
Le vent faisait naître les plaines. Oqil Oodirov chevauchait sa belle monture, le regard dans le vent. Il suivait ses amis, une voiture les attendait dans le village le plus proche. 30 km tout de même. C'est long, même à cheval. Ils passèrent la matinée à chevaucher le plus rapidement possible. L'herbe courte parsemant le vague chemin volait sous les yeux d'Oqil. Il passa le temps dans sa tête, personne ne parlait vraiment, le bruit emplissait ses oreilles. Les chevaux imposèrent une pause, épuisés et affamés.
— Tu vois l'ancien, c'est pour ça qu'il faut qu'on voyage avec une voiture. On est pressés, on a pas le temps pour ses conneries.
— Ta voiture n'est pas vivante.
— Et alors ? Qu'est-ce que ça peut faire ?
— الله أعلم مني… Xudo mendan ham yaxshi biladi…
Le petit groupe arrivait au village. Un pickup tout neuf, de l'entreprise Steinhart, attendait. Le chef du groupe prit Oqil à part. Il prit sa tête pour la mettre contre la sienne.
— T'as pas oublié ta mission, Akam ?
— Non.
Un petit blanc. Les deux hommes se regardaient les yeux dans les yeux, front contre front, âmes voulant sortir par les légères larmes perlant leurs doux yeux marron.
— T'as mis où les clefs ?
Il lâcha Oqil.
— Euuuu. Dans mon paquetage.
— Parfait. Adieu mon frère.
— Parle pas trop vite, on est pas encore à la voiture.
Leurs rires s'emmêlaient, formant une mélodie interpelant leurs amis.
— Bouger votre cul, on est déjà en retard.
— On arrive !
Le chef donna les clefs à Oqil. Une dernière accolade.
— Adieu mon frère. À bientôt Vali, je compte sur toi pour le mener correctement à Dzyun Tovli."
— Sans problème, Boshliq."
— Oqil, qu'est-ce qu'on va faire à l'aéroport ? On a fini ce qu'on devait faire, on doit rentrer se préparer pour les voyages d'été, non ?
- "Tu..."
- "Je ? "
— TU dois te préparer, Vali, moi je voyage ailleurs cette année.
— Ah oui ? Où ? "
— Dans ton cul."
— Ah oui, j'aimerais bien.
— Ouais, non, je vais en R.A.D.
— T'es suicidaire ?
— Oui.
— Ah ! D'accord.
10 000 km, c'est long. Pas avec un avion. Tout ce trajet… Magnifique ou catastrophique ?
Tosh Dalalar.

Dzyun Tovli.

Kabalie Rouge.

La Kabalie n'était pas si rouge que ça. L'air n'avait pas de couleur. L'atmosphère, si. Une légère odeur, quasiment imperceptible, de soufre. Dans la ville, tout est en construction, du béton et du verre. Rien de beau dans leur technologie, rien n'est pensé pour la survie. Enfin, j'ai l'impression. Celle que je veux construire sera nomade comme moi. Utile et amusante. Pas comme ses pauvres immeubles inutiles et chiants.
Des amis kabaliens étaient venus me chercher. Leurs chevaux avaient des bosses. Où est-ce que j'ai atterri ?