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[Latrua - Slaviensk] Un nouveau souffle

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en-tête
18/05/2019, Gare de TuashiGare de Tuashi

Le train présidentiel filait à toute vitesse à travers la campagne latruante, plongée dans la nuit finissante. Voilà bientôt deux heures que le convoi avait quitté les quais de la Gare centrale de Vrarany pour l'oblast de Nénéstie. Les wagons marqués de l'emblème de la présidence empruntaient pour la première fois les rails de la nouvelle ligne Vrarany-Starovsk. Cette ligne de chemin de fer était la réalisation la plus concrète des partenariats qui liaient les deux pays frontaliers depuis 2017. Après deux ans de conception, d'élaboration et de construction, la ligne était enfin prête à la circulation. Cette infrastructure était un signal fort envoyé au monde ainsi qu'aux peuples latruants et slavis, un signal d'unité et de bonne entente entre les deux pays, celui d'une volonté commune d'aller de l'avant.

Cette volonté serait celle qui guiderait les discussions qui auraient lieu dans la gare de Tuashi. La rencontre serait la troisième avec un dirigeant slavis pour Vasiliy. La troisième rencontre, la seconde en territoire latruant. Vasiliy était donc rôdé, il commençait à connaître ses voisins et leur manière de faire de la diplomatie. Cependant, malgré ce sentiment de confiance, il ne pouvait s'empêcher de ressentir une forme de pression. Il est vrai que l'enjeu du meeting était grand : le Président de la République allait proposer à son homologue un ambitieux programme de relations transfrontalières ayant pour but, à terme, d'effacer toute forme de frontières coupures entre Slaviensk et le Latrua.
La proposition était ambitieuse et l'interlocuteur différent de la dernière fois. Des élections avaient en effet eu lieu, le peuple s'était exprimé, la démocratie avait fait valoir ses droits et un nouvel homme s'était retrouvé propulsé à la tête d'un État en perpétuelle quête de stabilité. Vasiliy tenait donc à être briefé sur l'homme qu'il allait rencontrer. Pour cela, ses plus proches conseillers étaient présents dans le wagon servant de salle de réunion. Parmi eux, la conseillère politique prit la parole :

"Yeleshev Arkadiïevitch Romenko, 44 ans. Il a fait des études d'Histoire et devient professeur à la fin de ses études. C'est un social-souverainiste, élu député il s'est toujours opposé aux régimes dictatoriaux et monarchistes qui ont dirigés le pays. Il est élu en janvier dernier avec 58% des voix -un score pas mauvais- et remporte haut la main les législatives qui ont suivies.
Soyons clair, il n'est pas vraiment compatible avec notre vision du monde très libérale, mais c'est le moins pire. Il n'a pas dit un mot sur les relations latruo-slavis durant sa campagne donc on ne sait pas vraiment sur quel pied danser avec lui.

- Autant dire que ce sera compliqué
, ajouta la conseillère communication.

- Comme d'habitude, j'ai envie de dire, dit Vasiliy en riant.

- Oui, mais on a jamais eu à traiter avec des politiques d'extrême-gauche. On conspue les nôtres et on accueille ceux de nos voisins à bras ouverts. C'est d'un non sens, renchérit la communicante !

- Bienvenue en politique, lâcha le Président."

Il consulta ses dossiers, but une gorgée d'eau et reprit :

"Plus sérieusement, on fait ça dans l'intérêt de nos deux nations. Cet objectif fait oublier toutes les idéologies, toutes les différences politiques. Maintenant c'est vrai que s'il n'a jamais rien dit sur nos relations bilatérales ça va être un peu compliqué. Surtout au vue du projet que je souhaite lui présenter. Qu'en penses-tu Pyotr ? "

Pyotr Abalishev, éternel Ministre des Affaires Étrangères du Président, statue indéboulonnable du gouvernement, ami de Vasiliy depuis leur début en politique, serviteur chevronné de l’État, diplomate aguerri, était assis dans un des sièges de cuir brun disposé autour de la table. Il sirotait son café tout en prêtant une oreille attentive. Il déposa donc la tasse brulante sur la table en entendant son nom et répondit :

"Qu'en pense-je. Je pense qu'on va réussir. On a l'habitude de traiter avec des nations positionnées à gauche. On sait comment ils pensent, comment ils réfléchissent et je pense qu'on commence, petit à petit, à avoir une vague idée de la manière dont ils conçoivent le monde et les relations internationales.
De plus, il se dit d'extrême-gauche, mais en réalité, il est plus socialiste que révolutionnaire. On est de droite, certes, mais il est quant même plus simple de s'adresser à la gauche modérée qu'à une gauche remontée, chauffée à blanc.
Enfin, sur notre petit projet, on lui propose une vision ambitieuse de notre avenir commun. Un avenir basé sur la richesse, la cohésion et la prospérité. Que demander de plus ?"


