral provisoire du Détroit.
Entre 1994 et 1995, la guerre devient multipolaire. Xilu consolide sa doctrine confédérale avec les Articles de Xianluo puis la Charte des Souverainetés provinciales. Beiyuan se radicalise après le Massacre de la Place du Nord en août 1994. Seyran Kouo fonde peu à peu un mouvement nordique séparatiste. Le 12 avril 1995, il proclame la Déclaration du Nord libre. Hongshan redevient rouge, le Front populaire rouge crée des zones ouvrières armées et contrôle plusieurs districts miniers. Nanyue reste allié aux républicains, mais affirme de plus en plus sa loyauté conditionnelle. Le royaume méridional fournit des vivres, des refuges et quelques contingents, mais refuse de se laisser absorber par le commandement central.
En 1997, Nanyue rompt. Le 12 juin 1997, Liang Wenrui II proclame le Royaume de Nanyue dans le but de défendre l'autonomie monarchique méridionale contre Shengjing. L'opération Couronne brisée, lancée par la République le 3 juillet 1997, échoue à réduire le royaume. Nanyue devient une monarchie régionale assumée, elle est conservatrice, foncière, attachée aux rites, hostile aux rouges, mais aussi méfiante envers le centralisme républicain.
De 1998 à 2001, la guerre s'enracine. Hongshan proclame une République populaire provisoire dans ses districts rouges en 2000. Haicheng-Mingdou consolide ses institutions fédérales et son yuan de transit. Beiyuan avance vers une souveraineté totale. Xilu survit malgré les grandes offensives républicaines, notamment la bataille de Shuangdao en 2001. Shengjing recourt de plus en plus aux déplacements forcés, aux blocus et aux zones de regroupement civil.
En 2002, Donghuang bascule. Le général Yuan Zhaoming, chef du commandement de Long'an, publie le Mémoire sur la continuité de l'État, affirmant que la République n'est plus qu'une forme vide. Le 3 mai 2002, il se proclame Empereur Guangwu II à Long'an. Il ne restaure pas l'ancienne dynastie des Lian, mais fonde un empire militaire oriental, né de la frustration de Donghuang et de l'effondrement de l'autorité républicaine. L'offensive de Huangjing, en juin 2002, lui donne une façade maritime. Le péril impérial moderne est né.
En 2003, l'Empire de Long'an tente d'avancer vers Minghai et le détroit. La bataille de Longkou, du 2 au 19 mars 2003, oppose les impériaux aux forces fédérales et à des républicains locaux. L'Empire échoue à percer rapidement. La même année, Hongshan adopte la Charte des travailleurs armés, Beiyuan renforce son discours souverainiste, Nanyue confirme sa monarchie régionale par les Articles de Nanzhou, et la Ligue fédérale se militarise davantage. À ce stade, la Troisième guerre civile atteint sa forme presque complète. En effet, chaque camp possède désormais une armée, une administration, une mémoire de guerre et un projet politique.
La guerre d'usure et la catastrophe de Mingdou
Après 2003, la guerre entre dans une longue phase d'usure. Aucun camp ne peut réunifier le pays, mais aucun ne disparaît. Shengjing tient encore la capitale, une partie de Shengzhou et des institutions républicaines. Xilu conserve la Confédération. Haicheng-Mingdou maintient la Fédération du Détroit. Beiyuan avance vers l'indépendance. Hongshan devient un pôle communiste structuré. Nanyue survit comme royaume méridional. Long'an incarne l'Empire oriental. Les lignes de front bougent moins vite, mais la guerre pénètre davantage les sociétés. On remarque que c'est à ce momment que les écoles, monnaies, tribunaux, postes de contrôle, archives, cimetières et marchés deviennent propres à chaque zone.
Les années 2004-2006 voient les offensives les plus coûteuses pour des gains faibles. La bataille de Minghai-Ouest en 2004 fait environ 22 000 morts pour moins de trente kilomètres gagnés. Le 6 août 2006, le Massacre de Lianqiao, commis par des milices impériales contre des villages fédérés, fait environ 3 400 morts. L'événement soude temporairement Haicheng-Mingdou contre Long'an, mais ne permet pas une alliance générale. Shengjing condamne l'Empire, mais refuse de reconnaître pleinement la Ligue fédérale ; Xilu dénonce le massacre, mais refuse toute coordination durable ; Nanyue y voit la preuve que l'impérialisme de Long'an menace aussi les monarchies régionales.
