04/10/2019
08:25:12
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La dernière conspiration

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La dernière conspiration

Carnavale, on commence à le comprendre, est un pays plein de secrets. Les complots s'y accumulent comme un mille-feuille confectionné par un pâtissier dément. Si certains secrets ont été élucidés, d'autres demeurent encore et certains sont à peine effleurés. Il y a un an, lors de l'Armageddon't, nous découvrions pourquoi la Cité noire est à ce point malsaine et maléfique. Nous savons désormais qui a assassiné la noblesse et les Obéron et comment il s'y est pris. D'ailleurs, si l'arc narratif de cette famille n'est pas encore totalement résolu, nous en avons presque terminé avec eux. Les Castelage semblent moins compliqués, bien qu'ils pourraient nous réserver quelques surprises. Que se passe-t-il dans la forteresse d'Aiglefer en Messalie ? Quelles ambitions Améthyste poursuit-elle à Carnavale, elle qui n'a pas le sang noble ? On suspecte qu'elle aurait encore quelques cartes dans sa manche qu'elle jouera contre l'OND si la guerre ne se termine pas rapidement. Quels liens entretiennent les Effraie de Méandre, ces fous furieux perdus sur les îles, seuls territoire ultra-marins de la Principauté où jadis on pêcha des sirènes ? Quels secrets Arthur Castelage a-t-il emporté dans sa tombe, lui qui nous a laissé après sa mort une fille multi-clonée, un agent secret extrêmement compétent et une participation financière dans un sacré paquet d'entreprises à travers le monde, prêtes à se mobiliser pour sa cause quand le moment sera venu ? Restent les Dalyoha, entourés d'étrangetés. A quoi servent leurs jardins et quelle est leur origine ? Quelles inventions demeurent enfouies sous Bourg-Léon, ou ailleurs, puisqu'on sait que beaucoup de choses ont été déménagées ? Qui est Cernunnos et qu'est-ce que la conspiration celte venue des îles Marines ? A quoi servent tous ces clones ? Qui est hypnotisé ? Qui est lobotomisé ? Qui est immortel ? Qui travaille en vérité pour qui ? Qui retournera sa veste ? Que se cache-t-il dans les tréfonds de Carnavale, des centaines de mètres sous le sol ? Que s'est-il réellement passé pendant le Chaos ? Pourquoi plusieurs années ont-elles été effacées de la chronologie de la Principauté ? Qu'y a-t-il dans les messages secrets postés ici et là dans les forums de la Cité ?

Autant de questions et des réponses qui s'esquissent peu à peu depuis un an.

Mais il est un mystère que personne n'a relevé. Un mystère encore plus grand, encore plus englobant et qui pourrait bien tout changer pour Carnavale... et pas seulement ?

Car parmi les protagonistes du siècle dernier, lors de l'apogée de la Principauté de Vale, un nom manque à l'appel. Celui d'un enfant, qui n'en est sans doute plus un aujourd'hui, éclipsé par sa mère tragiquement décédée, feu la Princesse Eugénie de Vale. Qu'est-il donc arrivé au prince Andréléon de Vale ?

Pour retrouver sa trace il faut revenir douze ans avant sa naissance, dans un salon cosy, lors d'une réception chez une certaine madame Ulexandre.
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CarnavaleMadame Ulexandre

Salon feutré, début de siècle. Les Flamboyantes s'éteignent doucement sans que l'on s'en rendre encore bien compte. La haute société carnavalaise, toujours bouillonnante, n'a pas encore vécu le Chaos. C'est un autre peuple, un peu similaire à celui que nous connaissons, mais différent. Plus apaisé, plus ordonné, pas moins bizarre, un peu plus calme.

La noblesse carnavalaise est bien vivante, elle domine, sûre de sa toute puissance. Il n'est pas encore question de fin du monde, de guerre ou de génocide. La Cité noire elle-même est plus respirable. L'équilibre des pouvoirs est respecté car les Princes de Vale tiennent tout ce petit monde en respect. Eugénie plait au peuple, c'est une jeune fille intelligente mais qu'on croit encore malléable, chacun s'attend à tirer les marrons du feu.

