21/10/2019
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[Westalia-Navasota] : construire l'Aleucie de demain

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La fédération du Navasota attache, depuis l’arrivée de la présidente Ashely Hopkins au pouvoir en 2015, une très grande importance à la construction d’une Navasota forte, qui se base sur la création de relations entre les principaux pays du continent dans lequel le Navasota devra jouer à terme un rôle important, du moins central. La réélection d’Ashley Hopkins à la présidence de la fédération a renforcé cette ambition. Forte des expériences de son mandat, la cheffe de la diplomatie navorais entend bien diriger son bateau vers un nouvel océan de prospérité.

Cette construction d’une Navasota s’inscrit donc dans une logique de coopération avec les principales puissances du continent. Chargé de cette mission de coopération, le département d’État aux affaires étrangères de la fédération a eu la lourde mission, de la part de la présidence ainsi qu’à la demande du premier ministre de la fédération, d’une part de contacter les principales puissances du continent pour ouvrir le dialogue diplomatique et installer les contacts diplomatiques. La volonté est alors de faire sortir le pays de la léthargie diplomatique et ensuite, à partir de ce contact, d’entamer dans un second temps des discussions qui ont pour but d’être à terme très bénéfiques pour les parties en discussion. Mais avant tout, il a fallu pour le puissant département d’état trier les principaux pays aleuciens à contacter en priorité, ce qui ne fut pas chose aisée tant le continent aleucien regorge de pays puissants. Ensuite, après avoir ouvert le contact et entamé les discussions, il faudra passer à l’étape supérieure : celle d’une création d’organisation de coopération et d’échange qui réunit les pays aleuciens autour d’une logique de coopération, d’échange et de développement mutuel. La présidence, ne croyant pas en une réussite de l’ASEA, qu’elle qualifie non sans mépris « d’échec pathétique », entend, avec son Premier ministre, mener une diplomatie étrangère ambitieuse pour créer avec les autres États du continent un forum de discussion et d’échange plus performant et plus intégrant que ne le fut l’échec de l’ASEA. L’échec de ce dernier, notamment dans le cadre de l’attaque strusienne contre les forces westaliennes, a fini de confirmer la nécessité de créer une organisation alternative à l’ASEA.

Mais pour l’heure, la fédération du Navasota reste à l’étape de base. Après avoir contacté la grande république de Westalia, qui s’inscrit parfaitement non seulement dans un cadre de création d’une Aleucie forte, souveraine et indépendante, mais également dans le projet de la fédération du Navasota de créer un espace coopératif qui intègre au lieu d’exclure et qui unit au lieu de diviser. Contacter et discuter avec la Grande République de Westalia s’avère donc être une étape sensiblement importante pour la fédération afin de créer son projet, puisque la grande république de Westalia est devenue la référence du continent aleucien, courtisée par l’ASEA mais aussi par l’OND, et qui attire la convoitise des communalistes comme la haine des impérialistes.
Le livre à succès du maître de la diplomatie westalienne, Henry Takajiwa, Fukkatsu, confirme cette tendance de la stratégie diplomatique de ce pays. Consulté par les diplomates même de la fédération, cette œuvre a permis aux planificateurs de la diplomatie navorais de penser comme pense le grand diplomate westalien, et a aussi permis par ailleurs de confirmer que la fédération du Navasota partage un intérêt réel avec la grande république de Westalia à se réunir autour d’une grande table et discuter.

Après la prise de contact diplomatique, voici donc venu le moment de la rencontre qui réunira non seulement les chefs d’État des deux puissances aleuciennes, en la personne de Simeon Belagri, président actuel de la grande république de Westalia, et Ashley Hopkins, présidente de la fédération du Navasota. Dans leur suite se trouveront sans aucun doute les deux grands architectes de la diplomatie de chaque pays : d’un côté Henry Takejiwa, dont le poids diplomatique n’est plus à présenter tant il est connu, et de l’autre côté Edwards Lewis, qui agit depuis 2015 dans l’ombre comme l’araignée qui tisse les toiles de la diplomatie navorais sans jamais vraiment se montrer au grand jour. Cette rencontre est d’ailleurs un tournant puisque c’est la première fois que celui qui est surnommé « l’araignée » de la diplomatie Navorais, en référence à son travail de l’ombre à tisser les toiles de la diplomatie navorais, apparaît dans un grand espace de discussion et d’échange. Il fut longtemps relégué à un poste de second rang derrière la présidente de la fédération ; cette rencontre sera donc un tournant par le rôle qu’il va représenter dans cet échange.