Alors que Vasiliy allait répondre à son ministre, un aide de camp entra dans la pièce. Il s'approcha du Président, se pencha et chuchota une information à l'oreille de son patron. Ce dernier se leva, remis sa veste et conclu la conversation ainsi :

"Eh bien nous verrons cela Pyotr. Nous arrivons en gare de Tuashi. Je te laisse prévenir les autres ministres de notre arrivée et je vous remets entre les mains du protocole : ils sauront vous placer.

***

La porte du train s'ouvrit sur un quai d'asphalte, légèrement recouvert d'un tapis rouge. Vasiliy descendit le petit marchepied en fer et sauta sur la plate-forme. Il fit quelques pas pour se dégourdir les jambes, salua les officiels de l'oblast et de la ville, salua de loin les journalistes et embrassa du regard le dispositif protocolaire mis en place pour l'occasion. Positionner plus loin, des soldats, membres de la Garde présidentielle, se préparaient à être passés en revue. Près d'eux, les musiciens de la Garde faisaient leurs gammes, astiquant cuivres et vents. Tout le long du tapis rouge, des drapeaux slavis et latruants étaient disposés en alternance. Enfin, sur la façade, deux drapeaux avaient été installés sur tout le long, battant par moment au grès du vent.
Au loin, une sirène ferroviaire sonna, annonçant l'arrivée du convoi slavis. Vasiliy se mit en position et attendit.

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Par ce temps doux de l'été est-eurysien, le train roulait avec douceur sur l'acier du rail, un train fruit d'un travail d'innovation démentiel entre deux pays voisins, proches et pourtant tant différent. Le niveau technique atteint par le véhicule était jamais vu, permettant de lier Latrua et Slaviensk en une vitesse et une efficacité sans précédent, sans pour autant pouvoir concurrencer le niveau des lingois en la matière : les maitres incontestés du rail sur cette planète.

Romenko admirait le paysage ensoleillé qui défilait derrière la vitre, celui des plaines côtières slavis et latruantes, terres chargées d'histoire. Pourtant, son regard demeurait presque vide. Ses pensées étaient ailleurs, tournées vers l’entrevue imminente avec le Président de la République du Latrua. Cette rencontre s’annonçait décisive pour l’avenir des relations entre les deux États, venant prolonger les coopérations déjà engagées et probablement sceller un partenariat transfrontalier durable.

Les relations avec le Latrua demeuraient particulières. Les Latruants, aujourd’hui alliés de circonstance, étaient loin d’être proches idéologiquement de la Fédération. Pourtant, ils restaient indispensables : un partenaire frontalier majeur, un débouché économique de premier plan, mais surtout une frontière qu’il fallait stabiliser. la Fédération est entourée d'adversaires, partout, les fascistes de Rimaurie, les réactionnaires de Sublime Maison Aykhanides, les fascistes en Retsvinie, en Vélésie et d'ailleurs constituaient autant de menaces permanentes. Obscurantistes, capitalistes, réactionnaires ou nationalistes fanatiques : tous voyaient d’un mauvais œil l’existence même de la Fédération des Communes. Si la Fédération en elle-même est clairement sécurisée par son réseau d'alliances, ses forces armées et surtout par son statut d'état membre de l'Internationale Libertaire, ses intérêts sont clairement menacés, étant dans une situation de quasi-guerre froide avec la réaction de la région. Le Latrua est donc un pays amical qui semble "tolérer" les pays révolutionnaires dans son voisinage, qui n'est pas démocratique dans les standards libertaires certes, mais qui rayonne par son "ouverture d'esprit" apparente. La diplomatie avec le voisin latruant, bien que timide pour des raisons idéologiques, est en somme relativement aisée, chaque partie semblant souhaiter de tout cœur cette coopération.