Madame Ulexandre est une mondaine. Elle accueille chaque semaine le gratin carnavalais dans son hôtel particulier où elle introduit à la noblesse et aux grands bourgeois des jeunes gens qu'elle estime prometteurs. Artistes et scientifiques défilent dans ses salons où les plus doués repartent avec un patronage. C'est l'antique tradition carnavalaise du mécénat : la Principauté de Vale ne manque pas de richesses, elle les prodigue avec générosité.

Christorphée Dalyoha arrive un peu en retard, mais pas au point d'être essoufflé. Il traverse d'un pas rapide le corridor des antichambres et remet aux valets son grand chapeau et son manteau en fourrure de vermine. Les Dalyoha ne sont pas encore au sommet de leur puissance, comme ils le deviendront après le Chaos, mais c'est l'une des familles les plus anciennes de Carnavale et aussi l'une des plus riches. Depuis leur fief de Bourg-Léon où ils possèdent déjà à l'époque un quasi monopole sur la confection de médicaments, ce sont des individus éminemment respectés et craints.

- Christorphée, j'ai eu peur que vous ne veniez plus.

Madame Ulexandre l'accueille avec la simplicité digne qui la caractérise. C'est une femme affable et appréciée et si sa famille n'a pas l'aura des Dalyoha, elle pèse malgré tout beaucoup au sein de la vieille noblesse. Le patriarche esquisse un baise-main.

- Madame Ulexandre, je ne manquerai vos réceptions pour rien au monde.

- D'autant que je nous ai dégoté un nouvel atelier de peintres qui expérimentent des choses que je n'ai encore jamais vu de ma vie avec la couleur, j'ai bon espoir qu'ils marqueront notre siècle. Peut-être sauront-ils attirer votre œil affuté ?

Le salon est rempli de personnes importantes, des nobles et quelques grands bourgeois principalement. On remarque immédiatement ceux qui ne sont pas de ce monde, la facture de leurs vêtements, leur façon de se tenir, leur accent même, malgré tous leurs efforts, ressortent comme une tâche de graisse sur un napperon blanc.
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Pour des raisons qu'on devine sans peine, des dignitaires étrangers sont parfois invités aux réceptions de madame Ulexandre. L'ambassadeur de Polkême assure à la noblesse de la Cité noire toute l'amitié que lui voue celle du pays gris. Vlastislav Vol Kelemen a quitté son Dek natal pour les mondanités des salons feutrés. C'est un homme chaleureux, comme tous les ambassadeurs, avec une répartie acérée qui compense ses manières de rural. La cour des Vol Drek semble figée dans le temps, elle ne ressemble rien à celle de Carnavale, où tout n'est que technique et modernité, cela vaut pour le décorum comme pour ceux qui l'habitent. Vol Kelemen est un pas de côté, un peu mal à l'aise, il mesure chaque jour le gap civilisationnel qui le sépare des Carnavalais et remercie le Dieu unique de pouvoir rentrer au pays, déguster les fruits de ses vergers, loin de la pollution chimique et du maquillage toxique dont sont enduits les nobles occidentaux.

Un pas de côté, depuis une alcove de satin, le regard en biais et l'esprit vagabond, c'est ce qui lui permit, ce soir-là, de voir ce que d'autres auraient manqué.
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Christophée Dalyoha

Il est tard. Les invités qui ne sont pas déjà partis discutent dans le grand salon. Dans une pièce adjacente, madame Ulexandre et Cristorphée Dalyoha se sont pris à parti pour comploter.

- Qu’en est-il de notre affaire ?

- Je ne sais que vous dire, Christophée, nos tourtereaux se voient toujours.

- C’est inadmissible. Je pensais qu’Eugénie avait plus de jugeotte que ça.

- Que voulez-vous ? L’amour a ses raisons que la raison ignore.