L’organisation de la rencontre entre les autorités de la grande république de Westalia et celles de la fédération du Navasota fit grand bruit au Navasota, non seulement parce que c’est la première fois depuis les années 2000 que le pays accueille un pays étranger sur son territoire, mais également par l’aspect gigantesque de l’organisation. La présidence de la fédération ainsi que le gouvernement tout entier attachèrent une grande importance à la réussite de ces échanges, raison pour laquelle une grande activité planificatrice a eu lieu, autant pour préparer l’événement : notamment les sujets de discussion, les points à poser sur la table et les points qu’il faut aborder et ceux qu’il faut soigneusement éviter, que pour préparer les lieux où va se dérouler l’événement, la sécurité, les festivités prévues pour accueillir le chef d’état étranger et le grand diplomate du pays. Ainsi, pour tout dire, Victoria City a pendant une très longue période regorgé d’activité, un pic d’activité rarement atteint pour la capitale de la fédération, connue pour son statut calme et beaucoup moins bruyant que le reste des grandes métropoles de la fédération ; pour une fois, elle fit exception à cet état.

Alors que les préparatifs vont bon train, le jour de la rencontre se précise et, pour l’occasion, la sécurité fut fortement augmentée au sein de Victoria City avec le déploiement de la garde nationale, une présence renforcée des services de renseignement de la fédération et une présence policière écrasante qui ont sécurisé la ville ainsi que les principaux axes et lieux de la rencontre. Le dispositif de sécurité mis en place n’a fait que démontrer la motivation du gouvernement fédéral pour que cette rencontre se déroule avec succès. Ainsi, ce jour, Victoria City va vivre pendant toute la durée de la rencontre dans une ambiance étrange, presque dans un état d’exception.

Attendant à l’aéroport Stanley Wilkinson, la présidence de la fédération du Navasota s’était parée de ses plus beaux atouts présidentiels, avec des vêtements de haute couture commandés par le palais présidentiel juste pour l’événement. Son raffinement et l’aura qui l’entourent rappellent bruyamment qu’elle est la cheffe de ce pays. À ses côtés, le chef du gouvernement de la fédération, Hosey Morrison, en a fait tout autant avec un costume chic qui compile sobriété et raffinement à la navorais. Se faisant plus discret, le grand stratège de la diplomatie navorais est bien présent ; comme à son habitude timide, Edwards Lewis se tient de manière élégante derrière le premier ministre, qui lui-même se situe à l’arrière de la présidente de la fédération. Pour l’occasion, une grande partie de l’aéroport international du Navasota fut privatisée et, sur la piste, un grand nombre de personnels s’emploient aux préparatifs de dernière minute : les policiers et services secrets sécurisent les lieux et vérifient une dernière fois les recoins pour neutraliser toute menace, les domestiques attendent impatiemment l’arrivée des invités et les voitures sont prêtes à les accueillir, tandis que la garde présidentielle se tient vigilante, prête à saluer les invités dont l’avion ne tarde pas à pointer à l’horizon, escorté sous bonne garde par des avions de l’armée navorais.

Une fois l’avion posé et la porte ouverte, la garde présidentielle se mit au garde-à-vous et salua le chef d’état étranger venu à l’événement. Simeon Belagri fut chaleureusement accueilli par la présidente de la fédération, tandis qu’autour, des musiciens se mirent à jouer l’hymne national de la grande république de Westalia.

« Excellence, salutations, c’est pour moi un très grand honneur de vous accueillir sur le sol de mon pays. » La présidente laissa son interlocuteur répondre avant de continuer :

« Voici Hosey Morrison, premier ministre de la fédération du Navasota, et à ses côtés Edwards Lewis, le secrétaire d’état aux affaires étrangères. » Les deux saluèrent le président de Westalia ainsi que le ministre des affaires étrangères de la grande république de Westalia, Henry Takejiwa, qui fut présenté par son chef d’état.