Entre 2007 et 2008, la guerre se transforme en guerre de convois. Les grandes offensives deviennent plus rares, mais les attaques contre les routes, les ponts, les dépôts et les trains se multiplient. Mingdou, déjà divisée, redevient le centre nerveux des circulations. La Ligue fédérale contrôle encore plusieurs quais et ponts secondaires, mais Shengjing conserve des positions à l'ouest, tandis que Long'an cherche à couper les routes orientales. Des taxes multiples frappent les marchandises, de la taxe républicaine, au droit fédéral de transit, au prélèvement confédéré, à la contributions de guerre nanyuéennes, au bons rouges de Hongshan, et à la réquisitions impériales. La chose devient suffisamment absurde pour ce que les civils subissent des contrôles sur plusieurs kilomètres, et les prix de passage sont loin d'être fixe. Aussi étonnant que cela puisse l'être, on négocie l'impôt et les taxes entre les collecteurs et les passants. Cette guerre est alors nommée, « la guerre des barrières ».
En 2009, Nanyue durcit son ordre intérieur. La Répression de Yuejing voit l'exécution d'environ 900 militants rouges après une tentative de soulèvement dans les faubourgs artisanaux et les campagnes du nord méridional. Le royaume confirme son rôle d'État monarchique régional en prônant la stabilité, conservatisme, hostilé aux rouges, la méfiance envers Shengjing, et l'opposition à l'Empire de Long'an dès lors que celui-ci prétend réunifier tout le Lianzhou. Liang Wenrui II présente la répression comme une mesure de sauvegarde contre la contagion hongshanaise. Les opposants y voient au contraire la transformation définitive du royaume autonome en monarchie de guerre.
Entre 2010 et 2011, l'usure devient sociale. Les zones républicaines connaissent une inflation chronique ; les marchés de Haicheng s'enrichissent mais attirent des réfugiés impossibles à absorber ; Beiyuan manque de céréales ; Hongshan manque de médicaments et de pièces industrielles ; Nanyue conserve des récoltes mais ferme davantage ses frontières ; Long'an militarise la production ; Xilu survit par ses réseaux ruraux et par la contrebande. Les écoles n'enseignent plus la même histoire. À Shengjing, on parle de réunification républicaine ; à Xilu, de liberté provinciale ; à Haicheng, de fédération ; à Beiyuan, de marche sacrifiée ; à Hongshan, de lutte ouvrière ; à Nanyue, de continuité méridionale ; à Long'an, de restauration impériale. Une génération entière grandit sans avoir connu un État commun fonctionnel.
En 2012, la guerre provoque une crise humanitaire majeure dans les districts de Hongshan et de Beiyuan. Les lignes de ravitaillement sont coupées, les récoltes mauvaises, les mines désorganisées, les routes militarisées. Plusieurs convois sont bloqués pendant des semaines entre les postes rouges, les barrages républicains et les zones sous contrôle impérial. Dans le Nord, la sécheresse aggrave la situation ; dans les bassins de Hongshan, l'arrêt partiel des mines prive les villes de salaires, de charbon et de rationnements. Environ 240 000 personnes fuient vers les zones fédérées, surtout Haicheng et Mingdou. La Ligue fédérale en sort renforcée économiquement, parce qu'elle contrôle les flux humanitaires et les monnaies de transit, mais fragilisée socialement par l'afflux massif de réfugiés.
La crise de 2012 marque aussi la naissance d'une diplomatie humanitaire informelle. Des médecins de Nanyue, des ingénieurs de Haicheng, des magistrats de Shengjing et même certains représentants rouges négocient ponctuellement des passages de convois. Ces arrangements n'ont pas encore la valeur d'une trêve, mais ils créent des habitudes de discussion. C'est dans ces convois, ces listes de prisonniers, ces échanges de médicaments et ces négociations de ponts que se prépare, sans le savoir, la logique de la Concorde de 2019.
Entre 2013 et 2015, la guerre devient une guerre de positions, de monnaies, de convois et de légitimités. Les frontières intérieures se stabilisent partiellement. Les grandes offensives sont rares, car elles coûtent trop cher ; les sièges locaux, les embuscades et les bombardements ciblés deviennent plus fréquents. Minghai est coupée en plusieurs zones de transit. Mingdou reste le verrou central, à la fois ville, pont, gare, dépôt, symbole et blessure. Les chefs militaires commencent à comprendre que celui qui détruirait Mingdou détruirait aussi la possibilité matérielle de gouverner le pays. Mais cette conscience ne suffit pas à arrêter la guerre.