- Point de poncifs, la situation est grave dois-je vous le rappeler ? Si cette affaire devait se concrétiser…

- Eugénie n’est pas aussi sotte, elle connait les risques et sait ce que sa position implique. Christophée, voyons, elle n’a que vingt-quatre ans, elle reste une jeune femme…

- Une jeune femme qui met la Principauté en péril avec son badinage.

- La Principauté ou la maison Dalyoha ?

Silence.

- La maison Dalyoha, c’est la Principauté.

Madame Ulexandre camoufle un demi-sourire.

- Sans doute, mais pour combien de temps encore ?

- Êtes-vous dans mon camp à la fin ?

- Je suis fidèle à ma souveraine et je trouve vos manœuvres d’intrigant déplaisantes.

- Attention Sophia, attention… ne serait-ce le respect que j’avais pour feu votre mari…

- Vous voyez, vous devenez désagréable. Eugénie fréquente un de vos ennemis politiques, et ma foi ? la maison Dalyoha n’a pas été la dernière à nouer des alliances avec les princes de sang au cours de l'histoire.

- Jamais avec une princesse régnante, vous le savez. S’il devait y avoir union, ou procréation, alors…

- L’enfant prendrait le nom de sa mère, voilà tout.

- L’enfant serait un prince Obéron ! C’est hors de question ! Cette famille de parvenus… non, c’est inadmissible.

- Et qu’allez-vous faire Christophée ? Nous ne sommes plus au 15ème siècle, les relations extra-conjugales ne sont pas interdites, surtout à Carnavale. D’ailleurs si héritier il devait y avoir, mieux vaudrait pour vous qu’il naisse hors mariage, vous pourriez l’accuser de bâtardise.

- Cet argument ne vaut rien et ce serait me ridiculiser, la noblesse est lâche et oisive, elle suit la force, l’union des maisons de Vale et Obéron serait inarrêtable et signifierait la fin de tous les contre-pouvoirs.

Madame Ulexandre pose sa main sur le bras de Christophée Dalyoha.

- Apaisez-vous je vous en prie. Vous pouvez jouer à ce jeu également, vous avez un fils, mariez le à un Obéron, ou exigez qu’il soit fiancé à la fille d’Eugénie.

- Ne parlez pas de malheur ! Il n’y aura ni fille, ni garçon, aucun enfant ne naitra de ce… badinage indécent !

- Votre grossièreté vous déshonore. Les Dalyoha commandent à bien des choses, mais pas encore aux sentiments. Faites-vous une raison.

- Je comptais sur votre soutien pour faire entendre raison à Eugénie.

- N’y comptez pas, Christophée. Je lui dirai d’être prudente, comme je vous le dis aujourd’hui à vous aussi. Les Obéron savent ce qu’ils peuvent espérer d’une alliance avec Eugénie, si vous vous y opposez, ils répondront avec force. Et Eugénie également, la princesse ne vous a pas en odeur de sainteté.

- Là se niche le danger. Si Eugénie favorise une grande famille au détriment des autres, elle plongera la Principauté dans le chaos.

- C’est ce que je lui ai dit et elle le sait. Faites-lui confiance, enfin, n’a-t-elle pas prouvé qu’elle avait l’étoffe d’une grande princesse ?

- Une garce impudente.

- Christophée, je ne tolèrerai pas de tels propos dans mes salons.

- Et vous êtes une traitresse, madame Ulexandre, vous chapeautez cette romance comme une gamine qui lit des romans d’amour, mais la Principauté ce n’est pas un roman d’amour. La Principauté c’est la guerre, hier et aujourd’hui, à jamais c’est la guerre.

- Vous êtes un mufle, modérez vos ardeurs car vous êtes encore chez moi.

- Dites bien à Eugénie, dites-lui mot pour mot, que si cette alliance devait voir le jour, je la détruirais.

- Vous scellez votre perte, monsieur Dalyoha, allez-vous en, je ne veux plus vous voir.
1936
Eugénie et Barthélémy

Des rires dans un jardin clôt.

- Monsieur Barthélémy, je vous demande de cesser.

- Madamoiselle Eugénie, je me dois de refuser.