Une fois que l’ensemble du groupe se fut salué, la présidente de la fédération reprit la parole :

« La fédération du Navasota est très heureuse de vous accueillir sur son sol. Nos deux pays partagent déjà de grands éléments culturels liés à notre passé et à nos racines austariennes, mais surtout Lasley, et je crois que nous aurons beaucoup plus à partager dans le futur… Bienvenue au Navasota, j’espère que votre séjour vous ira à ravir, nous avons tous œuvré pour que ce soit le cas, monsieur. »
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Ces derniers mois, la dynamique diplomatique de la Grande République de Westalia n'avait jamais été aussi importante depuis le début du mandat de Simeon Belagri à la tête du pays, soit depuis 2015. Si ce dernier entame la fin de son mandat de quatre ans, malgré les critiques, il a été un Président fédéral sur de nombreux fronts à l'international, que cela soit lors des crises stérusiennes ou de la multiplications des partenariats stratégiques avec d'autres nations hors Aleucie. Cependant, le retour d'Henry Takajiwa à la tête des affaires étrangères avait eu de quoi donner un coup de boost important à cet objectif de faire de la Grande République une puissance active sur le continent. Dès 2017, le nouveau Ministre fédéral parvient à convaincre la Fédération de Maximus de chasser la base militaire slavis, début 2018, il manœuvre habilement pour pousser les lermandiens à faire de même avec la base kartienne sur leur sol, en septembre de la même année, il signe un traité majeur avec le Royaume de Brocelynwood et il y a un mois encore, il était en Yukanaslavie en train de négocier la paix avec les stérusiens. Alors que les préparatifs pour un futur sommet de plusieurs nations du Nord-ouest de l'Aleucie sont en cours dans les coulisses, les westaliens se retrouvent invités à une nouvelle rencontre diplomatique d'importance : en Navasota.

Si Simeon Belagri et Henry Takajiwa ont des ambitions différentes concernant le futur de l'Aleucie et la position que doit avoir Westalia dans ce complexe jeu de géopolitique, tout deux sont au moins d'accord sur le fait que la Grande République doit se montrer plus proche de ses voisins aleuciens et qu'il y a une nécessité réelle de tisser des liens plus solides et beaucoup plus durables que ceux actuellement en place avec la plupart des nations du continent. Dans ce jeu diplomatique, 2018 et 2019 sont des années qui ont vu deux autres nations de cultures austariennes entrer dans un riche dynamisme économique provoqué par leur choix de s'ouvrir progressivement sur le monde, de quoi donner encore du crédit à la doctrine du Kaiko-bu de Takajiwa. Westalia est la première nation à majorité austarienne à avoir entamé la sortie de son état léthargique, au début des années 2010, ce qui permet aujourd'hui l'émergence diplomatique de ces anciennes colonies aux racines communes, l'une à l'Ouest du continent, l'une au centre et l'autre à l'Est. Le gouvernement fédéral souhaite capitaliser sur cette situation nouvelle pour qu'elle puisse être clairement à son avantage, en se présentant comme un partenaire majeur et un allié naturel de ces "peuples frères", comme cela a pu être le cas avec le Brocelynwood, où la diplomatie westalienne s'est montrée particulièrement généreuse avec le Royaume, en termes d'investissements économiques, mais également de ventes de matériel militaire à un prix très abordable, presque un don déguisé.

Tout particulièrement pour Henry Takajiwa, l'objectif de ce genre de rencontre est de préparer le futur de la diplomatie westalienne et, plus généralement, la constitution d'un avenir en Aleucie où il sera plus que stratégique d'avoir un maximum de nations proches de la Grande République. L'époque de l'ASEA approche de sa fin, avec ses réussites initiales, puis ses échecs finaux qui lui ont porté une réputation si peu enviable sur le continent, tout particulièrement auprès de certaines nations encore membre de cette dernière. Malgré les volontés nordistes visant à faire renaître cette grande organisation, les gouvernements aleuciens portent leur regard ailleurs, vers la volonté de construire autre chose, et c'est cela qu'Henry Takajiwa a très bien compris, notamment dans son dernier livre, qui cherche à faire de lui le théoricien de cette "nouvelle alliance aleucienne" et de Westalia le berceau des nouvelles doctrines diplomatiques du continent. C'est sur ces points qu'il s'oppose à la vision de Simeon Belagri, puisque ce dernier considère qu'Henry Takajiwa souhaite appliquer un spectre idéologique à la doctrine diplomatique de la Grande République, cette dernière rejetant notamment la faute sur l'Akaltie, qu'il accuse d'avoir fomenté l'échec de l'ASEA en soutenant Stérus, tandis que l'actuel Président fédéral souhaite maintenir la ligne pragmatique qu'il a imposé dans les relations extérieur du pays, à l'image des accords commerciaux avec les akaltiens ou encore le retour du dialogue avec le Grand Kah, des choix internationaux critiqués à droite.