En 2016, la situation se dégrade autour du détroit. Les fédéraux de Haicheng-Mingdou tentent de renforcer leurs positions pour protéger les convois de réfugiés et les revenus de transit. Shengjing accuse la Ligue de transformer l'aide humanitaire en instrument de pouvoir. Long'an multiplie les bombardements de pression sur les routes orientales. Les confédérés de Xilu cherchent à maintenir une présence autour des accès occidentaux pour ne pas être exclus des négociations futures. Hongshan attaque ponctuellement les dépôts de carburant afin d'empêcher que ceux-ci soient utilisés contre ses zones rouges. Nanyue, enfin, envoie des unités de protection vers le sud du détroit pour garantir ses accès commerciaux. L'encerclement de Mingdou ce dessine autour de prétention de protection.
En 2017-2018, l'épuisement devient général. Les désertions augmentent dans plusieurs armées. À Shengjing, les familles de soldats manifestent devant le ministère de la Guerre ; à Haicheng, les autorités fédérales rationnent l'entrée des réfugiés ; à Beiyuan, les autorités nordiques craignent une famine durable ; à Hongshan, les mines tournent par intermittence ; à Nanyue, les récoltes ne peuvent plus toujours être exportées ; à Long'an, l'armée impériale manque de carburant et de pièces mécaniques ; à Xilu, les milices provinciales vieillissent et peinent à recruter.
La catastrophe finale survient à Mingdou en 2019. La ville est stratégique depuis un siècle. En effet, elle contrôle le détroit de Haixia, les entrepôts, les ferries, les ponts et les voies ferrées entre Shengjing, l'Est et le Sud. En janvier 2019, les républicains lancent l'opération Pont d'Acier pour reprendre Mingdou aux fédéraux et couper les communications impériales. Les confédérés interviennent pour empêcher la percée. Les impériaux bombardent depuis l'Est. Les monarchistes de Nanyue envoient des unités pour protéger leurs accès. Les communistes attaquent les dépôts de carburant afin d'empêcher les républicains d'avancer.
Du 3 février au 27 avril 2019, Mingdou devient un enfer urbain. Le 14 mars, les silos de Baicang brûlent ; 120 000 tonnes de céréales disparaissent. Le 22 mars, l'hôpital central est touché par trois obus ; 680 patients, médecins et réfugiés meurent. Le 9 avril, le grand pont du détroit s'effondre après une double explosion dont aucun camp n'admet la responsabilité. Le 18 avril, le Massacre de la Gare du Sud fait 4 200 morts lorsque des réfugiés sont pris entre un bombardement impérial et des tirs républicains. À la fin du mois, Mingdou est détruite à plus de 60 %. La ville qui devait tenir ensemble les circulations du pays devient la preuve matérielle que la guerre ne peut plus produire d'ordre.
La catastrophe force les factions à comprendre que la guerre ne produira pas un vainqueur, mais un pays inhabitable. Les cités marchandes menacent de couper tout crédit. Les commandants locaux signalent des désertions massives. À Shengjing, les familles de soldats manifestent. À Hongshan, les mines s'arrêtent. À Nanyue, les récoltes ne peuvent plus être exportées. À Beiyuan, les autorités craignent la famine. À Long'an, certains officiers avertissent que l'Empire ne peut plus soutenir une guerre de grande ampleur sans effondrer sa propre arrière-base.
Du 18 au 29 juin 2019, des négociations secrètes ont lieu sur l'île neutre de Hengdao, au milieu du détroit. Le choix du lieu est symbolique : Hengdao ne peut appartenir pleinement à aucun camp sans rouvrir la bataille de Mingdou. Les délégations y arrivent séparément, parfois sous escorte ennemie, parfois par convois humanitaires. Les discussions ne portent pas sur la forme future de l'État, car personne n'est prêt à céder sur ce point. Elles portent sur des réalités immédiates, notamment arrêter les offensives, rouvrir les corridors, échanger les blessés, protéger les ponts encore debout, déminer les quais, empêcher la famine et créer une autorité minimale capable de parler aux puissances extérieures, la peur d'une invasion étant toujours prèsente.