- Je suis votre souveraine, l’oubliez-vous ?

- Et moi je suis fou de vous.

Ils rient comme des amoureux.

- Je vous ferai couper la tête. Lobotomiser chimiquement.

- C’est vous contempler qui me lobotomise.

Ils s’embrassent.

- Qui a-t-il Eugénie ?

- On murmure que vous me faites la cour pour le pouvoir.

- L’amour et le pouvoir, c’est incompatible ?

- Alors vous n’êtes pas sincère ?

- Je vous aime car vous êtes une belle femme puissante et que vous exercez le pouvoir avec brio, si vous étiez une lavandière, je ne vous aimerai pas.

- Vraiment ?

- Est-ce si bizarre qu’être princesse ajoute à votre charme ? Ou vous donne l’opportunité de montrer l’étendu de vos talents ? Si vous étiez une pauvre femme, jamais je n'aurais suspecté que j'avais affaire à une telle intrigante.

- Il y a la femme politique et il y a Eugénie. Parfois je me sens étrangère à moi-même.

- Comme nous tous. J'aime ces deux femmes et à mes yeux elles ne font qu'un.

- Parfois le pouvoir me pèse.

- Voilà pourquoi il faut l’exercer en étant bien accompagnée.

- Vous serez à mes côtés ?

- Toujours.

- Prouvez le.

- Comment ?

- Nous ne manquons pas d’ennemis pour s’opposer à nous. Tuez en un.

- Celui de mon choix ?

- Oui.

- Je tuerai un Dalyoha.

Eugénie rit.

- Ils le méritent. Christorphée m’horripile, je n’aurai jamais dû le nommer ministre. Mais ce ne serait pas très prudent.

- Voulez-vous une preuve oui ou non ?

Elle l’embrasse.

- Ne vous mettez pas en danger pour moi mon ami.

- Vous fréquenter, c’est me mettre en danger.

- Alors il me faudra vous défendre.

- J’excelle au sabre et au pistolet…

- C’est contre des complots politiques que je vais devoir vous protéger, pas contre des assassins masqués.

- Quel dommage, je les tuerais comme cela.

Il fait de grands gestes dans l’air.

- Impressionnant…

- Vous vous moquez ?

- On gouverne mieux avec une plume qu’avec une épée.

- C’est ce que me répète mon père…

- Je pourrai amadouer Dalyoha…

- Il ne le mérite pas.

- Acheter sa loyauté, et celle de sa famille pour le siècle à venir…

- Et de quoi le payerez-vous ? Ces faquins possèdent tout, sauf le pouvoir. C’est pour cela qu’ils guignent dessus comme des chiens devant un rôti.

- D’un pont.

- D’un pont ?

- D’un grand pont élancé au-dessus de la mer. Je le vois déjà tout en arches et de pierres blanches.

- Moi ce sont vos fesses blanches que je vois déjà…

- Coquin.
1130
14 ans plus tard, inauguration du Pont Saint-Pierre

Pont Saint-Pierregratin

La Princesse Eugénie vient d'inaugurer le Pont Saint-Pierre. Pour la première fois de leur histoire, l'île de Bourg-Léon est reliée par voie de terre à Carnavale, la Cité noire. Son discours terminé, Eugénie rejoint le gratin de la ville sur une scène privée. Auguste Dalyoha, fils de Christorphée, vient la saluer avec sa femme.

- Princesse, c'était une belle cérémonie.

- Je vous remercie monsieur Dalyoha, comment se porte votre père ?

- Fatigué, la maladie le ronge mais nos médecins sont à son chevet jour et nuit.

- Il ne saurait être mieux soigné qu'à Grand Hôpital, je prierai pour son rétablissement, il fut l'un de mes plus précieux ministres.

Géraldine Dalyoha, née Dragon, salue la princesse.

- Princesse Eugénie, je voulais que vous soyez la première informée...

Eugénie lui prend les main avec tendresse.

- Dites moi tout mon amie ?

- Auguste et moi... j'attends un enfant !