Après tout, les latruants aussi se retrouvent peut-être dans une situation similaire : victimes de la déstabilisation régionale causée par la guerre retsvinienne, probablement hostiles au fascisme de la région, mais aussi avec une armée en "rattrapage" de son retard : le Latrua est peut-être une puissance régionale en matière d'économie, mais leur armée semble un peu à la traine, clouée par la démilitarisation typique d'une démocratie libérale. Ils se retrouvent à dépendre de la puissance militaire slavis, à se rattacher aux quelques pays amicaux de la région pour se mettre en sûreté, à l'écart des nombreux pays fascisants de la région.

Romenko ressorti rapidement de ses pensées : on venait l'annoncer que le train serait à destination dans environ cinq minutes, il devrait se préparer à affronter la déferlante de journalistes, de civils, et surtout la rencontre avec le président latruant. Un homme expérimenté, d’ailleurs. En seulement trois ans, il avait déjà vu défiler trois dirigeants slavis : l’Empereur, le dirigeant transitoire révolutionnaire, puis désormais Romenko lui-même. Un interlocuteur habitué aux bouleversements politiques de la Fédération, et qu’il ne fallait certainement pas sous-estimer.


Le Président du Comité de Volonté Publique descendit lentement les marches et posa le pied sur le sol latruant sous les crépitements des appareils photo et le brouhaha des journalistes massés derrière les barrières de sécurité. Il s’avança calmement vers l’emplacement réservé à la délégation officielle.

Le président latruant l’attendait déjà.

Romenko marqua un bref arrêt devant lui avant de tendre la main.


Romenko : "Bonjour, Monsieur le Président."



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Vasiliy s'avança vers son homologue et lui serra la main. Il sourit en disant :

"C'est un honneur pour moi et pour ma nation de vous accueillir sur le sol latruant. J'espère que votre voyage jusqu'à nous fut agréable. Si vous voulez bien me suivre."

Il indiqua à son invité le tapis et ils s'engagèrent à deux sur l'étoffe couleur sang. Les soldats se mirent au garde-à-vous à leur passage et les deux s'arrêtèrent quelques mètres plus loin, faisant face à la chorale et à la musique de la Garde présidentielle. Les musiciens entamèrent les premières notes des hymnes des deux pays.

Hymnes nationaux


Lorsque cuivre et cordes eurent finis de faire entendre leurs accords, lorsque les voix se firent silence, le Président de la République regarda son hôte, lui toucha le bras et lui indiqua la suite de leur trajet. Ils se mirent donc de nouveau en marche et s'arrêtèrent à un mettre d'un corps de gardes frontaliers en grand uniforme.

Revue de la garde

Les deux dirigeants à nouveau immobilisés, la musique de la Garde se remit à jouer et entonna la marche latruante. Cet air militaire, composé pour les passages en revu des troupes, mariait avec un certain brio cuivres et tambours, flûtes et caisses claires, cors et toms. Cet air avait dans ces arrangements quelque chose de solennel, presque de sacré, et donnait une force certaine à Vasiliy. Ce dernier s'avança, avec le Président slavis et passa en revu les troupes disposées devant eux. Il regarda, scruta chaque visage, chaque expression, tentant de sonder les yeux des militaires qui leur faisaient face. Il sentait le regard de son homologue sur les mêmes hommes, sur les mêmes femmes, sur les mêmes soldats. Lorsqu'ils eurent fini d'examiner les militaires présents, Vasily guida enfin le dirigeant slavis devant le bâtiment de la gare où les attendaient, rangés en ligne, plusieurs ministres latruants. Le Président entreprit de faire les présentations :

"Monsieur le Président, permettez-moi de vous présenter plusieurs ministres du gouvernement de la République du Latrua. Voici Monsieur Pyotr Abalyshev, Ministre des Affaires Étrangères et des Latruants de l'étranger ; Madame Eleonora Yemelyanova, Ministre de l’Économie, des Finances et de l'Industrie ; Monsieur Sergei Yesenin, Ministre de la Défense et des armées ; Madame Aleksandra Vlacic, Ministre de l'Intérieur et des territoires ; Monsieur Vladislav Lapunov, Ministre de l’Écologie et de la protection environnementale ; Madame Polina Levaneska, Ministre du Travail et de la Relance ; Monsieur Yegor Roshchin, Ministre de l'Agriculture et de la Ruralité ; Madame Roza Lyalyushkina, Ministre des Transports et de la Ville et Madame Irisha Lebedeva, Secrétaire d’État à l'Industrie.
Je me suis permis de les convier, et ce en nombre, à cette rencontre pour que vous puissiez les rencontrer. Ils ont, en effet, participé à l'élaboration du programme de coopération frontalière que je vous présenterai dans quelques minutes. "