Les deux représentants westaliens ont désormais bien l'habitude de travailler ensemble. Simeon Belagri et Henry Takajiwa s'opposent peut-être idéologiquement et politiquement, mais professionnellement, et même personnellement, il n'y a aucune animosité entre eux et cela n'est pas pour rien que le libéral-conservateur a été un profil retenu dans la composition du gouvernement de compromis en 2017, appuyé par sa proximité personnelle avec Richard Kaylor, actuel Premier ministre fédéral. Simeon Belagri, contraint dans le choix de former ce gouvernement avec la droite, avait insisté et bataillé pour qu'il n'intègre pas d'hardenboristes ou de conservateurs trop radicaux, par peur de l'instabilité d'un tel cabinet, mais également du risque de voir appliquer un programme qu'il n'approuverait pas. Malheureusement pour lui, il n'aurait pas pu prévoir que "l'architecte de la diplomatie westalienne" profiterait de son retour pour venir "reconquérir" son dû, soit le contrôle qu'Henry Takajiwa peut désormais avoir sur la diplomatie de la Grand République. Si au début le Président fédéral pensait encore avoir la main sur ce domaine, son nouveau Ministre fédéral a très rapidement pris de l'importance dans les décisions prises, propulsé par la suite de succès à l'international, dont il s'est largement approprié la propriété, menant à une situation où le chef de la diplomatie détient une plus grande influence sur les décisions internationales que le chef de l’État, dont l'influence n'est désormais plus que limité à être le garde fou d'un Takajiwa qui souhaiterait appliquer sa doctrine en totalité, ce que Belagri ne souhaite pas et bloque depuis plus d'un an. Cette délicate situation est bien connue des deux hommes, qui acceptent de travailler dans ces conditions, sachant pertinemment que lutter de front ne serait bon pour aucun des deux. A la place, ces derniers alimentent plutôt le statu quo au sein de l'exécutif en attendant que les prochaines élections présidentielles, en août, et sénatoriales primaires, en septembre, viennent définitivement trancher qui aura le dernier mot, grâce au soutien indiscutable du peuple de par le résultat des urnes.

Au milieu de toute cela, le Navasota est donc dans une position de choix pour un rapprochement avec la Grande République, puisque c'est également dans son intérêt de créer des liens avec cette dernière. Aussi bien en termes d'histoire que de culture, les deux nations sont relativement proches et il y a tout à gagner à ce qu'elles coopèrent dans différents domaines. Tout comme pour le Brocelynwood, les westaliens viennent donc avec des objectifs clairs pour cette rencontre : construire un partenariat profitable et forger une relation privilégiée avec le gouvernement navorais, qui ne pourra être qu'utile pour les deux pays dans l'avenir.

Le Président fédéral Simeon Belagri lors de son arrivée au Navasota, avec la délégation westalienne, notamment composée du Ministre fédéral aux affaires étrangères, Henry Takajiwa.
Le Président fédéral Simeon Belagri lors de son arrivée au Navasota, avec la délégation westalienne, notamment composée du Ministre fédéral aux affaires étrangères, Henry Takajiwa.

Après quelques heures de vol, les capitales des deux pays n'étant séparées "que" de 3500 km environ, l'avion transportant la délégation westalienne fini par atterrir à Victoria City. Cet engin est un HAC-550 P, une variante de l'avion de ligne HAC-550 qui est spécialisé dans le transport de personnalités majeures en Westalia, également appelée "variante présidentielle". Cet avion est à lui seul un ambassadeur de l'industrie aéronautique westalienne, qui est l'une des fiertés de la Grande République depuis de nombreuses décennies, aussi bien dans le domaine civil, essentiellement grâce à la Humbert Aircraft Company, mais également dans le domaine militaire, comme le prouvent les nombreuses innovations issues des précédentes guerres et qui ont amené à la production des modèles les plus modernes et performants du monde. A la descente de l'engin, Simeon Belagri fait figure de leader en descendant le premier les escaliers qui le mènent jusqu'au sol navorais, suivi de toute une délégation composée de diplomates, de représentants de grandes entreprises westaliennes et bien d'autres... Bien évidemment, suivi de près derrière lui, se trouve son Ministre fédéral aux affaires étrangères, Henry Takajiwa, qui est le numéro deux de cette délégation, d'un point de vue protocolaire.

