06/10/2019
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| Oqil et les Technomades Kabaliens |

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Oqil Oodirov

22/05/2019.
Le vent faisait naître les plaines. Oqil Oodirov chevauchait sa belle monture, le regard dans le vent. Il suivait ses amis, une voiture les attendait dans le village le plus proche. 30 km tout de même. C'est long, même à cheval. Ils passèrent la matinée à chevaucher le plus rapidement possible. L'herbe courte parsemant le vague chemin volait sous les yeux d'Oqil. Il passa le temps dans sa tête, personne ne parlait vraiment, le bruit emplissait ses oreilles. Les chevaux imposèrent une pause, épuisés et affamés.

— Tu vois l'ancien, c'est pour ça qu'il faut qu'on voyage avec une voiture. On est pressés, on a pas le temps pour ses conneries.

— Ta voiture n'est pas vivante.

— Et alors ? Qu'est-ce que ça peut faire ?

— الله أعلم مني… Xudo mendan ham yaxshi biladi


Le petit groupe arrivait au village. Un pickup tout neuf, de l'entreprise Steinhart, attendait. Le chef du groupe prit Oqil à part. Il prit sa tête pour la mettre contre la sienne.

— T'as pas oublié ta mission, Akam ?

— Non.


Un petit blanc. Les deux hommes se regardaient les yeux dans les yeux, front contre front, âmes voulant sortir par les légères larmes perlant leurs doux yeux marron.

— T'as mis où les clefs ?

Il lâcha Oqil.

— Euuuu. Dans mon paquetage.

— Parfait. Adieu mon frère.

— Parle pas trop vite, on est pas encore à la voiture.


Leurs rires s'emmêlaient, formant une mélodie interpelant leurs amis.

— Bouger votre cul, on est déjà en retard.

— On arrive !


Le chef donna les clefs à Oqil. Une dernière accolade.

— Adieu mon frère. À bientôt Vali, je compte sur toi pour le mener correctement à Dzyun Tovli."

— Sans problème, Boshliq."





— Oqil, qu'est-ce qu'on va faire à l'aéroport ? On a fini ce qu'on devait faire, on doit rentrer se préparer pour les voyages d'été, non ?

- "Tu..."

- "Je ? "

— TU dois te préparer, Vali, moi je voyage ailleurs cette année.

— Ah oui ? Où ? "

— Dans ton cul."

— Ah oui, j'aimerais bien.

— Ouais, non, je vais en R.A.D.

— T'es suicidaire ?

— Oui.

— Ah ! D'accord.


10 000 km, c'est long. Pas avec un avion. Tout ce trajet… Magnifique ou catastrophique ?

Tosh Dalalar.

Région où des formations rocheuses granitiques érodées par le vent tapissent un paysage marécageux, entre la chaîne de l'Alidz (Ալիձ), de l'Erdoglu et le lac TurkogluTosh Dalalar
Dzyun Tovli.

Capitale des Quatre Vallées, ville de la légendaire Générale BokuchavaDzyun Tovli
Kabalie Rouge.

Paysage typique de la Kabalie-EstKabalie rouge



Note d'Oqil Oodirov, 23/05/2019, membre de la communauté du Tosh Dalalar.
La Kabalie n'était pas si rouge que ça. L'air n'avait pas de couleur. L'atmosphère, si. Une légère odeur, quasiment imperceptible, de soufre. Dans la ville, tout est en construction, du béton et du verre. Rien de beau dans leur technologie, rien n'est pensé pour la survie. Enfin, j'ai l'impression. Celle que je veux construire sera nomade comme moi. Utile et amusante. Pas comme ses pauvres immeubles inutiles et chiants.

Des amis kabaliens étaient venus me chercher. Leurs chevaux avaient des bosses. Où est-ce que j'ai atterri ?



1921
Le sol rouge de la Kabalie rouge

C'est l'effervescence au sein des technomades. Ce groupe bigarré, composé en majorité de Kabaliens natifs du désert, a récemment accueilli des jeunes Carnavalais inspirés par un mode de vie... différent. La Cité noire vous prend tout : votre corps, votre santé, votre esprit, votre âme. Ici dans le désert, loin des villes, en refusant radicalement la sédentarité, on peut construire autre chose.

Les nomades, presque par définition, ne sont pas très nombreux. C'est un mode de vie complexe à soutenir, plus que jamais depuis que le désert rouge est devenu toxique. Nul animal à chasser, nulle plante n'a survécu à la chimie diabolique, il faut tout reconstruire. Tout réinventer. Alors les idées étrangères sont bonnes à prendre : les Quatre Vallées représentent de ce point de vue autant une joie qu'un espoir. Joie de ne pas être seul au monde, espoir de partager avec un semblable, si différent, des aspirations communes : celles de vivre en mouvement.

Pour l'arrivée à Salem-Aleykoum d'Oqil Oodirov, la première visite ne se fera pas dans le désert rouge mais dans une usine de robotique. Les Carnavalais sont des ingénieurs et des scientifiques dans l'âme, ils ne jurent que par l'industrie et la technique pour résoudre leurs problèmes. Un tempérament qui a su séduire le groupe technomade, avec qui ils travaillent à construire un étonnant cheptel.

Yudas Beydoun, le chef du groupe technomade, explique avec enthousiasme :

- On loue une partie de l'usine qui fabrique normalement des pièces détachées pour les chaînes de production industriel pour fusées. Nous travaillons sur des prototypes de... enfin regardez par vous même :

Mecameaux

- Ce n'est qu'un test encore, on veut faire en sorte qu'il puisse se déplacer dans le sable sans tomber et porter des charges lourdes. On espère que l'innovation technologique pourra nous permettre de répondre à certains des défis qui se posent à nous. Par exemple, c'est difficile de trouver des endroits où faire paitre des chameaux dans le désert rouge. Ceux-là n'ont pas ce problème. Ils ne se fatiguent pas, portent davantage, et puis on peut leur ajouter plein de gadgets supers.

Il presse le bouton d'une télécommande.

- Hop, éclairage d'ambiance pour soirée au coin du feu. Et là, on fait vibrer les pattes pour éloigner les scorpions.
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