Ce laborieux, mais nécessaire, exercice accompli, Vasiliy proposa à son invité de le suivre à l'intérieur de la bâtisse aux tons ocres et bleutés. La gare n’était pas très grande et son hall était assez modeste. Seule et unique marque de ce que certains pourrait appeler du vaste ou de la richesse : deux lustres dont la taille paraissait disproportionnée par rapport à son environnement. Au fond de la pièce, surplombant des portes en bois, un tableau d’affichage, quasiment vide, annonçait la venue de la délégation slavis.
La gare était modeste, comme la ville qui l’entourait. Elle était positionnée à moins de vingt kilomètres de la frontière qui séparait les deux. La frontière : voilà l’enjeu de cette rencontre. Le Président latruant souhaitais pousser les partenariats unissant son pays à son voisin libertaire pour que toute séparation terrestre entre les deux pays disparaisse. Les négociations qui allaient donc suivre seraient ardues, complexes, passionnées et passionnantes.

Vasiliy et Yeleshev Romenko dans le seul salon de la gare. La pièce avait été aménagée pour accueillir les discutions. De grands rideaux blancs avaient été installés devant les fenêtres, une table blanche se dressait au milieu de la pièce, entourée seulement de deux fauteuils bleu marine. Le Président invita son homologue à s’asseoir, bu une gorgée d’eau, sortit un imposant dossier crème et commença :

"Monsieur le Président, je souhaite tout d’abord vous remercier d’avoir répondu à mon invitation et d’avoir accepté de vous rendre en territoire latruant. C’est pour moi un honneur de vous recevoir et de rencontrer pour la troisième fois un représentant de la fière patrie slavis, une nation sœur pour le Latrua.

La première concrétisation de la relation que nos deux pays ont su tisser en moins de trois ans est la ligne de chemins fer que nous avons, respectivement, chacun de notre côté, emprunté. Cette ligne sera, à l’avenir, un moyen sûr, rapide et moderne de relier nos deux capitales et plusieurs de nos grandes villes. Elle permettra de redynamiser nombre de nos territoires ruraux et de nos centres urbains de taille moyenne en les connectant au monde et en développant les activités tertiaires. Cette ligne a, enfin, permis une chose rare dans notre monde fait de guerres, de tensions, d’affrontements et de fermetures. Elle a réussi à traverser la frontière qui nous sépare pour relier deux peuples aux racines proches et, en certains points, communes. Elle a permis d’effacer la ligne qui nous sépare et qui, soyons clairs, à mon sens, est devenue inutile sur de nombreux aspects.

C’est d’ailleurs le but de la réunion que nous tenons aujourd’hui. J’aimerais en effet, que le travail commencer par la création et la construction de cet axe de transport soit continué, repensé et intensifier. Nous devons intensifier nos efforts de rapprochement des peuples, et ce en faisant disparaître le caractère coercitif, étanche et militaire de notre frontière commune. C’est tout l’objet du programme Sœurs que je tiens à vous proposer aujourd’hui. Permettez-moi de vous donner à lire ces quelques documents qui résument les différentes mesures que nous vous proposons de mettre en place."


Il se leva légèrement et donna le dossier à son homologue.

Programme SœursPage 1
Page 2
Page 3
Page 4

Il se rassit et reprit :

"Je me doute bien, Monsieur le Président, que les propositions que nous formulons aujourd’hui sont ambitieuses. Ambitieuses, car elles touchent de nombreux domaines de nos sociétés. Ambitieuses, car elles visent à terme à faire disparaître toute forme de frontière militaire bilatérale. Ambitieuses, car elles lieraient plus encore nos deux pays.

C’est un effort sans précédent dans l’histoire du monde que je vous propose. Un effort d’avenir, un effort pour le bien de nos peuples, un effort pour que nos deux pays puissent, sur le long terme, compter complètement l’un sur l’autre. Un effort, enfin, qui devra être surveillé, contrôlé dans le temps, et ce par nos deux pays, par nos deux gouvernements.