Alors que les flaches lumineux des appareils photo commencent à jaillir, le Président fédéral salue les journalistes au loin, dans une mise en scène très westalienne, mais toujours autant caractérisé par son sourire chaleureux et son importante gestuelle, qui définissent l'image de Simeon Belagri, aussi bien sur la scène nationale, qu'internationale. Son chef de la diplomatie, quant à lui, se prête également au jeu des journalistes en saluant ces derniers, bien que de façon plus modérée que celui qui l'a précédé. Les deux hommes prennent alors la tête de la marche de la délégation pour rejoindre les représentants navorais, avec pour fond musical "Westalia, the Gem of the Ocean", l'hymne de la Grande République. Après l'introduction de la Présidente d'Ashley Hopkins, le chef de l’État s'empresse de répondre à cet accueil :

Simeon Belagri : Madame la Présidente, c'est un plaisir partagé que de pouvoir échanger directement avec vous sur vos propres terres.

Simeon Belagri a un certain accent distinctif lorsqu'il parle en austarien, ce que l'on appelle l'accent "madrerian", de la langue et de la communauté qui portent le même nom, qui représente aujourd'hui la seconde plus importante du pays derrière les austariens. Si la langue austarienne est considéré comme celle de travail au sein de la Grande République, les personnalités politiques non-austariennes ont tendance à vouloir effacer leur accent, pour se rapprocher du "parler de Columbia", mais pour ce natif de Santa Maria, il n'était pas question de renoncer à ses racines madreriannes, faisant même de cet aspect une caractéristique de son image, permettant d'expliquer sa très grande popularité en Terracristo, principal État-Républicain à majorité madrerianne.

Henry Takajiwa : Chers Représentants navorais, c'est également un très grand honneur d'être accueilli dans votre pays.

Une fois les salutations protocolaires achevées et la nuée de flaches lumineux des photographes immortalisant les nombreuses poignées de mains entre les représentants de chacune des délégations, les westaliens écoutent très attentivement les paroles de la cheffe de l’État, avant que son homologue ne réponde à son tour :

Simeon Belagri : La Grande République de Westalia et la Fédération du Navasota ont, comme vous l'avez très bien souligné, des racines historiques communes qui donnent donc une certaine unicité à l'ampleur de nos relations. Nos peuples parlent la même langue, possèdent des coutumes similaires et il est clair qu'aujourd'hui nous avons tous le devoir de profiter de ces liens existant pour construire des relations futures solides et profitables entre nos populations, qui ne demandent qu'à voir émerger un rapprochement de nos nations. C'est donc avec une très grande attention que je réceptionne votre merveilleux accueil, qui j'espère initiera durablement cette constante positive tout le long de notre séjour et de nos échanges.
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 photo Victoria City

L’accueil d’un dirigeant étranger, particulièrement celui d’une grande puissance continentale, est un événement extrêmement rare au sein de la fédération du Navasoat, qui s’est renfermée sur elle-même depuis un bon moment, aux alentours des années 2000, sous la présidence de Charles-Antoine Gagnon. Les présidents suivants, que ce soit Napolydor René ou encore même l’excentrique et très néolibéral Daniel Navarro, n’ont pas cherché à réveiller la fédération du Navasota de sa léthargie diplomatique. Même la présidente Ashley Hopkins, lors de son premier mandat, s’est abstenue de relancer la machine diplomatique fédérale.

Les années 2018 et 2019 sont différentes pourtant, parce que la donne internationale et nationale n’est plus la même et ne permet plus à un état d’être isolé diplomatiquement. Voilà donc plusieurs éléments qui ont poussé la fédération du Navasota à se lancer dans l’aventure diplomatique et à contacter ses voisins.