- C'est merveilleux ! Auguste, félicitation !

- Merci princesse.

- Savez vous s'il s'agira d'un petit garçon ou d'une petite fille ?

- Nous l'ignorons encore, mais si c'est une fille, je voudrai qu'elle s'appelle Eugénie...

- Vous ne sauriez me faire plus grand honneur mon amie.

- Si c'est un garçon, Ambroise. Ambroise Dalyoha.

- Il aura alors presque l'âge d'Andréléon, ils deviendront amis.

- Je n'en ai aucun doute princesse, je n'en ai aucun doute.

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Partons

- Partons maintenant, il faut partir.

- Un instant encore, un instant pour prier.

- Dieu est déjà avec nous, nous ne devons plus perdre de temps.

- Dieu a déserté ces lieux...

- Madame Ulexandre ! Pour le bien de l'enfant !

La vieille dame se relève de son prie-dieu et s'enveloppe dans son châle. Un regard pour la Cité noire qui brûle. Les flammes provoquent d'étranges ombres à travers les vitraux de la chapelle.

- Adieu ma ville.

Ils sortent, une poignée de fidèles marchent rapidement à leurs côtés vers le tarmac. L'ambassadeur de Polkême les y attend, visiblement inquiet.

- Nous ne pourrons pas retenir la DCA plus longtemps, il faut partir.

- Allons nous en.

Elle monte dans un avion, un coucou des années 1930. A l'intérieur, une nourrice et un petit enfant, sagement assis dans un grand fauteuil molletonneux. Madame Ulexandre l'embrasse sur le front ce qui le fait gazouiller.

- Comment va mon prince ?

L'enfant se suce le pouce, pas très inquiet malgré l'empressement autour de lui. Les moteurs de l'avion s'allument. Madame Ulexandre est prise à partie par un ministre déchu.

- On se bat partout. Du gaz remonte des égouts, les Obéron combattent pour s'emparer de la flotte, ils projettent de débarquer à Bourg-Léon.

- On se croirait dans une ancienne chronique.

- La Princesse sera vengée, l'exil ne durera pas. Nous triompherons.

- Prions pour la paix et la victoire.

Des coups de feu retentissent. L'enfant Andréléon se recroqueville dans son fauteuil. Madame Ulexandre retient un cri. Le ministre sort son pistolet.

- Bon sang, déjà ?

- On se bat sur le tarmac !

L'ambassadeur de Polkême, Vlastislav Vol Kelemen pénètre dans le cockpite.

- Il faut décoller !

L'avion commence à bouger, madame Ulexandre jette un coup d’œil par le hublot. Des miliciens accourent vers eux. Ami ou ennemi ?

L'avion avance, il prend de la vitesse, des flashs de lumière indiquent qu'on leur tire dessus. Mais ils vont trop vite déjà.

- Madame Ulexandre, mettez votre ceinture.

Soudain, ils quittent terre. L'avion prend son envole. L'ambassadeur de Polkême se signe.

- La DCA est-elle sous contrôle ?

- Jésus Marie Joseph. Ayez pitié de nous.

L'avion monte dans le ciel. Une minute passe. Ils ne meurent pas. Un léger soulagement s'empare de la noblesse en exile. Le calme s'impose malgré le vrombissement du moteur. La nourrice sourit.

- Le Prince n'a pas pleuré, il a été très courageux.

- Il fera un grand seigneur lorsque nous rentrerons.

Un silence.

L'ambassadeur de Polkême hoche la tête avec conviction.

- Vous serez en sécurité au royaume. Chez nous, la science n'a aucun pouvoir.
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ChAosxxx jusqu'au bout du monde.

CarnavaleTransblêmie

- Les amis de mes ennemis sont mes ennemis, dites à monsieur Dalyoha que nous acceptons les termes de sa proposition.

- La technologie noire contre l'extinction de la dynastie maudite. Nous ferons du Duché une grande menace, Inquisiteur.

- Et l'immortalité pour le sang de Blême.

- Naturellement. Ave le Grand-Duc. Ave Carnavale.
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