Le 30 août 2019, les principales factions signent la Trêve de Mingdou. Elle ne règle en aucun cas la question du régime. Mais elle suspend les offensives, fixe les lignes de cantonnement, ouvre des corridors humanitaires, impose l'échange des prisonniers blessés et crée une administration commune minimale. Elle ne proclame pas la paix ; elle proclame seulement que la poursuite de la guerre est devenue plus dangereuse que la coexistence armée. Cette trève prooclame que la poursuite de la guerre est devenue plus dangereuse que la coexistence armée, malgrès cela, les camps trouvent un second accord le 7 septembre 2019, le pays est presque entièrement désarmé (effectif réduit à 10 000 hommes). Puis, étant conscient que la guerre allait reprendre, le 11 septembre, est signé l'accord de Mingdou, qui indique que seul, l'artillerie, l'infanterie équipé, et les moyens de transports sont autorisées à la procduction.
Le 15 septembre 2019 naît le Gouvernement provisoire de Concorde nationale. Il rassemble neuf représentants allant des républicains de Shengjing, aux confédérés de Xilu, aux fédéraux de Haicheng-Mingdou, aux indépendantistes de Beiyuan, aux monarchistes de Nanyue, aux impériaux de Long'an, aux communistes de Hongshan, aux cités marchandes de Haicheng et une magistrature neutre issue des anciennes cours républicaines. Sa devise résume toute l'histoire récente du pays : « Survivre d'abord, choisir ensuite. » Aussi, ils espèrent que cette organisation pourra soit mettre fin à 100 ans de guerre, ou soit la réguler.
Mentalité de la population :
La population lianzhouanaise est profondément marquée par un siècle de guerres civiles, de fronts unis, d'interventions étrangères, de répressions, de déplacements forcés et de trêves inachevées. Elle ne croit plus facilement aux promesses d'unité nationale, mais elle ne renonce pas totalement à l'idée d'un pays commun. Cette contradiction définit la mentalité générale du Lianzhou : une société épuisée par la guerre, mais incapable d'oublier les raisons pour lesquelles chaque région s'est armée.
À Shengjing, la population reste attachée à l'idée républicaine et à la continuité administrative de l'État. On y parle d'ordre, de droit public, de reconstruction nationale et d'unité. À Xilu, la mémoire dominante est celle de la résistance provinciale : la centralisation est vécue comme une menace permanente. À Haicheng et Mingdou, la mentalité est plus urbaine, marchande et pragmatique : il faut des routes ouvertes, une monnaie fiable, des contrats protégés, un État limité mais fonctionnel. À Beiyuan, la mémoire frontalière domine : les habitants se voient comme un peuple sacrifié par les guerres nationales. À Hongshan, la culture ouvrière, minière et révolutionnaire reste forte, nourrie par les massacres, les grèves et les répressions. À Nanyue, la population reste attachée aux rites, aux familles locales, à la stabilité foncière et à la monarchie régionale. À Long'an et Donghuang, l'ordre militaire, la discipline et l'idée d'une autorité verticale conservent une grande force.
Le citoyen lianzhouanais moyen est donc prudent, méfiant et très politisé par nécessité. Il sait que les papiers, les monnaies, les lois et les autorités peuvent changer d'une province à l'autre. La guerre a créé une culture du convoi, du poste de contrôle, de la négociation locale et de la survie administrative. La paix n'est pas vécue comme un état naturel, mais comme un équilibre précaire à entretenir.
Place de la religion dans l'État et la société :
La religion au Lianzhou n'est pas le cœur du régime provisoire, mais elle demeure importante dans les identités provinciales, les rites funéraires, les légitimités monarchiques et les mémoires locales. L'ancien Empire des Lian reposait sur un système de rites dynastiques, de cultes ancestraux, de temples provinciaux et de cérémonies impériales liées à l'ordre du Ciel et à la continuité de l'État. La chute de l'Empire n'a pas détruit ces pratiques ; elle les a dispersées entre les provinces.
À Shengjing, les institutions républicaines ont tenté de séculariser la vie politique, mais l'ancienne symbolique impériale demeure dans l'architecture, les cérémonies d'État et la mémoire nationale. À Nanyue, la religion rituelle et les temples dynastiques jouent un rôle beaucoup plus visible : ils légitiment le royaume autonome, protègent les grandes familles et donnent au pouvoir méridional une continuité historique propre. À Xilu, la religion est davantage provinciale et communautaire, liée aux ancêtres, aux villages et aux serments locaux. À Hongshan, les communistes combattent les privilèges religieux et fonciers, mais tolèrent certaines pratiques populaires lorsqu'elles ne menacent pas les comités rouges. À Long'an, l'Empire de Guangwu II tente de réinvestir une sacralité politique, non comme restauration pure de l'ancien culte impérial, mais comme justification d'un ordre vertical et militaire.