La mort de l’ASEA est un des premiers points : cette organisation, qui a longtemps dominé la donne sur la scène aleucienne, s’est effondrée sur ses propres contradictions. Pour Victoria City, c’est un événement absolument majeur qui change la donne sur la scène internationale et aleucienne notamment.
En effet, pour la présidente de la fédération, Ashley Hopkins, c’est l’occasion de construire une organisation nouvelle sur les cendres encore fumantes de l’ASEA. Une opportunité rapidement saisie en contactant la grande république de Westalia, qui partage la même ambition sur la scène aleucienne. L’ASEA, d’abord vécue comme un espoir d’unité entre les pays aleuciens, s’est rapidement montrée comme étant une organisation aux pieds d’argile, trop contradictoire et dont les membres sont divisés sur les politiques à mener et peinent à coopérer dans les domaines divers et variés qui auraient pu servir à l’Aleucie entière. Les tensions puis la crise entre la grande république de Westalia et l’ancienne république de Stérus en sont les exemples les plus emblématiques et les plus tragiques.

La multiplication des conflits est l’autre raison de ce réveil diplomatique. En effet, le continent aleucien est en proie à des conflits mondiaux ; la crise carnavale en est un exemple. Le bombardement d’Estham, capitale de l’Empire du Nord voisin aleucien tout proche, par la principauté de Carnavale, pays infernal et chaotique eurysien, marque un changement clair de paradigme au sein de la fédération. Pour les dirigeants politiques, il n’est plus possible de rester pacifiques face à cette situation, raison pour laquelle un contact avec le grand empire a été entrepris, puis un second contact avec la grande république de Westalia, qui partage avec la fédération du Navasota des ambitions sécuritaires et défensives pour le continent aleucien.

Tous ces événements sont actuellement bien présents dans l’actualité du pays et, même s’il existe d’autres variables et raisons qui ont poussé la fédération à se réveiller, ceux-ci sont les principaux événements. Ainsi, l’arrivée du président de la grande république de Westalia et de la délégation westalienne occupe l’ensemble de la scène médiatique, mais également l’ensemble des conversations dans le pays. Tous espèrent que cette rencontre permettra d’aboutir à des conclusions fructueuses. Tous partagent le même espoir, quel que soit le bord politique, dans un pays pourtant fortement divisé.
À l’aéroport international de Stanley Wilkinson, l’arrivée de la délégation westalienne s’est plutôt bien passée dans l’ensemble ; tout le monde a parfaitement rempli sa fonction et sa mission, chose que la présidente de la fédération tenait vraiment à cœur et elle avait peur qu’un quelconque événement imprévu vienne gâcher la rencontre.
Une fois les salutations passées, Ashley Hopkins reprit la parole :

« Tout le plaisir est pour moi, excellence. Vous ne savez pas le plaisir que je ressens en raison de votre présence dans mon pays. L’ensemble des Navorais et Navoraises vous souhaite la bienvenue, très sincèrement, excellence. »

Un accueil fastueux a été réservé à la grande république, que certains qualifieraient même de royal, chose ironique pour ces deux républiques qui, en plus de partager les mêmes origines historiques, partagent également le fait d’avoir acquis par les armes leur indépendance contre le duché de Lasley.

Le Premier ministre, Hosey Morrison, et le ministre des Affaires étrangères, Edwards Lewis, discutèrent tous deux avec celui qui est devenu, par son poids, le maître de la diplomatie westalienne, Henry Takajiwa, dans une ambiance plutôt amicale. La présidente de la fédération, Ashley Hopkins, continua de son côté à discuter avec son homologue chef d’État :

« Vos mots sont très chaleureux, excellence. Il est tout à fait vrai, comme je l’ai dit, que nous partageons des racines historiques proches qui font que nous sommes en quelque sorte des frères, mais je pense également qu’il ne faut pas seulement regarder ce passé riche, mais également l’avenir radieux qui attend nos deux pays. Cet avenir radieux n’attend que d’être construit, et quoi de mieux que de le construire par la discussion, l’échange et le débat. »

Dans le même temps, alors que la délégation westalienne continue d’être accueillie et de discuter avec les autorités navoraises sur le tarmac de l’aéroport, un important dispositif de convoi présidentiel est arrivé, se préparant à escorter les deux chefs d’état ainsi que leurs suites à travers les étendues de rues et de grandes voies qui séparent l’aéroport de la capitale fédérale du Navasota.

