Après s'être préparé de manière adéquate pour l'événement, Drano Enagi se rendit, en voiture officielle, à l’aéroport de Dylamin, pour accueillir la délégation Alaryienne. Sur le trajet, ses pensées divaguaient. Il était étrange que, maintenant que la majorité des États nazumis percevaient le Dyl’Milath comme un agresseur vicieux, ce pays, nouvellement sorti de l'isolationnisme, acceptait tout d’un coup de commercer avec son pays. Pourtant, le Jashuria n’avait sûrement pas manqué de diffuser, à l’occasion de sa prise de contacte, des mensonges honteux, comme il en avait maintenant l’habitude pour discréditer l’Opération Aldébaran. Étrange réaction, tout de même, de la part de Yamamoto Kiwazaki, d’approuver celle-ci sur la base des explications qu’il avait lui-même données. Cependant, la réalité était ainsi, l’Alary ne condamnait pas l’opération, et il convenait donc de ne point aborder le sujet, si cela était possible, pour éviter que le diplomate Alaryen ne revienne sur ses considérations. Qu’un nouvel acteur nazumi, vierge des mensonges du Jashuria, prenne contacte avec le Dyl’Milath pour commercer représentait une chance, et il était très important de ne pas la gâcher. Pour cela, le gouvernement avait prévu de parler principalement d’économie, et Drano en était bien content : il n’était pas le référent en la matière. Il pourrait laisser la parole à Gauna Mai, et tout se passerait pour le mieux. Rien de tel que de parler d’économie quand tout le monde n’a cessé de vous considérer comme une brute sanguinaire pendant presque trois mois.
Le diplomate arriva dans le convoi officiel, à l’aéroport, et sortit à temps de sa voiture pour pouvoir apprécier un instant de silence, avant que l’avion Alaryen n'atterisse sur le tarmac de l’aéroport dans un vacarme assourdissant. Enagi remarqua que deux des chasseurs de dernière génération achetés à Karty avaient été disposés au fond de la piste, de manière à être visible, mais sans qu’on se rende compte tout de suite qu’ils avaient été placés là pour impressionner les visiteurs. De toute façon, personne n’aurait l’occasion de leur prêter attention plus de cinq secondes. Quand la délégation diplomatique sortit de l’avion, Enagi les accueilla, secondé par Gauna Mai :
Salutations, messieurs, nous vous souhaitons la bienvenue à Dylamin, capitale de la Deuxième République de Dyl’Milath. Je vous propose de monter en voiture pour nous rendre directement au Palais des Ambassadeurs. Nous pourrons y débuter notre discussion.