Le Gouvernement provisoire de Concorde nationale ne reconnaît aucune religion comme fondement unique de l'État. Il garantit officiellement les cultes locaux, les rites provinciaux, les temples dynastiques et les pratiques communautaires, tant qu'ils ne servent pas à relancer les hostilités. Dans les faits, la religion reste un marqueur politique : à Nanyue, elle soutient la couronne ; à Long'an, elle peut être mobilisée par les impériaux ; à Shengjing, elle est contrôlée ; à Hongshan, elle est surveillée ; dans les campagnes, elle continue surtout à organiser les morts, les mariages, les serments et les mémoires de guerre.
Politique et institutions :
Institutions politiques :
Depuis le 15 juillet 2019, le Lianzhou est officiellement dirigé par le Gouvernement provisoire de Concorde nationale, né de la Trêve de Mingdou. Il ne s'agit pas d'un régime stable ni d'un État réunifié au sens classique, mais d'une autorité commune minimale chargée d'empêcher la reprise immédiate de la guerre civile.
Le cœur du régime est le Directoire provisoire de Concorde nationale. Il rassemble neuf représentants : les républicains de Shengjing, les confédérés de Xilu, les fédéraux de Haicheng-Mingdou, les indépendantistes de Beiyuan, les monarchistes de Nanyue, les impériaux de Long'an, les communistes de Hongshan, les cités marchandes de Minghai et un neuvième représentant neutre issu de la magistrature civile, actuellement Xu Wenhai.
Le Directoire ne tranche pas la forme future de l'État. Il administre la trêve, coordonne les corridors humanitaires, organise les échanges de prisonniers, protège les convois, reçoit les messages étrangers et prépare une future conférence constitutionnelle. Ses décisions importantes doivent être prises à une majorité renforcée, afin qu'aucun camp ne puisse imposer seul sa vision du Lianzhou. Cette règle ralentit considérablement l'action publique, mais elle empêche le gouvernement provisoire d'être capturé immédiatement par une faction.
Autour du Directoire fonctionnent plusieurs commissions. La Commission de la Trêve surveille les lignes de cantonnement et les violations militaires. La Commission du Ravitaillement organise la circulation des céréales, du charbon, des médicaments et du carburant. La Commission des Territoires traite les statuts de Xilu, Beiyuan, Nanyue, Hongshan, Long'an, Haicheng et Mingdou. La Commission de Justice transitoire recueille les plaintes liées aux massacres, aux exécutions, aux disparitions et aux déplacements forcés. La Commission constitutionnelle de Hengdao prépare plusieurs scénarios : République réunifiée, Fédération, Confédération, reconnaissance de royaumes régionaux, autonomie populaire de Hongshan, statut impérial oriental limité ou séparation de certains territoires.
Dans les faits, chaque faction conserve son administration interne. Shengjing garde ses ministères républicains. Xilu conserve ses conseils provinciaux confédérés. Haicheng-Mingdou maintient ses institutions fédérales et son armée du détroit. Beiyuan conserve son Conseil national. Nanyue garde sa couronne, ses cours locales et son armée royale. Hongshan maintient ses conseils populaires. Long'an garde son appareil impérial. Le gouvernement provisoire ne gouverne donc pas pleinement le pays : il empêche surtout les régimes locaux de recommencer immédiatement la guerre.
Principaux personnages :
Ma Xun : gouverneur élu de Xilu et fondateur de la Déclaration confédérée de Xianluo du 13 avril 1991. Il incarne le confédéralisme dur, fondé sur la souveraineté provinciale, le refus de la centralisation et la défense des gardes locales.
Deng Xiaolian : juriste de Haicheng, fondatrice du Mouvement fédéral de Haicheng le 8 septembre 1993. Elle incarne une troisième voie entre République centralisée et Confédération éclatée : un Lianzhou fédéral, juridiquement structuré, économiquement ouvert, organisé autour de Haicheng et Mingdou.
Seyran Kouo : dirigeant nordique de Beiyuan. Issu du mouvement autonomiste, il devient la grande figure du séparatisme du Nord. Sa pensée repose sur l'idée que Beiyuan a été traité comme une marche militaire plutôt que comme une province pleinement reconnue.