Victoria City est une de ces villes historiques de la fédération, créée spécialement pour être la capitale fédérale, construite sous la parenthèse dictatoriale du général William Marshall. Elle conserve encore aujourd’hui une riche architecture qui mêle styles gothique, haussmannien, classique et également western. La capitale fédérale du Navasota respire en ce mois de janvier un climat particulier et une tranquillité étrange qui paraît vraiment inhabituelle, l’accueil de la délégation westalienne étant la principale raison de ce climat sécuritaire renforcé. Victoria City est la ville qui servira à accueillir la délégation westalienne pendant un bon bout de temps ; elle servira notamment pour les trois premiers jours, où la délégation westalienne sera installée dans les riches demeures de la ville. Une attention particulière a été portée avec une rénovation et un entretien étendus de ces édifices, qui sont historiquement réservés à l’accueil des chefs d’état étrangers (la résidence), qui possèdent un riche environnement particulièrement bucolique et romantique avec ses jardins, ses œuvres d’art et ses appartements ainsi que des pièces de style haussmannien. Le chef d’état Westalien devra bénéficier d’un confort étendu lors de la résidence dans les lieux.

Quant au chef de la diplomatie westalienne, Henry Takejiwa, celui-ci a été installé dans le palais Abraham Morin, habituellement réservé à accueillir des personnages de son importance. Comme la résidence présidentielle, celui-ci a reçu une attention particulière.
Pour le reste de la délégation westalienne, des maisons, résidences et hôtels sont réquisitionnés s’ils n’appartiennent pas déjà à l’état pour accueillir et installer la délégation westalienne.

C’est un programme dense qui a été soigneusement préparé et qui devra tout aussi soigneusement être exécuté pendant toute cette semaine afin que le voyage de la délégation westalienne se passe pour le mieux. Ainsi, si les trois premiers jours la délégation reste à Victoria City, le premier jour étant réservé à une pré-discussion (de courtoisie) au palais présidentiel du Navasota, les deuxième et troisième jours devraient servir à la visite de plusieurs lieux et monuments de la fédération, lieux et monuments qui ont été soigneusement sélectionnés puisqu’ils sont tous en lien avec les sujets de discussion qui seront menés plus tard entre la délégation westalienne et les autorités navoraises.

Le troisième jour, la délégation westalienne se rendra dans la ville de Derway ; la fédération du Navasota souhaite montrer aux autorités westaliennes la relance économique de la fédération après la crise économique des années 2000 et la grande période de récession qui s’en est suivie. À côté, la délégation devra visiter le Silverwood Park, plus grand parc naturel de la fédération situé non loin de Derway.

Le dernier jour, la fédération westalienne sera accueillie à Santa Florida, la grande ville côtière de la fédération, où, sous une ambiance estivale, devra se conclure cette rencontre avec la signature de traités, l’interview des journalistes puis le retour de la délégation westalienne chez elle par avion. Un programme soigneusement organisé comme un orchestre.