Pour finir, et avant de vous laisser analyser plus en détail les différents documents que je vous ai donnés, je me permets de préciser un point qui me semble important. La création d’un poste-frontière commun ainsi que de brigades binationales de surveillance et de protection permettrait au Latrua de redéployer une partie de ses effectifs vers la frontière avec le Retsvinia, cette dernière sera, au vu des affrontements qui ont lieu dans ce pays, fermée avant la fin de l’année. Nous avons donc besoin du plus d’hommes et de femmes possibles pour éviter toute incursion, attaque, ou vague migratoire venue de ces terres.

Je vous laisse à présent examiner ce dossier et me donner votre analyse sur ces propositions."


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Yeleshev Romenko pris le dossier dans ses mains, le lisant attentivement pendant quelques longues et silencieuses minutes. Il revenait de temps en temps sur certaines lignes. Son regard parcouru lignes après lignes, jusqu'à arriver à la fin. Au moment où ils finit, il laissa l'espace de trois secondes pour réfléchir, jusqu'à qu'il prenne la parole.

Yeleshev Romenko :
"Monsieur le Président, je vous remercie pour votre chaleureux accueil, ainsi que pour vos propositions de coopération transfrontalière.

Sur le sujet de ces coopérations transfrontalières justement, elles sont globalement en phase avec nos volontés, nos ambitions, mais comportent quelques points problématiques qu'il faut souligner."


Le Président rouvre le dossier et tourne quelques pages, la réservant pour plus tard.

"Sur les questions douanières et sécuritaires, la première partie donc, je m'y positionne favorablement. Je pense, tout comme vous, que la frontière slavo-latruante ne doit plus être un obstacle pour nos populations civiles, mais un espace d'échange et de coopération.

Il avance le dossier vers le Président Latruant.

En revanche, certaines propositions soulèvent une difficulté importante pour la partie slavis. Je pense notamment aux conseils municipaux conjoints, aux intercommunalités binationales permanentes, aux espaces agricoles co-gérés ou encore aux chaines de valeur ajoutée.

En effet, la Fédération des Communes Slavis est avant tout une Fédération communaliste. De ce fait, l'état est réduit à une fonction purement régalienne, me privant des compétences relatives à l'économie ou à l'administration locale. Ainsi, Slaviensk peut permettre des mesures afin de faciliter le jumelage, la création d'industries et autres, mais n'a aucun moyen coercitif pour imposer aux localités les décisions, cela étant du ressort, avant tout, de ces mêmes localités et de leurs citoyens. Les questions liées à l'agriculture, quant à elles, sont entre les mains des coopératives d'agriculteurs elles même.

Je ne formule aucune objection de principe à leur existence. La difficulté est différente : je ne possède tout simplement pas l'autorité nécessaire pour signer de tels engagements.

Les municipalités et les communes de la Fédération disposent d'une autonomie politique extrêmement large. Le pouvoir central ne peut ni imposer leur fusion administrative, ni leur ordonner de constituer des institutions communes avec des collectivités étrangères, ni engager leur organisation économique locale sans leur consentement explicite, consentement déterminé par démocratie directe. Je serais donc en contradiction avec notre propre droit constitutionnel si je signais à leur place.

Ironiquement la démocratie pour laquelle nous luttons nous impose certaines difficultés. Mais après tout, c'est le jour où nous n'accepterons plus la complexité de la liberté et de l'autodétermination, que la démocratie mourra.

Cependant, je peux vous proposer une solution alternative au problème : si je ne peux pas imposer les décisions, je peux au moins établir le cadre pour leur bonne mise en place et encourager les municipalités autogérées à approcher l'état latruant sur ces questions. Autrement dit, je ne peux signer leur participation, je peux seulement leur ouvrir la possibilité de participer.


Il ferme le dossier.

"Ma contre proposition est donc que le programme soit divisé en deux parties. La première, contenant les compétences fédérales, celles que je peux signer directement. Ces compétences fédérales concernent les questions sécuritaires et douanières. Deuxièmement, les dispositions relevant des communes et des structures locales, qui seraient présentées comme des cadres volontaires ouverts aux collectivités désirant y adhérer.

Sur le fond, Monsieur le Président, considérez donc que Slaviensk répond favorablement à votre proposition. Reste maintenant à déterminer ensemble comment la rendre conforme aux institutions slavis."





Yeleshev Romenko
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