Liang Wenrui II : roi protecteur de Nanyue depuis la proclamation du 12 juin 1997. Il défend une monarchie régionale méridionale, conservatrice, foncière, attachée aux rites et opposée à la fois au centralisme de Shengjing, aux rouges de Hongshan et à l'impérialisme de Long'an.
Yuan Zhaoming / Guangwu II : général de Donghuang devenu empereur de Long'an le 3 mai 2002. Il incarne le péril impérial moderne : un empire militaire oriental, autoritaire, né de l'échec républicain et de la volonté de restaurer une autorité verticale.
Luo Meishan : dirigeant du Front populaire rouge de Hongshan. Il incarne la résurgence communiste dans les bassins industriels et miniers, autour des conseils ouvriers, de la République populaire provisoire de Hongshan et de l'Armée populaire de Hongshan.
Lin Baoshen : chef militaire de la Garde puis de l'Armée fédérale du Détroit. Ancien officier, il donne au fédéralisme de Haicheng-Mingdou une réalité militaire, notamment lors de la défense de Mingdou.
Xu Wenhai : magistrat neutre de Hengdao et neuvième représentant du Directoire provisoire de Concorde nationale. Ancien juge administratif formé sous la Deuxième République, il n'a jamais exercé de commandement militaire pendant la Troisième guerre civile et n'a pas été directement affilié aux grands camps armés. Son rôle est de représenter la magistrature provisoire, les anciennes cours républicaines encore reconnues par plusieurs factions et les administrations civiles chargées de maintenir les actes d'état civil, les archives, les arbitrages commerciaux et les premières procédures de justice transitoire. Il ne possède pas d'armée propre, ce qui fait sa faiblesse, mais aussi sa valeur : il sert de point d'équilibre lorsque les huit factions armées refusent de céder.
Politique internationale :
La politique internationale du Lianzhou est dominée par une peur profonde de l'étranger. Cette peur vient des deux grandes interventions militaires subies pendant le XXe siècle, en 1953 puis en 1979, mais aussi de l'incertitude qui les entoure. Dans la mémoire commune, l'envahisseur est appelé « Beiyang ». Ce nom ne correspond pas nécessairement au nom officiel du pays ou de la coalition étrangère concernée. Il s'agit d'abord du nom que les civils lianzhouanais ont donné à l'ennemi extérieur, parce que ce mot revenait fréquemment dans les ordres militaires, les récits de réfugiés et les discours de guerre. Avec le temps, « Beiyang » est devenu le nom historique de l'envahisseur, même si les recherches restent ouvertes pour savoir s'il s'agissait du même État lors des deux interventions, de deux puissances différentes, ou d'une coalition régionale soutenue par des forces mercenaires.
Cette incertitude s'explique par la fragmentation extrême du Lianzhou. Les archives ont été détruites, les ports ont changé plusieurs fois de mains, les factions produisent des récits contradictoires et certaines zones ne connaissaient même plus précisément les noms des États voisins au moment des invasions. Pour beaucoup de civils, l'étranger n'est donc pas une puissance identifiée par des traités ou des cartes, mais une menace entendue dans les bombardements, les convois militaires, les massacres côtiers et les récits de soldats.
Depuis la Trêve de Mingdou, la diplomatie extérieure est officiellement confiée au Directoire provisoire de Concorde nationale, parfois désigné dans les textes de trêve comme le Concordat diplomatique de Hengdao. Le Directoire répond de la diplomatie commune : il reçoit les messages étrangers, négocie les garanties humanitaires, tente d'unifier les communiqués et cherche à empêcher toute nouvelle intervention. Cette diplomatie commune reste très difficile, car chaque faction conserve ses propres réseaux extérieurs : Shengjing possède encore les anciennes ambassades républicaines, Haicheng-Mingdou ses contacts marchands, Beiyuan ses relais indépendantistes, Nanyue ses liens monarchiques, Long'an ses canaux militaires, Hongshan ses réseaux révolutionnaires, Xilu ses appuis provinciaux et Minghai ses contacts commerciaux.
La priorité du Gouvernement provisoire n'est donc pas de projeter une puissance extérieure, mais d'empêcher que les divisions internes du Lianzhou soient de nouveau utilisées par des puissances étrangères. Sa diplomatie est défensive, méfiante et humanitaire : protéger les corridors, sécuriser Mingdou, obtenir des garanties de non-intervention, maintenir les échanges vitaux et faire reconnaître le Gouvernement provisoire comme interlocuteur minimal malgré l'existence persistante des factions.