Pour l’heure, le convoi n’attend plus que les chefs d’état se préparent à partir pour l’escorte jusqu’au palais présidentiel de la fédération du Navasota, lieu où devra commencer le périple westalien.
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Il est d'une importance capitale que cette rencontre entre la Fédération du Navasota et la Grande République de Westalia se passe bien. Un point de vue partagé aussi bien par le Président fédéral Simeon Belagri que par son ministre fédéral aux Affaires étrangères, Henry Takajiwa, pour deux raisons bien différentes cependant. Pour le chef de l'État, l’enjeu à sécuriser est celui de renforcer la cohésion aleucienne, en se positionnant comme une figure rassembleuse sur le continent, pour aider son projet de rétablir des relations pacifiques et prospères entre les différentes nations aleuciennes, une prétention ambitieuse, doublée d’une légitimité appuyée par l’attaque de son pays par les stérusiens, deux ans et demi plus tôt, qui l'a propulsé comme un dirigeant pacifique et stable. Contrairement au phénomène anti-aesan qui secoue de plus en plus le continent, la Grande République en tête, Simeon Belagri ne voit pas cette organisation comme un échec international, mais il reconnaît volontiers que sa structure actuelle est défaillante. Il n’est pour autant pas partisan d’une sortie ou d’un démantèlement, mais il est plutôt le leader d’un projet visant à réformer l’alliance pour qu’elle soit plus équilibrée, sociable, proche du peuple et surtout très concrète. De l’autre côté, c’est tout l'inverse pour son chef de la diplomatie, ancré à droite et maître de sa propre théorie géopolitique, le “Fukkatsu”, dont le principe s’oppose à la vision que peut avoir le Président fédéral. En effet, s'il y a le principe de se rapprocher des autres nations aleuciennes et de voir la Grande République devenir une figure leader de ce rassemblement, les similitudes s'arrêtent là, puisque la volonté n’est pas seulement de voir les aleuciens coopérer, mais surtout de se défendre contre ce qu'il appelle "l'extérieur", donc de toutes les menaces non-aleuciennes, en soutenant avec beaucoup d’intérêt la construction d’une souveraineté aleucienne commune. Dans son livre qui décrit cette doctrine, il considère que l’ASEA est un échec total, impossible à réformer avec les membres actuels; au contraire, il propose que la Grande République élargisse et renouvelle plusieurs de ses alliés aleuciens en participant à la fondation d’une toute nouvelle alliance militaro-économique principalement centrée sur la défense et le renforcement de cette “souveraineté continentale”, souvent sous-entendue comme un moyen pour ses membres de prendre le contrôle du continent en s’unissant, visant des nations proches historiquement, culturellement et/ou politiquement de ses idées.

Henry Takajiwa ne donne pas de liste particulière des pays qu’il souhaite voir intégrer ce projet de nouvelle alliance en Aleucie, mais certains ont déjà leur place évidente dans ses écrits, comme la République de Lermandie, le plus ancien allié des westaliens, ou encore le Royaume de Brocelynwood, dont sa précédente visite l’a convaincu que leur présence pourrait s’avérer un atout aussi bien géographique que pour la cohésion idéologique de cette organisation théorique. Aujourd’hui, en Navasota, si le diplomate est officiellement présent pour renforcer les différents liens existants entre les deux pays, son objectif personnel est bien plus précis : identifier à quel point le Navasota, et surtout son gouvernement actuel, pourrait être un candidat intéressant à intégrer dans ce vaste projet international, qui n’a pour le moment qu’une forme théorique et est incapable de se concrétiser à cause de l’état politique westalien actuel, celui d’un gouvernement de compromis aux capacités de décision très rigides pour éviter la crise intérieure. Mais il le sait, les échéances électorales approchent à grands pas cette année, et les chances que la droite revienne au pouvoir sont importantes, un futur qui lui permettrait d’agir avec beaucoup plus de liberté, lui qui exerce une domination quasi totale sur le domaine de la diplomatie au sein de son parti. Désormais, il reste à savoir si le Navasota pourrait être compatible avec les calculs de l’architecte de la diplomatie westalienne, si l’intérêt des deux pays pourrait s'aligner dans ce sens pour un futur encore flou, mais qu’Henry Takajiwa prépare déjà…

Culturellement, on peut déjà voir que Victoria City a pris des chemins assez similaires à ceux qu’a pu prendre Columbia, la capitale westalienne, après qu’elle fut choisie pour héberger le gouvernement fédéral, à la suite de la révolution de 1813, en opposition avec la capitale “royale” de New Landor. Si Columbia, anciennement nommée St George, existait déjà avant l’établissement de la première République, le passage des westals a grandement contribué à l'embellissement de la ville, avec la construction des très nombreux palais et hôtels particuliers qui font sa renommée dans le monde, comme celle d’une cité au passé riche, mais aussi celui de l’opulence à outrance de ses possesseurs. Ce voyage au sein de la capitale navoraise permet ainsi de voir à quel point les racines austariennes ont pu créer ces similarités entre les anciennes colonies du Royaume, qui a transmis de nombreuses caractéristiques communes en héritage à ses nouvelles nations à majorité austarienne.

C’est au sein de cette importante et impressionnante ville que le voyage de la délégation westalienne au Navasota commence, avec de premiers échanges prévus au palais présidentiel. Les différentes représentations débutent alors leur départ de l’aéroport pour se rendre dans l’édifice central du pouvoir navorais. Les westaliens suivent la Présidente Ashley Hopkins, afin de se lancer dans ces premiers échanges entre les deux gouvernements, pour cette première journée.
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